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  • 187. Bogotá – La Macarena et retour

    187. Bogotá – La Macarena et retour

    En plus de la visite de Bogotá, la capitale de la Colombie, nous allons nous rendre en avion au parc de La Macarena pour voir l’une des merveilles naturelles du pays : les rivières rouge-sang de Caño Cristales.

    Parcours Bogotá - Villavicencio - La Macarena et retour
    Le parcours Bogotá – Villavicencio – La Macarena et retour décrit dans cet article, en version zoomable ici

    Trajet express Bogotá – Villavicencio

    C’est un fait qui nous joue parfois des tours : nous détestons organiser des excursions trop à l’avance, quitte parfois à en rater certaines. Cela nous semble rogner sur notre liberté d’agir, et puis s’il faut réserver longtemps auparavant, c’est qu’il y a foule et ça nous n’aimons pas trop non plus. C’est la veille d’arriver à Bogotá que nous prenons contact avec une agence pour la visite d’un lieu isolé dans la jungle amazonienne que nous ne pouvons pas rejoindre avec Roberto pour cause de routes impraticables et qu’il nous faudra donc atteindre en avion. S’y prendre un samedi pour un départ en avion le mercredi, c’était assez osé. Les sites des autres agences ne donnaient pas de disponibilités avant deux semaines. Quant à notre guide papier, il recommandait d’anticiper la réservation de plusieurs mois. Mais notre agence était cool, la seule vraie complication a été le règlement, uniquement par virement bancaire international, ce qui était pour nous impossible à mettre en œuvre sur un délai aussi court. Ils ont finalement envoyé un lien pour un règlement en ligne, mais ça n’a pas marché du premier coup, il nous a fallu une seconde carte pour y parvenir. Et, après avoir rejoint le mercredi la petite ville de Villavicencio à 3h de route de Bogotá, nous étions dans l’avion le mercredi !


    Petite agence, petites formalités, petit avion…

    Nous sommes convoqués le matin à 7h devant le local de l’agence dans l’enceinte de l’aéroport. Claudie et moi montons sur la balance sac à dos compris, puis c’est le tour de notre petit bagage soute qui sera placé aux côtés de sacs hétéroclites plus proches dans l’aspect de sacs poubelles que de valises. On nous remet 2 cartes d’embarquement « spéciales » complétées à la main avant de nous envoyer dans la cafétéria de l’aéroport où l’on viendra nous chercher quand il aura cessé de pleuvoir… tout un programme. Ni notre avion ni notre destination n’apparaissent sur le panneau d’affichage des vols en partance, ce qui ne semble pas plus étonnant que ça après tout ce qui a précédé. Et puis finalement on vient nous chercher. Claudie est arrêtée au passage des sacs à dos aux rayons, non pas à cause de sa bouteille d’eau pleine mais en raison de sa perche à selfie. Les deux seront finalement autorisées et nous voilà sur le tarmac encore très humide de tout ce qu’il vient de tomber. Nous passons devant des avions de plus en plus petits, cherchant lequel serait le nôtre, pour arriver devant un petit Cessna de 6 places. 3 autres passagers seront du voyage, le compte est bon avec le pilote, si c’est bien lui qui est assis devant le manche vêtu d’un jean et d’un gilet jaune. L’avion n’est pas tout jeune, mais bon, ça fait partie de l’aventure. De toutes façons plus le choix : nous voilà à nous élancer sur la piste sans même avoir marqué de temps d’arrêt à son seuil. Le pilote (finalement le gilet jaune c’est bien lui) a l’air pressé…


    Vol au-dessus de la forêt amazonienne

    Le ciel va rester nuageux et l’air brumeux tout au long de l’heure de vol, ce qui ne va pas aider au rendu des photos qui pourraient être sympathiques avec une altitude de croisière qui ne va pas dépasser les 1500m. Nos avons tout de même l’occasion d’observer l’alternance de forêts denses, de pâturages et de plantations de palmiers à huile. Contrairement au Brésil où la déforestation connaît un certain recul, ici dans ce parc c’est l’équivalent de 3300 terrains de football qui disparaissent encore chaque année, au profit de l’élevage ou des cultures de coca (y compris dans ce parc national protégé !). Mais ne tergiversons pas, notre descente a commencé vers le petit aéroport du village au nom dansant de La Macarena, entrée du parc éponyme que nous avons hâte de visiter.


    Première journée au Parc Sierra de la Macarena

    1. Présentations

    La récupération des bagages est vite faite (directement dans l’avion) et nous nous dirigeons vers la sortie, passant sous un panneau de bienvenue occupé pour un tiers par la photo d’un militaire armé jusqu’aux dents. Histoire de nous rappeler que la région a été longtemps (50 ans !) sous la domination des FARC qui ont fini par rendre les armes après un accord de paix avec le gouvernement. Des groupes dissidents ou paramilitaires continuent à rôder dans le coin, poursuivant leur part de narcotrafic et menaçant les gardes forestiers, aussi a été installé dans le cœur du village un gros contingent militaire pour la sécurité des habitants celle des touristes qui les font vivre. Notre agence de voyage nous attend dès la sortie et nous confie au guide, un jeune homme qui nous accompagnera pendant 2 jours, aucune visite du parc n’étant permise en solo. Après une présentation obligatoire à l’office du tourisme accompagnée de recommandations, nous déposons notre valise à l’hôtel et embarquons sur le fleuve Guayaraba à bord d’une pirogue.


    2. Trajet en pirogue et grimpette dans la forêt

    Ce large fleuve boueux agité d’un fort courant nous rappelle le Maroni en Guyane. Longeant les rives, nous découvrons un peu de faune locale : divers oiseaux et quelques tortues. Nous sommes déposés sur un quai en boue séchée et partons pour une randonnée de 11 km. D’abord une belle grimpette dans la forêt tropicale humide avec végétation luxuriante, murs végétaux suintants, cascades et même des peintures rupestres. Nous sortons de la jungle à un beau point de vue sur toute la région. C’est le moment du déjeûner, de type fiambre : un petit paquet en feuille de bananier contenant un plat associant riz, pommes de terre, banane plantain et viande.


