Étiquette : condor

  • 177. Pérou 2003

    177. Pérou 2003

    Voici donc la suite de notre voyage itinérant sac au dos avec nos 4 enfants en 2003, retranscrite ici en guise de flash-back pendant la pause quadrimestrielle de la team Roberto. Après l’Équateur, c’est maintenant le Pérou que nous allons découvrir en famille.


    Courriel du 19/11/2003

    Entrée au Pérou à pied

    Après avoir passé la nuit dans la petite ville de Macara, totalement paumée et insipide, mais ayant le double avantage de se trouver à 3 km de la frontière et de bénéficier d’un climat chaud (comme en témoignent les hamacs suspendus devant chaque boutique de la rue principale), nous avons franchi la rivière qui sépare l’Équateur du Pérou le plus simplement du monde, à pied, sur le pont qui l’enjambe. Il n’y a pas de quoi fouetter un chat, mais c’est tout de même un peu plus marquant que de passer devant le guichet d’un douanier dans un aéroport, non ? C’est en tout cas le début de notre aventure péruvienne !

    Franchissement à pied du pont qui sépare l'Équateur du Pérou
    Franchissement à pied du pont qui sépare l’Équateur du Pérou

    Trois rencontres

    La première étape dans le pays, de la frontière à la première ville significative située à deux heures de voiture de là, a été marquée par trois rencontres, deux bonnes et une mauvaise. Commençons par une bonne, bien sûr, celle d’un sympathique couple de parisiens en voyage de noces pour dix mois autour du Monde. Nous avons longuement discuté avec eux des modalités pratiques de leur voyage – ça ne s’improvise pas ! – et échangé nos expériences. Leur parcours (Etats-Unis, Mexique, Amérique du Sud jusqu’en Patagonie, Ile de Pâques, Tahiti, Australie, Asie du Sud-Est et Transsibérien) a de quoi en faire rêver plus d’un nous compris !

    Nous avions aussi avec nous dans la voiture un péruvien qui ne pouvait qu’être gentil et sympathique puisque prénommé Juan Miguel. Arrangeant comme tout, il se proposa même de nous faire faire la seconde étape à bord de sa propre voiture. Mais arrivés à la ville intermédiaire, point de véhicule promis, et voilà notre ami qui se met à arrêter tout ce qui passe à quatre roues et à négocier avec les conducteurs notre passage jusqu’à la ville voisine. Le problème pour nous était de nous caser tous dans le véhicule (c’est à dire 6 Augé + les jeunes mariés + lui + les 9 sacs à dos de ce petit monde), alors que pour lui et les conducteurs qui voulaient bien s’arrêter, il s’agissait davantage d’une question de prix.

    Heureusement, une petite dame qui passait par là, après avoir fait une risette à nos enfants, nous a assuré que la solution proposée par le monsieur n’était pas convenable et qu’il était plus simple (et moins cher) de prendre le bus. Elle nous a d’ailleurs accompagné elle-même à la station, située pourtant à plus de 500m de là. Adorable !


    Le désert du Pérou

    Arrivés enfin à la ville de Piura, nous avons réservé un bus de nuit pour rejoindre Lima en une quinzaine d’heures. Nous avons décidé en effet de visiter principalement le sud du pays, là où se rassemblent la majorité des sites touristiques. Le trajet jusqu’à la capitale nous a fait longer toute la plaine côtière, parfaitement désertique, avec des dunes de sable comme nous n’aurions pu en imaginer qu’au Sahara ou au Moyen Orient. Mais bon, voilà nos idées reçues remises en place…

    Traversée au petit matin, la banlieue de Lima nous est apparue assez sinistre, avec des kilomètres de maisons pas finies, de terrains vagues, de détritus, d’ateliers miteux, de pancartes déglinguées, le tout dans une ambiance de brouillard qui accentuait encore l’impression de décadence. On comprend mal pourquoi tous ces gens ont fui la campagne pour venir habiter ici.


    Lima, en mieux

    Nous sommes depuis deux jours dans la capitale, plus précisément dans le quartier colonial, et notre opinion sur la ville remonte sérieusement. Malgré les multiples tremblements de terre, les édifices civils ou religieux sont systématiquement reconstruits et affichent une présence imposante un peu partout. Des balcons fermés de bois sculptés ornent souvent les façades. Côté culturel, il semble y avoir de quoi s’occuper. Nous avons commencé par un joli musée sur les civilisations pré et post-colombiennes du pays. Nous avons bien approfondi nos connaissances sur les us et coutumes de ces gens-là. Nos enfants ont bien aimé la fabrication des momies assises, les déformations des crânes en ogives ou en anneaux, et les trépanations de crânes étonnamment réussies à cette époque (début de l’ère chrétienne) puisque des signes de réparation osseuse étaient observables.

    Rien de tout cela ne nous a coupé l’appétit, puisque nous sommes allés nous sustenter dès la sortie du musée d’empanadas (petits chaussons fourrés à la viande) et de cochons d’Inde EN CHOCOLAT, accompagnés de chicha morada, boisson sucrée à base de maïs violet. Très bonne, mais nous attendons mieux demain avec la visite de la région de Pisco.

    À bientôt….


    Courriel du 29/11/2003

    Boires et déboires à Pisco

    Les bus péruviens ne sont pas aussi performants qu’en Équateur, nous l’avons constaté à nos dépens. Les horaires sont fantaisistes, les annulations pour cause de remplissage insuffisant sont monnaie courante et le personnel est aussi aimable que le lama qui vient de cracher. Pour notre seule étape de Pisco, nous avons essuyé deux retards de plus de deux heures, le second s’étant même terminé par une annulation. Et tout ça pour découvrir que la boisson nationale est originaire en fait de la ville voisine d’Ica, devant son nom au port d’expédition vers l’Espagne qui, lui, figurait en grosses lettres sur les caisses ! Nous nous rattraperons de rage sur l’Inca Kola, l’autre boisson nationale péruvienne, plus vendue que sa concurrente nord américaine malgré sa couleur jaune fluo et son goût de médicament.


    La baleine, le singe et le colibri

    Cela sonne comme une fable de La Fontaine, mais les initiés auront reconnu quelques-unes des figures des fameuses lignes de Nazca, tracées en plein désert il y a plus de mille ans, et qui résistent à la fois aux intempéries (qui se résument ici à quelques minutes de pluie par an, ça aide !) et à la sagacité des scientifiques de tous bords, lesquels se demandent bien pourquoi on a tracé ces lignes visibles seulement du ciel bien avant la découverte de l’aéroplane. Les hypothèses les plus sérieuses vont du calendrier solaire géant aux pistes d’atterrissage pour extra-terrestres… La moitié d’entre nous souffrant du mal de l’air (le secret médical m’interdit de vous dire qui, non, non, n’insistez pas !), nous avons choisi de ne voir qu’un échantillon de ces lignes du haut d’un mirador, et cela nous a paru suffisant.

    L'une des figures de Nazca, vue d'un "mirador"
    L’une des figures de Nazca, vue d’un « mirador »

    Le retour des momies

    Nazca est aussi le site d’un cimetière pré-inca assez impressionnant, une étendue de sable de plusieurs kilomètres carrés parsemée d’ossements et de tissus âgés d’un millier d’années, d’où l’on extrait peu à peu des dizaines de momies assez bien conservées, avec encore la peau sur les os (après tant d’années sans manger, c’est normal) et plein de cheveux. Elles sont ensuite replacées dans les tombes, qui restent par contre à ciel ouvert afin que des détraqués comme nous viennent les photographier, ce qui ne devait pas être prévu dans le programme initial…


    Arequipa et Juanita

    Nous avons quitté les déserts côtiers, assez insipides en dehors des quelques curiosités sus-décrites, pour la belle ville d’Arequipa, située sur les contreforts de la Cordillère des Andes, aux pieds de trois volcans dépassant les 6000m d’altitude. Arequipa elle-même est à 2600m mais bénéficie pourtant de températures douces et d’un ensoleillement de plus de 300 heures par an. C’est dire que, là encore, rien ne pousse sans irrigation. Heureusement, les Incas sont passés par là et ont installé des aqueducs partout, après avoir essayé en vain de faire pleuvoir en sacrifiant des jeunes filles prépubères, comme la célèbre Juanita, retrouvée il y a quelques années dans un glacier des environs et exposée dans un musée de la ville.


    Le Mont-Blanc dans un fauteuil

    Le must d’Arequipa, c’est l’excursion au Canyon du Colca, le plus profond du monde (3600m) et pourtant peu connu car découvert seulement en 1986. On y accède en cinq heures de bus par une route non revêtue et donc assez inconfortable, mais qui nous permet de franchir sans effort un col à 4910m d’altitude, un peu plus élevé que notre montagne nationale. Tout autour, des cimes bien plus élevées encore, c’est dire le gigantisme du lieu, tout au long de la route, des pampas arides parfois tachées de vert lorsqu’un torrent les traverse, et surtout, des colonies de lamas, alpagas et vigognes parfaitement intégrés au décor.


    Comment distinguer un lama d’un alpaga et d’une vigogne, et vice versa ?

    Avant ce voyage, nos connaissances sur les camélidés andins se limitaient au lama du capitaine Haddock. Désormais, nous savons qu’il en existe beaucoup d’autres, et notre œil exercé identifie les trois principales espèces à 30m. Bien que l’éventualité d’une rencontre dans l’hexagone soit faible, il nous est apparu opportun de vous communiquer notre expérience, au travers des différentes méthodes utilisables :

    1. méthode descriptive : une robe caramel et une allure élancée orientent vers une vigogne ; une épaisse tignasse noire ou blanche et une démarche pataude désignent plutôt un alpaga ; des couleurs multiples et une attitude hautaine sont des caractéristiques du lama.

