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  • 183. Découverte de la Colombie

    183. Découverte de la Colombie

    Nous découvrons maintenant la Colombie, le 9ème pays de notre road-trip sudaméricain et le 47ème pays visité pour notre fourgon aménagé Roberto. Suivez-nous, c’est tout neuf !

    Le premier parcours de notre découverte de la Colombie, d'Ipiales à Coconuco
    Le premier parcours de notre découverte de la Colombie – En version zoomable ici

    Passage de frontière Équateur-Colombie

    Eh bien c’est sans surprise le même bazar que d’habitude, avec du stationnement anarchique, des vendeurs de tout et n’importe quoi, des bâtiments mal identifiés, des guichets où l’on mélange ceux qui arrivent et ceux qui sortent du pays, une procédure d’enregistrement préalable sur Internet pour le permis d’importation en Colombie de notre véhicule qui fait perdre du temps plutôt que d’en gagner. Mais voilà, nous savons que c’est un mauvais moment à passer et nous faisons preuve de patience. De la sortie de l’Équateur à l’entrée en Colombie, les démarches vont durer 2h30. Et c’est sans compter la souscription de l’assurance pour Roberto, que nous effectuerons dans …un supermarché, quelques km après la frontière. Nous sommes presque heureux au passage d’être assurés, après avoir roulé 3 mois sans assurance en Équateur (c’était tout bonnement impossible). Mais dans quelques jours ces petites tracasseries seront oubliées. Et nous avons maintenant 3 mois devant nous pour visiter le pays !


    Ipiales et son téléphérique le plus lent du monde

    C’est sur le parking du téléphérique d’Ipiales que nous passerons notre première nuit en Colombie. Impossible de quitter cette ville frontière avant minuit, heure ou notre assurance auto s’active. Mais peu importe, le passage transfrontalier nous a fatigués et nous sommes heureux de cette petite pause. Nous avons largement le temps de voir passer les petits groupes de cabines qui rejoignent à la vitesse de l’escargot le sanctuaire de Las Lajas situé à 7 km de là et 240 m plus bas. Concernant le record de lenteur évoqué dans le titre de ce paragraphe, je n’ai pas trouvé de comparatif précis, c’est peut-être juste une boutade, mais les vidéos sont éloquentes. Nous avons aussi le temps d’apprécier la décoration extérieure des bâtiments du téléphérique, dont certaines fresques en cours de réalisation. Des couleurs vives prometteuses pour la suite de notre parcours colombien.


    Le sanctuaire de Las Lajas

    Sanctuaire de Las Lajas, Ipiales, Colombie
    Sanctuaire de Las Lajas, Ipiales, Colombie

    Nous découvrons presque par hasard ce lieu qui a pourtant été classé en 2007 la 2ème des 7 merveilles de la Colombie. Ça n’est pas sur notre guide Lonely Planet que nous l’avons trouvé mais sur notre application iOverlander, celle qui nous aide à trouver nos lieux de bivouac. Comme quoi il vaut mieux diversifier ses sources. Car le lieu est exceptionnel : une basilique mélangeant les styles néo-gothique et colonial espagnol construite au-dessus d’un canyon dont elle relie les parois par un pont. Construite après une apparition de la Vierge sur les parois rocheuses au XVIIIe siècle qui a été suivie de nombreuses guérisons miraculeuses, la basilique Notre-Dame du Rosaire attire chaque année entre 750 000 et 900 000 visiteurs, malgré un accès difficile. Encore que facilité par l’arrivée du téléphérique d’Ipiales en 2015. Avec tous ces pèlerins, l’environnement du canyon, la cascade, la multitude d’ex-voto sur les murs, les statues lyriques sur le pont, la messe en cours, la beauté de la basilique, c’était un lieu véritablement magique. Nous en voulons à notre guide de l’avoir oublié.


    Colombie, Équateur et Venezuela même drapeau ?

    Je suis intrigué d’emblée par la ressemblance entre le drapeau de la Colombie et celui de l’Équateur que nous venons de quitter. Et sans chercher bien loin, je m’aperçois que le drapeau du Venezuela est presque identique. Il se trouve que ces pays ont un ancêtre commun, la Grande Colombie. Ce regroupement de pays qui incluait aussi le Panama et quelques morceaux des pays limitrophes a été créé à l’initiative de Simon Bolivar, le grand libérateur de l’Amérique du Sud, qui rêvait de fédérer l’entièreté du sous-continent. Malheureusement, la Grande Colombie a éclaté 7 ans plus tard, sans doute trop complexe à gérer de par son étendue et la diversité des pouvoirs qui y régnaient. Si le Panama a adopté lors de son indépendance un drapeau totalement différent, les 3 autres pays ont conservé une apparence proche : la bande jaune symbolisant l’or a été agrandie pour la Colombie et l’Équateur, le premier supprimant le blason de la Grande Colombie et le dernier le remplaçant par son blason propre, tandis que le Venezuela a rajouté 6 étoiles, 1 pour chacune de ses régions.


    Pasto, un musée de l’or et un carnaval classé à l’UNESCO

    Pasto est la première grande ville que nous traversons. 400 000 habitants et une circulation dense. Une première impression qui n’était pas favorable. Le centre est réputé pour son architecture coloniale et ses nombreuses églises. Mais nous n’avons rien trouvé de transcendant. Tout semble noyé dans un affairisme intense et des styles très disparates. Deux établissements sortent du lot toutefois, et nous avons même volontairement passé la nuit sur place, au bord d’un jardin public, pour attendre l’ouverture du second. Mais commençons par le premier.

