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  • 164. Chaud devant !

    164. Chaud devant !

    Après cette parenthèse chilote, nous voici repartis sur le continent, avec de bonnes routes pour le moment. Notre amour pour les zigzags aidant, nous repartons vers les montagnes, ou plutôt vers les volcans, dont la région possède des exemplaires particulièrement actifs. Et qui dit volcan dit thermalisme. Nous allons bien sûr goûter à tout ça !

    Chaud devant
Le parcours correspondant à cet article
    Le parcours correspondant à cet article, en version zoomable ici

    Un bateau dans la façade

    Arrivés à Puerto Varas, une ville de 53 000 habitants située au bord d’un grand lac, nous remarquons d’abord de grands hôtels de style international, puis des maisons haut de gamme. Manifestement, la ville est économiquement plus riche que les précédentes que nous avons visitées. Mais c’est une maison très singulière qui va tout particulièrement attirer notre attention. D’abord parce que la proue d’un bateau en dépasse, tout comme la moitié droite d’un autobus. Mais le reste de la façade est tout aussi atypique, très désorganisé et émaillé d’objets hétéroclites. L’entrée de ce Musée Pablo Fierro est gratuite mais à horaires variables, nous devrons nous y reprendre à deux fois. L’intérieur confirme la première impression : le bâtiment est fait de multiples pièces, recoins, escaliers, alcôves, greniers, dans lesquels on circule en explorateur. Le sol, les murs, les plafonds, les étagères, les placards sont emplis d’objets des plus divers accumulés au fil du temps par le propriétaire qui a construit et aménagé tout cela de A à Z, en commençant par y exposer ses propres peintures. Car oui, c’est un artiste-peintre qui a commencé sa carrière en dessinant les vieilles maisons de la région pour en conserver le souvenir. Et chiné de nombreux objets pour la même raison. Tout en mettant tout cela en scène avec passion et poésie. Un doux-rêveur comme on les aime ! A noter que le bâtiment était autrefois une station de pompage pour l’eau de la ville (on voit encore les supports des canalisations sur le lac) qui a été offerte par la municipalité à l’artiste au vu de ses nobles intentions. Ils n’ont certainement pas été déçus !


    S’il te plaît, dessine-moi un volcan

    Rares sont les cartes postales de Puerto Varas qui ne montrent pas le cône parfait en enneigé du volcan Osorno se reflétant sur le lac. Garés au moment du déjeûner face à l’eau, nous aurions DÛ voir ce volcan.

    Mais le ciel gris en a décidé autrement, nous ne pouvons qu’imaginer le spectacle. À moins d’utiliser l’une des ces petites astuces que permettent aujourd’hui nos smartphones. Je prends une photo derrière le pare-brise de Roberto, je découpe le paysage gris en 3 secondes avec la fonction lasso de mon gestionnaire d’images, et je le remplace par la photo du fameux volcan récupérée sur Internet. 2 minutes maximum et vous pouvez profiter avec nous du spectacle … que nous aurions dû contempler !


    Le volcan pour de vrai

    Maintenant que ce volcan nous a fait de l’œil, nous ne résistons pas à aller voir ce volcan Osorno de plus près. C’est juste à 50 km, de l’autre côté du lac. Une petite route étroite et bien pentue, mais goudronnée, quitte la côte à un endroit fréquenté par des renards argentés. Nous regardons un instant ces animaux à peine farouches avant d’y engager Roberto. Au sommet, le parking est déjà un gravier de pierres volcaniques de couleur rouille. La base du volcan est toute proche, mais son sommet est toujours dissimulé par les nuages. Le verrons-nous un jour ? Nous empruntons un télésiège pour gagner un peu de temps car nous sommes arrivés en milieu d’après-midi, et entamons une jolie randonnée sur les crêtes des cratères secondaires qui entourent le principal. Nous aurions bien pris dans la foulée le second tronçon du télésiège qui menait jusqu’à un glacier, mais malheureusement fermé pour cause de travaux. Nous profiterons tout de même de superbes paysages (nous sommes à plus de 900 m d’altitude) et de couleurs extraordinaires au niveau du sol. 17 h il est temps de redescendre, sans avoir pu apercevoir le sommet de ce volcan décidément bien timide. Nous serions bien restés dormir là-haut, mais la zone étant classée réserve naturelle, ce n’était pas permis.


