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  • 187. Bogotá – La Macarena et retour

    187. Bogotá – La Macarena et retour

    En plus de la visite de Bogotá, la capitale de la Colombie, nous allons nous rendre en avion au parc de La Macarena pour voir l’une des merveilles naturelles du pays : les rivières rouge-sang de Caño Cristales.

    Parcours Bogotá - Villavicencio - La Macarena et retour
    Le parcours Bogotá – Villavicencio – La Macarena et retour décrit dans cet article, en version zoomable ici

    Trajet express Bogotá – Villavicencio

    C’est un fait qui nous joue parfois des tours : nous détestons organiser des excursions trop à l’avance, quitte parfois à en rater certaines. Cela nous semble rogner sur notre liberté d’agir, et puis s’il faut réserver longtemps auparavant, c’est qu’il y a foule et ça nous n’aimons pas trop non plus. C’est la veille d’arriver à Bogotá que nous prenons contact avec une agence pour la visite d’un lieu isolé dans la jungle amazonienne que nous ne pouvons pas rejoindre avec Roberto pour cause de routes impraticables et qu’il nous faudra donc atteindre en avion. S’y prendre un samedi pour un départ en avion le mercredi, c’était assez osé. Les sites des autres agences ne donnaient pas de disponibilités avant deux semaines. Quant à notre guide papier, il recommandait d’anticiper la réservation de plusieurs mois. Mais notre agence était cool, la seule vraie complication a été le règlement, uniquement par virement bancaire international, ce qui était pour nous impossible à mettre en œuvre sur un délai aussi court. Ils ont finalement envoyé un lien pour un règlement en ligne, mais ça n’a pas marché du premier coup, il nous a fallu une seconde carte pour y parvenir. Et, après avoir rejoint le mercredi la petite ville de Villavicencio à 3h de route de Bogotá, nous étions dans l’avion le mercredi !


    Petite agence, petites formalités, petit avion…

    Nous sommes convoqués le matin à 7h devant le local de l’agence dans l’enceinte de l’aéroport. Claudie et moi montons sur la balance sac à dos compris, puis c’est le tour de notre petit bagage soute qui sera placé aux côtés de sacs hétéroclites plus proches dans l’aspect de sacs poubelles que de valises. On nous remet 2 cartes d’embarquement « spéciales » complétées à la main avant de nous envoyer dans la cafétéria de l’aéroport où l’on viendra nous chercher quand il aura cessé de pleuvoir… tout un programme. Ni notre avion ni notre destination n’apparaissent sur le panneau d’affichage des vols en partance, ce qui ne semble pas plus étonnant que ça après tout ce qui a précédé. Et puis finalement on vient nous chercher. Claudie est arrêtée au passage des sacs à dos aux rayons, non pas à cause de sa bouteille d’eau pleine mais en raison de sa perche à selfie. Les deux seront finalement autorisées et nous voilà sur le tarmac encore très humide de tout ce qu’il vient de tomber. Nous passons devant des avions de plus en plus petits, cherchant lequel serait le nôtre, pour arriver devant un petit Cessna de 6 places. 3 autres passagers seront du voyage, le compte est bon avec le pilote, si c’est bien lui qui est assis devant le manche vêtu d’un jean et d’un gilet jaune. L’avion n’est pas tout jeune, mais bon, ça fait partie de l’aventure. De toutes façons plus le choix : nous voilà à nous élancer sur la piste sans même avoir marqué de temps d’arrêt à son seuil. Le pilote (finalement le gilet jaune c’est bien lui) a l’air pressé…


    Vol au-dessus de la forêt amazonienne

    Le ciel va rester nuageux et l’air brumeux tout au long de l’heure de vol, ce qui ne va pas aider au rendu des photos qui pourraient être sympathiques avec une altitude de croisière qui ne va pas dépasser les 1500m. Nos avons tout de même l’occasion d’observer l’alternance de forêts denses, de pâturages et de plantations de palmiers à huile. Contrairement au Brésil où la déforestation connaît un certain recul, ici dans ce parc c’est l’équivalent de 3300 terrains de football qui disparaissent encore chaque année, au profit de l’élevage ou des cultures de coca (y compris dans ce parc national protégé !). Mais ne tergiversons pas, notre descente a commencé vers le petit aéroport du village au nom dansant de La Macarena, entrée du parc éponyme que nous avons hâte de visiter.


    Première journée au Parc Sierra de la Macarena

    1. Présentations

    La récupération des bagages est vite faite (directement dans l’avion) et nous nous dirigeons vers la sortie, passant sous un panneau de bienvenue occupé pour un tiers par la photo d’un militaire armé jusqu’aux dents. Histoire de nous rappeler que la région a été longtemps (50 ans !) sous la domination des FARC qui ont fini par rendre les armes après un accord de paix avec le gouvernement. Des groupes dissidents ou paramilitaires continuent à rôder dans le coin, poursuivant leur part de narcotrafic et menaçant les gardes forestiers, aussi a été installé dans le cœur du village un gros contingent militaire pour la sécurité des habitants celle des touristes qui les font vivre. Notre agence de voyage nous attend dès la sortie et nous confie au guide, un jeune homme qui nous accompagnera pendant 2 jours, aucune visite du parc n’étant permise en solo. Après une présentation obligatoire à l’office du tourisme accompagnée de recommandations, nous déposons notre valise à l’hôtel et embarquons sur le fleuve Guayaraba à bord d’une pirogue.


    2. Trajet en pirogue et grimpette dans la forêt

    Ce large fleuve boueux agité d’un fort courant nous rappelle le Maroni en Guyane. Longeant les rives, nous découvrons un peu de faune locale : divers oiseaux et quelques tortues. Nous sommes déposés sur un quai en boue séchée et partons pour une randonnée de 11 km. D’abord une belle grimpette dans la forêt tropicale humide avec végétation luxuriante, murs végétaux suintants, cascades et même des peintures rupestres. Nous sortons de la jungle à un beau point de vue sur toute la région. C’est le moment du déjeûner, de type fiambre : un petit paquet en feuille de bananier contenant un plat associant riz, pommes de terre, banane plantain et viande.


    3. Balade sur le plateau au milieu des vellozias

    Rassasiés, nous repartons cette fois sur un haut-plateau, un prolongement paraît-il du plateau des Guyanes. Nous nous faufilons sur un sol rocheux mais ruisselant en permanence, entre les arbustes emblèmes de cet écosystème, formant des bouquets de tiges velues ornées au sommet d’un bouquet d’une dizaine de feuilles étroites. Ces Vellozia tubiflora ne doivent pas leur nom à leur vélocité de pousse, bien au contraire : ils ne croissent que d’un centimètre par an, directement sur la roche. Ils ont aussi la particularité de retenir l’eau et d’être relativement résistants aux incendies. Nous verrons effectivement plusieurs secteurs où sur des tiges noircies par le feu émergent des feuilles bien vertes.


    4. La transparence du Rio Cristalito

    En redescendant, nous allons suivre le Rio Cristalito, une rivière aussi transparente que son nom l’indique et dans laquelle nous aurons l’occasion d’une baignade rafraîchissante. Nous observerons enfin de jolies plantes tropicales et un petit élevage de tortues avant de rejoindre notre pirogue de retour. Une première journée bien remplie. Mais le meilleur est pour demain : nous devrions voir rien de moins que l’une des 7 merveilles de Colombie !


