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  • 187. Bogotá – La Macarena et retour

    187. Bogotá – La Macarena et retour

    En plus de la visite de Bogotá, la capitale de la Colombie, nous allons nous rendre en avion au parc de La Macarena pour voir l’une des merveilles naturelles du pays : les rivières rouge-sang de Caño Cristales.

    Parcours Bogotá - Villavicencio - La Macarena et retour
    Le parcours Bogotá – Villavicencio – La Macarena et retour décrit dans cet article, en version zoomable ici

    Trajet express Bogotá – Villavicencio

    C’est un fait qui nous joue parfois des tours : nous détestons organiser des excursions trop à l’avance, quitte parfois à en rater certaines. Cela nous semble rogner sur notre liberté d’agir, et puis s’il faut réserver longtemps auparavant, c’est qu’il y a foule et ça nous n’aimons pas trop non plus. C’est la veille d’arriver à Bogotá que nous prenons contact avec une agence pour la visite d’un lieu isolé dans la jungle amazonienne que nous ne pouvons pas rejoindre avec Roberto pour cause de routes impraticables et qu’il nous faudra donc atteindre en avion. S’y prendre un samedi pour un départ en avion le mercredi, c’était assez osé. Les sites des autres agences ne donnaient pas de disponibilités avant deux semaines. Quant à notre guide papier, il recommandait d’anticiper la réservation de plusieurs mois. Mais notre agence était cool, la seule vraie complication a été le règlement, uniquement par virement bancaire international, ce qui était pour nous impossible à mettre en œuvre sur un délai aussi court. Ils ont finalement envoyé un lien pour un règlement en ligne, mais ça n’a pas marché du premier coup, il nous a fallu une seconde carte pour y parvenir. Et, après avoir rejoint le mercredi la petite ville de Villavicencio à 3h de route de Bogotá, nous étions dans l’avion le mercredi !


    Petite agence, petites formalités, petit avion…

    Nous sommes convoqués le matin à 7h devant le local de l’agence dans l’enceinte de l’aéroport. Claudie et moi montons sur la balance sac à dos compris, puis c’est le tour de notre petit bagage soute qui sera placé aux côtés de sacs hétéroclites plus proches dans l’aspect de sacs poubelles que de valises. On nous remet 2 cartes d’embarquement « spéciales » complétées à la main avant de nous envoyer dans la cafétéria de l’aéroport où l’on viendra nous chercher quand il aura cessé de pleuvoir… tout un programme. Ni notre avion ni notre destination n’apparaissent sur le panneau d’affichage des vols en partance, ce qui ne semble pas plus étonnant que ça après tout ce qui a précédé. Et puis finalement on vient nous chercher. Claudie est arrêtée au passage des sacs à dos aux rayons, non pas à cause de sa bouteille d’eau pleine mais en raison de sa perche à selfie. Les deux seront finalement autorisées et nous voilà sur le tarmac encore très humide de tout ce qu’il vient de tomber. Nous passons devant des avions de plus en plus petits, cherchant lequel serait le nôtre, pour arriver devant un petit Cessna de 6 places. 3 autres passagers seront du voyage, le compte est bon avec le pilote, si c’est bien lui qui est assis devant le manche vêtu d’un jean et d’un gilet jaune. L’avion n’est pas tout jeune, mais bon, ça fait partie de l’aventure. De toutes façons plus le choix : nous voilà à nous élancer sur la piste sans même avoir marqué de temps d’arrêt à son seuil. Le pilote (finalement le gilet jaune c’est bien lui) a l’air pressé…


    Vol au-dessus de la forêt amazonienne

    Le ciel va rester nuageux et l’air brumeux tout au long de l’heure de vol, ce qui ne va pas aider au rendu des photos qui pourraient être sympathiques avec une altitude de croisière qui ne va pas dépasser les 1500m. Nos avons tout de même l’occasion d’observer l’alternance de forêts denses, de pâturages et de plantations de palmiers à huile. Contrairement au Brésil où la déforestation connaît un certain recul, ici dans ce parc c’est l’équivalent de 3300 terrains de football qui disparaissent encore chaque année, au profit de l’élevage ou des cultures de coca (y compris dans ce parc national protégé !). Mais ne tergiversons pas, notre descente a commencé vers le petit aéroport du village au nom dansant de La Macarena, entrée du parc éponyme que nous avons hâte de visiter.


