Étiquette : jardin botanique

  • 81. De célébrités en séries

    Parcourir la côte Ouest des États-Unis, c’est côtoyer des célébrités, personnages de cinéma, séries télévisées ou villes à la réputation sulfureuse. On y perd en nature ce que l’on gagne en culture, encore que pour un mix des deux, nous décernons la palme à …Palm Springs.

    Santa Barbara à part le feuilleton

    Nous sommes redescendus à regret de nos montagnes pour retrouver la côte, la circulation …et le brouillard. Nos pas, ou plutôt nos tours de roues, nous amènent bientôt à Santa Barbara. Nous ne connaissions cette ville que pour son roman télévisé, mais, bien que nous aimions faire coller nos séances vidéo aux lieux visités, pas question de nous enfiler les 2188 épisodes de cette série dont le synopsis – et la réputation – ne nous inspirent guère. Nous commençons par visiter une Mission qui, un peu plus que la précédente reconnaît la destruction de la culture des indiens Chumash, et restaure les locaux pour conserver trace de l’histoire. Nous nous rendons ensuite au palais de justice et passons le sas de sécurité avant de nous diriger vers la salle d’audience. Non, nous n’avons commis aucun méfait, c’est juste que le bâtiment se visite, pour sa grande valeur historique et tout en étant en activité. Avec son architecture mauresque, ses escaliers joliment carrelés, ses lustres magnifiques, son escalier circulaire, son horloge, sa tour d’observation munie d’un panorama à 360° sur la ville et surtout sa grande salle d’audience entièrement recouverte d’une fresque historique sur ses 4 murs, ce bâtiment mérite totalement la visite – gratuite qui plus est. Ça donnerait presque envie de commettre un tout petit larçin, juste pour voir comment sont les autres salles d’audience ou traverser le pont des soupirs qui communique avec la prison. Mais non.

    La Mission de Santa Barbara
    La Mission de Santa Barbara
    Le cloitre et linterieur de leglise
    Le cloître et l’intérieur de l’église
    Les partitions de musique a lepoque
    Les partitions de musique à l’époque
    et de jolies cactees en exterieur
    et les jolies cactées en extérieur
    Le Palais de Justice
    Le Palais de Justice
    Escaliers fabuleux et couloirs brillants
    Escaliers fabuleux et couloirs brillants
    Salle daudience eniterement couverte de fresques
    Salle d’audience entièrement couverte de fresques
    Joli escalier en colimacon
    Joli escalier en colimaçon
    Mecanisme dhorloge richement decore
    Mécanisme d’horloge richement décoré
    Silence pour la bibliotheque et les audiences en cours
    Silence pour la bibliothèque et les audiences en cours
    Etjolie vue du haut de la tour
    Enfin, la belle vue panoramique du haut de la tour

    Malibu sans alerte ni boisson

    Malibu tellement loin de la carte postale
    Malibu tellement loin de la carte postale !

    Se réveiller à Malibu sur un petit parking en corniche en bord de mer avec un paysage gris et triste devant les yeux en totale contradiction avec l’image de cartes postale que nous en avons, ce n’est pas bon pour le moral. Nous longeons un peu la côte jusqu’à Santa Monica, mais les brumes matinales peinent à se dissiper. Notre meilleure arme anti-mauvais temps, c’est le musée. Et ça tombe bien, il en existe un renommé pas très loin, à l’orée de Los Angeles, le Getty Center. Fondé par le magnat du pétrole J. Paul Getty, l’homme le plus riche du monde en 1957 mais qui avait pourtant refusé de payer la rançon de son petit fils enlevé dans les années 70. Cela avait coûté une oreille à ce dernier avant que le grand-père ne se décide enfin à aligner les billets, non sans s’assurer qu’il pouvait en déduire la plus grosse partie fiscalement. Difficile de dire si c’est également pour des raisons de défiscalisation, mais l’homme est devenu collectionneur d’art, accumulant au fil des années plus de 800 000 œuvres, et finissant par construire le musée actuel tant les autres étaient devenus trop petits. Inutile de dire que tout est de grande qualité et que nous nous sommes régalés. Nous avons été surpris de voir à quel point les auteurs français étaient bien représentés. La visite est gratuite aussi bien présentielle que virtuelle sur le site https://www.getty.edu/art/. A ne pas manquer si vous êtes de passage dans la Cité des Anges.

    Nous degainons larme musee
    Mauvais temps ? Nous dégainons l’arme musée !
    Et la qualite est au rendez vous
    Et la qualité de ce Getty Center est au rendez-vous
    Du mobilier Louis XIV grande classe
    Du mobilier Louis XIV grande classe
    De la porcelaine de Sevres
    De la porcelaine de Sèvres
    Sculptures de Rodin Nollekens et Carpeaux
    Sculptures de Rodin, Nollekens et Carpeaux
    Bellecollection de peintures dont ce Printemps vu par Lawrence Alma Tadema NL etc
    Belle collection de peintures dont ce Printemps vu par Lawrence Alma Tadema (NL), la Course des chevaux sans cavaliers de Géricault (F) et les fameux Iris de Van Gogh (NL)(mais les iris sont français !)
    A
    Etpour finir loeuvre du jardinier anonyme de ce Getty Center
    Et pour finir, l’oeuvre du jardinier anonyme du musée

    La piste aux étoiles d’Hollywood

    Nous avons laissé Roberto sur un des nombreux parkings du métro. Sa nounou n’a demandé que 3 dollars pour 24 heures, une affaire dans une ville de cette taille. Et c’est à peu près le prix du forfait-journée en transports en commun. Il faut sans doute ça pour pousser les Américains à quitter leur sacrée voiture, mais ce n’est pas gagné !

    Arrivee en metro a Hollywood Boulevard
    Arrivée en métro à Hollywood Boulevard

    Notre première destination étant à 1 station de métro de la nôtre, je propose d’y aller à pied pour nous dégourdir les jambes, mais Google nous en dissuade de suite : 2h25 de trajet pour une dizaine de kilomètres. Wouah, les stations sont éloignées dis-donc ! Nous prenons donc sagement la première rame qui passe, un peu tristounette d’ailleurs, et débarquons sur le Walk of Fame d’Hollywood Boulevard. Au moindre doute, vous savez que c’est la bonne rue parce que tout le monde y marche tête baissée, au risque de se percuter, pour retrouver ses stars préférées (ou pas). Nous ne les verrons pas toutes (il y en aurait plus de 2700) mais collectionnons quelques photos de celles qui nous parlent le plus.

    Tout de suite une pluie detoiles
    Tout de suite, une pluie d’étoiles !
    U
    A

    Le boulevard est évidemment très touristique et les boutiques se sont adaptées. Les amateurs de gadgets seront servis

    Mais aussi des boutiques de souvenirs
    Boutiques de souvenirs
    et gadgets en tous genres
    et gadgets en tous genres
    Depuis les batiments voisins on apercoit la fameuse enseigne
    Depuis les bâtiments voisins, on aperçoit la fameuse enseigne…

    Le cœur des anges

    Nous nous rendons maintenant au cœur de la ville de Los Angeles, là où tout a commencé. Pour cela, il nous faut reprendre le métro jusqu’à la gare principale de la ville : Union Station. Un joli bâtiment dans le style mission espagnole à l’extérieur et art déco à l’intérieur. Étonnamment, la gare semble déserte alors qu’il est presque midi. Même le bureau d’information attend le client ! Nous nous imaginons avec amusement ce qu’il en aurait été à l’heure de pointe dans une grande gare parisienne. Mais ici, non, tout est calme, nous avons le temps de flâner dans les grandes salles, les salles d’attentes luxueuses, tout en profitant d’une ambiance sonore jazz distillée par un pianiste de passage mais néanmoins talentueux. Une terrasse en bord d’allée de circulation nous invite à nous asseoir. Impensable à Paris sans risquer la bousculade, mais ici nous n’hésitons pas à céder à l’invitation et à commander hamburgers maison et bières.

