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  • 164. Chaud devant !

    164. Chaud devant !

    Après cette parenthèse chilote, nous voici repartis sur le continent, avec de bonnes routes pour le moment. Notre amour pour les zigzags aidant, nous repartons vers les montagnes, ou plutôt vers les volcans, dont la région possède des exemplaires particulièrement actifs. Et qui dit volcan dit thermalisme. Nous allons bien sûr goûter à tout ça !

    Chaud devant
Le parcours correspondant à cet article
    Le parcours correspondant à cet article, en version zoomable ici

    Un bateau dans la façade

    Arrivés à Puerto Varas, une ville de 53 000 habitants située au bord d’un grand lac, nous remarquons d’abord de grands hôtels de style international, puis des maisons haut de gamme. Manifestement, la ville est économiquement plus riche que les précédentes que nous avons visitées. Mais c’est une maison très singulière qui va tout particulièrement attirer notre attention. D’abord parce que la proue d’un bateau en dépasse, tout comme la moitié droite d’un autobus. Mais le reste de la façade est tout aussi atypique, très désorganisé et émaillé d’objets hétéroclites. L’entrée de ce Musée Pablo Fierro est gratuite mais à horaires variables, nous devrons nous y reprendre à deux fois. L’intérieur confirme la première impression : le bâtiment est fait de multiples pièces, recoins, escaliers, alcôves, greniers, dans lesquels on circule en explorateur. Le sol, les murs, les plafonds, les étagères, les placards sont emplis d’objets des plus divers accumulés au fil du temps par le propriétaire qui a construit et aménagé tout cela de A à Z, en commençant par y exposer ses propres peintures. Car oui, c’est un artiste-peintre qui a commencé sa carrière en dessinant les vieilles maisons de la région pour en conserver le souvenir. Et chiné de nombreux objets pour la même raison. Tout en mettant tout cela en scène avec passion et poésie. Un doux-rêveur comme on les aime ! A noter que le bâtiment était autrefois une station de pompage pour l’eau de la ville (on voit encore les supports des canalisations sur le lac) qui a été offerte par la municipalité à l’artiste au vu de ses nobles intentions. Ils n’ont certainement pas été déçus !


    S’il te plaît, dessine-moi un volcan

    Rares sont les cartes postales de Puerto Varas qui ne montrent pas le cône parfait en enneigé du volcan Osorno se reflétant sur le lac. Garés au moment du déjeûner face à l’eau, nous aurions DÛ voir ce volcan.

    Mais le ciel gris en a décidé autrement, nous ne pouvons qu’imaginer le spectacle. À moins d’utiliser l’une des ces petites astuces que permettent aujourd’hui nos smartphones. Je prends une photo derrière le pare-brise de Roberto, je découpe le paysage gris en 3 secondes avec la fonction lasso de mon gestionnaire d’images, et je le remplace par la photo du fameux volcan récupérée sur Internet. 2 minutes maximum et vous pouvez profiter avec nous du spectacle … que nous aurions dû contempler !


    Le volcan pour de vrai

    Maintenant que ce volcan nous a fait de l’œil, nous ne résistons pas à aller voir ce volcan Osorno de plus près. C’est juste à 50 km, de l’autre côté du lac. Une petite route étroite et bien pentue, mais goudronnée, quitte la côte à un endroit fréquenté par des renards argentés. Nous regardons un instant ces animaux à peine farouches avant d’y engager Roberto. Au sommet, le parking est déjà un gravier de pierres volcaniques de couleur rouille. La base du volcan est toute proche, mais son sommet est toujours dissimulé par les nuages. Le verrons-nous un jour ? Nous empruntons un télésiège pour gagner un peu de temps car nous sommes arrivés en milieu d’après-midi, et entamons une jolie randonnée sur les crêtes des cratères secondaires qui entourent le principal. Nous aurions bien pris dans la foulée le second tronçon du télésiège qui menait jusqu’à un glacier, mais malheureusement fermé pour cause de travaux. Nous profiterons tout de même de superbes paysages (nous sommes à plus de 900 m d’altitude) et de couleurs extraordinaires au niveau du sol. 17 h il est temps de redescendre, sans avoir pu apercevoir le sommet de ce volcan décidément bien timide. Nous serions bien restés dormir là-haut, mais la zone étant classée réserve naturelle, ce n’était pas permis.


    Le volcan pour de vrai (bis)

    Redescendus au niveau du lac, nous trouvons une zone dégagée un peu à l’écart de la route pour y passer la nuit. Nous vaquons à nos occupations de fin de journée (diamond painting + podcasts pour Claudie, travail sur les photos et le blog pour moi) quand nous nous apercevons soudain, en jetant un œil par la fenêtre, que pratiquement tous les nuages autour du volcan Osorno se sont évaporés et que celui-ci apparait dans toute la splendeur du soleil du soir ! Magique ! Au petit matin, il est encore là, mais c’est un rapace planté devant le pare-brise de Roberto qui accapare notre attention. Bien décidé à nous observer, il ne se sauvera qu’au moment où je vais démarrer le moteur… J’ai bien pensé aux essuie-glaces, mais ç’aurait été méchant !


    Marins d’eau douce ?

    À 200 km au nord-est de là, Valdivia est une ville assez déroutante. C’est un port fluvial important qui a dû sa croissance à sa position idéale comme escale pour les bateaux qui remontaient par l’océan Pacifique en provenance du détroit de Magellan. Sa rivière d’eau douce, curieusement appelée Calle Calle (Rue Rue…) est pourtant fréquentée par des lions de mer, dont un individu nous a surpris, sommeillant sur le gazon d’une route fréquentée, loin du rivage. Mais comment était-il arrivé là ? Le marché aux poissons, qui semble très actif, vend principalement des espèces et des coquillages provenant du Pacifique. Ce sont d’ailleurs probablement les déchets générés qui expliquent la présence des lions de mer, prêts à braver l’eau douce pour glaner un peu de nourriture. On peut être étonné aussi de trouver sur les quais une réplique du pendule de Foucault, la plus au sud de la Terre, et dont le mouvement apparent du socle se fait dans le sens inverse de l’exemplaire parisien. Dans un parc de la ville, nous avons trouvé aussi de drôles d’oiseaux, guères communs chez nous : des ibis à tête noire, particulièrement râleurs et bruyants. Dans le même parc, nous visitons une maison d’une famille … allemande. Eh oui, les Allemands ont été parmi les premiers migrants européens à arriver au Chili vers 1850. Il y en a eu d’autres vers 1945, mais les premiers étaient tout à fait respectables. Quant à ce sous-marin d’origine anglaise, revendu à la marine chilienne, amarré définitivement au quai de Valdivia pour y être transformé après des années de bons et loyaux services sous les mers du monde, c’est parce qu’il avait moins de risque de rouiller qu’il est arrivé là. Ce n’est pas parce qu’il était dirigé par des marins d’eau douce !