    Première journée au Parc Sierra de la Macarena

    1. Présentations

    La récupération des bagages est vite faite (directement dans l’avion) et nous nous dirigeons vers la sortie, passant sous un panneau de bienvenue occupé pour un tiers par la photo d’un militaire armé jusqu’aux dents. Histoire de nous rappeler que la région a été longtemps (50 ans !) sous la domination des FARC qui ont fini par rendre les armes après un accord de paix avec le gouvernement. Des groupes dissidents ou paramilitaires continuent à rôder dans le coin, poursuivant leur part de narcotrafic et menaçant les gardes forestiers, aussi a été installé dans le cœur du village un gros contingent militaire pour la sécurité des habitants celle des touristes qui les font vivre. Notre agence de voyage nous attend dès la sortie et nous confie au guide, un jeune homme qui nous accompagnera pendant 2 jours, aucune visite du parc n’étant permise en solo. Après une présentation obligatoire à l’office du tourisme accompagnée de recommandations, nous déposons notre valise à l’hôtel et embarquons sur le fleuve Guayaraba à bord d’une pirogue.


    2. Trajet en pirogue et grimpette dans la forêt

    Ce large fleuve boueux agité d’un fort courant nous rappelle le Maroni en Guyane. Longeant les rives, nous découvrons un peu de faune locale : divers oiseaux et quelques tortues. Nous sommes déposés sur un quai en boue séchée et partons pour une randonnée de 11 km. D’abord une belle grimpette dans la forêt tropicale humide avec végétation luxuriante, murs végétaux suintants, cascades et même des peintures rupestres. Nous sortons de la jungle à un beau point de vue sur toute la région. C’est le moment du déjeûner, de type fiambre : un petit paquet en feuille de bananier contenant un plat associant riz, pommes de terre, banane plantain et viande.


    3. Balade sur le plateau au milieu des vellozias

    Rassasiés, nous repartons cette fois sur un haut-plateau, un prolongement paraît-il du plateau des Guyanes. Nous nous faufilons sur un sol rocheux mais ruisselant en permanence, entre les arbustes emblèmes de cet écosystème, formant des bouquets de tiges velues ornées au sommet d’un bouquet d’une dizaine de feuilles étroites. Ces Vellozia tubiflora ne doivent pas leur nom à leur vélocité de pousse, bien au contraire : ils ne croissent que d’un centimètre par an, directement sur la roche. Ils ont aussi la particularité de retenir l’eau et d’être relativement résistants aux incendies. Nous verrons effectivement plusieurs secteurs où sur des tiges noircies par le feu émergent des feuilles bien vertes.


    4. La transparence du Rio Cristalito

    En redescendant, nous allons suivre le Rio Cristalito, une rivière aussi transparente que son nom l’indique et dans laquelle nous aurons l’occasion d’une baignade rafraîchissante. Nous observerons enfin de jolies plantes tropicales et un petit élevage de tortues avant de rejoindre notre pirogue de retour. Une première journée bien remplie. Mais le meilleur est pour demain : nous devrions voir rien de moins que l’une des 7 merveilles de Colombie !


    Seconde journée : Caño Cristales et parrando llanero

    1. Caño Cristales, la rivière aux 5 couleurs

    L’attrait majeur du Parc National de la Sierra de la Macarena, c’est une plante aquatique qui ne pousse qu’ici : Macarenia clavigera. Elle tapisse le fond des rivières et, lorsque les conditions d’ensoleillement, de température et de niveau de l’eau sont réunies – ce qui n’arrive qu’entre juin et novembre – elle se pare de couleurs allant du vert au rouge vif du plus bel effet. À certains endroits, le phénomène s’étend sur plusieurs centaines de mètres et le spectacle est véritablement féérique. Et dynamique à la fois car la plante ondule sous les effets du courant ou accompagne le début des cascades. Le décor lui-même est à la hauteur, avec cette rivière vive qui creuse un sol karstique ou descend en formant de grandes marches d’escalier.

    Une fois la saison passée, la plante perd ses belles couleurs et sont volume, redevenant un insignifiant tapis marron. Elle ne reprendra ses couleurs qu’au début de l’été suivant. Et à condition que la population locale et les touristes ne viennent pas polluer le cours de la rivière. C’est ainsi que le Rio Cristalito que nous avons visité en premier s’est dégarni de ses macarenias. Seul le Caño Cristales, lieu de notre visite du jour, en possède encore un nombre important, grâce à des mesures de protection drastiques : limitation du nombre de visiteurs quotidiens dans le parc, répartition sur plusieurs sentiers, interdiction d’entrer avec des bouteilles d’eau en plastique jetable, repas fournis par les agences enveloppés dans des matériaux biodégradables, baignade autorisée dans des secteurs limités et avec interdiction de s’enduire de crème solaire ou de répulsifs anti-moustiques. Apparemment les règles sont bien suivies puisque nous avons pu voir ce spectacle éblouissant qui mérite bien son nom de merveille naturelle de Colombie.