    La gare principale de LA est pratiquement deserte
    La gare principale de Los Angeles est pratiquement déserte
    Meme a laccueil on attend le client
    Même à l’accueil, on attend le client
    Alors on sinstalle tranquillement pour dejeuner
    Alors nous, on s’installe tranquillement pour déjeuner

    Nous voilà donc à El Pueblo, là où la première maison fut construite en 1881 alors que la région appartenait au Mexique. Cette maison est toujours debout d’ailleurs et se visite. Le quartier lui-même a conservé son caractère mexicain, avec boutiques et restaurants très colorés, mariachis autour des tables et squelettes partout (sans aucun rapport avec Halloween). Nous avons l’impression d’être transposés 9 mois plus tôt à Mexico City et cela nous donne envie d’y retourner.

    Ensuite direction El Pueblo
    Tout près du quartier El Pueblo
    via le consulat du Mexique
    c’est le consulat du Mexique ! Et l’entrée du quartier originel de la ville
    La toute premiere maison de la ville est encore debout et se visite
    La toute première maison de la ville est encore debout et se visite
    A
    Quant au quartier il est tres mexicain
    Quant au quartier, il est très euh …mexicain !

    Nos autres découvertes notables de la journée seront la très moderne Cathédrale of Our Lady of Angels, inaugurée en 2002, dotée d’un parking à étages, d’un café et d’un design audacieux que nous avons beaucoup aimé ; et puis le Walt Disney Concert Hall avec ses façades-toitures extravagantes. Avec les salles avoisinantes, il forme le haut lieu du spectacle local. Nous serons malheureusement trop peu de temps dans la ville pour pouvoir en profiter.

    La moderne cathedrale Notre Dame des Anges
    La moderne cathédrale Notre Dame des Anges
    Les decorations sont sobres et originales
    Les décorations sont sobres et originales
    Lautel est impressionnant
    L’autel est impressionnant
    Seul le Walt Disney Concert Hall rivalise de modernite
    Seul le Walt Disney Concert Hall rivalise en modernité

    Les camps de concentration américains

    Dans le petit quartier japonais de Los Angeles, un musée rappelle le douloureux souvenir des 120 000 américains d’origine japonaise, considérés du jour au lendemain comme des terroristes potentiels après l’attaque de Pearl Harbour le 7 juillet 1941. Déjà mal aimés par la population qui avait fait voter des lois pour bloquer l’immigration des non-caucasiens et les empêcher d’obtenir pour eux ou leurs enfants la nationalité américaine, ils furent carrément déportés dans de véritables camps de concentration et dépouillés de leurs biens. Certes, ce n’étaient pas des camps de la mort comme chez les nazis, mais ils avaient en commun la soustraction d’un groupe minoritaire de la population générale par les gens au pouvoir sans que le reste de la société ne s’en soucie. Les conditions de détention étaient difficiles, tout comme l’a été la réinsertion après la fin de la guerre de ces malheureux qui n’avaient plus rien et durent subir encore longtemps le racisme ambiant. Il aura fallu plus de 40 années pour que le gouvernement reconnaisse enfin que l’opération était injustifiée sur le plan militaire et verse une indemnité aux personnes concernées. Je ne sais pas vous, mais moi, je n’ai pas appris cette histoire à l’école, mais seulement bien plus tard au Musée Canadien des Droits de la Personne à Winnipeg. Et la piqûre de rappel est importante car la mémoire ça s’entretient.

    Au Musee des Japonais Americains on nous raconte
    Au Musée des Japonais Américains on nous raconte…
    dont lhistoire a bascule le jour de lattaque de Pearl Harbor
    l’histoire de ces gens dont la vie a basculé le jour de l’attaque de Pearl Harbor
    Dans une ambiance deja hostile
    Dans une ambiance déjà hostile,
    Bien quetant integres americains ils ont ete soudainement deportes
    bien qu’étant bien intégrés parmi les américains, ils ont été soudainement déportés
    dans de veritables camps de concentration
    dans de véritables camps de concentration et dépossédés de tous leurs biens
    Il aura fallu de longs palabres pour que Reagan signe enfin
    Il aura fallu de longs palabres pour que Reagan signe enfin les excuses officielles de la nation et accorde une indemnisation aux victimes
    Dans la boutique aux cotes de mugs japonais
    Dans la boutique, aux côtés de mugs typiquement japonais, on trouve ceux si appropriés où les libertés civiles des amendements américains disparaissent lorsque l’on verse un liquide chaud…
    Dansle quartier ce sont les patisseries qui sont typiques
    Dans le quartier par contre, ce sont les pâtisseries qui sont typiques !

    Boutiques insolites

    Nous aimons bien ces boutiques qui sortent de l’ordinaire et nous avons été particulièrement gâtés d’en dénicher deux coup sur coup.

    • La maison du voyageur temporel

    Cet établissement d’exception s’adresse à tous ceux qui souhaitent voyager dans le temps. Dans la vitrine, un homme des cavernes serre la main à deux robots et dès l’entrée, pour ceux qui auraient oublié leur liste de courses, un téléphone permet d’appeler à différentes époques, dans une fourchette assez large qui va du précambrien à l’an 4000. Il parait que l’on peut même joindre des proches… Sur les rayonnages, sont proposés aussi bien de la crème solaire pour astronautes que des produits d’entretien pour robots (graisse, éponges métalliques, etc.) ou encore des sprays répulsifs anti-barbares (on ne sait jamais sur qui on peut tomber dans le cosmos). En cherchant bien, on peut trouver des langues mortes, comme le grec ancien, conservées dans des bocaux de formol. Et dans des vitrines réfrigérées, des bouteilles de lait de robot côtoient des œufs de dinosaures extra-frais, des morceaux de mammouth laineux et, pourquoi pas (oui, pourquoi pas ?) des livres. On peut aussi commander tout ça en ligne mais attention, certaines planètes ne sont plus livrées. Le plus étonnant (oui, c’est possible) c’est que tous les bénéfices sont reversés à une association promouvant la rédaction littéraire chez les jeunes. Les livres dans la vitrine réfrigérée, ce sont les leurs.

