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  • 173. De Cuzco à Nazca

    173. De Cuzco à Nazca

    Notre parcours en zigzags (le luxe d’avoir le temps de voyager) nous amène d’abord à Cuzco, le nombril du monde Inca, puis Nazca et ses célèbres géoglyphes que nous espérons pouvoir survoler en avion. Y parviendrons-nous ?

    Parcours de Cuzco à Nazca
    Parcours correspondant à cet article, en version zoomable ici

    Les 3 ponts (ou l’étroit pont) de Checacupe

    Un air de déjà vu ? En effet, un article et 10 km en amont, nous avions observé un ensemble de 3 ponts datant de 3 époques radicalement différentes, et notamment un frêle pont inca que, je vous rassure, nous n’avons pas tenté de franchir. À peine quelques tours de roues plus loin, c’est un nouvel ensemble de 3 ponts qui retient notre attention. Le pont inca cette fois semble de bonne facture et nous n’hésitons pas à le franchir. Paradoxalement, c’est le pont moderne, comme perché sur un frêle échafaudage, qui parait le plus fragile. Cette fois, c’est Roberto que nous n’y engagerons pas, même si le GPS nous incitait à le franchir. La ville est par ailleurs très mignonne, assez typée amérindienne si l’on en juge par la façade de l’église et ses croix incas, par les décorations plumaires sur les maisons et par le condor qui domine la ville telle un Christ rédempteur. Et si l’on n’était pas convaincu, un parc thématique achève la démonstration (voir ci-dessous)


    Un pneu, de tout…

    Non loin de là, dans le même village, se trouve une attraction inhabituelle : un petit parc thématique représentant personnages et animaux de la cosmologie andine, réalisés principalement avec 30 tonnes de pneus usagés et quelques autres matériaux, tous récupérés sur la route Panaméricaine entre la ville voisine et ici. Ce sont des artistes de Cusco qui ont œuvré, à l’initiative de la municipalité. Parmi ces « statues », on distingue la trilogie inca (condor, puma et serpent), d’autres animaux sacrés tels le lion, le jaguar et le lama, les apus – montagnes transformées en dieux – tutélaires de la ville, et quelques autres personnages tirés de légendes locales, comme ce coq mocco.


    Insolites


    Cuzco, le nombril du monde Inca

    Cuzco, est l’une des villes les plus emblématiques du Pérou. Perchée à 3 400 mètres d’altitude dans l’Altiplano andin, elle fut la capitale de l’Empire inca. Et même si ça n’a duré que trois siècles, les traces sont encore bien perceptibles aujourd’hui. En grande partie parce que les Incas savaient construire solide. Même si les Espagnols lorsqu’ils ont conquis la ville au XVIe siècle ont bâti leurs monuments sur les fondations des édifices incas tout en récupérant les pierres d’autres bâtiments, ils n’ont eu de cesse de reconstruire leur propre partie, régulièrement affectée par les tremblements de terre. Tandis que la base inca souvent était la seule chose qui tenait encore debout. On retrouve un peu partout en partie basse ces murs incas, dont les pierres s’assemblent si intimement les unes aux autres que l’on ne peut glisser une feuille de papier entre elles. La plus emblématique d’entre elle possède pas moins de 12 angles. Quel savoir-faire ! Il reste que les nombreux monuments coloniaux de la ville, même reconstruits, sont agréables à regarder et visiter. En 1983, Cuzco a été classée au patrimoine mondial de l’UNESCO.