    3. Balade sur le plateau au milieu des vellozias

    Rassasiés, nous repartons cette fois sur un haut-plateau, un prolongement paraît-il du plateau des Guyanes. Nous nous faufilons sur un sol rocheux mais ruisselant en permanence, entre les arbustes emblèmes de cet écosystème, formant des bouquets de tiges velues ornées au sommet d’un bouquet d’une dizaine de feuilles étroites. Ces Vellozia tubiflora ne doivent pas leur nom à leur vélocité de pousse, bien au contraire : ils ne croissent que d’un centimètre par an, directement sur la roche. Ils ont aussi la particularité de retenir l’eau et d’être relativement résistants aux incendies. Nous verrons effectivement plusieurs secteurs où sur des tiges noircies par le feu émergent des feuilles bien vertes.


    4. La transparence du Rio Cristalito

    En redescendant, nous allons suivre le Rio Cristalito, une rivière aussi transparente que son nom l’indique et dans laquelle nous aurons l’occasion d’une baignade rafraîchissante. Nous observerons enfin de jolies plantes tropicales et un petit élevage de tortues avant de rejoindre notre pirogue de retour. Une première journée bien remplie. Mais le meilleur est pour demain : nous devrions voir rien de moins que l’une des 7 merveilles de Colombie !


    Seconde journée : Caño Cristales et parrando llanero

    1. Caño Cristales, la rivière aux 5 couleurs

    L’attrait majeur du Parc National de la Sierra de la Macarena, c’est une plante aquatique qui ne pousse qu’ici : Macarenia clavigera. Elle tapisse le fond des rivières et, lorsque les conditions d’ensoleillement, de température et de niveau de l’eau sont réunies – ce qui n’arrive qu’entre juin et novembre – elle se pare de couleurs allant du vert au rouge vif du plus bel effet. À certains endroits, le phénomène s’étend sur plusieurs centaines de mètres et le spectacle est véritablement féérique. Et dynamique à la fois car la plante ondule sous les effets du courant ou accompagne le début des cascades. Le décor lui-même est à la hauteur, avec cette rivière vive qui creuse un sol karstique ou descend en formant de grandes marches d’escalier.

    Une fois la saison passée, la plante perd ses belles couleurs et sont volume, redevenant un insignifiant tapis marron. Elle ne reprendra ses couleurs qu’au début de l’été suivant. Et à condition que la population locale et les touristes ne viennent pas polluer le cours de la rivière. C’est ainsi que le Rio Cristalito que nous avons visité en premier s’est dégarni de ses macarenias. Seul le Caño Cristales, lieu de notre visite du jour, en possède encore un nombre important, grâce à des mesures de protection drastiques : limitation du nombre de visiteurs quotidiens dans le parc, répartition sur plusieurs sentiers, interdiction d’entrer avec des bouteilles d’eau en plastique jetable, repas fournis par les agences enveloppés dans des matériaux biodégradables, baignade autorisée dans des secteurs limités et avec interdiction de s’enduire de crème solaire ou de répulsifs anti-moustiques. Apparemment les règles sont bien suivies puisque nous avons pu voir ce spectacle éblouissant qui mérite bien son nom de merveille naturelle de Colombie.

    Claudie et moi devant les magnifiques macarenias de Caño Cristales
    Claudie et moi devant les magnifiques macarenias de Caño Cristales

    2. Le parrando llanero, la fête des cow-boys colombiens

    Nous sommes conviés le soir même à un parrando llanero, reconstitution d’une fête traditionnelle locale à l’intention des touristes. Instauré 2 fois par semaine par la municipalité en lien avec les agences locales, ce spectacle qui pourrait paraître ultra-touristique s’apparente aussi à une cérémonie de bienvenue par des habitants, heureux de nous voir après avoir souffert des 50 ans du conflit armé. Un animateur d’ailleurs cite les différents pays représentés par la centaine de convives et les (nous) remercie d’être là.

    Les Llaneros, ce sont les habitants de la région, des éleveurs de bétail avant tout, que l’on pourrait comparer aux gauchos argentins, mais avec des traditions propres. Comme les chants a cappella d’accompagnement du bétail (pour ne pas le stresser) ou encore leurs sortes de rodéos.

    Le parrando llanero s’apparente, lui, à un repas dansant. On y déguste de la viande de bœuf ou de veau cuite des heures à la verticale sur des pics plantés près de braises ardentes, accompagnée de yuca, plantains ou galettes de maïs. Tout en buvant une bonne Aguila bien fraîche (la bière la plus célèbre de Colombie). Un quatuor de musiciens jouant de la harpe, du cuatro (guitare miniature), des maracas et de la guitare basse joue seul ou accompagne tantôt un chanteur tantôt des danseurs de joropo en habits traditionnels. Qui en effectuent d’abord la démonstration avant d’inviter le public à participer.

    Nous avons été impressionnés par cette danse llanero très particulière, qui mélange flamenco, percussions amérindiennes et rythmes complexes et endiablés africains. Le joropo se danse en couple, avec des pas glissés et des frappements de pieds au son de la harpe, du cuatro et des maracas. L’homme guide la femme avec des tournoiements vifs et élégants. Mais le plus marquant est cette accélération soudaine du rythme en cours de danse, avec des claquements de pas de plus en plus marqués. Les enfants sont formés très tôt au joropo, qui nécessite des années pour sa maîtrise. Au cours du spectacle nous allons justement voir des démonstrations par des enfants, des ados puis des adultes avec évidemment une virtuosité qui progresse avec l’âge. Mais la danse des plus jeunes était déjà impressionnante.