    2. méthode géographique : si vous découvrez votre animal dans une pampa aride, c’est un lama (tout comme le capitaine, ils n’aiment pas l’eau) ; dans une réserve naturelle, c’est une vigogne (elle n’aime pas les gens) ; partout ailleurs, y compris dans les endroits les plus insolites comme un jardin public, une salle de restaurant, les bras d’une petite fille ou l’étal d’un boucher, c’est un alpaga (il aime tout le monde, et ça lui attire parfois des ennuis).

    3. méthode monétaire : profitez d’un moment d’inattention de l’animal pour lui dérober un peu de laine, et tentez de vendre votre récolte au marché le plus proche. Si l’on vous donne des dollars, c’est une vigogne, des soles, c’est un alpaga, une claque dans le dos, c’est un lama.

    4. méthode comparative : empruntez les lunettes de vue de votre petite sœur et observez l’animal à une distance raisonnable afin d’éviter les coups de pieds (de votre petite sœur). S’il ressemble alors plutôt à un mouton, c’est un alpaga ; à une biche, c’est une vigogne ; à un lama, c’est … un lama.

    5. méthode risquée : essayez de chatouiller la bête sous le menton. Si elle crache, c’est un lama ; si elle mord, c’est un alpaga ; si elle vous envoie une bonne ruade, c’est une vigogne.


    El condor pasa

    Le point ultime de notre excursion était le lieu-dit « la cruz del condor », que nos progrès en espagnol nous ont permis de traduire par « la croix du condor ». Il s’agit d’un éperon rocheux surplombant de 1200m le torrent qui coule au fond du canyon juste au-dessous, connu pour être fréquenté par les condors, les oiseaux-emblèmes du pays. Et nous en avons vu effectivement passer pas mal, planant majestueusement (2 à 3 mètres d’envergure tout de même) dans un silence parfait, les serres apparentes comme le train d’atterrissage d’un Airbus en finale, l’écharpe de plumes blanches bien ajustée autour du cou. Le long du sentier bordant le canyon, nous avons vu l’espace de quelques secondes « passer » l’un de ces oiseaux entre nous et le vide, sans un bruit, et avons subitement mis pour longtemps une image sur le titre de la chanson « El Condor Pasa ».

    À bientôt…


    Courriel du 6/12/2003

    Toujours plus hauts

    Après avoir franchi un col à 5000m cette fois, sans même nous en apercevoir (serions-nous blasés ?), nous sommes parvenus au point le plus au sud de notre parcours, le Lac Titicaca, dont le nom ne manque pas de ravir Achille, évidemment. C’est une véritable mer intérieure, sur laquelle naviguent de gros bateaux, que l’on s’attend peu à trouver à une altitude proche de celle de l’Aiguille du Midi. Pour échapper aux Incas, des populations s’y sont établies sur des îles artificielles entièrement faites de couches de roseaux empilées, qu’il faut renouveler régulièrement (de 2 à 8 fois par mois selon la saison) au risque de se retrouver rapidement les pieds dans l’eau. De plus, il faut surveiller attentivement les pieux d’eucalyptus qui ancrent les îles au fond du lac afin de les remplacer au moindre signe de défaillance, sous peine de se réveiller en Bolivie, juste de l’autre côté du lac, au premier coup de vent. Quelle précarité ! Nous avons apprécié pour notre part la façon très spéciale dont s’enfoncent les pieds dans le sol lorsque l’on marche sur ces îles, la traversée d’une île à l’autre sur un frêle esquif de roseau tressé, et l’atmosphère générale du lac, aussi riche en sensations que pauvre en oxygène.


    Le Machu Picchu, entre mythe et réalité

    1 – Le mythe : un petit train de bois débordant d’indiens aux habits multicolores, jouant de la flûte de pan ou buvant du café, monte péniblement la paroi abrupte d’une montagne, changeant de sens à chaque extrémité tellement la pente est forte. La route est longue, une journée ou deux peut-être, mais l’ambiance est joyeuse et les quelques touristes privilégiés sont invités à partager la chicha et les danses des autochtones. Au sommet apparaît, baignée de soleil et déserte, la cité mystérieuse des Incas, étonnamment intacte, comme abandonnée la veille par ses habitants effrayés par on ne sait quoi. L’atmosphère calme incite fortement à la méditation et personne ne souhaite en redescendre.

    2 – La réalité : 6 heures du mat devant la gare, les vendeurs nous assaillent pour nous proposer de l’eau, des pellicules photo et, plus inquiétant, des imperméables. Exhibant au contrôleur nos billets informatisés à 55 $ (l’équivalent de 4000 Km en bus dans le pays !), nous réussissons à leur échapper pour nous réfugier dans un train semi-moderne aux fauteuils confortables et inclinables, rempli de exclusivement de touristes puisque ce moyen de transport leur est réservé et imposé. 4 heures plus tard, le ghetto-sur-rails s’arrête et le « grupo » (« groupe » en espagnol, ça sonne un peu comme « troupeau », non ?) est transféré dans un convoi de bus à 9 $ (rappelons que la monnaie locale est le Sol) et hissé jusqu’à l’hôtel à 300 $ la nuit (mais là, ce n’est pas imposé, du moins pas encore…) qui marque l’entrée du site, c’est à dire … la billetterie. Délestés de 20 $ supplémentaires par tête, nous gravissons sans effort les dernières marches et commençons enfin notre visite. Nous essayons d’éviter au mieux les « grupos » éparpillés un peu partout mais surtout aux endroits précis que nous souhaitons prendre en photo. Au bout de 2 heures, le soleil nous abandonne, et une pluie torrentielle se met à tomber. Les imperméables de la gare ! Bon sang, mais c’est bien sûr ! Bien que correctement équipés (vous en doutiez ?), nous effectuons un retour quelque peu tristounet en ghetto-sur-roues puis en ghetto-sur-rails. Ce dernier se traîne interminablement dans la nuit, au point que – mais ne serait-ce pas fait exprès ? – des taxis-vautours viennent proposer leurs services dans les gares à ceux qui auraient encore quelques dollars à dépenser pour les ramener un peu plus vite à destination.

    Bon, redevenons positifs : Le site est d’une grande beauté, avec ses ruines remarquablement construites et bien conservées, ses cultures en terrasses d’un beau vert vif parfaitement alignées, l’ensemble trônant au sommet d’une montagne abrupte, elle-même surplombée de pitons rocheux baignés de brume. Le vide environnant, la vue vertigineuse sur les torrents très loin en contrebas renforcent encore l’impression d’isolement, et permettent de comprendre la découverte tardive du site en 1911 après 4 siècles d’oubli. Ce qui impressionne le plus, c’est le mystère qui entoure encore le rôle exact de cette citadelle construite puis abandonnée en un seul siècle alors qu’y vivaient près de 1200 personnes. Avec de tels vestiges, notre science ne devrait pas être aussi limitée ! En tout cas, ce sont toutes ces réflexions et ces images magnifiques qui nous resteront, et non pas les quelques tracasseries arnaquo-touristiques que nous avons rencontrées. Notre mémoire est heureusement sélective !


    Cuzco

    Avant-dernière étape de notre périple, l’ancienne capitale des Incas garde, comparativement au reste du pays, d’assez nombreuses traces de cette civilisation : les ruelles étroites et pavées au caniveau central, les soubassements de nombreux bâtiments, typiquement inclinés vers l’intérieur pour résister aux séismes et faits de pierres bombantes taillées au dixième de millimètre près, parfois sur plus de 10 faces, pour permettre un ajustement parfait. Ce sont encore les aqueducs et les multiples fontaines présents en pleine ville tout comme dans la campagne environnante, et les cultures en terrasses de celle-ci. C’est beaucoup et peu à la fois. Les conquistadores se sont en effet employés à détruire méticuleusement, avec une rage inouïe toutes traces des civilisations antérieures pour les transformer en métal fondu ou en cathédrales. La décoration de celles-ci, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur, a beau être d’une richesse exceptionnelle, l’arrière-pensée omniprésente du pillage ne nous en laisse qu’une impression mitigée. La ville est néanmoins très agréable à parcourir. Elle regorge de boutiques d’artisanat en tous genres et jouit d’un bel environnement montagneux. Nous y avons consacré presque une semaine, excursion au Machu Picchu comprise, mais cela n’aura pas suffi à Achille, qui cherche toujours désespérément l’empereur mégalo.

    L’avant-dernière image, c’est l’école du matin sur le toit de notre hôtel à Cuzco, juste au-dessus de la place principale. Quel endroit magnifique pour étudier !

    Nous partons demain pour Lima, alors à très bientôt !


