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  • 166. Du noir à la couleur

    166. Du noir à la couleur

    Du noir à la couleur.
Valparaiso, la capitale sudaméricaine du street-art.
    Valparaiso, la capitale sudaméricaine du street-art

    Nous approchons gentiment de Santiago, la capitale du Chili, à peu près à mi-parcours entre le Nord et le Sud, distants chacun de plus de 2000 km. Le début du parcours commence par une série noire, surtout pour Roberto, avant d’exploser de mille couleurs dans les ruelles pentues de Valparaiso, pour finalement revenir à un peu plus de raison en approchant de la mégapole chilienne.

    Le parcours décrit dans cet article, en version zoomable ici
    Le parcours décrit dans cet article, en version zoomable ici

    L’île noire

    Intéressante collection d'albums de Tintin en divers dialectes espagnols chez zephyrumediciones.com
    Intéressante collection d’albums de Tintin en divers dialectes espagnols chez zephyrumediciones.com

    Rien à voir avec la silhouette sinistre vers laquelle foncent Tintin en kilt et Milou apeuré, et de toutes façons ce n’est même pas une île : c’est le nom qu’a donné le célèbre poète chilien Pablo Neruda à sa maison préférée, en raison de la couleur des rochers sur la plage. C’était initialement une simple cabane que Pablo Neruda, tout frais nommé consul pour les émigrants espagnols à Paris, a acquise à un pêcheur en 1938. Peu à peu, il l’a faite agrandir et adapter à son goût par un architecte pour y intégrer une visibilité maximale sur la mer, sa grande source d’inspiration, des pièces arrondies, des recoins, une tour et le bar dans lequel il recevait ses amis. Lors de la visite, on découvre les incroyables collections du propriétaire : figures de proue, maquettes de bateaux, vaisselle, coquillages, sculptures, tableaux et autres œuvres d’art. Toute photographie étant interdite à l’intérieur, j’ai récupéré quelques clichés sur le net pour garder la mémoire de ce lieu étonnant. Après une vie bien remplie entre son art littéraire (prix Nobel de littérature) ses fonctions diplomatiques et ses engagements politiques, c’est ici que se fera enterrer Pablo Neruda, 19 ans après sa mort dans des conditions mystérieuses juste après le coup d’état de Pinochet en 1973, dans un jardin en forme de bateau.




    Valparaiso

    La « perle du Pacifique » ne ressemble guère aux autres villes chiliennes ou même sudaméricaines que nous avons visitées. Ce grand port autrefois prospère (le premier d’importance sur la route maritime passant par le détroit de Magellan) a vu son activité chuter après l’ouverture du canal de Panama. Outre cette dégringolade économique, les bâtiments qui l’entourent sont aussi victimes de séismes à répétition et font un peu misère dans l’attente de leur rénovation. Même s’il n’est plus le port principal du Pacifique, le port de Valparaiso reste l’un des ports majeurs et incontournables du Chili, avec l’attrait touristique de la ville en plus. A courte distance du port et dans les collines environnantes, de beaux bâtiments témoignent de cette période dorée dans des quartiers historiquement préservés. Nous allons avec grand plaisir retrouver nos amis Yves et Rosanne, rencontrés dans le ferry de Patagonie, pour passer une journée et visiter une partie de la ville ensemble.

    a) La ville haute en couleurs


    b) Portes et Porteños

    Dans cette facette architecturale de la ville, voici un petit échantillon de portes et de fenêtres qui reflètent bien le souci artistique des Valparaisiens. Qui au passage préfèrent s’appeler eux-mêmes Porteños, un terme générique pour plusieurs villes portuaires d’Amérique du Sud. Rien à voir avec portes, hein ?


    c) Le street-art comme force de résistance

    Dès 1969, des étudiants avaient entrepris d’embellir la ville de fresques, mais leur œuvre a été stoppée net par Pinochet qui dès sa prise de pouvoir en 1973 a fait tout recouvrir. Non mais ! Ce qui n’a pas empêché de nouvelles apparitions ça et là, au péril de la vie de leurs auteurs, faisant du street-art désormais un modèle de résistance. Après la chute du dictateur en 1990, la ville de Valparaiso a encouragé le mouvement, engageant des artistes renommés pour réaliser une vingtaine de fresques dans le quartier Bellavista, un lieu dénommé depuis lors « musée à ciel ouvert ». Peu ou pas entretenues, elles sont aujourd’hui assez ternes, et c’est dans deux autres quartiers, Concepción et Allegre, que les muralistes s’en donnent à cœur joie, pour le plus grand bonheur des touristes. Valparaiso est aujourd’hui considérée comme la capitale du street-art en Amérique du Sud, attirant des artistes du monde entier qui permettent un renouveau permanent des œuvres.


    d) En avant, marches !

