Catégorie : 2025 – Amérique du Sud

Début de notre périple de 2 ans en Amérique du Sud

  • 142. Nouveau départ

    Après une halte trimestrielle dédiée à la famille et aux amis bien placés géographiquement (désolés pour ceux de la moitié nord du pays), mais aussi à une remise en forme de Roberto, nous voilà repartis sur les routes du monde, La boucle 2025-2026 sera consacrée à l’Amérique du Sud. Oui, il nous faudra bien deux années pour visiter ce sous-continent, en incluant quelques allers-retours familiaux devenus indispensables depuis l’arrivée de nos petits-enfants.

    Préparation et expédition de Roberto

    Nouveau départ pour Roberto
    Installation des panneaux solaires avec Christophe

    Après 3 ans et demi et 121 000 km passés sur des routes, des chemins, plus rarement des plages ou du sable volcanique, Roberto avait besoin de se refaire une santé. Nous avons choisi une location proche de nos enfants, ce qui nous a permis de vider complètement notre véhicule et dans un premier temps de le nettoyer en profondeur, ce qui aurait été difficile en continuant à habiter dedans. Il a fallu ensuite resserrer un certain nombre de vis d’assemblages des menuiseries, qui avaient pris un peu de jeu avec les vibrations de la route. Le joint du lanterneau avait un peu souffert du soleil et des écarts de températures, entraînant de petites fuites par pluie de travers. Il a été refait. La moquette a été remplacée. La plus grosse partie a été de remplacer les panneaux solaires. Au final le choix des panneaux souples, guidé par leur légèreté et leur discrétion, s’est avéré non judicieux. Agressés par la chaleur de la tôle sur laquelle ils étaient collés, ils ont perdu beaucoup de leur capacité, voire même totalement pour l’un d’entre eux. Mon ami Christophe (merci encore) et moi-même avons installé 5 nouveaux panneaux de 200W chacun, en rigide bien sûr. Un nouveau régulateur a été mis en service, me permettant de contrôler via Bluetooth la production en cours, ce que ne me permettait pas le précédent, et m’a permis de vérifier que tout fonctionnait au mieux. Nous retrouvons le plaisir d’utiliser à volonté la bouilloire ou le micro-ondes, sans avoir à se soucier de la charge de la batterie. Nous avions anticipé d’un mois le contrôle technique des 4 ans, afin de vérifier que tous les points de sécurité étaient conformes.

    Roberto en pause sur la route d’Anvers. On remarque à peine les nouveaux panneaux solaires qui dépassent pourtant de 4 cm du niveau précédent

    Pour l’expédition, nous avons trouvé un nouveau prestataire, Wave Logistics, basé à Montevideo en Uruguay, et logiquement plus compétitif pour cette destination. En outre, ils se chargent de trouver eux-mêmes un colocataire de container, ce que ne font pas les autres. Voyager en container permet a priori d’éviter le risque de vols que nous avions connu lors de notre première traversée vers le Mexique. Roberto fera donc la traversée Anvers-Montevideo dans un container 40 pieds réhaussé. Il a fallu mesurer la hauteur et la largeur précise de Roberto afin de vérifier que l’on passait la porte d’entrée du container. Ça s’est joué à 2 cm en haut et de chaque côté à condition de rentrer les rétroviseurs. J’ai conduit Roberto à Anvers le 24 mars, pour un départ prévu le 31 et une arrivée à Montevideo le 26 avril. Mais le navire qui devait embarquer notre container aurait « oublié » de s’arrêter à Anvers et nous sommes reportés sur le suivant avec une dizaine de jours de retard. A vrai dire, aucun de nos 3 shippings n’a respecté son planning, ça semble assez courant hélas.

    La grosse pince s’apprête à attraper Roberto pour le mettre dans le container *
    Roberto dans son container : ça rentre juste juste juste ! – * la « grosse pince » était une blague bien sûr !

    Préparation et expédition de Claudie et Jean-Michel

    La plupart des voyageurs venant récupérer leur véhicule à Montevideo ne vont pas attendre directement dans cette ville. Il est plus opportun de se rendre d’abord à Buenos Aires, où il y a davantage à s’occuper, puis de rallier la capitale uruguayenne en ferry. C’est donc ce que nous avons programmé. Claudie a largement préparé le début de notre itinéraire en Amérique du Sud, épluchant et notant soigneusement les points d’intérêt, tout ça pendant que je m’occupais de Roberto.