    Le Musée de l’Or Nariño à Pasto

    C’est un musée mis à disposition du public par une banque, comme c’est souvent le cas en Amérique du Sud, consacré aux cultures préhispaniques et à la diversité culturelle du département de Nariño, avec une collection importante d’objets en or (480 !), céramique, pierre, bois, textile et coquillage. Nombre d’entre eux ont été récupérés dans des sépultures qui ont permis leur conservation. L’or, déjà travaillé par ces civilisations 2000 ans avant notre ère, était loin d’avoir le rôle monétaire actuel. Il servait surtout à faire des offrandes, à honorer les divinités, ou encore à marquer le prestige et le pouvoir. De bien beaux objets parfaitement mis en valeur en tout cas.

    Le Musée du Carnaval de Pasto

    Faute de pouvoir être présents à l’évènement culturel majeur de Pasto, le Carnaval de Negros y Blancos, classé en 2009 au patrimoine mondial immatériel de l’humanité, nous sommes heureux de pouvoir en avoir un aperçu et des explications dans ce petit musée gratuit, fort intéressant et étonnamment spectaculaire. On s’y promène en effet dans une ambiance musicale qui rappelle celle du carnaval au milieu des personnages géants et multicolores qui participent habituellement au défilé. Et des panneaux donnent bien entendu les explications nécessaires. L’histoire de ce carnaval remonte à l’époque coloniale. Dans un esprit de favoriser la tolérance et la diversité ethnique, les colons se peignaient le visage en noir le 5 janvier et les esclaves en blanc le lendemain. Cette tradition s’est perpétuée jusqu’à nos jours, avec une période un peu plus étendue allant de fin décembre au 6 janvier mais toujours centrée sur les 2 derniers jours. Le décor spectaculaire du musée donne vraiment envie d’y aller !


    Le barniz de Pasto

    Nous découvrons à la boutique du musée du carnaval cette technique artisanale indigène colombienne et typique de la ville de Pasto qui utilise la résine d’un arbre des forêts humides des Andes, le mopa-mopa, pour être appliquée en fines feuilles colorées sur du bois. Dans la pratique, les bourgeons de l’arbre sont mis dans de l’eau bouillante pour extraire la résine. Celle-ci est étirée à chaud, mélangée avec des pigments, puis de nouveau étirée en feuilles fines qui sont appliquées à chaud sur le bois en plusieurs couches. Les motifs sont alors découpés directement sur l’objet dans un design original. Il est heureux que des artisans continuent de perpétrer ce savoir-faire ancestral. Voici un aperçu de quelques objets trouvés sur les vitrines.


    La Laguna Cocha

    A une vingtaine de kilomètres à l’est de Pasto et à 2800m d’altitude, c’est le deuxième plus grand lac de Colombie et une réserve de biosphère importante. Compte-tenu du temps tristounet, nous nous attendions à y faire un bref passage. Mais là encore, nous avons découvert un véritable joyau inconnu de nos guides : rien de moins que la Venise de Colombie ! El Encanto (Le Charme), le petit village de pêcheurs et d’agriculteurs paisible au bord du lac s’est en effet transformé au fil des années en pôle touristique majeur. L’unique route qui y mène est bordée d’hôtels et/ou de restaurants avec par endroits des airs de chalets suisses et à d’autres les couleurs habituelles des constructions colombiennes. Des canaux de part et d’autre sont envahis de petites embarcations à moteur toutes sur le même modèle. De nombreux ponts courbés rejoignent les établissements situés sur la rive d’en face. Ajoutez à cela une forte affluence touristique (nous sommes un week-end) et du trafic sur l’eau et vous verrez qu’effectivement Venise et ses gondoles ne sont pas si loin. Sévèrement en retrait si l’on parle des couleurs qui explosent véritablement ici, surtout quand le soleil daigne apparaître.


    Les empanadas de Vivi et les cañelazos de Lourdes

    Nous avions déjeuné à bord de Roberto avant la visite du port, alors il n’était pas question de consommer ne serait-ce qu’un sandwich lors de notre parcours. Mais nous avons tout de même salivé en passant devant le stand des « Empanadas de Vivi » qui propose de vous confectionner des empanadas sur mesure, qu’ils soient végétariens, au poulet, au bœuf ou encore à la truite, assortis d’un choix de 60 sauces différentes constituées de piments des plus doux au plus forts et aromatisés au café, au yaourt, à la mangue verte et autres fruits. L’éventuel appétit qui nous restait est brutalement retombé devant la vision de cochons d’Inde rôtissant sur une broche, puis celle de la carte d’un restaurant proposant du perro caliente (chien chaud). Ce n’est qu’un peu plus loin, devant une photo du plat en question que nous avons réalisé que le perro caliente n’était que la traduction du célèbre hot dog, bon sang mais c’est bien sûr ! Rassérénés, nous avons fini par craquer devant la « Tienda de Lourdes » et ses cañelazos tout fumants dans leurs marmites : un à la mûre pour Claudie, un autre au fruit de la passion pour moi. Un délice !