    Les nombreux escaliers que comporte la ville n’échappent pas aux pinceaux des grapheurs, avec quelques œuvres assez mythiques comme les marches multicolores des passages Fischer ou Galvez, bordées de petits cafés et restaurants à l’ambiance bohème, l’escalier en touches de piano qui reflète bien le contexte artistique au sens large de Valparaiso, ou encore celui décoré d’une fresque représentant deux fillettes qui jouent, en hommage aux enfants du quartier. Il parait que pendant la dictature, les graffitis sur les parois des escaliers servaient de messages codés pour la résistance. Aujourd’hui encore, de nombreux messages éphémères


    e) Les ascensores de Valparaiso

    S’il y a autant d’escaliers, c’est parce que Valparaiso est constituée d’une multitude de collines (42 !) entourant une zone plane appelée avec inspiration El Plan et sur laquelle donne le port. Très vite, dès 1892, des ascensores (en réalité des funiculaires) ont été installés pour faciliter le déplacement des habitants. Sur les 30 initiaux, seule la moitié est encore visible et 8 sont encore en activité régulière, très peu modifiés par rapport à leur construction d’origine, si ce n’est le remplacement des moteurs à vapeur… Le débit n’est pas très élevé, on fait volontiers la queue pour les trajets, mais le charme de ce mode de transport et la vue sans effort offerte au sommet valent le coup. Pour un prix qui reste modique (20 à 30 centimes d’euro).


    f) Même pas peur !

    Les enfants sont plutôt gâtés au Chili, si l’on en juge par le nombre de parcs de jeux rencontrés dans tout le pays, bien davantage qu’en France en tout cas. Les petites villes ont aussi assez souvent leurs manèges dans un style mélangeant nostalgie, bricolage, sono puissante, couleurs vives et contrefaçon Disney. Les structures de ces manèges de villages sont loin des standards européens : les boulons apparents, les fils qui traînent, les moteurs diesel fumants et les traces de rouille pourraient inquiéter des parents touristes, mais ici on semble s’en accommoder, d’autant que les prix sont souvent modestes. Qu’on ne s’y trompe pas, le Chili n’est en rien arriéré et possède des attractions de niveau mondial dans les grandes villes, ces pittoresques petits manèges de quartier sont juste un truc en plus.


    g) Dans la fleur de son art

    Valparaiso, à l’instar de nombreuses villes du centre du Chili, est particulièrement fleurie, au moins dans la partie que nous avons parcourue. Il est vrai que nous sommes au printemps, mais nous avons remarqué tout au long de notre parcours chilien un souci de fleurissement des villes qui n’avait pas attiré notre attention jusque-là. Cela s’accorde parfaitement avec l’exigence esthétique générale de Valparaiso. On oubliera bien sûr les immeubles décatis au sud du port, encore que ceux-ci font volontiers l’objet d’un fleurissement … pictural.


    h) Les oiseaux

    Ambiance hitchcockienne inattendue sur ce port de pêche que nous visitons « parce qu’il nous reste un peu de temps ». Alors que nous longeons la plage et les quais emplis de bateaux et de baraques de pêcheurs, un nombre incalculable d’oiseaux de mer volent au-dessus de nos têtes à toute vitesse, parfois tout près. En nous rapprochant du petit marché aux poissons, ce sont des pélicans qui s’incorporent dans ce trafic, certains en vol, d’autres posés sur un muret près des marchands ou sur les toits environnants. En en nous rapprochant encore de la plage, alors que le mouvement et le nombre des oiseaux s’intensifie, nous tombons cette fois sur une colonie de lions de mer grognant et rugissant pour repousser tous ces volatiles. Car tout ce petit monde est là pour profiter des abats de la fin du marché, qu’un employé amène par brouettes entières pendant que son acolyte repousse avec son balai les lions de mer les plus hargneux. Du grand spectacle pourtant presque sans spectateurs, les guides en parlant assez peu et les autres touristes préférant se prélasser sur les plages voisines ou investir les restaurants.


    i) R6 GTL ça vous parle ?

