Nous n’en sommes qu’au début du désert d’Atacama qui n’est pas loin de couvrir le quart du nord du Chili avec plus de 1000 km de longueur. 105 000 km² de sable et de roches, 4 000 km² de lacs salés asséchés. On trouve tout de même ça et là quelques oasis, dont celle de l’une des villes les plus touristiques du Chili : San Pedro de Atacama.

Dernière plage
Nous quittons la côte avant de nous enfoncer dans l’intérieur du pays. L’occasion de confirmer que les plages – du moins celles que nous avons vues – n’attirent pas les foules, même en période de vacances scolaires. Il faut dire qu’avec le courant de Humbolt (l’inverse de notre Gulf Stream) venu de l’Antarctique, l’océan Pacifique est plutôt frais tout le long de la côte Ouest de l’Amérique du Sud. A Valparaiso, l’eau de mer atteint au grand maximum 18°C au cœur de l’été, alors qu’à Casablanca, ville de latitude équivalente dans l’hémisphère Nord, on est plus proche des 23°C. A notre niveau, Caldera, de même latitude équivalente que Nassau, c’est 21°C maximum contre 29°C pour la capitale bahaméenne. Nous nous contenterons donc d’un joli lieu de bivouac.
Au cours de notre progression dans le désert d’Atacama, nous croisons de nombreux chemins de traverses menant à des mines. Voire même lors d’une pause déjeuner au milieu de nulle part, nous trouvons dans des tas de cailloux de jolies pierres aux reflets verts. Difficiles à identifier, même avec Google Lens qui me propose au moins 10 minéraux différents. Le secteur minier est le secteur-phare de l’économie chilienne. Il est le premier employeur du pays (11% des emplois) et représente 60% de ses exportations, ce qui le rend sensible aux variations de cours et freine la diversification. Le Chili est le premier producteur mondial de cuivre, le second en lithium, le 3ème en molybdène et le 7ème en argent. La première entreprise minière mondiale est la société Codelco, détenue à 100% par l’état chilien et dont deux de ses engins géants sont exposés à l’entrée de la ville de Calama.
Les yeux et la main du désert
Le désert d’Atacama, c’est connu, est propice à l’observation du ciel, grâce à une altitude élevée (2500 à plus de 5000m), une pluviosité rare (moins de 100 mm par an) qui associée à une faible humidité de l’air donne un ciel dégagé plus de 300 nuits par an, et puis une faible pollution lumineuse. Normal, c’est le désert ! Conséquemment, 70% des observatoires du monde s’y sont installés, dont beaucoup sont plurinationaux. Nous avons fait un léger détour pour passer voir les installations du Very Large Telescope du Cerro Paranal, à 2635 m d’altitude. C’est en fait un ensemble de 4 télescopes de 8,20 m de diamètre qui peuvent fonctionner ensemble ou séparément, géré par l’Observatoire Européen Austral (ESO). Des visites sont organisées pour le public mais seulement de jour et le week-end, et il faut s’inscrire longtemps à l’avance. Un voisin est presque fini de construire à 20 km de là, très prometteur avec son miroir de 39 m de diamètre. Nous le verrons briller de loin, mais sans possibilité de s’approcher. Grâce à nos bivouacs en nature, nous nous contentons d’apprécier les magnifiques ciels étoilés de la région. Peut-être que nous pourrons participer à une expédition nocturne dans une prochaine étape, mais tout est souvent verrouillé pas mal de temps à l’avance et nous n’avons pas envie de casser notre liberté avec des rendez-vous précis.
