Auteur/autrice : jma

  • 29. Onomatopées routières

    Circuler dans un nouveau pays impose une adaptation à la signalétique routière locale. Au minimum à des fins de sécurité, pour éviter de circuler à contre-sens par exemple ou encore identifier correctement la route destinée à la mise à l’eau des bateaux dans le fjord. Au mieux pour s’orienter correctement. Et bien sûr pour être en conformité avec la règlementation policière locale : un simple panneau d’entrée de ville au Danemark (voir un exemple plus loin) peut ressembler pour un Français à la signalétique d’un simple hameau et lui faire oublier de ralentir à 50 km/h. Nous avons assez fréquemment recours à notre traducteur de poche (Google Traduction) pour interpréter les mentions Danoises des panneaux, principalement pour savoir si l’on peut stationner ou pas à cet endroit. Parfois, il faut prendre la décision rapidement, et c’est un peu plus compliqué. Il nous est arrivé d’obstruer une rue quelques minutes le temps que la traduction apparaisse sur notre écran de smartphone, sous le regard dubitatif des autochtones qui se demande bien pourquoi ces Français viennent photographier leurs panneaux routiers.

    Les jolis panneaux d'entrée de ville
    Les jolis panneaux d’entrée de ville

    Mais tout cela manque cruellement d’illustration. Je vous ai préparé quelques panneaux routiers inhabituels chez nous, avec en commentaire leur interprétation normale et celle que l’on aurait pu imaginer avant l’ère des traducteurs. Encore que pour certains, j’ai trouvé que les mots danois parlaient très bien d’eux-mêmes, comme ces « sving » ou « bump ».


    A part ça la route se poursuit, nous terminons notre traversée du Danemark par sa capitale avant de passer en Suède en début de semaine. Voici en vrac quelques illustrations commentées de nos dernières étapes. A bientôt !

    Musée d'Art Moderne d'Aarhus
    Musée d’Art Moderne d’Aarhus
    Musée d'Art Moderne d'Aarhus
    Musée d'Art Moderne d'Aarhus
    Musée d'art moderne d'Aarhus. Saurez-vous retrouver Roberto ?
    Musée d’art moderne d’Aarhus. Saurez-vous retrouver Roberto ?

    Aarhus - Rue traditionnelle danoise
    Aarhus – Rue traditionnelle danoise
    Aarhus - Vieux théâtre
    Aarhus – Vieux théâtre

    L’extraordinaire château d’Egeskov

    Le château d'Egeskov et ses dépendances
    Le château d’Egeskov et ses dépendances

    Nous avons découvert presque par hasard ce château d’Egeskov et découvert peu à peu ses collections aussi hétéroclites qu’extraordinaires. Dans l’ordre et de façon non exhaustive : une maison de poupées nécessitant 15 ans à construire, un enfant que l’on n’ose pas réveiller dans le grenier depuis toujours car sinon le château s’effondrerait, un train électrique de 1912, une collection de jouets du siècle dernier, un hangar immense rempli de véhicules on ne peut plus divers, allant de la vieille voiture convertie à l’électrique jusqu’à l’hélicoptère Alouette III en passant par un avion à réaction, un bus à impériale, une 2 cv fourgonnette, plusieurs Cadillac et plein de motos, et même un camping car de 1953. On sort en pensant avoir fini, mais on tombe sur un musée dédié aux secours avec moults véhicules de pompiers et ambulances, démonstrations de massage cardiaque, etc. Et puis ensuite c’est le salon des loisirs extérieurs avec tentes, caravanes, camping-cars, canoés et même quelques avions qu’on n’a sans doute pas pu caser ailleurs. Et puis encore une caverne de Dracula toute noire et avec une musique d’orgue et des ricanements caverneux, 2 paons à l’entrée qui n’ont rien à y faire. Et puis encore une épicerie des années 1950 reconstituée et particulièrement bien garnie. J’oublie les grands jardins fleuris, 2 ou 3 labyrinthes, des jeux d’enfants partout dont un karting et un parcours dans les arbres d’où l’on actionne des interrupteurs pour entendre chanter les oiseaux du coin. C’est tout ? Ah oui, j’oubliais, le château se visite !