    Courriel du 13/12/2003

    Dernière semaine à Lima

    La fin d’un séjour de 2 mois est toujours marquée par quelques formalités du genre confirmation des billets d’avion, achat des souvenirs, ajustement fin des programmes scolaires en fonction des dernières informations de nos correspondants (merci à eux !), et rien de tel qu’une grande ville pour ça. La capitale du Pérou s’est révélée bien adaptée à la situation avec une échelle humaine, un quartier colonial bien agréable pour résider, pas mal de choses à visiter et de beaux marchés et magasins pour les souvenirs. Nous avons déniché un hôtel sympathique, ancienne bâtisse coloniale qui a gardé de cette époque une superbe façade aux balcons-jalousies de bois et un intérieur tarabiscoté avec des escaliers et des recoins partout. Les propriétaires ont de plus décoré leur établissement comme un musée polyvalent, avec des statues de toutes tailles (y compris des têtes de 3m de haut), des momies, des crânes couverts de mousse, des poteries pré-incaïques, des tableaux anciens à l’huile ou en photo sépia, des plantes vertes exotiques un peu partout profitant du patio central à ciel ouvert. À signaler enfin une faune assez riche, aussi bien empaillée que vivante, avec notamment des perroquets et tortues en liberté qui venaient faire causette aux enfants – à leur grand ravissement – dans la salle du petit-déjeuner. Et l’ensemble pour le prix d’un non pas 5 ni 4 ni 3 ni 2 ni même 1 étoile : moins de 15 euros la chambre à 5 lits ! De là, donc, nous avons rayonné vers les différentes curiosités de la ville, en particulier l’horrible plage municipale dont le gris du gravier rivalise en sinistre avec le marron de l’eau, les catacombes avec leurs caisses d’os bien rangés (le tri sélectif bien avant l’heure, en quelque sorte), le célèbre (allez, avouez que comme nous vous en ignoriez l’existence) musée de l’or péruvien, dont les trésors sont bien gardés puisque juste au-dessus se trouve aussi la plus grande collection d’armes au monde, et enfin tout simplement les rues commerçantes en cours de décoration en cette période de Noël, contrairement aux pays asiatiques que nous avions jusqu’ici visités.


    Le bonheur est au bout du mitigeur

    Quelques 13 heures de vol à 900km/h (non, non, nous n’avons pas fait faire cet exercice à nos collégiens) plus tard et plus loin, et nous voici de retour sur le plancher des vaches (d’Abondance bien sûr). S’il est trop tôt pour se risquer à un bilan de ce voyage – c’est en général la découverte des photographies et diapositives qui initie la première analyse – le moment est opportun pour découvrir ce qui nous a manqué. Vous n’imaginez pas, par exemple, à quel point l’autoroute de Genève à Saint-Gervais est bien revêtue et confortable, à quel point il est agréable de prendre une douche à exactement 38° ou encore à dormir dans son propre lit. Bien d’autres petits plaisirs comme cela vont nous revenir dans les prochains jours, que nous n’aurions jamais soupçonnés si nous n’étions pas partis. Quelques désagréments aussi, sans doute, mais nous n’allons pas nous plaindre…

    À ce propos, si nous avons rencontré un certain nombre de français-voyageurs comme nous, partis pour quelques mois ou une année (le tour du monde en une année sabbatique connaît apparemment un grand succès), il s’est toujours agi d’adultes sans enfants. Nous n’avons pas cette fois en 2 mois rencontré une seule famille en voyage. Serions-nous une espèce en voie de disparition ? Nous le regrettons car les obstacles sont de plus en plus limités (facilité des déplacements, élargissement des congés annuels, variété des destinations adaptable à la plupart des budgets) et sont sans commune mesure avec l’enrichissement global que nous procurent nos voyages. La prochaine destination est d’ailleurs déjà fixée…

    À bientôt, et merci de nous avoir lus

    Jean-Michel, Claudie, Amandine, Basile, Mélusine et Achille.

  • 172. Bienvenue au Pérou

    172. Bienvenue au Pérou

    Ayant traversé la frontière au niveau du lac Titicaca, à 3850 m d’altitude, nous ne changeons guère de décor. Les cultures sur les rives du lac sont peut-être plus nombreuses mais les petites maisons modestes aux parois de briques et aux toits de tôle sont les mêmes, et les chaînes montagneuses enneigées sont toujours là en toile de fond. Mais les différences ne devraient pas tarder à se manifester.

    Parcours correspondant à cet article, en version zoomable ici

    Puno, cité lacustre

    En dehors de l’hypercentre où subsistent quelques beaux bâtiments coloniaux, la ville est tout à fait quelconque. Comme d’habitude à l’arrivée dans un nouveau pays, nous y avons fait quelques courses essentielles : plein de diesel (c’est un bonheur de revoir plein de stations-service partout après les difficultés boliviennes), plein du frigo (il a fallu traverser le frigo vide) et achat d’une carte SIM pour Claudie. Il se dit sur les réseaux que les opérateurs n’auraient plus le droit de fournir des forfaits aux étrangers, et notre première tentative a semblé confirmer le fait. Mais nous avons trouvé apparemment le seul opérateur qui serait autorisé, Bitel, et qui nous a délivré un forfait sans histoire. Tout illimité 1 mois pour 10 euros, c’est moins cher qu’en France. Pour ma part, mon forfait Sosh couvre le Pérou.


    L’odyssée du Yavari

    Dans un port de Puno, un ancien navire à vapeur attend sagement au mouillage les rares visiteurs, en attendant un avenir meilleur. Son histoire peu commune nous a intéressés et nous avons eu envie de le visiter. Il a été commandé en Angleterre en 1861 par la marine péruvienne avec un autre bateau similaire. Mais pas question de lui faire traverser l’Atlantique par ses propres moyens, comment aurait-il fait pour rejoindre le lac Titicaca au beau milieu de la Cordillère des Andes ? Alors il a été transporté en 2766 pièces détachées, dont aucune ne devait dépasser es 1 750 kg, la charge maximale permise pour une mule (ce qui est déjà énorme !). Le transport maritime puis terrestre a pris 7 ans avec de nombreux imprévus, avant que le Yavari ne fut enfin assemblé, puis enfin lancé en 1870. Il fonctionnait initialement à la voile et avec une chaudière à vapeur alimentée par du fumier de lama. Désarmé, il fut revendu à une compagnie britannique qui installa un moteur diesel suédois, toujours en place et fonctionnel aujourd’hui. En 1975, le navire fut abandonné et commençait à sérieusement se dégrader lorsqu’il fut remarqué par une Anglaise qui organisa, via une association caritative, sa restauration avec l’objectif final de faire de petites croisières sur le lac Titicaca. C’est le second du navire, un véritable passionné, qui nous en a fait la visite. Malgré le peu de moyens dont il dispose il fait son possible pour entretenir ce qui existe et améliorer petit à petit le bateau. Nombre de pièces sont originales, et cuivres comme boiseries brillent comme au premier jour. Magnifique. J’adorerais faire une petite traversée du lac sur le Yavari !


    Dormir sur la paille ?

    Sur le papier, les îles flottantes des Uros, posées sur le lac Titicaca face à Puno, ont tout pour faire rêver : des îlots tressés en roseaux (la totora), des maisons dorées qui semblent flotter entre ciel et eau, et une culture ancestrale qui défie le temps. Les touristes s’y pressent, pensant découvrir là un mode de vie figé dans le temps, allant même jusqu’à « dormir chez l’habitant ». Dans la réalité, les habitants vivent tous à Puno, marre d’être toujours sur la paille… Ils reviennent le jour, juste avant les touristes, pour faire le petit-déj à ceux qui ont dormi là, ou surtout pour vendre repas et souvenirs aux autres. Certes la magie de marcher sur un sol qui s’enfonce sous les pas existe, tout comme celle d’observer une manière de vivre qui a bien existé autrefois, mais il est difficile de ne pas se rendre compte de l’organisation implacable qui est derrière tout ça. A vrai dire, ma critique ne se fonde que sur l’expérience que décrivent les gens sur les réseaux. Nous étions déjà allés sur les iles Uros avec nos enfants il y a 24 ans, et nous avons décidé de ne pas y retourner. Seul le drone y a fait un petit tour grâce à un stationnement nocturne opportun sur les hauteurs juste en face.


    Le cimetière inca-colla

    Connaissez-vous l’Inca-Kola, la boisson nationale gazeuse péruvienne qui devance – une exception mondiale – le Coca Cola ? On en voit partout ici, même dans les petites échoppes du site archéologique de Sillustani que nous visitons aujourd’hui. Si je me suis permis cette allusion, c’est pour faire un parallèle douteux avec les peuples qui ont géré ce site funéraire : d’abord les Collas, entre le IXe et le XIIIe siècle, puis les Incas entre le XVe et le XVIe siècle. Certaines tombes seraient encore antérieures, remontant aux Tiwanakus (Ve – IXe siècle). Dans tous les cas, il s’agit de chullpas, des tombes familiales en forme de tour possédant une petite entrée en bas que l’on refermait après y avoir introduit défunts et offrandes. On voit bien les différentes techniques de fabrication, notamment les rampes qu’utilisaient les Collas et la taille précise des pierres employée par les Incas. L’ensemble, situé sur une péninsule au milieu d’un lac, offre des paysages magnifiques.

    Habitation typique du peuple Colla, un peu avant d'arriver à Sillustani
    Habitation typique du peuple Colla, un peu avant d’arriver à Sillustani

    Retourné à la campagne (3 lettres)

    Une définition sympathique de mots croisés* qui m’amène à vous parler de la monnaie péruvienne : le sol, qu’on nomme aussi le PEN en code ISO mais je ne voudrais surtout pas faire de politique. 😁 Encore qu’il est amusant de vouloir convertir le PEN à l’euro 😉 Un Sol vaut quasiment 0,25 €, ce qui nous simplifie grandement la tâche pour les conversions puisqu’il suffit de diviser les prix par 4. 👌 On trouve habituellement au dos des billets et des pièces des animaux (jaguar, vigogne, colibri, condor, etc.) et plantes typiques ou endémiques (reine des Andes, quinquina, orchidées, etc.) du Pérou. 🐆🦙🦅🌺🌾 Ça donne envie de collectionner les billets, non ?