Après 400 km de route ce jour-là, nous sommes toujours dans le désert. Et nous décidons de nous laisser prendre par la main pour y passer la nuit. La main du désert, c’est une sculpture au milieu de nulle part, une main géante qui semble sortir du sable pour nous faire un signe désespéré. Ce serait d’ailleurs la signification voulue par l’auteur, montrer la vulnérabilité et l’impuissance humaine. Malgré l’isolement, le lieu est assez visité car visible de l’autoroute à 450 m de là. Nous ne serons d’ailleurs pas les seuls à y passer la nuit, entre un groupe de motards venus planter leur tente assez loin et un poids-lourd venu se reposer tout près. Cette main surgissant du sable nous en a rappelé une autre, vue sur une plage d’Uruguay il y a de cela 7 ou 8 mois, et ça n’est pas une coïncidence : elle est du même artiste chilien, Mario Irarrazabal. Et puis encore une autre, plus récemment à Puerto Natales au sud du Chili. Mais là c’est une tentative de copie.
Les deux faces d’Antofagasta
L’arrivée dans cette grande ville minière de la côte Pacifique n’est pas des plus réjouissantes : montagnes de résidus de minerais, alignements de camions-bennes à n’en plus finir et larges bas-côtés couverts de baraques de tôle, de pneus et de poussière donnent envie de vite poursuivre la route vers une autre destination. Mais il faut savoir gagner le centre historique et le port. La vieille gare, les bâtiments de style colonial, la place centrale avec sa tour de l’horloge qui carillonne sur les mêmes notes que Big Ben toutes les heures (normal, elle a été offerte par les Anglais) et la jetée en bois avec ses lions de mer ont un charme certain, même si le trafic routier est un peu trop envahissant. Nous déjeunerons au restaurant pour la première fois depuis notre retour, d’une bonne viande chilienne pour Claudie et d’un excellent ceviche pour moi. Le seul malheureux était Roberto, garé très en pente à l’entrée d’un parking couvert dont la limite de hauteur à 2,15m n’était pas signalée. C’était la seule place possible, mais il n’aurait pas fallu le pousser beaucoup pour qu’il se renverse !
Les fantômes du salpêtre
Au XIXe siècle, l’extraction du salpêtre battait son plein au Chili dans le désert d’Atacama, et de nombreux villages poussaient comme des champignons pour héberger tous ceux qui venaient profiter de ce que l’on pourrait appeler la fièvre du nitrate ou encore la ruée vers l’or blanc. Au début du XXe siècle, on trouva le moyen de synthétiser le salpêtre, ce qui fit péricliter toute cette activité. Ce ne fut pas forcément une mauvaise chose pour les mineurs qui perdaient leur santé dans ce travail harassant, mais forcément, ce la les obligea à quitter les lieux. C’est ainsi que l’on trouve dans la région de nombreux villages fantômes. Nous nous sommes arrêtés pour jeter un œil à celui appelé Pampa Union. Il ne reste guère que les murs des bâtiments, dont la faible résistance au temps semble montrer qu’ils ont été construits à la hâte. Le mieux conservé, si l’on peut dire, c’est le cimetière, empli de petites tombes en terre entourées d’une grille de bois ou de métal. Le long d’un mur, des caveaux contiennent encore des cercueils dont le contenu a manifestement été transposé ailleurs. Mais les âmes sont peut-être restées, de nombreuses histoires circulent sur des fantômes se promenant et hurlant la nuit dans ces villages…
Nous prévoyons de visiter d’autres villages abandonnés sur notre route, nous aurons certainement l’occasion d’en reparler. C’est d’importance majeure dans la région.
San Pedro de Atacama

C’est l’une des destinations touristiques phares du Chili, alors il y a du monde. D’autant que le village, charmant avec ses rues en terre et ses murs en adobe, n’est pas très grand. Deux ou trois rues principales concentrent l’essentiel des besoins des touristes : hôtels, bars, restaurants, boutiques de souvenirs, et surtout agences de voyage car on vient ici principalement pour découvrir l’environnement. Si le paysage visible depuis San Pedro de Atacama est déjà superbe, avec ses montagnes lunaires, sa coulée verte et son arrière-plan de volcans, la plupart des sites à visiter nécessitent d’être véhiculés. Certaines excursions durent même plusieurs jours, notamment celles qui vont au Salar d’Uyuni en Bolivie. Arrivés dans l’après-midi, nous commençons par nous trouver un joli coin dégagé pour passer la nuit. Nous visitons le centre-ville le lendemain, avant de nous éloigner un peu vers une réserve de flamants roses qui, complètement asséchée, n’en comportera aucun. Nous passons la nuit dans une petite forêt.