    Et nous voilà donc partis ce 7 avril sur un avion d’Air France, avec un billet aller-simple à 166 € chacun en utilisant nos miles. Un tarif plutôt doux pour un trajet de plus de 13 heures ! L’aller simple est à mon avis la meilleure façon d’utiliser les miles, car le nombre nécessaire pour un aller simple est juste la moitié d’un aller-retour, alors que pour les billets standards, l’aller simple avoisine souvent les 60-70% de l’aller-retour. Dans la foulée, réservant un hôtel à Buenos Aires avec Booking, Claudie a profité de ses points bonus pour bénéficier d’un taxi gratuit depuis l’aéroport. Confirmé dans les règles. Le chauffeur nous attendrait même dans le hall des arrivées avec une pancarte à notre nom. A l’heure où j’écris, nous sommes encore dans l’avion. Le dénouement ne sera connu que dans quelques heures…

    A l’arrivée à l’aéroport de Buenos Aires, le conducteur de taxi nous attendait effectivement avec sa pancarte. Très aimable, il nous a décrit les points d’intérêt tout au long de notre trajet d’environ 35 km jusqu’au centre-ville. Avant de nous déposer devant notre hébergement. Nous découvrons un superbe hôtel dans le style colonial, comme nous aimons. C’est souvent moins confort que dans les grandes chaînes – nous allons découvrir notamment l’absence d’eau chaude et aussi faire tomber la tringle en fermant l’un des rideaux – mais nous préférons de loin ces bâtiments avec beaucoup de cachet. Nous nous effondrons rapidement : il est minuit heure locale, mais cinq heures du matin pour la France.


    Découverte de Buenos Aires

    Buenos Aires jour 1

    Nous partons découvrir notre quartier aux constructions très hétéroclites. Normal car la ville a connu de nombreuses influences au cours de son histoire. Espagnole bien sûr jusqu’à l’indépendance du pays en 1810, mais aussi anglaise (brève tentative d’occupation en 1806 et 1807), italienne (3 millions d’immigrants entre 1857 et 1940) et française (une certaine francophilie a conduit à importer des mesures éducatives, architecturales et économiques). Il en ressort un mélange pas très heureux de constructions quelconques et pas très entretenues, de bâtiments anciens de style colonial espagnol (murs massifs, arches simples, peu de couleurs), baroque, néoclassique, art nouveau et contemporain avec des tours de verre qui poussent partout.

    De façon plus pragmatique, nous allons aussi retirer de l’argent au distributeur avec nos cartes de crédit dites « sans frais à l’étranger ». Le terme est quelque peut trompeur puisque cela ne compte que pour la banque française qui les délivre. Les banques locales prennent leur propre part. Et les banques argentines sont très très gourmandes puisqu’elles prélèvent 25% du montant retiré ! Nous allons changer de méthode et tenter d’utiliser les services de Western Union pour le cash. Et bien sûr continuer comme nous avons l’habitude de faire à régler nos dépenses en priorité avec nos cartes de crédit. Tout en sachant qu’en Argentine, l’efectivo (les espèces) est roi, affichant régulièrement de fortes réduction si l’on paie cash ou de fortes majorations si l’on règle par carte. Il nous faut aussi gérer un taux de conversion pas très pratique, à savoir diviser les prix par 1360 pour convertir en euros. J’ai quand même trouvé qu’en divisant par mille puis en enlevant un quart au résultat obtenu on avait quelque chose d’approchant, évitant de sortir la calculatrice… Côté téléphone, nous bénéficions encore des 35 Go d’internet à l’étranger de nos forfaits Free, profitons-en car en Uruguay ce ne sera plus le cas.

    En fin de matinée, nous avons l’immense plaisir d’être rejoints par Clémentine, la nièce de Claudie, une grande voyageuse qui est pour quelques mois en Amérique du Sud, avec notamment l’objectif d’apprendre le Portugais au Brésil. Déjà sur place, elle a bien voulu reculer son départ de 2 jours afin de passer quelques heures avec nous. C’est toujours très agréable de partager nos visites. Clémentine qui connaissait déjà un peu la ville nous a emmenés dans ses quartiers préférés, notamment près du port.