    Au marche des voyageurs temporels
    Au marché des voyageurs temporels,
    On trouve des produits etranges
    on trouve des produits étranges,
    Surtout dans les vitrines refrigerees
    surtout dans les vitrines refrigérées !
    • L’empire du soda

    Dans la banlieue de Los Angeles on peut trouver une sorte de petit supermarché qui ne paie pas de mine. L’enseigne peinte sur les vitres, « SODA POP STOP » donne une idée du contenu. En effet à l’intérieur, de multiples cartons posés à même le sol directement sur les rayons, un peu comme chez Lidl, proposent à la vente une multitude de sodas de toutes les couleurs, à tous les goûts imaginables (et même à des saveurs inimaginables), aux designs variés et parfois étonnants, provenant du monde entier. Le magasin réunit là plus de 700 spécialités différentes. Et quand bien même on ne trouverait pas son bonheur, il est possible de fabriquer son propre soda de A à Z en mettant soi-même dans une bouteille vide un ou plusieurs arômes (si vous rêviez d’un soda associant bière de racine et marshmallow toasté, c’est ici possible), en y ajoutant une eau gazéifiée à la puissance souhaitée, en plaçant puis en sertissant la capsule avant d’inscrire le nom de sa composition sur l’étiquette. La boutique possède aussi un choix multinational de bières (de l’Arménie à l’Inde en passant par le Japon et la Russie), de vins (les français sont assez bien représentés) et d’eaux minérales. On trouve enfin un rayon de jouets quelque peu insolites, comme ce requin qui devient « géant » (jusqu’à quel point ??) lorsqu’on le met dans l’eau ou ce poulet en caoutchouc qui pond des œufs (une grosse boule sort effectivement d’entre ses pattes lorsqu’on lui écrase le ventre – c’est kitsch). Bon, nous avons fait quelques emplettes, et n’avons pas manqué de composer notre cuvée spéciale Roberto, dont la recette restera secrète.

    Chez Galcos y a tout ce qui faut
    Chez Galcos, y a tout ce qui faut !
    Mais surtout du soda de toutes les couleurs
    mais surtout des sodas de toutes les couleurs
    avec des etiquettes etonnantes moi je prefere la derniere et vous
    a
    avec des étiquettes étonnantes. Moi, je préfère la dernière des quatre, et vous ?
    Et si lon ne trouve pas son bonheur
    Et si l’on ne trouve pas son bonheur, on peut fabriquer son propre soda !
    A
    On trouve aussi pas mal de bieres
    On trouve aussi pas mal de bières,
    A
    de provenance internationale,
    Ainsi que des confiseries et jouets etranges
    ainsi que des confiseries et jouets étranges
    Nous avons forcement craque
    Nous avons forcément craqué !

    Festival d’orchidées etc.

    Vous le savez, nous sommes fans de jardins botaniques, toujours prêts à admirer ce que la nature peut nous offrir de plus beau. Nous nous sommes donc rendus à celui de San Marino, dans la banlieue de Los Angeles, un immense complexe de 4 856 hectares créé par un couple de milliardaires amoureux des plantes Mr & Mrs Huntington. Ayant lu qu’il était trop peu visité, nous avons été étonnés de trouver difficilement de la place sur le parking pourtant de belle taille. C’était sans compter que nous sommes tombés au moment d’un concours d’orchidées, finalement à pic. Les fleurs étaient de toute beauté, y compris les compositions et celles en plastique (!) tout comme les 12 autres secteurs du jardin, dont une roseraie, une cacteraie, des jardins chinois et japonais, un secteur australien et une palmeraie. Malgré une certaine expérience dans le domaine, nous avons encore découvert un certain nombre d’espèces que nous n’avions encore jamais rencontrées. La nature est infinie dans sa diversité, on ne se lasse jamais.

    Festival dorchidees
    Festival d’orchidées
    I
    A
    Et des modeles en plastique etonnants
    et même des modèles en plastique plutôt réussis !
    Attention aux plantes carnivores
    Attention aux plantes carnivores, ne laissez-pas traîner vos doigts !!
    Celles la sont tres champetres
    Là, on est dans le champêtre,
    Nous voici au jardin chinois avec ses bonsai magnifiques
    puis dans le jardin chinois, avec ses bonsaïs magnifiques
    A
    Le Japon se defend bien aussi
    Le Japon se défend bien aussi…
    Apres cest un festival de cactus
    Après, c’est un festival de cactus,
    Plus ou moins en fleurs
    plus ou moins en fleurs,
    Plus ou moins difformes
    plus ou moins difformes.
    On termine par la roseraie et ne pas prendre racine
    On termine par la roseraie et on se sauve pour ne pas prendre racine

    Palm Springs en dehors des enquêtes

    Ce grand rectangle vert au milieu du désert n’est autre que la plus grande oasis de Californie (un quart de l’état est constitué de désert). Les larges rues en quadrillage parfait sont presques toutes bordées de Palmiers de Californie, gagnant rapidement jusqu’à 30 mètres de hauteur tout en conservant de longs fils blancs jusqu’à leur base, ce qui leur donne un aspect un peu en rouleau de laverie automobile. Arrivés alors que le temps tournait à l’orage, nous avons fait connaissance avec ces arbres alors qu’ils ressortaient magnifiquement sur le ciel très sombre, tandis que de notre côté nous rentrions magnifiquement nous abriter à l’intérieur. Nous avons passé la nuit là, au bord d’une rue calme près du centre, attendant le retour du beau temps prévu le lendemain.

    Apres la tempete le calme
    Après la tempête, le calme
    A

    Nous avons commencé notre journée par une curiosité, les Robolights. L’œuvre d’un artiste local un rien allumé (d’où le nom ? 😉) qui a construit et disposé sur son très grand jardin une multitude de robots en tous genres plutôt de grande taille et faits de matériaux de récupération et abondamment colorés. La « galerie » n’ouvre qu’occasionnellement aussi nous n’avons pu la voir que de l’extérieur, mais c’est déjà significatif. Il parait qu’en plus le gars est devenu irrascible. Pas trop envie de finir en robot géant rose ou jaune vif… Mais quand il est là, les machines s’animent et sont éclairées la nuit. Pour avoir une idée de ce que cela donne, n’hésitez pas à jeter un œil sur la vidéo YouTube ci-après.

    Le Robolights Project
    Le Robolights Project,
    Un parc un peu fou ou se cotoient des figurines etranges
    un parc un peu fou où se côtoient des figurines étranges
    faites de materiaux recycles
    faites de matériaux recyclés
    A

    La suite a été plus sportive puisque nous sommes allés randonner dans les Indian Canyons. En fait nous nous sommes contentés du principal, une petite rivière creusée dans le désert et bien entendu longée d’une bonne quantité de ces Palmiers de Californie, nous procurant par ailleurs une ombre bienvenue. Le retour s’est fait par les hauteurs, permettant de voir la palmeraie de haut et l’ensemble de la ville de Palm Springs pas très loin. Près de 2 heures de marche, c’est bien pour un dimanche !

    Lun des Indian Canyons
    L’un des Indian Canyons,
    borde de ces palmiers si caracteristiques
    bordé de ces palmiers si caractéristiques,
    aux longues pailles qui touchentpresque le sol
    aux longues pailles qui touchent presque le sol
    a
    Vu de dessous, on voit mieux comment ça fonctionne et on aperçoit les petites graines noires
    C
    cheminant dans le desert
    Le chemin du retour se fait dans le désert et permet d’apercevoir la palmeraie du dessus

    Revenus dans la ville, nous sommes allés nous mettre au frais dans le Palm Springs Art Museum. Ce n’est pas et de loin le meilleur musée d’art que nous ayons vu, mais nous y avons trouvé comme toujours quelques œuvres intéressantes, en intérieur comme en extérieur.

    Au musee dart le spectacle est dabord a lexterieur
    Au musée d’art, le spectacle est d’abord à l’extérieur
    A
    Une etrange sphere lumineuse nous attend a linterieur
    A l’intérieur, c’est une étrange sphère lumineuse qui nous attend dans l’entrée
    Quelques belles realisations en verre la derniere est francaise
    Quelques belles réalisations en verre ; la dernière est française
    Quelques oeuvres etranges
    Quelques oeuvres étranges
    Recyclage de canettes ecrasees disposees sur une antenne parabolique
    Un peu de recyclage : canettes écrasées disposées sur une antenne parabolique
    et pour finir ces personnages assis dans une salle tellement realistes
    et pour finir, ces personnages assis dans une salle, tellement réalistes que beaucoup de visiteurs passent à côté sans les remarquer !