    Le volcan pour de vrai (bis)

    Redescendus au niveau du lac, nous trouvons une zone dégagée un peu à l’écart de la route pour y passer la nuit. Nous vaquons à nos occupations de fin de journée (diamond painting + podcasts pour Claudie, travail sur les photos et le blog pour moi) quand nous nous apercevons soudain, en jetant un œil par la fenêtre, que pratiquement tous les nuages autour du volcan Osorno se sont évaporés et que celui-ci apparait dans toute la splendeur du soleil du soir ! Magique ! Au petit matin, il est encore là, mais c’est un rapace planté devant le pare-brise de Roberto qui accapare notre attention. Bien décidé à nous observer, il ne se sauvera qu’au moment où je vais démarrer le moteur… J’ai bien pensé aux essuie-glaces, mais ç’aurait été méchant !


    Marins d’eau douce ?

    À 200 km au nord-est de là, Valdivia est une ville assez déroutante. C’est un port fluvial important qui a dû sa croissance à sa position idéale comme escale pour les bateaux qui remontaient par l’océan Pacifique en provenance du détroit de Magellan. Sa rivière d’eau douce, curieusement appelée Calle Calle (Rue Rue…) est pourtant fréquentée par des lions de mer, dont un individu nous a surpris, sommeillant sur le gazon d’une route fréquentée, loin du rivage. Mais comment était-il arrivé là ? Le marché aux poissons, qui semble très actif, vend principalement des espèces et des coquillages provenant du Pacifique. Ce sont d’ailleurs probablement les déchets générés qui expliquent la présence des lions de mer, prêts à braver l’eau douce pour glaner un peu de nourriture. On peut être étonné aussi de trouver sur les quais une réplique du pendule de Foucault, la plus au sud de la Terre, et dont le mouvement apparent du socle se fait dans le sens inverse de l’exemplaire parisien. Dans un parc de la ville, nous avons trouvé aussi de drôles d’oiseaux, guères communs chez nous : des ibis à tête noire, particulièrement râleurs et bruyants. Dans le même parc, nous visitons une maison d’une famille … allemande. Eh oui, les Allemands ont été parmi les premiers migrants européens à arriver au Chili vers 1850. Il y en a eu d’autres vers 1945, mais les premiers étaient tout à fait respectables. Quant à ce sous-marin d’origine anglaise, revendu à la marine chilienne, amarré définitivement au quai de Valdivia pour y être transformé après des années de bons et loyaux services sous les mers du monde, c’est parce qu’il avait moins de risque de rouiller qu’il est arrivé là. Ce n’est pas parce qu’il était dirigé par des marins d’eau douce !


    Hyperactif

    Alors que la dernière éruption du paisible Osorno datait de 1869, le volcan Villarica, surplombant le lac du même nom, est l’un des plus actifs du Chili. La dernière éruption a duré de 2014 à avril 2025, ce qui a laissé le temps de bien réévaluer le risque et de mettre en place nombre d’alertes et de panneaux de signalisation pour les habitants. Si elle n’a pas fait de victime, elle a tout de même entraîné l’évacuation de plus de 3000 personnes. L’éruption la plus grave, en 1849, a causé la mort de plus de 100 personnes, emportées dans des torrents de boues, de lave ou intoxiquées par des gaz toxiques. La colonne de cendres au-dessus du volcan dépassait les 8 km de hauteur. Étonnamment, au sommet se trouvent à la fois un cratère de lave à ciel ouvert et un glacier. De quoi attraper un chaud et froid pour les alpinistes/andinistes qui s’y risquent ! Pour notre part, nous sommes restés bien sagement au bord du lac, à profiter du panorama, de la flore et d’une jolie plage de pierres de lave rouge brique. Contrairement aux Chiliens, nous n’avons pas tenté la baignade. Le trempage d’un seul doigt nous en a dissuadé. Il nous faut au minimum 26°C ! Mais nous allons bientôt trouver « chaussure à notre pied », voire mieux encore, à l’étape suivante.


