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  • 187. Bogotá – La Macarena et retour

    187. Bogotá – La Macarena et retour

    En plus de la visite de Bogotá, la capitale de la Colombie, nous allons nous rendre en avion au parc de La Macarena pour voir l’une des merveilles naturelles du pays : les rivières rouge-sang de Caño Cristales.

    Parcours Bogotá - Villavicencio - La Macarena et retour
    Le parcours Bogotá – Villavicencio – La Macarena et retour décrit dans cet article, en version zoomable ici

    Trajet express Bogotá – Villavicencio

    C’est un fait qui nous joue parfois des tours : nous détestons organiser des excursions trop à l’avance, quitte parfois à en rater certaines. Cela nous semble rogner sur notre liberté d’agir, et puis s’il faut réserver longtemps auparavant, c’est qu’il y a foule et ça nous n’aimons pas trop non plus. C’est la veille d’arriver à Bogotá que nous prenons contact avec une agence pour la visite d’un lieu isolé dans la jungle amazonienne que nous ne pouvons pas rejoindre avec Roberto pour cause de routes impraticables et qu’il nous faudra donc atteindre en avion. S’y prendre un samedi pour un départ en avion le mercredi, c’était assez osé. Les sites des autres agences ne donnaient pas de disponibilités avant deux semaines. Quant à notre guide papier, il recommandait d’anticiper la réservation de plusieurs mois. Mais notre agence était cool, la seule vraie complication a été le règlement, uniquement par virement bancaire international, ce qui était pour nous impossible à mettre en œuvre sur un délai aussi court. Ils ont finalement envoyé un lien pour un règlement en ligne, mais ça n’a pas marché du premier coup, il nous a fallu une seconde carte pour y parvenir. Et, après avoir rejoint le mercredi la petite ville de Villavicencio à 3h de route de Bogotá, nous étions dans l’avion le mercredi !


    Petite agence, petites formalités, petit avion…

    Nous sommes convoqués le matin à 7h devant le local de l’agence dans l’enceinte de l’aéroport. Claudie et moi montons sur la balance sac à dos compris, puis c’est le tour de notre petit bagage soute qui sera placé aux côtés de sacs hétéroclites plus proches dans l’aspect de sacs poubelles que de valises. On nous remet 2 cartes d’embarquement « spéciales » complétées à la main avant de nous envoyer dans la cafétéria de l’aéroport où l’on viendra nous chercher quand il aura cessé de pleuvoir… tout un programme. Ni notre avion ni notre destination n’apparaissent sur le panneau d’affichage des vols en partance, ce qui ne semble pas plus étonnant que ça après tout ce qui a précédé. Et puis finalement on vient nous chercher. Claudie est arrêtée au passage des sacs à dos aux rayons, non pas à cause de sa bouteille d’eau pleine mais en raison de sa perche à selfie. Les deux seront finalement autorisées et nous voilà sur le tarmac encore très humide de tout ce qu’il vient de tomber. Nous passons devant des avions de plus en plus petits, cherchant lequel serait le nôtre, pour arriver devant un petit Cessna de 6 places. 3 autres passagers seront du voyage, le compte est bon avec le pilote, si c’est bien lui qui est assis devant le manche vêtu d’un jean et d’un gilet jaune. L’avion n’est pas tout jeune, mais bon, ça fait partie de l’aventure. De toutes façons plus le choix : nous voilà à nous élancer sur la piste sans même avoir marqué de temps d’arrêt à son seuil. Le pilote (finalement le gilet jaune c’est bien lui) a l’air pressé…


    Vol au-dessus de la forêt amazonienne

    Le ciel va rester nuageux et l’air brumeux tout au long de l’heure de vol, ce qui ne va pas aider au rendu des photos qui pourraient être sympathiques avec une altitude de croisière qui ne va pas dépasser les 1500m. Nos avons tout de même l’occasion d’observer l’alternance de forêts denses, de pâturages et de plantations de palmiers à huile. Contrairement au Brésil où la déforestation connaît un certain recul, ici dans ce parc c’est l’équivalent de 3300 terrains de football qui disparaissent encore chaque année, au profit de l’élevage ou des cultures de coca (y compris dans ce parc national protégé !). Mais ne tergiversons pas, notre descente a commencé vers le petit aéroport du village au nom dansant de La Macarena, entrée du parc éponyme que nous avons hâte de visiter.


    Première journée au Parc Sierra de la Macarena

    1. Présentations

    La récupération des bagages est vite faite (directement dans l’avion) et nous nous dirigeons vers la sortie, passant sous un panneau de bienvenue occupé pour un tiers par la photo d’un militaire armé jusqu’aux dents. Histoire de nous rappeler que la région a été longtemps (50 ans !) sous la domination des FARC qui ont fini par rendre les armes après un accord de paix avec le gouvernement. Des groupes dissidents ou paramilitaires continuent à rôder dans le coin, poursuivant leur part de narcotrafic et menaçant les gardes forestiers, aussi a été installé dans le cœur du village un gros contingent militaire pour la sécurité des habitants celle des touristes qui les font vivre. Notre agence de voyage nous attend dès la sortie et nous confie au guide, un jeune homme qui nous accompagnera pendant 2 jours, aucune visite du parc n’étant permise en solo. Après une présentation obligatoire à l’office du tourisme accompagnée de recommandations, nous déposons notre valise à l’hôtel et embarquons sur le fleuve Guayaraba à bord d’une pirogue.


    2. Trajet en pirogue et grimpette dans la forêt

    Ce large fleuve boueux agité d’un fort courant nous rappelle le Maroni en Guyane. Longeant les rives, nous découvrons un peu de faune locale : divers oiseaux et quelques tortues. Nous sommes déposés sur un quai en boue séchée et partons pour une randonnée de 11 km. D’abord une belle grimpette dans la forêt tropicale humide avec végétation luxuriante, murs végétaux suintants, cascades et même des peintures rupestres. Nous sortons de la jungle à un beau point de vue sur toute la région. C’est le moment du déjeûner, de type fiambre : un petit paquet en feuille de bananier contenant un plat associant riz, pommes de terre, banane plantain et viande.