Certaines photos ont une histoire particulière. En voilà une où le hasard a transformé un cliché ordinaire en image insolite :
Le lendemain, nous réfléchissons à la suite potentielle des visites, mais, à lire les commentaires des autres voyageurs sur notre application, rien ne nous tente. Les geysers d’El Tatio ne se réveillent qu’entre 6 et 7 heures du matin, il faut dormir à plus de 4000 m d’altitude et faire la queue le matin derrière une longue colonne de minibus. Comment cela peut-il être mieux que le merveilleux site de Yellowstone, accessible le jour entier et avec des températures clémentes ? Différents bassins d’eau thermale ou très salée nous tentaient, mais les commentaires font état de températures plutôt basses, genre 11°C le matin. Brrr ! Quand aux montagnes colorées finalement sans couleurs et au « bus magique » qui attire les foules alors que ce n’est qu’une épave taguée de bus rouillé en plein désert, bof. Nous aurions bien participé à une sortie nocturne pour voir les étoiles, mais le ciel habituellement clair s’est mis à se couvrir la nuit pendant notre séjour. Alors nous décidons de quitter la ville et de reprendre notre route vers le nord. Mais cela ne va pas se passer comme prévu…
Mon permis confisqué !
Nous quittons San Pedro de Atacama par la route principale. Très vite, les maisons disparaissent et nous nous retrouvons dans le désert. Nous sommes toujours pourtant dans les limites administratives de la ville (qui ne sont indiquées par aucun panneau) avec une vitesse limitée à 50km/h. Malheureusement, un policier de brigade mobile me flashe à 69 km/h. Je ne conteste pas, il remplit les papiers et je m’attends à ce qu’il m’indique le montant de l’amende. Mais à la place, il conserve mon permis de conduire et me tend un papier qu’il faudra présenter au Tribunal de Police 4 jours plus tard afin de récupérer mon précieux document. En échange sans doute du paiement de l’amende. Le terme de Tribunal de Police fait un peu peur, mais il s’agit probablement d’un simple guichet administratif. Manifestement, il s’agit à la fois d’un système anticorruption en interdisant aux policiers de percevoir de l’argent et d’une garantie de paiement pour le gouvernement en obligeant à se présenter pour récupérer son permis, à l’instar des policiers mexicains qui dévissaient les plaques d’immatriculation des véhicules qu’ils verbalisaient. Il ne s’agit pas d’une suspension de permis, puisque je suis autorisé à circuler avec le papier qu’ls m’ont donné, mais c’est tout de même pénalisant.
Changement de plans
Cette immobilisation nous force à changer nos plans. Nous avions prévu de partir vers le nord du Chili et de quitter le pays avant l’expiration de l’autorisation de circuler de Roberto (ATV) 6 jours plus tard. Mais là, avec les 4 jours pour récupérer le permis, ça sera trop juste. Soit il nous faut demander une prolongation de l’ATV en cours, soit faire un aller-retour en Bolivie pour obtenir une ATV toute neuve. Nous avions déjà demandé pour la prolongation : celle-ci ne peut se faire qu’au bureau de douane qui nous a délivré le papier, celui de Patagonie. Mais il n’est pas obligatoire de retourner là-bas (heureusement !) cela peut se faire par courriel. Sauf qu’ils n’ont jamais répondu à aucune de nos 2 demandes. Il nous reste donc la solution de l’aller-retour en Bolivie. Le problème est que la frontière la plus proche, à 35 km de là, mais à 4500 m d’altitude, est fermée pour plusieurs jours en raison d’une tempête de neige annoncée. L’alternative est d’aller à celle d’Ollaguë, à 300 km de là, dans un secteur que nous n’avions pas prévu de visiter. Nous prenons la journée pour y réfléchir et nous remettre de nos émotions. Nous allons visiter le matin la forteresse de Quitor, datant du XIIe siècle, à l’époque où les Atacamas (premiers habitants) devaient se protéger des agressions extérieures avant d’être finalement envahis par les Incas au XVe siècle. C’est à l’état de ruines, mais le panorama vaut largement les efforts.