    Les thermes géométriques

    Les magnifiques couleurs des Termas Geometricas au Chili
    Les magnifiques couleurs des Termas Geometricas au Chili

    Lorsque des sources chaudes ont été découvertes dans une étroite vallée proche du volcan Villarica, les propriétaires ont eu la bonne idée de faire appel à un architecte pour les aménager. Le résultat appelé Termas Geometricas (thermes géométriques) tranche avec les installations quelconques autour des autres sources des environs et est plutôt exceptionnel, se situant parmi les plus beaux thermes que nous ayons vu. Au milieu de cette vallée de 15 à 30 m de largeur circule une passerelle en zigzags peinte d’un beau rouge vif qui tranche avec la végétation exubérante environnante, la mettant particulièrement bien en valeur. De part et d’autre se répartissent une quinzaine de petits bassins aux contours anguleux, soigneusement revêtus de pierres naturelles taillées. Pour chacun d’entre eux, la température est indiquée, avec un chiffre des unités amovible pour s’adapter aux caprices de la nature. Cela va de 36 à 45°C pour ceux remplis d’eau thermale. Les plus intrépides peuvent profiter de cascades qui viennent des montagnes au-dessus avec une eau bien plus fraîche, annoncée alors à 8°C (le chiffre lui aussi est amovible, on imagine que cela peut descendre encore en dessous !). Avant de nous immerger dans différents bassins, nous avons gravi la passerelle jusqu’au fond du ravin, dans une superbe ambiance de fumerolles et de relents soufrés. Arrivés de bonne heure, nous avons presque eu le site pour nous seuls la première heure. Après, le monde est arrivé… c’est que le lieu est réputé, et il y a de quoi !


    Le poète et les locomotives

    Nous effectuons un arrêt technique à Temuco, 600 km au sud de Santiago, pour y changer les pneus de Roberto, bien éprouvés par les routes en gravier de Patagonie. La ville est connue pour ses liens étroits avec Pablo Neruda, poète et prix Nobel de littérature, qui a passé son enfance et son adolescence ici. La directrice de son lycée, Gabriela Mistral, a été elle-même prix Nobel de littérature. L’expression « les grands esprits se rencontrent » a pris ici tout son sens ! Nous profitons de notre passage pour visiter le musée ferroviaire, qui a aussi un lien avec le poète primé car le père de Pablo Neruda était cheminot. Temuco a été la première gare importante sur les chemins de fer du sud et constituait un poste de ravitaillement en eau et en charbon indispensable aux locomotives à vapeur du tout début du XXe siècle. Elle comprenait également un atelier de maintenance et de réparation, avec une plate-forme tournante pouvant héberger 34 locomotives. Cette zone qui a accueilli aussi des locomotives diesel et électriques de 1954 à 1983 est aujourd’hui transformée en musée. Nous avons admiré les belles machines, pour beaucoup d’origine allemande ou japonaise, tout en glanant des informations sur l’histoire du lieu. Nous avons regretté l’absence de possibilité d’accès aux machines et surtout aux voitures spécialisées (couchettes, restaurant, suite présidentielle, etc.) en dehors des visites guidées. Une jolie exposition de peinture évidemment sur le thème du rail nous a permis de terminer sur une bonne note. On y parlait aussi de Pablo Neruda, mais nous aurons l’occasion de revenir très bientôt sur ce personnage majeur dans la culture chilienne.


    Les gens de la terre

    C’est comme ça qu’ils s’appellent, les Mapuche, dans leur langue le Mapudungun. Ce peuple autochtone était là bien avant l’arrivée des colons européens et, malgré les multiples tentatives d’annihilation de la part de nos congénères, est toujours bien présent. Ce sont les amérindiens majoritaires dans la région centre-sud du Chili et d’Argentine. Particulièrement résistants aux envahisseurs, ils ont réussi à repousser les Incas et ont tenu longtemps face aux Espagnols, bien après l’indépendance du Chili. D’ailleurs, leur autonomie a été reconnue par un traité en 1641, un cas unique en Amérique coloniale. Aujourd’hui, les Mapuche n’ont de cesse de revendiquer leurs droits et les terres qui leur ont été volées, admirables de fierté et de résilience. Ils sont depuis toujours profondément liés à la nature, notamment dans les esprits en qui ils croient. Ça et là, de petits musées dédiés nous en apprennent un peu plus à chaque fois. Notamment à Temuco, centre géographique de leur culture.


    Un bisou et au revoir !