    3. Balade sur le plateau au milieu des vellozias

    Rassasiés, nous repartons cette fois sur un haut-plateau, un prolongement paraît-il du plateau des Guyanes. Nous nous faufilons sur un sol rocheux mais ruisselant en permanence, entre les arbustes emblèmes de cet écosystème, formant des bouquets de tiges velues ornées au sommet d’un bouquet d’une dizaine de feuilles étroites. Ces Vellozia tubiflora ne doivent pas leur nom à leur vélocité de pousse, bien au contraire : ils ne croissent que d’un centimètre par an, directement sur la roche. Ils ont aussi la particularité de retenir l’eau et d’être relativement résistants aux incendies. Nous verrons effectivement plusieurs secteurs où sur des tiges noircies par le feu émergent des feuilles bien vertes.


    4. La transparence du Rio Cristalito

    En redescendant, nous allons suivre le Rio Cristalito, une rivière aussi transparente que son nom l’indique et dans laquelle nous aurons l’occasion d’une baignade rafraîchissante. Nous observerons enfin de jolies plantes tropicales et un petit élevage de tortues avant de rejoindre notre pirogue de retour. Une première journée bien remplie. Mais le meilleur est pour demain : nous devrions voir rien de moins que l’une des 7 merveilles de Colombie !


    Seconde journée : Caño Cristales et parrando llanero

    1. Caño Cristales, la rivière aux 5 couleurs

    L’attrait majeur du Parc National de la Sierra de la Macarena, c’est une plante aquatique qui ne pousse qu’ici : Macarenia clavigera. Elle tapisse le fond des rivières et, lorsque les conditions d’ensoleillement, de température et de niveau de l’eau sont réunies – ce qui n’arrive qu’entre juin et novembre – elle se pare de couleurs allant du vert au rouge vif du plus bel effet. À certains endroits, le phénomène s’étend sur plusieurs centaines de mètres et le spectacle est véritablement féérique. Et dynamique à la fois car la plante ondule sous les effets du courant ou accompagne le début des cascades. Le décor lui-même est à la hauteur, avec cette rivière vive qui creuse un sol karstique ou descend en formant de grandes marches d’escalier.

    Une fois la saison passée, la plante perd ses belles couleurs et sont volume, redevenant un insignifiant tapis marron. Elle ne reprendra ses couleurs qu’au début de l’été suivant. Et à condition que la population locale et les touristes ne viennent pas polluer le cours de la rivière. C’est ainsi que le Rio Cristalito que nous avons visité en premier s’est dégarni de ses macarenias. Seul le Caño Cristales, lieu de notre visite du jour, en possède encore un nombre important, grâce à des mesures de protection drastiques : limitation du nombre de visiteurs quotidiens dans le parc, répartition sur plusieurs sentiers, interdiction d’entrer avec des bouteilles d’eau en plastique jetable, repas fournis par les agences enveloppés dans des matériaux biodégradables, baignade autorisée dans des secteurs limités et avec interdiction de s’enduire de crème solaire ou de répulsifs anti-moustiques. Apparemment les règles sont bien suivies puisque nous avons pu voir ce spectacle éblouissant qui mérite bien son nom de merveille naturelle de Colombie.

    Claudie et moi devant les magnifiques macarenias de Caño Cristales
    Claudie et moi devant les magnifiques macarenias de Caño Cristales

    2. Le parrando llanero, la fête des cow-boys colombiens

    Nous sommes conviés le soir même à un parrando llanero, reconstitution d’une fête traditionnelle locale à l’intention des touristes. Instauré 2 fois par semaine par la municipalité en lien avec les agences locales, ce spectacle qui pourrait paraître ultra-touristique s’apparente aussi à une cérémonie de bienvenue par des habitants, heureux de nous voir après avoir souffert des 50 ans du conflit armé. Un animateur d’ailleurs cite les différents pays représentés par la centaine de convives et les (nous) remercie d’être là.

    Les Llaneros, ce sont les habitants de la région, des éleveurs de bétail avant tout, que l’on pourrait comparer aux gauchos argentins, mais avec des traditions propres. Comme les chants a cappella d’accompagnement du bétail (pour ne pas le stresser) ou encore leurs sortes de rodéos.

    Le parrando llanero s’apparente, lui, à un repas dansant. On y déguste de la viande de bœuf ou de veau cuite des heures à la verticale sur des pics plantés près de braises ardentes, accompagnée de yuca, plantains ou galettes de maïs. Tout en buvant une bonne Aguila bien fraîche (la bière la plus célèbre de Colombie). Un quatuor de musiciens jouant de la harpe, du cuatro (guitare miniature), des maracas et de la guitare basse joue seul ou accompagne tantôt un chanteur tantôt des danseurs de joropo en habits traditionnels. Qui en effectuent d’abord la démonstration avant d’inviter le public à participer.

    Nous avons été impressionnés par cette danse llanero très particulière, qui mélange flamenco, percussions amérindiennes et rythmes complexes et endiablés africains. Le joropo se danse en couple, avec des pas glissés et des frappements de pieds au son de la harpe, du cuatro et des maracas. L’homme guide la femme avec des tournoiements vifs et élégants. Mais le plus marquant est cette accélération soudaine du rythme en cours de danse, avec des claquements de pas de plus en plus marqués. Les enfants sont formés très tôt au joropo, qui nécessite des années pour sa maîtrise. Au cours du spectacle nous allons justement voir des démonstrations par des enfants, des ados puis des adultes avec évidemment une virtuosité qui progresse avec l’âge. Mais la danse des plus jeunes était déjà impressionnante.