    La route du tremplin de la mort

    Cette route est notre seule possibilité pour rejoindre de l’autre côté de la Cordillère des Andes la ville de San Augustin réputée pour son site funéraire unique. Difficile de dire d’emblée si son nom vient du caractère de notre destination ou bien du côté périlleux du parcours, nous n’allons pas tarder à le savoir. Nous quittons très vite l’asphalte pour une route de terre parsemée de nids-de-poule. La pluie s’en mêlant, la surface va devenir boueuse, restant néanmoins assez compacte. Tant mieux car nous en avons pour 85 km ! Le décor bien que souvent baigné dans la brume est grandiose, avec de hautes montagnes couvertes de forêt primaire qui nous surplombent, tandis que nous longeons une vallée profonde qui se rétrécit peu à peu. La route aussi se rétrécit d’ailleurs, pour ne plus devenir qu’une voie unique. Les virages se succèdent et l’on appréhende de voir surgir un véhicule en face, ce qui arrive régulièrement, y compris des poids-lourds. Il ne reste alors qu’à reculer jusqu’à l’espace de croisement le plus proche, en se collant soit contre la paroi soit contre le ravin selon l’endroit. Régulièrement aussi, la végétation coiffe la route, formant presque des tunnels. Et pour parfaire l’exotisme du parcours, plusieurs gués sont à traverser. Rarement profonds, mais parfois les roues de Roberto ont du mal à accrocher sur les galets qui roulent. 4 heures plus tard, pour 85 km donc, c’est avec grand plaisir que nous retrouvons le bitume !


    À grande eau

    Après notre route aventureuse, nous avons trouvé un endroit paisible pour passer la nuit, dans un village au bord d’un torrent. Nous aurions bien lavé Roberto qui n’a peut-être jamais autant été couvert de boue, mais des locaux se baignent malgré le fort courant. Alors nous reportons notre séance de nettoyage au lendemain. Ce sera dans le centre du village, près d’une station-service où l’on sert séparément les deux-roues – c’est vrai qu’ils sont particulièrement nombreux dans le pays. Lavé à la main et à grande eau, Roberto le grand bleu retrouve son éclat. C’est reparti pour un tour ! Nous restons sur le thème de l’eau en allant visiter un petit mais joli canyon situé sur notre route, le Cañon del Mandiyaco. Sur 400m, la rivière a joliment sculpté des arabesques, des orifices et des bassins dans la roche volcanique. La nature dans tout son art.


    Les mystérieux monolithes de San Augustin

    À 1700m d’altitude et une pluviosité élevée, San Augustin est bien placée pour la culture du café, mais aussi des bananes, de la canne à sucre, des naranguilles ou du bambou. La pluie fréquente (27 jours par mois en juillet…) pourrait dissuader les touristes, mais la ville possède un attrait majeur : son site archéologique hébergeant nombre de statues aussi énigmatiques que celles de l’Île de Pâques. Si l’on ne connaît pas grand-chose de la civilisation pré-incaïque et totalement disparue qui les a créées, on sait que ces statues sculptées dans la roche volcanique faisaient partie entre autres de cultes et rites funéraires. Elles figurent des divinités de la cosmologie andine précolombienne, sous forme anthropomorphe, zoomorphe …ou mixte. Mais aussi des personnages importants de cette civilisation perdue, comme des chamanes souvent représentés en transe, ou les gardiens des défunts. Parmi les sculptures zoomorphes, les plus représentées sont l’aigle, le jaguar, le serpent, la grenouille et le singe, symbolisant respectivement le monde du ciel, de la terre, du sous-sol, la fertilité et la ruse dans la culture andine précolombienne. Toutes ces statues étaient enfouies dans le sol depuis 1000 à 2000 ans avant d’être découvertes vers le XVIIIe siècle. Après leur étude qui n’a permis de connaître que des bribes de cette civilisation disparue, faute de disposer d’écrits, elles ont été exposées et sécurisées sur le site, soit à leur emplacement d’origine, soit le long d’un sentier pédagogique. Le tout dans une superbe végétation tropicale humide et malheureusement une pluie battante sur un tiers du parcours. Pour une fois nous avons pris un guide, mais ses commentaires n’ont pas pu dépasser les limites des archéologues actuelles. Du pain sur la planche pour les Indiana Jones des nouvelles générations !


    Le bananier rose

    À le voir si bien portant dans cette forêt tropicale colombienne, on jurerait qu’il est d’ici. Mais, comme les cochons qui tournent sur les broches du pays, il vient d’Inde. Ses petites bananes toutes velues (l’espèce s’appelle d’ailleurs Musa velutina) sont comestibles mais sont pleines de graines très dures qui font le bonheur des dentistes su coin car on s’y casse volontiers les dents. Et puis, encore moins rose chez ces bananiers, ils se reproduisent comme des lapins, aux dépends d’autres espèces. Ils sont classés invasifs dans certains pays comme le Costa Rica ou le Brésil. Peut-être qu’un jour on consacrera un mois par an là-bas à les éradiquer. On pourrait appeler l’évènement Octobre rose, qu’en pensez-vous ?


    Le bestiaire routier de San Augustin à Coconuco

    Après ce détour archéologique, il nous faut regagner la route panaméricaine et donc retraverser la montagne. Par une route censée être en meilleur état, si ce n’est un tronçon en « mauvais état » de 35 km. En fait l’une des pires routes que nous ayons empruntées ! Si la voie est plus large que celle du tremplin de la mort, le revêtement est particulièrement pénible avec un relief rocheux très irrégulier, des trous et des ornières par centaines. Le paysage est moins agréable aussi. Heureusement, pour tromper l’ennui, sont disposés tout du long des panneaux alertant de la traversée possible d’animaux sauvages. La variété est grande, dommage que nous n’en ayons vu aucun ! À refaire, et à condition d’accepter de reprendre une route en sens inverse, ce que nous cherchons à éviter au maximum, nous aurions peut-être repris la route boueuse et étroite… Deux heures environ pour franchir ces 35 km et nous revoilà  sur une bonne route asphaltée, entrecoupée tout de même de nombreux secteurs en travaux, qu’il est difficile de reprocher au gouvernement colombien. Ces panneaux animaliers me donnent l’occasion de vous montrer quelques panneaux routiers inhabituels chez nous. À voir en images.