    Manger une paire de cuy…

    La grande spécialité culinaire du Pérou, que l’on rencontre forcément dans une ville truffée de restaurants comme Cusco, c’est le cochon d’Inde, appelé ici cuy. Qui se prononce bien comme vous pensez. Lors de notre séjour précédent il y a 24 ans, avec nos enfants, possédant un cochon d’Inde à la maison, nous avions d’emblée écarté l’idée de déguster la chose. Mais avec le temps, sans enfant avec nous, il ‘était plus question de passer à côté de cette expérience gustative. Nous avons jeté notre dévolu sur le restaurant Mr Cuy (prononcer misteure couille) en plein centre-ville, spécialisé dans la cuisine de ces rongeurs. Bah finalement, passée la surprise de l’arrivée du plat, nous n’avons pas trouvé ça extraordinaire. Une chair rosée peu abondante et difficile à détacher, un gout entre le poulet et le lapin. Pas de quoi se pâmer comme un péruvien. L’accompagnement était très andin avec maïs blanc, pommes de terres, fèves, risotto de quinoa. Ne buvant pas d’alcool à cette altitude (ça favorise le mal des montagnes), nous avons opté pour la chicha morada, boisson andine associant maïs violet, ananas, pommes, cannelle, clous de girofle et citron vert. Plutôt bon quand ça n’est pas trop sucré.


    Le quartier de San Blas

    On vous emmène faire un petit tour dans ce quartier pittoresque perché sur les hauteurs de Cusco. Du temps des Incas, c’est là qu’étaient logés les artisans de haut niveau. Les Espagnols ont maintenu la tradition, détruisant juste le temple inca local pour le remplacer par une église appelée San Blas qui donne son nom au quartier. Si l’on excepte l’ascension difficile de ces étroites ruelles – à 3 400 m d’altitude il faut souvent reprendre son souffle – la promenade est pleine de charme. Artisanat de qualité partout, décoration des rues soignée, aspect moyenâgeux lié aux pavés et caniveaux centraux : une vie de bohème. Le plus dur est de devoir ralentir le pas pour redescendre !


    1 arche, 3 croix, 3 cènes et 21 crèches

    C’est un petit moment de détente qui nous attend au Musée d’Art Populaire de Cuzco. Ce petit musée est dédié à la présentation des œuvres d’artisans locaux, aussi bien traditionnelles que contemporaines, avec des sculptures, des céramiques, des travaux sur métal, des retables et bien d’autres créations artisanales. Ce musée est géré par l’Institut Américain d’Art de Cuzco, une institution active depuis 1937, et il participe chaque année à l’organisation d’une foire qui se tient le 24 décembre de chaque année et qui fait un peu office de concours, notamment sur le thème de la Nativité. Pas étonnant donc d’y trouver de nombreuses crèches avec de multiples déclinaisons en matériaux, ethnies, humour.


    Sacsayhuamán

    Sacsayhuamán est l’un des sites archéologiques les plus impressionnants et mystérieux de la civilisation inca, situé à quelques kilomètres au nord du centre historique de Cuzco, au Pérou. Perchée à plus de 3 700 mètres d’altitude, cette forteresse domine la ville et offre une vue panoramique sur la vallée de Cuzco. Elle a été construite au XVe siècle, principalement sous le règne de l’empereur Pachacútec, qui a redessiné la ville de Cuzco en forme de puma, Sacsayhuamán représentant la tête de l’animal, symbole de puissance dans la culture inca. Le site servait à la fois de forteresse militaire, de lieu de culte dédié au dieu Soleil (Inti), et de scène pour des cérémonies religieuses et des rassemblements publics. On retrouve dans son architecture les fantastiques murs incas, avec ces pierres parfois énormes et pourtant intimement assemblées. Sur un côté, 3 murs forment des zigzags parallèles. Une astuce défensive pour les uns, les dents du fameux puma pour les autres. En face de la forteresse aux formes anguleuses, une colline couverte de nappes ondulées et striées tranche. On dirait de grands toboggans, et le plus curieux c’est que c’est bien l’usage qui a été fait des ces coulées de boues solidifiées. Des enfants Incas aux touristes adulescents, des milliers de postérieurs ont dévalé ces pentes depuis au moins 7 siècles. La roche étant humide, nous n’avons pas tenté l’expérience, mais j’avoue que l’idée m’a effleuré.