    En Français dans le texte, c’est l’expression que l’on peu lire sur les murs et grilles d’un grand bâtiment de la ville de Traiguén. En gagnant le portail on trouve confirmation de la présence française avec l’inscription « Alliance Française Louis Pasteur » au-dessus de la porte. Une alliance française dans une petite ville de 20 000 habitants à 600 km de la capitale ? Mais pourquoi donc ? Nous allons nous renseigner à l’accueil de ce collège. Curieusement, personne n’y parle Français, mais ils connaissent l’histoire de l’établissement : ce fut le premier collège français du Chili, installé là en raison d’une immigration française importante dans la région au début du XIXe siècle. Et ce fut la première Alliance Française chilienne, inaugurée en 1892. Aujourd’hui, de nombreuses exploitations agricoles du secteur sont tenues par des descendants d’immigrés français.


    Allez, un bisou et au revoir, on vous retrouve la semaine prochaine du côté des plages. C’est qu’en effet, l’été arrive bientôt ici !

  • 146. Le retour de Roberto

    La fin du suspense approche puisque nous devrions réceptionner Roberto ces jours-ci. Le navire qui le transporte est en effet annoncé à l’arrivée dans le port de Montevideo, après 25 jours de mer y compris quelques escales. Il va falloir encore attendre le déchargement du bateau, le dépotage du conteneur et les formalités administratives dont le dédouanement pour enfin retrouver notre véhicule chéri et notre parcours itinérant. D’ici là, il reste donc encore quelques jours pour finir d’explorer la capitale.


    Pansements de trottoir, ou le ténor du carreau

    Un nouvel art de rue (street-art pour les anglophiles) est né : le pansement de trottoir. Ce sont des petites portions de faïences, en carreaux entiers ou plus souvent avec des brisures, installées en réparation d’un morceau de trottoir endommagé. Et à Montevideo, les trottoirs endommagés, ce n’est pas ça qui manque ! Peut-être parce qu’ils sont à la charge des riverains et que ceux-ci ont d’autres chats à fouetter.

    Le cœur historique de la capitale de l’Uruguay a commencé à être envahi, pour reprendre les termes de notre Invader national, en 2008 par un artiste pseudo-nommé Odin. Ses petites mosaïques sont maintenant présentes sur de nombreux trottoirs. En cherchant un peu sur le net, j’ai retrouvé un artiste français qui produit des œuvres similaires, mais avec davantage de géométrie. Ememem, un pseudonyme également, a débuté à Lyon en 2016 avant d’envahir Paris puis d’autres villes du monde. Il a baptisé son art le flacking, ou comment embellir avec des flaques de mosaïques les défauts des trottoirs.

    Pour en savoir davantage sur Odin (les 6 premières photos du carrousel ci-dessus), lisez cet article ou celui-ci

    Pour en savoir davantage sur Ememem (les 4 dernières photos), lisez cet article


    Carnaval

    Nous n’étions évidemment pas à Montevideo au moment de son carnaval, qui est le plus long d’Amérique du Sud, voire du monde, durant 40 à 50 jours (du 23 janvier jusqu’au 11 mars pour 2025). Heureusement pour le pays, tous ces jours ne sont pas fériés ! Mais le Musée du Carnaval est lui ouvert toute l’année, donnant un bon aperçu des particularités du carnaval d’Uruguay.

    On y découvre les différentes phases, du défilé initial de présentation au concours final, en passant par les appels, les scènes ouvertes et la grande parade. Tandis que le défilé initial et la grande parade ont lieu sur l’avenue principale de Montevideo, les appels (petits groupes musicaux) et les scènes ouvertes (spectacles de chansons satiriques, chœurs ou critiques sociales et politiques, appelés aussi murgas) se font dans les quartiers.

    Dans tous les cas, les costumes exubérants et les rythmes endiablés des percussions reflètent le mélange unique des descendances européennes et africaines de l’Uruguay.

    Le musée expose grand nombre de magnifiques costumes magnifiques et diffuse des vidéos des différentes phases, donnant envie d’assister au carnaval pour de vrai.


    Roberto à bon port


    Au marché artisanal

    Ils sont plusieurs marchés de ce type sur Montevideo, afin de maximiser les points de vente. On n’y trouvera pas de chinoiseries mais seulement des œuvres d’artisans locaux, identifiés par une plaquette sur l’espace qui est réservé à chacun. Une coopérative donc.


    Sites remarquables

    Montevideo fourmille de musées et de monuments, nous n’avons pas eu le temps de tout visiter, alors voici une petite sélection commentée de nos meilleures trouvailles.