    La maison de poupées
    La maison de poupées
    Egeskov : les attractions semblent à l'infini !
    Egeskov : les attractions semblent à l’infini !

    L’île de Mon

    > De belles églises aux parois recouvertes de peintures naïves

    > Les falaises, dont le bas est accessible par un escalier de 495 marches (pour la descente, ça va…)


    Le port de Rotskilde

    > Son port spécialisé dans la restauration des bateaux Vikings


    > Sa cathédrale, spécialisée dans la conservation des souverains du pays. C’est chacun son style. La reine actuelle a déjà prévu son cercueil où elle serait visible par transparence car …vitrifiée


    Hillerod et son château

    Vraiment beaucoup de châteaux au Danemark. Au fait, un château ça se dit « slot ». N’est-ce-pas encore une belle onomatopée ?

    Le château d'Hillerod
    Le château d’Hillerod

    Rungstedlund


    Et bien sûr Copenhague

    Difficile de passer outre la capitale du Danemark, avec tous ses clichés, de la Petite Sirène aux immeubles pastel du long du canal, en passant par les maisons ocres des quartiers populaires, les amoncellement de vélos et les délicieux smorrebrod.

  • 28. Fête des gosses !

    Quand le Danemark gâte les enfants et facilite la nativité…

    Procréation assistée

    Au Danemark comme dans les pays scandinaves, la part de la population âgée augmente dangereusement aussi tout est fait pour encourager la natalité. A commencer par ce congé parental de 52 semaines qui fait beaucoup d’envieux. Mais au cours de nos déplacements, nous voyons bien que les enfants ne sont jamais oubliés. Les parcs de jeux sont omniprésents, les commerces disposent souvent d’espaces pour enfants, de même que les musées qui sont par ailleurs tous gratuits jusqu’à 18 ans. On trouve des tables à langer dans tous les WC, des chaises hautes dans les restaurants et dans les églises, ces dernières proposant à l’entrée des livres d’enfants aux côtés des bibles pour leurs parents. Enfin, le Danemark est célèbre pour permettre depuis 1967 (soit 54 ans avant nous) aux enfants de porter plainte contre leurs parents qui leur auraient administré une fessée.

    Jeux pour enfants dans l’enceinte d’un château
    Livres pour enfants dans une église

    Jeux, thèmes à la folie !

    Nous nous sommes joints à la frénésie de la dernière semaine avant la rentrée scolaire danoise (eh oui les pauvres, les vacances d’été se terminent entre le 9 et le 11 août) pour visiter quelques attractions concernant les enfants, notamment un parc animalier dédié aux espèces scandinaves, mais aussi la Lego House à Billund, ville danoise dont l’économie est centrée depuis les années 50 sur la célèbre brique inventée par un menuisier natif. A ne pas confondre avec le parc Legoland de la même ville, qui est plutôt un parc d’attraction classique même si le design des manèges s’apparente aux Lego. La Lego House est plutôt orientée créativité. Des œuvres fabuleuses y sont exposées, comme cet arbre de 15,68 m de haut composé de plus de 6 millions de briques au centre de l’escalier principal.

    Un des espaces de jeux de la Lego House

    Des familles entières, avec parfois plus d’adultes que d’enfants viennent y jouer aux Lego, mais pas n’importe comment. Ici, on crée uniquement des fleurs jaunes que l’on piquera ensuite sur des supports, la monochromie et la multiplicité des designs rendant le fini particulièrement esthétique. Là, on assemblera des briques pour former des poissons, qui seront ensuite scannés devant un appareil : miraculeusement, le poisson prendra vie dans un grand aquarium numérique, ondulant au fil de l’eau et clignant des yeux. A un autre endroit, il faut créer un bâtiment uniquement en briques Lego blanches et sur un support imposé de 6×6, que l’on insèrera ensuite sur un plateau qui représente une grande ville. A la manière de Sim City, grâce à l’informatique sous-jacente, des routes vont se créer et relier le bâtiment au reste de la ville, des points mobiles simulant le déplacement des habitants ou des véhicules.