    Seconde journée : Caño Cristales et parrando llanero

    1. Caño Cristales, la rivière aux 5 couleurs

    L’attrait majeur du Parc National de la Sierra de la Macarena, c’est une plante aquatique qui ne pousse qu’ici : Macarenia clavigera. Elle tapisse le fond des rivières et, lorsque les conditions d’ensoleillement, de température et de niveau de l’eau sont réunies – ce qui n’arrive qu’entre juin et novembre – elle se pare de couleurs allant du vert au rouge vif du plus bel effet. À certains endroits, le phénomène s’étend sur plusieurs centaines de mètres et le spectacle est véritablement féérique. Et dynamique à la fois car la plante ondule sous les effets du courant ou accompagne le début des cascades. Le décor lui-même est à la hauteur, avec cette rivière vive qui creuse un sol karstique ou descend en formant de grandes marches d’escalier.

    Une fois la saison passée, la plante perd ses belles couleurs et sont volume, redevenant un insignifiant tapis marron. Elle ne reprendra ses couleurs qu’au début de l’été suivant. Et à condition que la population locale et les touristes ne viennent pas polluer le cours de la rivière. C’est ainsi que le Rio Cristalito que nous avons visité en premier s’est dégarni de ses macarenias. Seul le Caño Cristales, lieu de notre visite du jour, en possède encore un nombre important, grâce à des mesures de protection drastiques : limitation du nombre de visiteurs quotidiens dans le parc, répartition sur plusieurs sentiers, interdiction d’entrer avec des bouteilles d’eau en plastique jetable, repas fournis par les agences enveloppés dans des matériaux biodégradables, baignade autorisée dans des secteurs limités et avec interdiction de s’enduire de crème solaire ou de répulsifs anti-moustiques. Apparemment les règles sont bien suivies puisque nous avons pu voir ce spectacle éblouissant qui mérite bien son nom de merveille naturelle de Colombie.

    Claudie et moi devant les magnifiques macarenias de Caño Cristales
    Claudie et moi devant les magnifiques macarenias de Caño Cristales

    2. Le parrando llanero, la fête des cow-boys colombiens

    Nous sommes conviés le soir même à un parrando llanero, reconstitution d’une fête traditionnelle locale à l’intention des touristes. Instauré 2 fois par semaine par la municipalité en lien avec les agences locales, ce spectacle qui pourrait paraître ultra-touristique s’apparente aussi à une cérémonie de bienvenue par des habitants, heureux de nous voir après avoir souffert des 50 ans du conflit armé. Un animateur d’ailleurs cite les différents pays représentés par la centaine de convives et les (nous) remercie d’être là.

    Les Llaneros, ce sont les habitants de la région, des éleveurs de bétail avant tout, que l’on pourrait comparer aux gauchos argentins, mais avec des traditions propres. Comme les chants a cappella d’accompagnement du bétail (pour ne pas le stresser) ou encore leurs sortes de rodéos.

    Le parrando llanero s’apparente, lui, à un repas dansant. On y déguste de la viande de bœuf ou de veau cuite des heures à la verticale sur des pics plantés près de braises ardentes, accompagnée de yuca, plantains ou galettes de maïs. Tout en buvant une bonne Aguila bien fraîche (la bière la plus célèbre de Colombie). Un quatuor de musiciens jouant de la harpe, du cuatro (guitare miniature), des maracas et de la guitare basse joue seul ou accompagne tantôt un chanteur tantôt des danseurs de joropo en habits traditionnels. Qui en effectuent d’abord la démonstration avant d’inviter le public à participer.

    Nous avons été impressionnés par cette danse llanero très particulière, qui mélange flamenco, percussions amérindiennes et rythmes complexes et endiablés africains. Le joropo se danse en couple, avec des pas glissés et des frappements de pieds au son de la harpe, du cuatro et des maracas. L’homme guide la femme avec des tournoiements vifs et élégants. Mais le plus marquant est cette accélération soudaine du rythme en cours de danse, avec des claquements de pas de plus en plus marqués. Les enfants sont formés très tôt au joropo, qui nécessite des années pour sa maîtrise. Au cours du spectacle nous allons justement voir des démonstrations par des enfants, des ados puis des adultes avec évidemment une virtuosité qui progresse avec l’âge. Mais la danse des plus jeunes était déjà impressionnante.


    Troisième journée : état des routes, dernière balade et vol de retour

    1. De l’utilité du pick-up

    Ce matin, c’est un nouvel accompagnateur qui vient nous chercher en pick-up, accompagné de son épouse. Nous partons dans un nouveau secteur du parc national, sur une route forcément en terre puisqu’il n’y a que ça dans le coin. Encore que la terre ne soit pas toujours le seul constituant, nous allons pouvoir le constater. Entre autres éléments, nous trouverons de l’herbe, de la roche, de l’eau, et même des petites flaques de pétrole (qui affleure volontiers à la surface ici). Et le tout agrémenté d’un cochon et de canards que l’on dérange manifestement au passage des gués. Nous allons prendre des chemins de plus en plus étroits, repoussant la végétation, jusqu’à ce que finalement ça ne passe vraiment plus. Là, notre chauffeur et son épouse abandonnent leur véhicule et nous poursuivons à pied.


    2. Dernière balade dans le parc de La Macarena

    C’est à pied donc que nous poursuivons la balade. Après avoir rencontré quelques plantes locales au bord du chemin, retrouvé de nombreux vellozias bien fleuris (pour un jour comme vous le savez), nous allons atteindre une jolie petite rivière perdue dans les arbres. Mais couverte de nos chères macarenias rouge vif. Une piqûre de rappel en quelque sorte avant notre départ.


    3. Adieux à l’agence et vol de retour

    De retour à l’hôtel, nous plions bagages et allons prendre le déjeûner pendant qu’une pluie battante tombe dehors, ayant sagement attendu la fin de notre séjour. Nous partons à pied à deux pas à l’agence qui est elle-même à deux pas de l’aéroport. Dans ce village de taille modeste, tout est à deux pas en fait ! Nous les remercions chaleureusement pour leur organisation sans faille et pour ces merveilles que nous avons pu voir. Nous prenons conscience que nous aurons fait travailler beaucoup de monde au cours de ce bref séjour. Personnel de l’agence bien sûr, mais aussi guides, pilotes de pirogue et d’avion, chauffeurs de 4×4, personnel du parc national, employés d’hôtellerie et restauration, employés ou gérants des boutiques où nous avons pu consommer quelques rafraîchissements, voire acheter une paire de chaussures de marche les miennes ayant lâché sur ces terrains difficiles !