    Nous sommes allés nous garer pour la nuit au bord d’un stade. Pas certains que c’était légal mais personne n’est venu toquer à notre porte… En l’absence de match, c’était tranquille.


    Le jour suivant, nous décidons de prendre de la hauteur, pour échapper aux 35°C prévus en ville dans la journée. Pas compliqué, il suffit de prendre le « tramway », c’est comme ça qu’ils appellent ici leur téléphérique. En à peine 12 minutes, nous arrivons à 2600m d’altitude, près du sommet du Mont Jacinto (le point culminant de la Californie qui lui culmine à 3300m) en ayant perdu 18°C : nous sommes passés de 27°C à la station de départ à 9°C seulement à l’arrivée. Autant dire qu’il valait mieux emmener sa petite laine ! D’ailleurs, il est étonnant de trouver dans la boutique des gants et bonnets de ski alors que nous étions dans le désert quelques minutes auparavant. Une particularité de ce téléphérique est que le plancher des cabines tourne pendant le trajet, comme un restaurant panoramique, ce qui permet de mieux apprécier les paysages traversés, pas moins de 5 écosystèmes différents en 12 mn.

    On prend de la hauteur
    On prend de la hauteur
    avec ce telepherique panoramique
    avec ce téléphérique panoramique

    Forcément de là-haut nous avons une vue magnifique sur toute la vallée de la Coachella où les carrés verts des villes tranchent avec un paysage des plus arides alentour. Un choix de 80 km de randonnées s’offre à nous. Nous choisissons un parcours raisonnable, ce qui se définit par l’absence de nécessité d’enregistrement auprès des rangers et de présentation d’une check-list de matériel de survie. Nous avons marché un peu moins de 2 heures dans un environnement alpin, avec des pauses points-de-vues réparties le long du trajet. Nous avons fait durer le petit café avant de redescendre dans la fournaise et reprendre la route. En fait, quand on roule c’est parfaitement supportable, même sans la climatisation.

    En haut le spectacle est grandiose
    En haut le spectacle est grandiose
    Mais les temperatures fraiches A quel autre endroit
    Mais les températures sont fraîches. A quel autre endroit peut-on trouver dans une même boutique des guides de survie dans le désert et des gants et bonnets de ski ?
    En tout cas cest ideal pour un pique nique contemplatif
    En tout cas c’est idéal pour un pique-nique contemplatif
    Nest ce pas
    Nest-ce-pas ?

    Avec Palm Springs se termine notre tour des célébrités. Encore que… En nous dirigeant vers le parc national de Joshua Tree, nous allons croiser la route du groupe U2. Savez-vous pourquoi ? La réponse dans le prochain article bien sûr !

    parcours du au octobre
    Parcours du 10 au 17 octobre

    Et en bonus la carte de notre trajet depuis le tout début. Car cela fait tout juste 18 mois que nous avons pris la route avec Roberto. Et nous avons parcouru un sacré bout de chemin !

    robertomois txt

  • 58. De la Géorgie au Tennessee

    Depuis Orlando, nous avons amorcé notre lente remontée vers le Canada. En nous éloignant de la côte et en gagnant en latitude, nous accumulons les miles et perdons des Fahrenheit. Vous verrez dans cet article comment nous jonglons (ou pas) avec le système de mesures américain, comment nous avons appris en contrepartie que le Coca-Cola était dérivé d’une boisson française. Nous y partageons bien entendu nos autres découvertes de la semaine.


    Cocacolacoricoooo !

    Où ailleurs qu’à Atlanta peut-on trouver une rue Coca-Cola ?

    J’avais promis de revenir sur cette visite un peu ratée du World of Coca-Cola à Atlanta. Peut-être ratée à cause de la visite du Mémorial Martin Luther King le matin-même, les deux sujets étant peu compatibles, mais pas que. Peut-être aussi parce que nous avions une référence, le Dr Peppers Museum, visité quelques semaines plus tôt et vraiment excellent, très informatif et peu publicitaire. Chez Coca-Cola, tout nous a semblé l’inverse. Dès l’accueil, alors que les visites étaient annoncées limitées par des inscriptions en ligne et que celles-ci étaient complètes pour les 2 heures qui suivaient, tous ceux qui se présentaient aux guichets étaient acceptés. Nous avons donc pu rentrer immédiatement, moyennant vingt dollars chacun. Pour être parqués dans une première salle, puis une seconde avec un chauffeur de public, avant d’être invités à visionner un film d’une quinzaine de minutes sur des évènements sportifs ou familiaux tous accompagnés de la célèbre boisson. Que des gens minces bien entendu, très éloignés du profil (dans les sens premier et arrondi du terme) du consommateur moyen de la boisson aux sept morceaux de sucre par canette. Après ce film, nous sommes enfin lâchés dans différentes salles, avançant pas à pas devant les vitrines exposant des objets publicitaires et/ou anciens, sans pouvoir vraiment les regarder parce que ceux de derrière poussent pendant que leurs gamins courent partout et interagissent avec les quelques objets présentés comme s’ils voulaient les détruire ou s’en servir comme instrument de percussion. Nous avons tout de même repéré deux ou trois choses intéressantes, vous les verrez en photo, mais globalement nous n’avons rien appris.

    Dommage car l’histoire du Coca-Cola est intéressante, mais c’est ailleurs que j’ai dû la rechercher et surtout pas sur le site très édulcoré de la firme. La boisson a été inventée dans les années 1880 par un pharmacien d’Atlanta. A l’époque, les pharmacies et drugstores disposaient de fontaines à soda, l’eau et les bulles identiques pour tous venant agrémenter un sirop qui lui avait une formule propre. Accro à la morphine qu’il prenait pour soulager ses blessures de guerre, le pharmacien souhaitait fabriquer une potion qui lui permette de se sevrer. Il se basa sur une liqueur française à base de feuilles de coca et de vin de Bordeaux (le Vin Mariani) pour élaborer sa propre formule associant, entre autres, feuilles de coca et noix de kola. Il l’appela sa liqueur alcoolisée French Wine Coca, même si le Bordeaux en était exclus. La boisson ne fut pas lancée à grande échelle pour autant car le maire d’Atlanta l’interdit, la ville étant dans les toutes premières à promouvoir la prohibition. Le pharmacien dut revoir sa copie et exclure l’alcool. Le Coca-Cola était né et allait pouvoir se répandre dans le monde comme une traînée de poudre, ce terme n’étant pas si inapproprié car même sans alcool, la boisson contenait encore 9 mg de cocaïne par litre, de quoi doper la consommation. Abusé par ses associés, le pharmacien dut leur vendre sa marque et sa formule pour 2300 dollars et mourut un an plus tard sans se rendre compte à quel point il avait spolié toute sa descendance. Aujourd’hui, la boisson est la plus consommée dans le monde après le thé et le café, 420 000 bouteilles sont ouvertes chaque seconde ! Les Mexicains en ingurgitent chaque année 160 litres chacun (le record) contre 94 litres pour les Américains et 32 litres pour les Français.