    Troisième journée : état des routes, dernière balade et vol de retour

    1. De l’utilité du pick-up

    Ce matin, c’est un nouvel accompagnateur qui vient nous chercher en pick-up, accompagné de son épouse. Nous partons dans un nouveau secteur du parc national, sur une route forcément en terre puisqu’il n’y a que ça dans le coin. Encore que la terre ne soit pas toujours le seul constituant, nous allons pouvoir le constater. Entre autres éléments, nous trouverons de l’herbe, de la roche, de l’eau, et même des petites flaques de pétrole (qui affleure volontiers à la surface ici). Et le tout agrémenté d’un cochon et de canards que l’on dérange manifestement au passage des gués. Nous allons prendre des chemins de plus en plus étroits, repoussant la végétation, jusqu’à ce que finalement ça ne passe vraiment plus. Là, notre chauffeur et son épouse abandonnent leur véhicule et nous poursuivons à pied.


    2. Dernière balade dans le parc de La Macarena

    C’est à pied donc que nous poursuivons la balade. Après avoir rencontré quelques plantes locales au bord du chemin, retrouvé de nombreux vellozias bien fleuris (pour un jour comme vous le savez), nous allons atteindre une jolie petite rivière perdue dans les arbres. Mais couverte de nos chères macarenias rouge vif. Une piqûre de rappel en quelque sorte avant notre départ.


    3. Adieux à l’agence et vol de retour

    De retour à l’hôtel, nous plions bagages et allons prendre le déjeûner pendant qu’une pluie battante tombe dehors, ayant sagement attendu la fin de notre séjour. Nous partons à pied à deux pas à l’agence qui est elle-même à deux pas de l’aéroport. Dans ce village de taille modeste, tout est à deux pas en fait ! Nous les remercions chaleureusement pour leur organisation sans faille et pour ces merveilles que nous avons pu voir. Nous prenons conscience que nous aurons fait travailler beaucoup de monde au cours de ce bref séjour. Personnel de l’agence bien sûr, mais aussi guides, pilotes de pirogue et d’avion, chauffeurs de 4×4, personnel du parc national, employés d’hôtellerie et restauration, employés ou gérants des boutiques où nous avons pu consommer quelques rafraîchissements, voire acheter une paire de chaussures de marche les miennes ayant lâché sur ces terrains difficiles !

    Après pesée de nous et de nos sacs, nous sommes invités à patienter dans la petite salle d’attente de l’aéroport. Il n’y a plus d’électricité ni de téléphone depuis la forte pluie, mais ça n’inquiète personne. Rapidement, un homme en civil vient nous chercher. Nous le reconnaissons : c’est le pilote de l’aller. Il nous fait monter dans le même petit Cessna dont nous serons les seuls passagers et met rapidement le moteur en route. Je me suis demandé s’il n’allait pas se dépêcher de décoller avant un bi-turbo-propulseur à côté de nous, dont les hélices tournent aussi. Mais non, l’autre avion décolle et puis c’est notre tour. Mêmes paysages brumeux qu’à l’aller, mais j’ai cette fois une meilleure vue sur le poste de pilotage. Ce qui n’est pas forcément un bien car je constate que plusieurs instruments ne fonctionnent pas, comme l’horizon artificiel de secours qui nous donne très penchés alors que nous sommes à plat ou ce compas qui indique l’Ouest alors que nous volons vers le Nord. En compensation il y a bien sûr ce GPS mobile que le pilote a posé devant lui. Mais qu’il ne le regarde pas beaucoup, plus absorbé dans les messages qu’il envoie sur son smartphone, redressant un peu le manche de temps en temps quand nous tanguons un peu trop. Mais manifestement l’avion connaît la route, et nous arrivons bientôt en vue de la piste de Villavicencio. Épisode Sierra de la Macarena terminé et concluant.


    Joies de la vanlife

    1. Délogés de notre parking !

    Après avoir passé une première nuit tranquille sur le parking de l’aéroport de Villavicencio juste avant notre trajet pour La Macarena, c’est tout naturellement que nous décidons d’en enchaîner une seconde à notre retour. Mais une fois la nuit tombée, le service de sécurité vient nous demander de partir, affirmant que passer la nuit dans son véhicule n’est pas permis par les autorités aéroportuaires. Pourquoi ça a fonctionné le premier soir ? Mystère ! Alors nous avons traversé la ville de nuit, ce qui n’est pas spécialement recommandé, pour nous trouver un autre emplacement à l’autre bout de la ville. Rien de plus agaçant, heureusement que ça n’arrive pas souvent.

    Roberto sur le parking de l'aéroport de Villavicencio, Colombie
    Roberto sur le parking de l’aéroport de Villavicencio

    2. Perte d’une partie de notre linge…

    En arrivant à Villavicencio, nous avions laissé 2 sacs de linge à laver dans une lavanderia (en Amérique du Sud en effet, il est rare de trouver des laveries automatiques comme en Europe ou en Amérique du Nord), avec l’intention de le récupérer juste avant de repartir pour Bogotá. À la récupération, c’est la valeur d’un seul sac qui nous est rendue, l’employée justifiant le volume réduit par le conditionnement comprimé. Tout est emballé dans du film étirable et comme nous sommes mal garés, nous ne vérifions pas de suite et reprenons la route. C’est seulement en arrivant à Bogotá, 3 heures plus tard, que Claudie déballe tout. Ne contrôlant pas la sortie de la machine, il n’est pas exceptionnel de perdre un sous-vêtement ou une chaussette, mais là, c’est la moitié de notre linge qui manque ! Pas question de tout refaire en sens inverse, ce n’était que du linge usagé après tout. Claudie met tout de même un commentaire négatif sur Google Maps. Et nous avons la surprise de recevoir une réponse de la lavanderia sur WhatsApp. Ils sont désolés et nous demandent notre adresse pour nous renvoyer le linge manquant. Notre adresse ? Roberto sur la route Untel à 3 heures de là ? Nous donnons sans trop y croire l’adresse du parking où nous prévoyons de stationner. Et le lendemain à 20h, un dimanche, alors que la grille du parking est fermée, un message nous informe qu’un livreur est là à nous attendre. Effectivement, un livreur en moto est là avec le paquet de linge sur son porte-bagage. Je n’arrive pas à savoir s’il a fait les 3 heures de route juste avant, mais la lavanderia a bien rattrapé le coup. Claudie a retiré son commentaire…

    Notre Lavanderia de Villavicencio - Service pas top mais SAV irréprochable
    Notre Lavanderia de Villavicencio – Service pas top mais SAV irréprochable

    Bogotá

    Nous rejoignons la capitale de la Colombie après 3 heures d’une route montagneuse assez pénible. L’environnement est plutôt agréable si l’on excepte les nombreux et longs tunnels, mais la route est envahie de camions qui roulent à petite vitesse en raison de la pente soutenue – nous allons passer de 600 à 2600m. Et les possibilités de dépassement ne sont pas si fréquentes.