    Sur le parking près du port de pêche, une voiture ancienne est garée. Bien que le logo de la marque ait disparu sur la calandre et sur le coffre, je reconnais la silhouette de la Renault 6. Ma dernière rencontre avec ce modèle de véhicule doit remonter à plus de trente ans ! Renseignement pris, la Renault 6 a été produite au en Argentine et en Colombie jusqu’en 1984, soit plus longtemps qu’en France, en jusqu’en 1986 en Espagne. Le Chili assemblait d’autres Renault, comme les R4, R12, R18 et R19 dans une usine commune à Peugeot. Le pays produisait aussi de nombreuses boîtes de vitesse. Le modèle GTL de notre véhicule n’aurait été produit qu’en Amérique du Sud et en Espagne, mais pas en France. La R6 a fait une carrière honnête avec plus de 1,7 millions de véhicules vendus dans l’Hexagone, davantage pour des raisons utilitaires que pour son esthétique austère. Louis de Funès parait-il en possédait deux !


    j) bonus

    Pas possible de quitter Valparaiso sans revenir sur son attrait de charme : l’art de rue. Voici quelques inédits, juste pour le plaisir !


    Santiago

    Notre départ pour notre escapade de Noël en France étant proche, nous ne consacrons dans un premier temps qu’une seule journée à la visite de Santiago, la capitale du Chili. C’est aussi parce que nous ne sommes pas vraiment fans des grandes villes, et que des raisons de sécurité et de circulation nous incitent à ne pas y entrer avec Roberto. Nous nous garons au parking de l’aéroport – où nous passerons la nuit d’ailleurs – et prenons un bus puis un métro pour gagner le centre-ville. Nous arpentons le centre historique, très calme car nous y sommes un dimanche. Peu de commerces sont ouverts, mais nous profitons des beaux bâtiments entourant la Place des Armes ou bordant les rues avoisinantes. La ville, dans ce que nous avons pu voir, a franchement moins de charme que Valparaiso, surtout dès lors que l’on s’éloigne de l’hypercentre. On se sent petits dans cette mégapole de 7 millions d’habitants qui héberge un tiers des chiliens. En comparaison, « seulement » un sixième des Français demeurent dans la zone métropolitaine de Paris, ce qui est déjà beaucoup. Santiago se revendique tout de même le cœur de l’activité culturelle et commerciale du Chili et en tout cas sa ville la plus moderne. Cela est particulièrement vrai si l’on songe que son maire de 2021 à 2024 était une mairesse, qu’elle était communiste … et qu’elle avait 20 ans au moment de son élection ! Elle a depuis été remplacée par un maire RN (mêmes initiales et mêmes orientations que chez nous) confirmant en cela la tendance du pays qui vient d’amener un président d’extrême-droite au pouvoir.


    Décabossage improvisé

    La veille de notre départ pour la France, nous amenons Roberto dans un garage proche de l’aéroport. L’intention initiale était de prendre contact, d’évaluer la réparabilité et de revenir après notre retour, après avoir éventuellement commandé des pièces de rechange, pour les travaux. Mais nous avons été pris en charge immédiatement, les uns commençant à démonter le pare-chocs pour mieux évaluer les dégâts pendant que d’autres cherchaient des pièces d’occasion sur des sites spécialisés et que la secrétaire nous enregistrait. Le bilan nous semble assez négatif, avec le pare-chocs très tordu et partiellement cassé, l’un de ses supports fortement déformé, le revêtement plastique déchiré, un gros creux sur le plancher, sans parler de la tôle enfoncée de la portière. Et pas de pièce d’occasion disponible pour couronner le tout. Mais nos garagistes ne semblent pas plus affectés que ça et se mettent à l’ouvrage pendant que le patron nous donne des bouteilles d’eau et nous invite à nous installer dans la cuisine du personnel. Pendant 7 heures (moins 30 mn pour déjeûner) deux ouvriers vont s’appliquer à tout défroisser, détordre, redresser, recoller. Ils vont souder des pièces de métal sur l’arrière de Roberto pour pouvoir y accrocher un chariot-élévateur et tirer afin de décabosser le plancher centimètre par centimètre. A la fin, la porte est remontée et fonctionnelle. Avec cette méthode « à l’ancienne » le résultat n’est naturellement pas parfait mais tout à fait honnête, d’autant plus que le garage ne nous demandera, pour 14 heures de travail, que 280 euros ! Nous repartons bien soulagés que les portes arrière puissent s’ouvrir et se fermer à nouveau.