    Hyperactif

    Alors que la dernière éruption du paisible Osorno datait de 1869, le volcan Villarica, surplombant le lac du même nom, est l’un des plus actifs du Chili. La dernière éruption a duré de 2014 à avril 2025, ce qui a laissé le temps de bien réévaluer le risque et de mettre en place nombre d’alertes et de panneaux de signalisation pour les habitants. Si elle n’a pas fait de victime, elle a tout de même entraîné l’évacuation de plus de 3000 personnes. L’éruption la plus grave, en 1849, a causé la mort de plus de 100 personnes, emportées dans des torrents de boues, de lave ou intoxiquées par des gaz toxiques. La colonne de cendres au-dessus du volcan dépassait les 8 km de hauteur. Étonnamment, au sommet se trouvent à la fois un cratère de lave à ciel ouvert et un glacier. De quoi attraper un chaud et froid pour les alpinistes/andinistes qui s’y risquent ! Pour notre part, nous sommes restés bien sagement au bord du lac, à profiter du panorama, de la flore et d’une jolie plage de pierres de lave rouge brique. Contrairement aux Chiliens, nous n’avons pas tenté la baignade. Le trempage d’un seul doigt nous en a dissuadé. Il nous faut au minimum 26°C ! Mais nous allons bientôt trouver « chaussure à notre pied », voire mieux encore, à l’étape suivante.


    Les thermes géométriques

    Les magnifiques couleurs des Termas Geometricas au Chili
    Les magnifiques couleurs des Termas Geometricas au Chili

    Lorsque des sources chaudes ont été découvertes dans une étroite vallée proche du volcan Villarica, les propriétaires ont eu la bonne idée de faire appel à un architecte pour les aménager. Le résultat appelé Termas Geometricas (thermes géométriques) tranche avec les installations quelconques autour des autres sources des environs et est plutôt exceptionnel, se situant parmi les plus beaux thermes que nous ayons vu. Au milieu de cette vallée de 15 à 30 m de largeur circule une passerelle en zigzags peinte d’un beau rouge vif qui tranche avec la végétation exubérante environnante, la mettant particulièrement bien en valeur. De part et d’autre se répartissent une quinzaine de petits bassins aux contours anguleux, soigneusement revêtus de pierres naturelles taillées. Pour chacun d’entre eux, la température est indiquée, avec un chiffre des unités amovible pour s’adapter aux caprices de la nature. Cela va de 36 à 45°C pour ceux remplis d’eau thermale. Les plus intrépides peuvent profiter de cascades qui viennent des montagnes au-dessus avec une eau bien plus fraîche, annoncée alors à 8°C (le chiffre lui aussi est amovible, on imagine que cela peut descendre encore en dessous !). Avant de nous immerger dans différents bassins, nous avons gravi la passerelle jusqu’au fond du ravin, dans une superbe ambiance de fumerolles et de relents soufrés. Arrivés de bonne heure, nous avons presque eu le site pour nous seuls la première heure. Après, le monde est arrivé… c’est que le lieu est réputé, et il y a de quoi !


    Le poète et les locomotives

    Nous effectuons un arrêt technique à Temuco, 600 km au sud de Santiago, pour y changer les pneus de Roberto, bien éprouvés par les routes en gravier de Patagonie. La ville est connue pour ses liens étroits avec Pablo Neruda, poète et prix Nobel de littérature, qui a passé son enfance et son adolescence ici. La directrice de son lycée, Gabriela Mistral, a été elle-même prix Nobel de littérature. L’expression « les grands esprits se rencontrent » a pris ici tout son sens ! Nous profitons de notre passage pour visiter le musée ferroviaire, qui a aussi un lien avec le poète primé car le père de Pablo Neruda était cheminot. Temuco a été la première gare importante sur les chemins de fer du sud et constituait un poste de ravitaillement en eau et en charbon indispensable aux locomotives à vapeur du tout début du XXe siècle. Elle comprenait également un atelier de maintenance et de réparation, avec une plate-forme tournante pouvant héberger 34 locomotives. Cette zone qui a accueilli aussi des locomotives diesel et électriques de 1954 à 1983 est aujourd’hui transformée en musée. Nous avons admiré les belles machines, pour beaucoup d’origine allemande ou japonaise, tout en glanant des informations sur l’histoire du lieu. Nous avons regretté l’absence de possibilité d’accès aux machines et surtout aux voitures spécialisées (couchettes, restaurant, suite présidentielle, etc.) en dehors des visites guidées. Une jolie exposition de peinture évidemment sur le thème du rail nous a permis de terminer sur une bonne note. On y parlait aussi de Pablo Neruda, mais nous aurons l’occasion de revenir très bientôt sur ce personnage majeur dans la culture chilienne.


    Les gens de la terre

    C’est comme ça qu’ils s’appellent, les Mapuche, dans leur langue le Mapudungun. Ce peuple autochtone était là bien avant l’arrivée des colons européens et, malgré les multiples tentatives d’annihilation de la part de nos congénères, est toujours bien présent. Ce sont les amérindiens majoritaires dans la région centre-sud du Chili et d’Argentine. Particulièrement résistants aux envahisseurs, ils ont réussi à repousser les Incas et ont tenu longtemps face aux Espagnols, bien après l’indépendance du Chili. D’ailleurs, leur autonomie a été reconnue par un traité en 1641, un cas unique en Amérique coloniale. Aujourd’hui, les Mapuche n’ont de cesse de revendiquer leurs droits et les terres qui leur ont été volées, admirables de fierté et de résilience. Ils sont depuis toujours profondément liés à la nature, notamment dans les esprits en qui ils croient. Ça et là, de petits musées dédiés nous en apprennent un peu plus à chaque fois. Notamment à Temuco, centre géographique de leur culture.


    Un bisou et au revoir !

    En Français dans le texte, c’est l’expression que l’on peu lire sur les murs et grilles d’un grand bâtiment de la ville de Traiguén. En gagnant le portail on trouve confirmation de la présence française avec l’inscription « Alliance Française Louis Pasteur » au-dessus de la porte. Une alliance française dans une petite ville de 20 000 habitants à 600 km de la capitale ? Mais pourquoi donc ? Nous allons nous renseigner à l’accueil de ce collège. Curieusement, personne n’y parle Français, mais ils connaissent l’histoire de l’établissement : ce fut le premier collège français du Chili, installé là en raison d’une immigration française importante dans la région au début du XIXe siècle. Et ce fut la première Alliance Française chilienne, inaugurée en 1892. Aujourd’hui, de nombreuses exploitations agricoles du secteur sont tenues par des descendants d’immigrés français.


    Allez, un bisou et au revoir, on vous retrouve la semaine prochaine du côté des plages. C’est qu’en effet, l’été arrive bientôt ici !