    Nous allons trouver un grand parking qui nous hébergera pour 3 nuits. Bien que situé en plein centre-ville, dans le quartier le plus touristique de La Candelaria et tout près du palais présidentiel, il va se révéler extrêmement calme. La seule exception étant les secousses répétées dans Roberto un matin à 7h30, confirmées peu après comme un puissant tremblement de terre survenu à 400 km de là et ressenti jusque dans les pays voisins. Notre parking étant en plein air et Roberto étant parasismique grâce à ses amortisseurs, nous n’avons couru aucun risque. Bogotá elle-même n’a presque pas subi de dommages, mais les régions plus proches de l’épicentre – que nous avions d’ailleurs traversées 3 semaines auparavant – ont été fortement impactées avec plus de 250 morts et des milliers de blessés.

    Après la chaleur de la jungle et pendant que la France souffre de la canicule, nous trouvons à Bogotá une fraîcheur bienvenue. La ville est d’ailleurs surnommée par les locaux « la glacière » en raison de son climat frais et humide particulièrement changeant. 11°C la nuit et 20°C le jour pendant notre visite : des conditions idéales pour la vie nomade. Avec 8 millions d’habitants, la ville est tentaculaire, mais nous allons nous limiter à quelques quartiers, à commencer par La Candelaria, le cœur historique de la ville qui réunit à la fois les restes de l’architecture coloniale, une offre culturelle notable, quelques rues et placettes pittoresques, et beaucoup de street-art. Impossible bien sûr de tout vous raconter, ce serait même ennuyeux, alors voici quelques morceaux choisis, avec les commentaires dans les images.

    1. Les restes coloniaux


    2. La maison de Simon Bolivar


    3. Quelques plats colombiens typiques


    4. L’art du café


    5. Le secteur des chicherias


    6. L’autre musée Botero


    7. L’art de rue


    8. La colline de Montserrat et son funiculaire


    9. Le musée de l’or


    10. Bogotá insolite

    La capitale a encore sans doute beaucoup à offrir ou découvrir, mais nous n’aimons pas rester trop longtemps dans les villes. Sans parler de Roberto qui s’ennuie sûrement à ne rien faire. Alors nous voilà déjà repartis vers le nord de la Colombie. Tranquillement.

  • 116. De l’île au lac

    Un joli parcours depuis la dernière publication qui nous a amenés du point le plus austral de notre parcours italien jusqu’à la région des grands lacs. Nous avons découvert des merveilles, pas tant dans les paysages un peu ternis par l’hiver qu’au coeur des villes et d’édifices religieux ou encore dans des musées. Sienne, Florence, San Gimignano, Bologne, Milan, Modène, Côme nous ont comblés. J’espère que vous aussi serez conquis.

    Nous en étions là…


    10 mois où ?

    Après sa première abdication en 1814, Napoléon fut contraint à s’exiler. On lui donna le choix entre Corfou et Elbe. Comme il n’avait pas envie d’aller se faire voir chez les Grecs, il choisit la seconde, peut-être aussi pour la ressemblance avec sa Corse natale.

    Curieusement, alors qu’il avait annexé de force l’Italie, il fut plutôt bien reçu par les habitants qui y voyaient là une manière de se faire connaître. Imaginez que Napoléon ait séjourné à Saint-Paterne Racan, vous auriez entendu parler de Saint-Paterne-Racan, alors que là, non.

    En arrivant là-bas, dans ce qui était devenu son royaume, il entreprit d’emblée de grands travaux pour moderniser l’île, notamment construire des routes et un hôpital (ben oui, pour les accidentés de la route, tiens) Les taxes et les impôts grimpèrent d’un coup et la sympathie des habitants descendit d’autant. Ils auraient bien bloqué les routes, mais elles n’étaient pas encore finies. Le temps que tout ça se mette en place et qu’ils constituent des stocks de lisier-à-projeter, Napoléon s’était déjà fait la malle puisqu’il ne resta dans l’île que 10 mois.

    Il eut tout de même le temps d’acheter 2 maisons, que nous avons visitées. La résidence d’été est la plus spectaculaire, affichant un peu partout les symboles de l’Empereur, comme le N, l’aigle ou l’abeille. On y trouve bien sûr les pièces à vivre et du beau mobilier, ainsi que de nombreux tableaux. (suite au prochain épisode)


    Tour de l’île

    L’île d’Elbe fait 28 km sur 19 et possède un relief assez tourmenté. Roberto s’est fait plaisir en parcourant les petites routes parfois très étroites ou en corniche qui en font le tour. Au gré des criques et des arêtes montagneuses, on découvre de jolis petits villages, hébergeant qui un port de pêche qui une plage et quelques hôtels à taille humaine. La végétation est dominée par les pins parasols et les cactus raquettes, rappelant la Corse à ceux qui y sont allés (ses côtes sont à moins de 50 km de là). Nous sommes passés devant un étonnant télécages (comment appeler autrement cette sorte de télécabine utilisant un genre de cages à oiseaux pour transporter les gens) que nous aurions bien essayé s’il n’était pas fermé. Enfin, le climat est doux, tempéré par la mer Tyrrhénienne. Il a l’air de faire bon vivre ici. Napoléon aurait mieux fait d’y rester au lieu d’aller faire le malin à Waterloo. (suite au prochain épisode)


    La fuite organisée

    Le départ de l’Empereur était un peu expliqué dans la seconde résidence de Napoléon, que nous avons visitée à Portoferraio. C’est de là qu’il dirigeait son île, accompagné d’une cour de fidèles, et soutenu dans la logistique (euphémisme pour parler des bals, banquets et autres teufs) par sa sœur Pauline. Comme dans la résidence d’été, on y trouve du mobilier d’époque, de nombreux livres ramenés de France, et l’on admire la décoration à l’italienne où tout du sol au plafond est en trompe-l’œil.