    L'offre culturelle multiple de Montevideo
    L’offre culturelle multiple de Montevideo

    > Le Palais Taranco

    Façade et jardin du Palais Taranco
    Façade et jardin du Palais Taranco

    Il était la demeure d’une famille de la noblesse uruguayenne qui, au début du XXe siècle, l’a faite aménager par des architectes français. La décoration et le mobilier sont de style Louis XIV, Régence et Louis XVI. A la mort des propriétaires, l’état a racheté les lieux pour en faire un « musée d’arts décoratifs » un terme un peu excessif. La visite est libre (dans le sens gratuit, parce que nous sommes très surveillés) et tout est superbe en bien conservé. Je n’aménagerais pas ma maison comme ça, mais je reconnais que cela a du cachet.


    > La cathédrale métropolitaine abhorre une façade assez banale sur la Place de la Constitution, mais l’intérieur est beaucoup plus riche et solennel. Un fond sonore de chœurs religieux accompagnait notre visite, c’était bien agréable.


    > Hommage au général Jose Gervasio Artigas

    Mausolée du général Artigas
    Mausolée du général Artigas

    Ce héros national est très vénéré pour son rôle essentiel dans l’indépendance de l’Uruguay. Sa statue équestre de 17 m de hauteur trône au milieu de la place de l’Indépendance, tandis que juste en dessous son mausolée tout en marbre noir est surveillé jour et nuit par deux gardes en uniforme. Inutile de dire que nous attendons à voir un grand nombre de statues à son effigie dans tout le pays.


    > La librairie des vers purs

    La Librairie Puro Verso
    La Librairie Puro Verso

    La Libreria puro verso, n’étonne pas que par son nom. Installée dans une vaste demeure de style art-déco datant de 1917, elle n’a pourtant été créée qu’en 2003 par un ancien éditeur espagnol qui souhaitait que les uruguayens puissent accéder à des livres rares. Autour d’un superbe patio dominé par une magnifique verrière intégrant une horloge, plusieurs étages reliés par des escaliers en colimaçon ou un vieil ascenseur à grilles exposent plus de 50 000 titres. Une petite cafeteria permet de mieux observer l’ensemble en sirotant un café con leche tout en grignotant un volcano (pâtisserie au chocolat avec cœur fondant). C’est là que l’on s’interroge sur l’inscription en latin au bas de la verrière. Pas de problème, en changeant la langue d’origine de Google Traduction de l’espagnol au latin on peut lire alors « la vraie famille est un mensonge ». Un beau sujet de philo pour le bac, non ?


    > Le marché artisanal

    Installé tout près du port, il était idéal pour revendre les marchandises arrivées des bateaux. Mais comme une bonne partie des touristes arrivent aussi par là, d’Argentine ou du Brésil, il s’est reconverti en boutiques de souvenirs et en restaurants. C’est moins authentique, mais cette grande halle de métal garde un certain charme.


    > Génie et fantaisie

    Découverte par hasard sur une affiche, cette exposition rend hommage à la sculpture uruguayenne contemporaine dans ses formes les plus diverses. Un ensemble d’une grande variété en termes de supports, on y voit de la pierre, de la résine, du grès, de la céramique, du ciment, du marbre, du fer, etc. Et gratuitement bien entendu.


    > Le musée des azuleros

    Scène murale de Don Quichotte
    Scène murale de Don Quichotte

    Rappelez-vous, nous avions raté celui de Colonia del Sacramento pour cause de fermeture prolongée. Eh bien nous n’avons pas perdu au change. Ce musée expose la collection privée de l’architecte Alejandro Artucio Urioste, composée de plus de 5 000 pièces collectées sur une période de 40 ans et offerte à la ville en 2004. L’idée de l’architecte est née du fait que les carreaux utilisés en Uruguay, entre 1790 et 1930 environ, étaient tous importés de différents pays, ce qui a donné lieu à une grande variété de styles, de techniques et de formats. Un peintre uruguayen a ensuite apporté sa propre collection, puis d’autres ont suivi y compris des Français. Nous avons en effet découvert que la France était le pays le plus représenté, avec des tuiles en provenance de Desvres, Beauvais, Martres Tolosane et Aubagne, entre autres. Et la collection est vraiment splendide ! Sinon nous avons aussi découvert que « azuleros » n’était pas comme nous le pensions – et comme le préfixe pourrait le laisser supposer – synonyme de carreaux bleus, mais vient du mot arabe qui signifie « argile émaillée »;

    Musée des Azuleros : une toute petite partie de l'exposition
    Musée des Azuleros : une toute petite partie de l’exposition

    > Art de rue

    La ville de Montevideo est malheureusement très taguée. Quelques peintures murales ou décors de rue viennent toutefois rehausser un peu le niveau.