L’après-midi, nous allons nous installer près d’une ancienne mine de soufre. Du jaune partout et une odeur familière certes, mais beaucoup d’immondices autour de nous et bientôt du vent fort, de la pluie et des éclairs : la tempête annoncée arrive ! Nous nous déplaçons de dessous notre arbre en attendant l’accalmie.
La nuit ayant porté conseil, nous confirmons notre décision d’aller faire un bref saut en Bolivie pour renouveler l’ATV de Roberto. Cela nous redonnera beaucoup de liberté pour la fin de notre parcours chilien.
Vers la Bolivie
Nous partons vers le Nord-Est, nous rapprochant peu à peu de la frontière avec la Bolivie. La route ne cesse de monter mais s’avère spectaculaire : à droite une chaîne de volcans enneigés qui disparaissent peu à peu sous les nuages qui s’accumulent en noircissant peu à peu. A gauche, des plateaux arides dont la végétation rousse s’assortit à la couleur de la roche qui l’accueille. La circulation est très peu dense. Nous allons droit vers le mauvais temps, et une forte pluie s’abat bientôt sur nous. Générant aussi de grosses flaques sur la route assez irrégulière, qui nous font soulever de belles gerbes d’eau argilo-boueuse. Je ne vous dis pas l’état de Roberto à l’arrivée ! Nous parvenons en fin d’après-midi à Ollaguë, 3 660 m d’altitude, le poste frontière côté chilien. Une ville minière de style très far-west avec sa gare envahissante, ses maisons de bois, ses commerces quasi-inexistants. Mais du charme malgré tout. Nous décidons d’y passer la nuit et de franchir la frontière le lendemain matin. Il est prévu qu’elle ouvre à 8h30.
Le chaos total de la frontière
A 8h30 tapantes, nous nous présentons à la douane, nous étonnant au passage d’être seuls. Le douanier nous annonce que, en raison des conditions météorologiques, le côté bolivien n’ouvrira qu’à midi, et qu’eux vont en faire de même. Nous retournons en ville pour attendre et faire quelques photos, le soleil étant revenu. Cela dit, nous apprenons sur les réseaux que des torrents de boue ont traversé San Pedro de Atacama, que de nombreuses maisons ont été inondées. Nous avons bien fait de nous en échapper ! Nous déjeunons de bonne heure pour nous présenter à midi précis à la frontière. Mais l’ambiance n’est plus la même que ce matin : une file d’une soixantaine, peut-être d’une centaine de véhicules fait déjà la queue sur la route. Nous nous en voulons d’être restés tranquillement en ville alors que tout ce petit monde arrivait peu à peu dans la matinée. Nous aurions mieux fait de rester stationnés à la douane ! Bon, c’est fait, nous remontons l’immense file de camions jusqu’au dernier. Tout en apercevant au passage, à mi-distance, des minibus en double file à côté des camions. Nous faisons alors demi-tour, doublons la moitié des camions et allons nous installer derrière un pick-up arrivé entre temps. Une longue attente va commencer. Déjà nous n’allons pas bouger avant deux ou trois heures. La frontière est opérationnelle, mais pour les piétons seulement, et essentiellement ceux descendant des bus venant de Bolivie. De temps en temps, les poids-lourds à notre droite avancent aussi, par groupes de quatre ou cinq. Et puis c’est enfin notre tour. En fait c’est ce que nous croyions : seuls des gros 4×4 conduits par un seul chauffeur passent. Au bout de 3 heures, c’est enfin le tour des véhicules particuliers. Nous sommes envoyés 5 par 5 sous l’auvent de la douane. Autant dire que ça avance plutôt lentement. Là, nous nous retrouvons dans une queue impressionnante, mal organisée, avec 3 pauvres guichets pour tout ce monde. On nous fait changer de file plusieurs fois, c’est incompréhensible. Nous finissons tout de même par en sortir, avec le coup de tampon qu’il faut sur nos passeports, et allons déposer l’ATV de Roberto au bureau de la circulation. Nous quittons enfin le Chili. La douane Bolivienne est à 5 km de là, mais sera tout autant chaotique et désordonnée. Si la validation de nos passeports est plutôt rapide, l’établissement du permis de circuler pour Roberto va prendre 20 mn. Tout ça pour l’annuler le lendemain matin ! Nous entrons en Bolivie épuisés, après 6 heures de démarches au total pour franchir cette frontière qui avait plutôt réputation de simplicité. Peut-être ont-ils été débordés par une affluence inhabituelle liée aux intempéries, les deux autres points de passage étant fermés ? Le retour le lendemain va-t-il se faire dans les mêmes conditions ?
