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  • 148. Rio Grande do Sul

    Nous amorçons notre découverte du Brésil par son état le plus au Sud, le Rio Grande do Sul, un territoire dont l’histoire a été mouvementée. Initialement destiné aux Espagnols qui avaient alors lancé le grand programme des Missions pour évangéliser les « indiens » Guaranis, principaux occupants, le Rio Grande do Sul a ensuite été réattribué aux Portugais puis au Brésil. Il est théoriquement le territoire des gauchos, métis blancs-indiens, connus pour maîtriser les immenses troupeaux de bétail qui paissent dans les pampas, mais nous n’en avons guère vu à l’œuvre. Le Rio Grande do Sul s’est ensuite spécialisé dans la culture de la vigne avec l’arrivée des colons italiens. Il est aujourd’hui la principale région productrice de vins brésiliens. Voilà pour les présentations…

    Rio Grande do Sul
    Le parcours décrit dans cet article. Une version zoomable est disponible ici

    Passage de la frontière

    Nous nous attendions à avoir un peu d’attente au passage de la frontière entre l’Uruguay et le Brésil, mais il n’en a pas été ainsi. Car les deux pays font partie du Mercosur, une zone de libre-échange à la manière de notre espace Schengen, qui fait que la grande majorité des véhicules ne font que ralentir. Bien entendu, il nous faut pour notre part effectuer les formalités de sortie de l’Uruguay et d’entrée au Brésil aussi bien pour Roberto que pour nous même. Les douanes des deux pays sont situées dans le même bâtiment, ce qui nous simplifie les choses, et grâce au Mercosur, les guichets étaient vides. Tout cela nous a pris un petit quart d’heure. Et Roberto n’a pas été contrôlé, alors que nous avions fait notre maximum pour ne pas avoir d’aliments frais dans le frigo. A noter que nous aurions pu, en effectuant une déclaration, importer 10 kg de viande et 12 litres d’alcool chacun !

    Comme à l’arrivée dans chaque pays, il nous faut un forfait de téléphone, un peu d’argent liquide et faire les courses. Pour le téléphone, pas de souci, nous retrouvons notre forfait Free avec ses 35 gigas octets de données mensuelles. Pour l’argent liquide, c’est plus compliqué : aucune des banques de notre ville d’arrivée brésilienne ne pratique le change et leurs distributeurs automatiques n’acceptent que les cartes de leurs clients. Et nous ne trouvons aucun bureau de change. Il nous faudra nous contenter de nos cartes pour l’instant. Enfin, pour les courses, un petit supermarché avec un petit parking nous permettra de faire de petites courses…

    Dès la sortie de ville, nous sommes brusquement à la campagne. D’immenses pâturages comme en Uruguay, mais aussi pas mal de terrains en friche. La végétation borde directement la route, fini les larges bas-côtés tondus à ras. Mais les premières routes sont plutôt en bon état, espérons que cela dure ! Les distances sont grandes entre deux villes, souvent plusieurs dizaines de kilomètres pendant lesquels aucune maison même isolée n’est perçue à l’horizon. Comme en Uruguay, la circulation est très peu dense.

    Quand nous envisageons de nous arrêter pour la nuit après plusieurs heures de route, notre application nous suggère un camping au bord d’une rivière. A notre arrivée, il est désert et la réception est fermée. Aucun occupant non plus pour nous renseigner. Bah nous nous installons quand même et passerons une très bonne nuit. Un robinet d’eau resté accessible nous permettra en outre de refaire le plein d’un de nos réservoirs.


    Les Missions

    Nos missions – que nous avons acceptées – étaient au nombre de 4.

    -> La première était de nous rendre dans le large secteur des missions jésuites qui, aux XVIe et XVIIe siècle, avaient pour objectif de créer avec les amérindiens une société avec les avantages et les qualités de la société chrétienne européenne, mais libre de ses vices et de ses maux. On sait comment cela s’est terminé et aujourd’hui les missions ne sont plus que des vestiges historiques. La mieux conservée du Brésil est celle de St Michel Archange, et nous avons pu nous y rendre.

    Carte des missions jésuites du Brésil
    Carte des missions jésuites du Brésil

    -> La seconde mission était, désolé de la transition abrupte, de trouver de l’argent liquide. Mais pas davantage qu’à la ville frontière les banques ne font le change et comme là-bas, les distributeurs automatiques n’acceptent que les cartes de leurs clients. Il faudra chercher plus loin.

    -> La troisième mission est de faire coïncider dès que c’est possible, le visionnage d’un film ou documentaire en rapport avec le sujet du jour. Le film La Mission, de Roland Joffé et avec Robert de Niro, s’imposait. Il raconte précisément l’action des jésuites respectant scrupuleusement l’objectif évoqué ci-dessus avec les indiens Guarani et le désastre causé par les conquistadores. Une partie de ce film poignant se déroule dans la mission de St Michel Archange que nous allions visiter. Idéal donc.

