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  • 171. En remontant l’Altiplano

    171. En remontant l’Altiplano

    Ayant décidé de mettre de côté les plaines amazoniennes de la Bolivie, nous poursuivons notre traversée de l’Altiplano, le plus haut plateau habité du monde situé entre 3000 et 4000m d’altitude, coincé entre deux chaines de la Cordillère des Andes. Nous y croiserons deux villes importantes du pays, Cochabamba et La Paz, avant de terminer notre parcours bolivien par le Lac Titicaca.

    Le parcours correspondant à cet article, inhabituellement sur une carte en relief pour mieux visualiser l’Altiplano. En version zoomable ici
    J’ai photographié cette carte dans un musée. En version coupe, elle montre bien aussi la situation particulière de ce haut plateau

    Arrêt au Parc Crétacé

    Dans Sucre, on voit des effigies de dinosaures partout. C’est qu’en 1994, les engins de chantier d’une cimenterie au nord de la ville ont dégagé fortuitement tout un pan de montagne recelant, après avis des scientifiques bien sûr, plus de 12000 empreintes de ces sauriens préhistoriques. Soit le plus grand site mondial. La plus longue trace de pas atteint 347m, également un record. Elle est le fait d’un bébé T. rex qui a marché là il y a 68 millions d’années, alors que le sol était plat – une grande baie en bord de mer. Lorsque la Cordillère des Andes s’est formée, cette plage devenue pierre a formé la pente que l’on connaît aujourd’hui et qui a fini par dévoiler ses secrets en s’érodant. Sous pression de la ville, la cimenterie a dû aménager des visites guidées, tout en étant gênée dans son activité. Poursuivant des dynamitages proches de la paroi, elle serait responsable d’un glissement de terrain qui aurait entraîné la disparition d’une cinquantaine d’empreintes. Précisément 48 grand pas perdus pour l’humanité.


    Un vieux caoutchouc

    Nous nous garons pour la nuit près du lit d’une rivière à 90% asséchée. De la fenêtre de Roberto, nous pouvons apercevoir la cime d’un arbre de belle taille. C’est un caoutchouc tricentenaire (Ficus elastica) qui possède non seulement une belle envergure, 30m de haut, 20m de large, mais aussi de superbes racines en volutes rayonnant sur une quinzaine de mètres. Leur hauteur atteint les 4m près du tronc, ce qui est plutôt peu commun. C’est un agriculteur qui nous permet de visiter, moyennant 50 centimes d’euro par personne, l’arbre âgé aujourd’hui de 330 ans (daté au carbone 14 !) dans le champ qu’il a acquis en 1994. Le précédent propriétaire, un ancien président de la Bolivie, possédait pas mal de terres dans la région, qu’il a décidé de vendre en lots sans avoir évalué précisément la valeur de celui-ci. Pour un homme politique, rien d’étonnant !


    Le musée du charango

    Moi non plus je ne savais pas de quoi il s’agit. Mais je ne suis pas musicien. Le charango est une sorte de petite guitare typique d’Amérique du Sud. Il a été conçu par les amérindiens qui ont adapté à leurs sonorités favorites les guitares et autres vielles importées par les conquistadors. Mais comme ces derniers leur interdisaient la pratique des instruments à cordes, ils ont fabriqué des modèles miniatures qu’ils pouvaient dissimuler plus facilement. Un petit musée de la ville d’Aiquile collectionne des merveilles de réalisation de ces instruments. Elle en façonne environ 400 par an et organise en novembre de chaque année à la fois un concours du plus beau charango et un festival de musique dédié à l’instrument. Du fait du concours, des modèles extraordinaires sont réalisés et exposés ici, soit par la qualité de leur fabrication dans une pièce de bois taillée dans la masse, soit par les motifs qui sont gravés ou collés sur la coque. A noter que les charangos les plus anciens étaient réalisés à partir de la carapace d’un tatou local. Les exigences de protection de l’espèce ont fait abandonner cette pratique.

    A titre anecdotique, nous nous sommes présentés pour visiter le musée un samedi, le seul jour de fermeture, ce que nous ignorions. Un passant nous a aidé à téléphoner au conservateur qui a accepté d’ouvrir l’établissement un peu plus tard rien que pour nous ! Et ce passant était un chanteur de musique folklorique bolivienne. Vous trouverez ci-après 2 vidéos YouTube, l’une relatant son parcours musical et l’autre étant un clip d’une de ses chansons. Bon visionnage !


    Dormir sur un terrain de foot

    Perché sur un plateau à 3000m d’altitude, ce terrain de foot apparemment désaffecté, recommandé par d’autres voyageurs dans notre application iOverlander, nous tendait les bras. Avec un bel environnement montagneux et floral. J’ai encore découvert de nouvelles espèces d’ailleurs. Rester dormir sur un terrain de foot dans la nuit du samedi au dimanche paraissait un peu risqué. Mais nous avons passé une nuit super tranquille.


    Cochabamba

    Nous sommes là dans la 3ème ville de Bolivie, avoisinant le million d’habitants. L’altitude modérée (2800m, tout est relatif dans ce pays !) et le climat doux et ensoleillé toute l’année en font un lieu agréable à vivre, tout en favorisant l’agriculture : Cochabamba est le grenier de tous les Boliviens.

    a) Le Christ de la Concorde

    Partant un peu vite du Brésil, nous avions raté le Christ Rédempteur de Rio de Janeiro, mais celui de Cochabamba est encore plus grand : 34,20m de hauteur contre 33 pour son concurrent brésilien. Le sculpteur se serait un peu gouré sur les cheveux et n’aurait pas respecté les 33 ans du Christ comme son prédécesseur… Entre les deux mains, on est à un peu moins de 33m d’envergure. La construction de cette statue monumentale a été décidée en 1987, dans le but de perpétuer le souvenir de la visite du pape Jean-Paul II cette année-là. Elle a duré 7 ans. La statue située sur une colline au-dessus de la ville est rejoignable selon le budget et le courage soit à pied (gratuit), soit en télécabine (0,70€ le trajet – ça a été notre choix) soit enfin en taxi (6€ l’aller-retour avec 30mn d’attente, ça reste raisonnable). Le panorama sur la ville vaut dans tous les cas le déplacement.


    b) Une nonne pour une Rolex

    « Si à cinquante ans, on n’a pas une Rolex, on a quand même raté sa vie« , disait le publicitaire français Jacques Séguéla. A Cochabamba, ont prenait les choses beaucoup moins à la légère. Pour ne pas rater sa vie, pour montrer son rang social, il fallait avoir mis au moins une de ses filles au couvent. Et la doter suffisamment pour qu’elle puisse porter le voile noir, ce qui lui permettait de se faire servir par les nonnes au voile blanc qui elles-mêmes se faisaient servir par les nonnes sans voile, les plus pauvres. Si toutes étaient assurées d’avoir une place au paradis, ce qui maintenait la paix sociale à l’intérieur du couvent, étaient-elles conscientes de l’incertitude sur l’absence de hiérarchie là-haut ? Cela dit, les conditions de vie étaient particulièrement austères, même pour les plus aisées des nonnes. Nous avons vu leurs chambres qui étaient plus petites que l’habitacle de Roberto, leur bibliothèque limitée à la littérature religieuse (un petit San Antonio aurait pu passer discrètement et donner un peu de piment à la vie monastique), leurs étagères tournantes qui leur permettaient d’échanger des denrées avec l’extérieur sans jamais voir la personne en face. Certes, les bâtiments sont de toute beauté, mais rester enfermé là-dedans la vie entière, était-ce vraiment une vie ? Heureusement, cela n’a plus lieu aujourd’hui, le Vatican a rendu la liberté aux nonnes qui le souhaitaient en 1960. Et les pères s’offrent une Rolex…