    Storage

    Avec la même application mobile que celle qui nous a permis de trouver le garage, nous avons déniché un « storage » à 15 minutes de l’aéroport, un parking sécurisé où Roberto sera bien gardé – enfin on espère ! – pendant le mois que nous allons passer en France.

    Nous vous donnons rendez-vous au retour pour la suite du périple. Hasta luego !

  • 146. Le retour de Roberto

    La fin du suspense approche puisque nous devrions réceptionner Roberto ces jours-ci. Le navire qui le transporte est en effet annoncé à l’arrivée dans le port de Montevideo, après 25 jours de mer y compris quelques escales. Il va falloir encore attendre le déchargement du bateau, le dépotage du conteneur et les formalités administratives dont le dédouanement pour enfin retrouver notre véhicule chéri et notre parcours itinérant. D’ici là, il reste donc encore quelques jours pour finir d’explorer la capitale.


    Pansements de trottoir, ou le ténor du carreau

    Un nouvel art de rue (street-art pour les anglophiles) est né : le pansement de trottoir. Ce sont des petites portions de faïences, en carreaux entiers ou plus souvent avec des brisures, installées en réparation d’un morceau de trottoir endommagé. Et à Montevideo, les trottoirs endommagés, ce n’est pas ça qui manque ! Peut-être parce qu’ils sont à la charge des riverains et que ceux-ci ont d’autres chats à fouetter.

    Le cœur historique de la capitale de l’Uruguay a commencé à être envahi, pour reprendre les termes de notre Invader national, en 2008 par un artiste pseudo-nommé Odin. Ses petites mosaïques sont maintenant présentes sur de nombreux trottoirs. En cherchant un peu sur le net, j’ai retrouvé un artiste français qui produit des œuvres similaires, mais avec davantage de géométrie. Ememem, un pseudonyme également, a débuté à Lyon en 2016 avant d’envahir Paris puis d’autres villes du monde. Il a baptisé son art le flacking, ou comment embellir avec des flaques de mosaïques les défauts des trottoirs.

    Pour en savoir davantage sur Odin (les 6 premières photos du carrousel ci-dessus), lisez cet article ou celui-ci

    Pour en savoir davantage sur Ememem (les 4 dernières photos), lisez cet article


    Carnaval

    Nous n’étions évidemment pas à Montevideo au moment de son carnaval, qui est le plus long d’Amérique du Sud, voire du monde, durant 40 à 50 jours (du 23 janvier jusqu’au 11 mars pour 2025). Heureusement pour le pays, tous ces jours ne sont pas fériés ! Mais le Musée du Carnaval est lui ouvert toute l’année, donnant un bon aperçu des particularités du carnaval d’Uruguay.

    On y découvre les différentes phases, du défilé initial de présentation au concours final, en passant par les appels, les scènes ouvertes et la grande parade. Tandis que le défilé initial et la grande parade ont lieu sur l’avenue principale de Montevideo, les appels (petits groupes musicaux) et les scènes ouvertes (spectacles de chansons satiriques, chœurs ou critiques sociales et politiques, appelés aussi murgas) se font dans les quartiers.

    Dans tous les cas, les costumes exubérants et les rythmes endiablés des percussions reflètent le mélange unique des descendances européennes et africaines de l’Uruguay.

    Le musée expose grand nombre de magnifiques costumes magnifiques et diffuse des vidéos des différentes phases, donnant envie d’assister au carnaval pour de vrai.


    Roberto à bon port


    Au marché artisanal

    Ils sont plusieurs marchés de ce type sur Montevideo, afin de maximiser les points de vente. On n’y trouvera pas de chinoiseries mais seulement des œuvres d’artisans locaux, identifiés par une plaquette sur l’espace qui est réservé à chacun. Une coopérative donc.


    Sites remarquables

    Montevideo fourmille de musées et de monuments, nous n’avons pas eu le temps de tout visiter, alors voici une petite sélection commentée de nos meilleures trouvailles.