    Le coup du bébé alpaga

    Dans les zones les plus touristiques de Cuzco, la scène est commune : une femme en habits traditionnels Quechua (très colorés et avec cette sorte de grande galette sur la tête) portant un adorable bébé alpaga dans les bras vous propose de faire, moyennant quelques soles, la photo du siècle : vous avec cette peluche vivante dans les bras à côté d’une autochtone, faisant croire à votre entourage que vous venez de participer à « Rendez-vous en terre inconnue ». Certes, l’aspect pécuniaire est évident et peut donner des états d’âme (que nous avons eus). Et l’intérêt du bébé alpaga n’est pas évident. D’un autre côté, c’est peut-être la seule rémunération de ces femmes, et c’est aussi une façon d’affirmer leur identité. Alors pourquoi pas…


    Avant l’indigestion

    Le site de Pisac, à une heure de Cuzco
    Le site de Pisac, à une heure de Cuzco

    Les ruines incas abondent dans la région de Cuzco qui était le fief de cette civilisation. Notamment le long de ce que l’on appelle la Vallée Sacrée des Incas. Un billet groupé permet d’en visiter plusieurs, pour le bonheur des passionnés de vieilles pierres et le malheur des autres s’ils accompagnent les premiers. Je ne parle pas pour nous sommes entre les deux : si l’on s’émerveille des premiers vestiges rencontrés, on sature vite. Alors, comme on ne vous parlera pas du Macchu Pichu que nous avons décidé de ne pas revisiter, nous nous permettons de mentionner le site de Pisac, à 1 heure de Cusco. Un peu différent des précédemment cités, il se distingue par ses terrasses agricoles en demi-cercle, ses temples éparpillés, ses tours de surveillance et ses habitations reconstituées. Les magnifiques terrasses bien vertes ne sont entretenues aujourd’hui que par les alpagas (déjà photogéniques par nature, mais dans un tel décor…) mais servaient autrefois à cultiver maïs, pommes de terre, quinoa et autres plantes. Le site est immense et parcouru de chemins de randonnées, depuis lesquels la vue est époustouflante. Quelques passerelles et tunnels très pentus peuvent même générer un peu d’adrénaline. Tandis qu’un vertigineux pan de mur inaccessible de l’autre côté d’un ravin, percé de centaines de tombes malheureusement pillées, peut susciter, lui, un brin d’émotion. Allez, c’est fini, on ne parle plus des ruines Incas.


    Pisac, le village


    Flore et faune

    Les trouvailles sont quotidiennes, avec toujours beaucoup d’espèces jamais rencontrées auparavant.


    Le monolithe de Saihuite

    C’est un gros caillou trouvé au sommet d’une colline du sud du Pérou. Comme brisé en deux et avec une tranche très irrégulière, à la manière d’un fossile. Alors quelle bestiole préhistorique se cache à l’intérieur ? En fait il ne faut pas hésiter à employer le pluriel, car ce sont plus de 200 figures animales et végétales qui seraient présentes là. Ça paraît évident sur le dessin des experts mais beaucoup moins quand nos yeux profanes regardent le caillou. Par contre, lesdits experts n’arrivent pas à s’accorder sur la fonction du caillou : maquette de test pour le circuit de l’eau d’une ville, représentation symbolique de l’univers ou encore support d’adoration religieuse ? Moi je dirais zoo miniature pour la petite sœur du sculpteur. Jusqu’à preuve du contraire, ma version se tient.