    c) Le jardin des villes et le jardin des champs

    Toujours sous un soleil radieux, nous commençons nos visites ce matin par le Palacio Portales. Notre guide nous la présente comme la maison la plus luxueuse jamais construite en Bolivie. Ce palais a été construit par Simon I Patino, le magnat de l’étain bolivien. Dans les années 1940, il fut l’homme le plus riche du monde. Alors il avait largement de quoi se faire bâtir de somptueuses maisons. Au milieu d’adorables jardins à la française parfaitement entretenus, le Palacio Portales est d’une grande élégance, autant dans les raffinements architecturaux de ses façades que dans le luxe de son aménagement intérieur. Les pièces s’inspirent volontiers de chefs d’œuvres européens comme cette galerie entourée de miroirs comme pour la bibliothèque du Vatican, cette réplique de la chapelle Sixtine ou encore une salle de style mauresque influencée par les palais de l’Alhambra. Tous les matériaux respirent la qualité, des sols en marbre de Carrare aux tapisseries murales en damas, des lustres vénitiens aux meubles finement sculptés à la main. Les chambres dans des teintes pastel dégagent une grande douceur. Mais vous n’en reviendrez peut-être pas quand vous saurez que ni le propriétaire ni aucun membre de sa famille n’ont habité ce palais. Le comble du luxe sans doute !

    Juste après, et ce n’était probablement pas une bonne idée, je suis allé faire un tour au jardin botanique de la ville. Le contraste a été saisissant. Les allées sont tout juste balayées, la végétation est à peine entretenue, beaucoup de bassins sont vides, les serres sont désertées et poussiéreuses, les statues sont rongées par le temps, les quelques fleurs meurent de soif. Moi qui aime beaucoup les jardins botaniques, je suis très déçu. La ville n’a manifestement pas les moyens ou la volonté d’entretenir ce lieu. Le plus grand paradoxe est qu’en marchant dans les rues après être sorti du parc, je trouve de jolies fleurs et de jolis massifs chez ou devant les particuliers. Comme quoi, au moins en matière d’embellissement végétal, l’argent privé l’emporte largement sur l’argent public.


    d) Cochabamba, en vrac

    Ci-dessous quelques images prises au cours de nos déambulations dans la ville, la plupart avec un petit commentaire.


    Détente…


    Bouchon

    C’est le moment de reprendre la route. Nous traversons l’interminable banlieue de Cochabamba pour nous retrouver enfin dans les montagnes. Mais après une quarantaine de kilomètres, nous voilà derrière une très longue file de poids-lourds arrêtés sur la route. Avec l’habitude des franchissements de douanes, nous doublons tout le monde. Nous arrivons bientôt à un village où tout semble bloqué. Les gens dorment ou pique-niquent à l’ombre de leur véhicule. Les marchandes du village passent et repassent pour vendre des glaces, des chips ou des boissons sucrées. Nous nous garons sur le côté, derrière un bus, laissant libre le côté gauche de la route. Il est 14h30, je pars aux renseignements. La route est fermée pour travaux depuis 9h ce matin et jusqu’à 17h ce soir, et cela tous les jours pour un peu plus de 2 mois. Pourtant, c’est l’unique route asphaltée entre la capitale et la 3ème ville du pays, sans alternative possible. Imaginez le capharnaüm si l’autoroute entre Paris et Lyon et toutes les alternatives possibles étaient fermées 8 heures par jour pendant 2 mois. On crierait au scandale ! Mais non ici, tout est calme, les gens sont habitués et attendent tranquillement la réouverture. Par contre, une demi-heure avant, c’est la pagaille totale : les premiers véhicules de la file mettent en route leur moteur et tout le monde fait de même. Tous ceux qui étaient sur les côtés, y compris une pauvre ambulance et des camions d’animaux de ferme, se précipitent sur la file du milieu. Je me demande comment vont passer les véhicules bloqués dans l’autre sens, mais je suis le mouvement. Il doit y avoir une raison. Les barrières n’ouvriront qu’à 17h pile et là c’est un grand concert de moteurs, de fumée, de klaxons et de pousse-toi-de-là-que-je-m ‘y-mette ! Finalement, tout se dégage lentement et la voie de gauche devrait être libre lorsque les véhicules venant en sens inverse, plusieurs kilomètres en amont, arriveront dans le village.


    Cultures de l’Altiplano

    Tout au long de notre route qui serpente entre 3500 et 4500 m d’altitude entre les montagnes de la Cordillère Est, nous passons de charmants villages et hameaux. Les murs et les clôtures des maisons sont généralement en briques d’adobe tandis que la toiture est en paille. Devant, une cour héberge souvent un four hémisphérique et quelques animaux : poules, ânes, cochons et lamas. Autour, on cultive quinoa, maïs, blé et pommes de terre, et ça a l’air de bien pousser malgré l’altitude. Dans un de ces villages, nous avons trouvé une petite église abandonnée, toute en adobe également. Nous croisons rarement du monde, mais les contacts sont en général sympathiques et accompagnés d’un généreux sourire. Par respect et sachant qu’ils n’aiment pas ça, nous nous retenons de les photographier, mais ce n’est pas l’envie qui nous manque, d’autant que, aussi bien les gens que les tenues traditionnelles qu’ils portent au quotidien sont hautement photogéniques.


    La capitale la plus haute du monde

    La Paz est une capitale étonnante à plus d’un titre. D’abord par son histoire, la ville ayant été créée en 1548 pour pacifier – d’où son nom – le Haut-Pérou et le Bas-Pérou qui s’entre-tuaient, une guéguerre entre deux conquistadors à gros ego. La ville était si bien placée sur le plan commercial qu’elle vola en 1900 le titre de capitale à Sucre, victime du déclin de l’argent. La Paz est étonnante aussi de par sa géographie, occupant une immense cuvette située entre 4000 m et 3400 m d’altitude. Contrairement à ce qui se passe généralement, les habitants les plus pauvres sont sur les hauteurs tandis que les plus riches sont tout au fond, profitant d’un taux d’oxygène plus élevé et de températures plus clémentes. Arpenter les rues les plus touristiques – pas pour autant chargées de touristes – est un régal pour les yeux. L’artisanat andin et ses couleurs vives y est omniprésent, aussi bien devant et dans les boutiques qu’au-dessus des ruelles. Les classiques parapluies sont ici remplacés par de jolis carrés suspendus aux motifs géométriques ainsi que des guirlandes de pompons et autres babioles. La vieille ville est aussi un marché à ciel ouvert avec des vendeurs envahissant les trottoirs et proposant un peu de tout, du maïs égrené aux bas nylon en tas, en passant par des fromages frais vendus sans réfrigération voisinant avec des articles de plomberie. On trouve dans la capitale bolivienne davantage de fresques murales que dans les autres villes que nous avons pu visiter. Pas toujours bien entretenues mais très locales dans le style. L’auteur le plus typique est Mamani Mamani, mais il est loin d’être le seul sur place. Les motifs quechua ou aymara sont fréquemment retrouvés sur les devantures ou sur quelques véhicules. Je ne sais pas si on peut faire rentrer ça dans le street-art mais les vieux bus Dodge bringuebalants aux couleurs vives et accessoires chromés font aussi partie du décor des rues.