    L'offre culturelle multiple de Montevideo
    L’offre culturelle multiple de Montevideo

    > Le Palais Taranco

    Façade et jardin du Palais Taranco
    Façade et jardin du Palais Taranco

    Il était la demeure d’une famille de la noblesse uruguayenne qui, au début du XXe siècle, l’a faite aménager par des architectes français. La décoration et le mobilier sont de style Louis XIV, Régence et Louis XVI. A la mort des propriétaires, l’état a racheté les lieux pour en faire un « musée d’arts décoratifs » un terme un peu excessif. La visite est libre (dans le sens gratuit, parce que nous sommes très surveillés) et tout est superbe en bien conservé. Je n’aménagerais pas ma maison comme ça, mais je reconnais que cela a du cachet.


    > La cathédrale métropolitaine abhorre une façade assez banale sur la Place de la Constitution, mais l’intérieur est beaucoup plus riche et solennel. Un fond sonore de chœurs religieux accompagnait notre visite, c’était bien agréable.


    > Hommage au général Jose Gervasio Artigas

    Mausolée du général Artigas
    Mausolée du général Artigas

    Ce héros national est très vénéré pour son rôle essentiel dans l’indépendance de l’Uruguay. Sa statue équestre de 17 m de hauteur trône au milieu de la place de l’Indépendance, tandis que juste en dessous son mausolée tout en marbre noir est surveillé jour et nuit par deux gardes en uniforme. Inutile de dire que nous attendons à voir un grand nombre de statues à son effigie dans tout le pays.


    > La librairie des vers purs

    La Librairie Puro Verso
    La Librairie Puro Verso

    La Libreria puro verso, n’étonne pas que par son nom. Installée dans une vaste demeure de style art-déco datant de 1917, elle n’a pourtant été créée qu’en 2003 par un ancien éditeur espagnol qui souhaitait que les uruguayens puissent accéder à des livres rares. Autour d’un superbe patio dominé par une magnifique verrière intégrant une horloge, plusieurs étages reliés par des escaliers en colimaçon ou un vieil ascenseur à grilles exposent plus de 50 000 titres. Une petite cafeteria permet de mieux observer l’ensemble en sirotant un café con leche tout en grignotant un volcano (pâtisserie au chocolat avec cœur fondant). C’est là que l’on s’interroge sur l’inscription en latin au bas de la verrière. Pas de problème, en changeant la langue d’origine de Google Traduction de l’espagnol au latin on peut lire alors « la vraie famille est un mensonge ». Un beau sujet de philo pour le bac, non ?


    > Le marché artisanal

    Installé tout près du port, il était idéal pour revendre les marchandises arrivées des bateaux. Mais comme une bonne partie des touristes arrivent aussi par là, d’Argentine ou du Brésil, il s’est reconverti en boutiques de souvenirs et en restaurants. C’est moins authentique, mais cette grande halle de métal garde un certain charme.


    > Génie et fantaisie

    Découverte par hasard sur une affiche, cette exposition rend hommage à la sculpture uruguayenne contemporaine dans ses formes les plus diverses. Un ensemble d’une grande variété en termes de supports, on y voit de la pierre, de la résine, du grès, de la céramique, du ciment, du marbre, du fer, etc. Et gratuitement bien entendu.


    > Le musée des azuleros

    Scène murale de Don Quichotte
    Scène murale de Don Quichotte

    Rappelez-vous, nous avions raté celui de Colonia del Sacramento pour cause de fermeture prolongée. Eh bien nous n’avons pas perdu au change. Ce musée expose la collection privée de l’architecte Alejandro Artucio Urioste, composée de plus de 5 000 pièces collectées sur une période de 40 ans et offerte à la ville en 2004. L’idée de l’architecte est née du fait que les carreaux utilisés en Uruguay, entre 1790 et 1930 environ, étaient tous importés de différents pays, ce qui a donné lieu à une grande variété de styles, de techniques et de formats. Un peintre uruguayen a ensuite apporté sa propre collection, puis d’autres ont suivi y compris des Français. Nous avons en effet découvert que la France était le pays le plus représenté, avec des tuiles en provenance de Desvres, Beauvais, Martres Tolosane et Aubagne, entre autres. Et la collection est vraiment splendide ! Sinon nous avons aussi découvert que « azuleros » n’était pas comme nous le pensions – et comme le préfixe pourrait le laisser supposer – synonyme de carreaux bleus, mais vient du mot arabe qui signifie « argile émaillée »;

    Musée des Azuleros : une toute petite partie de l'exposition
    Musée des Azuleros : une toute petite partie de l’exposition

    > Art de rue

    La ville de Montevideo est malheureusement très taguée. Quelques peintures murales ou décors de rue viennent toutefois rehausser un peu le niveau.