  • 154. De Salta à Fiambalá

    154. De Salta à Fiambalá

    Depuis Salta, nous longeons vers le Sud les contreforts de la Cordillère des Andes avant de nous y engager plus franchement jusqu’à apercevoir les sommets enneigés des plus hautes montagnes d’Amérique. Un superbe parcours à découvrir avec nous

    De Salta à Fiambala
Carte du parcours
    Parcours décrit dans cet article, zoomable en cliquant ici

    La ruée vers le rail

    De Salta, nous prenons une route Sud qui va se faufiler parfois dans des ravins, parfois dans des vallées plus larges, entre des montagnes où l’ocre et le rouge dominent. Notre premier arrêt est pour Alemanía, une ville presque fantôme qui a connu un destin proche des baraquements proches des mines d’or dans le Far West. Mais ici, ce n’est pas l’or qui a attiré les néo-habitants, c’est le chemin de fer qui venait de relier cet endroit perdu au reste de l’Argentine, voire du monde, via la ville de Salta. Le projet initial étant d’aller jusqu’à la région de Cafayate, productrice de vins et de chèvres, puis au Chili pour renforcer les échanges commerciaux. Sur une ligne pareille, il y avait forcément matière à ouvrir des commerces, et dans un premier temps à compléter la liaison ferroviaire. Plus de 1000 personnes seraient arrivées là entre 1916 et 1920, restées à Alemanía pendant quelques décennies tant que la gare était en activité, transitant les biens amenés de Cafayate en charrette. Mais la gare resta le terminus de la ligne qui ne se termina jamais, en raison des difficultés économiques liées aux différentes guerres et surtout en raison de l’arrivée d’une vraie route depuis Cafayate. Le vin et les chèvres transitèrent désormais par camion et l’activité de la gare cessa brusquement, entraînant le départ de presque tous les habitants. Ville et gare fantômes un temps, Alemanía voit revenir quelques familles venues profiter des touristes qui, comme nous, parcourent cette belle vallée.


    Le ravin des coquillages

    Ce nom sonnant bizarrement est pourtant celui de la route qui va d’Alemania jusqu’à Cafayate, la Quebrada de las Conchas en Espagnol. Cela est dû au fait que l’on retrouve dans les montagnes beaucoup de  coquillages, déposés au fond de la mer qui existait là au Crétacé. Le plissement montagneux qui s’est formé ensuite a ascensionné ces couches sédimentaires que l’érosion a alors rendu apparentes et formant de jolis feuilletages rocheux multicolores, dessinant parfois des amphithéâtres, ou encore des animaux, des obélisques, etc. La route est jalonnée de ces curiosités naturelles, tandis que les montagnes rouges en arrière-plan, très riches en oxyde de fer, constituent un décor fabuleux. Une fois de plus, nous nous sommes régalés de ce cadeau géologique de la nature.


    Cafayate, vin sur vin

    La route arrivant à Cafayate traversant des vignobles à perte de vue, il est facile d’imaginer l’activité dominante de la ville. Ce qui ne l’empêche pas de recevoir de nombreux touristes, venus profiter non seulement de la route des vins mais aussi des magnifiques massifs montagneux environnants. Heureusement pour nous, la saison touristique est actuellement au ralenti, nous nous en rendrons compte en visitant la ville le lendemain matin de notre arrivée : les rues du centre-ville sont paisibles, les magasins n’attendent que vous. Nous prenons le pouls de la place centrale qui rassemble comme d’habitude les bâtiments historiques de la ville, et notamment une belle église dont la façade jaune ressort sur le plafond grisâtre qui cache encore un peu les montagnes. La particularité de l’édifice est d’avoir 5 nefs, ce qui n’est pas si fréquent et qui doit tout de même gêner les fidèles assis sur les rangées latérales pendant les messes, ne voyant pas l’autel. Dans la petite chapelle, les exvotos représentant des parties du corps sont nombreux dans l’armoire placée devant la Vierge Marie témoignant d’un taux de réussite élevé aux prières lui ayant été adressées. Quelques rues plus loin, une maison étrange affichant des animaux andins géants en façade attire l’œil. Nous n’avons guère trouvé d’explications sur les motivations de son propriétaire. Nous visiterons le musée du vin juste en face, donnant pas mal d’explications sur les facteurs climatiques qui expliquent pourquoi les vins de la région sont (bien sûr) exceptionnels : altitude de 1600 m, faible nébulosité, faible pluviosité et larges écarts de température entre le jour et la nuit (une vingtaine de degrés toute l’année) sans quasiment jamais subir de gel. On regrettera l’absence de dégustation, qui sera largement compensée dans la journée, comme vous le verrez.


    La suite au restaurant…


    Attendez l’autre suite …


    Le musée de la Pachamama

    C’est devant une forteresse de pierres que nous garons Roberto dans cette petite ville de 2000 habitants qu’est Amaichá. Ce Musée de la Pachamama est l’œuvre d’un seul homme, Héctor Cruz, un artiste d’origine amérindienne comme la majorité de la ville. Il a voulu créer ici à la fois un lieu de mémoire pour la religion de ses concitoyens et un territoire symbolique qui leur est réservé, très au-dessous bien entendu de l’étendue des territoires volés que la population amérindienne tente, sans beaucoup de succès, de se voir restituer. Un bâtiment est réservé à l’archéologie, un autre à l’ethnologie (le mode de vie des populations autochtones est restitué sous forme d’affiches informatives, de vitrines d’objets du quotidien et de dioramas) et les deux derniers aux peintures et tapis aux motifs ethniques réalisés par Héctor Cruz. Tout le reste, une multitude d’escaliers, de terrasses, de niches, de portes, de sculptures et de motifs au sol en hommage à la religion des Incas, Pachamama et dieux du soleil et de la lune inclus, a été réalisé par l’artiste lui-même, sans l’assistance d’un architecte. C’est un univers étrange et fabuleux, tout en ayant un sens tout à fait louable, dans lequel nous nous sommes promenés avec délectation. Sous le soleil bien sûr, qui brillerait ici entre 340 et 365 jours par an selon les sources.


    La fête du poncho

    Ou bien c’est le temps gris, ou bien c’est la ville elle-même, mais nous n’avons pas trouvé grand intérêt à la capitale régionale San Miguel de Tucuman. Si ce n’est l’intérêt historique d’avoir été l’endroit où l’indépendance du pays a été signée le 9 juillet 1816. La salle où a eu lieu cette signature est d’ailleurs la seule du bâtiment – une grande maison individuelle – qui a été préservée. Après destruction du reste des locaux, quelqu’un a fini par soulever l’idée qu’il avait peut-être un peu d’importance, et tout a été reconstruit selon les plans d’origine, autour de la fameuse salle. Nommé maintenant « maison de l’indépendance », le lieu est ouvert aux visiteurs qui se pressent nombreux à l’ouverture, groupes scolaires en premier, pour le visiter. C’est d’ailleurs gratuit. Quittant ce centre-ville peu clinquant, nous ne trouvons guère mieux dans la ville suivante San Fernando del Valle. Heureusement, nous tombons sur une affiche promouvant la « Fête du Poncho », l’évènement principal de la vie municipale après le jour de l’indépendance et le carnaval. Notre guide en parlait d’ailleurs, comme une fête folklorique à ne pas rater. Heureux d’être là le bon week-end, nous nous y rendons. C’est en périphérie de la ville. Les parkings improvisés (le moindre bord de route stationnable est privatisé et taxé par des gardiens en gilet fluo dont on ne sait pas s’ils sont légaux). Dès le début de la visite, c’est la déception. Ni folklore ni poncho dans ce qui est assimilable plutôt à une foire-exposition avec ses stands automobiles, ses food-trucks, ses vendeurs ambulants, ses stands d’artisanat et d’alimentation, sa fête foraine. Nous flânons dans les allées, achetons quelques friandises et repartons une vingtaine de kilomètres plus loin nous garer dans un coin tranquille, loin des foules et du bruit.