    Un papier sur une feuille

    Le jour de nos noces de papier, il a été amusant et adéquat de visiter un musée dédié à une feuille. Mais pas n’importe laquelle : la feuille de coca. Dans l’argumentaire très instructif, on apprend vite à différencier la cocaïne, drogue éminemment addictive et danger mondial, de la coca, psychostimulant d’usage traditionnel depuis des millénaires dans les Andes qui est comparé ici à notre utilisation quotidienne du café. On apprend aussi que, outre la mastication des feuilles pour supporter la fatigue, la faim et surtout l’altitude, la coca participe à de nombreux rituels religieux, dont des offrandes à la Pachamama ou au démon des mines El Tio, aux voyages à pied dans la cordillère, à la dot des futurs mariés et même à certaines négociations sociales. Étonnamment, la feuille de coca a été utilisée directement comme une monnaie. On nous parle aussi de l’influence négative des occidentaux. Les conquistadors ont d’emblée interdit l’usage de la coca aux amérindiens avant de s’apercevoir que le rendement des travailleurs était bien meilleur s’ils en consommaient. La réintroduction a été rapide… accompagnée d’une taxation. Ces mêmes conquistadors ont alors compris les profits qu’ils pouvaient tirer de la petite feuille et ont lancé des cultures intensives. Ils se sont effectivement enrichis, mais pas les amérindiens. Devant la hausse de la demande mondiale, la cocaïne a été synthétisée. Cette fois, ce sont des multinationales qui se sont enrichies. Les amérindiens sont restés aussi pauvres mais en bonne santé alors que celle des occidentaux en pâtissait lourdement. Et la situation continue de se dégrader. Paradoxalement, on préfère aujourd’hui rejeter la faute sur les pays producteurs, qui n’ont pourtant fait que s’adapter à la demande. C’est tellement plus pratique que de taper sur les consommateurs. Et heureusement pour les populations andines, l’ONU a bien fait la différence entre la cocaïne et la coca et autorisé cette dernière dans les pays où l’usage est traditionnel. Alors nous on n’a pas encore trop mâchouillé les feuilles, mais nous avons par contre testé les bonbons et l’élixir qui se pulvérise sous la langue. Ça a l’air de plutôt marcher. Sinon il y a un petit café à côté qui sert toutes sortes de préparations à base de coca.


    Parcourir la ville en télécabine

    Depuis 2012, la ville de La Paz est équipée d’un réseau de télécabines, appelé ici Mi Teleferico. Cela fonctionne à la manière d’un métro, peu envisageable ici en raison des importants reliefs de la ville (de 3600 à 4200 m d’altitude). En 2026, 10 lignes sont installées, chacune baptisée par une couleur, pour un parcours total de 30 km Pour un prix modique (0,30 € le premier téléphérique puis 0,20 € les suivants), nous nous sommes régalés à survoler toute la ville, observer le magnifique panorama, voir de haut l’animation des rues, explorer l’architecture éclectique et colorée, repérer des endroits que nous aimerions visiter par la suite. Si l’on inclut la pause de midi au restaurant entre 2 télécabines, c’est presque une journée entière que nous avons passé dans les transports en commun et pourtant nous avons adoré !

    Plan des lignes du télécabine de La Paz en 2026
    Plan des lignes du télécabine de La Paz en 2026

    Le marché aux sorcières

    Un quartier est réservé à la médecine traditionnelle amérindienne (quechua ou aymara) avec de nombreuses potions, herbes médicinales, amulettes et autres objets utilisés dans les rituels chamaniques comme les fœtus de lamas. Les Espagnols ont appelé cet endroit « marché des sorcières« , et les commerçants en jouent auprès des touristes en exposant des portraits de sorcières grimaçantes au chapeau pointu telles qu’on les imagine dans le monde occidental, mais ici rien à voir. C’est plutôt du chamanisme.


    Un beau musée d’art

    Le Museo Nacional de Arte est installé dans un magnifique palais colonial datant du XVIIIe siècle, une œuvre d’art en lui-même avec son élégant patio entouré d’arches de pierre sur 3 étages. Il est dédié à la diffusion de l’art bolivien, de la période coloniale à l’art contemporain. Que des œuvres de qualité et dans un style différent de ce que l’on a l’habitude de voir, quelle que soit la période. Voici une petite sélection de nos œuvres préférées.

    Fraternidad de Cristian Laime
    Fraternidad de Cristian Laime – 2023 – Museo Nacional de Arte – La Paz

    Lustrabotas

    Sur la très animée place Murillo de La Paz, un cireur de chaussures muni d’une cagoule remontée jusqu’au nez propose à Claudie de cirer ses chaussures pour 3 pesos (30 centimes d’euro). La cagoule, c’est une particularité des cireurs de chaussures de La Paz. Initialement moyen de se protéger du froid et du soleil (la ville est à 4000m d’altitude), la cagoule a permis ensuite de dissimuler le travail des enfants et adolescents, nombreux dans la profession. C’est aussi et surtout un symbole d’appartenance à un groupe social, une façon de lutter activement et avec fierté contre la stigmatisation dont est victime le métier. Notre lustrabota n’était manifestement pas un enfant. Il a fait du super boulot malgré une bonne part de textile sur les chaussures. Nous avons « généreusement » donné 10 pesos (1 €…) au lieu des 3 pesos demandés. Il ne faut pas casser le marché !


    Textiles, masques et art plumaire

    Les capitales, c’est bien connu, hébergent souvent les plus beaux musées du pays. Après le superbe Museo Nacional de Arte (voir ci-dessus) nous voilà maintenant à visiter, lui aussi installé dans un ancien palais colonial, le Museo Nacional Etnografia y Folklore. Vous voyez à peu près de quoi il s’agit. De nouveau des collections de grande qualité, très bien présentées. Nous nous sommes régalés. Difficile de raconter tout cela. Voici en collections de photos nos 3 expositions préférées : la première sur les textiles andins et leur technique de fabrication plus complexe qu’elle n’en a l’air, la seconde sur une incroyable collection de masques issus des différentes régions de Bolivie, et la troisième sur l’art plumaire (oui oui, ça existe !).


    Détente (bis)


    Tout sur la bolivianite

    Le suffixe pourrait faire penser à une sorte de tourista chopée dans les stands de nourriture des marchés de La Paz ou Sucre, mais non. D’abord ces marchés n’ont pas si mauvaise réputation, on y mange des plats basiques et sains à tout petit prix. Et puis la bolivianite, appelée aussi amétrine, est une variété très rare de quartz qui combine l’améthyste (violet) et la citrine (jaune) dans un même cristal, formant des zones de couleur distinctes. Ce minéral est presque uniquement extrait dans le sud-est de la Bolivie, notamment dans la mine Anahí, et est apprécié en joaillerie pour son aspect unique. Amé (thyste) + (ci) trine = amétrine, vous l’avez ?