    > Insolite

    Photos inclassables de scènes qui m’ont intrigué ou amusé…



    Le grand jour !

    C’est évidemment celui où nous sommes invités à récupérer au port notre véhicule préféré. Le bateau est arrivé un samedi après-midi, le conteneur a été débarqué le dimanche, puis déchargé le lundi. Nous nous attendions, selon notre expérience à Vera Cruz, à une réception dans la seconde moitié de la semaine, mais déjà le lundi nous recevions un mail annonçant la livraison le mercredi après-midi. Mais mardi matin, alors que nous avions déjà prolongé d’un jour notre hébergement, nous avons été convoqués à l’agence maritime en tout début d’après-midi. Après 2 heures à suivre l’employé de l’agence dans divers bureaux du port, je sortais de celui-ci au volant de Roberto. Claudie suivait l’opération à distance car une seule personne était autorisée à entrer. A noter que j’ai fait connaissance là-bas avec notre colocataire de conteneur. Son Land Rover Defender a donc voyagé avec Roberto pendant un mois. On ne sait pas trop ce qu’ils se sont racontés. Pour notre part nous avons fêté l’arrivée de nos véhicules avec Raoul et Sylvie dans un bar à tapas du centre-ville avec dégustation de vins uruguayens à la clef.

    Et voilà, c’est la fin de En route sans Roberto, une nouvelle aventure à 4 jambes et 4 roues redémarre ! A très bientôt !

  • 141. Berlin

    Sortis d’Autriche, nous filons directement vers Berlin, où nous avons rendez-vous pour Noël avec notre fille aînée. 5 grosses journées sur place nous permettront de bien nous imprégner de la ville et de ses spécificités, avec une mention spéciale pour les évènements de 1989. Après quoi, nous rejoignons nos autres enfants, dans un retour express de 1750 km qui clôturera cette boucle européenne du centre et du Sud-Est.

    Parcours Allemagne surtout Berlin
    Notre parcours en Allemagne, qui s’est centré essentiellement sur Berlin. Pour les adeptes du zoom, c’est ici.

    Gare à la vignette !

    Tout comme la France, de plus en plus de grandes villes en Allemagne ont défini une zone à faible émission de particules où seulement les véhicules les moins polluants peuvent circuler. Comme un fait exprès, l’endroit où nous avons prévu de résider est en plein dans cette zone. Et évidemment, nous ne découvrons cette obligation d’afficher une vignette verte sur son pare-brise qu’au dernier moment. Il est possible de faire faire cette vignette en ligne, mais elle est alors expédiée 3 à 5 jours plus tard à l’adresse indiquée sur la carte grise. Ni le délai ni l’adresse de livraison ne nous arrangent. En fouillant bien sur le net, nous découvrons que les centres Dekra de contrôle technique sont susceptibles de nous fournir la fameuse vignette. Nous tentons le premier centre sur notre route, qui nous fournit le précieux sésame en une dizaine de minutes. Ouf ! A noter que Roberto est aux normes Euro 6. En dessous d’Euro 5, nous n’aurions pas pu circuler dans Berlin.


    Berlin by night

    Nous arrivons en fin de journée dans la capitale allemande, et profitons au passage des nombreuses illuminations de Noël. Grande roue, manèges et marchés sont bien au rendez-vous pour le plaisir de nos yeux.


    Les ours

    L’ours est l’emblème de la ville depuis le Moyen-Âge et figure d’ailleurs sur son drapeau. Curieusement les historiens hésitent encore sur l’explication. Le lien provient-il du grand nombre de ces plantigrades dans la forêt sur laquelle s’est construite Berlin, ou bien serait-ce un simple jeu de mots avec le premier nom de la ville, Bärlein ? Bär se prononce « bère » en allemand et signifie ours, tout comme le bear des anglosaxons. En tout cas, on trouve ces ours sympathiques presque à chaque coin de rue.


    Tout sur la curry wurst

    Ce plat est typiquement allemand et provient de la période après-guerre où les aliments étaient rares et peu goûteux. Le nappage d’une sauce pimentée appelée chilup (mélange de chili et de ketchup) résolut partiellement le problème et l’habitude est restée dans les mœurs, surtout quand on connait l’importance de la saucisse dans la cuisine germanique.