Roberto libéré
Tôt réveillés par un petit mal de crâne sans doute lié à l’altitude, nous nous insérons de bonne heure dans la file d’attente de la douane bolivienne. 1 heure avant l’ouverture en fait. Nous prenons tranquillement le petit déjeuner en observant la file de voitures s’allonger derrière nous. Des 4×4 tous couverts de boue, témoignant de la piètre qualité des routes boliviennes dans ce secteur. Et puis ça démarre. Les véhicules venant du Chili n’étant pas encore arrivés, les formalités vont aller assez vite. Nous quittons assez rapidement la Bolivie, après avoir annulé tout ce que nous avions péniblement obtenu la veille ! Il ne reste plus qu’à se reconstruire côté Chili. Là aussi, finalement, ça passe bien. Et, environ 1h30 après le début des formalités, nous voilà munis du précieux sésame pour Roberto, autorisé à circuler au Chili jusqu’à fin avril, largement plus qu’il n’en faut. Tout ça pour ça, pourrait-on penser, mais la pression qui retombe et la sensation de liberté qui la remplace font que nous ne regrettons déjà aucunement cette aventure. D’autant plus que nous allons, grâce au retour du beau temps, profiter encore mieux le fabuleux paysage de ce secteur.
Nous nous arrêterons au bord d’un grand lac pour photographier des vigognes et des flamants roses. Et puis nous referons des courses dans un supermarché ouvert un dimanche après-midi (pour la douane il fallait que le frigo soit vide…). Et puis nous finirons au milieu du désert à une trentaine de kilomètres de San Pedro de Atacama. Où je devrais pouvoir récupérer mon permis le lendemain après-midi. En théorie…
Delayed
Arrivés à San Pedro, nous nous installons sur un petit parking à proximité du Tribunal de Police. Je m’y rends à l’ouverture à 14h30 (c’est un lundi). Alors que je m’attendais à une longue attente – un a priori sur la bureaucratie chilienne ? – je suis pris presque tout de suite. Je tends les papiers au guichet. On m’annonce le montant de l’amende avec d’après ce que je comprends un « discount » mais que le seul moyen de paiement du jour est un transfert bancaire. Autant dire la galère à partir d’un compte français. Mais on me dit aussi que le lendemain matin, tous les moyens de paiement seront disponibles… Qu’à cela ne tienne, Roberto est autorisé jusqu’en avril, je peux revenir demain ! De toutes façons, nous avons rendez-vous dans l’après-midi avec une famille française (un couple et 2 garçons de 5 et 8 ans) qui traverse en 2 ans l’Amérique du Nord au Sud dans un camion aménagé. Nous les suivions depuis un moment sur les réseaux et attendions le moment de les rencontrer à l’endroit où nous allions nous croiser puisque nous allions en sens inverse. Et ça c’est trouvé justement ici, à San Pedro de Atacama. Nous échangeons un bon moment sur nos aventures respectives et plus largement nos vies. La passion des voyages en famille cumulée avec la vie nomade est toujours agréable à partager entre initiés. Nous les quittons en fin de journée après l’apéro. Chacun de nous a réservé une soirée d’observation des étoiles avec une agence différente. Mais le ciel semble bien couvert ce soir. Parfois ça se dégage, parfois pas, nous verrons bien.