    La boisson mythique

    C’est en marge de cette Fête du Poncho que les stands de boisson me rappellent qu’il faut vous parler de cette boisson assez typique de l’Argentine alors qu’elle n’en est pas originaire : le Fernet-Branca. C’est tout de même la 3ème boisson alcoolisée la plus bue dans le pays après le vin et la bière, moins originaux. Elle a été introduite dans le pays « sous le manteau » par les immigrés italiens dans les années 1870 à 1920. Il s’agissait de se remémorer le pays d’origine ou bien de soigner quelques maux en raison des herbes médicinales incluses. Mais la demande a été telle que la maison-mère du côté de Milan décida d’ouvrir une usine de fabrication en Argentine. Avec raison car 70 à 75% de la production mondiale du Fernet-Branca est consommée dans ce pays, avec un effet de mode actuellement chez les jeunes adultes. La teneur en alcool étant assez élevée (39-40°) on dilue volontiers la boisson avec du soda (Fernet con Coca sur les menus) ou du vermouth. Personnellement, j’avais découvert l’existence du Fernet-Branca dans les années 80 non pas en en consommant mais en lisant l’excellente revue Fluide Glacial qui a accompagné mes années de fac. On y trouvait notamment la série de BD « Carmen Cru » dont l’auteur J.M. Lelong est malheureusement décédé en 2004. Il y est décrit le quotidien savoureux, dessiné en noir et blanc, d’une petite vieille acariâtre, consommatrice de Fernet-Branca, infâme avec son entourage mais pour qui paradoxalement on finit par avoir un peu de compassion. Je vous en recommande vivement la lecture.


    Chumbicha

    Inconnue de tous les guides touristiques, cette petite ville l’est presque aussi de Google Chrome qui ne propose aucune suggestion concordante lorsque l’on tape son nom dans la barre de recherche. C’est plutôt rare. Après validation, on tombe sur cette description de Wikipedia qui, comme on dit, vaut le jus : « Chumbicha est une localité argentine située dans la province de Catamarca et dans le département de Capayán, en Argentine. Le nom Chumbicha a ses racines dans la langue quichua où son nom signifie, « faire chumpi, la gaine ou la corde« . Aaah, « faire chumpi », tout un programme ! Nous avons choisi de nous y arrêter pour profiter du parking tranquille de sa gare routière toute neuve qui tranche avec les terrains vagues et les maisons décaties alentour. Il n’y passe pas plus de quelques bus par jour, nous n’avons pas vraiment été dérangés. Et puis une petite balade de voisinage nous a amenés à découvrir quelques trucs intéressants.


    La route de l’adobe

    Sur une cinquantaine de kilomètres, précisément de Tinogasta à Fiambalá, nous suivons la route de l’adobe, nommée ainsi pour son inhabituelle concentration en édifices bâtis sur ce mode. La terre rouge abondante de la région en est probablement la raison. Il suffit de la malaxer avec un peu d’eau et de paille pour en faire des briques qui sècheront simplement au soleil. Et le mélange servira encore à lier ces briques une fois assemblées en murs, et même à les recouvrir d’enduit. C’est encore l’adobe qui fera l’étanchéité des toits de paille disposée sur des traverses en bois d’eucalyptus ou de cactus. Le seul hic, c’est qu’il faut entretenir tout ça régulièrement, sinon tout tombe vite en ruines. Nous voyons ainsi beaucoup de constructions délabrées, mais aussi beaucoup qui semblent presque neuves et de belles églises construites sur ce principe (voir les photos).


    Rose de chez rose !

    L'église rose de Copacabana en Argentine (itinéraire de Salta à Fiambalá)

    L’une des églises sur la route, dans le petit village de Copacabana, attire le regard de loin de par sa couleur rose vif. Nous nous arrêtons y jeter un œil et découvrons étonnamment que l’intérieur est tout aussi rose bonbon que la façade. Avec quelques nuances de bleu du plus bel effet !


    Fiambalá, sa dune et ses thermes

    Petite ville au bout d’un long désert, Fiambalá n’a pas un charme fou. Après un rapide tour du centre-ville, nous gagnons la périphérie pour nous garer au pied d’une petite dune appelée La Baleine. Surtout nous sommes dans un environnement grandiose de montagnes à plus de 2500 m d’altitude. Que nous allons gagner dès le lendemain par une route pittoresque grimpant à 1750m au pied des Thermes de Fiambalá. Il y coule dans une sorte de ravin en pente une source bien chaude qui arrive par un ruisseau  au sommet et s’écoule dans 14 bassins étagés, où la température perd environ 1°C à chaque fois. On passe ainsi de 45°C pour le bassin supérieur à 30°C pour le plus bas situé. Chacun peut choisir ainsi de barboter dans le milieu qui lui convient le mieux, ou bien de suivre la progression recommandée d’aller du moins chaud au plus chaud. C’est la dernière solution que nous avons choisie, Claudie s’arrêtant vers 41°C tandis que je tente le bassin de 45°, en ressortant rouge comme un homard malgré le peu de temps passé dedans. Nous prendrons notre temps de relaxation dans le bassin à 40°C, tout à fait tenable et agréable dans la durée. Pour les plus intéressés par la chimie de l’eau, pas d’indication sur place mais on trouve sur Internet que ces eaux sont sulfatées, siliceuses, bicarbonatées alcalines et faiblement chlorées. Pas d’odeur de soufre en tout cas. Dommage, j’aime bien !


    Le Canyon de l’Indien

    Nous voici partis vers le Nord, sur la route dite « des 6000 », appelée ainsi car elle est surplombée (au loin) d’une série de sommets de plus de 6000 m d’altitude appartenant à la Cordillère des Andes. Cette route rejoint le Chili, avec une frontière qui n’ouvre que les mercredis, mais nous n’avons pas l’intention d’aller jusque là pour le moment. Une vingtaine de km après Fiambalá, nous nous arrêtons sur un parking improvisé en bord de route pour aller faire une petite randonnée de 2 kilomètres dans le Canyon de l’Indien. Une gorge creusée dans une immense coulée de lave par un torrent qui semble à sec depuis un bon moment. Les parois autour de nous, d’une vingtaine de mètres de hauteur, sont impressionnantes et offrent une multitude de formes. Le sentier se resserre peu à peu, nous devons franchir quelques éboulis et nous faufiler dans des passages parfois étroits, avant d’arriver devant une formation géologique qui a donné son nom au lieu : le visage d’un indien dessiné par la nature dans la roche, face à un autre visage juste en face, qui serait celui de sa compagne. Une légende raconte en effet qu’un village amérindien fut menacé un jour par les conquistadores. Deux de ses habitants entraînèrent toute la population vers une montagne proche pour échapper à leurs agresseurs, mais se retrouvèrent devant une paroi infranchissable. Le couple meneur invoqua les dieux, qui ouvrirent une tranchée dans la montagne, par laquelle les villageois purent s’échapper. Le couple fut ensuite immortalisé dans la pierre afin de continuer à surveiller le passage. Qui pour l’instant ne voit plus passer grand conquistador.