    > Insolite

    Photos inclassables de scènes qui m’ont intrigué ou amusé…



    Le grand jour !

    C’est évidemment celui où nous sommes invités à récupérer au port notre véhicule préféré. Le bateau est arrivé un samedi après-midi, le conteneur a été débarqué le dimanche, puis déchargé le lundi. Nous nous attendions, selon notre expérience à Vera Cruz, à une réception dans la seconde moitié de la semaine, mais déjà le lundi nous recevions un mail annonçant la livraison le mercredi après-midi. Mais mardi matin, alors que nous avions déjà prolongé d’un jour notre hébergement, nous avons été convoqués à l’agence maritime en tout début d’après-midi. Après 2 heures à suivre l’employé de l’agence dans divers bureaux du port, je sortais de celui-ci au volant de Roberto. Claudie suivait l’opération à distance car une seule personne était autorisée à entrer. A noter que j’ai fait connaissance là-bas avec notre colocataire de conteneur. Son Land Rover Defender a donc voyagé avec Roberto pendant un mois. On ne sait pas trop ce qu’ils se sont racontés. Pour notre part nous avons fêté l’arrivée de nos véhicules avec Raoul et Sylvie dans un bar à tapas du centre-ville avec dégustation de vins uruguayens à la clef.

    Et voilà, c’est la fin de En route sans Roberto, une nouvelle aventure à 4 jambes et 4 roues redémarre ! A très bientôt !

  • 141. Berlin

    Sortis d’Autriche, nous filons directement vers Berlin, où nous avons rendez-vous pour Noël avec notre fille aînée. 5 grosses journées sur place nous permettront de bien nous imprégner de la ville et de ses spécificités, avec une mention spéciale pour les évènements de 1989. Après quoi, nous rejoignons nos autres enfants, dans un retour express de 1750 km qui clôturera cette boucle européenne du centre et du Sud-Est.

    Parcours Allemagne surtout Berlin
    Notre parcours en Allemagne, qui s’est centré essentiellement sur Berlin. Pour les adeptes du zoom, c’est ici.

    Gare à la vignette !

    Tout comme la France, de plus en plus de grandes villes en Allemagne ont défini une zone à faible émission de particules où seulement les véhicules les moins polluants peuvent circuler. Comme un fait exprès, l’endroit où nous avons prévu de résider est en plein dans cette zone. Et évidemment, nous ne découvrons cette obligation d’afficher une vignette verte sur son pare-brise qu’au dernier moment. Il est possible de faire faire cette vignette en ligne, mais elle est alors expédiée 3 à 5 jours plus tard à l’adresse indiquée sur la carte grise. Ni le délai ni l’adresse de livraison ne nous arrangent. En fouillant bien sur le net, nous découvrons que les centres Dekra de contrôle technique sont susceptibles de nous fournir la fameuse vignette. Nous tentons le premier centre sur notre route, qui nous fournit le précieux sésame en une dizaine de minutes. Ouf ! A noter que Roberto est aux normes Euro 6. En dessous d’Euro 5, nous n’aurions pas pu circuler dans Berlin.


    Berlin by night

    Nous arrivons en fin de journée dans la capitale allemande, et profitons au passage des nombreuses illuminations de Noël. Grande roue, manèges et marchés sont bien au rendez-vous pour le plaisir de nos yeux.


    Les ours

    L’ours est l’emblème de la ville depuis le Moyen-Âge et figure d’ailleurs sur son drapeau. Curieusement les historiens hésitent encore sur l’explication. Le lien provient-il du grand nombre de ces plantigrades dans la forêt sur laquelle s’est construite Berlin, ou bien serait-ce un simple jeu de mots avec le premier nom de la ville, Bärlein ? Bär se prononce « bère » en allemand et signifie ours, tout comme le bear des anglosaxons. En tout cas, on trouve ces ours sympathiques presque à chaque coin de rue.


    Tout sur la curry wurst

    Ce plat est typiquement allemand et provient de la période après-guerre où les aliments étaient rares et peu goûteux. Le nappage d’une sauce pimentée appelée chilup (mélange de chili et de ketchup) résolut partiellement le problème et l’habitude est restée dans les mœurs, surtout quand on connait l’importance de la saucisse dans la cuisine germanique.