    Après pesée de nous et de nos sacs, nous sommes invités à patienter dans la petite salle d’attente de l’aéroport. Il n’y a plus d’électricité ni de téléphone depuis la forte pluie, mais ça n’inquiète personne. Rapidement, un homme en civil vient nous chercher. Nous le reconnaissons : c’est le pilote de l’aller. Il nous fait monter dans le même petit Cessna dont nous serons les seuls passagers et met rapidement le moteur en route. Je me suis demandé s’il n’allait pas se dépêcher de décoller avant un bi-turbo-propulseur à côté de nous, dont les hélices tournent aussi. Mais non, l’autre avion décolle et puis c’est notre tour. Mêmes paysages brumeux qu’à l’aller, mais j’ai cette fois une meilleure vue sur le poste de pilotage. Ce qui n’est pas forcément un bien car je constate que plusieurs instruments ne fonctionnent pas, comme l’horizon artificiel de secours qui nous donne très penchés alors que nous sommes à plat ou ce compas qui indique l’Ouest alors que nous volons vers le Nord. En compensation il y a bien sûr ce GPS mobile que le pilote a posé devant lui. Mais qu’il ne le regarde pas beaucoup, plus absorbé dans les messages qu’il envoie sur son smartphone, redressant un peu le manche de temps en temps quand nous tanguons un peu trop. Mais manifestement l’avion connaît la route, et nous arrivons bientôt en vue de la piste de Villavicencio. Épisode Sierra de la Macarena terminé et concluant.


    Joies de la vanlife

    1. Délogés de notre parking !

    Après avoir passé une première nuit tranquille sur le parking de l’aéroport de Villavicencio juste avant notre trajet pour La Macarena, c’est tout naturellement que nous décidons d’en enchaîner une seconde à notre retour. Mais une fois la nuit tombée, le service de sécurité vient nous demander de partir, affirmant que passer la nuit dans son véhicule n’est pas permis par les autorités aéroportuaires. Pourquoi ça a fonctionné le premier soir ? Mystère ! Alors nous avons traversé la ville de nuit, ce qui n’est pas spécialement recommandé, pour nous trouver un autre emplacement à l’autre bout de la ville. Rien de plus agaçant, heureusement que ça n’arrive pas souvent.

    Roberto sur le parking de l'aéroport de Villavicencio, Colombie
    Roberto sur le parking de l’aéroport de Villavicencio

    2. Perte d’une partie de notre linge…

    En arrivant à Villavicencio, nous avions laissé 2 sacs de linge à laver dans une lavanderia (en Amérique du Sud en effet, il est rare de trouver des laveries automatiques comme en Europe ou en Amérique du Nord), avec l’intention de le récupérer juste avant de repartir pour Bogotá. À la récupération, c’est la valeur d’un seul sac qui nous est rendue, l’employée justifiant le volume réduit par le conditionnement comprimé. Tout est emballé dans du film étirable et comme nous sommes mal garés, nous ne vérifions pas de suite et reprenons la route. C’est seulement en arrivant à Bogotá, 3 heures plus tard, que Claudie déballe tout. Ne contrôlant pas la sortie de la machine, il n’est pas exceptionnel de perdre un sous-vêtement ou une chaussette, mais là, c’est la moitié de notre linge qui manque ! Pas question de tout refaire en sens inverse, ce n’était que du linge usagé après tout. Claudie met tout de même un commentaire négatif sur Google Maps. Et nous avons la surprise de recevoir une réponse de la lavanderia sur WhatsApp. Ils sont désolés et nous demandent notre adresse pour nous renvoyer le linge manquant. Notre adresse ? Roberto sur la route Untel à 3 heures de là ? Nous donnons sans trop y croire l’adresse du parking où nous prévoyons de stationner. Et le lendemain à 20h, un dimanche, alors que la grille du parking est fermée, un message nous informe qu’un livreur est là à nous attendre. Effectivement, un livreur en moto est là avec le paquet de linge sur son porte-bagage. Je n’arrive pas à savoir s’il a fait les 3 heures de route juste avant, mais la lavanderia a bien rattrapé le coup. Claudie a retiré son commentaire…

    Notre Lavanderia de Villavicencio - Service pas top mais SAV irréprochable
    Notre Lavanderia de Villavicencio – Service pas top mais SAV irréprochable

    Bogotá

    Nous rejoignons la capitale de la Colombie après 3 heures d’une route montagneuse assez pénible. L’environnement est plutôt agréable si l’on excepte les nombreux et longs tunnels, mais la route est envahie de camions qui roulent à petite vitesse en raison de la pente soutenue – nous allons passer de 600 à 2600m. Et les possibilités de dépassement ne sont pas si fréquentes.

    Nous allons trouver un grand parking qui nous hébergera pour 3 nuits. Bien que situé en plein centre-ville, dans le quartier le plus touristique de La Candelaria et tout près du palais présidentiel, il va se révéler extrêmement calme. La seule exception étant les secousses répétées dans Roberto un matin à 7h30, confirmées peu après comme un puissant tremblement de terre survenu à 400 km de là et ressenti jusque dans les pays voisins. Notre parking étant en plein air et Roberto étant parasismique grâce à ses amortisseurs, nous n’avons couru aucun risque. Bogotá elle-même n’a presque pas subi de dommages, mais les régions plus proches de l’épicentre – que nous avions d’ailleurs traversées 3 semaines auparavant – ont été fortement impactées avec plus de 250 morts et des milliers de blessés.

    Après la chaleur de la jungle et pendant que la France souffre de la canicule, nous trouvons à Bogotá une fraîcheur bienvenue. La ville est d’ailleurs surnommée par les locaux « la glacière » en raison de son climat frais et humide particulièrement changeant. 11°C la nuit et 20°C le jour pendant notre visite : des conditions idéales pour la vie nomade. Avec 8 millions d’habitants, la ville est tentaculaire, mais nous allons nous limiter à quelques quartiers, à commencer par La Candelaria, le cœur historique de la ville qui réunit à la fois les restes de l’architecture coloniale, une offre culturelle notable, quelques rues et placettes pittoresques, et beaucoup de street-art. Impossible bien sûr de tout vous raconter, ce serait même ennuyeux, alors voici quelques morceaux choisis, avec les commentaires dans les images.

    1. Les restes coloniaux


    2. La maison de Simon Bolivar


    3. Quelques plats colombiens typiques


    4. L’art du café


    5. Le secteur des chicherias


    6. L’autre musée Botero


    7. L’art de rue


    8. La colline de Montserrat et son funiculaire


    9. Le musée de l’or


    10. Bogotá insolite

    La capitale a encore sans doute beaucoup à offrir ou découvrir, mais nous n’aimons pas rester trop longtemps dans les villes. Sans parler de Roberto qui s’ennuie sûrement à ne rien faire. Alors nous voilà déjà repartis vers le nord de la Colombie. Tranquillement.

  • 147. Disfruta

    Nous l’avions déjà remarqué à Montevideo, une bonne partie des musées est en accès libre, sans droit d’entrée. Dès nos premières visites dans l’intérieur du pays, cela se confirme. Le plus emblématique a été ce parc animalier recueillant principalement la faune autochtone où nous avons été accueillis d’un « Bienvenido, disfruta ! ». Ça nous change du zoo de Beauval où non seulement il avait fallu aligner une quarantaine d’euros par personne, mais en plus sans être gratifiés du moindre sourire… Quelle intelligence que de permettre à tous l’accès à la culture ! Vive l’Uruguay !

    Nous profitons de la vie au travers de ce roadtrip. Disfruta !
    Nous profitons de la vie au travers de ce roadtrip.