    Les thermes de Coconuco

    Allez, terminons chaudement ce premier parcours colombien avec les Termales de Agua Hirvienda (littéralement thermes d’eau bouillante…) de Coconuco. Un petit établissement tenu par une communauté indigène locale, développé autour d’une source volcanique affichée à 72,3°C. Étonnamment, l’eau du captage annoncée à cette température est en ébullition. Soit c’est plus chaud que ce qui est annoncé, soit c’est une émanation simultanée de gaz qui donne cet état. Selon le circuit de l’eau, 4 bassins offrent des températures différentes. J’ai estimé le plus chaud entre 40 et 45°C quand nous nous y sommes baignés en milieu de matinée. On pouvait tenir une vingtaine de minutes avant d’aller nager dans une piscine plus grande et moins chaude, à 35-38°C environ, ce qui est fort agréable. Le ticket donnant droit à des entrées multiples sur 24h, nous y sommes retournés dans l’après-midi puis une fois la nuit tombée. Vers 16 heures, l’établissement était un peu plus fréquenté que le matin, ce qui est habituel car les Colombiens préfèrent en général les visites en 2ème moitié de journée, mais curieusement, personne ne barbotait dans le bassin le plus chaud. Et pour cause, alimenté depuis le matin directement avec l’eau à 72,3°C, il était sans doute devenu proche de cette température… pas question d’y tremper ne serait-ce qu’un orteil ! Le soir c’était plus calme mais toujours fréquenté. Les volutes de vapeur au dessus des bassins créaient une ambiance surréaliste. Au total, ce fut une étape très relaxante pour nous, d’autant que nous avons pu passer 2 nuits gratuitement sur leur parking très tranquille.


    Ragaillardis, nous allons pouvoir reprendre les routes de Colombie, que nous allons espérer plus douces pour les suspensions de Roberto et nos articulations soixantenaires. On vous dit à bientôt !

  • 178. Approche de l’Amazonie

    178. Approche de l’Amazonie

    La pause est terminée, nous voilà de retour en Équateur pour poursuivre notre périple. Notre nouveau visa de 90 jours obtenu à l’arrivée dans le pays aurait pu nous donner de l’aisance pour la visite, mais le problème c’est que pour Roberto n’étant pas rentré avec nous, c’est la date de notre première entrée en Équateur qui compte. Cela devrait malgré tout être suffisant, le pays n’étant pas si grand (44% de la surface de la France)

    Parcours Approche de l'Amazonie
    Le parcours décrit dans cet article, en version cliquable ici

    Transition crustacée

    Notre petit séjour métropolitain se termine et nous commençons à préparer nos bagages pour le retour en Équateur. Mais le pays se rappelle à nous plus tôt que prévu lors d’un petit passage au supermarché : voilà que nous découvrons que les crevettes que l’on vient d’acheter viennent de là-bas !

    C’est que le pays en est, on le sait peu, le premier producteur mondial. Dans notre supermarché, en achetant au hasard, nous avions une chance sur deux de tomber sur des crevettes équatoriennes. Elles sont paraît-il loin devant les autres en terme de qualité, de couleur, de texture et de saveur. Mais j’aurais bien du mal à vous donner mon opinion, je suis allergique…


    Retour vers le futur

    Eh bien nous voilà de nouveau dans les aéroports pour notre vol de retour vers Quito. Rien d’exceptionnel à raconter alors je m’amuse avec l’intelligence artificielle à modifier quelques petits détails sur mes photos, en rapport avec l’actualité sur la pénurie potentielle de kérosène. C’est d’une simplicité et d’une efficacité décourageantes pour l’avenir de la planète…


    Roberto nous voilà

    Après un vol en 3 étapes long et ennuyeux, partis à midi de Bordeaux nous arrivons vers 7 heures le lendemain en heure française. Sauf qu’à Quito il n’est pas encore minuit, décalage horaire oblige. 1h15 plus tard, car oui l’attente est longue à l’immigration, nous sortons enfin de l’aéroport et appelons le gardien de notre parking longue durée pour qu’il vienne nous chercher. En milieu de nuit, ce service VIP était précieux, tout en étant inclus dans le tarif imbattable de 3,90€/24h. Le gardien nous ramène auprès de Roberto qui nous attendait bien sagement. Nous empilons nos bagages sur les sièges et finissons notre nuit. Le lendemain matin, en quittant le parking, nous nous apercevons que notre véhicule a en plus été nettoyé. Quand je vous dis service VIP !


    Chocs thermiques

    Après la quasi-canicule qui sévissait en France au moment de notre départ, nous retrouvons à Quito des températures agréables en journée, mais frisquettes la nuit en raison essentiellement de l’altitude (2860m) et aussi de l’arrivée prochaine de l’hiver austral. On parle de 5 ou 6°C, il nous a fallu remettre le chauffage !

    Après une journée consacrée à la logistique (déballer et ranger les bagages, remplir le frigo, recharger le forfait téléphonique de Claudie, etc.) nous quittons la capitale pour retrouver la nature. Restant dans les hauteurs, plongés dans une grisaille humide, nous sommes heureux de nous arrêter pour une première pause aux Thermes de Papallacta. L’eau d’origine volcanique y arrive à 70°C dans une douzaine de bassins extérieurs joliment aménagés avec vue directe sur les montagnes alentour, du moins par temps dégagé. Avec un air à 13°C, on s’y plonge avec bonheur !