    Servie parfois dans les restaurants, la curry wurst est plus souvent consommée dans la rue, préparée par de petits stands. L’un d’eux, dans un marché de Noël, a attiré notre attention par ses combos surprenants. A découvrir dans les photos ci-dessous.


    Les tuyaux

    Ces tuyaux généralement roses ou bleus, presque aussi nombreux que les ours, surprennent dans une ville moderne. On aurait presque l’impression de se trouver dans une immense usine ! Bien entendu, il ne s’agit pas d’une simple œuvre géante de street-art. La ville ayant été construite sur des marais et une nappe phréatique peu profonde, il est nécessaire de pomper en permanence l’eau proche de la surface, faute de quoi les rues pourraient être inondées tout comme les chantiers de travaux. Cette eau est ensuite rejetée dans les cours d’eau qui traversent la ville.


    Désaffection


    Le mur

    Érigé le 13 août 1961, il a longtemps été le symbole de la division entre l’Est et l’Ouest et de la guerre froide. Je débutais ma carrière professionnelle au moment de la chute le 9 novembre 1989, et les images télévisées occupent encore une place dans ma mémoire. Il reste encore plusieurs tronçons de ce mur dans Berlin, le plus long faisant tout de même 1,3 km et livré aux artistes du monde entier pour la réalisation de fresques célébrant la paix ou commémorant les souffrances passées. En voici quelques échantillons, plus ou moins célèbres.


    Le détail qui tue


    Berlin au fil de l’eau

    Tout sur la rivière Spree qui traverse la ville sur 40 km et les 1500 ponts que compte Berlin


    Berl’insolite

    Ce sont toutes ces petites choses que l’on remarque en flânant dans la ville, des détails qui intriguent, des œuvres d’art dont on ne découvre l’explication, si elle n’est pas fournie sur place, qu’en consultant le guide ou Internet.




    Un petit tour au Musée

    Les musées ne manquent pas à Berlin, mais leur visite ampute le programme des découvertes à pied de la capitale. Nous nous sommes limités à un seul, le Musée allemand de la technique. Je ne saurais pas trop vous dire pourquoi celui-là et pas un autre. Peut-être que l’avion au-dessus de la porte d’entrée nous a séduits, peut-être que nous avions besoin de nous réchauffer à ce moment-là ? Qui sait… Le musée lui-même est immense, occupant plusieurs étages de plusieurs bâtiments. Là aussi, il a fallu faire des choix. En voici en tout cas un aperçu en 10 photos.


    La voiture du peuple (de la RDA)

    Évoquer la Trabant procure des frissons à de nombreux habitants de l’ex-Allemagne de l’Est. Malgré sa carrosserie en résine et carton, malgré ses pannes fréquentes, la persistance de la disponibilité des pièces détachées, malgré l’attente parfois interminable (jusqu’à 15 ans !) pour s’en procurer une, la voiture culte circule encore en plus de 12 000 exemplaires. Nous avons visité le petit musée qui y est dédié et flâné devant le « Trabiworld » qui propose des safaris en ville au volant de Trabant volontiers relookées en zèbres ou en léopards.


    Encore du street-art !

    La riche histoire de la ville, notamment les évènements des années 90, donne une abondance de sujets exploitables par les artistes de rue. Les vestiges du mur leur donnaient déjà un espace important. Mais sans doute par contagion, les quartiers voisins sont bien décorés aussi. A vous de voir, il y en a pour tous les goûts.


    Clap de fin

    Après l’agréable découverte de Berlin, qui résume notre parcours en Allemagne, nous gagnons très vite, en 4 jours et beaucoup d’autoroutes, le sud-ouest de la France pour y rejoindre le reste de la famille. Ce dernier tronçon clôt, en même temps que l’année 2024, notre longue boucle en Europe centrale et du Sud-Est. Après les fêtes, nous commencerons à préparer sérieusement notre nouveau voyage qui devrait démarrer au printemps 2025.

    N’hésitez pas à lancer la vidéo si Roberto semble scotché à son point de départ !

    Merci à tous nos lecteurs, fidèles ou occasionnels, de vivre un peu avec nous cette exploration du monde. A bientôt pour de nouvelles aventures !