    Remise en route

    Même si le temps reste très couvert, c’est un véritable bonheur que de repartir sur les routes. Mais quelques étapes logistiques préalables s’imposent :
    -> d’abord ranger nos affaires dans les placards. Sinon on ne peut pas circuler avec nos sacs de voyage et valises. Il nous faudra compter une bonne heure !
    -> ensuite refaire le plein de carburant, car les compagnies maritimes exigent que l’on soit sur la réserve pour pouvoir embarquer. Ce n’est pas si simple que ça en a l’air puisqu’il nous faut trouver une station-service qui vend du gasoil peu chargé en soufre (Roberto est allergique de par son statut Euro 6), ce qui se traduit ici par 10-S, soit un maximum de 10 ppm de soufre. Parce que le gasoil ordinaire contient 50 ppm. Nous risquons de trouver beaucoup plus dans d’autres pays, il faudra faire attention.
    -> et puis refaire le plein des réservoirs d’eau. Notre application iOverlander nous permettra de trouver rapidement un robinet public près d’un petit parc. Et zou, près de 200 litres embarqués !
    -> évidemment, le frigo et les placards à nourriture sont vides. Nous n’avions le droit d’importer aucune nourriture. Un hypermarché Géant se trouve fortuitement placé notre route. Le caddie sera bien rempli mais pas plein, la taille de notre frigo (130 litres) ne le permettrait pas.

    Nous sommes maintenant pratiquement autonomes pour une bonne semaine. Les panneaux solaires tournent à plein régime malgré le ciel gris. Aucune de nos 2 batteries, moteur et cellule, ne semble avoir souffert de l’immobilisation de 6 semaines dans le conteneur. Nous voilà sur la route en direction de l’Est (nous remontons tranquillement vers le Brésil). Il nous faut nous arrêter au premier péage (ce n’est pourtant pas une autoroute) pour prendre le badge de télépéage. Il est gratuit, il faut juste mettre un peu d’argent dessus. Les quelques sections à péage coûtent pratiquement toutes le même prix, l’équivalent de 3,50€. Ce qui est bizarre sur ces sections à péage, c’est qu’on y trouve bon nombre de routes transversales par lesquelles il serait faciles d’entrer sans payer, mais nous n’allons pas jouer à ça !

    En milieu d’après-midi, nous trouvons que notre première journée sur la route est suffisamment remplie et nous nous trouvons un petit spot pour nous reposer et passer la nuit. En bord de mer s’il vous plaît. En Uruguay, le faible nombre de véhicules de loisirs fait que nous ne sommes pas considérés comme une gêne. En conséquence il est possible de se garer pratiquement partout !


    La brique élevée au rang d’art

    Intérieur de l'Iglesia del Cristo Obrero à Atlantido (Uruguay)
    Intérieur de l’Iglesia del Cristo Obrero à Atlantida (Uruguay)

    Voilà une église peu ordinaire, entièrement bâtie en briques. Ce matériau qui paraît banal, a pourtant ici  été érigé en art. L’ingénieur uruguayen Eladio Dieste a réussi à créer des murs et un plafond ondulés, une rampe d’escalier ajourée, des éléments de façade en dents de scie. Il a reçu en retour l’hommage de ses pairs et surtout celui de l’Unesco qui a inscrit son œuvre au patrimoine mondial


    La Villa de la Concepción de las Minas

    C’était l’ancien nom de la ville de Minas que nous visitons aujourd’hui. Mais comme ça tenait rarement sur les enveloppes et ou que les panneaux à l’entrée de l’agglomération étaient souvent renversés par le vent – en fait ce sont deux hypothèses personnelles –  la ville a décidé de s’appeler simplement Minas, en référence à son passé d’extraction de fer et d’argent. Plus rien de tout ça lors de notre visite, mais nous avons aimé nous promener dans des rues qui collent davantage à l’image que nous avions de l’Uruguay que celles de Montevideo.

    Nous avons entre autres visité la Casa de la Cultura qui abrite la bibliothèque municipale, une galerie d’art, un théâtre et 4 musées dont l’un est hébergé dans la maison natale de l’un des héros de la nation Juan Antonio Lavalleja de l’un des héros de la nation. Les 3 autres concernent les peuples précolombiens, les gauchos, le musicien Eduardo Fabini, l’écrivain Juan José Morosoli, le professeur de médecine Pedro Belou, bref que des inconnus pour nous. Le décor était plutôt joli. Tout était gratuit, mais nous avons dû supporter la guide qui devait s’ennuyer et nous a accompagné tout du long, nous racontant ce que nous pouvions lire sur les affiches. Parfois la gratuité a un coût…


    L’inventeur de Minas

    Reproduction du premier véhicule automoteur terrestre à vapeur de Nicolas-Joseph Cugnot (1769)
    Reproduction du premier véhicule automoteur terrestre à vapeur de Nicolas-Joseph Cugnot (1769)

    Le Géo Trouve-tout de Walt Disney a son équivalent uruguayen : Horacio. Cet homme a commencé à fabriquer ses propres jouets vers l’âge de 5 ans. Un peu plus tard il s’est mis à reproduire les engins agricoles qu’utilisait son père, puis une infinité d’autres véhicules et d’objets utiles au quotidien, fonctionnant comme dans la vraie vie. Horacio, septuagénaire, nous fait la démonstration du fonctionnement d’une douzaine de machines ou de véhicules, ainsi que de quelques jeux qu’il a conçus lui-même ou recréés à partir de modèles photographiés. Et le dernier modèle en cours de construction. Il ne s’arrête jamais !

    Ce génial personnage, tout aussi inventeur que pédagogue, nous a bien gardés une heure et demie et aurait même pu faire davantage si son épouse n’était pas venue gentiment l’arrêter.

    Une visite passionnante et animée avec passion, nous avons adoré !

    La bonne réponse au quiz précédent est 1. (une boutique de biscuits). Il ne fallait pas se laisser influencé par le Mar y Mar ni par les biscoteaux du coach de gym !


    Être à tort sur la réserve

    Le domaine de la réserve animalière de Pain de Sucre (oui, c'est le nom de la ville !)
    Le domaine de la réserve animalière de Pain de Sucre (oui, c’est le nom de la ville !)

    Après avoir dormi au bord d’un petit chemin entre deux champs, nous rejoignons, peu après la ville joliment nommée de Pain de Sucre, la Réserve d’élevage et de protection de la faune naturelle autochtone. 100% des réserves de ce type visitées auparavant étaient payantes, les gouvernements favorisant peu leur développement. Mais arrivée au guichet d’entrée, un jeune homme nous accueille d’un grand « Bienvenidos » et d’un « Disfruta » (profitez) en nous indiquant le chemin. En parcourant les allées, nous ne trouvons aucun manque d’entretien que la gratuité aurait pu laisser supposer. Au contraire le sol est balayé, les bas-côtés tondus et les enclos sont bien propres.

    Les animaux sont ici en semi-liberté. Cela se traduit par des enclos grillagés, mais de grande taille et comportant pour la plupart des zones de taillis où les bêtes peuvent se cacher s’ils n’ont pas envie de rencontrer des humains. Nous avons vu des condors, des capybaras (de gros rongeurs sympathiques), des coatis, des renards, des caïmans, des pumas et des nandus (genre d’autruches) avec de nombreux petits.

    A l’entrée de la réserve, un très grand espace de jeux pour enfants a été aménagé. Il est amusant de le retrouver sur la première page du site internet de la réserve (lien ici). Les petits mammifères humains qui s’ébattent sur les balançoires et autre filets d’escalade sont indéniablement assimilés à la faune autochtone à choyer !