    Nuit entre une église et un ours à lunettes

    Après les thermes, le ciel s’est un peu couvert et nous ne sommes pas trop chauds (malgré les bains à 40°C…) pour reprendre la route. Et puis nous avons besoin d’eau. Justement, le village de Papallacta a tout ce qu’il faut : un parking tranquille devant une charmante petite église toute bleue, un robinet fileté d’eau potable et même la wifi ! De l’autre côté, c’est un ours à lunettes statufié qui nous regarde, comme pour nous rappeler qu’il en existe un certain nombre dans la région. Plus beaucoup car cette seule espèce d’ours natifs d’Amérique du Sud est menacée. Il en resterait à peine un millier. On voit de temps en temps des panneaux au bord de la route prévenant de la possible traversée de ces ursidés. Mais ça ne marche jamais, il faut qu’ils arrêtent de nous faire rêver !


    La vallée dans la forêt de nuages

    Nous repartons plein Est vers l’Amazonie. La route emprunte le fond de la vallée du tempétueux et boueux Rio Papallacta. De part et d’autre, des forêts denses et pleines de lianes, lichens et plantes épiphytes accrochent les nuages. Voire même les créent, comme on peut l’observer. C’est magnifique et sauvage, nous adorons. Les villages traversés revendiquent volontiers leur peuplement autochtone par des statues au croisement des rues ou par des affiches incitant les touristes à contacter les agences touristiques « communautaires ». Avec ce ciel chargé, la pluie nous gagne et nous nous arrêtons assez tôt au bord d’une autre rivière pour passer la fin d’après-midi dans un endroit tranquille.


    Tena ou l’Amazonie en centre-ville

    La ville de Tena est la porte d’entrée de l’Amazonie équatorienne. C’est souvent de là que démarrent les activités sportives en eau vive, comme le rafting ou le kayak, et les excursions vers les réserves naturelles, les cascades ou encore les communautés indigènes. Cela dit, il n’est pas forcément obligatoire de s’engager dans des expéditions longues, fatigantes et coûteuses pour voir tout ça.

    Au lieu de se rendre dans une réserve naturelle, il suffit de parcourir le magnifique Parc de l’Ile, un concentré gratuit de 27 hectares de forêt dense amazonienne en plein centre-ville. Nous avons adoré nous promener sur ces chemins mousseux au milieu d’une végétation luxuriante typique des forêts tropicales humides. Nous avons découvert plusieurs fleurs et plantes que nous n’avions jamais rencontrées auparavant. Nous avons observé des minuscules grenouilles, quelques insectes bizarres, des singes écureuils et nous avons même approché (et caressé !) un tapir.

    Charançon
    Un charançon de la forêt amazonienne

    Et au lieu d’aller faire du voyeurisme dans les communautés indigènes de la région, il suffit de se balader en ville : 58% des 28 000 habitants sont des Quechuas. Alors oui, nous avons fait un petit tour en ville via une jolie passerelle décorée d’images en métal des animaux et activités de la région, nous avons jeté un œil à l’église et à la cathédrale sans pouvoir y rentrer, nous avons traversé le marché et vu une sorte de cantine où tout le monde mangeait du maito. C’est une préparation de poisson des rivières du coin enveloppé dans des feuilles de bananier puis grillé lentement sur des braises. Apparemment, la feuille de bananier donne un arôme unique et maintient le poisson moelleux et juteux. Nous sortions du déjeuner alors nous n’avons pas goûté, mais il faudra qu’on teste ça prochainement.

    Que de belles découvertes en tout cas lors de cette journée à Tena !

    Nous allons poursuivre encore un peu plus vers le sud du pays et nous vous disons à très bientôt !

  • 174. La côte péruvienne

    174. La côte péruvienne

    Nous allons maintenant remonter la côte du Pérou jusqu’à la frontière équatorienne. Coincée entre l’Océan Pacifique et la Cordillère des Andes, c’est une longue bande de désert qui s’étend sur plus de 3000 km. Ponctuée ça et là de sortes d’oasis lorsque les rivières qui descendent des montagnes permettent l’irrigation. Mais partout ailleurs, c’est un paysage aride et purement minéral. La richesse de l’océan, renforcée par le courant froid de Humboldt, a favorisé il y a des millénaires le développement de nombreuses civilisations dont on retrouve pas mal de traces, et aujourd’hui la prospérité de la pêche (le Pérou est le second producteur mondial de poissons après la Chine) ainsi que l’hébergement de la majorité de la population du pays.

    Parcours Pérou 3 - La côte péruvienne
    Parcours correspondant à cet article, en version zoomable ici

    En premières lignes

    Les lignes de Palpa sont moins connues que celles de Nazca, et pourtant elles leur sont antérieures, tracées par le peuple Paracas précurseur des Nazcas. Plus souvent à flanc de colline, elles sont volontiers visibles depuis des petits sommets avoisinants. Nous avons pu en observer quelques-unes sans nous éloigner beaucoup de la route, notamment lors d’une pause déjeuner dans le désert où nous avons eu l’opportunité de garer Roberto sous l’unique pergola à des dizaines de kilomètres à la ronde.


    S’endormir au champ des baleines

    Nous nous garons pour la nuit près du centre-ville d’Ocucaje, le long d’un mur couvert de fresques de baleines et autres animaux marins. Y aurait-il une sorte de Marineland de l’autre côté du mur ? Sur ma carte, il s’agit plutôt d’une entreprise viticole fabriquant du Pisco. Pas étonnant puisque nous sommes dans la région d’Ica, là où est produit le fameux alcool national péruvien. La ville de Pisco n’en est que le port exportateur. Pour les baleines il faut une autre explication, que je vais trouver sur le site internet d’Ocucaje. On a retrouvé ici, dans un vaste bassin sédimentaire, de nombreux squelettes et fossiles de baleines et autres animaux marins datant pour certains de 36 millions d’années. C’est assez 😉 pour faire venir de nouveaux touristes qui en profiteront au passage pour déguster un Pisco sour.