    Troisième journée : état des routes, dernière balade et vol de retour

    1. De l’utilité du pick-up

    Ce matin, c’est un nouvel accompagnateur qui vient nous chercher en pick-up, accompagné de son épouse. Nous partons dans un nouveau secteur du parc national, sur une route forcément en terre puisqu’il n’y a que ça dans le coin. Encore que la terre ne soit pas toujours le seul constituant, nous allons pouvoir le constater. Entre autres éléments, nous trouverons de l’herbe, de la roche, de l’eau, et même des petites flaques de pétrole (qui affleure volontiers à la surface ici). Et le tout agrémenté d’un cochon et de canards que l’on dérange manifestement au passage des gués. Nous allons prendre des chemins de plus en plus étroits, repoussant la végétation, jusqu’à ce que finalement ça ne passe vraiment plus. Là, notre chauffeur et son épouse abandonnent leur véhicule et nous poursuivons à pied.


    2. Dernière balade dans le parc de La Macarena

    C’est à pied donc que nous poursuivons la balade. Après avoir rencontré quelques plantes locales au bord du chemin, retrouvé de nombreux vellozias bien fleuris (pour un jour comme vous le savez), nous allons atteindre une jolie petite rivière perdue dans les arbres. Mais couverte de nos chères macarenias rouge vif. Une piqûre de rappel en quelque sorte avant notre départ.


    3. Adieux à l’agence et vol de retour

    De retour à l’hôtel, nous plions bagages et allons prendre le déjeûner pendant qu’une pluie battante tombe dehors, ayant sagement attendu la fin de notre séjour. Nous partons à pied à deux pas à l’agence qui est elle-même à deux pas de l’aéroport. Dans ce village de taille modeste, tout est à deux pas en fait ! Nous les remercions chaleureusement pour leur organisation sans faille et pour ces merveilles que nous avons pu voir. Nous prenons conscience que nous aurons fait travailler beaucoup de monde au cours de ce bref séjour. Personnel de l’agence bien sûr, mais aussi guides, pilotes de pirogue et d’avion, chauffeurs de 4×4, personnel du parc national, employés d’hôtellerie et restauration, employés ou gérants des boutiques où nous avons pu consommer quelques rafraîchissements, voire acheter une paire de chaussures de marche les miennes ayant lâché sur ces terrains difficiles !

    Après pesée de nous et de nos sacs, nous sommes invités à patienter dans la petite salle d’attente de l’aéroport. Il n’y a plus d’électricité ni de téléphone depuis la forte pluie, mais ça n’inquiète personne. Rapidement, un homme en civil vient nous chercher. Nous le reconnaissons : c’est le pilote de l’aller. Il nous fait monter dans le même petit Cessna dont nous serons les seuls passagers et met rapidement le moteur en route. Je me suis demandé s’il n’allait pas se dépêcher de décoller avant un bi-turbo-propulseur à côté de nous, dont les hélices tournent aussi. Mais non, l’autre avion décolle et puis c’est notre tour. Mêmes paysages brumeux qu’à l’aller, mais j’ai cette fois une meilleure vue sur le poste de pilotage. Ce qui n’est pas forcément un bien car je constate que plusieurs instruments ne fonctionnent pas, comme l’horizon artificiel de secours qui nous donne très penchés alors que nous sommes à plat ou ce compas qui indique l’Ouest alors que nous volons vers le Nord. En compensation il y a bien sûr ce GPS mobile que le pilote a posé devant lui. Mais qu’il ne le regarde pas beaucoup, plus absorbé dans les messages qu’il envoie sur son smartphone, redressant un peu le manche de temps en temps quand nous tanguons un peu trop. Mais manifestement l’avion connaît la route, et nous arrivons bientôt en vue de la piste de Villavicencio. Épisode Sierra de la Macarena terminé et concluant.


    Joies de la vanlife

    1. Délogés de notre parking !

    Après avoir passé une première nuit tranquille sur le parking de l’aéroport de Villavicencio juste avant notre trajet pour La Macarena, c’est tout naturellement que nous décidons d’en enchaîner une seconde à notre retour. Mais une fois la nuit tombée, le service de sécurité vient nous demander de partir, affirmant que passer la nuit dans son véhicule n’est pas permis par les autorités aéroportuaires. Pourquoi ça a fonctionné le premier soir ? Mystère ! Alors nous avons traversé la ville de nuit, ce qui n’est pas spécialement recommandé, pour nous trouver un autre emplacement à l’autre bout de la ville. Rien de plus agaçant, heureusement que ça n’arrive pas souvent.

    Roberto sur le parking de l'aéroport de Villavicencio, Colombie
    Roberto sur le parking de l’aéroport de Villavicencio

    2. Perte d’une partie de notre linge…

    En arrivant à Villavicencio, nous avions laissé 2 sacs de linge à laver dans une lavanderia (en Amérique du Sud en effet, il est rare de trouver des laveries automatiques comme en Europe ou en Amérique du Nord), avec l’intention de le récupérer juste avant de repartir pour Bogotá. À la récupération, c’est la valeur d’un seul sac qui nous est rendue, l’employée justifiant le volume réduit par le conditionnement comprimé. Tout est emballé dans du film étirable et comme nous sommes mal garés, nous ne vérifions pas de suite et reprenons la route. C’est seulement en arrivant à Bogotá, 3 heures plus tard, que Claudie déballe tout. Ne contrôlant pas la sortie de la machine, il n’est pas exceptionnel de perdre un sous-vêtement ou une chaussette, mais là, c’est la moitié de notre linge qui manque ! Pas question de tout refaire en sens inverse, ce n’était que du linge usagé après tout. Claudie met tout de même un commentaire négatif sur Google Maps. Et nous avons la surprise de recevoir une réponse de la lavanderia sur WhatsApp. Ils sont désolés et nous demandent notre adresse pour nous renvoyer le linge manquant. Notre adresse ? Roberto sur la route Untel à 3 heures de là ? Nous donnons sans trop y croire l’adresse du parking où nous prévoyons de stationner. Et le lendemain à 20h, un dimanche, alors que la grille du parking est fermée, un message nous informe qu’un livreur est là à nous attendre. Effectivement, un livreur en moto est là avec le paquet de linge sur son porte-bagage. Je n’arrive pas à savoir s’il a fait les 3 heures de route juste avant, mais la lavanderia a bien rattrapé le coup. Claudie a retiré son commentaire…