    La route des 6000

    On traverse ici des paysages multiples et grandioses loin, très loin de toute civilisation. Pour tout dire, arrivés à notre point de demi-tour – en poursuivant nous serions allés au Chili – après plus de 2h de route en ne rencontrant comme construction qu’un unique hôtel-restaurant au milieu du parcours, je ne me suis jamais senti autant isolé et distant du monde civilisé. La route, magnifique, serpente au travers de gorges escarpées bordées de montagnes toutes rouges avant de s’élever continuellement vers les larges et hautes plaines bordant la Cordillère. Si la végétation est toujours rase, quand elle n’est pas absente, le sol change sans cesse de couleur au fil des kilomètres. Une zone de marais héberge quelques canards sur une eau partiellement gelée, plus loin nous avons aperçu des vigognes sauvages et souhaitant le rester : elles fuient assez vite devant l’objectif du smartphone. Au loin, on finit par apercevoir les sommets enneigés des fameux 6000, dont le fameux Ojos del Salado, le plus haut volcan du monde et second sommet d’Amérique avec ses 6893 m. Nous interrompons notre grimpette au niveau d’un refuge placé dans un endroit où le vent souffle en fortes rafales. L’intérieur est accueillant avec de quoi faire un feu et préparer un repas. Il y a même la wifi grâce à un équipement Starlink. Inutile de dire qu’aucun réseau mobile n’a été perceptible tout au long de la route. Il ne nous restait plus qu’à redescendre. 2 bonnes heures de nouveau pour rejoindre notre dune baleinière à Fiambalá.


    À partir de là, nous allons tout doucettement prendre la direction de Mendoza, où nous espérons retrouver des amis de longue date qui tiennent un refuge là-bas. Cela fait presque une vingtaine d’années que nous ne nous sommes pas vus. Un moment qui s’annonce exceptionnel, vous en saurez davantage dans le prochain article !

  • 147. Disfruta

    Nous l’avions déjà remarqué à Montevideo, une bonne partie des musées est en accès libre, sans droit d’entrée. Dès nos premières visites dans l’intérieur du pays, cela se confirme. Le plus emblématique a été ce parc animalier recueillant principalement la faune autochtone où nous avons été accueillis d’un « Bienvenido, disfruta ! ». Ça nous change du zoo de Beauval où non seulement il avait fallu aligner une quarantaine d’euros par personne, mais en plus sans être gratifiés du moindre sourire… Quelle intelligence que de permettre à tous l’accès à la culture ! Vive l’Uruguay !

    Nous profitons de la vie au travers de ce roadtrip. Disfruta !
    Nous profitons de la vie au travers de ce roadtrip.

    Remise en route

    Même si le temps reste très couvert, c’est un véritable bonheur que de repartir sur les routes. Mais quelques étapes logistiques préalables s’imposent :
    -> d’abord ranger nos affaires dans les placards. Sinon on ne peut pas circuler avec nos sacs de voyage et valises. Il nous faudra compter une bonne heure !
    -> ensuite refaire le plein de carburant, car les compagnies maritimes exigent que l’on soit sur la réserve pour pouvoir embarquer. Ce n’est pas si simple que ça en a l’air puisqu’il nous faut trouver une station-service qui vend du gasoil peu chargé en soufre (Roberto est allergique de par son statut Euro 6), ce qui se traduit ici par 10-S, soit un maximum de 10 ppm de soufre. Parce que le gasoil ordinaire contient 50 ppm. Nous risquons de trouver beaucoup plus dans d’autres pays, il faudra faire attention.
    -> et puis refaire le plein des réservoirs d’eau. Notre application iOverlander nous permettra de trouver rapidement un robinet public près d’un petit parc. Et zou, près de 200 litres embarqués !
    -> évidemment, le frigo et les placards à nourriture sont vides. Nous n’avions le droit d’importer aucune nourriture. Un hypermarché Géant se trouve fortuitement placé notre route. Le caddie sera bien rempli mais pas plein, la taille de notre frigo (130 litres) ne le permettrait pas.

    Nous sommes maintenant pratiquement autonomes pour une bonne semaine. Les panneaux solaires tournent à plein régime malgré le ciel gris. Aucune de nos 2 batteries, moteur et cellule, ne semble avoir souffert de l’immobilisation de 6 semaines dans le conteneur. Nous voilà sur la route en direction de l’Est (nous remontons tranquillement vers le Brésil). Il nous faut nous arrêter au premier péage (ce n’est pourtant pas une autoroute) pour prendre le badge de télépéage. Il est gratuit, il faut juste mettre un peu d’argent dessus. Les quelques sections à péage coûtent pratiquement toutes le même prix, l’équivalent de 3,50€. Ce qui est bizarre sur ces sections à péage, c’est qu’on y trouve bon nombre de routes transversales par lesquelles il serait faciles d’entrer sans payer, mais nous n’allons pas jouer à ça !

    En milieu d’après-midi, nous trouvons que notre première journée sur la route est suffisamment remplie et nous nous trouvons un petit spot pour nous reposer et passer la nuit. En bord de mer s’il vous plaît. En Uruguay, le faible nombre de véhicules de loisirs fait que nous ne sommes pas considérés comme une gêne. En conséquence il est possible de se garer pratiquement partout !


    La brique élevée au rang d’art

    Intérieur de l'Iglesia del Cristo Obrero à Atlantido (Uruguay)
    Intérieur de l’Iglesia del Cristo Obrero à Atlantida (Uruguay)

    Voilà une église peu ordinaire, entièrement bâtie en briques. Ce matériau qui paraît banal, a pourtant ici  été érigé en art. L’ingénieur uruguayen Eladio Dieste a réussi à créer des murs et un plafond ondulés, une rampe d’escalier ajourée, des éléments de façade en dents de scie. Il a reçu en retour l’hommage de ses pairs et surtout celui de l’Unesco qui a inscrit son œuvre au patrimoine mondial


    La Villa de la Concepción de las Minas

    C’était l’ancien nom de la ville de Minas que nous visitons aujourd’hui. Mais comme ça tenait rarement sur les enveloppes et ou que les panneaux à l’entrée de l’agglomération étaient souvent renversés par le vent – en fait ce sont deux hypothèses personnelles –  la ville a décidé de s’appeler simplement Minas, en référence à son passé d’extraction de fer et d’argent. Plus rien de tout ça lors de notre visite, mais nous avons aimé nous promener dans des rues qui collent davantage à l’image que nous avions de l’Uruguay que celles de Montevideo.

    Nous avons entre autres visité la Casa de la Cultura qui abrite la bibliothèque municipale, une galerie d’art, un théâtre et 4 musées dont l’un est hébergé dans la maison natale de l’un des héros de la nation Juan Antonio Lavalleja de l’un des héros de la nation. Les 3 autres concernent les peuples précolombiens, les gauchos, le musicien Eduardo Fabini, l’écrivain Juan José Morosoli, le professeur de médecine Pedro Belou, bref que des inconnus pour nous. Le décor était plutôt joli. Tout était gratuit, mais nous avons dû supporter la guide qui devait s’ennuyer et nous a accompagné tout du long, nous racontant ce que nous pouvions lire sur les affiches. Parfois la gratuité a un coût…


    L’inventeur de Minas

    Reproduction du premier véhicule automoteur terrestre à vapeur de Nicolas-Joseph Cugnot (1769)
    Reproduction du premier véhicule automoteur terrestre à vapeur de Nicolas-Joseph Cugnot (1769)

    Le Géo Trouve-tout de Walt Disney a son équivalent uruguayen : Horacio. Cet homme a commencé à fabriquer ses propres jouets vers l’âge de 5 ans. Un peu plus tard il s’est mis à reproduire les engins agricoles qu’utilisait son père, puis une infinité d’autres véhicules et d’objets utiles au quotidien, fonctionnant comme dans la vraie vie. Horacio, septuagénaire, nous fait la démonstration du fonctionnement d’une douzaine de machines ou de véhicules, ainsi que de quelques jeux qu’il a conçus lui-même ou recréés à partir de modèles photographiés. Et le dernier modèle en cours de construction. Il ne s’arrête jamais !