    Élections prochaines

    Le 12 avril prochain, ce sera au Pérou le premier tour des élections présidentielles, en parallèle avec les législatives. Le président sera élu pour 5 ans au suffrage universel à 2 tours, comme chez nous quoi. Avec au moins 3 différences notables. La première est que les affiches électorales ne sont pas placardées à droite et à gauche, mais peintes sur une multitude de murs et autres bâtiments. Dont une ruine en pleine campagne juste derrière notre emplacement de bivouac. Nous avons pris en flagrant délit l’équipe venue peindre ces vieux murs. Cela dit, ils étaient peut-être en règle. La seconde différence, c’est que 35 candidats sont en lice, dont seulement 3 femmes. Et la troisième, last but not least, c’est que 7 ex-présidents sont soit incarcérés soit en cours de poursuites pour corruption… Le président élu en 2021 a été destitué moins de 2 ans plus tard pour « incapacité morale ». Sa colistière qui avait pris le relais a connu le même sort fin 2025, ainsi que le président du parlement nommé par intérim peu de temps après. La fonction semble éminemment éphémère ! Manifestement, la population n’en peut plus et souhaite évidemment du changement. Mais les partis politiques les plus en avance dans les sondages sont proches des sortants. A part une révolution, on ne voit pas trop comment la situation peut évoluer. Nous avions vu qu’en Bolivie, outre l’interdiction de la vente et de la consommation d’alcool, toutes les routes et aéroports nationaux étaient fermés les jours d’élections. Il ne semble pas que cela soit aussi radical au Pérou, mais nous nous interrogeons sur l’opportunité de sortir du pays avant les élections.


    Pêche à la ligne

    Qu’est-ce que qui a bien pu passer par la tête de ce peuple Nazca lorsqu’il s’est mis à dessiner sur le sol des araignées ou des colibris de 50 m de long ou encore ce pélican de 285 m d’envergure alors que personne à l’époque (de -500 à +500 av./ap. J.-C.) n’avait la possibilité de voir ces œuvres dans leur globalité ? Distraire les dieux ? Distraire ou rebuter les extra-terrestres ? Personne n’a la réponse aujourd’hui et probablement personne ne l’aura demain. Les Nazca eux-mêmes ne soupçonnaient peut-être même pas que leurs petites rigoles creusées dans le sol seraient encore là 2000 ans plus tard, ni que des gaspilleurs d’énergies fossiles comme nous auraient la possibilité de voir leurs dessins depuis les airs en lieu et place des dieux ou des extra-terrestres espérés. En tout cas pour nous ça a été une chouette expérience. D’abord une revanche sur le fait de n’avoir pas pu les survoler lors de notre premier voyage, pour cause essentielle de budget insuffisant. Et puis le plaisir de découvrir tout ça depuis les airs, avec l’aide quasi indispensable du guide-copilote car on peut très vite manquer ces figures – malgré leur taille – si on ne regarde pas à l’endroit précis. Merci donc à l’équipage d’AeroMoche (oui ça fait bizarre, mais les Moche – prononcer motché – sont un autre peuple précolombien) de nous avoir fait découvrir ces étonnants géoglyphes et de nous avoir ramenés en vie, à défaut d’être en forme. En effet, l’alternance des rotations à angle élevé, une fois dans le sens horaire puis une fois dans le sens antihoraire autour de chacune des 21 figures afin que chacun puisse bien voir a chaviré l’estomac de 4 passagers sur 6. Dans la moyenne parait-il…

    Et ci-dessous une version en images statiques pour ceux qui auraient le mal de l’air ou du mal à charger la vidéo


    C’est avec Nazca que nous clôturons ce second parcours péruvien. Nous allons maintenant remonter le long de la côte en empruntant la route Panaméricaine. D’autres découvertes à suivre donc, ne nous abandonnez pas !

  • 104. Costa Rica quatrième décade

    Voici la dernière série de notre périple au Costa Rica. Des zones peu visitées du centre-est aux plages touristiques de la côte Caraïbe. Comme pour les épisodes précédents, c’est la nature qui revient en leitmotiv. Pas de problème, nous sommes loin de la saturation !

    Orosi ou le tourisme discret

    Il faut à la fois sortir de la route panaméricaine et s’engager dans une route secondaire en cul-de-sac pour parvenir à Orosi et sa vallée entourée de montagnes embrumées. Du coup les touristes s’y font rares. On trouve pourtant dans cette petite ville paisible de 10 000 habitants la plus ancienne église du pays, dénommée San José d’Orosi, construite en 1743 et ayant résisté à de nombreux tremblements de terre grâce à sa structure en bois et en adobe. Il en ressort un certain cachet, autant pour l’extérieur que pour l’intérieur, comme en témoignent les photos. La ville serait réputée pour ses plantations de café mais nous n’en avons curieusement vu aucune. Elle possède aussi plusieurs sources thermales, toutes privées. Nous sommes allés jeter un œil au Balneario de Aguas Termales, mais l’aménagement en piscines ordinaires ne nous a pas donné envie de nous y baigner. Les possibilités de stationnement sont réduites dans la vallée. Nous tentons le diable en nous garant pour la nuit en plein centre-ville, juste entre le stade de foot et l’église. Un samedi soir… Pas gagné d’avance !