    Loin de l’évasion sophistiquée de Franck Morris à Alcatraz, le départ de Napoléon était tout de même réfléchi. Il profita du départ de son surveillant anglais, parti rejoindre sa maîtresse à Livourne et des réparations d’un navire de 18 mètres qui s’était échoué dans la rade de Portoferraio la capitale de l’île. Il réarma le navire de canons et de vivres, fit grimper à bord une armée réduite (sic) de 673 hommes et quitta les lieux un soir, acclamé par la population et après avoir serré la main du maire… 3 jours après, il abordait à côté de Cannes et filait à la capitale pour reprendre le pouvoir. Pour un CDD de 100 jours comme chacun sait.


    Sienne de vie

    Je ne connaissais jusqu’ici de Sienne que la couleur de terre figurant sur mes tubes de gouache au collège ou au lycée, sans d’ailleurs me poser la question de l’origine à cette époque. Il faut dire que les cours de dessin ne m’ont jamais intéressé. Ça ne doit pas être génétique parce que mon frère cadet a fait toute sa carrière comme prof de dessin ! Toujours est-il que nous voilà rendus à Sienne, en Toscane, et que la couleur de la terre récemment labourée dans les champs est effectivement d’une belle couleur marron. Cela dit, il parait qu’aujourd’hui on utilise davantage des oxydes de fer synthétiques qui ont à peu près la même couleur. Ça permet d’éviter de piquer de la terre aux agriculteurs, ils ont assez de problèmes comme ça.

    C’est donc plutôt la ville que nous allons visiter. Encore une cité médiévale très haut perchée et piétonnisée. La forte pente des ruelles pourrait être dissuasive, aussi la municipalité met-elle à disposition des touristes et des habitants des escalators en chaînes afin qu’ils puissent parvenir au sommet. Il y a aussi pas mal de défibrillateurs au cas où…

    Le point fort de la visite, loin devant tout le reste, est la superbe cathédrale, dont on découvre d’abord la façade de marbre principalement blanc qui éclate au soleil de ce début d’après-midi. D’allure plutôt plane, elle est ornée d’une multitude de sculptures très détaillées sur les angles et autour des portes. Il faut se déplacer sur le côté pour apercevoir le grand campanile noir et blanc et le dôme qui surplombe la nef. A l’intérieur, l’émerveillement se poursuit : grandes colonnes noires et blanches, mosaïques de marbre au sol, grandes fresques murales sur les parois. La bibliothèque en est totalement revêtue, des murs au plafond. Vraiment du beau boulot. Éclipsant les autres attraits proposés par la ville.


    Dis-moi qui a la plus grosse…

    Oui, San Gimignano est encore une cité médiévale haut perchée et piétonnisée comme la précédente. Mais chacune à sa particularité qui fait qu’on s’y arrête. Là, ce sont les tours qui dominent, 13 sur les 75 d’origine, provenant de cette époque du XIè – XIIème siècle ou les notables construisaient des tours au-dessus de leur palais, voulant montrer chacun aux autres qu’ils avaient la plus grosse. Orgueil mal placé ne profite jamais, la peste et la crise économique du siècle suivant ont fait partir beaucoup d’habitants, vers le cimetière pour les uns et vers la riche Florence voisine pour les autres. Quand on se balade dans les rues étroites de la petite ville, on se demande bien comment on avait pu faire tenir 62 tours supplémentaires. En tout cas, le caractère médiéval est bien conservé et pas trop perverti par le tourisme.


    Cachez ce Saint…

    Un autre point d’intérêt à San Gimignano est l’église Santo Agostino, ou plutôt ses fresques bien mises en valeur par une grande luminosité qui fait souvent défaut dans nombre d’édifices religieux. Et dans le détail, notre guide papier pointe une curiosité : sur le tableau appelé « Saint Sébastien miséricordieux », au-dessus du Saint en question la Vierge Marie a les seins nus, ce qui est assez rare dans les images liturgiques. Et le plus étonnant parait-il (le second lieu était fermé), dans la cathédrale de San Gimignano figure un autre tableau réalisé par le même artiste, Benozzo Gozzoli, un an plus tard où cette fois c’est Saint Sébastien qui est (presque) nu. La raison est que cette fois il joue le rôle de martyr pour implorer Dieu de protéger les hommes de l’épidémie de peste qui est en cours (1465).


    Canem fabula


    Fierté


    Bellissima Firenza

    En se baladant au cœur de Florence, on a l’impression d’être dans une œuvre d’art. Les façades des immeubles et surtout des palais ont un style mi-médiéval mi-renaissance, affichant volontiers des statues dans de petites niches, tandis que les édifices publics comme religieux sont couverts de fresques sur leurs murs comme sur leurs plafonds. Comme nous l’avons déjà constaté ailleurs dans le pays, plus l’aspect extérieur des bâtiments est richement décoré, plus l’intérieur est sobre et réciproquement. Ainsi, l’immense et merveilleuse cathédrale toute de marbres polychromes vêtue est presque vide à l’intérieur. Au contraire, le Palazzo Vecchio, assez sobre à l’extérieur, est presque totalement couvert de fresques sur plusieurs étages à l’intérieur. Nous verrons bien sûr quelques incontournables, comme le Ponte Vecchio, la Galerie des Offices, où l’un des David de Michel-Ange sur la place du même nom offrant un panorama sur toute la ville. Nous dégusterons quelques spécialités locales dans une petite osteria (auberge) du quartier historique. Pour éviter de perdre du temps dans les embouteillages, nous avons trouvé un petit parking tranquille au nord de Florence et pris le tramway 2 jours de suite pour gagner le centre. Florence mérite sans doute un séjour plus long, mais nous avons un long chemin devant nous.