    Château express

    Peu avant l’heure du déjeûner, nous quittons la route principale pour nous engager sur l’allée bordée de palmiers qui mène au Castillo de Piria, du nom de son premier occupant Francisco Piria, entrepreneur uruguayen et créateur de toutes pièces de la ville voisine de Piriapolis. L’accès est libre, avec juste un gardien qui reste sur sa chaise à l’entrée. Le château est maintenant propriété du département et sert de musée. Le mobilier qui reste est de bonne facture sans être précieux. On trouve quelques informations sur l’entrepreneur et son œuvre avec un plan complet de la ville taillée au cordeau. L’étage et le rez-de-chaussée sont finalement assez vite visités.


    Fort contraste

    Carlos Páez Vilaró devant son œuvre
    Carlos Páez Vilaró devant son œuvre

    Ce titre pourrait évoquer la visite d’un nouveau château, mais c’est surtout son second mot qui est important. Après avoir vu les plans à la symétrie quasi parfaite de la station balnéaire de Piriapolis, que nous n’avons pas jugé bon de visiter, nous découvrons cette Casa Pueblo tout autant l’œuvre d’un seul homme que la précédente, mais où la ligne droite est quasi inexistante. Le terme casa (maison) est à reconsidérer devant la grande surface occupée par ses 72 bâtiments aux formes folles. Son créateur est l’artiste Carlos Páez Vilaró. La construction a pris 36 ans, sans aucun plan préétabli. Si une bonne partie est privée, nous avons tout de même la possibilité de visiter le musée, qui donne un excellent aperçu sur la vie et les motivations de l’artiste et permet de se balader sur les parties accessibles du domaine. Les parois ondulées d’un blanc éclatant rappellent les constructions méditerranéennes, mais les couloirs labyrinthiques et les dômes fantasques rendent le lieu unique. Un hôtel et un restaurant permettent tout comme le musée d’apprécier la Casa Pueblo et sa vue imprenable sur l’océan Atlantique.


    La nuit sur la falaise

    Pêcheurs sur les rochers de la Punta Ballena. La Casa Pueblo est en arrière-plan
    Pêcheurs sur les rochers de la Punta Ballena. La Casa Pueblo est en arrière-plan

    Tout près de la Casa Pueblo se trouve une pointe rocheuse s’avançant vers la mer. Elle est aménagée de plusieurs parkings et nous nous laissons tenter d’y passer la nuit. Le coucher de soleil sera très beau, mais le vent qui a soufflé toute la nuit a gêné un peu mon sommeil. Pas tant à cause du bruit qu’en raison des oscillations de Roberto qui a une forte prise au vent. Tant pis, la vue valait le coup !


    État des routes

    Un enrobé parfaitement lisse et des bas-côtés soignés pour cette route, mais ce n'est pas toujours le cas !
    Un enrobé parfaitement lisse et des bas-côtés soignés pour cette route, mais ce n’est pas toujours le cas !

    Nous n’avions aucune idée du niveau économique et de l’état des routes de l’Uruguay. Eh bien d’une manière générale, les deux sont plutôt bons. Les routes principales sont très larges et possèdent des enrobés parfaitement lisses. Les bas-côtés sont toujours très bien entretenus avec l’herbe tondue à ras et les déchets ramassés. Pour les routes secondaires, c’est plus aléatoire. Parfois c’est excellent, parfois c’est parsemé de nids-de-poule, parfois – et c’est peut-être le pire – c’est un joyeux mélange des deux. Quant aux routes tertiaires, ce sont en général des chemins de terre bien tassée ou des routes garnies de pierres concassées, dont les arêtes vives me font craindre pour les pneus de Roberto. Les ralentisseurs sont assez fréquents et bien plus rudes qu’en France. Les périphéries des villes semblent plus négligées que leur centre, aussi bien pour l’état des routes que pour la propreté. Malgré la présence de poubelles en quantité, des déchets peuvent traîner dans les rues. Les conducteurs semblent prudents. C’est d’autant plus facile que la circulation est très peu dense. Ce qui est sans doute lié à la faible densité de population, environ 19 habitants au km² contre une centaine pour la France et le double en Italie.


    Le Mc Do de Maldo

    Le Mc Do de Maldonado sur la place centrale
    Le Mc Do de Maldonado sur la place centrale

    Notre étape suivante s’appelle Maldonado. Nous y trouvons quelques restes historiques intéressants, comme la borne qui marquait la frontière entre le Portugal et l’Espagne (qui s’étaient partagés la région !), une tour de vigie qui servait à surveiller la circulation maritime dans le Rio de la Plata, et un ancien fort datant de la même époque, devenu musée. Le centre-ville est assez joli avec les bâtiments coloniaux et la cathédrale qui entourent la plazza centrale. Le seul édifice qui ne soit pas colonial est …le Mc Donald’s qui m’a inspiré le titre. Nous cherchons en vain une grande fresque décrite sur notre Petit Futé. En visitant une petite galerie d’art, nous posons la question aux employées, qui vont se démener pour nous trouver que la fameuse fresque avait été déplacée sur une autre place il y a … 35 ans ! Bonjour la mise à jour du Petit Futé qui pour le coup ne l’est pas vraiment.


    C’est aussi la veille des élections municipales et départementales. De nombreux partisans de l’un ou l’autre des partis en lice distribuent des tracts à tous les carrefours. Nous sommes surtout impressionnés par l’emprise de la publicité murale. Ici on ne colle pas d’affiche, mais on peint les affiches, sur un peu n’importe quel support : une voiture, un bus, la façade d’un bureau du parti ou d’un commerçant affilié, le mur d’enceinte d’un terrain vague ou d’un cimetière, voire même la façade entière d’une maison historique ! Le seul problème est la rémanence de la peinture. Certaines images font référence aux candidats des présidentielles qui se sont déroulées il y a plus de 6 mois…


    Ponts design

    Juste à l’Est de la commune de Maldonado, nous franchissons un premier pont, le puente de la Barra, très original par le profil ondulé de son tablier. Cette astuce technique permet apparemment de casser la vitesse, procurant une sensation de montagnes russes si on le franchit trop rapidement. Ce sont en réalité deux ponts côte à côte, le second ayant été construit quelques années après le premier sur le même modèle tant il donnait satisfaction.

    Puente de la Barra, Maldonado
    Puente de la Barra, Maldonado

    Sur la même route en longeant la côte, on trouve 30 km plus loin un autre pont tout aussi curieux, celui de la Laguna Garzon.  Son tablier unique se présente cette fois comme un cercle posé au milieu de l’eau, sur des piliers de béton. L’ensemble est bien sûr relié aux berges par deux routes droites. Là aussi le cercle a pour effet de faire ralentir les véhicules mais la construction a permis de respecter les normes environnementales pour cette zone protégée. Sans parler d’un esthétisme certain pour ce pont comme pour le précédent.

    Puente de la Laguna Garzon, Maldonado
    Puente de la Laguna Garzon, Maldonado

    L’Uruguay en deuil

    L'Uruguay de nouveau en deuil national pour la disparition de son président préféré
    L’Uruguay de nouveau en deuil national pour la disparition de son président préféré

    Les drapeaux du pays sont de nouveau en berne, pour un nouveau décès, qui touche davantage les uruguayens que le pape François : celui de leur ancien président Jose Mujica dit « Pepe ». Si l’on se plonge un peu dans la biographie et la mandature de cet homme d’état, président de l’Uruguay de 2010 à 2015, on comprend mal pourquoi sa personnalité et ses actions n’ont guère traversé l’Atlantique (personnellement je n’en avais jamais entendu parler).