    *J’aimais bien aussi « Rencontré après la gamelle »…


    Arequipa, la ville blanche

    Nichée à 2 300 mètres d’altitude, aux pieds de trois volcans qui devraient pourtant la salir de leurs cendres, Arequipa est pourtant surnommée « la ville blanche » en raison de la pierre volcanique claire, le sillar, dont on se sert pour bâtir ses principaux édifices. Cette pierre a l’avantage en outre de se tailler facilement, ce qui permet d’orner au mieux les façades de ses édifices baroques, de ses nombreuses églises, de son immense cathédrale qui occupe à elle seule un pan entier de la Place des Armes (cas unique au Pérou) et de nombreuses cours intérieures plus ou moins ouvertes au public. De fait, Arequipa est souvent considérée comme ville la plus élégante du Pérou.


    Une ville dans la ville

    Le monastère de Santa Catalina occupe au sein d’Arequipa un quadra entier (c’est l’espace compris entre 4 rues qui se croisent, formant une véritable ville dans la ville, ce qui était encore plus vrai à l’époque de sa création, en 1850, lorsque ce monastère vivait en totale autonomie. A l’instar du couvent Santa Teresa que nous avions visité à Cochabamba en Bolivie, les novices entrées ici selon le souhait de leur famille et moyennant 100 pièces d’or par an, ne devaient plus prononcer un mot et devaient consacrer leur vie au travail et à la prière. Mais à l’inverse du couvent bolivien, elles avaient le choix au bout de 4 ans de poursuivre ou non leur vie monastique. Dans ce cas, elles avaient la possibilité, en fonction des moyens donnés par leur famille, de se construire un appartement de plusieurs pièces, d’y faire venir des servantes, agrandissant ainsi la ville peu à peu. C’est ainsi un dédale de ruelles que l’on parcourt, tout en passant d’un appartement à l’autre par des porches ou des ouvertures étroites. Les murs peints alternativement en bleu et ocre, les couleurs vives de l’abondant fleurissement et les jeux de lumière avec le soleil en font un lieu assez magique à parcourir. Tout en découvrant petit à petit les anecdotes de la vie monastique.


    Le bouclier bleu

    J’en avais déjà remarqué avant, mais ces petits logos plus fréquents à Arequipa qu’ailleurs, principalement sur les monuments historiques, ont fini par éveiller ma curiosité. J’avais pensé un moment qu’il s’agissait de repères sismiques, afin de détecter les mouvements éventuels des bâtiments après un tremblement de terre – une éventualité probable dans la région. Ou encore de guides pour scanner ces édifices d’intérêt historique. Mais quelques recherches m’ont amené vers une autre explication, qui remonte curieusement à la Seconde Guerre Mondiale. Afin de protéger les biens culturels d’un pays des dégradations liées à la guerre, aux exactions humaines ou encore aux catastrophes naturelles, la Convention de La Haye a mis en place en 1954 ce moyen d’identification. Apposé sur les toits ou les façades historiques, ce bouclier bleu est un véritable dispositif international destiné à signaler les biens culturels à préserver en cas de conflit armé. Ce marquage indique aux forces militaires que le bâtiment possède une valeur patrimoniale important et ne doit pas être pris pour cible. Ce n’est évidemment une garantie contre rien, mais cela peut contenir l’ardeur d’éventuels oppresseurs et guider les priorités de réparation ou préservation en cas de dommages. En Iran actuellement, sur recommandations de l’UNESCO on peint ou on dispose ces boucliers bleus sur les toits des 28 sites classés par l’institution afin que les pilotes de drones les identifient comme tels et les épargnent. Comme quoi, du Pérou à l’Iran il n’y a qu’un pas !


    La route du sillar

    Beaucoup plus écologiques que les Chinois ou les Etats-Uniens d’Amérique qui vont chercher leur marbre à Carrare (ce sont les premiers importateurs mondiaux), les Arequipeňos vont se servir en sillar …juste à côté de chez eux. Dans des carrières en périphérie de la ville d’où est extrait le sillar, cette fameuse roche volcanique claire qui habille les bâtiments du centre historique. C’est là que les retombées de cendres, de pierres ponces et de fragments de roches se sont déposées il y a environ 1,8 million d’années après une éruption cataclysmique du volcan Chachani. En se refroidissant lentement et en se compactant, ces épais dépôts ont donné naissance à une roche légère, poreuse et facile à tailler. Tout en étant résistante aux séismes, ce qui n’est pas une mince affaire ici. Le sillar a été utilisé dès l’époque coloniale et continue d’être employé aujourd’hui dans plusieurs carrières. Celle que nous visitons n’est pas la plus active. Elle a été aménagée pour des raisons pédagogiques, invitant un grand nombre d’artistes à réaliser des œuvres sur place afin d’attirer le touriste. Nous baladant au milieu de grandes falaises blanches, nous observons nombre d’animaux, de personnages, d’écussons réalisés en sillar. Une reproduction d’une zone du site de Petra a même été réalisée. Et devinez en quelle matière sont faites les toilettes ?


    Camélidés du Nouveau Monde

    Quittant Arequipa vers le nord en direction du réputé Cañon de Colca, nous allons circuler à des altitudes de plus en plus élevées, franchissant même un col à 4 910 m, plus haut que le Mont-Blanc donc. Un nouveau record pour Roberto qui grimpe sans rechigner. Nous avons appris à donner quelques coups d’accélérateur le matin avant de démarrer (le diesel semble avoir un peu de mal à arriver avec l’altitude, alors que les températures ne sont pas forcément négatives la nuit) et à gérer manuellement la boîte de vitesse en montée (le rendement inférieur du moteur en altitude semble mal géré par le calculateur de la boîte auto). Plus l’on monte et plus les camélidés andins monopolisent le paysage, voire la route… Que ce soit lamas, alpagas ou vigognes, nous avons un gros coup de cœur pour ces animaux aussi sympathiques que laineux. Ces espèces sont remarquablement adaptées à l’altitude, jusqu’à 5 000 m été comme hiver, grâce à leur toison et leur peau épaisse bien sûr, mais aussi à un système cardio-vasculaire qui s’est adapté : gros cœur (tiens, qu’est-ce que je vous disais sur la côte d’amour !) et concentration élevée en hémoglobine. Ça ne semble pas les déranger de galoper joyeusement dans les pampas alors que nous soufflons au moindre effort. Tout comme leurs congénères africains, ils se contentent de peu en nourriture et en eau. Si les vigognes sont volontiers sauvages, les lamas et alpagas sont volontiers domestiqués pour produire laine et viande. Les lamas servent en outre de bêtes de somme. Dans tous les cas, les bébés sont craquants !


    À l’approche de Yanque

    Yanque est un des nombreux villages pittoresques qui bordent le Cañon de Colca. La route qui y mène offre déjà de superbes paysages de cultures en terrasses. Le centre très tranquille est représenté par une petite place ornée de statues dont le thème est le folklore local, tandis qu’une vieille église se tient péniblement debout sur l’un des côtés, soutenue par des étais. Dommage car son portail tout blanc très travaillé augurait d’une visite intéressante. Mais dans l’état actuel on comprend que tout soit fermé. Nous verrons quelques autres églises dans un état similaire un peu plus loin. La forte sismicité locale doit y être pour quelque chose. Nous poussons un peu plus loin jusqu’au parking d’une randonnée un peu particulière. Elle mène vers le village abandonné de Uyo, d’où les habitants des peuples Collaguas (XIVe siècle) puis Incas (XVe-XVIe siècle) ont été chassés brutalement par les conquistadors qui leur ont intimé de mener une vie plus saine au village de Yanque un peu plus bas, sous-entendu près de l’église catholique et de ses enseignements. Alors que quand on connaît le mode de vie de ces populations andines à cette époque, en parfaite communion avec la nature, plus sain tu meurs ! Il reste aujourd’hui des murs encore bien solides, des rues bien dallées centrées par un bon système d’irrigation, et des terrasses qui sont toujours heureusement cultivées.


    El condor pasa pas (pero los caballos si !)

    Nous voilà installés au sommet d’une falaise sur le Cañon de Colca, tout proches de la Cruz del Condor, endroit réputé pour l’observation de ces rapaces géants emblématiques de la culture andine. Et parfaitement en accord avec celle-ci, ces charognards, à l’inverse des aigles ou des faucons par exemple, ne tuant pas leurs proies mais se contentant de nettoyer la nature des cadavres d’animaux qui s’y trouvent. En total respect de la nature. Mais qui dit nature dit caprices météorologiques et la brume qui nous enveloppe lors de notre arrivée n’est pas spécialement favorable à l’observation des condors qui ne volent guère dans ces conditions. Les heures les plus propices sont théoriquement le coucher du soleil (normal, ils rentrent chez eux) et surtout le début de matinée, lorsque les courants ascendants commencent à se former le long des parois du cañon. Mais à aucun de ces deux moments (oui nous avons passé la nuit ici) le ciel ne s’est dégagé. Pas de condor donc. En consolation, tout un groupe de chevaux sauvages est venu nous rendre visite dans la matinée, l’un d’eux venant même grignoter l’un des essuie-glaces de Roberto ! Les nuages se sont tout de même évaporés en fin de matinée, nous permettant d’apprécier le grand spectacle du Cañon de Colca. Et puis tout de même une petite récompense à notre attente : l’un de ces volatiles tant attendu a daigné faire son apparition, mais assez haut dans le ciel. Pas de gros plan mais juste de quoi ne pas rentrer bredouille.