    Notre Lavanderia de Villavicencio - Service pas top mais SAV irréprochable
    Notre Lavanderia de Villavicencio – Service pas top mais SAV irréprochable

    Bogotá

    Nous rejoignons la capitale de la Colombie après 3 heures d’une route montagneuse assez pénible. L’environnement est plutôt agréable si l’on excepte les nombreux et longs tunnels, mais la route est envahie de camions qui roulent à petite vitesse en raison de la pente soutenue – nous allons passer de 600 à 2600m. Et les possibilités de dépassement ne sont pas si fréquentes.

    Nous allons trouver un grand parking qui nous hébergera pour 3 nuits. Bien que situé en plein centre-ville, dans le quartier le plus touristique de La Candelaria et tout près du palais présidentiel, il va se révéler extrêmement calme. La seule exception étant les secousses répétées dans Roberto un matin à 7h30, confirmées peu après comme un puissant tremblement de terre survenu à 400 km de là et ressenti jusque dans les pays voisins. Notre parking étant en plein air et Roberto étant parasismique grâce à ses amortisseurs, nous n’avons couru aucun risque. Bogotá elle-même n’a presque pas subi de dommages, mais les régions plus proches de l’épicentre – que nous avions d’ailleurs traversées 3 semaines auparavant – ont été fortement impactées avec plus de 250 morts et des milliers de blessés.

    Après la chaleur de la jungle et pendant que la France souffre de la canicule, nous trouvons à Bogotá une fraîcheur bienvenue. La ville est d’ailleurs surnommée par les locaux « la glacière » en raison de son climat frais et humide particulièrement changeant. 11°C la nuit et 20°C le jour pendant notre visite : des conditions idéales pour la vie nomade. Avec 8 millions d’habitants, la ville est tentaculaire, mais nous allons nous limiter à quelques quartiers, à commencer par La Candelaria, le cœur historique de la ville qui réunit à la fois les restes de l’architecture coloniale, une offre culturelle notable, quelques rues et placettes pittoresques, et beaucoup de street-art. Impossible bien sûr de tout vous raconter, ce serait même ennuyeux, alors voici quelques morceaux choisis, avec les commentaires dans les images.

    1. Les restes coloniaux


    2. La maison de Simon Bolivar


    3. Quelques plats colombiens typiques


    4. L’art du café


    5. Le secteur des chicherias


    6. L’autre musée Botero


    7. L’art de rue


    8. La colline de Montserrat et son funiculaire


    9. Le musée de l’or


    10. Bogotá insolite

    La capitale a encore sans doute beaucoup à offrir ou découvrir, mais nous n’aimons pas rester trop longtemps dans les villes. Sans parler de Roberto qui s’ennuie sûrement à ne rien faire. Alors nous voilà déjà repartis vers le nord de la Colombie. Tranquillement.

  • 183. Découverte de la Colombie

    183. Découverte de la Colombie

    Nous découvrons maintenant la Colombie, le 9ème pays de notre road-trip sudaméricain et le 47ème pays visité pour notre fourgon aménagé Roberto. Suivez-nous, c’est tout neuf !

    Le premier parcours de notre découverte de la Colombie, d'Ipiales à Coconuco
    Le premier parcours de notre découverte de la Colombie – En version zoomable ici

    Passage de frontière Équateur-Colombie

    Eh bien c’est sans surprise le même bazar que d’habitude, avec du stationnement anarchique, des vendeurs de tout et n’importe quoi, des bâtiments mal identifiés, des guichets où l’on mélange ceux qui arrivent et ceux qui sortent du pays, une procédure d’enregistrement préalable sur Internet pour le permis d’importation en Colombie de notre véhicule qui fait perdre du temps plutôt que d’en gagner. Mais voilà, nous savons que c’est un mauvais moment à passer et nous faisons preuve de patience. De la sortie de l’Équateur à l’entrée en Colombie, les démarches vont durer 2h30. Et c’est sans compter la souscription de l’assurance pour Roberto, que nous effectuerons dans …un supermarché, quelques km après la frontière. Nous sommes presque heureux au passage d’être assurés, après avoir roulé 3 mois sans assurance en Équateur (c’était tout bonnement impossible). Mais dans quelques jours ces petites tracasseries seront oubliées. Et nous avons maintenant 3 mois devant nous pour visiter le pays !


    Ipiales et son téléphérique le plus lent du monde

    C’est sur le parking du téléphérique d’Ipiales que nous passerons notre première nuit en Colombie. Impossible de quitter cette ville frontière avant minuit, heure ou notre assurance auto s’active. Mais peu importe, le passage transfrontalier nous a fatigués et nous sommes heureux de cette petite pause. Nous avons largement le temps de voir passer les petits groupes de cabines qui rejoignent à la vitesse de l’escargot le sanctuaire de Las Lajas situé à 7 km de là et 240 m plus bas. Concernant le record de lenteur évoqué dans le titre de ce paragraphe, je n’ai pas trouvé de comparatif précis, c’est peut-être juste une boutade, mais les vidéos sont éloquentes. Nous avons aussi le temps d’apprécier la décoration extérieure des bâtiments du téléphérique, dont certaines fresques en cours de réalisation. Des couleurs vives prometteuses pour la suite de notre parcours colombien.