    Captures d'écran du film La Mission
    Captures d’écran du film La Mission

    -> Notre dernière mission a été bien entendu la visite de ce lieu historique, classé à l’Unesco. Le visionnage du film la veille nous a beaucoup aidés dans la compréhension. A noter que, le guichet d’entrée n’acceptant que les espèces, on nous a permis d’entrer gratuitement. A noter aussi que, et c’est la première fois que ça nous arrive depuis le début de notre périple, des places du parking étaient réservées aux seniors (60 ans et +). Ça donne un coup de vieux mais nous n’avons pas résisté à nous garer là, pour le principe !


    Donner le change

    Au sens figuré, cette expression correspond bien à la construction de la Cathédrale « Angelopolitaine » de Santo Angelo, construite sur le modèle de la mission de St Michel Archange. Si l’on se place devant la façade, c’est la même mais en mieux, du moins si l’on oublie que cet édifice a été construit 2 siècles après l’autre. Au-dessus du portique, on trouve les Saints Patrons des 7 missions jésuites du Brésil. À l’intérieur, rénové en 1990, se trouve une image grandeur nature du Christ crucifié, d’origine missionnaire, datant de 1740 et réalisée en bois de cèdre sculpté.

    À noter une polémique intéressante à propos d’une peinture commandée à un artiste local, Tadeu Martins, sur le thème de la christianisation par les jésuites. Dans un souci de conformité avec l’histoire, les enfants Guaranis étaient représentés à moitié nus aux côtés des missionnaires. Une bonne partie des fidèles s’en est offusquée, au point que la peinture était recouverte d’un tissu lors des messes et des mariages. Au décours de la rénovation suivante en 2008, les enfants Guarani avaient (miraculeusement ?) disparu de l’œuvre. Il paraît qu’un accord a été trouvé avec l’artiste… De notre côté nous n’avons trouvé cette « Saga Missioneira » ni derrière l’autel ni sur Internet, que ce soit dans sa version originale ou corrigée. Mystère…

    Quant au sens propre, c’est l’histoire de cette improbable station-service qui en relève. Rappelez-vous notre insuccès depuis notre arrivée au Brésil à trouver une banque ou un distributeur de billets capable de nous donner quelques reais – le pluriel du real brésilien – à partir de nos cartes bancaires ou des rares devises que nous avons emportées. Claudie essaiera sans succès trois banques de San Angelo et leurs DAB. C’est l’agent de sécurité de la dernière qui suggéra que peut-être dans telle station-service une borne rouge pourrait accepter les cartes étrangères. Une station-service ? Pourquoi pas une boucherie ou un salon de toilettage pour chiens ! Enfin nous allons voir et effectivement, l’un des deux distributeurs de billets situé dans la boutique, le rouge bien sûr, a été à même de nous délivrer nos précieux dinheiro – nom des espèces en portugais.


    Le cœur violet du Brésil

    Que trouve-t-on dans une ville qui s’appelle Ametista do Sul ? Des améthystes bien sûr ! Apparues il y a 130 millions d’années suite à des bulles formées dans des coulées de lave. Les minéraux qui s’y sont infiltrés ont formé avec le temps de magnifiques cristaux, que l’on découvre en ouvrant les géodes trouvées dans le sol. L’activité est aussi dense que prospère à Ametista, aussi bien par des entreprises familiales qui exposent leurs trouvailles devant leur maison que par des firmes plus conséquentes, dont les galeries sont désormais suffisamment profondes pour en ouvrir une partie aux touristes. Nous avons visité l’une de ces mines à bord d’un petit camion aux parois grillagées afin que nos têtes ne soient pas rabotées par les rochers très proches, pour découvrir quelques éléments mis en scène du travail des mineurs et surtout quelques géodes ouvertes mais laissées en place dans la roche. Malheureusement, les commentaires n’étaient qu’en Portugais et nous n’avons rien compris. Il va falloir que nous fassions des progrès rapidement ! Le plus intéressant a été la visite du musée, exposant une incroyable collection de pièces magnifiques, récoltées au fil des années.


    Les spots de la liberté

    Nos lieux de bivouacs sont éminemment variés. Si nous préférons habituellement les coins nature, les nécessités de nos visitent nous rapprochent alors des villes. La veille, dans Ametista do Sul, nous avons dormi sur le parking en terre du musée du bambou que nous avions prévu de visiter le lendemain. Un musée totalement inintéressant, concocté pour soutirer quelques reais aux touristes en bus qui viennent surtout visiter les mines. Cette fois, c’est la présence d’une laverie automatique dans la ville de Passo Fundo qui nous a conduit à trouver un endroit adapté proche de la ville. Nous avons jeté notre dévolu sur le parking d’un grand magasin spécialiste de l’équipement de la maison (Havan pour ceux qui connaissent). Cette chaîne a l’habitude de dresser une effigie de la statue de la liberté devant ses établissements. C’est donc à proximité de l’une d’entre elles que nous avons garé Roberto pour la nuit, nous (vous) offrant quelques images insolites.