    Florence côté face


    Jeu d’arcades et tours en péril

    Nous quittons Florence et la Toscane pour Bologne, une jolie ville de la région d’Émilie-Romagne. Belle harmonie de façades aux dominantes ocres, grand centre historique aux rues presque entièrement bordées d’arcades, population jeune grâce à son université renommée de longue date, palais et églises richement décorés : la ville n’a pas grand-chose à envier à Florence. Ni à Pise d’ailleurs, grâce à ses deux tours qui penchent méchamment. Certes l’inclinaison de la plus penchée (3,8°) est plus faible que celle de Pise (5,6°) mais, à l’inverse de cette dernière, elle continue de s’aggraver au point que les abords immédiats du site sont fermés depuis cet automne.


    Le mythe des spaghettis bolognaise

    Levons tout de suite un mythe, la grande spécialité culinaire de la ville n’est pas les spaghettis bolognaise. Je n’en ai trouvé sur aucun menu et il paraît que ça viendrait des américains, ce qui ne m’étonne pas. La sauce bolognaise par contre existe bien. Elle est la base des lasagnes (dire lasagnes bolognaises est un pléonasme) et peut aussi traditionnellement accompagner des tagliatelles. A Bologne, nous avons vu aussi fabriquer un autre mets local, les tortellinis, sortes de raviolis savamment tordus. En cherchant d’autres plats typiques sur un site internet, je tombe d’abord sur un étrange message : « ce site héberge des cookies »… Non non ! les cookies ne sont pas bolognais ! Trève de plaisanterie, j’apprends que la mortadelle, la soupe anglaise (un dessert fait d’un biscuit cuiller trempé dans une liqueur à la cannelle et aux clous de girofle, auquel on adjoint crème pâtissière et chocolat noir) et le gâteau de riz sont aussi des spécialités de Bologne.


    La vengeance du sculpteur

    Sur la Plazza Maggiore de Bologne trône une statue de Neptune dont l’histoire mérite d’être contée : Elle fut commandée au XVIème siècle par le pape Pie IV au sculpteur Giambologna. Jugeant que l’artiste avait un peu exagéré la taille des organes génitaux, le pape lui ordonna de les rendre plus modestes. Le sculpteur fut bien obligé de s’exécuter mais trouva le moyen de se venger. En effet, lorsque l’on se place à l’arrière droit de la statue, le bras de Neptune brandi à l’horizontale lui redonne une belle virilité !


    Ma nuit au musée

    Certes, il ne faisait pas réellement nuit, mais après une belle matinée ensoleillée, le ciel s’était bien obscurci l’après-midi et nous nous sommes consolés en entrant visiter un musée un peu spécial dans la vieille université de sciences de la ville. Dans des locaux très sombres accompagné de sons bizarres (je dirais des baleines un peu enrouées pour vous donner une idée) nous longeons des vitrines dont le contenu semble avoir été choisi pour être dérangeant : animaux chimériques ou bicéphales, parties effrayantes d’animaux comme cet intestin d’éléphant ou cette tête toute tordue avec des dents de requin. La pièce suivante est consacrée aux humains, squelettes plus ou moins couverts de muscles comme on peut en voir dans les salles d’anatomie, mais toujours mis en scène : avec une faux, avec des yeux brillants, etc. On y trouve aussi dans un bocal de formol l’avant-bras d’un moniteur d’anatomie accidentellement tranché, selon les dires de l’étiquette, lors d’une séance de dissection. A côté, une tête en cire avec un œil exorbité est censée avoir un intérêt pédagogique, que l’on retrouve d’ailleurs un peu plus loin avec tous les muscles autour de l’œil épinglés sur une planche comme on le ferait pour des insectes. Dans une autre vitrine, une femme pose devant un crâne ouvert le cerveau apparent, avec cette légende : « Auto-portrait »… Il s’agit bien d’une scientifique réputée de l’université ! Last but not least, on découvre dans la dernière salle des dizaines d’utérus en poterie montrant l’évolution des bébés à tous les stades de la grossesse, que celle-ci soit normale, gémellaire ou pathologique, ainsi que les différentes interventions manuelles ou instrumentales pour se sortir des situations difficiles. J’ai adoré, mais je ne suis pas sûr que ce soit pour tout public !


    Les ténors de Modène

    Tous deux sont originaires de la ville mais ont choisi d’habiter en périphérie, tous deux ont travaillé le moteur de leur carrière, en cherchant à marier au mieux la puissance et la souplesse, tout en développant leurs gammes. Tous deux étaient passionnés de chevaux, l’un comme cavalier et comme organisateur de courses d’obstacles, l’autre en fondant une écurie de course, et tous deux ont accumulé les grands prix. Et tous deux bien sûr aimaient les belles italiennes. Vous avez reconnu Luciano Pavarotti et Enzo Ferrari, dont nous avons visité la maison pour le premier, pleine d’émotion et de souvenirs, et l’exposition-musée pour le second, riche de l’histoire peu commune de l’entreprise et de modèles magnifiques.


    I have a dream


    J’ai deux Milan

    Alors, Claudie et le fan de Michel Sardou que je suis, comme le titre l’indique, avons visité Milan en 6 heures chrono. D’abord parce que nous étions un dimanche et que tout n’était pas forcément ouvert. Et puis parce que nous voulions sortir avant le lundi matin de la ZTL, alias Zone à Trafic Limité, qui, à l’image de nos ZFE limite l’accès des véhicules au centre-ville. Le problème est que les limites sont aussi floues que leurs caméras sont redoutables pour flasher les contrevenants ? Beaucoup de touristes s’en plaignent, bien que l’envoi de la contravention en France ne serait pas aussi systématique que pour les excès de vitesse. En tout cas nous n’avons pas voulu prendre de risque. Et puis nous avons voulu fuir la foule dense qui se pressait dans le quartier historique.