    Les sorcières de Cachiche

    Cachiche est un ancien village dans la banlieue non pas de Marcheille mais de la ville d’Ica. C’était autrefois une forêt, dans laquelle se sont réfugiées quelques sorcières chassées par les conquistadors à l’époque coloniale. Nous nous rendons d’abord près d’un étrange palmier, dont six têtes rampantes ondulent près du sol comme les tentacules d’un poulpe. Une septième tête voudrait bien se rajouter aux précédentes, mais elle est régulièrement coupée par les habitants. Car selon la prophétie d’une des sorcières évincées, si la tête pousse, la ville d’Ica est détruite. D’ailleurs, en 1998, après un moment de négligence où la tête avait commencé à repousser, une aussi grave qu’exceptionnelle inondation a touché la ville. Depuis, le palmier est surveillé par les habitants d’Ica comme le lait sur le feu. Ou comme la potion magique dans le chaudron, terme plus approprié. Nous nous rendons ensuite au Parc des Sorcières de Cachiche, un lieu dédié aux sorcières du village, dont beaucoup sont en exercice et que l’on peut consulter. D’après les mentions au-dessous des statues, leurs pouvoirs sont surtout bénéfiques : santé, prospérité, nature, sagesse, amour, etc. La statue la plus vénérée est celle de Julia Hernandez Pecho, la vieille sorcière de 106 ans qui avait émis la prophétie. Étonnamment, elle apparait sous les traits d’une très jeune femme. Une preuve de ses pouvoirs ? A moins que son second nom ne soit synonyme d’espoir ?


    La fausse patate multicolore

    L’ulluco est une plante particulière à l’Amérique du Sud. Elle produit des tubercules qui ressemblent à de petites pommes de terre, avec la différence qu’elles sont multicolores pour une même récolte … et qu’il ne s’agit pas de l’une des 10 000 variétés connues de pommes de terre. Au contraire, l’ulluco est unique. Avec un goût proche par contre de celui des tubercules ramenés par Parmentier, l’utilisation est similaire : soupes, purées, cuisson à la vapeur et même chips ou frites. Bon appétit M’sieurs Dames !


    Le lac rose

    Nous sortons de la route Panaméricaine pour explorer le parc national de Paracas, occupant une péninsule et quelques îles. Ces dernières sont d’ailleurs surnommées les « Galápagos du Pérou », mais à l’inverse de ces dernières, on ne peut y débarquer. Comme nous n’avions pas envie de revoir des animaux marins mais de loin et d’un bateau plein de touristes, nous nous sommes contentés de la partie terrestre qui déjà vaut largement la visite. Une petite exception pour la route, toute en « tôle ondulée », éprouvante pour nous comme pour l’habitacle de Roberto. Le reste, c’est du désert, avec de belles dunes dans des mélanges de rose et de jaune, mais comportant un certain nombre de plans d’eau. Dont de belles lagunes d’un bleu profond tranchant sur le désert, ou encore rose bonbon, comme celle du célèbre Lac Rose sénégalais. La couleur est, c’est connu, liée à une microalgue, et permet de jolies photos. Le vent n’a pas permis de faire voler le drone, dommage. Pas sûr que ce soit autorisé d’ailleurs à cause de la réserve naturelle.


    La plage rouge

    Vous avez vu, nous restons dans les couleurs et dans l’exceptionnel. Cette « Playa Roja » ne payait pourtant pas de mine vue du premier observatoire que nous avons atteint. Mais c’était à cause du soleil de face. Lorsque nous sommes descendus au bord, du bon côté du soleil cette fois, la couleur rouge du sable est apparue dans toute sa splendeur. Jamais nous n’avions vu ça auparavant. Cette fois, la couleur n’est pas due à une algue mais tout simplement à celle du sable formé par les rochers bordant la plage. Nous avons eu l’occasion d’y observer quelques oiseaux, dont des urubus à tête rouge, emblématiques de la région et finalement parfaitement assortis à la plage.


    Pisco, juste un port


    Lima, juste une ville

    Nous n’avons fait que traverser Lima. Notre décision de ne pas nous y arrêter a reposé sur plusieurs arguments. D’abord nous avons déjà visité cette ville avec nos enfants il y a plus de 20 ans et elle ne nous avait pas laissé un souvenir impérissable. Ensuite parce que circuler avec Roberto dans la 4ème ville la plus embouteillée du monde ne nous tentait guère, sans parler d’y séjourner dans une chaleur étouffante. Rien que de traverser la ville en restant sur les différentes branches de la route Panaméricaine nous a confirmé dans notre choix. La conduite péruvienne est de l’ordre du chacun pour soi, aucune règle ne semble applicable et la police est totalement absente, si ce n’est pour des verbalisations abusives pour tout et n’importe quoi dans certains lieux heureusement identifiés sur notre application et que nous avons pu contourner. La notion de voie de circulation semble inconnue, le dépassement peut se faire aussi bien à gauche qu’à droite et parfois même sur le trottoir si besoin. Les poids-lourds n’hésitent pas à forcer le passage en vous collant à 2 ou 3 cm. Et je ne parle pas des klaxons permanents, des 2 et 3 roues qui se faufilent de façon encore plus périlleuse au milieu de tout ça et des trous dans la chaussée. Il faut être à la fois concentré et zen pour ne pas se laisser submerger par ce rodéo urbain. Et ça ne serait pas plus facile avec une voiture. Bref, vous aurez compris que ne n’ai pas eu vraiment le temps de prendre des photos, et Claudie était sans doute trop stressée pour ça aussi !