    Little Italy

    Nous voici à Bento Gonçalves, une ville qui a été choisie par les autorités brésiliennes pour recevoir les émigrants européens. Ce sont les Italiens qui sont arrivés en nombre dans les années 1870, fuyant les impôts élevés et la pauvreté entraînée par les guerres d’unification à cette époque. Ils ont amené avec eux leur savoir faire en matière vinicole, peinture des maisons en vert-blanc-rouge et cuisson des pâtes. Grâce à eux, Bento Gonçalves est la première région productrice de vin au Brésil, et produit notamment d’excellents vins pétillants.


    Manger au kilo

    Nous avons testé la Cantina Del Piero, une cantine tenue par une famille d’origine italienne depuis 1992 qui sert des plats faits maison d’excellente qualité, vendus au kilo. C’est la première fois que nous testons une telle formule. Il s’agit d’un self-service classique où l’on compose donc soi-même son assiette, laquelle est ensuite pesée. Les boissons sont en supplément mais un petit dessert et le café sont offerts. Ce qui différencie cette « cantine » des Flunch ou autres, outre peut-être la qualité de la nourriture, c’est le service attentionné que nous avons reçu, le serveur déployant un maximum d’efforts pour nous présenter le mode d’emploi, nous guider dans le choix du vin et nous offrir un dessert supplémentaire que nous ne devions pas rater. Coût de l’opération : un peu moins de 15 euros à deux, (pleins) verres de vin, desserts et cafés compris. Le kilo de plats était à 13 euros.


    Geisse what ?

    De Bento Gonçalves, nous avons pris la route des vignes, celle qui mène vers le village de Pinto Bandeira, où les émigrés italiens sont arrivés en 1876. Après de nombreuses péripéties, 3 changements de nom, une élévation au rang de municipalité en 2010, annulée en 2013 puis réattribuée en 2020, la petite commune est maintenant un ensemble d’établissements vinicoles plus ou moins renommés. Après avoir traversé le village, sillonné au travers des vignes, nous avons voulu visiter l’une des exploitations les plus célèbres à l’étranger, la maison Geisse. Impossible de visiter les installations, mais possible de déguster le vin dans un environnement agréable et avec de petits en-cas sympathiques. Vins pétillants méthode champenoise testés et approuvés !

    Pour en savoir plus sur les péripéties de Pinto Bandeira : https://www.pintobandeira.rs.gov.br/secao.php?id=2


    Changement de décor

    Plus rien d’italien dans notre nouvelle ville-étape de Gramado, ou alors en cherchant du côté des Alpes. Ce sont plutôt des Allemands et des Autrichiens qui se sont installés là, dans un décor de station de sports d’hiver mais sans domaine skiable. Nous sommes à 800 m d’altitude et la neige est rare, même si des reliefs blancs en plastique sur les toits essaient de nous faire croire le contraire. Par contre, dans les vitrines, ce ne sont que horloges à coucous, coutellerie, vêtements chauds, restaurants à fondue et accessoires de Noël. Tout ça vendu toute l’année bien sûr, car ici Noël tombe en plein été, en haute saison touristique. On aime manifestement le kitsch à Gramado, vu le bon nombre de parcs à thème que possède la ville, facilement repérables par leur façade exubérante avec personnages géants. Sans être dupes de tout ça, très amusant finalement, nous nous sommes laissés tenter par un chocolat chaud tellement épais qu’il se déguste à la cuiller.


    Attractions

    Gramado et sa ville-soeur Canela en font un maximum pour attirer les touristes, manifestement l’économie principale de la région. Outre leur architecture calquée sur les stations de sports d’hiver alpines, ces deux villes semblent concourir sur le nombre d’attractions, parfois appelées parcs à thème. Un peu abusivement sans doute, nous sommes loin du gigantisme des parcs d’Orlando ou du parc Astérix par exemple. Le thème choisi (les possibilités sont nombreuses) est décliné ensuite à grand renfort de carton-pâte et de plastique, surtout pour les façades en guise de publicité. Les attractions de départ et j’espère les plus visitées sont celles ayant trait à la nature, comme la seconde cascade la plus visitée au Brésil après les chutes d’Iguaçu ou sa plate-forme de verre au-dessus du vide, maintenant un grand classique. Mais on trouve tout aussi bien des attractions recréant un petit monde égyptien, gelé, à vapeur, automobile classique ou hollywoodien, en cire, géant, spatial, ou encore ayant trait aux Beatles, au basket, aux machines à bonbons, aux cavernes de l’âge du feu dans lesquelles on déguste des fondues, etc. La liste semble infinie et évolue chaque année, de vieilles façades décrépites en cours de rénovation en témoignent. Les activités extérieures étant malheureusement exclues en raison d’un temps froid et continuellement pluvieux, nous nous sommes rabattus sur un musée et une chocolaterie. Le premier, le « monde de la vapeur » nous avait attiré par sa façade d’où une locomotive à vapeur semble tombée du 1er étage, malheureusement il était fermé. Nous avons eu davantage de succès avec la chocolaterie, surtout avec la dégustation !