    Jose Mujico di "Pepe", un président charismatique au style inimitable
    Jose Mujico di « Pepe », un président charismatique au style inimitable

    Cet homme très charismatique, ancien guérillero, emprisonné 14 ans pour cette raison, a marqué son quinquennat davantage par son humilité, son intégrité et sa cohérence entre ses valeurs et son mode de vie que par des exploits économiques spectaculaires. Il a commencé par refuser de vivre dans le palais présidentiel comme ses prédécesseurs, continuant d’habiter dans sa petite ferme à la campagne, cultivant des fleurs avec sa femme, conduisant une vielle Coccinelle VW bleue. De plus, il reversait 90% de son salaire présidentiel à des œuvres caritatives et à des projets sociaux, affirmant qu’il n’était pas pauvre, que les pauvres étaient « ceux qui ont besoin de beaucoup pour vivre ». Mais pourquoi n’a-t-on pas de candidat semblable en France ?

    Jose Mujica dans sa maison (AP Foto/Matilde Campodonico, Archivo)
    Jose Mujica dans sa maison (AP Foto/Matilde Campodonico, Archivo)

    Et ce n’est pas tout. Jose Mujica, homme de gauche, a fait légaliser sous sa présidence le mariage homosexuel, l’avortement et le cannabis. Il a réduit le taux de pauvreté, mené une politique d’indépendance aux grandes puissances, critiqué la société de consommation et le capitalisme sauvage. Dans un discours à l’ONU en 2013, il a appelé à repenser notre mode de vie et nos valeurs collectives pour préserver la planète. Dans un monde où beaucoup de dirigeants prônent des valeurs qu’ils n’incarnent pas, Mujica a montré qu’il était possible d’être honnête, simple et efficace, même au sommet de l’État. Pas comme l’autre.


    Punta del Este la mal nommée

    Un message en mosaïque sur le parking le plus au Sud de l'Uruguay à Punta del Este
    Un message en mosaïque sur le parking le plus au Sud de l’Uruguay à Punta del Este

    Ville balnéaire située certes à l’Est de Montevideo, elle n’est pas la ville la plus à l’Est de l’Uruguay. Par contre elle est bien la plus au Sud du pays. Envahie de touristes en saison, elle est tout à fait tranquille quand nous la parcourons. Nous avons trouvé son bord de mer très soigné, avec un long trottoir rayé noir et blanc idéal pour les joggeurs et à plusieurs endroits de jolies mosaïques au sol et des massifs de cactées. Comme à beaucoup d’endroits en Uruguay, les immeubles sont situés très en retrait de la mer, laissant suffisamment de place pour la route côtière et d’immenses parkings, les plages restant protégées par des dunes. Il doit faire bon vivre ici, mais hors saison !


    La Fondation Pablo Atchugarry

    Sans une habitante Uruguayenne ayant consulté le blog grâce à l’adresse inscrite sur Roberto et nous ayant contacté pour nous informer de l’existence de ce lieu, nous aurions raté la Fondation Pablo Atchugarry, absente de notre guide papier alors qu’elle a été créée il y a 18 ans, en 2007 ! Une nouvelle fois cela pose le problème de la mise à jour des guides. Il s’agit d’une institution à but non lucratif créée par l’artiste uruguayen Pablo Atchugarry, visant à promouvoir les arts visuels, la littérature, la musique, la danse et d’autres formes d’art auprès de sa communauté et de ses visiteurs. La visite est gratuite. Elle fait la part belle bien entendu aux œuvres de l’auteur, mais il faut bien montrer l’exemple. Outre une galerie classique dans plusieurs bâtiment, la fondation dispose d’un grand jardin de 2 km de longueur réservé aux sculptures. Le style est résolument moderne, donc pas forcément adapté à tous les goûts, mais rien ne vaut la visite pour en juger.


    Vamos a la playa

    Entre l'Océan Atlantique et la Laguna Garzon
    Entre l’Océan Atlantique et la Laguna Garzon

    Poursuivant vers le Nord-Est, nous essayons tant bien que mal de longer la côte, mais de nombreuses lagunes nous en empêchent ou nous obligent à des détours importants. Mais arrivés sur le littoral, nous trouvons de belles plages désertes. Ce n’est malheureusement pas la saison de se baigner, mais à 3 reprises, nous passerons la nuit derrière une dune, profitant du calme absolu de la basse saison et d’environnements magnifiques. Les oiseaux migrateurs ou non semblent également apprécier l’endroit. Quand nous ne les voyons pas, ce sont les traces de pas sur le sable ou dans l’eau qui trahissent leur présence.


    La ville qui s’appelait 33

    Forcément, ça intrique, d’autant plus que dans plusieurs villes que nous avons visitées, une rue portait ce nom. On trouve vite l’explication sur le net : il s’agit d’un hommage aux 33 héros nationaux ayant joué un rôle crucial dans l’indépendance du pays en 1825. Cela dit, Treinta y Tres n’est pas la seule ville du monde à porter un nom de chiffre ou de nombre. Comme par exemple  1770 en Australie (année de découverte du pays par James Cook), 84 en Pennsylvanie (voulait s’appeler Smithville mais le nom était déjà pris), 88 au Kentucky  (le directeur de la poste souhaitait simplifier l’écriture des adrresses) et 56 dans l’Arkansas (nom proposé lors de la création refusé par le gouvernement fédéral. Et en France alors ? Eh bien nous avons Dreux, Troyes, Castres, Sète…


    La vieille poste

    Façade de l'ancienne poste de Chuy
    Façade de l’ancienne poste de Chuy

    Repartis vers l’intérieur des terres, nous faisons halte à l’ancienne poste de Chuy. Une ancienne auberge à diligences bâtie par 2 Basques français nommés Etcheverry. Tailleurs de pierres, ils ont construit ce bâtiment en pierres sèches, sans aucun mortier. Tout comme le pont à meurtrières juste à côté, recevant en retour de leurs efforts un droit de péage à chaque passage. On s’amuse à relever les tarifs pratiqués et à déchiffrer le « passe-port à l’étranger » délivré par l’Empire français à nos deux basques.

    Car oui, le nombre de bérets en atteste, de nombreux Basques ont participé parmi les premiers à la grande phase d’immigration européenne vers 1835. En 1843, ils étaient le groupe le plus nombreux (environ 10 000 âmes) parmi les immigrants en Uruguay. Par la suite, les Espagnols puis les Italiens les ont largement dépassés. Aujourd’hui, leurs descendants représentent 10% de la population uruguayenne, y compris les Basques espagnols.