    Le palais du désert

    J’en ai déjà parlé, la bande littorale péruvienne n’est qu’un long désert. Au nord de la capitale, ça reste la règle et nous parcourons des centaines de kilomètres dans des environnements purement minéraux bordés de plages sauvages et immenses mais inaccessibles, aucun chemin n’y menant. C’est côté montagne que nous allons faire notre pause pour la nuit, au pied d’une construction qu’on dirait faite spécialement pour un décor de cinéma. Ce pourrait être le palais d’un seigneur pré-inca ou encore un hôtel abandonné. En réalité, c’est une sorte d’usine de triage de gravier et de sable, qui a effectivement été abandonnée et dont les intérieurs ont été comblés. Mais l’ambiance était surréaliste et l’isolement parfait.


    Le premier centre d’études anatomiques au monde

    Nous avons la chance apparemment de visiter près de Casma le plus ancien site urbain connu des Amériques déjà présent plus de 2000 ans avant notre ère. Faute de moyens, seule une toute petite partie a été dégagée, le Cerro Sechin (du nom du peuple de l’époque), révélant déjà des gravures peu communes le long du mur d’enceinte. Ce sont surtout des humains qui sont représentés, les uns en situation de guerriers avec haches, épées, etc. et les autres au titre de victimes très malmenées : membres arrachés, sang giclant des crânes, abdomens éventrés, yeux enfilés sur des brochettes et j’en passe. À y regarder de plus près, si j’ose dire, les experts estiment que ces probables victimes de guerre ont servi à des études anatomiques approfondies. On retrouve gravés dans la pierre des schémas de poumons, reins et autres colonnes vertébrales clairement identifiables. Si la cause peut être noble, j’espère au moins que les victimes étaient mortes au moment des études de cas…


    De beau à Moche

    À l’approche de la ville de Moche – pas de chance pour eux leurs ancêtres du 1er millénaire de notre ère s’appelaient comme ça – nous côtoyons (paradoxalement ?)  des kilomètres de haies en bougainvilliers. Quel luxe! La ville revendique haut et fort son appartenance à cette civilisation évoluée, en exposant le long d’une avenue tout son panthéon de divinités, totalement Moches donc. De l’énigmatique être mi-homme mi-crabe à l’imposant poisson humanoïde à l’air maléfique, en passant par le « décapiteur » responsable des sacrifices humains. Nous trouverons un peu plus loin un autre témoignage de cette civilisation : les poteries érotiques, dans une allée bordée de reproductions géantes devant lesquelles les familles décomplexées photographient volontiers leurs enfants. C’était Vendredi Saint en plus…


    Trujillo en technicolor

    Moche est une petite ville de la banlieue de Trujillo, capitale régionale et 3ème ville du Pérou de par le nombre d’habitants (820 000, environ la population des métropoles de Nice ou Toulouse). Comme beaucoup de villes péruviennes, l’architecture en périphérie est plus que quelconque. Mais le centre-ville se distingue par une profusion de couleurs dans les bâtiments coloniaux situés autour et à proximité de la Plaza Mayor. Quand on y rajoute les balcons en bois sculpté, les façades en adobe, les fenêtres artistiquement grillagées et les toits de tuiles rouges, cela fait un ensemble plutôt agréable à regarder. En ce week-end pascal, les églises étaient plutôt animées, et notamment le parvis de la cathédrale avec des reconstitutions de scènes de la vie de Jésus.


    Un jour aux courses

    C’est le moment de mon petit inventaire épisodique des rayons des supermarchés. Axé principalement sur les boissons. J’y ai déjà retrouvé le lait Gloria de mon enfance, je ne sais pas si c’est encore vendu en France. Gloria fait aussi dans la colada morada, cette boisson sucrée à base de maïs violet typiquement péruvienne. Pas besoin de chercher longtemps dans les rayons pour trouver de la Cusqueño, cette bière très populaire originaire comme son nom l’indique de Cuzco. Et puis l’inévitable Inca-Kola, disponible ici en pack de 2 fois 3 litres, témoignant de la forte consommation locale. Coca-Cola est jaloux de cette boisson qui lui vole la vedette, et c’est peut-être l’entreprise américaine qui pousse à la commercialisation de packs mixtes : 3 litres d’Inca-Kola + 3 litres de Coca-Cola. Avec une possibilité pour que la boisson locale ne perde pas la face : des packs de 6 litres d’Inca-Kola pour 3 litres de Coca-Cola. Cela dit, c’est plus la santé que la face qui est à perdre pour les péruviens, avec pas loin d’un kilogramme de sucre dans ce pack de 9 litres ! On termine sur une particularité bien sud-américaine avec ce rayon intitulé carnes y aves, soit viandes et volaille. Là-bas, attention, la volaille ça n’est pas de la viande !


    Chan Chan

    Nous faisons connaissance, toujours dans la banlieue de Trujillo, avec un nouveau peuple précolombien, les Chimú, qui ont vécu ici du IXe au XVe siècle de notre ère jusqu’à être absorbés par les Incas (dans le sens figuré, ce n’était pas des anthropophages !). Avant de disparaitre, ils ont largement eu le temps de bâtir un ensemble de 9 citadelles toutes en argile et paille. Ce n’est rien moins que la plus grande ville en adobe au monde, et elle a remarquablement survécu au temps. Seule l’un des citadelles est en cours de restauration. On peut y apprécier des murs décorés de motifs représentant la mer, les poissons et les oiseaux, les Chimú rendant hommage ainsi à leur dépendance à l’océan Pacifique et à leurs croyances animistes. Et puis de grandes salles de réunions administratives (tribunaux, etc.) ou publiques et un système avancé de gestion de l’eau, essentiel dans cette région pour transformer le désert en terres fertiles. Encore un site étonnant où beaucoup reste à découvrir.