    L’attentat d’Atlanta

    Les anneaux olympiques du Parc du Centenaire nous rappellent bien qu’Atlanta a été la ville organisatrice des Jeux Olympiques en 1996. Des jeux marqués entre autres par l’explosion d’une bombe au beau milieu du village olympique faisant 2 morts et 111 blessés. Mais nous autres Français retiendrons la performance de Marie-José Pérec, double médaillée d’or aux 200m et 400m. Elle reste encore détentrice du record de France dans ces deux disciplines.


    C’est le printemps !

    Les rues des beaux quartiers d’Atlanta sont déjà un petit jardin botanique en soi, avec leurs belles pelouses parfaitement tondues encadrées ou parsemées d’arbres fleuris et de massifs impeccables, mais nous avons voulu voir le must au vrai Jardin Botanique de la ville. Et nous n’avons pas été déçus. Rien de mieux que d’observer la diversité que la nature nous offre, même si dans ce genre d’endroit elle est entretenue artificiellement. Dans une serre, un climat tropical humide avec brume permanente donne l’illusion de se trouver en pleine jungle, entourés de palmiers et bananiers géants dont on distingue à peine les feuilles et de racines tombantes qui vous effleurent le visage. On ne serait pas étonnés de voir surgir un gorille de ce brouillard. Mais comme dans la vraie forêt, les animaux se montrent peu et les seuls que nous verrons sont des petites grenouilles bien protégées derrière la vitre de leur vivarium. Une précaution pas inutile car elles sont vénéneuses !


    Tout dans la mesure

    La hauteur de votre véhicule est de 2,60m.
    Vous passez ou pas ?
    A quelle vitesse devez-vous rouler ?
    (Vous avez 5 secondes pour prendre la décision)

    Le système d’unités Américain, dit « impérial » est assez compliqué à intégrer pour nous autres adeptes du système métrique. Ça commence sur la route dès le franchissement de la frontière par les panneaux de limitation de vitesse, libellés en miles par heure (mph), alors que le tachymètre de votre véhicule continue d’afficher des km/h. Pas le temps de sortir la calculette, il faut convertir mentalement pour adapter sa conduite. 1 mile valant 1,6 km, on rajoute la moitié et un « chouïa ». Exemple : si le panneau mentionne 40, la limite en km/h est de 40 + 20 + disons 4 = 64 km/h. Pour compliquer les choses, les panneaux de limitation de vitesse affichent souvent des multiples de 5. Ainsi, à l’arrivée dans les villes se succèdent rapidement des limitations à 45 puis 35 puis 25 puis 15 mph. Il faut s’adapter vite ! Une autre astuce est de jeter un œil à la vitesse instantanée affichée par le GPS qui s’est mise automatiquement en miles dès notre entrée sur le territoire américain. C’est bien pour la vitesse et la distance restant à parcourir, sauf lorsque nous approchons d’un changement de direction, car à ce moment les distances s’affichent …en pieds ! Qu’il faut alors diviser environ par 3 pour savoir, en mètres, là où il faut tourner.

    Les hauteurs quant à elles, indispensables pour savoir si Roberto passe ou non sous tel pont ou telle porte de garage, sont affichées en pieds et pouces. Dur dur pour des décisions qui doivent en général se prendre très rapidement ! Les altitudes aussi sont exprimées en pieds, et l’altitude c’est important en voyage, ça donne une idée des températures auxquelles il faut s’attendre. Car on perd 3 degrés Fahrenheit et demi à chaque fois que l’on monte de mille pieds. Vous suivez ? Sinon nous achetons le diesel au gallon, l’eau et le lait en onces liquides et nous jonglons pour les recettes de cuisine avec les pintes, les tasses, les shots, les cuillers de table, les cuillers à thé et même les gouttes. Mais ça c’est tout simple, il suffit de savoir que 2 pintes valent 4 tasses, qu’un shot vaut 3 cuillers de table ou 2/3 d’onces fluides et qu’une cuiller à thé contient 80 gouttes. Pour finir, les fruits et légumes se vendent à la livre (453,59 g)( avant de s’en rendre compte, on trouvait qu’ils n’étaient pas chers…) et le sucre ou les pâtes en onces solides (28,35g) à ne surtout pas confondre avec les onces liquides. La confusion est si facile que l’on pourrait s’y prendre les 30,47 cm …euh je voulais dire les pieds.


    Le pont de la rivière quoi ?

    Ce pont métallique ressemble un peu à celui du film sur la célèbre rivière thaïlandaise, sauf qu’il n’y passe pas de trains mais uniquement des piétons et des vélos, et qu’il est d’un joli bleu azur. C’est aussi, avec ses 724 m l’un des plus longs ponts piétonniers au monde. Restauré il y a une trentaine d’années après dix ans de décrépitude, il fait maintenant le bonheur des habitants de Chattanooga – une ville au nord-est d’Atlanta – qui viennent y marcher ou y courir sur ses traverses en bois datant de 1860. Le pont offre une jolie vue sur la ville, sur le Hunter Museum of American Art (j’en reparlerai juste après) perché sur une falaise à l’une de ses extrémités, et bien entendu sur la rivière Tennessee qu’il enjambe.


    Tableaux de chasse

    Compte-tenu du nom, c’est effectivement le thème de la chasse que nous pensions voir développer dans ce Hunter Museum of American Art où nous nous sommes réfugiés pour échapper à la pluie. Si la première œuvre présentée, un joli tableau de chasse sur une porte en trompe l’œil, la première acquisition du musée en 1952, semblait confirmer cette impression, nous avons compris rapidement que « Hunter » était le nom du créateur de ce musée. L’histoire ne dit pas s’il était chasseur, mais il fut en tout cas directeur de la première usine d’embouteillage de Coca-Cola à Atlanta, ce qui l’a conduit à amasser une petite fortune. Les bâtiments du musée à l’architecture osée, mélangeant les genres, hébergent des œuvres d’artistes américains datant du XVIIIème siècle à nos jours, dans des styles aussi divers que la peinture, la sculpture, la photographie, le travail du verre, le patchwork, etc. Je vous ai mis mes œuvres préférées avec quelques commentaires, mais le choix était difficile. Si vous en voulez davantage, le site offre une visite virtuelle, en anglais bien sûr, mais l’art n’a pas de frontières.

    Un magnifique cheval en bois flotté,
    à l’entrée du musée

    William Glackens (1870-1938) « Miss Olga D. »
    Le portrait d’une actrice allemande par un admirateur de Renoir, et donc dans son style

    Portrait de Georges Washington par Gilbert Stuart. S’il vous rappelle quelque chose, c’est normal, il figure encore sur tous les billets de 1 dollar

    Une ville que j’aimerais visiter…

    Du verre, encore du verre…

    Un grand tableau de plus de 2 mètres de hauteur intitulé « Black Star Family. First Class Tickets to Liberia » et réalisé par Bisa Butler, tout en patchwork. Un travail magnifique !
    Le hall d’entrée du musée,
    donnant sur la rivière Tennessee

    « Portrait d’une jeune fille assise »
    par Jules Pascin (1885-1930)
    Je ne sais pas pourquoi mais ce portrait m’a plu. La belle harmonie des couleurs, de la peinture jusqu’au mur ? Le côté Petit-beurre LU du cadre ? Va savoir…,

    Portrait de Jimmy Carter par Andy Wharol, utilisé pour sa campagne présidentielle. C’est quand même mieux qu’un hologramme, non ?