    Le musée de géosciences de Tacuarembo

    Ayant aperçu un groupe d’élèves en tenue de sport sur la place centrale, nous nous sommes dits que les musées ne seraient pas envahis, alors nous sommes entrés dans le musée de géosciences, sans trop savoir ce que nous allions voir tant le sujet est vaste. Nous avons été accueillis chaleureusement – comme partout ailleurs en Uruguay – par la conservatrice, qui nous a présenté rapidement les collections avant de retourner à son maté. Ça démarre par une allée de minéraux, avec beaucoup de fossiles, authentiques et présentés directement à la vue. C’est assez rare pour le signaler, car habituellement soit nous avons à faire à des copies, soit les items sont présentés dans des vitrines. Parmi ces fossiles se trouvent des mollusques d’eau douce géants, qui seraient une exclusivité mondiale. En dehors de cela, de nombreux tableaux muraux présentent plus classiquement les périodes d’évolution de la Terre et la tectonique des plaques, les différentes couches des sols etc. On arrive ensuite à une section de paléontologie, avec des spécimens rares (bien que nous en ayons vu à Colonia del Sacramento, de squelettes de glyptosaures ou de paresseux géants. Et puis bien sûr quelques modèles en plastique de dinosaures, il faut bien attirer l’attention des enfants.


    Nuit au bord du lac

    Stationnement pour la nuit au bord du Lago de la Juventud près de Tacuarembo
    Stationnement pour la nuit au bord du Lago de la Juventud près de Tacuarembo

    Fuyant l’agitation de la ville, nous sommes allés nous stationner pour la nuit sur les berges d’un grand lac tout calme. Pas besoin de davantage de commentaires, les photos prises au drone parlent d’elles-mêmes.

    Ce Lac de la Jeunesse était fait pour nous !
    Ce Lac de la Jeunesse était fait pour nous !
    Il est aussi appelé 2ème lac, mais c'est nettement moins gratifiant !
    Il est aussi appelé 2ème lac, mais c’est nettement moins gratifiant !

    Le musée et le train du paradis

    C’est à Valle Edén, d’où le titre, que nous allons visiter le musée Carlos Gardel. Surnommé le roi du tango, celui-ci a excellé dans l’art de chanter le tango, au point que sa voix et son œuvre sont maintenant classés par l’Unesco. S’il ne fait nul doute que Carlos Gardel ait fait carrière en Argentine, son lieu de naissance reste très discuté, les Uruguayens le situant ici à Valle Edén, tandis que la France le fait naître à Toulouse. Forcément, pour ce musée, le doute n’est pas permis !


    Si l’on descend le talus en sortant du musée, on tombe sur une charmante gare désaffectée. Des trains à vapeur puis diesel ont circulé là jusqu’au milieu du XXe siècle. La gare relativement bien conservée a servi de décor à plusieurs fils uruguayens.


    À ciel ouvert

    Le nom complet est Musée ouvert des arts ibéro-américains de San Gregorio de Polanco, mais ça faisait un peu long pour le titre du paragraphe. C’est en 1993 avec 26 peintures murales réalisées par des artistes locaux et avec le soutien de la population que cette petite ville située au bord d’un lac de barrage est devenue le premier musée d’arts visuels à ciel ouvert en Uruguay et en Amérique latine. Le succès aidant, près de 150 œuvres sont exposées en permanence dans la ville, les plus récentes remplaçant ou rénovant les plus anciennes. La première photo du carrousel montre une œuvre peinte sur le réservoir d’eau de la ville en février 2024, qui a obtenu le prix du mois de l’association internationale d’art urbain Street Art Cities, récompensant les efforts de la ville de San Gregorio qui compte moins de 4000 habitants et attirant ainsi davantage de touristes, dont nous !  

    Et un petit bonus !


    L’article arrive à son terme

    Oui le jeu de mots était facile puisque nous voilà arrivés dans une région qui multiplie les sources chaudes et donc les établissements qui vont avec. Nous avons choisi ceux de Daymàn, près de la ville de Salto, essentiellement parce qu’ils proposaient un vaste parking herbeux dédié aux « casa rodantes » juste à côté. L’ensemble se compose d’une dizaine de piscines de tailles et formes variables, mais aussi avec des températures d’eau différentes afin que chacun en trouve une à son goût ou adaptée à sa santé (les plus chaudes approchent les 44°C, l’eau étant puisée à 2000 m de profondeur à 46°C°. Il parait qu’en été, quand la température de l’air avoisine les 30°C, ils réduisent la température des bassins afin de ne pas cuire leurs visiteurs. Nous sommes allés en profiter pour le prix modique de 4,50 € et avons trouvé l’expérience très relaxante sur le moment, tout en éprouvant tous les deux un léger mal de tête un peu plus tard. Peut être sommes-nous restés un peu trop longtemps à 44°C, notre préférée ? Et pour les mauvaises langues : non, nous n’avons pas commandé de cocktail !


    Nous avons maintenant rejoint la frontière avec le Brésil à Artigas, pour un franchissement le lendemain matin. A très bientôt !

    Notre parcours avec Roberto en Uruguay - Version zoomable en cliquant ici
    Notre parcours avec Roberto en Uruguay – Version zoomable en cliquant ici

  • 145. Todo tranqui

    C’est la devise non officielle de l’Uruguay qui signifie « tout est calme ». Et extraordinairement, c’est exactement la première impression que nous avons en arrivant dans le pays. Il faut dire que nous sortons de près d’un mois de grandes villes, Paris puis Buenos Aires avec le bruit, l’agitation et la circulation que vous imaginez. Alors est-ce le seul fait d’arriver dans une petite ville de Province ou cela s’applique-t-il à tout le pays ? Seul l’avenir nous le dira !

    La petite traversée


    Colonia del Sacramento

    Et nous voilà partis à la découverte de la ville, ou tout du moins le quartier historique dans lequel nous logeons. Les rues pavées sont très calmes, la circulation automobile rare. Avec la végétation luxuriante et le mélange des fleurs et des couleurs de l’automne, c’est une vraie bouffée d’oxygène que nous respirons. Cette ville a un charme fou. Ce n’est pas pour rien que l’UNESCO l’a inscrite à son patrimoine.


    Un agréable mélange d’art et de patrimoine

    Plus nous avançons dans les rues bordées de platanes, plus nous nous rendons compte de la richesse culturelle, artistique et visuelle de la ville. Cela nous rappelle par certains côtés la ville d’Antigua au Guatemala. Tout ceci attire bien sûr quelques touristes, mais qui restent en nombre raisonnable, venant pour la plupart en petits groupes de Montevideo ou de Buenos Aires en excursion à la journée. Alors voici quelques autres de nos découvertes :


    Des musées ordinaires et plus si affinité

    Colonia del Sacramento recèle un nombre important de musées comparé à la taille de sa population, essentiellement basés sur l’histoire mouvementée de la ville. Fondée par des Portugais en 1680 qui avaient vu à cet endroit un bon potentiel pour le commerce, notamment avec Buenos Aires juste de l’autre côté de l’estuaire, et s’étaient installés malgré les colonies espagnoles déjà présentes autour. Les Espagnols n’ont pas aimé et s’en est suivi une série de guerres avec les troupes portugaises pour reprendre tour à tour le territoire, jusqu’à l’indépendance de l’Uruguay en 1828. L’architecture de la ville reflète bien ces différents conflits, et plusieurs musées sont consacrés à des pans ou des populations de cette histoire, nous en avons visité plusieurs, dont voici quelques images commentées ci-dessous.