    David et Goliath

    2 véhicules que tout oppose mais volontiers choisis pour la vie nomade. Faut-il privilégier l’aspect passe-partout ou le confort ? Et vous, seriez-vous plutôt David ou Goliath ?


    Retour sur la culture Moche

    Dans un musée qui leur est consacré, nous en apprenons un peu plus sur la culture Moche (ou Mochica, c’est plus joli) qui a prospéré sur la côte nord du Pérou entre 100 et 700 ap. J.-C. Cette société avancée était dirigée par une élite guerrière et religieuse, avec des prêtres, des artisans et des paysans. Leurs villes en adobe étaient entourées par des pyramides qui n’étaient accessibles qu’aux élites. La guerre préoccupait leur quotidien, tout comme le climat. Finalement nous ne faisons pas mieux, sauf qu’à l’époque pour faire pleuvoir, on sacrifiait des humains aux dieux des montagnes. Tout ceci se retrouve parfaitement illustré sur leurs poteries, un art dans lequel ils excellaient. Et à moindre degré dans des objets en métal dont ils maîtrisaient aussi la technique.

    Deux de ces pyramides sont d’importance archéologique majeure dans la région : celle du soleil (Huaca del Sol) et celle de la lune (Huaca de la Luna). Si la première est au stade zéro des explorations (elle était consacrée au pouvoir politique – on craint peut-être d’y découvrir des horreurs), la seconde a été en grande partie dégagée. Cette pyramide haute d’environ 21 mètres, entièrement construite en briques d’adobe, a, autour d’une cour intérieure, une apparence de gradins. Elle est composée en fait de plusieurs plates-formes superposées, chacune correspondant à une phase de construction différente. A chaque niveau, les murs sont décorés de fresques polychromes toutes originales et remarquablement conservées, représentant des divinités, des scènes mythologiques et des motifs géométriques. Une visite extraordinaire en immersion dans une civilisation disparue. Obligatoirement guidée mais par des gens compétents et utiles à la compréhension du site.


    Mur Murs documenteurs

    C’est par ce clin d’œil aux documentaires jumeaux d’Agnès Varda que j’aborde cette immense fresque historique proposée à ses habitants et peut-être aussi aux touristes par la ville de Chiclayo. Sur 390 m le long d’une avenue est illustrée l’histoire des civilisations précolombiennes Moche et Lambayeque. Conçues par des archéologues et des artistes locaux, ces fresques sont un véritable livre à ciel ouvert, un plus culturel indéniable pour la ville.

    Elles prolongent en fait une série de statues relatives à ces 2 civilisations et à leur divinités monstrueuses, que nous avons revues avec plaisir après notre première rencontre dans la ville de Moche.


    Toutous nus

    Depuis que nous sommes dans cette région du nord du Pérou, nous rencontrons d’étranges chiens totalement démunis de poils ou presque (parfois ils ont un petit toupet sur la tête ou le dos) comme s’ils sortaient tondus de chez un véto ayant suspecté une teigne généralisée. Ça leur donne un air à la fois maladif et attendrissant, d’autant que ce sont des animaux plutôt gentils avec les humains. Les civilisations pré-incas ne s’y sont pas trompées et ont élevé ce chien tout nu au rang d’animal sacré. Il existait donc déjà il y a 2 ou 3000 ans et figure sur des poteries de l’époque, aux côtés de prêtres notamment. On prêtait autrefois à ces animaux des vertus curatives liées à la chaleur que leur corps procurait en peau à peau avec les humains. De vraies bouillottes vivantes !


    Scanner à toute heure


    Vamos a la playa

    Le littoral péruvien, avec ses 3000 km, comporte de très nombreuses plages, dont la plupart sont aussi sauvages qu’inaccessibles, notamment dans le Sud. De toutes façons, les vagues fortes et la température basse de l’eau n’attire guère les baigneurs. Près des grandes villes du milieu du pays, c’est la pollution et l’insécurité qui posent problème, notamment autour de la capitale Lima. Finalement, les plages qui commencent à avoir un peu d’intérêt pour les touristes sont celles du nord, à proximité de la frontière équatorienne, où les courants tropicaux affrontent le courant froid de Humboldt venu de l’Antarctique, rendant l’eau tempérée en été (décembre à avril). C’est là que nous avons daigné faire trempette, du côté de la ville de Mancora. Une station balnéaire qui n’a rien à voir avec nos standards européens : rue principale défoncée et poussiéreuse, rues secondaires en terre et insécures. Comment imaginer que si la ville ne dispose pas des moyens pour entretenir sa voirie elle puisse mettre en place un réseau d’assainissement correct ? Nous nous sommes éloignés le plus possible du centre et des quelques affluents douteux, en nous installant dans la cour d’un petit hôtel pour pouvoir garder nos fenêtres ouvertes la nuit (29°C au plus bas, 37°C dans la journée !).

    L’ambiance générale était plutôt agréable, j’ai eu le temps d’observer quelques fleurs intéressantes, mais la chaleur nous a donné très envie de retourner dans les montagnes. C’est le bon moment pour quitter le Pérou et gagner l’Équateur ! A bientôt là-bas !