    Le sanctuaire de Las Lajas

    Sanctuaire de Las Lajas, Ipiales, Colombie
    Sanctuaire de Las Lajas, Ipiales, Colombie

    Nous découvrons presque par hasard ce lieu qui a pourtant été classé en 2007 la 2ème des 7 merveilles de la Colombie. Ça n’est pas sur notre guide Lonely Planet que nous l’avons trouvé mais sur notre application iOverlander, celle qui nous aide à trouver nos lieux de bivouac. Comme quoi il vaut mieux diversifier ses sources. Car le lieu est exceptionnel : une basilique mélangeant les styles néo-gothique et colonial espagnol construite au-dessus d’un canyon dont elle relie les parois par un pont. Construite après une apparition de la Vierge sur les parois rocheuses au XVIIIe siècle qui a été suivie de nombreuses guérisons miraculeuses, la basilique Notre-Dame du Rosaire attire chaque année entre 750 000 et 900 000 visiteurs, malgré un accès difficile. Encore que facilité par l’arrivée du téléphérique d’Ipiales en 2015. Avec tous ces pèlerins, l’environnement du canyon, la cascade, la multitude d’ex-voto sur les murs, les statues lyriques sur le pont, la messe en cours, la beauté de la basilique, c’était un lieu véritablement magique. Nous en voulons à notre guide de l’avoir oublié.


    Colombie, Équateur et Venezuela même drapeau ?

    Je suis intrigué d’emblée par la ressemblance entre le drapeau de la Colombie et celui de l’Équateur que nous venons de quitter. Et sans chercher bien loin, je m’aperçois que le drapeau du Venezuela est presque identique. Il se trouve que ces pays ont un ancêtre commun, la Grande Colombie. Ce regroupement de pays qui incluait aussi le Panama et quelques morceaux des pays limitrophes a été créé à l’initiative de Simon Bolivar, le grand libérateur de l’Amérique du Sud, qui rêvait de fédérer l’entièreté du sous-continent. Malheureusement, la Grande Colombie a éclaté 7 ans plus tard, sans doute trop complexe à gérer de par son étendue et la diversité des pouvoirs qui y régnaient. Si le Panama a adopté lors de son indépendance un drapeau totalement différent, les 3 autres pays ont conservé une apparence proche : la bande jaune symbolisant l’or a été agrandie pour la Colombie et l’Équateur, le premier supprimant le blason de la Grande Colombie et le dernier le remplaçant par son blason propre, tandis que le Venezuela a rajouté 6 étoiles, 1 pour chacune de ses régions.


    Pasto, un musée de l’or et un carnaval classé à l’UNESCO

    Pasto est la première grande ville que nous traversons. 400 000 habitants et une circulation dense. Une première impression qui n’était pas favorable. Le centre est réputé pour son architecture coloniale et ses nombreuses églises. Mais nous n’avons rien trouvé de transcendant. Tout semble noyé dans un affairisme intense et des styles très disparates. Deux établissements sortent du lot toutefois, et nous avons même volontairement passé la nuit sur place, au bord d’un jardin public, pour attendre l’ouverture du second. Mais commençons par le premier.

    Le Musée de l’Or Nariño à Pasto

    C’est un musée mis à disposition du public par une banque, comme c’est souvent le cas en Amérique du Sud, consacré aux cultures préhispaniques et à la diversité culturelle du département de Nariño, avec une collection importante d’objets en or (480 !), céramique, pierre, bois, textile et coquillage. Nombre d’entre eux ont été récupérés dans des sépultures qui ont permis leur conservation. L’or, déjà travaillé par ces civilisations 2000 ans avant notre ère, était loin d’avoir le rôle monétaire actuel. Il servait surtout à faire des offrandes, à honorer les divinités, ou encore à marquer le prestige et le pouvoir. De bien beaux objets parfaitement mis en valeur en tout cas.

    Le Musée du Carnaval de Pasto

    Faute de pouvoir être présents à l’évènement culturel majeur de Pasto, le Carnaval de Negros y Blancos, classé en 2009 au patrimoine mondial immatériel de l’humanité, nous sommes heureux de pouvoir en avoir un aperçu et des explications dans ce petit musée gratuit, fort intéressant et étonnamment spectaculaire. On s’y promène en effet dans une ambiance musicale qui rappelle celle du carnaval au milieu des personnages géants et multicolores qui participent habituellement au défilé. Et des panneaux donnent bien entendu les explications nécessaires. L’histoire de ce carnaval remonte à l’époque coloniale. Dans un esprit de favoriser la tolérance et la diversité ethnique, les colons se peignaient le visage en noir le 5 janvier et les esclaves en blanc le lendemain. Cette tradition s’est perpétuée jusqu’à nos jours, avec une période un peu plus étendue allant de fin décembre au 6 janvier mais toujours centrée sur les 2 derniers jours. Le décor spectaculaire du musée donne vraiment envie d’y aller !


    Le barniz de Pasto

    Nous découvrons à la boutique du musée du carnaval cette technique artisanale indigène colombienne et typique de la ville de Pasto qui utilise la résine d’un arbre des forêts humides des Andes, le mopa-mopa, pour être appliquée en fines feuilles colorées sur du bois. Dans la pratique, les bourgeons de l’arbre sont mis dans de l’eau bouillante pour extraire la résine. Celle-ci est étirée à chaud, mélangée avec des pigments, puis de nouveau étirée en feuilles fines qui sont appliquées à chaud sur le bois en plusieurs couches. Les motifs sont alors découpés directement sur l’objet dans un design original. Il est heureux que des artisans continuent de perpétrer ce savoir-faire ancestral. Voici un aperçu de quelques objets trouvés sur les vitrines.