    > Le Musée Municipal

    Il est incontournable puisque c’est là qu’on achète à prix modique un billet valable pour 9 autres musées de la ville. Installé dans une demeure portugaise, il est étonnamment éclectique avec des salles thématiques abordant aussi bien l’archéologie précolombienne que l’arène de corridas de la ville voisine, le mobilier de la période portugaise, ou encore la paléontologie et l’histoire naturelle. On y trouve ainsi des ossements peu communs de gliptodonte, un squelette complet de paresseux géant, une abondante collection de taxidermie comportant oiseaux mammifères et reptiles, et enfin des tableaux d’entomologie avec de superbes papillons et autres insectes. L’histoire municipale a ici un sens vraiment très large !


    > L’Espace Portugais

    Situé à deux pas du précédent, il aurait pu faire redite, mais il est plus axé sur le côté militaire, décrivant la vie des soldats aux XVI et XVIIe siècle, et expose une superbe collection de cartes anciennes du temps des grands explorateurs. Nous y avons trouvé aussi de jolis azuleros, ces céramiques bleu-cobalt si typiques de la culture arabo-hispano-portugaise, qui nous ont consolés de la fermeture du musée de la ville qui leur était dédié.

    Nous n’avons trouvé qu’un intérêt modéré aux autres musées, ce qui m’évitera de les énumérer. Mais parlons maintenant d’une perle, hors forfait précédent, mais qui pour les amateurs mérite absolument la visite :


    > Le Musée de l’Origami

    Malgré sa petite taille, la ville de Colonia del Sacramento recèle un trésor, le Musée de l’Origami. Il est décrit comme l’un des rares dans le monde dédié à ce sujet. Il a été aménagée par une citoyenne de la ville passionnée par le sujet. Ce musée ne possède que 3 petites salles, mais on y passe facilement une heure à lire les panneaux informatifs, à admirer de près chaque création et bien sûr à les photographier pour en garder la mémoire. On découvre l’histoire du pliage, son évolution depuis l’époque où l’on réalisait des plis simples jusqu’à la façon dont on le travaille aujourd’hui, en intégrant souvent des concepts mathématiques qui permettent de travailler le papier sans le couper. On aboutit ainsi à des pliages complexes qu’on jurerait faits avec plusieurs feuilles de papier alors qu’il n’en a été utilisé qu’une feuille.

    On découvre aussi les avancées scientifiques qui utilisent les techniques de l’origami, comme le déploiement des panneaux solaires des satellites, les stents pour maintenir les artères du cœur ouvertes lorsqu’elles ne le sont pas assez, des armatures installées à partir d’un ballonnet pour solidifier des vertèbres affaissées par l’ostéoporose, et bien d’autres encore. L’art de l’origami est utilisé aussi en accompagnement des personnes atteintes d’Alzheimer. Le musée accueille aussi les scolaires, dispense des cours de pliage, accueille régulièrement des conférenciers dont on peut retrouver des vidéos sur le site internet. Enfin, le Musée de l’Origami expose des œuvres d’artistes de renom dans le domaine. Elles sont magnifiques.


    Lumière divine

    Le couvent de St François Xavier dans la zone classée maintenant historique de Colonia del Sacramento possédait une tour qui servait non seulement à appeler les fidèles, mais aussi à guider les bateaux naviguant sur le rio de la Plata, d’autant que les courants y étaient particulièrement dangereux, ayant entraîné de multiples naufrages. Lorsqu’un incendie détruisit en grande partie le couvent en 1705, les marins se plaignirent rapidement de la perte de leur point de repère. On leur construisit alors un phare, dont la base carrée se calquait sur les restes de l’ancienne tour, tandis que la partie supérieure était plus classiquement cylindrique. Voilà pourquoi, aujourd’hui, il reste le seul phare du pays à avoir ce double profil. Les murs du couvent tenant encore debout ont été laissés en place, contribuant à la solidité de l’ouvrage.

    Le phare de Colonia del Sacramento
    Le phare et les murs restants du couvent initial

    L’art dans le bastion

    Dans la période où la ville était fortifiée, pour la défense des colonisateurs en alternance que furent les Portugais et les Espagnols, plusieurs bastions la défendaient. Devenus inutiles depuis l’indépendance, ils furent soit détruits soit reconvertis, comme ce Bastion del Carmen devenu une usine à colle et à savon puis entrepôt de stockage d’aliments. Rien de tout ça n’étant nécessaire aujourd’hui, le lieu est maintenant un Centre Culturel, avec salle de concert et expositions temporaires. Voici celle qui était en cours au moment de notre passage.


    Cabotage pour Roberto

    Le navire porte-container qui transporte Roberto est arrivé sur les côtes Est de l’Amérique du Sud. Nous découvrons les escales au fur et à mesure, car rien ne les indiquait au départ. Il s’est donc arrêté à Santos puis Panaragua au Brésil. Dans les deux destinations il s’est enfoncé assez loin dans les terres. C’est peut-être notre carte qui manque de précision.


    Montevideo, enfin

    En 3 heures de bus, nous rejoignons la capitale de l’Uruguay, Montevideo. Nous n’en bougerons plus jusqu’à l’arrivée de Roberto. Nous découvrirons juste avant d’arriver que notre porte-containers passera devant Montevideo sans s’arrêter, pour rejoindre en premier Buenos Aires … juste là où nous étions une semaine auparavant. C’est rageant ! Espérons tout de même que nous serons bien sa prochaine escale.


    Encore un logement de caractère

    Nous allons loger dans le centre historique. Comme pour Buenos Aires, l’architecture est très variée, mêlant les styles ou pas de style du tout. La façade de l’immeuble où se trouve notre appartement est quelconque, mais l’intérieur rattrape le coup. Au sommet d’un escalier en marbre nous attend un palier décoré d’un plafond en vitrail, d’un piano et de quelques bibelots. 2 autres appartements donnent dessus et peuvent se partager une salle à manger de 8 personnes, une buanderie, et au sommet d’un escalier métallique plusieurs terrasses dont une avec piscine. En cette saison d’automne, elle a été vidée, mais il nous reste les terrasses pour la vue panoramique sur la mer.


    Un jour aux courses

    À l’arrivée comme toujours, il nous faut remplir le frigo. La fréquentation des magasins du quartier nous amène à quelques découvertes intéressantes, voir surprenantes.


    Postres (desserts)

    Les Uruguayens ne mangent pas que de la viande. Ce sont manifestement des « becs sucrés » et les vitrines des pâtisseries sont hautes en couleurs. Comme d’habitude ici, les parts sont énormes. Mais on trouve aussi des desserts plus délicats, comme ces alfajores, la version uruguayenne du macaron. Prêts à saliver ?


    La vanlife version Uruguay

    Nos rares rencontres avec des véhicules de loisirs


    Façades

    Montevideo a été fondée en 1726 par les Espagnols afin d’éviter l’expansion des Portugais installés dans la ville voisine de Colonia del Arte. Un moment intégrée au Brésil, la ville gagna son indépendance en 1828, tout en restant sous influence des Britanniques pendant près d’un siècle. Ces derniers voulaient empêcher le contrôle commercial de la région par l’Argentine et le Brésil. Enfin, les liaisons maritimes ont favorisé les échanges avec l’Europe. L’architecture qui en ressort est un mélange de toutes ces influences, avec des bâtiments de style aussi bien art-déco, néoclassique, éclectique que moderne. Un petit tour en ville avec nous ?

    On va terminer là pour cette session. Pas mal de choses à vous relater pour la prochaine. Et puis on l’espère vivement, la récupération de Roberto qui est dans sa dernière ligne (presque) droite. A très bientôt !