    Ce génial personnage, tout aussi inventeur que pédagogue, nous a bien gardés une heure et demie et aurait même pu faire davantage si son épouse n’était pas venue gentiment l’arrêter.

    Une visite passionnante et animée avec passion, nous avons adoré !

    La bonne réponse au quiz précédent est 1. (une boutique de biscuits). Il ne fallait pas se laisser influencé par le Mar y Mar ni par les biscoteaux du coach de gym !


    Être à tort sur la réserve

    Le domaine de la réserve animalière de Pain de Sucre (oui, c'est le nom de la ville !)
    Le domaine de la réserve animalière de Pain de Sucre (oui, c’est le nom de la ville !)

    Après avoir dormi au bord d’un petit chemin entre deux champs, nous rejoignons, peu après la ville joliment nommée de Pain de Sucre, la Réserve d’élevage et de protection de la faune naturelle autochtone. 100% des réserves de ce type visitées auparavant étaient payantes, les gouvernements favorisant peu leur développement. Mais arrivée au guichet d’entrée, un jeune homme nous accueille d’un grand « Bienvenidos » et d’un « Disfruta » (profitez) en nous indiquant le chemin. En parcourant les allées, nous ne trouvons aucun manque d’entretien que la gratuité aurait pu laisser supposer. Au contraire le sol est balayé, les bas-côtés tondus et les enclos sont bien propres.

    Les animaux sont ici en semi-liberté. Cela se traduit par des enclos grillagés, mais de grande taille et comportant pour la plupart des zones de taillis où les bêtes peuvent se cacher s’ils n’ont pas envie de rencontrer des humains. Nous avons vu des condors, des capybaras (de gros rongeurs sympathiques), des coatis, des renards, des caïmans, des pumas et des nandus (genre d’autruches) avec de nombreux petits.

    A l’entrée de la réserve, un très grand espace de jeux pour enfants a été aménagé. Il est amusant de le retrouver sur la première page du site internet de la réserve (lien ici). Les petits mammifères humains qui s’ébattent sur les balançoires et autre filets d’escalade sont indéniablement assimilés à la faune autochtone à choyer !


    Château express

    Peu avant l’heure du déjeûner, nous quittons la route principale pour nous engager sur l’allée bordée de palmiers qui mène au Castillo de Piria, du nom de son premier occupant Francisco Piria, entrepreneur uruguayen et créateur de toutes pièces de la ville voisine de Piriapolis. L’accès est libre, avec juste un gardien qui reste sur sa chaise à l’entrée. Le château est maintenant propriété du département et sert de musée. Le mobilier qui reste est de bonne facture sans être précieux. On trouve quelques informations sur l’entrepreneur et son œuvre avec un plan complet de la ville taillée au cordeau. L’étage et le rez-de-chaussée sont finalement assez vite visités.


    Fort contraste

    Carlos Páez Vilaró devant son œuvre
    Carlos Páez Vilaró devant son œuvre

    Ce titre pourrait évoquer la visite d’un nouveau château, mais c’est surtout son second mot qui est important. Après avoir vu les plans à la symétrie quasi parfaite de la station balnéaire de Piriapolis, que nous n’avons pas jugé bon de visiter, nous découvrons cette Casa Pueblo tout autant l’œuvre d’un seul homme que la précédente, mais où la ligne droite est quasi inexistante. Le terme casa (maison) est à reconsidérer devant la grande surface occupée par ses 72 bâtiments aux formes folles. Son créateur est l’artiste Carlos Páez Vilaró. La construction a pris 36 ans, sans aucun plan préétabli. Si une bonne partie est privée, nous avons tout de même la possibilité de visiter le musée, qui donne un excellent aperçu sur la vie et les motivations de l’artiste et permet de se balader sur les parties accessibles du domaine. Les parois ondulées d’un blanc éclatant rappellent les constructions méditerranéennes, mais les couloirs labyrinthiques et les dômes fantasques rendent le lieu unique. Un hôtel et un restaurant permettent tout comme le musée d’apprécier la Casa Pueblo et sa vue imprenable sur l’océan Atlantique.


    La nuit sur la falaise

    Pêcheurs sur les rochers de la Punta Ballena. La Casa Pueblo est en arrière-plan
    Pêcheurs sur les rochers de la Punta Ballena. La Casa Pueblo est en arrière-plan

    Tout près de la Casa Pueblo se trouve une pointe rocheuse s’avançant vers la mer. Elle est aménagée de plusieurs parkings et nous nous laissons tenter d’y passer la nuit. Le coucher de soleil sera très beau, mais le vent qui a soufflé toute la nuit a gêné un peu mon sommeil. Pas tant à cause du bruit qu’en raison des oscillations de Roberto qui a une forte prise au vent. Tant pis, la vue valait le coup !


    État des routes

    Un enrobé parfaitement lisse et des bas-côtés soignés pour cette route, mais ce n'est pas toujours le cas !
    Un enrobé parfaitement lisse et des bas-côtés soignés pour cette route, mais ce n’est pas toujours le cas !

    Nous n’avions aucune idée du niveau économique et de l’état des routes de l’Uruguay. Eh bien d’une manière générale, les deux sont plutôt bons. Les routes principales sont très larges et possèdent des enrobés parfaitement lisses. Les bas-côtés sont toujours très bien entretenus avec l’herbe tondue à ras et les déchets ramassés. Pour les routes secondaires, c’est plus aléatoire. Parfois c’est excellent, parfois c’est parsemé de nids-de-poule, parfois – et c’est peut-être le pire – c’est un joyeux mélange des deux. Quant aux routes tertiaires, ce sont en général des chemins de terre bien tassée ou des routes garnies de pierres concassées, dont les arêtes vives me font craindre pour les pneus de Roberto. Les ralentisseurs sont assez fréquents et bien plus rudes qu’en France. Les périphéries des villes semblent plus négligées que leur centre, aussi bien pour l’état des routes que pour la propreté. Malgré la présence de poubelles en quantité, des déchets peuvent traîner dans les rues. Les conducteurs semblent prudents. C’est d’autant plus facile que la circulation est très peu dense. Ce qui est sans doute lié à la faible densité de population, environ 19 habitants au km² contre une centaine pour la France et le double en Italie.


    Le Mc Do de Maldo

    Le Mc Do de Maldonado sur la place centrale
    Le Mc Do de Maldonado sur la place centrale

    Notre étape suivante s’appelle Maldonado. Nous y trouvons quelques restes historiques intéressants, comme la borne qui marquait la frontière entre le Portugal et l’Espagne (qui s’étaient partagés la région !), une tour de vigie qui servait à surveiller la circulation maritime dans le Rio de la Plata, et un ancien fort datant de la même époque, devenu musée. Le centre-ville est assez joli avec les bâtiments coloniaux et la cathédrale qui entourent la plazza centrale. Le seul édifice qui ne soit pas colonial est …le Mc Donald’s qui m’a inspiré le titre. Nous cherchons en vain une grande fresque décrite sur notre Petit Futé. En visitant une petite galerie d’art, nous posons la question aux employées, qui vont se démener pour nous trouver que la fameuse fresque avait été déplacée sur une autre place il y a … 35 ans ! Bonjour la mise à jour du Petit Futé qui pour le coup ne l’est pas vraiment.