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    Mural en centre-ville sur les productions locales principales : café et bananes
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    La vallée d’Orosi, vue du mirador, un parc gratuit aménagé pour le pique-nique et la détente
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    L’attraction d’Orosi : son église, la plus ancienne du pays
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    Intérieur en bois, sol en terre cuite, la classe ! Le lieu est très prisé pour les mariages
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    Orosi est aussi connue pour ses sources thermales. Mais en piscine classique avec musique, non merci !

    Un jardin botanique universitaire

    Le Jardin Botanique Lankester, près de Paraiso, est en effet un centre de recherches de l’Université du Costa Rica, ayant pour mission l’étude des orchidées et des plantes épiphytes dans un but de conservation de la biodiversité de la planète. Il publie d’ailleurs une revue de référence dans le domaine, appelée Lankesteriana (site en lien) et anime le réseau mondial d’informations sur les orchidées Epidendra (site en lien). Si les plantes épiphytes ont la part belle dans le jardin, elles n’occupent qu’une petite partie de ses 21 hectares. Nous allons nous émerveiller tour à tour devant les broméliacées, les zingibérales (héliconias, oiseaux de paradis, bananiers, arbres du voyageur et gingembre), les fougères arborescentes, les palmiers, les cactus, tous bien mis en valeurs et parfaitement entretenus. Le jardin japonais est loin d’être le plus beau qu’on ait vu, mais le jardinier du crû qui l’a créé est peut-être reparti au pays du soleil levant, distant d’à peine 13 300 km. On lui pardonnera.

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    L’entrée du jardin botanique, déjà gage de qualité
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    C’est aussi le paradis des broméliacées, plantes caractérisées par leur structure en rosettes
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    Des forêts de bambous encadrent le jardin japonais, un peu moins bien réussi que le reste
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    Bien entendu, on trouve des fleurs partout

    La cité abandonnée

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    De l’autre côté de la vallée, la ville d’Ujarras autrefois florissante n’est plus qu’un hameau. Elle a en effet été abandonnée pour cause d’inondations dévastatrices à répétition, déplacée dans un secteur plus sûr et renommée Paraiso. La vieille église est maintenue debout tant bien que mal et un petit parc a été aménagé autour pour qu’on lui rende encore visite. Si la nature est belle au Costa Rica, il y a parfois un prix à payer.

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    La maison du rêveur

    Au détour d’un virage près de la petite ville de Cachi apparait soudain une petite maison de bois paraissant délabrée. Mais en s’approchant de près, on remarque vite que ce n’est pas une maison ordinaire. Ses murs et ses fenêtres sont en bambou ou en bois de caféier partiellement ébranché. La façade et le côté exposé à la route sont ornés de multiples sculptures, représentant la vie rurale et des éléments religieux typiques à la culture du café. On y trouve même une représentation de la Cène de Léonard de VInci. Tout cela est l’œuvre du célèbre sculpteur costaricien Macedonio Quesada (1932-1994), relayé un temps par ses fils. Bien que Google annonce une ouverture quotidienne de 9h à 17h, les locaux sont manifestement fermés de longue date, l’atelier et l’exposition ne se visitent plus. Dommage, nous aurions bien rêvé un peu…

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    La Maison du Rêveur, à peine visible dans un virage
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    Une route spectaculaire