    Un escalier qui donne envie de grimper pour aller voir ce qui se passe…



    Les grandes montagnes enfumées

    Aucune photo d’ensemble ne nous ayant été permise par la météo,
    voici celle du site officiel des parcs nationaux nps.gov

    Ce territoire appartenait aux indiens Cherokee mais tout comme eux est tombé dans le domaine public. Ni la célèbre marque de 4X4 ni le gouvernement américain ne versent de royalties aux indiens pour avoir baptisé leur modèle ou leur parc avec le nom de leur tribu. Et encore moins les 12 millions de touristes qui viennent le visiter chaque année (3 fois plus que Monument Valley) mais il faut dire que, exceptionnellement, l’entrée de ce parc national est gratuite. C’est l’une des plus grandes forêts primaires tempérées de feuillus d’Amérique du Nord, avec une altitude variant entre 275m et 2025m et une surface de 2108 km2. Autant dire que le climat y est très varié et toujours très humide. Si le soleil a fait quelques apparitions dans les vallées lorsque nous y étions, les nuages n’ont jamais quitté les sommets, justifiant bien le nom du parc. La plupart des routes sont fermées l’hiver. Elles venaient juste de réouvrir lorsque nous sommes passés. Nous avons fait quelques randonnées, toutes deux aboutissant à une petite cascade. Nous avons bien ouvert les yeux à la recherche d’ours noirs, les animaux emblèmes du parc, mais avec 1 animal au km2 la rencontre était peu probable. Très peu de photos à vous montrer du coup pour cette pause nature malgré tout agréable.


    Le sens de la mise en scène

    Les 2 villes à l’entrée du parc sont vouées à l’accueil de ses visiteurs. Elles possèdent d’une part tout ce qu’il faut pour les héberger et les nourrir, mais aussi tout pour les occuper et alléger leur porte-monnaie (on grimpe plus aisément les poches vides) par le biais d’attractions multiples qui s’enchaînent sur plusieurs kilomètres sur les rues centrales. Les enseignes et façades rivalisent d’extravagance pour attirer les visiteurs, tels ce Titanic accueillant un musée dédié, ce King Kong accroché à sa tour fétiche, cette reconstitution du Mont Rushmore avec des têtes d’acteurs remplaçant celles des présidents, ce restaurant aux allures de vieille maison de trappeur avec tous les accessoires qui vont bien, ou encore ces maisons renversées, une attraction maintenant classique mais qui plaît toujours beaucoup. Qu’elles soient retournées ou pas n’y change rien : les Américains ont un excellent sens de la mise en scène.


    Music City

    Nashville mérite bien son qualificatif de « Music City », autrement dit ville mondiale de la musique, nous l’avons vérifié. C’est ici qu’a été développée la music country après l’arrivée des premiers émigrants, mélangeant les instruments et les genres musicaux de leurs pays respectifs. L’association pour le meilleur de la guitare espagnole, du banjo africain, de la lap-steel hawaïenne (une sorte de guitare à plusieurs manches qui se joue à plat), de la mandoline italienne, de l’harmonica, et par ailleurs des musiques folkloriques celtiques, du gospel des noirs américains, du yodel autrichien, de la musique cadienne ou encore du blues. Bien sûr tout cela a évolué au fil du temps, pour devenir un genre mineur en Europe alors qu’aux USA, au Canada et en Australie cela reste encore très développé. Nous l’avons compris en visitant à Nashville le centre culturel dédié à la musique country et en voyant là les visiteurs se pâmant devant le disque de platine de tel chanteur ou faisant un selfie devant le portrait de tel autre, quasiment tous inconnus pour nous. Nous avons approfondi notre culture en la matière en nous baladant dans les rues de la capitale du Tennessee, où le moindre restaurant ou bar accueille des musiciens en live, en déjeunant dans l’un de ces restaurants, et même en allant voir un concert dans le célèbre auditorium Ryman qui fonctionne en continu depuis 1892 et sur la scène duquel s’est produit Elvis Presley. C’est la plus mythique des salles de spectacle parmi les 120 que compte la ville. Nashville vaut aussi largement la visite pour son animation diurne comme nocturne, avec ses belles enseignes en néons, sa musique omniprésente, et le défilé de ses passants habillés de vestes brodées ou en daim à franges, coiffés de chapeaux et chaussés de bottes en cuir. Nous y étions un vendredi, difficile de dire s’ils sont habillés de même en semaine, mais pourquoi pas ?


    J’vous ai apporté des bonbons

    Avant de quitter pour de bon le Tennessee, dérogeons à la règle des lapins en chocolat de ce dimanche pascal avec cette boutique très colorée de Pigeon Forge (vous savez, la ville du Titanic et de King Kong réunis). Rien en chocolat, tout en sucre et colorants. Si l’on se contente du plaisir des yeux c’est inoffensif. Pas de mal à se faire plaisir, non ?


    Dans quel état sommes-nous ?

    Pour ceux qui demandent de nos nouvelles, Roberto et nous allons très bien à l’approche de nos 1 an de vie nomade, toujours aussi motivés à de nouvelles découvertes. Pour ceux qui voudraient juste savoir où l’on est, nous venons d’arriver dans l’état du Kentucky. Pour l’instant ça évoque surtout pour nous le poulet frit, mais nul doute que nous en aurons une autre idée dans les jours qui viennent. A bientôt pour la suite donc. N’hésitez pas à commenter, ça fait toujours plaisir. Les boutons sont sous le parcours mis à jour.

  • 55. La Louisiane, quelle histoire !

    Avant d’y être allé, j’imaginais la Louisiane réduite au seul état actuel des États-Unis. Une fois sur place, un peu plus investi dans l’histoire du pays, je découvre l’ampleur à la fois de mon ignorance et du territoire initial de ce qui a été la Nouvelle France. Près du tiers de l’Amérique du Nord, rien que ça ! Pour ceux comme moi qui ne le savaient pas, je vous ai fait un petit résumé du passé mouvementé de la région. Pour les autres, vous pouvez passer directement au second chapitre.

    La Louisiane, le pays dont personne ne voulait

    Quand les grandes forces européennes sont parties à la conquête de l’Amérique au XVIème siècle, l’Angleterre s’est octroyée la côte Est de l’Amérique du Nord, tandis que les Espagnols arrivés par le Sud ont plutôt colonisé l’Ouest et la Floride. La France, ne voulant sans doute pas paraître faible ou bien pour éviter que l’une des deux nations ci-dessus écrase l’autre, a pris ce qui restait, c’est-à-dire une large bande centrale allant du Canada au Golfe du Mexique, occupant un bon tiers des actuels États-Unis. Le conquérant français a nommé Louisiane toute la partie au sud des Grands Lacs, en l’honneur du Roi Louis XIV. Toutefois, ce dernier n’était pas vraiment convaincu par cet agrandissement de son territoire, tout occupé qu’il était à aménager Versailles. Quelques familles et quelques troupes ont bien été envoyées là-bas, deux à trois cents personnes en tout, une broutille par rapport à l’étendue du territoire. Sans moyens, sans convictions, la plupart rentraient au bout de quelques années, abandonnant au passage femmes amérindiennes et enfants.