    P.S. Il n’est pas certain que la première photo corresponde bien à un minerai de bolivianite, j’ai oublié de photographier la légende dans ce musée de Potosi. Quant à la dernière, je ne sais pas trop ce que c’est que cette « boulangerite » mais le nom m’a amusé…


    L’empire méconnu

    Si tout le monde ou presque (j’ai un doute pour la moitié des étatsuniens d’Amérique qui pense que ) a entendu parler de l’empire Inca, peu connaissent la civilisation qui les a précédé, les Tiwanakus. De leur petit village naissant au bord du Lac Titicaca en 1580 av. J.-C., où ils furent les initiateurs mondiaux de la culture de la pomme de terre et où ils élevaient déjà des lamas, ils réussirent jusqu’en 1200 ap. J.-C. à constituer un véritable empire similaire à celui que développeront les Incas 2 siècles plus tard. Leur première grande cité fut Tiahuanaco, occupant 400ha et hébergeant jusqu’à 100 000 habitants. Si les Tiwanakus étaient capables très tôt de travailler les métaux précieux, leur économie reposait essentiellement sur l’agriculture, grâce notamment à la maîtrise de la sélection de variétés, de la culture en terrasses et de l’irrigation (bien avant les Incas à qui pourtant on attribue ces découvertes). C’est grâce à la fabrication du bronze et de l’étain – ces deux métaux conférant des avantages sur le plan militaire – qu’ils commencèrent à étendre leur territoire. Mais leur dépendance à l’agriculture restait grande et c’est probablement une grande période de sécheresse qui entraîna un déclin rapide de cette civilisation au début du XIIIe siècle. Nous visitons aujourd’hui les ruines de leur capitale. Pyramides à degrés, temples, portes du soleil et de la lune : beaucoup de points communs avec les autres civilisations andines. Nous avons été particulièrement été intéressés par un temple semi-enterré dont une centaine de visages émergent des parois, par de nombreux monolithes sculptés (le plus grand fait 7m de haut) ou pas, inclus alors dans la structure des murs d’enceinte d’un temple, entourés de pierres taillées un peu à la manière des Incas. Et puis cette porte du soleil qui nous rappelait vaguement quelque chose… Mais oui, c’est probablement celle qui a inspiré Hergé pour son album Tintin et le temple du soleil !


    Dormir sur une île du Lac Titicaca

    Nous rêvions depuis longtemps de retourner au Lac Titicaca, que nous avions vu du côté péruvien il y a 24 ans. La Bolivie de l’autre côté nous faisait envie. Nous en avons presque terminé avec ce pays qui nous a enchantés, mais nous n’étions pas encore arrivés près de ce lac dont le nom ravit les enfants. Le découvrant en milieu d’après-midi, nous décidons de faire halte pour la nuit sur une île, ou plutôt une presqu’île car elle est reliée au continent par un petit chemin de terre qui chemine entre les joncs. Nous découvrons un paysage sauvage, une vue étendue sur le lac et passerons encore une nuit super tranquille au milieu de la nature.


    L’art du totora

    Le totora est une plante de la famille des roseaux, très répandue tout autour du lac Titicaca. Il est utilisé depuis des millénaires, parfois en adjonction avec du balsa, pour fabriquer des bateaux, un savoir qui se transmet de génération en génération. Nous nous arrêtons justement près de la maison de la famille de Paulino Esteban, un Bolivien maîtrisant suffisamment la technique de la totora pour avoir été convié à la fabrication de bateaux transocéaniques et notamment le célèbre Kon-Tiki. En 1947, ce bateau a relié la Polynésie à partir du Pérou. L’initiateur de cette traversée, le norvégien Thor Heyerdahl, voulait démontrer que les peuples sud-américains pouvaient avoir atteint la Polynésie à bord d’embarcations rudimentaires. Paulino Esteban participera à d’autres expéditions similaires dans différents endroits du monde. Et transmettra son savoir-faire à sa famille. C’est son fils qui nous a expliqué tout cela, photos et articles de presse à l’appui. Autour de sa maison, plusieurs embarcations sont en cours de fabrication. Et pour satisfaire les besoins des touristes, la famille fabrique aussi de multiples objets en totora et tous les textiles traditionnels de la culture Aymara. Un car de touristes est venu se joindre à nous, nous donnant l’occasion de faire quelques jolis clichés.


    Complètement barge !

    Nous approchons de la fin de notre parcours bolivien, prévoyant de traverser le Lac Titicaca au niveau de l’isthme de Copacabana. Seulement pour parvenir à cette ville, il y a un chenal à franchir. Alors que nous pensions monter sur un ferry digne de ce nom, nous voilà embarqués sur de simples barges en bois, éloignées du quai à l’aide de perches et mues par des moteurs de hors-bord. L’apparence fragile est contrebalancée par le fait que ce sont essentiellement des bus et des camions qui traversent, deux à la fois en général. C’est donc derrière un bus de tourisme que nous avons effectué la traversée. Bon finalement, pas de chavirage intempestif ! Pour situer notre inquiétude, je rappelle que Roberto n’est assuré qu’au tiers – il n’était pas possible de faire autrement – et que nous perdrions tout en cas de naufrage…


    Copacabana, Bolivie

    Copacabana est accessoirement une petite ville touristique de 6000 habitants, mais surtout un sanctuaire religieux, à la fois catholique et inca. Pour la partie catholique, la grande basilique Notre-Dame de Copacabana, toute blanche, abrite la célèbre sculpture de la Virgen de la Candelaria, figure religieuse majeure en Bolivie, sculptée par un descendant direct de la famille royale inca en 1580 et capable (entre autres miracles) de faire pleuvoir après de longues périodes de sécheresse. Ce qui a facilité la conversion au christianisme des amérindiens, très attachés par nature à tout ce qui touche la terre et les cultures. D’ailleurs, cette Virgen de Candelaria (ou Copacabana, c’est pareil) a été élevée au rang de vierge nationale de la Bolivie en 1825. Et c’est bien grâce à elle, grâce à une église qui lui était dédiée, que le célèbre quartier Copacabana de Rio de Janeiro porte ce nom.



    L’autre fait religieux majeur qui fait de Copacabana un sanctuaire religieux est la présence des Îles du Soleil et de la Lune. C’est de là que le dieu créateur inca Viracocha aurait lancé le Soleil et la Lune dans le ciel, et nous ne le savions pas ! Bon sang, mais c’est bien sûr ! Alors nous sommes allés visiter ces îles mythiques, en bateau avec une dizaine d’autres personnes. D’abord l’Île de la Lune (le temps pluvieux aurait desservi l’autre) où nous avons découvert le Temple des Vierges du Soleil. Des jeunes filles de bonne famille y apprenaient les taches domestiques pour soit être mariées à des Incas de l’Île du Soleil, soit être retenues pour des sacrifices humains. Qui perd perd en quelque sorte… Nous avons assisté là-bas par surprise à une cérémonie Inca. Le soleil étant revenu, nous sommes repartis vers le nord de l’ile éponyme pour admirer quelques vestiges incas dans un environnement superbe. Une table dédiée aux sacrifices humains (brrr), un rocher sacré avec une tête de puma* et un temple labyrinthique. Toucher le rocher sacré et boire de l’eau sacrée du temple nous a fait gagner au moins dix ans de vie ! Le bateau nous a ramené ensuite vers un ponton avant Copacabana où nous avons enfin pu déjeuner (il était 15 h !) d’une truite juste sortie d’un vivier sous le restaurant.

    *le condor, le puma et le serpent représentent les trois mondes de la cosmologie inca. Le premier domine le ciel, le second la terre et le troisième le sous-sol. Le lac Titicaca, sacré pour les Incas a d’ailleurs une forme de puma. Et Titicaca signifie en Quechua « puma de pierre ».