    C’est aussi la veille des élections municipales et départementales. De nombreux partisans de l’un ou l’autre des partis en lice distribuent des tracts à tous les carrefours. Nous sommes surtout impressionnés par l’emprise de la publicité murale. Ici on ne colle pas d’affiche, mais on peint les affiches, sur un peu n’importe quel support : une voiture, un bus, la façade d’un bureau du parti ou d’un commerçant affilié, le mur d’enceinte d’un terrain vague ou d’un cimetière, voire même la façade entière d’une maison historique ! Le seul problème est la rémanence de la peinture. Certaines images font référence aux candidats des présidentielles qui se sont déroulées il y a plus de 6 mois…


    Ponts design

    Juste à l’Est de la commune de Maldonado, nous franchissons un premier pont, le puente de la Barra, très original par le profil ondulé de son tablier. Cette astuce technique permet apparemment de casser la vitesse, procurant une sensation de montagnes russes si on le franchit trop rapidement. Ce sont en réalité deux ponts côte à côte, le second ayant été construit quelques années après le premier sur le même modèle tant il donnait satisfaction.

    Puente de la Barra, Maldonado
    Puente de la Barra, Maldonado

    Sur la même route en longeant la côte, on trouve 30 km plus loin un autre pont tout aussi curieux, celui de la Laguna Garzon.  Son tablier unique se présente cette fois comme un cercle posé au milieu de l’eau, sur des piliers de béton. L’ensemble est bien sûr relié aux berges par deux routes droites. Là aussi le cercle a pour effet de faire ralentir les véhicules mais la construction a permis de respecter les normes environnementales pour cette zone protégée. Sans parler d’un esthétisme certain pour ce pont comme pour le précédent.

    Puente de la Laguna Garzon, Maldonado
    Puente de la Laguna Garzon, Maldonado

    L’Uruguay en deuil

    L'Uruguay de nouveau en deuil national pour la disparition de son président préféré
    L’Uruguay de nouveau en deuil national pour la disparition de son président préféré

    Les drapeaux du pays sont de nouveau en berne, pour un nouveau décès, qui touche davantage les uruguayens que le pape François : celui de leur ancien président Jose Mujica dit « Pepe ». Si l’on se plonge un peu dans la biographie et la mandature de cet homme d’état, président de l’Uruguay de 2010 à 2015, on comprend mal pourquoi sa personnalité et ses actions n’ont guère traversé l’Atlantique (personnellement je n’en avais jamais entendu parler).

    Jose Mujico di "Pepe", un président charismatique au style inimitable
    Jose Mujico di « Pepe », un président charismatique au style inimitable

    Cet homme très charismatique, ancien guérillero, emprisonné 14 ans pour cette raison, a marqué son quinquennat davantage par son humilité, son intégrité et sa cohérence entre ses valeurs et son mode de vie que par des exploits économiques spectaculaires. Il a commencé par refuser de vivre dans le palais présidentiel comme ses prédécesseurs, continuant d’habiter dans sa petite ferme à la campagne, cultivant des fleurs avec sa femme, conduisant une vielle Coccinelle VW bleue. De plus, il reversait 90% de son salaire présidentiel à des œuvres caritatives et à des projets sociaux, affirmant qu’il n’était pas pauvre, que les pauvres étaient « ceux qui ont besoin de beaucoup pour vivre ». Mais pourquoi n’a-t-on pas de candidat semblable en France ?

    Jose Mujica dans sa maison (AP Foto/Matilde Campodonico, Archivo)
    Jose Mujica dans sa maison (AP Foto/Matilde Campodonico, Archivo)

    Et ce n’est pas tout. Jose Mujica, homme de gauche, a fait légaliser sous sa présidence le mariage homosexuel, l’avortement et le cannabis. Il a réduit le taux de pauvreté, mené une politique d’indépendance aux grandes puissances, critiqué la société de consommation et le capitalisme sauvage. Dans un discours à l’ONU en 2013, il a appelé à repenser notre mode de vie et nos valeurs collectives pour préserver la planète. Dans un monde où beaucoup de dirigeants prônent des valeurs qu’ils n’incarnent pas, Mujica a montré qu’il était possible d’être honnête, simple et efficace, même au sommet de l’État. Pas comme l’autre.


    Punta del Este la mal nommée

    Un message en mosaïque sur le parking le plus au Sud de l'Uruguay à Punta del Este
    Un message en mosaïque sur le parking le plus au Sud de l’Uruguay à Punta del Este

    Ville balnéaire située certes à l’Est de Montevideo, elle n’est pas la ville la plus à l’Est de l’Uruguay. Par contre elle est bien la plus au Sud du pays. Envahie de touristes en saison, elle est tout à fait tranquille quand nous la parcourons. Nous avons trouvé son bord de mer très soigné, avec un long trottoir rayé noir et blanc idéal pour les joggeurs et à plusieurs endroits de jolies mosaïques au sol et des massifs de cactées. Comme à beaucoup d’endroits en Uruguay, les immeubles sont situés très en retrait de la mer, laissant suffisamment de place pour la route côtière et d’immenses parkings, les plages restant protégées par des dunes. Il doit faire bon vivre ici, mais hors saison !


    La Fondation Pablo Atchugarry

    Sans une habitante Uruguayenne ayant consulté le blog grâce à l’adresse inscrite sur Roberto et nous ayant contacté pour nous informer de l’existence de ce lieu, nous aurions raté la Fondation Pablo Atchugarry, absente de notre guide papier alors qu’elle a été créée il y a 18 ans, en 2007 ! Une nouvelle fois cela pose le problème de la mise à jour des guides. Il s’agit d’une institution à but non lucratif créée par l’artiste uruguayen Pablo Atchugarry, visant à promouvoir les arts visuels, la littérature, la musique, la danse et d’autres formes d’art auprès de sa communauté et de ses visiteurs. La visite est gratuite. Elle fait la part belle bien entendu aux œuvres de l’auteur, mais il faut bien montrer l’exemple. Outre une galerie classique dans plusieurs bâtiment, la fondation dispose d’un grand jardin de 2 km de longueur réservé aux sculptures. Le style est résolument moderne, donc pas forcément adapté à tous les goûts, mais rien ne vaut la visite pour en juger.


    Vamos a la playa

    Entre l'Océan Atlantique et la Laguna Garzon
    Entre l’Océan Atlantique et la Laguna Garzon

    Poursuivant vers le Nord-Est, nous essayons tant bien que mal de longer la côte, mais de nombreuses lagunes nous en empêchent ou nous obligent à des détours importants. Mais arrivés sur le littoral, nous trouvons de belles plages désertes. Ce n’est malheureusement pas la saison de se baigner, mais à 3 reprises, nous passerons la nuit derrière une dune, profitant du calme absolu de la basse saison et d’environnements magnifiques. Les oiseaux migrateurs ou non semblent également apprécier l’endroit. Quand nous ne les voyons pas, ce sont les traces de pas sur le sable ou dans l’eau qui trahissent leur présence.