    La Louisiane en 1700
    La Louisiane au sein de la Nouvelle France avant 1713

    Louis XIV au bord de la ruine et peu avant sa mort privatisa alors la région, la donnant en gestion d’abord à un homme d’affaires français qui finalement ne la fit pas (l’affaire) puis, alors qu’on était passé à Louis XV, à un banquier explorateur d’origine écossaise qui avait néanmoins la confiance du monarque. Le banquier changea radicalement de méthode en envoyant à la place des Français trop peu motivés 7000 personnes recrutées ou enlevées de l’autre côté de la frontière Est de la France, pour une forte proportion jugés indésirables dans leurs pays respectifs (anciens forçats, vagabonds, brigands, déserteurs ainsi que des « femmes de mauvaise vie » dont la célèbre Manon Lescaut) et qualifiées du terme générique d’ »Allemands ». Rentabilité oblige, le financier fit aussi venir d’Afrique un nombre similaire d’esclaves, soit bien moins que les autres nations. Si ça ne déresponsabilise pas la France pour autant, ce « faible » nombre explique peut-être en partie que la compagnie dirigée par le banquier fut mise en banqueroute quelques années seulement plus tard.

    Pendant ce temps, Anglais et Espagnols bien plus investis dans la colonisation grossissaient leurs effectifs respectifs et rêvaient d’étendre leurs territoires. Mais sans rêver de la Louisiane pour autant, jugée non rentable en termes de qualité de sol et de sous-sol. Vint le moment où la France s’engagea dans la Guerre de 7 ans (1758-1763) contre les Anglais et la perdit. Elle dut céder la moitié Est de la Louisiane (et le Canada) à son adversaire et réussit à refiler l’autre moitié à l’Espagne, si peu intéressée qu’elle mit 4 ans à en prendre possession.

    La Louisiane en 1762-1763

    A l’inverse, lorsque la Louisiane redevint française 40 ans plus tard suite à la victoire de Maringo en 1800, la France, dirigée alors par Napoléon Bonaparte ne se précipita pas pour la réoccuper, laissant un temps les Espagnols la défendre. Et lorsque la date de prise de possession fut enfin fixée au 18 mars 1803, la France s’empressa de vendre le 20 avril la Louisiane aux États-Unis qu’elle jugeait mieux aptes qu’elle à la protéger des Anglais. Bonaparte n’avait pas tort, mais tout de même, la France a perdu, faute de s’en occuper, un territoire hautement stratégique et grand comme quatre fois le sien, représentant aujourd’hui 15 des 52 états américains.

    Ce chapitre n’est qu’un résumé de l’excellent article sur le sujet que je me suis régalé à lire ici et que je vous conseille si vous voulez plus de détails.


    Dernière nuit au Texas

    Le parc naturel évoqué dans le précédent article nous refusant l’hospitalité et peu enclins à rouler beaucoup aujourd’hui, nous nous réfugions dans le RV-park le plus proche. Les RV-parks, ça ressemble un peu à nos campings ou nos aires de services pour véhicules de loisirs, mais de loin tout de même. En fait, il y a de tout. Du simple terrain vague sans aucun équipement, dont on se demande bien pourquoi les gens s’y réfugient, jusqu’au camping 4 étoiles luxueux similaire aux nôtres. Les américains se réfugient quasi-systématiquement dans les RV-parks pour la nuit, et parfois même à demeure, car leurs camping-cars ne sont pas conçus pour être autonomes. Ils sont même gigantesques, déjà très longs, mais en plus devenant très larges une fois garés grâce à des caissons latéraux extractibles. Ils sont équipés de gros frigos, de fours, de climatiseurs, de machines à laver comme à la maison. Comme si cela ne suffisait pas encore, ils tractent volontiers une remorque, une caravane ou bien une voiture. Énergivores et volumineux, ils ne peuvent guère séjourner que sur des terrains spécialisés, alors que de notre côté nous avons suffisamment d’autonomie pour rester dans la nature sans bouger une douzaine de jours en été (davantage si nous pouvons trouver de l’eau), et deux ou trois jours en hiver (les panneaux solaires ne compensant plus la consommation, il nous faut alors rouler pour augmenter notre autonomie).

    Roberto bien petit à côté de ses voisins

    Notre terrain du jour est plutôt spartiate. Déjà il nous faut trouver l’accueil. Renseignement pris auprès d’un résident d’une sorte de mobile-home, le propriétaire n’est pas là, il faut l’appeler, mais il nous propose de l’appeler à notre place. Le proprio lui communique une place et déclare qu’il passera récupérer ses sous (12 $) dans la soirée, ce qu’il fera effectivement. Pour ce prix nous avons droit à un emplacement avec un robinet d’eau. Nous aurions pu nous brancher aussi en cas de besoin, ce qui n’était pas le cas. Nous avons accès à une salle d’eau unique en béton brut, avec douche chaude lavabo et WC. Une seule pour tout le camping, mais c’est suffisant car les locaux restent dans leur maison sur roues. Nous, quand on peut trouver une douche supérieure à 1 mètre carré, on profite… Voyant les gens sortir leur barbecue, nourrir leur chien en cage, allumer leur télé, nous avons craint un moment que la soirée soit très animée, mais non, la nuit a été plutôt calme.


    Étapes en Louisiane

    Que ce soit sur les routes secondaires ou les autoroutes, la verdure et l’eau sont omniprésentes en Louisiane, cela contraste avec les plaines arides du Texas. Compte-tenu de la grande surface occupée par les marécages (les fameux bayous), les voies de circulation sont souvent surélevées, voire carrément sur pilotis, par centaines de kilomètres, ou plutôt de miles. Car effectivement, depuis notre arrivée aux US, nous avons dû abandonner le système métrique. Autant s’y mettre de suite pour mieux apprécier les limites de vitesse ou les distances affichées sur les panneaux. D’ailleurs, nos deux applications de routage GPS ont adapté leur affichage sans aucune intervention de notre part.

    Plaque minéralogique de l’état de Louisiane. Une particularité : il n’y en a pas à l’avant.

    Le réseau routier, contrairement à ce que l’on pourrait attendre d’un pays riche, n’est pas en super état. Les nids de poule, sans avoir l’ampleur de ceux du Mexique, sont très fréquents. En de nombreux endroits, les routes sont faites d’un matériau qui fait un bruit aigu en roulant, ou sont construite par plaques qui donnent l’impression de rouler sur une vieille voie de chemin de fer. La circulation n’est pas si facile non plus, surtout sur les autoroutes où la circulation est anarchique. Les limites de vitesse ne sont pas respectées et les dépassements se font aussi bien par la gauche que par la droite. Quand vous avez deux énormes semi-remorques qui vous doublent en même temps, un de chaque côté, c’est un rien stressant ! Et si vous voulez rester à droite pour éviter ça, immanquablement vous vous retrouvez sur une bretelle de sortie. Le point positif pour les autoroutes, que nous tentons néanmoins d’éviter dans la mesure du possible, c’est qu’elles sont gratuites.


    1. La fabrique du Tabasco

    Si notre guide Lonely Planet États-Unis n’en parlait pas, le site Authentik USA présentait la visite comme incontournable. Alors nous y sommes allés et n’avons rien regretté. Comme quoi il faut toujours multiplier ses sources d’information.

    C’est ici, près de la ville de La Fayette, dans l’île d’Avery, ainsi appelée bien qu’elle soit en plein milieu des terres parce qu’il s’agit d’une zone circulaire complètement entourée d’une rivière marécageuse, qu’un banquier désœuvré suite à la Guerre de Sécession a mis au point la célèbre sauce au piment rouge en 1868. Edmund McIlhenny souhaitait simplement donner du goût aux rares aliments disponibles dans cette période. Une reproduction de son carnet de notes expose d’ailleurs, en guise de preuve, la recette originale. Recette qu’il a testée d’abord auprès de son entourage en la conditionnant dans d’anciens flacons d’eau de Cologne, ce qui explique la forme du conteneur encore aujourd’hui d’actualité.