    Retrouvailles

    Voici plusieurs jours que le beau temps nous faisait défaut, alors nous quittons prématurément les collines de Gramado et Canela pour rejoindre le littoral. Bien nous en a pris car, si le vent reste bien présent, le soleil est de retour et c’est bien appréciable. Comme en Uruguay, nous nous garons assez facilement près des plages, le seul problème étant de trouver une rue qui ne soit pas trop circulante. Maintenant, nous sommes en basse saison, et en période d’été austral (décembre à février) cela doit être plus compliqué. Nous allons continuer pendant quelque temps de longer la côte du Brésil qui compte tout de même 7 491 km (à peu près 2 fois et demi celles de la France métropolitaine). Si nous sommes loin du record pour la longueur du littoral – le Canada est très loin devant avec plus de 200 000 km – le Brésil détient le record mondial de la plage la plus longue avec 254 km de sable ininterrompu. Dans l’état du Rio Grande do Sul justement.


    Nuit en montagne

    Approchant en fin d’après-midi la ville de Gravatal, de nouveau dans l’intérieur du pays, nous cherchons un endroit pour passer la nuit. Ni les options proposées par nos applications ni ce que nous avons pu repérer ne nous conviennent, toutes proches de l’animation de la ville et d’autres véhicules. Il fait encore jour, nous avons donc un peu de temps, alors nous nous engageons sur un petit chemin de terre bien tassée qui grimpe vers les collines. Après plusieurs kilomètres, aucun dégagement à peu près plat n’est visible. Nous repérons à un croisement un panneau « Igreja de Sao Geraldo ». Cela vaut la peine de tenter l’aventure, les églises possédant souvent un petit parking. A voir si en montagne c’est pareil. Le second chemin est plus étroit, plus orniéré et parfois moins bien tassé, ce qui m’oblige à utiliser la fonction Traction+ de Roberto, qui sur sol glissant, transfère le couple à la roue motrice qui adhère le mieux. Ça fonctionne plutôt bien et nous finissons par arriver au pied de cette petite église en bois. La seule place disponible est devant le bâtiment adjacent, peut-être un presbytère. Il est fermé, alors nous nous y installons. Nous passerons une nuit au grand calme et nous réveillerons le lendemain au-dessus d’une belle mer de nuages qui envahit la vallée. Rien que pour ça, cela valait le coup de grimper !


    Une rencontre d’exception

    « Quand vous serez du côté de Florianópolis, prévenez-moi » nous avait dit Elisa, l’une des amies d’Achille et Jordanne, notre fils et notre belle-fille. Brésilienne de naissance, Elisa tenait à ce que nous rencontrions ses parents, habitant Sao Bonifacio, une charmante petite bourgade dans l’intérieur des terres. Alors nous y sommes allés et avons vécu un excellent moment avec Cintia et Jose Carlos, un couple adorable qui nous a transmis d’emblée sa bonne humeur et le plaisir d’être venu habiter à la campagne trois ans auparavant. Converser n’a pas été des plus facile, notre niveau de Portugais en étant au stade de grands débutants, mais en intégrant des efforts de prononciation de la part de nos interlocuteurs avec un joyeux mélange d’Anglais, de Français, d’Espagnol et de Google Traduction, nous sommes parvenus à nous comprendre pour l’essentiel et passer un bon moment ensemble. Nous espérons vivement les revoir lorsqu’ils viendront prochainement en France voir Elisa et son mari Antoine.


    En arrivant à Sao Bonifacio, nous avons quitté le Rio Grande do Sul pour l’état de Santa Catarina, du nom de la grande île reliée au continent par la ville de Florianópolis. Ce sera notre prochaine étape. Nous nous y retrouverons très bientôt !

  • 35. La semaine des 2 mercredis

    Une fois n’est pas coutume, cet article sera rédigé comme un journal de bord, une manière de vous faire vivre notre périple au jour le jour, avec la crainte que cette forme plus conventionnelle devienne ennuyeuse. N’hésitez pas à dire « stop » ou « encore » dans les commentaires !

    Mercredi

    Nous sommes prêts pour la dernière étape qui nous mènera au mythique Cap Nord, le point le plus septentrional de l’Europe (ou presque – c’est une autre avancée rocheuse un peu plus loin qui détient le véritable titre), à 2 800 km en ligne droite du sud de la Norvège et 3 646 km de Paris par la route selon le GPS qui annonce 44h de trajet. Mais comme nous prenons le chemin des écoliers, nous aurons parcouru plus de 15 500 km avant d’y arriver. Loin de nous l’idée d’accomplir un exploit, c’est Roberto qui fait tout le travail.

    Avant d’y arriver, nous suivons les méandres de la route au milieu de paysages désertiques. La forêt boréale a disparu, cédant la place à des couches ondulées de végétation rase et de lichens aux belles couleurs rousses, parsemées d’arbrisseaux rabougris. Nous voyons de plus en plus de rennes paître tranquillement au milieu de tout ça, nous essayons de nous arrêter quand c’est possible au bord de la route pour les photographier. A un moment, l’arrêt est même obligatoire car 2 rennes occupent le milieu de la route. Pas de problème, nous sommes ravis d’attendre pour les observer, et notre patience va être récompensée par l’arrivée de 2, 3, 4, 5 autres rennes qui vont traverser devant nous, suivis de tout le reste du troupeau. Un moment magique !