    État des routes

    Nous sommes partis pour une grande traversée vers la ville de Cuzco. Notre itinéraire emprunte majoritairement des routes asphaltées, qui ne représentent pourtant que 17% du réseau péruvien. Nous faisons ce choix dès lors qu’il est possible grâce notamment à notre application de routage Osmand+ qui indique, ce que la plupart des autres ne font pas, l’état de surface des routes. Asphalté n’est pas toujours synonyme de route bien lisse, la présence très fréquente de nids-de-poule obligeant à une vigilance permanente lors de la conduite, même sur des routes à grande circulation. Régulièrement, nous devons circuler malgré tout sur des routes dites « compactées », constituées aussi bien de ciment que de gravier ou d’une terre battue bien tassée. C’est le cas aujourd’hui, pour une soixantaine de kilomètres qu’il faut parcourir à petite vitesse et en ayant coincé une bâche entre les portes arrière de Roberto afin que la poussière soulevée ne pénètre pas trop dans l’habitacle. Pour les routes en terre, que nous évitons comme la peste, c’est en fait du tout ou rien. Quelquefois orniéreuses et boueuses, à la limite du praticable par temps de pluie, elles peuvent tout aussi bien être plus lisses qu’une mauvaise route asphaltée. Mais c’est risqué. Les petites routes sont moins fréquentées que les grandes, parfois au point de croiser moins d’un véhicule à l’heure. En contrepartie, ce sont souvent elles qui offrent les plus beaux paysages.


    Intermède vidéo


    Les 3 ponts (ou l’étroit pont) de Cambopata

    Le symbole d’un appareil photo sur Google Maps nous conduit à nous arrêter dans cette petite ville qu’aucun guide papier ne juge digne d’intérêt. Nous allons y découvrir 3 ponts presque côte à côte. Un classique pont de métal appelé « pont moderne » qui recueille toute la circulation. Un joli pont de pierre construit par les conquistadors et baptisé de ce fait « pont colonial ». Nous y avons vu traverser des locaux avec leurs animaux. Et puis ce pont de corde datant lui du temps des Incas et s’appelant naturellement le « pont inca ». C’est évidemment celui qui nous intrigue le plus. Et qui parait le plus difficile à traverser. Déjà gravir l’escalier lui aussi en corde qui mène au pont lui-même nécessite un minimum d’agilité.

    Mais lorsqu’arrivés entre les deux piles on voit l’état du tablier, fait de petites branches d’à peine 1 cm de diamètre, la traversée parait hasardeuse, d’autant que le courant boueux qui passe au-dessous est assez violent. J’hésite. Vais-je tenter de franchir ce pont fragile ? Les Incas le faisaient bien, eux ? Vous saurez ça dans le prochain article… un peu de suspense que diable !

  • 155. De Fiambalá à Buenos Aires

    155. De Fiambalá à Buenos Aires

    Cette troisième partie de notre périple argentin sera bien entendu centrée sur nos retrouvailles avec nos amis quittés en Haute-Savoie 15 ans auparavant, et venus s’installer près de Mendoza. Mais nous aurons fait encore de belles découvertes dans ce pays qui est loin de nous avoir tout donné. A commencer par un avant-gardiste transport de charbon par télécabine, de multiples petits autels au bord des routes, et pas mal d’autres curiosités encore.

    Parcours de Fiambalá à Buenos Aires
    Le parcours décrit dans cet article, en version zoomable ici

    Le Cable Carril de Chilecito

    Cable Carril de Chilecito

    Chilecito, 30 000 habitants, est dominée à l’Est par une sorte de Christ Rédempteur perché sur une colline aux faux airs de Corcovado, mais c’est la traversée Sud-Nord qui intrigue davantage. Une immense avenue à double voie présente sur son terre-plein central un alignement de pylônes qui se perd à l’horizon vers le montagne. On s’attendrait à voir des cabines remplies de touristes circuler sur les câbles mais il n’en est rien. Il faut aller jusqu’à une extrémité de la ligne pour comprendre. La plus proche, au Sud, s’appelle la station numéro 1. Une grande construction sur 2 étages où des trains de bennes vides sont à l’arrêt. Il y a une centaine d’années en effet, un ingénieux système de transport avait été mis en place par des ingénieurs anglais, baptisé le Cable Carril, pour acheminer de façon la plus efficace et compétitive possible les minerais de cuivre, d’or, d’argent ou de plomb provenant de la mine La Mejicana située à 36 km de là et 4600m d’altitude. Arrivé à Chilecito, le minerai était soit fondu à proximité, soit transbordé sur un train de marchandises jusqu’au port chilien d’Antofagasta. Le système comptait neuf stations, chacune équipée de lignes téléphoniques, de bâtiments en pierre, de dortoirs, d’écuries et d’ouvrages hydrauliques. Seules les deux premières sont visitables, mais cela donne déjà un bon aperçu de ce système très en avance pour l’époque et qui a permis l’essor économique de la ville.


    Sanctuaires routiers

    Illustration sanctuaires routiers

    Depuis que nous roulons en Argentine, nous n’arrêtons pas de voir au bord des routes des petits groupements de drapeaux ou de rubans rouges. Et puis, à l’approche des montagnes, se sont rajoutés des amas de bouteilles d’eau en plastique, que l’on pourrait prendre à tort pour des dépôts sauvages. Mais il n’en est rien. Il faut savoir s’arrêter, s’approcher de plus près pour trouver au centre de ces groupement des petits autels abritant divers personnages manifestement vénérés. L’interrogation d’amis argentins associée à l’identification de photos sur Google Lens nous a permis d’identifier les 2 principaux, typiques du pays, et un outsider d’origine étrangère.

    Le personnage le plus courant, avec les drapeaux rouges, est Gauchito Gil, un soldat devenu hors-la-loi qui s’efforçait d’aider et protéger les pauvres. Suscitant l’admiration des Gauchos qui ont qualifié affectueusement celui qui s’appelait en réalité Antonio Mamerto Gil Núñez de « Gauchito », petit gaucho. La légende raconte que ce Robin des Bois espagnol était à l’épreuve des balles et accomplissait des miracles, même après sa capture et son exécution en 1878. L’aspect hors-la-loi a refroidi l’église catholique pour la canonisation, mais pas la population dont beaucoup le considèrent comme un saint et continuent à le vénérer au bord des routes. Notamment les camionneurs et les automobilistes qui déposent entre autres leurs bouteilles de vin devant les autels, en remerciement à Gauchito Gil de leur avoir évité un accident. Ceux qui diront que l’abandon des bouteilles de vin y est pour quelque chose sont de mauvaise foi…

    L’autre pilier de la religiosité populaire argentine est la Difunta Correa. Une jeune femme de la région de San Juan qui au cours des guerres d’indépendance a voulu rejoindre avec son bébé son mari enrôlé de force dans l’armée. Dans cette région désertique, elle est malheureusement morte de soif à mi-chemin. Mais lorsqu’elle fut retrouvée par des muletiers plusieurs jours plus tard, son fils, toujours allaité, était encore vivant : un vrai miracle qui a ému les Argentins et qui a été suivi d’autres miracles posthumes, conduisant au culte encore en vigueur aujourd’hui, débordant largement les frontières de la région et du pays. Là encore, ce sont des voyageurs qui s’arrêtent au bord des routes pour y déposer leurs offrandes. Mais pas de bouteille de vin ici, c’est déconseillé au cours de l’allaitement, mais des bouteilles pleines d’eau par centaines qui expliquent donc nos observations.

    L’outsider, nous ne l’avons vu qu’une fois. Dans un autel plus petit pile entre ceux des personnages précédents. Contenant bizarrement 3 petites statuettes d’une sorte de légionnaire romain portant un plastron en argent, brandissant une croix dans sa main droite et tenant une grande palme dans la gauche. Au-dessous, sur une petite carte, la mention « San Expedito ». Ce saint peu banal aurait son origine … à la Réunion, où le Vatican aurait envoyé en 1931 une boîte contenant des reliques d’un martyre arménien mais non identifiées. La seule indication était le tampon « Spedito » (expédié) sur la boîte, générateur d’une rumeur qui a conduit à la grande popularité d’un saint devenu Saint-Expédit, ayant le rare pouvoir d’exécuter rapidement les vœux des croyants. La popularité aurait gagné les îles et religions voisines (les Hindous et les Mulsulmans l’ont adopté). Et manifestement aussi l’Amérique du Sud.


    Merveilles de la nature

    Découvrir un nouveau pays, c’est découvrir de nouvelles plantes, de nouveaux arbres, de nouvelles fleurs qui ne poussent pas chez soi. Et la variété semble infinie, au point qu’elle me semble dérouter les moteurs de recherche par image comme Google Lens par exemple, surtout lorsqu’on s’éloigne au Sud de l’équateur. Plus de la moitié des plantes présentées ici n’ont pu être identifiées. Je rage !

    Des trucs qui marchent chez vous les grands voyageurs ?


    Le refuge

    Nous avons connu Michel, Sandra et Julian lorsque nous habitions en Haute-Savoie. Michel était passionné de montagne et de parapente et voyageait pour cela en Argentine. c’est là qu’il rencontra Sandra, originaire du pays, avec qui il se maria. Ils eurent Julian qui était de l’âge de nos deux derniers enfants. Nous étions pratiquement voisins et nous voyions assez souvent. Nous avons passé ensemble le réveillon de l’an 2000, c’est dire. Le grand projet de Michel, c’était de tenir un refuge en moyenne montagne en Argentine pour aller vivre là-bas avec sa famille. Il acheta avec Sandra le Refuge de San Bernardo, au-dessus de Mendoza et passa des années à le remettre en service tout en l’exploitant chaque été, avec un certain succès. Et puis nos chemins se sont séparés. Nous sommes partis vivre dans notre île caribéenne. Michel a malheureusement succombé à une grave maladie. Sandra et Julian sont partis là-bas vivre à temps plein et poursuivre le travail que Michel avait initié. Nous nous sommes toujours dit Claudie et moi que si nous passions un jour en Argentine, voir en vrai ce refuge dont nous avions tant entendu parler était incontournable. Et puis l’occasion s’est présentée avec ce tour du monde : quinze ans après, nous avons revu Sandra et Julian et enfin visité ce refuge mythique !