    Et en fin de journée la bonne nouvelle :


    Buenos Aires jour 2

    > Une librairie d’exception

    > Un Musée de l’eau et de l’assainissement

    > Des manifs


    Buenos Aires jour 3

    > Balade un jour de grève

    > De la fleur au camembert

    La jolie fleur du carrousel ci-dessus est celle d’un kapokier, un arbre qui pousse volontiers dans les zones subtropicales. Elle n’a guère d’autre utilité que de se faire jolie pour attirer les chauve-souris qui la pollinisent. Le fruit en résultant s’ouvre à maturité produisant une espèce de boule cotonneuse appelée kapok. Ces fibres sont très utiles, quand on n’a plus de billets, pour rembourrer les matelas. A condition d’enlever les graines pour ne pas reproduire l’histoire de la princesse au petit pois. Accessoirement on peut faire de l’huile avec ces graines, mais le plus intéressant est le bois de l’arbre qui est utilisé pour faire du contre-plaqué ou des boîtes à camembert. C’est pour cette raison que le kapokier est aussi connu sous le nom de fromager. Vous savez, cet arbre dont les racines enveloppent si bien les temples d’Angkor.


    Buenos Aires jour 4

    > Où l’on découvre un café au charme d’antan, une tiny house et une petite fille espiègle


    Comme c’est demain dimanche, j’arrête là le premier article de ce nouveau voyage. Il en sera plus court à lire. A très bientôt pour la suite !

  • 38. Chroniques lettones

    Géographie pratique

    Exercice : Situer correctement les Pays Baltes et leurs capitales

    Nous avons beaucoup voyagé en Asie du Sud-Est et en situons parfaitement tous les pays et capitales. A l’inverse, nous en sommes encore incapables pour de nombreux pays d’Afrique. Et jusqu’à ce que nous y soyons parvenus, j’avoue que nous avions beaucoup de mal à situer correctement les pays baltes et leurs capitales respectives. Maintenant, nous n’aurons plus de doute. Et vous, sauriez-vous placer les pays baltes sur une carte ? Comme quoi, voyager devrait faire partie de l’enseignement scolaire !

    La Lettonie comme ses deux sœurs baltes est une jeune république âgée de seulement une trentaine d’années. Il en ressort une vivacité économique une volonté très présente de vivre l’instant présent, en témoignent la qualification pour intégrer l’Union Européenne en 2014 et la vie nocturne apparemment déjantée (nous ne sommes pas allés vérifier) de la capitale. En revanche, comme pour l’Estonie, les stigmates de l’occupation Russe sont encore très présents, comme si le pays ne voulait pas les effacer. De nombreux immeubles et maisons en ruine jalonnent les rues et les routes, les maisons occupées sont peu ou pas entretenues et contrastent fortement avec les voitures luxueuses garées devant. Malgré tout, ces vieilles façades défraîchies aux tons glauques donnent un charme particulier.

    Cette façade est vraiment d’un « autre temps » comme l’indique la pancarte…

    Culs-terreux

    Nous nous demandions pourquoi d’aussi nombreuses voitures avaient l’arrière totalement couvert de boue, comme si elles sortaient d’un rallye. Et puis nous avons vu ce panneau, sans trop le comprendre.

    Attention : Immeuble avec 1 paratonnerre et 1 antenne de réseau mobile ?

    Et puis nous avons vu la route, pensant qu’il s’agissait d’une zone de travaux. Mais non, il s’agissait d’une route dite « non revêtue » que nous devrons parcourir comme d’autres un peu plus loin sur plusieurs dizaines de kilomètres. Par chance il ne pleuvait pas ces jours-là et ce fut donc sans trop de dommages pour le postérieur de Roberto. Par contre, malgré l’absence de panneaux limitateurs de vitesse, ce qui sous-entend que l’on pourrait y rouler à 90 km/h, nous avons du rouler assez lentement car ça vibrait pas mal dans nos placards tandis qu’il fallait éviter les nombreux nids-de-poules. Cela dit, il y avait là-dedans un petit côté exotique pas désagréable !


    Riga, conjuguée à tous les temps

    La capitale de la Lettonie est classée au patrimoine mondial de l’Unesco à la fois pour son centre-ville historique médiéval, fait de maisons en bois bordant des rues pavées piétonnes et de beaux édifices religieux aussi bien luthériens que catholiques et orthodoxes, mais aussi pour être la plus grande concentration mondiale d’édifices art nouveau (plus de 600 bâtiments répertoriés) bâtis au tout début du XXème siècle.