    Arbre central géant, tout en Lego bien sûr

    Au sous-sol, une exposition retrace toute l’histoire de la création Lego, des jouets en bois ordinaires de la première usine aux boîtes sophistiquées contemporaines, en passant par les premières briques qui tenaient mal entre elles et le procédé ingénieux qui a permis de résoudre ce problème.

    Salle des briquosaures ou des légosaures, comme vous voulez
    Salle des briquosaures ou des légosaures, comme vous voulez

    Le conte est bon, j’espère

    A Odense, sa patrie natale, nous ne pouvions manquer de rendre visite à Hans Christian Andersen. Nous avons tenté notre chance à sa première demeure, mais il n’y était plus depuis longtemps. Sa seconde était fermée depuis le début de l’été, pour être remplacée par une autre, un musée flambant neuf exposant apparemment de long en large tout ce qui concerne le célèbre conteur danois, mais le musée était fermé, précisément aujourd’hui en raison d’un problème électrique. Vraiment pas de chance. Après une courte visite dans la ville, nous sommes allés voir le Jardin d’Andersen. Il n’y était pas non plus, mais nous avons quand même vu sa statue. Nous avions rendez-vous avec une petite troupe de conteurs amateurs qui selon nos guides et Internet se produisaient devant la Maison des Contes de Fées, au centre de ce jardin, tous les jours jusqu’à mi-août à 11h et 13h. Eh bien ils n’étaient pas là non plus, la mi-août ne doit pas tomber en même temps au Danemark qu’en France ! Visite complètement ratée, quoi. En l’absence d’Andersen, je me permets de vous conter, en empruntant sa manière, une petite mésaventure qui vient de nous arriver.


    On se retrouve très bientôt pour de nouvelles histoires ?

  • 27. Défunts de moi difficiles

    Ou comment se divertir avec un thème franchement macabre. Divertissement macabre est d’ailleurs un oxymore. CQFD

    Cimetières m’étaient contés…

    Cimetière viking
Illustration de l'article
Défunts de moi difficiles
    Cimetière viking

    Vrai de vrai, nous fréquentons beaucoup les cimetières. D’abord parce qu’il faut les traverser pour visiter les églises qu’ils entourent systématiquement. Aussi parce qu’ils ont souvent des parkings intéressants pour passer la nuit loin des hordes de camping-cars (déjà que ceux-ci se collent les uns aux autres pour ne pas avoir peur la nuit, il est difficilement imaginable qu’ils viennent se risquer à dormir tout seuls près d’un cimetière dont peuvent sortir à tout moment fantômes et autres revenants). Enfin ils sont connus pour être des lieux où l’on peut se procurer de l’eau potable, bien que pour l’instant nous n’ayons pas encore recouru à ce mode d’approvisionnement. Ils sont en général très bien entretenus. Dans l’avant-dernier que nous avons visité, pas moins de 4 jardiniers assuraient le ratissage des allées et l’entretien des petites haies qui séparent les tombes. Pour le dernier c’était un peu spécial, car c’était un ancien cimetière Viking, et là l’entretien était assuré par un troupeau …de moutons. Mais c’était sur une colline entière. Ce cimetière a connu sa pleine activité entre les Vème et Xème siècle. Avant, les Vikings n’étaient pas nés. Après ils ont été convertis au christianisme et obligés d’enterrer leurs morts autour des églises. Mais avant cela, ils pratiquaient plutôt l’incinération, le bûcher étant placé dans une fosse entourée de pierres en forme de cercle pour les femmes ou de triangle pour les hommes. Après la crémation, ils étaient ensuite recouverts de terre, la double peine en quelque sorte, que la nature a transformée en triple peine en recouvrant l’ensemble d’une épaisse couche de sable. Tout est tombé dans l’oubli pendant près d’un millénaire, jusqu’en 1952 où il a été décidé d’entreprendre des fouilles. 700 tombes et quelques maisons ont été mises à jour. Après c’est le business habituel : aménagement d’un parking, construction d’un musée, embauche des moutons, etc.