    Nous avons été reçus à l’argentine, c’est à dire merveilleusement bien. Julian et son amie nous ont régalés du typique asado et d’un délicieux dessert maison. Sandra et son nouveau partenaire (depuis peu) nous ont emmenés en randonnée dans les magnifiques montagnes au-dessus du refuge. Nous avons apprécié l’aspect accueillant et chaleureux du bâtiment, imaginant tout le travail accompli en rénovation. Nous avons imaginé l’ambiance en saison quand les groupes arrivent et racontent leurs sorties en moyenne ou haute-montagne (le Cerro San Bernardo est à 4150m d’altitude).

    Il va falloir que nous programmions un séjour bis en haute-saison !


    Rando à 3000 m

    Illustration Rando à 3000

    Il fait bien frais ce matin. La température avoisinait zéro degré juste après le lever du soleil. Alors nous nous équipons chaudement car Sandra et Gonzalo nous proposent une randonnée dans le massif juste au-dessus du refuge. C’est d’ailleurs là que vont en premier les randonneurs de l’été à y être hébergés. Certains s’arrêtent là, d’autres poursuivent vers la haute montagne, avec des sommets à plus de 4000m à quelques heures de marche. Paradoxe de l’altitude, il nous faut ne pas oublier d’appliquer notre crème solaire. Même sans réflexion sur la neige, les UV augmentent de 11% tous les 1000m. Nous voilà partis à monter lentement mais sûrement sur le sentier qui part presque du refuge. Nous ne serons pas trop gênés par la neige, réduite cette année au fond des torrents et inhabituellement absente des pâturages cette année. On imagine bien la raison. Elle est tout de même bien présente en arrière-plan sur les sommets de la précordillère des Andes, comme ce Cerro San Bernardo à 4250m d’altitude à qui le nom du refuge fait référence. La vue est grandiose, aussi bien sur ces cimes que sur la vallée en contrebas. Arrivés dans une sorte de plaine perchée à 3300 m, nous trouvons quelques rochers plats pour nous reposer et prendre un petit remontant. Ce sera chocolat pour Claudie et moi, plus quelques sucreries argentines que nous offre Sandra, tandis qu’elle-même et Gonzalo vont savourer un maté. Je dois avouer que nous n’avons pas encore adopté la coutume. Qu’en ferions-nous après avoir quitté l’Amérique du Sud ? Pendant notre pause, des caracaras vont venir à notre rencontre. Ce sont des falconidés assez communs dans ces hautes plaine, et ils n’ont pas l’air trop farouches, venant juste quémander quelques miettes. Nous redescendons tranquillement par le même sentier et retournons nous mettre au chaud dans le refuge. Une belle balade, oui. Merci à nos hôtes !


    Le canyon de l’Atuel

    Nous au Cañon de l'Atuel
    Nous au Cañon de l’Atuel

    C’est encore Sandra et Gonzalo, alors que nous avions rejoint Mendoza, qui tiennent à nous faire découvrir le Cañon de l’Atuel, qui serait l’équivalent argentin du Grand Canyon de l’Ouest américain. La comparaison est difficile car nous avons vu le second par beau temps, chaleur écrasante et Colorado bien rempli, des conditions presque opposées à celles présentes aujourd’hui. N’empêche que cette vallée dans laquelle on circule entre de hautes falaises dont la couleur et les formes changent pratiquement tous les kilomètres nous a vraiment donné envie d’y revenir en période favorable. Les lacs à l’arrivée nous ont aussi rappelé les bouches de Kotor au Monténégro, les bateaux de croisière en moins. C’est véritablement un endroit extraordinaire, peu connu et donc peu fréquenté dans la partie la plus éloignée de Mendoza, qu’il faut absolument visiter lorsque l’on passe dans la région, surtout si le soleil est au rendez-vous. À noter que le parcours se fait sur un chemin de terre assez étroit par endroits, que des crues viennent parfois obstruer. Mieux vaut se renseigner à l’une ou l’autre des extrémités avant de se lancer dans la traversée du cañon.


    L’abus d’alcool etc.

    Mobilier urbain vinicole
    Mobilier urbain vinicole

    Les parents de Xenia, l’amie de Julian, tenant une entreprise vinicole (bodega) pas trop à l’écart de notre parcours, nous décidons d’aller la visiter. La Finca Ivonne, du prénom de l’épouse de son créateur, a démarré son activité en 1998 et fait partie d’une propriété familiale plus grande fondée elle en 1974. Cela reste une toute petite entreprise qui conçoit son vin de la plantation des vignes jusqu’à la commercialisation des bouteilles, ce qui permet d’avoir le contrôle sur toutes les étapes. Et notamment de miser sur l’agriculture durable, l’absence de pesticides ou d’additifs, laissant au maximum le vin travailler par lui-même. Tout cela nous est décrit par Luciano Martinez, l’œnologue familial, qui parle avec passion des ses produits. Les vins produits sont 3 rouges, issus des cépages malbec, cabernet-sauvignon et tempranillo, un blanc moelleux et un étonnant (pour nous en tout cas) vin orange. Ce dernier est élaboré en laissant fermenter un jus de raisin blanc avec la peau d’un raisin rouge. Cela donne effectivement une couleur orangée, tandis que la saveur est intermédiaire entre celles du blanc et du rosé. En tout cas bravo à l’entreprise pour sa philosophie bio et son caractère familial. Quant aux vins, nous n’avons pas encore goûté toute la sélection, mais nos premiers essais sont très satisfaisants : les vins argentins tiennent tout à fait la route face aux vins français. Enfin une façon de parler parce que la tolérance sur la route en Argentine, c’est zéro alcool.

    Rien à voir avec la Finca Ivonne, et heureusement d’ailleurs, je me suis permis de rajouter là quelques trouvailles de supermarchés concernant les boissons. Appréciez et consommez avec modération !


    Bivouac insolite

    En fait un autre bivouac insolite, du côté de St Raphael
    En fait un autre bivouac insolite, du côté de St Raphael

    Sur la route vers notre destination suivante, nous nous arrêtons en fin d’après-midi un peu à l’écart de la nationale, sur un chemin de terre près d’une entreprise de briquèterie. Un peu cachés de la route par des arbres, nous pensons être tranquilles la nuit venue. Mais un homme qui circule à vélo sur le chemin s’approche de Roberto et nous fait signe qu’il veut nous parler. Il nous dit que nous ne sommes pas en sécurité ici et que nous ferions mieux d’aller nous garer devant un bâtiment qu’il nous montre à 100 m de là. Voyant notre hésitation – davantage due à une incrédulité sur la réalité du danger qu’à une mauvaise compréhension des propos de notre cycliste – il nous propose de nous y conduire. Nous rangeons rapidement nos affaires et remettons le moteur en route. L’homme nous fait entrer en fait à l’intérieur de l’enceinte d’un grand bâtiment blanc affichant de belles colonnes devant sa porte d’entrée. Il rejoint un second, le gardien en fait, qui nous fait garer le plus près possible de l’entrée. C’est tout juste si nous ne débordons pas sur le sol en marbre. Nous discutons un peu avec nos hôtes. Nous apprenons que le bâtiment est une salle de réception assez chic. Le gardien s’empresse d’ailleurs de nous la faire visiter… Nous essayons d’aborder le thème de l’insécurité. L’homme au vélo nous montre la photo d’un camping-car d’un de ses amis, qui n’a pas l’air d’avoir été agressé du tout. On comprend qu’il aime les voyageurs nomades et qu’il souhaite nous rendre service. Peut-être que son copain le gardien s’ennuie aussi dans son grand bâtiment vide. La prochaine réception est pour dans seulement une dizaine de jours. Très gentils, ils nous proposent de nous brancher à l’électricité ou à l’eau, d’utiliser leurs toilettes… nous répondons sur le même ton que nous avons tout ce qu’il nous faut. Quel accueil ces Argentins ! Nous dormirons en tout cas à poings fermés, dans l’enceinte fermée du bâtiment et gardée toute la nuit par un agent de sécurité.


    Encore des salines !

    Salinas del Bebedero
    Salinas del Bebedero

    Nous arrivons vers la ville de San Luis, dans une grande région aride. A 42 km de là survit tout de même un petit lac salé dont l’étendue va et vient avec la pluviosité ou la fonte des glaciers. Lorsqu’il se retire, il laisse 6500 ha de sel de cuisine que les visiteurs peuvent ramasser à loisir, c’est gratuit. Il est tout de même préférable que l’extraction soit mécanisée, ce qui est le cas depuis 1900. Habituellement, le sel nouvellement déposé au fond de l’eau après évaporation et cristallisation est ramassé par des engins adaptés puis rassemblé en « montagnes de sel ». L’intérêt est que les précipitations suivantes vont laver le sel des impuretés et minéraux indésirables. Cela prend environ 1 an. Aux Salinas del Bebedero, c’est une usine moderne qui fait ce travail dans un processus plus sûr et plus rapide. L’usine est la plus grande de toute l’Argentine. Selon Wikipédia, le propriétaire des salines s’appelle Franco Selle. Ça ne s’invente pas !