    Cela dit, nous avons vu des édifices magnifiques, comme la cathédrale plus jolie en extérieur qu’en intérieur mais dont on peut accéder aux toits, l’église San Maurizio, dont le béton austère de la façade cache, à l’inverse de la cathédrale, un intérieur merveilleux presque totalement couvert de fresques de qualité. Nous avons traversé le célèbre passage Victor Emmanuel, couvert d’immenses verrières. Nous avons visité le musée de la tout aussi célèbre Scala de Milan. Et une bonne partie de la zone historique en marchant une dizaine de kilomètres. L’attraction la plus célèbre, la Cène originale de Léonard de Vinci, n’était visible que sur rendez-vous, avec 3 semaines de délai… Tant pis !




    Sauvées de Napoléon

    Lorsque l’Empereur de Français envahit l’Italie, bouffeur de curé qu’il était, il fit dégrader nombre d’ouvrages religieux, bâtiments comme œuvres d’art. Parmi ceux-ci, deux ont réchappé à l’Empereur d’une façon singulière.

    La statue du pape Grégoire XIII sur le palais municipal de Bologne, trônant là depuis deux siècles, fut déguisée en Saint-Pétrone, le saint patron de la ville, qui attirerait moins l’attention qu’un pape. On lui rajouta une mitre et une crosse en bronze, et on inscrivit au-dessus pour parfaire le stratagème la mention « Divus Petronius Protector et Pater » (Saint-Pétrone Protecteur et Père). La statue du pape échappa ainsi à la fonte et à la transformation en boulets de canon. Aujourd’hui les attributs du Saint ont été retirés mais la mention relative à Saint-Petrone est toujours là. On ne sait jamais.


    La Cène de Plautilla Nelli à Florence fut une tout autre histoire. D’abord parce qu’il s’agit de la première Cène peinte par une femme, une religieuse qu’on avait trouvé douée dans ce domaine et à qui l’on avait demandé de peindre une Cène sur un mur du réfectoire de son couvent, à l’instar de la célèbre version de Léonard de Vinci. Mais elle n’avait toujours peint que des tableaux sur toile et ne se sentait pas de réaliser une fresque. Alors elle composa son œuvre à l’huile sur une grande toile et l’accrocha au mur du réfectoire, au côté de fresques classiques. Quand deux siècles et demi plus tard Napoléon ordonna la démolition de son couvent, toutes les fresques furent perdues, mais la toile put être sauvegardée puis restaurée pour être aujourd’hui exposée au public. Ouf !


    Côme ci Côme ça

    C’est bien la première fois que ça nous arrive en presque 3 ans de voyage : nous avons failli abandonner la visite d’une ville faute de pouvoir y stationner. Après presque une heure à tourner en rond, nous avions renoncé et décidé de poursuivre jusqu’à la ville suivante quand une place de parking s’est soudain libérée sur notre route. Ce qui nous a permis d’apprécier la  jolie ville de Côme, au pied du lac éponyme, et de grimper sur les hauteurs grâce à un funiculaire. Le petit temple au bord du lac et le phare tout en haut sont dédiés à Volta, inventeur de la pile électrique et honoré par l’utilisation de son nom comme unité internationale de tension. Autant dire que les Comasques sont fiers de cet enfant du pays !


    Surprise

    Faisant le tri parmi mes photos, j’allais jeter le cliché ci-dessous quand soudain…

    … mon attention a été attirée par quelque chose de bizarre :

    Mais oui, il y avait bien une baleine sur ma photo, créée fortuitement* par la superposition exacte d’un candélabre, d’un arbre taillé en cylindre et d’un cyprès qui dessinaient respectivement la tête, la bouche, le corps et la nageoire caudale de l’animal ! Comme quoi faites toujours gaffe avant de supprimer vos photos.

    * certes j’aurais pu vous dire que c’était totalement calculé, mais il faut être honnête de temps en temps !


    C’est avec cette heureuse superposition que se termine cet article. Nous allons poursuivre la route vers l’Est en direction de Trieste, ville qui clôturera notre périple italien avant de passer en Croatie. Ci-dessous pour les amateurs de cartes le parcours suivi dans cet article. A très bientôt !

  • 15. D’Allemagne

    Comme le suggère ce titre de Patricia Kaas, nous sommes passés outre-Rhin. Roberto sort de France, heureux de se dérouiller les roues. Nous-mêmes avons un peu l’impression de démarrer notre périple ici, tout en sachant que cette sortie de territoire ne durera que 2 à 3 semaines puisqu’il faudra bien aller récupérer nos palettes en provenance de St Barth. Si les campagnes par lesquelles nous sommes arrivés ressemblent beaucoup aux nôtres, les villes ont plus de caractère. Les maisons sont soignées, fleuries, volontiers agrémentées de babioles. Les édifices publics et religieux sont à la fois massifs et raffinés dans leur architecture.