    La ville qui s’appelait 33

    Forcément, ça intrique, d’autant plus que dans plusieurs villes que nous avons visitées, une rue portait ce nom. On trouve vite l’explication sur le net : il s’agit d’un hommage aux 33 héros nationaux ayant joué un rôle crucial dans l’indépendance du pays en 1825. Cela dit, Treinta y Tres n’est pas la seule ville du monde à porter un nom de chiffre ou de nombre. Comme par exemple  1770 en Australie (année de découverte du pays par James Cook), 84 en Pennsylvanie (voulait s’appeler Smithville mais le nom était déjà pris), 88 au Kentucky  (le directeur de la poste souhaitait simplifier l’écriture des adrresses) et 56 dans l’Arkansas (nom proposé lors de la création refusé par le gouvernement fédéral. Et en France alors ? Eh bien nous avons Dreux, Troyes, Castres, Sète…


    La vieille poste

    Façade de l'ancienne poste de Chuy
    Façade de l’ancienne poste de Chuy

    Repartis vers l’intérieur des terres, nous faisons halte à l’ancienne poste de Chuy. Une ancienne auberge à diligences bâtie par 2 Basques français nommés Etcheverry. Tailleurs de pierres, ils ont construit ce bâtiment en pierres sèches, sans aucun mortier. Tout comme le pont à meurtrières juste à côté, recevant en retour de leurs efforts un droit de péage à chaque passage. On s’amuse à relever les tarifs pratiqués et à déchiffrer le « passe-port à l’étranger » délivré par l’Empire français à nos deux basques.

    Car oui, le nombre de bérets en atteste, de nombreux Basques ont participé parmi les premiers à la grande phase d’immigration européenne vers 1835. En 1843, ils étaient le groupe le plus nombreux (environ 10 000 âmes) parmi les immigrants en Uruguay. Par la suite, les Espagnols puis les Italiens les ont largement dépassés. Aujourd’hui, leurs descendants représentent 10% de la population uruguayenne, y compris les Basques espagnols.


    Le musée de géosciences de Tacuarembo

    Ayant aperçu un groupe d’élèves en tenue de sport sur la place centrale, nous nous sommes dits que les musées ne seraient pas envahis, alors nous sommes entrés dans le musée de géosciences, sans trop savoir ce que nous allions voir tant le sujet est vaste. Nous avons été accueillis chaleureusement – comme partout ailleurs en Uruguay – par la conservatrice, qui nous a présenté rapidement les collections avant de retourner à son maté. Ça démarre par une allée de minéraux, avec beaucoup de fossiles, authentiques et présentés directement à la vue. C’est assez rare pour le signaler, car habituellement soit nous avons à faire à des copies, soit les items sont présentés dans des vitrines. Parmi ces fossiles se trouvent des mollusques d’eau douce géants, qui seraient une exclusivité mondiale. En dehors de cela, de nombreux tableaux muraux présentent plus classiquement les périodes d’évolution de la Terre et la tectonique des plaques, les différentes couches des sols etc. On arrive ensuite à une section de paléontologie, avec des spécimens rares (bien que nous en ayons vu à Colonia del Sacramento, de squelettes de glyptosaures ou de paresseux géants. Et puis bien sûr quelques modèles en plastique de dinosaures, il faut bien attirer l’attention des enfants.


    Nuit au bord du lac

    Stationnement pour la nuit au bord du Lago de la Juventud près de Tacuarembo
    Stationnement pour la nuit au bord du Lago de la Juventud près de Tacuarembo

    Fuyant l’agitation de la ville, nous sommes allés nous stationner pour la nuit sur les berges d’un grand lac tout calme. Pas besoin de davantage de commentaires, les photos prises au drone parlent d’elles-mêmes.

    Ce Lac de la Jeunesse était fait pour nous !
    Ce Lac de la Jeunesse était fait pour nous !
    Il est aussi appelé 2ème lac, mais c'est nettement moins gratifiant !
    Il est aussi appelé 2ème lac, mais c’est nettement moins gratifiant !

    Le musée et le train du paradis

    C’est à Valle Edén, d’où le titre, que nous allons visiter le musée Carlos Gardel. Surnommé le roi du tango, celui-ci a excellé dans l’art de chanter le tango, au point que sa voix et son œuvre sont maintenant classés par l’Unesco. S’il ne fait nul doute que Carlos Gardel ait fait carrière en Argentine, son lieu de naissance reste très discuté, les Uruguayens le situant ici à Valle Edén, tandis que la France le fait naître à Toulouse. Forcément, pour ce musée, le doute n’est pas permis !


    Si l’on descend le talus en sortant du musée, on tombe sur une charmante gare désaffectée. Des trains à vapeur puis diesel ont circulé là jusqu’au milieu du XXe siècle. La gare relativement bien conservée a servi de décor à plusieurs fils uruguayens.


    À ciel ouvert

    Le nom complet est Musée ouvert des arts ibéro-américains de San Gregorio de Polanco, mais ça faisait un peu long pour le titre du paragraphe. C’est en 1993 avec 26 peintures murales réalisées par des artistes locaux et avec le soutien de la population que cette petite ville située au bord d’un lac de barrage est devenue le premier musée d’arts visuels à ciel ouvert en Uruguay et en Amérique latine. Le succès aidant, près de 150 œuvres sont exposées en permanence dans la ville, les plus récentes remplaçant ou rénovant les plus anciennes. La première photo du carrousel montre une œuvre peinte sur le réservoir d’eau de la ville en février 2024, qui a obtenu le prix du mois de l’association internationale d’art urbain Street Art Cities, récompensant les efforts de la ville de San Gregorio qui compte moins de 4000 habitants et attirant ainsi davantage de touristes, dont nous !  

    Et un petit bonus !


    L’article arrive à son terme

    Oui le jeu de mots était facile puisque nous voilà arrivés dans une région qui multiplie les sources chaudes et donc les établissements qui vont avec. Nous avons choisi ceux de Daymàn, près de la ville de Salto, essentiellement parce qu’ils proposaient un vaste parking herbeux dédié aux « casa rodantes » juste à côté. L’ensemble se compose d’une dizaine de piscines de tailles et formes variables, mais aussi avec des températures d’eau différentes afin que chacun en trouve une à son goût ou adaptée à sa santé (les plus chaudes approchent les 44°C, l’eau étant puisée à 2000 m de profondeur à 46°C°. Il parait qu’en été, quand la température de l’air avoisine les 30°C, ils réduisent la température des bassins afin de ne pas cuire leurs visiteurs. Nous sommes allés en profiter pour le prix modique de 4,50 € et avons trouvé l’expérience très relaxante sur le moment, tout en éprouvant tous les deux un léger mal de tête un peu plus tard. Peut être sommes-nous restés un peu trop longtemps à 44°C, notre préférée ? Et pour les mauvaises langues : non, nous n’avons pas commandé de cocktail !


    Nous avons maintenant rejoint la frontière avec le Brésil à Artigas, pour un franchissement le lendemain matin. A très bientôt !

    Notre parcours avec Roberto en Uruguay - Version zoomable en cliquant ici
    Notre parcours avec Roberto en Uruguay – Version zoomable en cliquant ici