    Versailles pour nous seuls

    Nous parlons du Château de Rundale, surnommé le Versailles de la Baltique, situé à 80 km au sud-est de Riga. Il a été construit au XVIIIème siècle par l’impératrice de Russie, puis repris par des nobles locaux avant d’être occupé successivement par les Allemands puis par les Russes pendant les 2 guerres mondiales. Qui ne se souciaient guère de son entretien, transformant même une magnifique salle en terrain de basket, accrochant des paniers au cou des statues !
    L’Etat a fini par le récupérer et le restaurer pour notre plus grand bonheur. Ayant campé sur le parking du château, nous étions les premiers ce matin-là à en franchir les grilles. Et les seuls visiteurs de la matinée ! Nous avons donc effectué une visite en VIP, tout de même chaperonnés par une petite dame qui nous précédait de salle en salle et vérifiait que l’on ne sautait pas sur les couvertures brodées des lits. Pour la description, les photos parleront d’elles-mêmes, accompagnées si besoin de quelques commentaires.


    Découverte de la porcelaine idéologique

    C’est un terme qui nous était inconnu jusqu’ici, mais que nous avons découvert dans ce musée de la porcelaine de Riga. Au cours des périodes d’occupation soviétique, tout l’art de la porcelaine était récupéré pour la propagande. Ce qui donne ces œuvres étonnantes.


    A part ça le musée exposait aussi de belles pièces plus contemporaines dont voici 2 exemples


    Petit-dej

    Le petit-déjeuner letton, autrement appelé brokastis en langue locale, est rarement sauté. Certains disent que c’est la conséquence des privations pendant l’occupation soviétique, d’autres que c’est une adaptation au climat froid. En tout cas en Lettonie tout se passe comme si on se levait avec la faim au ventre.

    Pour en savoir plus, plongeons-nous dans l’intimité d’une famille lettone, un couple standard et ses deux enfants âgés respectivement de 4 ans et 2 mois, appelés Hokku et Onni, deux prénoms assez courants là-bas. Leur petit-déjeuner, ils le prennent ensemble, assis autour de la table. A cause des privations, le mobilier est encore disparate. La mère et ses deux enfants occupent le banc et le père la chaise.

    On démarre par des tranches de pain de seigle plutôt noir et plutôt beurré que l’on accompagne de hareng ou de maquereau fumé, parfois de saumon ou de rosbeef, et que l’on recouvre de crème aigre ou de rondelles d’oignons. On enchaîne ensuite avec des œufs et des saucisses fumées, du fromage blanc aux concombres et si l’on est encore affamé (mais après ça l’est-on ?) on peut terminer avec un bon porridge recouvert de confiture ou de baies.

    En guise de boisson, les jeunes comme Hokku prennent plutôt du lait, qui va très bien avec le poisson quoi qu’on en dise (l’association lait-thon est très populaire à Riga). Le bébé, lui, est encore nourri au sein. Les adultes pour leur part ne boivent que du café, le thé letton étant plutôt une spécialité française.

    La télévision est allumée et diffuse un documentaire sur l’occupation Russe. Car oui, ils ont une télévision. La mère d’Onni a même un lave-linge, c’est vrai ça. Mais là elle ne s’en sert pas puisqu’elle allaite son bébé. Imaginez bien la scène : la mère lettone d’Onni, qui est aussi la mère d’Hokku, allaite Onni tout en regardant l’amer docu. On peut prévoir que le petit dernier aura bientôt besoin d’être changé…

    P.S. Bon, j’avoue humblement que ni Hokku ni Onni ne sont des prénoms lettons. Mais si je les avais appelés de façon plus réaliste Druvvaldis ou Ringolds, mes jeux de mots auraient moins bien marché.


    Autres découvertes de la (petite) semaine









    C’est terminé pour aujourd’hui, nous allons passer maintenant en Lithuanie. Peu à peu, le covid que nous avions réussi à oublier (aucun masque, aucune mesure particulière dans les pays scandinaves) se rappelle à nous : masques de retour dans les magasins et musées depuis l’Estonie, présentation du pass sanitaire dans les musées, enregistrement obligatoire sur un site à l’arrivée en Lettonie. Aïe aïe aïe, nous n’étions plus habitués !

    Ci-dessous les cartes de notre trajet depuis le début (nous venons de fêter nos 6 mois de vie nomade) et celui qui vient de se terminer en Lettonie. A bientôt !