    Nous poursuivons notre exploration des régions montagneuses du pays, profitant de paysages verdoyants, entre forêts imposantes, plantations de caféiers et cultures en espalier qui épousent les reliefs irréguliers et permettent d’exploiter les sols très caillouteux. Nous traversons de petits villages aux maisons quelconques mais plutôt bien entretenues et généreusement fleuries. Question entretien, la route par contre laisse à désirer, comme souvent sur les routes secondaires. On peut passer d’un instant à l’autre d’une belle route toute neuve à un chemin de terre très orniéré, de deux larges voies à une étroite voie unique, notamment au passage des ponts. On trouve parfois de véritables marches, créées par l’effondrement du sous-sol instable ou encore des zones ondulées pour les mêmes raisons, prévenues ou pas par des panneaux explicites. Conduire ici demande beaucoup de vigilance, et nécessite d’accepter qu’à tout moment « ça ne passera pas » et qu’il faudra faire demi-tour. En contrepartie, le paysage est à la hauteur et la circulation (heureusement !) réduite.

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    Des routes plutôt jolies, entre plantations de café et maisons fleuries
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    Cultures en espalier : saurez-vous reconnaître ce qui pousse ici ? (réponse au bas du chapitre)

    Allez, on vous emmène faire un peu de route avec nous. Imaginez-vous au volant de Roberto…

    Un passage de pont un peu étroit… Il restait encore 3 ou 4 cm de chaque côté des rétroviseurs !

    Là, c’est une route « normale » qui finit, comme on dit, en eau de boudin…

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    Bon, nous sommes passés ! Roberto prend un repos mérité au milieu des champs, entre un hangar à vaches et un cimetière. Ça a été calme des deux côtés. Notez le carrelage sur les tombes, c’est courant ici.
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    P.S. Réponse à la question plus haut : des christophines


    Exit les Mayas, vive les Huetares !

    Voilà plusieurs semaines que nous n’entendons plus parler des Mayas, et c’est normal car ils ne sont jamais parvenus jusqu’au Costa Rica. Ici, les civilisations précolombiennes s’appellent les Chorotegas ou les Huetares, et le moins que l’on puisse dire est qu’ils n’étaient pas de grands bâtisseurs. Les seuls restes visibles sont à Guayabo, et nous sommes allés les voir. Point de pyramides ici, mais de grandes structures circulaires qui servaient de base aux maisons, un beau réseau d’aqueducs et des chaussées pavées. On apprend peu de choses sur place à propos des tribus qui vivaient là de -1000 à 1400 et l’on reste un peu sur sa faim. Heureusement, la forêt tropicale qui englobe le site, luxuriante, sonore à souhait et parcourue de toucans et de morphos bleus rattrape le coup.

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    Roberto garé juste devant le site archéologique
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    De véritables chaussées pavées entrent et sortent du village. Elles reliaient sans doute les villages voisins.
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    Lacrymal circus

    C’est exactement à cette chanson de Renan Luce que m’a fait penser cette visite du Sanctuaire des paresseux près de Cahuita, sur la côte caraïbe. Nous en avions un souvenir émouvant lors de notre première visite en 2009, découvrant ces paisibles mammifères pour la première fois avec nos enfants dans un lieu créé 37 ans auparavant par un couple de passionnés, avec pour but louable de soigner tous les animaux qu’on leur rapportait et d’en remettre un maximum dans la nature, au pire de les garder dans l’espace naturel protégé autour de leur établissement. La visite comportait alors un tour en canoë dans ce sanctuaire avec un guide naturaliste aussi prompt à donner des explications que doué à dénicher les paresseux perchés dans les arbres. S’en suivait un inoubliable passage à la pouponnière, où nous avions pu observer des bébés prendre leur repas, les plus jeunes au biberon et les autres en croquant des bâtonnets de légumes cuits. La visite se terminait par la rencontre avec Buttercup, la mascotte du lieu, l’un des premiers bébés sauvés par le couple fondateur, trônant dans son siège suspendu en osier quand elle n’était pas dans les bras de la patronne.

    Mais ça, c’était le passé.