    Après ce moment d’émotion nous reprenons la route. Le vent souffle de plus en plus fort et fait tanguer Roberto. Le thermomètre extérieur annonce 4 degrés. Nous arrivons enfin à notre destination. Le GPS affiche 71°10′ de latitude Nord, wouah ! La grande falaise qui surplombe de 307m la rencontre des océans Atlantique et Arctique n’est pas un lieu désert. Après le bureau de poste de 1898, un bâtiment pour recevoir les touristes a été construit en 1958 puis agrandi à plusieurs reprises. Nous sommes accueillis à l’entrée du site par Antoine, un français qui occupe ce jour-là le poste de garde. Après nous avoir prélevé le droit d’entrée, il nous invite à nous garer sur le parking principal dos au vent compte tenu du risque de bris de pare-brise par les rafales à 70km/h. Nous nous habillons chaudement pour rejoindre le centre, marchant très penchés en avant pour ne pas nous envoler. A l’intérieur c’est plus calme, même si le vent fait encore vibrer les murs. Nous visionnons un film, visitons les différentes expositions où nous apprenons tout sur la découverte et les visiteurs célèbres du site, dont Louis Philippe et le roi de Thaïlande. Nous ressortons braver les éléments pour nous faire prendre en photo devant le globe terrestre en structure métallique symbolisant le lieu. Toujours sous un vent violent à décoiffer …Claudie qui perdra un instant son bonnet avant de le retrouver miraculeusement quelque mètre plus loin, collé contre le grillage de protection de la falaise. Pour peu, il aurait fallu courir jusqu’au Pôle Nord pour le récupérer. C’est juste à 2300 km de là, comme l’indique le panneau. Après un petit en-cas à la cafet’ parmi les rares visiteurs du jour (guère plus d’une dizaine de voitures sur le parking), nous reprenons la belle route en sens inverse, sans traversée de rennes cette fois : c’était l’heure de la sieste, ils étaient tous là allongés sur le ventre à nous regarder passer. Après 2 heures de conduite, nous trouvons un joli bivouac sur un promontoire au-dessus d’un fjord. Magnifique, mais les bourrasques de vent qui sont encore bien soutenues nous font craindre une nuit agîtée, dans tous les sens du terme. Nous préférons reprendre la route et trouverons quelques kilomètres plus loin, grâce à Google Map en mode satellite, le parking d’une station de ski de fond, désert à cette époque de l’année et moins exposé au vent : nous y passerons une nuit tranquille.

    Le mythique Cap Nord

    Jeudi

    Départ vers 9 heures du matin en direction de Karasjok, censée être le centre de toute la culture Samie. Les Samis sont un peuple autochtone de la Laponie, une grande région qui couvre plusieurs pays, de la Norvège à la Russie. Initialement nomades et animistes, ils se sont sédentarisés et sont devenus chrétiens. Ils ont eu du mal à faire reconnaître leurs droits territoriaux lors des différentes délimitations des pays sur lesquels ils vivent, mais sont maintenant à peu près reconnus et possèdent leur propre parlement et bien sûr leur drapeau. Mais nous avons été déçus par Karasjok : le musée dédié aux Samis ne nous a pas appris grand-chose de plus que ce que nous savions, à part un bonnet traditionnel dans un petit supermarché, aucun costume typique rencontré. Quant au parlement qui normalement se visite, eh bien il était fermé pour cause de Covid. Du coup nous avons repris la route plus tôt que prévu et avons filé vers la Finlande toute proche. Nous avons franchi la frontière sans aucun contrôle et avons parcouru 70 km au milieu des sapins avant de rejoindre le premier bled (une station-service et trois maisons). Nous n’avons croisé que de rares véhicules. Mieux vaut ne pas tomber en panne dans le coin ! Le ciel est couvert, la bruine trouble le repos de nos essuie-glaces. A 17h il fait si sombre que nous décidons de nous arrêter, pourtant le soleil n’est censé se coucher que 2 heures plus tard. Nous nous arrêtons cette fois au bord d’un petit étang, guidés par l’application Park4night qui recense les « spots » diurnes et/ou nocturnes officiels ou partagés par les utilisateurs.

    Parlement du peuple Sami

    Une petite randonnée de 62,5 km ça vous dit ?
    Entrée en Finlande : aucun contrôle !

    Le chemin démarre comme ça…

    Vendredi

    Au réveil, nous nous apercevons que le voltmètre de notre batterie est dans la zone orange, ce qui ne nous était pas encore arrivés jusqu’ici. Nous pouvions profiter de notre bouilloire électrique et de notre four micro-ondes sans limites, et c’était très confortable. Le problème vient du fait que nos panneaux solaires ne produisent plus d’énergie, à la fois parce que le ciel est couvert mais aussi et surtout parce qu’aux latitudes élevées où nous sommes, les rayons arrivent très tangentiellement. Heureusement, notre batterie lithium se recharge assez vite en roulant (contrairement à une batterie au plomb), ce qui, associé à un usage exclusif de la plaque de cuisson gasoil pour la cuisine, nous permet de rester en autonomie et donc de ne pas avoir à stationner dans les campings la nuit pour nous brancher sur le réseau électrique. Encore faut-il rouler, mais ça, ça n’est pas vraiment un problème !