    Tout le processus de fabrication est présenté de façon pédagogique et vivante. On apprend que les piments provenant de la région de Tabasco au Mexique sont semés en juin puis récoltés en août, uniquement lorsqu’ils sont à point, c’est-à-dire lorsqu’ils ont atteint la couleur du petit bâton que possède chaque cueilleur. Ils sont ensuite lavés, réduits en purée puis mélangés à du sel. Et ça tombe bien, du sel il y en a beaucoup car l’île est en fait un « dôme de sel », une formation géologique particulière qui descend ici plus de 9 km sous le niveau du sol. La purée salée est alors mise à fermenter dans des tonneaux en chêne scellés au sel pendant une durée de 3 ans. Cette phase terminée, la purée de piment est malaxée de façon intermittente avec du vinaigre pendant plusieurs semaines avant d’être filtrée et mise en flacons.


    Comme nous ne sommes pas dans la période de récolte, nous ne verrons pas les toutes premières étapes, mais tout le reste de l’usine est en activité, de la fabrication et du stockage des fûts jusqu’à l’embouteillage, en passant par le mélange final avec le vinaigre. Cela rend toujours les choses bien plus concrètes. Mais le plus concret, c’est bien sûr la dégustation, avec modération ici encore plus qu’ailleurs, mais pas pour les raisons habituelles !


    2. Jungle Gardens

    La visite des jardins attenants à l’usine était incluse dans le prix du billet, alors nous nous sommes dits pourquoi pas ? Mais ce que nous prenions pour un simple bonus s’est avéré être une attraction à part entière.

    L’immense parc peut se parcourir aussi bien en voiture – ce que font la grande majorité des visiteurs – qu’à pied, solution que nous avons privilégiée. Nous sommes frappés d’emblée par ces grands arbres dont les branches sont couvertes de plantes épiphytes, certaines en forme de petites fougères, d’autres plus impressionnantes se présentant comme de grandes barbiches qui pendent et se balancent au gré du vent. Elles sont d’ailleurs appelées parfois barbes de vieillard ou encore filles de l’air, mais la dénomination la plus courante ici est celle de mousse espagnole. Ces plantes ne dépendent pas des arbres qui les supportent puisqu’elles n’ont pas de racines. Elles vivent simplement de l’eau de ruissellement et se propagent d’un endroit à un autre emportées par le vent. Elles sont volontiers utilisées ici pour garnir les matelas, moins coûteuses que les billets de banque. Nous avons adoré nous y promener.


    3. J’Acadie : « Plongez dans le passé ! »

    Toujours à La Fayette, un centre culturel est consacré à la culture « cajun » (« cadien » prononcé par un anglais chiquant du tabac) et nous en apprend un peu plus sur ce peuple d’émigrés français au Canada, brutalement arrachés à leur terre d’adoption par les Anglais qui venaient d’en hériter et savaient qu’ils n’arriveraient à imposer ni leur langue ni leur religion à ces irréductibles gaulois. Après une période de cavale, d’emprisonnement ou de retour forcé en France, beaucoup se sont retrouvés en Louisiane où ils ont fondé la « Nouvelle Acadie ». Peu de temps avant que la région ne devienne espagnole puis américaine. Quand on a la poisse… Cela ne les a pas empêchés de maintenir leur culture, leur religion et leur langue un peu particulière faite d’un mélange de vieux Français, de Canadien et de Créole.

    A l’image de ces « courses des chevals », orthographiquement correctes en Acadien uniquement, un certain nombre d’expressions perdurent, colorées et parfois si logiques. Comme par exemple : asteur = maintenant (à cette heure) ; débourrer = déballer (un cadeau par exemple) ; froliquer = faire la fête ; galance = balançoire (pour se galancer, tiens) ; mouiller = pleuvoir ; plats = plats, mais aussi (ce serait trop simple) tasses, verres, couverts, en gros tout ce qu’on appellerait vaisselle ; plumer = éplucher (plumer des patates par exemple) ; poutine = boule faite d’un mélange de porc et de pommes de terre râpées (après avoir été plumées bien sûr)

    Le centre culturel est complété par un village acadien reconstitué. Comme souvent aux États-Unis, c’est animé par des bénévoles qui nous présentent chacun un travail, une maison, voire poussent la chansonnette.


    4. La Nouvelle-Orléans

    A la Nouvelle-Orléans, berceau du jazz, il est normal de trouver des statues d’Armstrong ou de Bechet dans les jardins et de rencontrer des brass band un peu partout. En que capitale de la Louisiane, ex colonie de la France au passé mouvementé, il n’est pas étonnant que les plaques de rues portent des toponymes français, espagnols ou américains. A la Nouvelle-Orléans, des bateaux munis de roues à aubes naviguent encore sur le Mississipi, tout près du célèbre quartier français avec ses maisons coloniales aux jolis balcons en fer forgé.

    Sous les arcades, les boutiques d’artisanat ou d’antiquités alternent avec les restaurants où l’on sert une cuisine cajun bien relevée. Juste devant la cathédrale Saint-Louis, comme par provocation, des sorciers vaudou désenvoûtent les passants. Et près du marché français trône une statue équestre de Jeanne d’Arc. Elle n’a pourtant pas délivré la Nouvelle-Orléans des Anglais que je sache !


    5. Le réveil du couloir des tornades

    Nous nous réveillons avec un ciel soudainement gris et du vent qui fait osciller Roberto. La météo annonce « Alerte rouge vents violents avec risque de tornades ». Pas de chance, c’est aujourd’hui que nous avons réservé une mini-croisière sur le Mississipi en bateau avec roues à aubes. Nous nous rendons tout de même à l’embarcadère. Au guichet on nous confirme malheureusement l’annulation du départ. C’est qu’ici, dans une région régulièrement touchée par les tornades et les ouragans, on ne plaisante pas avec la météo, et ça se comprend. Le site meteomedia.com, fait justement un article sur le « couloir des tornades » dont fait partie la Louisiane. Dommage.

    Nous n’avons plus qu’à poursuivre notre découverte à pied de la ville, au milieu des vieux tramways, des statues de musiciens de jazz, des immeubles qui semblent vouloir toujours être plus hauts que leurs voisins.
    Nous nous arrêtons dans un musée consacré aux artistes du sud de l’Amérique du Nord, dont un cubain (Luis Cruz Azaceta) qui a le don pour mettre ses idées noires en couleurs. Son expo est d’ailleurs intitulée « What a wonderful world », c’est dire !


    Puisque la journée est pourrie, nous allons faire notre lessive dans une laverie automatique. Comme son enseigne l’indique, elle fonctionne avec des pièces, mais seulement des « quarters » (0,25$). J’ai commencé par changer le plus petit billet que j’avais, 20$, et j’ai eu l’impression de rafler la mise dans une machine à sous. Les 80 pièces pesaient bien lourd dans mes poches… Et Il a fallu en insérer pas mal dans la machine pour arriver aux 4,50$ du prix du lavage. Bon, ça occupe…


    Pour finir la journée en beauté, la pluie, les éclairs et le tonnerre sont arrivés et puis nous avons reçu cette alerte tornade nous invitant à nous réfugier urgemment dans l’abri le plus proche. Mais comme personne ne bougeait autour de nous, nous avons attendu patiemment que ça passe. A Rome fais comme les Romains font.


    La nuit s’est terminée dans le calme et nous avons pu poursuivre notre route vers l’état du Mississipi. A bientôt !