    Ce matin de mai 2023, nous étions les seuls à visiter, ce qui pour un établissement supposé exceptionnel était déjà révélateur. Un guide à la voix monocorde nous a emmené voir une dizaine de paresseux enfermés dans des cages jusqu’à la fin de leurs jours, nous expliquant qu’étant donné leurs infirmités, ils ne survivraient pas longtemps dans la nature, même dans l’espace protégé. La visite s’est poursuivie par une autre salle avec d’autres paresseux atteints d’autres infirmités … et puis c’est tout ! Pas de bébé à voir, les rares présents étant apparemment tous en incubateur. Pas de tour en canoë (à l’antifouling peut-être ?). Pas de rencontre avec Buttercup, la mascotte ayant rendu l’âme (cette fois nous acceptons l’excuse, compatible avec la trentaine d’années que vivent en moyenne les paresseux)

    Nous avons juste été vivement encouragés à laisser un don à l’association qui n’aurait pas d’autre moyen de financement. Mais franchement, nous avons manqué de motivation, tellement déçus de ne pas revivre notre première expérience. En résumé, le sanctuaire des paresseux est « has been », n’y allez pas !

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    Nous avons maintenant rejoint la côte Caraïbe. A nous les plages …et les 38°C à l’ombre ! Mais quand même de jolis levers de soleil
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    Après ce premier spot nocturne balnéaire, notre premier arrêt est pour le Sanctuaire des Paresseux

    Épilogue : Heureuse consolation de cette visite décevante : le soir même l’un de ces animaux passait sur la ligne électrique juste au-dessus de nos têtes pendant que nous étions à l’apéro avec des amis.


    Fauna Rica

    En écho à l’article intitulé Flora Rica de la publication précédente, voici, en vidéo s’il vous plaît, quelques exemples de la faune riche rencontrée au fil des jours.

    ci-dessus : coati et agouti ; ci-dessous : bourdon et colibri

    ci-dessus : autoroute de fourmis coupe-feuilles ; ci-dessous : bernard-l’ermite et grenouille dendrobate

    sauterelle pourpre géante à ailes rouges (ne se voient que quand elle vole, comme sur la vidéo de droite : c’est un moyen d’effrayer les prédateurs)


    Cahuita, la nature version Caraïbes

    Comme beaucoup des villages côtiers le long de la Mer des Caraïbes, à l’Est du Costa Rica donc, Cahuita est peuplée en grande partie d’afro-caribéens venus de Jamaïque leur culture sous le bras. Mais de plus en plus d’étrangers s’installent ici, souvent après avoir découvert la région en tant que touristes, en raison de l’ambiance aussi tranquille en journée qu’animée le soir et bien sûr en raison des plages. Les plus belles sont dans le parc national, ce qui permet heureusement de les préserver et d’en limiter la fréquentation. Pour les découvrir, il suffit de suivre l’un des sentiers longeant le littoral. En tendant bien l’oreille et en restant attentif, on découvre encore ici, outre ces paysages de cartes postales avec la triade sable blanc/mer turquoise/cocotier qui penche, une faune et une flore abondante. Une mention spéciale pour les singes capucins peu farouches, qui viennent volontiers extraire les pique-niques des touristes de leur sac à dos à la moindre inattention, et aux bernard-l’ermite qui jouent à 1-2-3-soleil sur le sentier, s’immobilisant à l’approche de nos pas.

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    La Playa Blanca du Parc National de Cahuita
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    C’est par ces beaux paysages de cartes postales que se termine notre périple au Costa Rica. Nous retiendrons de ce pays la richesse exceptionnelle de la nature mais – est-ce à cause d’elle ? – une indifférence générale des habitants, ce qui nous change profondément des pays précédents, Guatemala en tête. Aussi curieux que cela puisse paraître, nous sommes pressés de passer au Panama pour aller rejoindre la fraîcheur des montagnes centrales. Les côtes et les plaines, en cette fin de saison sèche, sont vraiment torrides et la chaleur nocturne (toujours pas de clim dans Roberto… ça n’est pas impossible, mais il faudrait être branché tout le temps) ne permet pas au sommeil d’être réparateur. Donc on se revoit très bientôt au Panama ?

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    Parcours relatif à cet article, en version zoomable ici