    Nous reprenons donc le volant jusqu’au village de Siida (s’il n’est pas passé par nous, nous serons passé par lui 😉) tenter un nouveau centre dédié aux Samis mais là c’est carrément fermé, merci des Samis ! Nous laissons Roberto sur le parking et allons à pied visiter la petite ville voisine, Inari, qui nous fait penser à une station de sports d’hivers en hors saison : hôtels, magasins de souvenirs et boutiques organisant divers sports et « safaris » sur neige sont aussi nombreux que peu achalandés. Nous aurions pu louer un canoé pour naviguer sur le grand lac, mais la grisaille et la bruine toujours présentes nous en ont dissuadé. Quoi qu’il en soit, nous aurons bien marché et ça fait du bien de se dépenser.

    La boutique où l’on « shop » le Siida
    Un petit safari en hydravion ?

    L‘étape suivante, c’est la mine d’or de Tankavaara. Une ancienne mine en fait où toutes les installations anciennes sont encore présentes, réhabilitée pour la visite au public. Basse saison oblige, nous sommes presque seuls pour la visite, et heure tardive oblige (nous sommes arrivés à 15h et en Scandinavie, presque tout ferme à 16h !) nous n’aurons pas le temps de chercher nous-mêmes nos pépites au bord de la rivière, une des activités-phares du site. Nous observons tout de même les derniers visiteurs en action et attendons le grand cri de joie qui ne vient pas. Il reste amusant de se balader dans ce décor de western, de traverser les baraquements des anciens chercheurs qui vivaient dans des conditions assez rudes (je serais orpailleur, j’irais plutôt en Guyane…), de photographier des rennes qui flânent entre les maisons. Le petit musée nous décrit la vie de l’époque, l’état de la recherche d’or dans le monde, nous montre grandeur nature les plus grosses pépites retrouvées et nous apprend tout sur les concours d’orpaillage dans le monde, dont nous ignorions l’existence. Mais c’est d’ores et déjà l’heure de repartir car tout ferme et, après un petit chocolat chaud dans notre cocon roulant, nous reprenons la route pour nous poser de nouveau au bord d’un petit lac. Ce qui devrait encore arriver souvent, car 25% de la surface de la Finlande est constituée d’eau. 188 000 lacs je crois !

    L’entrée de la mine et son décor de far west

    Une curieuse maison en bouteilles de verre

    Un chercheur d’or …en bronze !
    Des orpailleurs en herbe sans enthousiasme

    et son intérieur psychédélique

    Pile, 2 rennes ! (ça vous rappelle pas un chanteur de blues ça ?)

    Médailles de concours d’orpaillage français

    La plus grosse pépite alluviale jamais trouvée. C’est bien sûr une reproduction, les 72 Kg de l’originale ont été fondus depuis longtemps
    Un petit coin sympathique pour passer la nuit

    Samedi

    Malgré le soleil au réveil, je vois bien que Claudie fait triste mine de ne pas avoir trouvé sa pépite la veille, alors nous nous dirigeons vers un nouveau gisement, d’améthyste celui-là, le seul d’Europe à Piyä-Luostontie. D’abord la visite se mérite, car une fois arrivés au parking, il nous faut encore marcher 2,5 km le long d’une piste de ski de fond dans la forêt avant d’arriver à l’exploitation. C’est une petite entreprise à taille humaine (9 salariés) qui n’exporte pas de produit brut, pour cause de concurrence déloyale (climat, salaires, etc.) avec d’autres pays comme le Brésil ou le Sri Lanka. Elle n’extrait que ce qu’elle peut vendre en produits finis dans les boutiques que la région, soit 200 à 600 kg de minéraux par an. Ce travail n’est possible que les mois d’été, mais la visite des installations a été mise en place à l’année pour assurer un minimum de revenus. C’est encore un Français, que nous avons reconnu grâce à son accent, qui nous accueille et nous explique tout le processus, les particularités de l’améthyste finlandaise qui est beaucoup plus ancienne que celle des autres pays. Après la théorie la pratique, nous voici armés d’une petite pioche et d’un tamis et partons creuser dans une petite carrière. La règle est simple, nous pourrons ramener avec nous une seule pierre, du moment qu’elle tient dans une main fermée. Plein d’espoir, nous creusons en écarquillant les yeux pour déceler le moindre éclat. Et nous trouvons !