    La Laguna Cocha

    A une vingtaine de kilomètres à l’est de Pasto et à 2800m d’altitude, c’est le deuxième plus grand lac de Colombie et une réserve de biosphère importante. Compte-tenu du temps tristounet, nous nous attendions à y faire un bref passage. Mais là encore, nous avons découvert un véritable joyau inconnu de nos guides : rien de moins que la Venise de Colombie ! El Encanto (Le Charme), le petit village de pêcheurs et d’agriculteurs paisible au bord du lac s’est en effet transformé au fil des années en pôle touristique majeur. L’unique route qui y mène est bordée d’hôtels et/ou de restaurants avec par endroits des airs de chalets suisses et à d’autres les couleurs habituelles des constructions colombiennes. Des canaux de part et d’autre sont envahis de petites embarcations à moteur toutes sur le même modèle. De nombreux ponts courbés rejoignent les établissements situés sur la rive d’en face. Ajoutez à cela une forte affluence touristique (nous sommes un week-end) et du trafic sur l’eau et vous verrez qu’effectivement Venise et ses gondoles ne sont pas si loin. Sévèrement en retrait si l’on parle des couleurs qui explosent véritablement ici, surtout quand le soleil daigne apparaître.


    Les empanadas de Vivi et les cañelazos de Lourdes

    Nous avions déjeuné à bord de Roberto avant la visite du port, alors il n’était pas question de consommer ne serait-ce qu’un sandwich lors de notre parcours. Mais nous avons tout de même salivé en passant devant le stand des « Empanadas de Vivi » qui propose de vous confectionner des empanadas sur mesure, qu’ils soient végétariens, au poulet, au bœuf ou encore à la truite, assortis d’un choix de 60 sauces différentes constituées de piments des plus doux au plus forts et aromatisés au café, au yaourt, à la mangue verte et autres fruits. L’éventuel appétit qui nous restait est brutalement retombé devant la vision de cochons d’Inde rôtissant sur une broche, puis celle de la carte d’un restaurant proposant du perro caliente (chien chaud). Ce n’est qu’un peu plus loin, devant une photo du plat en question que nous avons réalisé que le perro caliente n’était que la traduction du célèbre hot dog, bon sang mais c’est bien sûr ! Rassérénés, nous avons fini par craquer devant la « Tienda de Lourdes » et ses cañelazos tout fumants dans leurs marmites : un à la mûre pour Claudie, un autre au fruit de la passion pour moi. Un délice !


    La route du tremplin de la mort

    Cette route est notre seule possibilité pour rejoindre de l’autre côté de la Cordillère des Andes la ville de San Augustin réputée pour son site funéraire unique. Difficile de dire d’emblée si son nom vient du caractère de notre destination ou bien du côté périlleux du parcours, nous n’allons pas tarder à le savoir. Nous quittons très vite l’asphalte pour une route de terre parsemée de nids-de-poule. La pluie s’en mêlant, la surface va devenir boueuse, restant néanmoins assez compacte. Tant mieux car nous en avons pour 85 km ! Le décor bien que souvent baigné dans la brume est grandiose, avec de hautes montagnes couvertes de forêt primaire qui nous surplombent, tandis que nous longeons une vallée profonde qui se rétrécit peu à peu. La route aussi se rétrécit d’ailleurs, pour ne plus devenir qu’une voie unique. Les virages se succèdent et l’on appréhende de voir surgir un véhicule en face, ce qui arrive régulièrement, y compris des poids-lourds. Il ne reste alors qu’à reculer jusqu’à l’espace de croisement le plus proche, en se collant soit contre la paroi soit contre le ravin selon l’endroit. Régulièrement aussi, la végétation coiffe la route, formant presque des tunnels. Et pour parfaire l’exotisme du parcours, plusieurs gués sont à traverser. Rarement profonds, mais parfois les roues de Roberto ont du mal à accrocher sur les galets qui roulent. 4 heures plus tard, pour 85 km donc, c’est avec grand plaisir que nous retrouvons le bitume !


    À grande eau

    Après notre route aventureuse, nous avons trouvé un endroit paisible pour passer la nuit, dans un village au bord d’un torrent. Nous aurions bien lavé Roberto qui n’a peut-être jamais autant été couvert de boue, mais des locaux se baignent malgré le fort courant. Alors nous reportons notre séance de nettoyage au lendemain. Ce sera dans le centre du village, près d’une station-service où l’on sert séparément les deux-roues – c’est vrai qu’ils sont particulièrement nombreux dans le pays. Lavé à la main et à grande eau, Roberto le grand bleu retrouve son éclat. C’est reparti pour un tour ! Nous restons sur le thème de l’eau en allant visiter un petit mais joli canyon situé sur notre route, le Cañon del Mandiyaco. Sur 400m, la rivière a joliment sculpté des arabesques, des orifices et des bassins dans la roche volcanique. La nature dans tout son art.


    Les mystérieux monolithes de San Augustin

    À 1700m d’altitude et une pluviosité élevée, San Augustin est bien placée pour la culture du café, mais aussi des bananes, de la canne à sucre, des naranguilles ou du bambou. La pluie fréquente (27 jours par mois en juillet…) pourrait dissuader les touristes, mais la ville possède un attrait majeur : son site archéologique hébergeant nombre de statues aussi énigmatiques que celles de l’Île de Pâques. Si l’on ne connaît pas grand-chose de la civilisation pré-incaïque et totalement disparue qui les a créées, on sait que ces statues sculptées dans la roche volcanique faisaient partie entre autres de cultes et rites funéraires. Elles figurent des divinités de la cosmologie andine précolombienne, sous forme anthropomorphe, zoomorphe …ou mixte. Mais aussi des personnages importants de cette civilisation perdue, comme des chamanes souvent représentés en transe, ou les gardiens des défunts. Parmi les sculptures zoomorphes, les plus représentées sont l’aigle, le jaguar, le serpent, la grenouille et le singe, symbolisant respectivement le monde du ciel, de la terre, du sous-sol, la fertilité et la ruse dans la culture andine précolombienne. Toutes ces statues étaient enfouies dans le sol depuis 1000 à 2000 ans avant d’être découvertes vers le XVIIIe siècle. Après leur étude qui n’a permis de connaître que des bribes de cette civilisation disparue, faute de disposer d’écrits, elles ont été exposées et sécurisées sur le site, soit à leur emplacement d’origine, soit le long d’un sentier pédagogique. Le tout dans une superbe végétation tropicale humide et malheureusement une pluie battante sur un tiers du parcours. Pour une fois nous avons pris un guide, mais ses commentaires n’ont pas pu dépasser les limites des archéologues actuelles. Du pain sur la planche pour les Indiana Jones des nouvelles générations !