    Les contours du lac Titicaca dessinent un puma
    On peut voir un puma dans les contours du lac Titicaca. Les deux sont sacrés pour les Incas

    Actualité brûlante

    Comme en France, ce sont les élections en Bolivie. Probablement afin d’éviter les débordements, la législation prévoit de sévères restrictions, ainsi que le communique l’Ambassade de France sur les réseaux sociaux :


    Le port de Copacabana, où nous avons passé notre dernière nuit en Bolivie
    Le port de Copacabana, où nous avons passé notre dernière nuit en Bolivie

    Après avoir passé la nuit sur le port, nous avons tranquillement rejoint la frontière avec le Pérou. Adios la Bolivie, nous avons beaucoup aimé ce pays, à la fois beau et authentique. Un vrai coup de cœur !

  • 108. Transatlantique en double

    Le dernier épisode de cette série américaine vous emmènera de Panama City à la France pour ce qui nous concerne et vous contera les péripéties du départ de Roberto, trépignant d’impatience au port de Manzanillo pendant que son navire transporteur se la coule douce à 80 km de là, de l’autre côté du Canal.

    Connaissiez-vous ce mola ?

    Le mola est un art textile traditionnel développé par la communauté amérindienne Kuna, présente au Panama et en Colombie. La technique très particulière, dite de l’appliqué-inversé, démarre par des tissus empilés, dont on découpe puis coud des motifs couche par couche, en retournant leurs bords. Selon le nombre de couches (2 à 7), de motifs et de finesse de la couture, le temps de réalisation varie d’une semaine à 6 mois.

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    Initialement, les motifs géométriques reproduisaient ceux peints sur le corps à l’aide de rouleaux gravés. Puis ces décorations corporelles sont devenues des vêtements, encore portés par la communauté aujourd’hui. Le design a évolué, avec des représentations liées à la nature, à la religion, voire à des demandes commerciales précises.

    Un petit musée gratuit et d’excellente qualité (l’un n’empêche pas l’autre !) expose de façon didactique l’historique, le mode de réalisation et des pièces d’une grande finesse, tout en donnant pas mal d’informations sur la culture Kuna. A ne pas manquer.


    Panamax ou Canal Plus ?

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    L’entrée Sud du Canal de Panama vue du Causeway

    Dès que les conquistadors ont découvert qu’au Panama, l’Amérique n’était pas si large et qu’ils pourraient peut être retrouver leur honneur en atteignant enfin les Indes, ils y cherchèrent un passage pour leurs bateaux. Ça prendra tout de même un peu de temps. Il faudra attendre que le Prussien Humbolt, celui qui a découvert le courant (je n’ai pas dit l’électricité, hein 😉), trouve un passage possible via un fleuve panaméen et quelques aménagements. On s’adressa naturellement au Français Ferdinand de Lesseps qui venait de construire avec succès le canal de Suez, mais en oubliant, alors que c’est pourtant écrit en bas de tous les contrats de placements, que « les performances passées ne préjugent pas des performances futures ». Et ce fut hélas une catastrophe. Notre compatriote, misant sur une connexion à niveau des deux océans, avait sous-estimé les difficultés à creuser si profond dans un sol très hétéroclite, et surtout la férocité des moustiques qui tuèrent entre 5000 et 25000 personnes (c’est comme pour les manifs, ça dépend de qui compte).

    Quand il se décida enfin à écluser son canal, les banques européennes le lâchèrent et les Américains n’eurent plus qu’à récupérer l’affaire, s’arrangeant au passage pour s’octroyer à vie le canal et 8km de terre de chaque côté. Mis en service en 1914, le canal ne fut restitué au Panama que fin 1999.

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    Tarifs de passages. Ce n’est pas donné !

    Depuis, forcément, à 1 million de $ le passage des navires les plus grands, l’économie se porte mieux. On agrandit maintenant les écluses. Celles qui accueillaient au maximum des bateaux de la catégorie « panamax » (32m de large sur 294m de long) sur laquelle se sont longtemps calqués les constructeurs, sont complétées depuis 2016 par des écluses « néopanamax » capables de faire passer des géants de 49m de large et 366m de long.  Le problème c’est qu’elles consomment beaucoup plus d’eau et que la ressource commence à manquer.

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    Bon, c’est LEUR problème. Parce que le nôtre à ce moment précis, c’est que Roberto attend à un bout du canal le Titus, un transporteur de véhicules de la catégorie Neopanamax, bloqué à l’autre bout…

    Nous n’avons pas fait d’excursion sur le canal, comme en 2019, mais voici quelques clichés pris à cette occasion. De bonnes sensations que de filer dans une petite embarcation le long de ces navires géants, une visite didactique et en direct du fonctionnement des écluses, et même un simulateur ! Retour par la ligne de chemin de fer qui a assuré les transports d’un océan à l’autre de 1855 à 1914. Elle est toujours très active : certains navires au tirant d’eau limite y font transporter leurs containers pour s’alléger et pouvoir passer les écluses les moins profondes.

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    Adios Santa Ana

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    La place Santa Ana, cœur du quartier

    Nous quittons aujourd’hui notre location dans le quartier de Santa Ana, un secteur en tout début de rénovation de la zone historique de Panama City, mélangeant quelques constructions modernes comme la nôtre, des immeubles vieillots mais fonctionnels et des bâtiments dont ne persistent plus que murs et façades, dans l’attente sans doute qu’un pâté de maison complet se libère pour être livré à un promoteur. Au cœur de tout cela, la place Santa Ana avec ses grands arbres aux racines pendantes, son kiosque central, ses bancs toujours occupés de locaux qui mangent, lisent ou discutent. Peu de touristes finalement, comparativement aux secteurs restaurés, mais une ambiance bien plus authentique dont nous avons pleinement profité pendant deux semaines. Le 26 juillet prochain, le quartier fêtera ses 350 ans d’existence. Dans le Nouveau Monde, c’est beaucoup.

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    Joli bâtiment de style colonial espagnol en bordure de place
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    Notre logement est à 100m sur la gauche. C’est dire comme nous sommes en pleine immersion
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    Les immeubles et boutiques ont du caractère…
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    J’adore la conservation des façades en attendant la rénovation,
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    Là, c’est juste une des façades du marché couvert. On aurait pu se contenter d’un p’tit crépi, mais non.

    Baisser des couleurs

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    Un certain regret de quitter tout ça…

    Nous préparons nos bagages, un petit pincement au cœur. D’abord parce que se termine ici notre périple américain, plus de 50 000 km parcourus en 17 mois à travers 10 pays que nous ne connaissions pas pour la plupart. Ensuite parce qu’en prenant l’avion ce soir, nous laissons Roberto derrière nous alors que normalement il aurait dû nous précéder. Bon c’est comme ça. Le bon côté c’est qu’avec ce retour en Europe, nous allons revoir famille et amis, enfin peut-être pas tous, il y a du monde ! Et puis nous reviendrons en Amérique, c’est sûr. Au moins pour voir le Sud. Alors ce n’est qu’un hasta luego mon frère…

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    Épilogue

    Ce samedi 1er juillet, 15 jours après son arrivée, le Titus se décide enfin à traverser le canal, bien accompagné par ses bateaux-pilotes afin qu’il ne se perde pas (il ne manquerait plus que ça !). 8 heures plus tard il arrive au port de Manzanillo. Roberto va enfin pouvoir commencer sa propre transat en solitaire. Enfin je veux dire sans nous, car les transporteurs de véhicules comme le Titus peuvent emporter plus de 8000 Roberto à la fois !