    L’entrée de la mine, qui n’en paye pas

    Après un petit topo on choisit ses outils

    Claudie se donne à fond

    De mon côté je trouve d’abord ça
    C’est par là que l’on descend…

    et tout le monde se met à creuser

    et remplit vite sa gamelle (1)

    Puis enfin le gros lot ! (2)
    De toutes façons dans la montagne, des cailloux y en a plein !
    (1) ça c’est la récolte excédentaire de tous les participants (2) celle-là a été photographiée au musée…

    Après le retour par le même chemin, nous partons vers Rovaniemi à la recherche d’une autre pépite : une laverie automatique. Si vous suivez bien le blog, vous savez déjà qu’il s’agit d’une perle rare dans les pays nordiques. Et nous trouvons la crème des laveries : salon d’attente douillet avec peaux de bêtes sur les canapés, boissons chaudes à volonté avec même caramels mous et petits gâteaux offerts. De quoi faire une bonne pause pendant que le linge tourne. La nuit est presque tombée quand nous sortons, nous cherchons sur Google Map un petit espace de verdure pas loin du centre commercial et nous nous y installons.

    L’Arctic Laundry de Rovaniemi

    Dimanche

    Cette fois c’est dans le brouillard que nous nous réveillons. Tant pis, ça fera une ambiance hivernale pour les photos de notre prochaine visite : le village du Père Noël. Car oui c’est bien à quelques kilomètres au nord de Rovaniemi, capitale de la Laponie, pile sur le cercle polaire que le Père-Noël a ses bureaux. Nous l’avons même rencontré et avons discuté un peu avec lui, mais nous nous sommes épargnés le ridicule de la photo, qui était payante de toutes façons. Eh oui ma pauv’dame, c’est plus c’que c’était ! En fait, basse saison oblige, l’activité du village était au minimum : restaurants fermés, bureau de poste fermé (oui oui celui où arrivent vos lettres), parc d’attraction fermé et enclos des rennes fermé. Dommage car nous aurions bien salué les neuf rennes qui traînent le traîneau du Père-Noël lorsque c’est le grand jour, ou bien les six qui traînent sa voiture de fonction les autres jours, oui vous savez, la petite six-rennes… Il ne nous restait plus qu’à déambuler dans les boutiques de souvenirs. Je n’ai pas voulu tester le chocolat noir au poisson séché, mais Claudie a craqué pour un magnifique pull.


    On y trouve le bureau de poste (fermé le dimanche)

    Et voilà le bureau du Père-Noël
    et la fameuse voiture de fonction (voir le texte)

    pile au niveau du cercle polaire arctique

    L‘après-midi a été plus culturel, avec la visite de l’Arktikum, musée dédié aux populations et aux problématiques de la région arctique. Vaste sujet, si l’on peut dire, qui comme toujours est impossible à résumer en quelques phrases. Mais pour les passionnés, le site est présenté sur ce lien.

    Nous ressortons pour rafraîchir notre cerveau en ébullition et reprenons la route vers la petite ville de Ranua. Nous trouvons refuge pour la nuit sur un petit parking en retrait d’une route secondaire. Ce ne devrait pas être trop bruyant pour la nuit.


    Lundi

    L‘aurore, non boréale cette fois, éclaire magnifiquement un ciel matinal sans nuage. La contrepartie est qu’il ne fait que 3° dehors, mais cela devrait s’arranger. Ceci se confirme 2 heures de route plus loin, alors que nous faisons étape sur le port de plaisance d’Oulu, 4ème ville de Finlande qui ne parait pourtant pas si grande. Nous visitons le marché couvert près du port, puis flânons dans les rues piétonnes du centre-ville. Elles ne sont pas très fréquentées car presque tout le monde se réfugie dans les vastes centres commerciaux qui les bordent. Nous voulions visiter la cathédrale orthodoxe, mais Google nous apprend qu’elle n’ouvre que 2 ou 3 jours par semaine, de 12h à 13h, et pas avant mercredi en tout cas. Un beau métier que celui de prêtre orthodoxe ! La ville est bordée de petites îles que l’on rejoint par des passerelles, à pied, à vélo ou en ski de fond selon la saison, voire même en circulant directement sur la mer gelée en plein hiver. Oulu est d’ailleurs la ville de Finlande la plus équipée en pistes cyclables, 875 km au total, ce qui est beaucoup sachant qu’elles seront utilisées pendant les longues périodes d’hiver. Et aucun des vélos que nous avons croisés n’avait d’assistance électrique : de vrais sportifs ces Finnois ! La température avoisinant vers midi les 12° c’est par la passerelle que nous rejoignons la petite île en face du port. D’abord pour une pause restauration dans une ancienne fabrique de goudron de pin pour le calfatage de bateaux. Sauté de renne et filets de truite polaire au menu, accompagnés de bières locales. Ensuite pour une agréable balade autour de l’île le long d’un sentier agrémenté d’œuvres d’art, se résumant parfois à un simple titre attribué à un décor naturel.