    Le bananier rose

    À le voir si bien portant dans cette forêt tropicale colombienne, on jurerait qu’il est d’ici. Mais, comme les cochons qui tournent sur les broches du pays, il vient d’Inde. Ses petites bananes toutes velues (l’espèce s’appelle d’ailleurs Musa velutina) sont comestibles mais sont pleines de graines très dures qui font le bonheur des dentistes su coin car on s’y casse volontiers les dents. Et puis, encore moins rose chez ces bananiers, ils se reproduisent comme des lapins, aux dépends d’autres espèces. Ils sont classés invasifs dans certains pays comme le Costa Rica ou le Brésil. Peut-être qu’un jour on consacrera un mois par an là-bas à les éradiquer. On pourrait appeler l’évènement Octobre rose, qu’en pensez-vous ?


    Le bestiaire routier de San Augustin à Coconuco

    Après ce détour archéologique, il nous faut regagner la route panaméricaine et donc retraverser la montagne. Par une route censée être en meilleur état, si ce n’est un tronçon en « mauvais état » de 35 km. En fait l’une des pires routes que nous ayons empruntées ! Si la voie est plus large que celle du tremplin de la mort, le revêtement est particulièrement pénible avec un relief rocheux très irrégulier, des trous et des ornières par centaines. Le paysage est moins agréable aussi. Heureusement, pour tromper l’ennui, sont disposés tout du long des panneaux alertant de la traversée possible d’animaux sauvages. La variété est grande, dommage que nous n’en ayons vu aucun ! À refaire, et à condition d’accepter de reprendre une route en sens inverse, ce que nous cherchons à éviter au maximum, nous aurions peut-être repris la route boueuse et étroite… Deux heures environ pour franchir ces 35 km et nous revoilà  sur une bonne route asphaltée, entrecoupée tout de même de nombreux secteurs en travaux, qu’il est difficile de reprocher au gouvernement colombien. Ces panneaux animaliers me donnent l’occasion de vous montrer quelques panneaux routiers inhabituels chez nous. À voir en images.


    Les thermes de Coconuco

    Allez, terminons chaudement ce premier parcours colombien avec les Termales de Agua Hirvienda (littéralement thermes d’eau bouillante…) de Coconuco. Un petit établissement tenu par une communauté indigène locale, développé autour d’une source volcanique affichée à 72,3°C. Étonnamment, l’eau du captage annoncée à cette température est en ébullition. Soit c’est plus chaud que ce qui est annoncé, soit c’est une émanation simultanée de gaz qui donne cet état. Selon le circuit de l’eau, 4 bassins offrent des températures différentes. J’ai estimé le plus chaud entre 40 et 45°C quand nous nous y sommes baignés en milieu de matinée. On pouvait tenir une vingtaine de minutes avant d’aller nager dans une piscine plus grande et moins chaude, à 35-38°C environ, ce qui est fort agréable. Le ticket donnant droit à des entrées multiples sur 24h, nous y sommes retournés dans l’après-midi puis une fois la nuit tombée. Vers 16 heures, l’établissement était un peu plus fréquenté que le matin, ce qui est habituel car les Colombiens préfèrent en général les visites en 2ème moitié de journée, mais curieusement, personne ne barbotait dans le bassin le plus chaud. Et pour cause, alimenté depuis le matin directement avec l’eau à 72,3°C, il était sans doute devenu proche de cette température… pas question d’y tremper ne serait-ce qu’un orteil ! Le soir c’était plus calme mais toujours fréquenté. Les volutes de vapeur au dessus des bassins créaient une ambiance surréaliste. Au total, ce fut une étape très relaxante pour nous, d’autant que nous avons pu passer 2 nuits gratuitement sur leur parking très tranquille.


    Ragaillardis, nous allons pouvoir reprendre les routes de Colombie, que nous allons espérer plus douces pour les suspensions de Roberto et nos articulations soixantenaires. On vous dit à bientôt !

  • 178. Approche de l’Amazonie

    178. Approche de l’Amazonie

    La pause est terminée, nous voilà de retour en Équateur pour poursuivre notre périple. Notre nouveau visa de 90 jours obtenu à l’arrivée dans le pays aurait pu nous donner de l’aisance pour la visite, mais le problème c’est que pour Roberto n’étant pas rentré avec nous, c’est la date de notre première entrée en Équateur qui compte. Cela devrait malgré tout être suffisant, le pays n’étant pas si grand (44% de la surface de la France)

    Parcours Approche de l'Amazonie
    Le parcours décrit dans cet article, en version cliquable ici

    Transition crustacée

    Notre petit séjour métropolitain se termine et nous commençons à préparer nos bagages pour le retour en Équateur. Mais le pays se rappelle à nous plus tôt que prévu lors d’un petit passage au supermarché : voilà que nous découvrons que les crevettes que l’on vient d’acheter viennent de là-bas !