    La Carolina

    Roberto garé sous le labyrinthe de pierre de La Carolina
    Roberto garé sous le labyrinthe de pierre de La Carolina

    Nommé ainsi, selon Wikipédia, « en l’honneur de Charles III d’Espagne » (y aurait-il un doute sur son orientation sexuelle ?), le village argentin de La Carolina est comme beaucoup d’autres un pur produit de la fièvre de l’or. Le filon a été épuisé en une cinquantaine d’années, vers le milieu du XIXe siècle. Mais un autre filon a suivi, celui de l’exploitation touristique de l’endroit. L’un des accès à la mine d’or, fermé lorsque nous sommes passés, a été sécurisé pour permettre la visite au public, qui se fait néanmoins avec casque et bottes. Il y a possibilité aussi d’orpailler dans le ruisseau qui traverse le village, sans grand espoir de trouver la pépite du siècle. Le village lui aussi a été réaménagé. On a remis des pierres sur les maisons qui n’en avaient pas pour rendre l’aspect plus harmonieux. On a saupoudré la rue qui traverse la ville de diverses attractions : bars, restaurants, glaciers, expositions-ventes de cristaux, labyrinthe en pierre et même un musée de la poésie. Tous les efforts esthétiques sont appréciables, mais nous n’avons rien trouvé de transcendant sinon une surface herbeuse au pied d’une montagne à l’écart de la ville pour passer la nuit en toute tranquillité. Enfin une fois que ce couple avec enfants, venu se garer juste à côté de nous alors qu’il y avait plein de place, ait terminé son pique-nique du soir bien après le coucher du soleil.


    La maison de la pierre peinte

    Le parking de la Maison de la pierre peinte
    Le parking de la Maison de la pierre peinte

    C’est un endroit un peu mystérieux, accessible sur la carte par un petit chemin en pointillés à peine visibles, et qui recèlerait des peintures rupestres. Aucune indication à l’embranchement du chemin avec la route, mais le GPS a l’air sûr de lui. A ce stade, nous ne sommes pas étonnés de trouver un chemin de terre, par endroits limité aux deux passages de roues, alors nous ne sommes pas étonnés davantage lorsque nous arrivons sur un terrain herbeux où broutent une cinquantaine de vaches. Nous garons Roberto au milieu de tout ça. Nous ne sommes que trois (Roberto et nous) à ne pas meugler, c’est dire l’ambiance ! Le site proprement dit se situe à mi-hauteur d’une falaise surplombante. Nous empruntons le petit escalier qui grimpe raide sur les rochers en faisant bien attention où nous mettons les mains (le câble qui fait office de main courante manque par endroits) et les pieds (des marches sont cassées, voire manquantes). La maison n’est autre que ce surplomb rocheux qui permettait aux autochtones présents 9000 à 5000 ans avant notre ère de s’abriter et de cuisiner. On retrouve d’ailleurs des mortiers au niveau du sol. Et la fameuse pierre peinte, ce sont des pétroglyphes de couleur rouge représentant des formes géométriques, une sorte de biche et peut-être un poisson. Malheureusement, la majorité ont été vandalisés, les visiteurs étant ce qu’ils sont, et la région ou le pays n’ayant pas les moyens de faire surveiller le site jour et nuit. Il est surprenant en effet que l’accès soit totalement libre pour des pétroglyphes de cette valeur.


    La vallée du gentil condor

    Un condor essaie d'impressionner Roberto à l'entrée du parc
    Un condor essaie d’impressionner Roberto à l’entrée du parc

    Qu’on se le dise, malgré son envergure imposante pouvant aller jusqu’à 3m, le condor des Andes est plus facile à voir qu’à photographier, surtout au smartphone. Car il vole généralement très haut, cherchant régulièrement les courants ascendants qui leur permettent de planer sans battre des ailes, soit 99% de leur temps de vol. Même à grande hauteur, les grandes ailes rectangulaires comme munies de petits doigts au bout sont assez caractéristiques, et l’on arrive volontiers à distinguer le petit col blanc qui tranche sur le noir du reste des plumes. Alors, quand nous sommes arrivés dans ce parc dédié aux condors, la Quebrada del condorito, et qu’on nous a donné le choix entre une balade de 4h aller-retour où nous aurions une petite chance d’en apercevoir en altitude, et une de 30 mn appelée parcours de découverte, nous avons opté pour la solution la moins courageuse mais peut-être la plus réaliste. Le seul condor que nous verrons, est celui qui, au bord de l’autoroute, annonce l’entrée du parc en déployant ses grandes ailes métalliques. Mais sinon on les aime bien ces condors, si typiques de la culture andine et si idolâtrés par les Incas. Charognards mais pas prédateurs, ils sont les grands nettoyeurs des pampas. En remerciement, les humains détruisent peu à peu leur milieu naturel et l’espèce est en danger. Le plus grand oiseau volant du monde en péril à cause du plus grand voleur du monde.


    Córdoba

    Séance de maté devant le palais de justice Córdoba
    Séance de maté devant le palais de justice Córdoba

    Nous sommes ici dans la seconde ville la plus peuplée du pays, après Buenos Aires bien sûr. Córdoba compte 1,4 millions d’habitants, ce qui la situerait entre Bordeaux et Toulouse si l’on veut comparer. Naturellement très étendue, la ville est parsemée de grands espaces verts, à l’image de ce Parc Sarmiento où nous sommes venus nous garer. Tranquille le jour, les habitants venant principalement s’installer sur les pelouses pour y discuter autour d’un maté, quelle que soit la température (il faisait entre 10 et 15°C…), le parc s’est révélé malheureusement bruyant en première moitié de nuit, entre les passages de motos sans échappement, les séances de rodéo urbain et les discussions à voix haute des passants. Nous avons été à 2 doigts de bouger, mais c’est toujours un peu difficile de se relever du lit et de reprendre le volant, alors nous nous sommes contentés des bouchons d’oreilles. La visite du parc le lendemain, alors que tout calme était revenu, s’est révélée agréable, avec découvertes de quelques éléments symboliques de la ville comme ce Phare du Bicentenaire (de l’indépendance) ou cette étonnante Roue Eiffel dont l’immobilité est à l’égal de l’incertitude quant à son réel auteur, même si les Cordobeses – qui ne sont pas si gros – sont persuadés d’avoir une œuvre made by France.


    La visite se poursuit sur le thème des animaux domestiques, particulièrement choyés en Argentine, de la couleur souvent exprimée en architecture, puis par une exposition découverte par hasard sur notre chemin, où les animaux tentent de ressembler à des humains, à moins que ce ne soit l’inverse…



    Nous terminons notre visite par le cœur colonial de la ville, pas trop mal conservé, avec des édifices religieux et publics intéressants parsemés sur des rues souvent quelconques, hélas.



    La guerre prégnante

    Boulevard Héros des Malouines

    A plusieurs reprises, nous entrevoyons au bord de la route des panneaux « Port Stanley, 2500 km », « Port Stanley, 1975 km », etc. Mais où est donc ce Port Stanley ? Eh bien tout simplement aux Iles Malouines (Falkland pour le Royaume-Uni qui les occupe). L’Argentine est loin d’avoir digéré sa défaite lors de la guerre de 1982, qu’elle avait déclenchée en envahissant ces îles occupées par le Royaume Uni. Après 10 semaines de conflit, l’armée britannique évidemment plus puissante avait repris le contrôle des lieux tout en mettant les moyens pour repousser toute autre tentative : 2000 militaires sont là en permanence pour 2800 civils. L’Argentine revendiquait pourtant ce territoire, plus proche de ses côtes que de n’importe quel autre pays, pensant que l’attribution serait automatique lors de l’acquisition de son indépendance des colons espagnols vers 1811. Mais les Anglais qui avaient occupé les Malouines auparavant n’étaient pas d’accord, contrairement aux Français qui après 4 ans de présence acceptèrent de s’en séparer. A noter que ce sont nos compatriotes originaires de St Malo qui ont donné leur nom aux îles ! Quoi qu’il en soit, les Argentins revendiquent toujours activement en 2025 ce bout de territoire, que ce soit dans les rues du pays ou en actions diplomatiques.


    Miramar de Ansenuza

    Nous sommes au bord du plus grand lac d’Argentine, le Lago Mar Chiquita (la Petite Mer), qui est aussi l’un des plus grands lacs salés endoréiques du monde. C’est à dire ne se remplissant que par la pluviosité ou par des sources profondes, mais ne produisant pas d’eau par lui même. L’endroit où nous sommes, très asséché, aurait tendance à faire croire à un déclin proche de celui de la Mer Morte. Mais il n’en est rien : le niveau ne cesse de monter et de descendre depuis des siècles, avec un cycle d’environ 50 ans. Le niveau actuel est stable depuis 1980. Il a été jusqu’à 3 fois plus bas dans le passé ! La côte Sud du lac est la plus touristique, notamment la ville balnéaire de Miramar de Ansenuza, où l’on vient pour admirer entre autres les colonies de flamants roses, se faire peur dans un hôtel au passé troublant, ou encore déguster de curieuses spécialités culinaires…

    a) marche sur les eaux


    b) l’hôtel de tous les mystères

    Le Gran Hotel Viena de Miramar (province de Cordoba)
    Le Gran Hotel Viena de Miramar (province de Cordoba)

    c) tout à l’escabèche


    Le cimetière de Devoto

    C’est toujours notre roue de secours pour les bivouacs des week-ends, lorsqu’il nous faut éviter les centres-villes, les stades et les églises. Les cimetières affichent toujours un calme rarement démenti, sauf évidemment lors d’évènements comme les grandes fêtes religieuses. Nous voici donc sur le parking de celui de la ville de Devoto, avec asphalte et emplacements délimités s’il vous plaît, ç’est moins fréquent en Amérique du Sud que ça en a l’air. J’en ai profité pour rendre visite à nos voisins et observer un peu les rites funéraires argentins. Contrairement aux habitudes européennes, les défunts étaient ici rarement enterrés, mais plutôt placés dans des cases de béton numérotées, ce qui ne les change peut-être pas trop de leur vivant. Les plus riches se font construire de jolis édifices autour avec statues, petits anges et autres fioritures. Cela dit, les habitudes changent, la sévérité de la crise économique et l’évolution des mœurs conduisant à une très forte progression du taux de crémation. On est arrivés proche des 90% ici alors qu’en France ce serait plutôt dans les 50%. La crémation coûte ici dans les 400 €, ce qui n’est pas si loin du revenu moyen (485 €). Pour ceux qui restent, si j’ose dire, on va économiser sur l’entretien, et certains caveaux ou même chapelles – la crise frappe à toutes les portes – tombant en décrépitude. J’ai tout de même trouvé un caveau fleuri avec des oiseaux de paradis fraîchement coupés. Quel luxe !