    Boulangerie du marché : pains appétissants
    Ceux-là sont faits pour les sandwiches ou tartines


    « L »origine des saisons »
    « Fleurs étranges »

    Alors celle-là elle n’avait pas de titre, je la baptise donc « Macronade ». Pourquoi ? Eh bien parce qu’il suffit de traverser la rue pour trouver du bouleau…

    Nous conduisons ensuite Roberto (ou l’inverse) jusqu’à un hypermarché. A chaque arrivée dans un nouveau pays, nous adorons parcourir les rayons de ces magasins, toujours représentatifs des coutumes locales. Grand choix de crosses de street-hockey, de cagoules en mérinos type GIGN, de sauces en tubes et de fromages en packs 2 kg, et à l’inverse absence totale de lait longue conservation : aucun doute, nous ne sommes pas en France.

    Après avoir « rempli » notre caddie (à la mesure de nos petits placards et de notre modeste frigo) nous repartons vers le Sud pour faire halte dans une forêt au bord d’un lac. Des jeunes viendront planter leur tente au bord de l’eau un peu plus tard mais seront d’une discrétion parfaite. Là aussi c’est sûr, nous ne sommes pas en France !

    Spot du soir au bord d’un petit lac

    Mardi

    Nous avons avant notre prochain point de chute deux bonnes heures de route, que nous avons le plaisir de parcourir sous le soleil. En fait « sous » est inapproprié car à notre latitude, même vers midi le soleil reste plus près de l’horizon que du zénith. Ça a l’avantage de donner de jolis éclairages. Les sous-bois des forêts qui bordent la route sont plus lumineux que leurs lisières, le givre sur les terres fraîchement retournées les fait changer de couleur au fur et à mesure de notre avancée. Nous arrivons à Kuopio, bourgade de 120 000 habitants, capitale de – ne riez pas – la Savonie du Nord. Après une pause déjeuner à bord avec au menu beignets de poisson, coquillettes et baies locales (myrtilles et platebières, sorte de framboises de couleur orange), nous sommes allés visiter le musée de l’église orthodoxe. Une bonne partie de sa collection vient de la province voisine annexée par les Russes en 1944. Les Finlandais ont ainsi pu sauvegarder leurs biens religieux les plus précieux, des icônes principalement. Après cela nous sommes allés nous garer près du lac pour une belle promenade dans un environnement multicolore automnal, accompagnés de joggeurs, de promeneurs de chiens courts sur pattes (mais comment font-ils dans la poudreuse ?) et d’adeptes de marche nordique (c’est comme le ski de fond mais sans ski ni neige…). Puis dîner tranquille à contempler l’eau devant nous où rien ne passe malgré les multiples embarcations en attente sur la berge, à se demander si elles ne sortent qu’en juillet août.


    Mercredi

    Les plus attentifs d’entre vous auront sans doute remarqué que la semaine a commencé un mercredi et se termine un mercredi. Eh oui c’est ça la vie de retraités, les semaines de 8 jours qui commencent n’importe quand ! Nous sommes toujours à Kuopio et l’abordons cette fois par son grand marché central. En fait, je ne sais pas si c’est la place qui est grande ou si ce sont les occupants qui sont vraiment trop peu nombreux, mais ça donne une impression de vide. Nous faisons vite le tour des marchands de primeurs et d’accessoires anti-froid en laine bouillie avant de découvrir un petit marché couvert et d’y pénétrer. Comme pour celui d’Oulu, l’ambiance est sympathique et chaleureuse avec des petites tables où l’on peut déguster directement ce que l’on vient d’acheter aux boutiques locales. Nous y avons pris un petit café (plus pour moi, je l’avoue, une tarte aux mustikka – myrtilles comme le nom ne l’indique) tout en discutant du saumon cuit au feu de bois et des petites tartelettes typiques (karjalanpiirakka) que nous venions d’acheter et de la spécialité locale (kalakukko – sorte de chausson au poisson et au porc salés) que nous avons préféré ne pas acheter tant les commentaires défavorables sont nombreux. Ces produits sont très bien décrits ici, je vous laisse la lecture.

    Après cette pause agréable, nous traversons quelques artères du centre-ville bordées d’imposantes maisons en bois, « comme en Russie » dit Claudie qui y est allée, pour une petite visite de la cathédrale. L’intérieur est aussi sommairement décoré que l’extérieur, ce qui est habituel dans la religion luthérienne. En outre, une conférence se prépare manifestement, aussi nous ne restons pas bien longtemps dans les lieux. Nous rejoignons notre véhicule préféré en longeant les quais où sont amarrés de vieux bateaux, à vapeur pour certain, qui sillonnent le lac chargés de touristes à la belle saison. Bah, il nous suffit de revenir dans 10 mois !
    Avant de quitter la ville, nous profitons des douches publiques du terrain de tennis près duquel nous sommes garés. Si la douche de Roberto est parfaitement fonctionnelle, il est parfois agréable de profiter ailleurs d’une eau en quantité moins limitée dans un espace bien plus grand que notre unique mètre carré. Et puis se savonner en Savonie, c’était incontournable !


    Et voilà cette semaine de 8 jours qui s’achève. J’espère que mon journal de bord vous aura plu. Vous trouverez ci-dessous les liens habituels pour déposer de bienvenus commentaires ou pour afficher notre parcours actualisé.