    C’est que le pays en est, on le sait peu, le premier producteur mondial. Dans notre supermarché, en achetant au hasard, nous avions une chance sur deux de tomber sur des crevettes équatoriennes. Elles sont paraît-il loin devant les autres en terme de qualité, de couleur, de texture et de saveur. Mais j’aurais bien du mal à vous donner mon opinion, je suis allergique…


    Retour vers le futur

    Eh bien nous voilà de nouveau dans les aéroports pour notre vol de retour vers Quito. Rien d’exceptionnel à raconter alors je m’amuse avec l’intelligence artificielle à modifier quelques petits détails sur mes photos, en rapport avec l’actualité sur la pénurie potentielle de kérosène. C’est d’une simplicité et d’une efficacité décourageantes pour l’avenir de la planète…


    Roberto nous voilà

    Après un vol en 3 étapes long et ennuyeux, partis à midi de Bordeaux nous arrivons vers 7 heures le lendemain en heure française. Sauf qu’à Quito il n’est pas encore minuit, décalage horaire oblige. 1h15 plus tard, car oui l’attente est longue à l’immigration, nous sortons enfin de l’aéroport et appelons le gardien de notre parking longue durée pour qu’il vienne nous chercher. En milieu de nuit, ce service VIP était précieux, tout en étant inclus dans le tarif imbattable de 3,90€/24h. Le gardien nous ramène auprès de Roberto qui nous attendait bien sagement. Nous empilons nos bagages sur les sièges et finissons notre nuit. Le lendemain matin, en quittant le parking, nous nous apercevons que notre véhicule a en plus été nettoyé. Quand je vous dis service VIP !


    Chocs thermiques

    Après la quasi-canicule qui sévissait en France au moment de notre départ, nous retrouvons à Quito des températures agréables en journée, mais frisquettes la nuit en raison essentiellement de l’altitude (2860m) et aussi de l’arrivée prochaine de l’hiver austral. On parle de 5 ou 6°C, il nous a fallu remettre le chauffage !

    Après une journée consacrée à la logistique (déballer et ranger les bagages, remplir le frigo, recharger le forfait téléphonique de Claudie, etc.) nous quittons la capitale pour retrouver la nature. Restant dans les hauteurs, plongés dans une grisaille humide, nous sommes heureux de nous arrêter pour une première pause aux Thermes de Papallacta. L’eau d’origine volcanique y arrive à 70°C dans une douzaine de bassins extérieurs joliment aménagés avec vue directe sur les montagnes alentour, du moins par temps dégagé. Avec un air à 13°C, on s’y plonge avec bonheur !


    Nuit entre une église et un ours à lunettes

    Après les thermes, le ciel s’est un peu couvert et nous ne sommes pas trop chauds (malgré les bains à 40°C…) pour reprendre la route. Et puis nous avons besoin d’eau. Justement, le village de Papallacta a tout ce qu’il faut : un parking tranquille devant une charmante petite église toute bleue, un robinet fileté d’eau potable et même la wifi ! De l’autre côté, c’est un ours à lunettes statufié qui nous regarde, comme pour nous rappeler qu’il en existe un certain nombre dans la région. Plus beaucoup car cette seule espèce d’ours natifs d’Amérique du Sud est menacée. Il en resterait à peine un millier. On voit de temps en temps des panneaux au bord de la route prévenant de la possible traversée de ces ursidés. Mais ça ne marche jamais, il faut qu’ils arrêtent de nous faire rêver !


    La vallée dans la forêt de nuages

    Nous repartons plein Est vers l’Amazonie. La route emprunte le fond de la vallée du tempétueux et boueux Rio Papallacta. De part et d’autre, des forêts denses et pleines de lianes, lichens et plantes épiphytes accrochent les nuages. Voire même les créent, comme on peut l’observer. C’est magnifique et sauvage, nous adorons. Les villages traversés revendiquent volontiers leur peuplement autochtone par des statues au croisement des rues ou par des affiches incitant les touristes à contacter les agences touristiques « communautaires ». Avec ce ciel chargé, la pluie nous gagne et nous nous arrêtons assez tôt au bord d’une autre rivière pour passer la fin d’après-midi dans un endroit tranquille.


    Tena ou l’Amazonie en centre-ville

    La ville de Tena est la porte d’entrée de l’Amazonie équatorienne. C’est souvent de là que démarrent les activités sportives en eau vive, comme le rafting ou le kayak, et les excursions vers les réserves naturelles, les cascades ou encore les communautés indigènes. Cela dit, il n’est pas forcément obligatoire de s’engager dans des expéditions longues, fatigantes et coûteuses pour voir tout ça.

    Au lieu de se rendre dans une réserve naturelle, il suffit de parcourir le magnifique Parc de l’Ile, un concentré gratuit de 27 hectares de forêt dense amazonienne en plein centre-ville. Nous avons adoré nous promener sur ces chemins mousseux au milieu d’une végétation luxuriante typique des forêts tropicales humides. Nous avons découvert plusieurs fleurs et plantes que nous n’avions jamais rencontrées auparavant. Nous avons observé des minuscules grenouilles, quelques insectes bizarres, des singes écureuils et nous avons même approché (et caressé !) un tapir.

    Charançon
    Un charançon de la forêt amazonienne

    Et au lieu d’aller faire du voyeurisme dans les communautés indigènes de la région, il suffit de se balader en ville : 58% des 28 000 habitants sont des Quechuas. Alors oui, nous avons fait un petit tour en ville via une jolie passerelle décorée d’images en métal des animaux et activités de la région, nous avons jeté un œil à l’église et à la cathédrale sans pouvoir y rentrer, nous avons traversé le marché et vu une sorte de cantine où tout le monde mangeait du maito. C’est une préparation de poisson des rivières du coin enveloppé dans des feuilles de bananier puis grillé lentement sur des braises. Apparemment, la feuille de bananier donne un arôme unique et maintient le poisson moelleux et juteux. Nous sortions du déjeuner alors nous n’avons pas goûté, mais il faudra qu’on teste ça prochainement.

    Que de belles découvertes en tout cas lors de cette journée à Tena !

    Nous allons poursuivre encore un peu plus vers le sud du pays et nous vous disons à très bientôt !