    Visite éclair à Santa Fé

    Certes c’était un dimanche, et le repos dominical est particulièrement bien respecté ici, mais nous ne nous attendions pas à voir si peu de monde dans une ville de cette importance. Surtout, les quelques bâtiments à valeur historico-culturelle du centre, comme ce Couvent San Francisco à l’intérieur parait-il magnifique, étaient également fermés à la visite, ce qui n’est pas forcément blâmable un tel jour, encore faudrait-il que Google Maps donne les informations correctes. Nous avons transformé notre exploration urbaine en promenade autour d’un cours d’eau sans grand charme, mais bordé de pas mal d’arbres différents qui m’auront inspiré pour écrire le paragraphe suivant.

    a) désillusion en centre-ville


    b) arbres d’hiver … divers

    Les saisons étant inversées dans l’hémisphère Sud, nous sommes en plein hiver pendant que l’Europe subit son été le plus chaud jamais enregistré. Cela dit, étant à des latitudes équivalentes à celles de Casablanca ou Tunis dans l’hémisphère Nord, toute végétation n’a pas disparu. Nous côtoyons aussi bien des arbres ayant perdu toutes leurs feuilles que d’autres encore bien garnis voire couverts de fleurs ou de fruits. Avec bien sûr des espèces que nous n’avons pas l’habitude de voir en France.


    Nous sommes suivis !

    C’est l’histoire d’un chien qui nous a emboîté le pas un bon moment pendant notre visite de San Antonio de Areco. L’occasion de rappeler que, si les animaux errants sont nombreux en Argentine, ils sont rarement agressifs grâce à une population bienveillante qui leur laisse régulièrement de quoi se nourrir et se restaurer dans la rue.


    Je ne suis pas un animal de compagnie

    Hasard ou pas, le jour où j’ai vu ce capybara en tricot – une tradition sud-américaine – j’ai reçu sur Instagram des nouvelles d’un groupe de ces rongeurs placides recueillis dans un refuge que nous avions visité au Costa-Rica après avoir échappé à un trafic d’animaux entre ce pays et le Panama. Si sympathiques qu’ils paraissent, les capybaras sont totalement incompatibles avec une vie d’animaux domestiques. Il était bon de le rappeler.


    Le déluge

    Nous sommes dans une grande traversée vers l’Est pour rejoindre une réserve naturelle renommée toute proche de la frontière Uruguayenne. En milieu d’après-midi, nous décidons de stopper dans un « balneario », une sorte d’aire aménagée au bord d’une petite rivière, dont les Argentins semblent assez friands, même si la qualité de l’eau n’est pas toujours au rendez-vous. Nous sommes hors saison, le terrain est déserté mais les installations sanitaires ou de pique-nique restent accessibles. Et gratuites si l’on n’y reste pas plus de 24 heures. Le gardien vient d’ailleurs nous accueillir. Nous lui confirmons que nous ne ferons que passer la nuit. Un camping-car argentin arrive un peu plus tard et s’installe près des sanitaires, pour avoir l’eau et l’électricité sans doute. « Un peu » de pluie étant annoncée pour la nuit, nous nous stationnons pour notre part au centre d’une petite clairière au sol ferme et en évitant la proximité avec les arbres. Effectivement en fin de nuit, ça crépite un peu sur le toit de Roberto, mais pas de quoi handicaper notre sommeil. Au moment de commencer le petit-déjeuner, nous nous félicitons de notre choix, car les arbres autour de nous ont les pieds dans l’eau, tandis que les roues de Roberto restent au sec. Enfin façon de parler. Mais moins d’une heure plus tard, l’eau a monté et s’est bien approchée de nous. Nous décidons d’accélérer notre départ, constatant d’ailleurs que nos voisins camping-caristes ont levé le camp bien avant nous. Nous avançons prudemment sur le sol de la clairière qui accroche bien, avant de nous engager sur l’allée principale du balneario, couverte de quelques centimètres d’eau qui n’handicapent pas notre progression, la surface bien qu’en terre étant bien tassée. Mais à la sortie du campement, qui se fait par un petit pont, la route en terre de 3 km qui rejoint la ville, parfaitement sèche et carrossable la veille, s’est transformée en torrent. Il ne semble pas très raisonnable de s’y aventurer. Nous apercevons au loin un tracteur sur la route qui vient dans notre direction. Nous décidons d’attendre qu’il s’approche de nous pour évaluer mieux l’état de la route. Qui se confirme catastrophique. Le tracteur nous fait des signes pour que nous reculions. Nous pensons qu’il souhaite que nous lui laissions la place pour traverser le pont, mais sous une pluie battante, le chauffeur et deux autres hommes viennent vers nous. Après une courte discussion, nous découvrons avec stupéfaction qu’ils sont venus à notre secours ! C’est sans doute le gardien d’hier qui a donné l’alerte. Ils accrochent des sangles au crochet de traction de Roberto et nous voilà partis sur le chemin boueux, remorqué par le tracteur. La rapidité de la prise en charge et le caractère sympathique voire hilare de nos sauveteurs font que nous n’avons pas eu le temps de nous sentir en danger. Épatants ces Argentins ! Un quart d’heure et des tonnes de boue soulevées plus tard, nous sommes déposés au début de la route goudronnée. Nous avons aperçu sur une route transversale le camping-car de la veille fortement penché sur un bas-côté. Les hommes du tracteur nous annoncent qu’ils vont aller le sortir de ce mauvais pas également. Merci en tout cas à la ville de Villaguay pour avoir été aussi proactifs. Nous ne sommes peut-être pas les premiers à qui ça arrive !


    Après la pluie le beau temps

    Après avoir roulé toute une journée sous la pluie au milieu de champs inondés, puis passé la nuit sous la pluie sur un parking en centre-ville d’une localité sans grand intérêt, nous repartons sous un soleil radieux qui pourrait nous faire oublier les récents désagréments. Mais la réalité nous rattrape vite : dès l’entrée de la ville de San Antonio de Areco, la route que nous devions emprunter pour accéder à notre lieu de stationnement est recouverte d’eau. Et tout le parc qui borde la rivière Areco. Nous devons trouver une alternative, mais heureusement, le reste de la ville est accessible normalement.


    San Antonio de Areco

    A un peu plus d’une centaine de kilomètres de Buenos Aires, San Antonio de Areco serait le sanctuaire de la culture gaucho. Nous n’en avons pas trouvé trace dans les rues et le musée dédié au phénomène Gaucho était inaccessible pour cause de débordement de la rivière Areco. Mais la ville a d’autres atouts, comme d’avoir un centre historique où l’architecture coloniale espagnole est bien conservée, un artisanat de l’argent en vogue et un peu d’art dans la rue. J’y ai ajouté un lien artificiel avec une viennoiserie qui divise la France, regardez bien le carrousel de photos jusqu’au bout !


    Quiz avec un E

    Sans lien avec une quelconque série télévisée, voici un petit quiz inspiré par un panneau urbain inconnu chez nous


    Le coup de la panne

    A l’approche de Buenos Aires, nous faisons une dernière halte à Luján, une ville devenue au fil des siècles le plus haut lieu argentin du catholicisme. Plus d’un million de pèlerins s’y donnent rendez-vous chaque année au début du mois d’octobre, effectuant pour beaucoup le trajet à pied depuis la capitale, une soixantaine de kilomètres. Rien d’unique dans le monde, mais tout de même, l’histoire est croustillante. Tout débuta en 1630, avant la création de la ville, lorsqu’un convoi transportant des statues religieuses s’arrêta pour une pause près de la rivière Luján. Et fut incapable d’en repartir le lendemain matin, ce qui fut attribué à la volonté de l’une des statues, une effigie en terre cuite de la vierge Marie. Ce que femme veut… Dieu le veut : une ville fut érigée là, puis une église, puis une cathédrale lorsque Notre-Dame de Luján fut déclarée en 1930 sainte-patronne de l’Argentine. Tout ça pour une panne de chariot. On retient tout de même que la cathédrale a été bâtie par un Français, avec du marbre de Carrare, des portes en bronze, des flèches en cuivre. Une bâtisse imposante qui domine la région de ses 106m de hauteur.


    Fantaisie policio-royale


    L’étape était longue, nous allons faire une petite pause d’un mois en France pour revoir la famille et les amis. Voilà pourquoi nous nous sommes rapprochés de Buenos Aires. Nous avons trouvé par nos réseaux un particulier qui hébergera Roberto dans sa ferme, située à un quart d’heure de l’aéroport, et qui nous y conduira. Alors à bientôt, dans deux mois peut-être, pour la reprise du voyage. Et encore merci de nous suivre.