    Parcours Amerique NC mois
    Et pour les amoureux des cartes, notre parcours complet en Amérique du Nord et centrale sur 17 mois
  • 102. Costa Rica deuxième décade

    Nous explorons maintenant la vallée centrale du pays et ses alentours, en poussant une petite pointe vers le nord de la côte Caraïbe. Cette « vallée » est en fait un haut plateau avoisinant les 1000 mètres d’altitude, ce qui nous apporte une fraîcheur bienvenue. En dehors de la capitale San José, notre quotidien sera encore dominé largement par la nature, avec des rencontres animalières exceptionnelles.

    Las termales del bosque

    Vous vous doutez que le nom nous a attirés comme des aimants. Cet ensemble méconnu de bassins d’eau thermale vaut pourtant assurément le déplacement, tant il est l’antithèse des installations commerciales de La Fortuna. Après avoir laissé Roberto tout seul au parking (à 10h nous sommes les premiers visiteurs), nous nous acquittons d’un droit d’entrée modique d’environ 5 € par personne – c’était entre 8 et 75 à La Fortuna ! – puis traversons à pied la forêt tropicale luxuriante qui mène au site. 10 minutes plus tard, nous découvrons cette série de bassins, une dizaine environ, groupés par 2 ou 3, emplis d’une eau parfois claire ou parfois trouble, allant du jaune paille au bleu foncé, et dont la température, indiquée sur de petits panneaux s’étage entre 30 et 48°C. Nous n’avons que l’embarras du choix et allons les tester tous un par un. Ma préférence va pour le 44 jaune paille, tandis que Claudie préfèrera le 39 bleu opalescent. Très relaxés, nous allons prendre une excellente piña colada au petit bar et nous restaurer d’un repas rapide. Sans doute préparé par l’hôtel voisin, que nous avons traversé pour arriver au parking. Une petite dizaine de visiteurs en tout ce matin-là. A la fin nous nous connaissions tous et le dernier nous a dit « au revoir ». En Français bien sûr !

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    Il s’agit bien d’eau thermale, de 30 à 48°C comme celui du dessus. Claudie a préféré 36 et moi 44…
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    Un endroit calme et relaxant. Le pied, quoi !
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    Un moment inoubliable

    Sur les conseils d’amis voyageurs, nous faisons étape chez José, un guide naturaliste ayant décidé au moment du confinement, alors qu’il avait perdu toute activité chez son employeur, de se mettre au vert en accueillant des voyageurs nomades ou non dans un petit jardin tropical qu’il aménagerait lui-même, idéalement situé près d’une forêt avec tous ses attraits. Le résultat est déjà très probant. Roberto a droit à un emplacement ombragé sur une belle pelouse, bordé de fleurs tropicales parfaitement entretenues. Tous les services de base sont à disposition, dont une petite cuisine et de grandes tables pour les visiteurs. Rien que cela vaudrait le déplacement. Mais l’énorme plus, c’est José, qui propose spontanément une visite des lieux, du jardin dont il connait chaque recoin et dont il est tellement admiratif qu’il prend presque autant de photos que nous, à la forêt voisine où il va nous faire découvrir faune et flore pendant plus de 3 heures, que nous n’avons pas vu passer. Nous avons vu des arbres et fleurs magnifiques, nous avons senti les feuilles du cannellier, nous avons goûté à divers fruits ainsi qu’au café et au thé qu’il produit, nous avons cherché et trouvé les célèbres petites grenouilles « blue jeans », nous avons observé pas mal d’oiseaux, nous avons tordu le cou pour repérer des singes hurleurs très hauts dans les arbres et j’ai pu photographier mon premier toucan. Et bien entendu, l’endroit s’appelant Caribbean Rainforest Sloth, nous avons vu une demi-douzaine de paresseux, dont deux tout près de notre emplacement.

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    Arrivée chez notre hôte qui a le sens de la réception
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    Nous sommes hébergés dans un jardin tropical luxuriant que José a aménagé lui-même et dont il propose d’emblée la visite
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    Nous rêvons d’un jardin comme ça Claudie et moi
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    Après le jardin, la balade commentée se poursuit dans la forêt adjacente. Les découvertes seront encore nombreuses, comme ces plantes rampantes qui épousent les rochers ou les arbres, ce tronc moussu qu’on dirait enneigé ou encore ces graines velues dont on se sert pour garnir les oreillers

    Les paresseux, c’est difficile à photographier, surtout avec un smartphone. Non pas à cause de leur vitesse de déplacement -loin de là, nous avons largement le temps de les cadrer – mais parce qu’ils vont tout de même se percher assez haut afin de ne pas trop être dérangés, et le téléobjectif des smartphones, lorsqu’il est présent, est très limité. Après le déjeuner, Claudie décide de retourner en forêt compléter sa collection de graines « œil de bœuf » en vue de se faire un collier. Mais à peine partie, elle m’appelle : « Viens voir vite ! ». Je la rejoins en courant et la trouve devant l’un des paresseux de l’entrée, cramponné à la hauteur de nos yeux sur un petit arbre qu’il a sans doute entrepris de descendre, arrêté en route par l’apparition de Claudie. Nous nous rapprochons lentement pour mieux observer l’animal qui nous regarde fixement, et arrivons à prendre des photos de cette scène extraordinaire, tant-il est rare de voir un paresseux descendre d’un arbre. Dans le milieu naturel en tout cas. L’animal, peut-être apeuré, finit par remonter, pas bien haut parce que l’arbuste est frêle, puis semble se rendormir. Claudie repart chercher ses graines, je repars discuter avec Jose et d’autres visiteurs qui viennent d’arriver. Moins d’une heure plus tard, Claudie va jeter un œil du côté du paresseux et j’entends de nouveau : « Viens voir vite ! ». Je me précipite et cette fois, ce sont deux paresseux qui sont entrain de descendre de leur arbre. Ça arrive normalement une fois par jour (ils descendent pour faire leurs besoins ou changer de perchoir) et plutôt la nuit par souci de discrétion. Il est en tout cas exceptionnel d’assister à cela, notre hôte nous affirme que c’est la première fois que ça arrive ici et que nous sommes vraiment chanceux. Figés comme des statues, nous assistons à la lente descente des paresseux puis à leur progression lente sur le sol tout près de nous. Assise, Claudie en verra un passer à un mètre d’elle ! Un moment extraordinaire. Nous les suivons ensuite à distance raisonnable jusqu’à leur nouvelle résidence pour la nuit à venir. Ils y seront d’ailleurs encore le lendemain.

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    Claudie m’appelle : un premier paresseux est entrain de descendre de son arbre. Effrayé par notre présence, il va remonter…

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    Mais il va finir par redescendre, accompagné par un autre, et ce sont 2 paresseux qui vont traverser le chemin devant nous !

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    Des endroits comme ça, on en redemande !


    Tortuguero, l’Amazonie costaricienne

    Cet enchevêtrement de canaux, de marais et de rivières dans une forêt tropicale au nord du pays, sur la côte caraïbe, est probablement mieux préservé par sa difficulté d’accès (uniquement par voie fluviale ou par la mer) que par sa classification en parc national en 1970. Lors de notre visite en 2009, il nous avait fallu plus de 4 heures de bateau pour le rejoindre depuis Limon. Certes un embarcadère plus proche, La Pavona, existait déjà, mais il n’était relié au réseau routier principal que par une mauvaise piste souvent boueuse que n’empruntaient pas les transports en commun. Cette piste est aujourd’hui goudronnée et nous avons passé la nuit à La Pavona, la dernière de la saison sèche qui s’étend de décembre à avril. De fait, le lendemain, le premier mai à 6h du matin, il s’est mis à pleuvoir pour la première fois depuis longtemps. Incroyable cette météo si ponctuelle !