    Cimetière viking
    Cimetière viking avec moutons
    3 moutons noirs
    Cimetière viking

    Une histoire de croque-mort

    Cimetière classique devant une église au Danemark

    Maintenant que le Danemark est passé à l’ère luthérienne, les cimetières bien entretenus restent à l’air libre. Encore que, vu la faible altitude du pays, négative parfois, et la tendance à la montée des eaux, il se pourrait que les défunts fassent trempette d’ici quelques décennies. En attendant, ils vivent leur repos éternel regroupés par secteurs avec des aspects très différents. Pour les uns il s’agira de simples zones gazonnées où sont réparties plus ou moins régulièrement des plaques funéraires ou bien de simples pierres gravées ou peintes auxquelles on adjoindra un petit pot de fleurs ou bien un arbuste. Pour d’autres les pierres seront plus larges, plantées obliquement dans la terre et non plus horizontalement, tandis que les décorations autour seront un peu plus riches. Enfin, les quartiers chics verront leurs tombes entourées de petits massifs de buis, les pierres seront cette fois verticales et volontiers en marbre, mais on ne verra pratiquement jamais de grandes dalles comme chez nous. Les tombes sont souvent personnalisées avec des figurines, le plus souvent des animaux, mais parfois des nains de jardin ou autres babioles. Comme chez nous, de petites plaques viennent compléter la plaque ou la pierre principale, et notamment une particulièrement fréquente portant la mention « MOR » qui a inévitablement attiré mon attention. Mon esprit espiègle a aussitôt imaginé une espèce de certificat de décès attribué par un croqueur d’orteil. Mon traducteur de poche m’a malheureusement contredit en affirmant que le terme désignait plutôt la « mère ». Dommage, j’aimais bien la première version.

    Cimetière classique au Danemark
    Cimetière classique au Danemark
    Cimetière classique au Danemark
    Plaque funéraire avec l'inscription Mor

    Le King sans « vi »

    Le jeu de mots est tiré par les cheveux, j’en conviens, mais l’occasion de faire une transition avec le sujet ci-dessus était trop belle. En effet, le hasard de notre route nous a fait passer devant une attraction quelque peu inattendue au Danemark : une copie de la maison  d’Elvis Presley à Memphis (Graceland Mansion).

    Des passionnés ont recréé la maison originale, l’ont aménagée partiellement en un musée très documenté et pour le reste en un restaurant cabaret où des sosies du King viennent se produire régulièrement. Le portail à l’entrée donne le ton, et des haut-parleurs tout au long du chemin menant à l’entrée diffusent en permanence des tubes de l’artiste. Naturellement, une boutique bien fournie est exclusivement dédiée à Elvis, comportant un nombre impressionnant de disques et de films.

    Discographie Elvis Presley

    Et la bière !

    Il était difficile de terminer cet article macabre sans parler du breuvage national, consommé par une large majorité de la population, ce qui représente 70 litres par an et par habitant, contre 30 litres pour les Français – qui se rattrapent tout de même sur le vin. Les marques Carlsberg et Tuborg dominent le marché danois, mais il existe bien sûr comme chez nous de multiples bières locales. Malgré cette consommation élevée, les Danois meurent moins à cause de l’alcool (1% des décès) que les Français (13% des décès). Peut-être est-ce grâce à l’autre boisson nationale, l’akvavit (l’eau de vie bien sûr).