    Roberto au vert dans la Forêt Noire, un spot nocturne très tranquille

    Nous faisons notre première halte à Baden-Baden, toujours fans de villes d’eaux, mais nous sommes restés sur notre faim car les deux établissements thermaux étaient fermés pour cause de vous savez quoi. La seule source publique que nous ayons pu trouver était munie d’un panneau interdisant de la boire en raison du risque de légionnelles. Dommage, car avec ses 69°C nous y aurions volontiers trempé un sachet de thé pour la pause. Nous avons néanmoins arpenté la ville et ses multiples ruelles permettant aux différents étages de communiquer (la ville s’étend de 180 à 668 m d’altitude). Nous avons dormi dans la forêt, noire évidemment, près de la station basse du funiculaire qui grimpe au sommet du Merkur, la montagne qui domine la ville afin de s’y rendre le lendemain. Un funiculaire entièrement automatisé, dans lequel il n’y a plus qu’à s’asseoir et à appuyer sur le bouton « start » pour que la machine se mette en route. Si la fonctionnalité du bouton n’était pas trop ambiguë (c’est comme en anglais mais avec l’accent allemand), ça n’a pas été le cas pour le distributeur de tickets où nous avons dans un premier temps acheté par erreur 2 tickets de bus. Il faut dire que Claudie n’a jamais pris de cours d’Allemand, tandis que, pour ma part, je me suis arrêté après les 2 premières années. Et les années collège, on sait ce que ça vaut. J’étais d’ailleurs, en tant que délégué de classe, chargé de faire fonctionner le magnéto-cassettes, ce qui ne m’a pas aidé à me passionner pour la langue. Mais avec l’outil formidable qu’est Google Traduction, nous ne nous en sortons pas si mal. Il suffit de pointer l’appareil photo vers le panneau qui nous intéresse pour que l’incompréhensif texte en germanique se transforme non pas en langue de Molière mais en un franco-charabia à peu près compréhensible. La seule difficulté est pour les textes manuscrits. On peut causer à la machine aussi, mais nous réservons cela aux situations désespérées.

    Entrée des anciens thermes
    Hall des anciens thermes
    Hall des anciens thermes
    Détail d'une frise à Baden Baden
    Détail d’une frise à Baden Baden

    Le funiculaire de Baden Baden
    Le funiculaire de Baden Baden
    La vue au sommet du Merkur
    La vue au sommet du Merkur

    Deux jours plus tard, nous parvenons par d’étroites routes de campagne (merci le GPS qui nous évite les dangereuses autoroutes allemandes) à Heidelberg, parait-il une des plus belles villes d’Allemagne et capitale du romantisme. Tant mieux, les amoureux que nous sommes 😉 se sont fondus dans la masse ! Nous avons commencé par la rue piétonne la plus longue d’Europe (2,6 km tout de même) pour nous rendre à l’Office du Tourisme chercher, comme nous le faisons le plus souvent, des recommandations et une carte détaillée de la ville avec si possible des parcours découvertes. Le soir nouvelle nuit en forêt près d’un funiculaire, mais cette fois à sa station haute pour apprécier le décor dès le petit matin et rejoindre le magnifique château en grès rouge du XVème siècle, un moment la demeure de « Monsieur » et « Madame », respectivement le frère de Louis XIV et son épouse locale Elisabeth-Charlotte. Merci aux audioguides en Français ! Par ailleurs, à tous ceux qui doutent encore de l’intérêt de la vaccination, nous avons du montrer patte blanche avant de monter dans le funiculaire, à l’aller comme au retour, en produisant nos certificats sur TousAntiCovid. A défaut, nous aurions dû faire un test dans les 48h !

    Vue générale d'Heidelberg
    Vue générale d’Heidelberg
    Tour du château d'Heidelberg
    Tour du château d’Heidelberg
    Heidelberg et son château célèbre
    Heidelberg et son château célèbre

    Nous poursuivons notre parcours bavarois par Rothenburg ob der Tauber, cité médiévale magnifiquement conservée, aux décors de cartes postales, dont on peut retenir quelques chiffres intéressants :

    3 litres et demi : c’est la quantité de vin qu’a du boire en une seule traite le maire de la ville en 1631 pour sauver celle-ci de la destruction, relevant le défi lancé par l’armée catholique qui l’occupait depuis 3 mois. L’histoire ne dit pas comment il a fêté ça ensuite…

    87% : c’est le record national des votes en faveur d’Hitler lors des élections présidentielles de 1932. Il ne sera pas élu pour autant, ne faisant que 37% au plan national. Mais se rattrapera plus tard hélas.

    1/3 : c’est la part de la vieille ville détruite par erreur le 31 mars 1945 par les américains qui ciblaient un général nazi. Heureusement, une aide internationale permettra la reconstruction. Oh la bavure !

    365 : c’est le nombre de jours par an où l’on prépare Noël au Musée Allemand de Noël. Nous l’avons visité le 21 juin, premier jour de l’été. Pourquoi pas ? Féérique, mais photos interdites. Vous pouvez toujours jeter un œil sur leur site : https://christmasmuseum.com.

    42 : c’est le nombre de tours qui hérissent les remparts de la ville sur lesquels on peut cheminer.

    7 euros : c’est le prix modique qu’il faut débourser au Kriminal Museum pour une immersion dans le monde de la torture, du Moyen-Age jusqu’aux dernières guerres. De nombreux instruments sont exposés avec leur mode d’emploi. Au Moyen-Age, la torture était une étape comme une autre dans la procédure policière, automatique dès lors que le délit était « probable » et les témoignages insuffisants. Belle époque ! Bon, le musée décrit aussi 1000 ans d’histoire du droit en Allemagne, ça finit sur une bonne note, ouf !

    FFP2 : ce sont les masques qu’il faut porter dans tous les lieux publics de la ville. Alors qu’en France ces masques sont réservés aux professionnels de santé et autres professions à risque élevé, ils sont ici imposés à tous les chalands. Il nous a fallu en acheter chez un apothicaire (pharmacien teuton).

    Rothenburg ob der Tauber, la cité médiévale
    Rothenburg ob der Tauber, la cité médiévale
    Rothenburg ob der Tauber, la cité médiévale
    Rothenburg ob der Tauber, la cité médiévale

    Oui, c'est bien une VolksWagen !
    Oui, c’est bien une VolksWagen !

    Mais peut-être pas celle-là, qui est la vitrine du Musée Allemand de Noël
    Mais peut-être pas celle-là, qui est la vitrine du Musée Allemand de Noël

    Le musée du crime médiéval, un masque de "honte" et un manuel de torture...
    Le musée du crime médiéval, un masque de « honte » et un manuel de torture…

    La route se poursuit maintenant vers Nuremberg, tout un programme… Auf Wiedersehen !