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    Embarcadère de La Pavona. Ci-dessus le 30 avril, dernier jour de la saison sèche… Ci-dessous le lendemain 1er mai, premier jour de la saison humide. Incroyable comme la météo est ponctuelle ici !
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    Enfin bon, ça ne va pas durer si longtemps et nous pourrons profiter pleinement du paysage

    6 heures du matin et pourtant nous étions prêts à embarquer pour une excursion d’une journée dans le parc. Car pour voir la nature, il vaut mieux se lever tôt. Une visite encore une fois de qualité, avec un guide naturaliste qui n’avait pas son pareil pour repérer tout ce qui bouge, du colibri sirotant son nectar au caïman dont seuls les yeux émergent de l’eau trouble du canal, en passant par les singes araignées qui se balancent sous les branches, loin au-dessus de nous. Il savait identifier les chants des oiseaux, qu’il reproduisait ensuite avec son smartphone pour communiquer avec eux. Enfant de la région, il en connaissait bien sûr toute l’histoire, depuis l’arrivée des nicaraguayens chasseurs de tortues (le littoral est propice à la ponte, c’est d’ailleurs la signification du nom du lieu) venus finalement s’installer ici à l’invasion touristique croissante depuis les années 70. La flore est aussi particulièrement riche et belle, bien entretenue par la pluviosité particulièrement élevée du lieu (plus de 6 m par an !). Mon secteur préféré a été l’ »allée des palmiers », un canal étroit dont l’eau calme reflète en miroir les palmiers et autres palétuviers qui la bordent.

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    La lagune de Tortuguero n’est plus séparée de la Mer des Caraïbes ici que par cette mince bande de terre
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    Nous avons ascensionné un petit volcan pour aller profiter du panorama. C’est vert, non ?
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    Le village de Tortuguero lui-même n’est pas extraordinaire, totalement centré sur les activités touristiques. On y déguste toutefois une excellente cuisine créole dans un décor sympathique
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    Visite du volcan Poas

    Nous l’avions ratée lors de notre voyage de 2009, l’accès au volcan étant fermé en raison de glissements de terrains. Les fermetures sont d’ailleurs relativement fréquentes, en raison de l’activité volcanique continue depuis plus de deux siècles. La dernière éruption date de 2019, mais le Poas produit continuellement des tremblements et des fumerolles.  L’ascension est facile puisque la route parvient à quelques centaines de mètres du cratère, l’un des plus grands du monde avec un diamètre de 1320 m, hébergeant un beau lac gris-bleu parcouru de brumes mobiles. L’accès est bien sûr interdit, en raison des caractéristiques de l’eau, très chaude et acide, et du potentiel éruptif du volcan. Des abris sont d’ailleurs disponibles un peu partout, y compris sur le chemin d’accès, et un système visuel et sonore alerte en cas d’augmentation de la teneur en soufre de l’atmosphère.

    C’est un joli spectacle, qui s’apprécie plutôt le matin de bonne heure (entre 8h et 9h), afin d’éviter les hordes de touristes qui débarquent des bus après cela et surtout les nuages qui se forment rapidement en cours de matinée et peuvent masquer complètement la vue. Nous avons pour notre part dormi sur le parking d’un hôtel juste à côté, profitant au passage d’une fraîcheur bienvenue grâce à l’altitude (2200 m pour le parking, 2700m pour le volcan).

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    Au point de bivouac, à 2200m d’altitude, le panorama sur la vallée de San José est splendide, de jour comme de nuit. Et la fraîcheur est au rendez-vous.
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    Nous nous imaginons coinçés là, à lire tout ce qui va bien pouvoir nous tomber dessus…

    Arrivés au sommet (2760m) le cratère s’offre à nous, ainsi que son joli lac dont la couleur menthe glaciale reflète mal une température élevée (40 à 60°C) et un pH très acide. Pas vraiment envie de se baigner ou de tomber dedans !

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    Mais pour la photo de famille c’était sans problème. Nous avons trouvé des touristes français pour nous faire le cliché !
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    En tout cas, les abondantes fumerolles et les frémissements de l’eau montre bien l’activité permanente du volcan Poas. Impressionnant. Au fait vous aviez remarqué que le lac avait la bouche en coeur ?

    SOS Animaux en détresse

    Le Rescate Wildlife Rescue Center, près d’Alajuela, est une association à but non lucratif qui depuis plus de 30 ans se consacre à la récupération des animaux en difficulté, à leur remise en état et à leur libération dans la nature lorsque c’est possible, dans 89% des cas. Les 11% restants, inaptes pour diverses raisons au retour à la vie sauvage, sont gardés ici. Il peut s’agir d’une infirmité, genre perte d’un aile pour un oiseau, ou bien d’un contact initial trop fréquent avec les humains. Dans cet endroit, ils sont aux petits soins. Beaucoup restent en liberté et se baladent dans les allées, voir se posent sur le grillage à l’extérieur des quelques cages comme pour narguer leurs occupants. A noter la présence de plusieurs cages à oiseaux dans le parc utilisées pour protéger …de jeunes plants que les animaux dévoreraient. Assez souvent sur les pancartes, les motifs fréquents des accidents ayant amené les animaux ici sont expliqués, et l’humain a une place prépondérante. L’environnement est de qualité et bien entretenu. Nous nous sommes régalés.

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    Malgré les grilles, nous ne sommes pas dans un zoo : les animaux sont posés AU-DESSUS !
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    Ils se passionnent aussi pour la vie nomade et s’exhibent volontiers au volant. Attention tout de même dans les allées, y a du monde qui circule !
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    Il est possible aussi que ces animaux ne s’échappent pas parce qu’ils sont handicapés. Les plus chanceux sont finalement ceux qui sont dans des cages parce qu’ils vont pouvoir être relâchés. Comme ce toucan par exemple ? Je suis assez content de ma photo en tout can euh en tout cas.

    Si vous voulez en savoir plus, ou pourquoi pas faire un don pour sauver un toucan ou un jaguar, c’est ici.


    Nous avons visité un « arteroport »

    Si la morphologie de ce Museo de Arte Costarricence vous rappelle vaguement quelque chose, vous avez raison. Il ne s’agit ni plus ni moins que du premier aéroport international de San José, ayant fonctionné de 1940 à 1955 jusqu’à l’inauguration de son successeur actuel avant d’être reconverti en musée en 1958. Et la haute structure centrale est bien son ancienne tour de contrôle. Si un petit contrôle de sécurité est encore appliqué à l’entrée, point n’est besoin de montrer son billet pour accéder aux salles d’embar euh d’exposition puisque ce musée est entièrement gratuit.

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    L’actuel Museo de Arte Costarricense et l’ancien aéroport du pays (image récupérée sur le site du MAC)
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    Les artistes exposés sont principalement des costariciens ayant vécu de la seconde moitié du XIXème siècle jusqu’à maintenant. Sur les 1700 œuvres que possède le musée, seulement une partie est exposée dans 4 salles dites d’art visuel pour rester ouvertes à différentes techniques.