Vous pouvez suivre le parcours de notre petite famille sur Polarsteps ou encore Facebook en cliquant sur les liens correspondants.
La récup
Retour sur la nuit d’hier soir : le ciel est resté couvert et la sortie a été annulée, pour nos amis comme pour nous. Ce sera pour une prochaine fois, en Bolivie peut-être. Dommage car les ciels étoilés exceptionnels de la région permettent normalement de belles observations, dans des ambiances souvent conviviales : pour compenser le froid nocturne on vous offre couramment Pisco Sour ou chocolat chaud… Allez, me revoilà au Tribunal de Police. Cette fois devrait être la bonne ! Je présente mes papiers. Il est possible de payer en carte aujourd’hui, mais pas ici… On me renvoie vers la mairie, à 500 m de là. Je m’y rends, je paye en carte, je retourne avec le reçu au Tribunal et l’on me rend enfin mon permis. Yesss ! Bilan de l’opération : 5 jours d’attente, 77 euros d’amende, mais un voyage libre dans le Nord du Chili grâce au nouveau permis de circuler de Roberto. Nous passons dire au revoir à nos amis français et reprenons la route du Nord.
Du vert de gris à la coulée verte
C’est reparti pour le plaisir de prendre son temps sur la route. Cela dit, à cause de nombreux travaux et des circulations alternées d’une longueur impensable en Europe (parfois plus d’une heure voire une demi-journée entre chaque sens de circulation), nous ne ferons que la moitié du parcours prévu. Un premier arrêt est pour la mine de Chuquicamata, inratable dans le paysage. Fierté du Chili, et pilier de son économie, elle a été la plus grande mine de cuivre à ciel ouvert du monde, phagocytant tout lors de son expansion sur plus de 5 kilomètres de longueur et 3 de largeur, même la ville qui l’a vue naître. La montagne des résidus de traitement du minerai qui en résulte est aussi gigantesque que multicolore. Contrairement à l’univers, elle n’est plus en expansion, l’exploitation se poursuivant désormais en souterrain pour cesser de polluer le voisinage, dont la toute proche ville de Calama, 165 000 habitants. Tout en consommant beaucoup d’eau dans l’une des régions les plus arides du monde. Paradoxalement, le cuivre produit participe à la transition écologique, où l’utilisation des éoliennes, de l’énergie solaire et des voitures électriques nécessite beaucoup plus de cuivre que lors de l’utilisation des énergies fossiles ou des véhicules thermiques…
Après avoir parcouru plus d’une centaine de kilomètres sans voir la moindre végétation, nous jetons notre dévolu pour la nuit sur la coulée verte de l’une des très rares rivières qui traversent le désert d’Atacama : le rio Loa. L’eau est foncée, peu incitative à la baignade, mais le paysage et la fraîcheur qui en résultent rendent l’endroit apaisant et propice à un repos réparateur. Comme d’habitude, nous serons seuls sur le lieu.
Et vous l’avez compris, ça n’est toujours pas la fin du désert, il nous reste à découvrir l’extrême nord du Chili, rarement visité par les touristes européens lambda. C’est-à-dire pas nous ! Alors à très bientôt !






























































































