    Servie parfois dans les restaurants, la curry wurst est plus souvent consommée dans la rue, préparée par de petits stands. L’un d’eux, dans un marché de Noël, a attiré notre attention par ses combos surprenants. A découvrir dans les photos ci-dessous.


    Les tuyaux

    Ces tuyaux généralement roses ou bleus, presque aussi nombreux que les ours, surprennent dans une ville moderne. On aurait presque l’impression de se trouver dans une immense usine ! Bien entendu, il ne s’agit pas d’une simple œuvre géante de street-art. La ville ayant été construite sur des marais et une nappe phréatique peu profonde, il est nécessaire de pomper en permanence l’eau proche de la surface, faute de quoi les rues pourraient être inondées tout comme les chantiers de travaux. Cette eau est ensuite rejetée dans les cours d’eau qui traversent la ville.


    Désaffection


    Le mur

    Érigé le 13 août 1961, il a longtemps été le symbole de la division entre l’Est et l’Ouest et de la guerre froide. Je débutais ma carrière professionnelle au moment de la chute le 9 novembre 1989, et les images télévisées occupent encore une place dans ma mémoire. Il reste encore plusieurs tronçons de ce mur dans Berlin, le plus long faisant tout de même 1,3 km et livré aux artistes du monde entier pour la réalisation de fresques célébrant la paix ou commémorant les souffrances passées. En voici quelques échantillons, plus ou moins célèbres.


    Le détail qui tue


    Berlin au fil de l’eau

    Tout sur la rivière Spree qui traverse la ville sur 40 km et les 1500 ponts que compte Berlin


    Berl’insolite

    Ce sont toutes ces petites choses que l’on remarque en flânant dans la ville, des détails qui intriguent, des œuvres d’art dont on ne découvre l’explication, si elle n’est pas fournie sur place, qu’en consultant le guide ou Internet.




    Un petit tour au Musée

    Les musées ne manquent pas à Berlin, mais leur visite ampute le programme des découvertes à pied de la capitale. Nous nous sommes limités à un seul, le Musée allemand de la technique. Je ne saurais pas trop vous dire pourquoi celui-là et pas un autre. Peut-être que l’avion au-dessus de la porte d’entrée nous a séduits, peut-être que nous avions besoin de nous réchauffer à ce moment-là ? Qui sait… Le musée lui-même est immense, occupant plusieurs étages de plusieurs bâtiments. Là aussi, il a fallu faire des choix. En voici en tout cas un aperçu en 10 photos.


    La voiture du peuple (de la RDA)

    Évoquer la Trabant procure des frissons à de nombreux habitants de l’ex-Allemagne de l’Est. Malgré sa carrosserie en résine et carton, malgré ses pannes fréquentes, la persistance de la disponibilité des pièces détachées, malgré l’attente parfois interminable (jusqu’à 15 ans !) pour s’en procurer une, la voiture culte circule encore en plus de 12 000 exemplaires. Nous avons visité le petit musée qui y est dédié et flâné devant le « Trabiworld » qui propose des safaris en ville au volant de Trabant volontiers relookées en zèbres ou en léopards.


    Encore du street-art !

    La riche histoire de la ville, notamment les évènements des années 90, donne une abondance de sujets exploitables par les artistes de rue. Les vestiges du mur leur donnaient déjà un espace important. Mais sans doute par contagion, les quartiers voisins sont bien décorés aussi. A vous de voir, il y en a pour tous les goûts.


    Clap de fin

    Après l’agréable découverte de Berlin, qui résume notre parcours en Allemagne, nous gagnons très vite, en 4 jours et beaucoup d’autoroutes, le sud-ouest de la France pour y rejoindre le reste de la famille. Ce dernier tronçon clôt, en même temps que l’année 2024, notre longue boucle en Europe centrale et du Sud-Est. Après les fêtes, nous commencerons à préparer sérieusement notre nouveau voyage qui devrait démarrer au printemps 2025.

    N’hésitez pas à lancer la vidéo si Roberto semble scotché à son point de départ !

    Merci à tous nos lecteurs, fidèles ou occasionnels, de vivre un peu avec nous cette exploration du monde. A bientôt pour de nouvelles aventures !