    A l’étage, nous visitons l’ancien salon diplomatique, appelé salon doré, dont les murs sont entièrement décorés de bas-reliefs retraçant l’histoire du pays depuis la vie paisible des première tribus indiennes jusqu’à l’inauguration de l’aéroport. Et le sculpteur était français, un certain Louis Féron, qui a peut-être été oublié par ses compatriotes pour s’être ensuite fait naturaliser américain.

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    Le salon doré : l’histoire du Costa Rica en bas reliefs racontée par un Français
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    A l’entrée du salon est exposé un collier reproduisant toute la frise. Réalisé par notre même artiste français Louis Féron, qui était aussi (et surtout) orfèvre.

    Nous terminons par le jardin des sculptures, occupant une partie de l’ancien tarmac, et présentant également des artistes locaux. Une visite virtuelle est disponible sur le site du musée.

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    Attenant au musée, sur l’ancien tarmac, un agréable jardin de sculptures

    San José, en or, en jade …et en béton

    La capitale du Costa Rica ne reflète en rien l’image de ce beau pays. La nature si belle ailleurs y a presque disparu, les routes, plutôt bonnes en campagne, sont ici mauvaises et pleines de trous, la circulation est dense et bruyante et la pollution est à l’avenant. Nous nous y sommes tout de même arrêtés 48 heures, pour explorer à pied sont centre-ville colonial agrémenté de beaux bâtiments et de quelques musées intéressants, comme celui de l’or précolombien ou encore celui du jade.

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    Le centre-ville, en majorité sans charme, possède tout de même quelques beaux restes, comme cette poste en service depuis 1917,
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    ce Théâtre National, construit en 1890 après qu’une diva espagnole en tournée en Amérique latine ait boudé le Costa Rica faute de salle convenant à sa petite personne,
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    cet « Edificio Metalico », de fabrication française, tout en pièces de métal préfabriquées en Belgique, abritant des écoles,
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    et cette scultpture urbaine dans le Parc National appelée « Nouveau Paradigme » (si vous savez pourquoi dites-le moi !)
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    Objets de la vie quotidienne, amulettes des chamans, offrandes funéraires, nombreux furent les usages de l’or par les Amérindiens, qui exploitaient le métal précieux depuis au moins 2000 ans av. J.-C.
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    En cours de journée, nous sommes tombés sur le musée du jade. La visite n’était pas prévue, mais comme notre guide disait que les pièces étaient bien mises en valeur par un éclairage en transparence, nous sommes entrés jeter un œil. Sauf qu’aucune pièce n’était mise en valeur de cette façon. Déçu, j’ai décroché et même un peu dérapé…

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    Musée du Jade : de belles pièces, oui, mais où est le rétro-éclairage promis ?
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    Un peu énervé, j’ai cliqué sur l’audioguide en Brunka (un langage amérindien). Forcément, les légendes des photos suivantes en seront quelque peu perturbées…
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    Là, j’imagine que les Brunka avaient inventé la pétanque… C’était bien avant les Marseillais qui n’ont découvert le jeu qu’en 1908.
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    Séance de fouilles en cours. Moi, je dirais que le personnage était peintre. Et vous ?
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    Administration de suppositoire par un chamane qui hésite entre la petite et la grande sarbacane
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    Père Brunka récompensant ses enfants d’une crêpe au Nutella.
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    Assiette amérindienne. Quant on vous dit que ces civilisations étaient en avance !

    Au musée du jade, il n’y avait pas que du jade (non rétro-éclairé) mais aussi quelques expos temporaires, dont celle de Isidro Con Wang, un costaricien d’origine chinoise. Libéré de la pression de son père qui l’a fait travailler dur, dans les fermes notamment, jusqu’à l’âge de 40 ans, il a pu enfin assouvir son désir de devenir artiste, puisant son inspiration à la fois dans ses racines et dans son expérience agricole. D’où la présence quasi constante de taureaux dans ses œuvres, très colorées par ailleurs, voire psychédéliques. Ça nous a reposé du jade.

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    La plus belle cathédrale du Costa Rica

    La Basilique Notre Dame des Anges à Cartago mérite en effet à elle seule un petit chapitre. Une statuette de vierge noire découverte ici en 1625 sur un rocher puis y retournant obstinément dès qu’on la déplaçait poussa la communauté catholique à édifier une cathédrale à cet endroit. L’ouvrage fut détruit par un tremblement de terre en 1926. Mais comme à l’inverse de la vierge elle ne réapparut pas spontanément, elle fut reconstruite en 1929. En acier recouvert de béton, on n’est jamais trop prudent. L’édifice de style byzantin présente plutôt bien avec une façade ouvragée, une superbe coupole octogonale. A l’intérieur, le plafond lambrissé et compartimenté est de toute beauté, tout comme les multiples colonnes en albâtre décorées comme les murs de motifs floraux et les vitraux très lumineux. La foule ne s’y trompe pas et vient en nombre depuis la capitale, traversant la cathédrale à genoux jusqu’à l’autel.

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    Façade de la Basilique, de style néo-byzantin
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    Vue panoramique de l’intérieur
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    l’une des chapelles

    A la rencontre des quetzals

    Cet oiseau sacré des Mayas ne se rencontre qu’en Amérique centrale, mais il est particulièrement difficile à observer. On ne le trouve pas en captivité car il meurt rapidement s’il est enfermé, ce qui en fait un symbole de liberté. Il faut aller dans les forêts d’altitude, se lever très tôt et bien ouvrir les yeux pour avoir des chances de l’apercevoir, car un oiseau vert sur fond vert, ça n’est pas évident à distinguer. Nous avions déjà aperçu le vol furtif de 2 de ces oiseaux lors de notre séjour au Panama en 2020, le plumage vert étincelant devenant bien visible lors du déplacement d’un arbre à un autre. Mais c’était vraiment fugace. Pour nous donner toutes les chances, nous sommes allés nous garer pour la nuit tout près du Parc National des Quetzals, à San Gerardo précisément.

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    Roberto sur une épaisse moquette. A l’heure de la publication, nous n’étions pas sûrs de pouvoir en sortir…

    Réveillés à 5h du matin, nous étions à l’endroit le plus propice, à 1 km de là, au lever du soleil. Quelques petits groupes accompagnés d’un guide étaient déjà là. Ça aide pour voir dans quelle direction pointer son regard puis ses jumelles. Et puis bingo, nous les avons vus. D’abord fendant l’air, bien reconnaissables grâce à leur longue queue, puis posés sur les branches, alors immobiles quelques minutes avant de redécoller, nous permettant de bien les observer, à distance raisonnable. Pour la photographie, c’est plus difficile, car nous ne sommes équipés que de smartphones et si ces appareils font des photos honnêtes en focale standard, ils sont très limités en téléobjectif. Mais cette observation rare est bien dans la boîte, je veux parler de notre boîte crânienne bien sûr. Une croix de plus cochée sur notre « wish list ».

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    Si les gens regardent tous par là, c’est qu’il doit y avoir une bonne raison

    Quoi de mieux que ces magnifiques et rares oiseaux, l’espèce locale s’appelant d’ailleurs le quetzal resplendissant, pour terminer cette seconde partie de notre parcours costaricien. La richesse de ce que nous avons pu voir ces dix derniers jours a mis la barre assez haut. L’Est du pays va-t-il être à la hauteur ? Vous le saurez dans le prochain épisode !

    Parcours Costa Rica
    Parcours Costa Rica 2ème décade, en version zoomable ici