    Claudie et moi devant les magnifiques macarenias de Caño Cristales
    Claudie et moi devant les magnifiques macarenias de Caño Cristales

    2. Le parrando llanero, la fête des cow-boys colombiens

    Nous sommes conviés le soir même à un parrando llanero, reconstitution d’une fête traditionnelle locale à l’intention des touristes. Instauré 2 fois par semaine par la municipalité en lien avec les agences locales, ce spectacle qui pourrait paraître ultra-touristique s’apparente aussi à une cérémonie de bienvenue par des habitants, heureux de nous voir après avoir souffert des 50 ans du conflit armé. Un animateur d’ailleurs cite les différents pays représentés par la centaine de convives et les (nous) remercie d’être là.

    Les Llaneros, ce sont les habitants de la région, des éleveurs de bétail avant tout, que l’on pourrait comparer aux gauchos argentins, mais avec des traditions propres. Comme les chants a cappella d’accompagnement du bétail (pour ne pas le stresser) ou encore leurs sortes de rodéos.

    Le parrando llanero s’apparente, lui, à un repas dansant. On y déguste de la viande de bœuf ou de veau cuite des heures à la verticale sur des pics plantés près de braises ardentes, accompagnée de yuca, plantains ou galettes de maïs. Tout en buvant une bonne Aguila bien fraîche (la bière la plus célèbre de Colombie). Un quatuor de musiciens jouant de la harpe, du cuatro (guitare miniature), des maracas et de la guitare basse joue seul ou accompagne tantôt un chanteur tantôt des danseurs de joropo en habits traditionnels. Qui en effectuent d’abord la démonstration avant d’inviter le public à participer.

    Nous avons été impressionnés par cette danse llanero très particulière, qui mélange flamenco, percussions amérindiennes et rythmes complexes et endiablés africains. Le joropo se danse en couple, avec des pas glissés et des frappements de pieds au son de la harpe, du cuatro et des maracas. L’homme guide la femme avec des tournoiements vifs et élégants. Mais le plus marquant est cette accélération soudaine du rythme en cours de danse, avec des claquements de pas de plus en plus marqués. Les enfants sont formés très tôt au joropo, qui nécessite des années pour sa maîtrise. Au cours du spectacle nous allons justement voir des démonstrations par des enfants, des ados puis des adultes avec évidemment une virtuosité qui progresse avec l’âge. Mais la danse des plus jeunes était déjà impressionnante.


    Troisième journée : état des routes, dernière balade et vol de retour

    1. De l’utilité du pick-up

    Ce matin, c’est un nouvel accompagnateur qui vient nous chercher en pick-up, accompagné de son épouse. Nous partons dans un nouveau secteur du parc national, sur une route forcément en terre puisqu’il n’y a que ça dans le coin. Encore que la terre ne soit pas toujours le seul constituant, nous allons pouvoir le constater. Entre autres éléments, nous trouverons de l’herbe, de la roche, de l’eau, et même des petites flaques de pétrole (qui affleure volontiers à la surface ici). Et le tout agrémenté d’un cochon et de canards que l’on dérange manifestement au passage des gués. Nous allons prendre des chemins de plus en plus étroits, repoussant la végétation, jusqu’à ce que finalement ça ne passe vraiment plus. Là, notre chauffeur et son épouse abandonnent leur véhicule et nous poursuivons à pied.


    2. Dernière balade dans le parc de La Macarena

    C’est à pied donc que nous poursuivons la balade. Après avoir rencontré quelques plantes locales au bord du chemin, retrouvé de nombreux vellozias bien fleuris (pour un jour comme vous le savez), nous allons atteindre une jolie petite rivière perdue dans les arbres. Mais couverte de nos chères macarenias rouge vif. Une piqûre de rappel en quelque sorte avant notre départ.


    3. Adieux à l’agence et vol de retour

    De retour à l’hôtel, nous plions bagages et allons prendre le déjeûner pendant qu’une pluie battante tombe dehors, ayant sagement attendu la fin de notre séjour. Nous partons à pied à deux pas à l’agence qui est elle-même à deux pas de l’aéroport. Dans ce village de taille modeste, tout est à deux pas en fait ! Nous les remercions chaleureusement pour leur organisation sans faille et pour ces merveilles que nous avons pu voir. Nous prenons conscience que nous aurons fait travailler beaucoup de monde au cours de ce bref séjour. Personnel de l’agence bien sûr, mais aussi guides, pilotes de pirogue et d’avion, chauffeurs de 4×4, personnel du parc national, employés d’hôtellerie et restauration, employés ou gérants des boutiques où nous avons pu consommer quelques rafraîchissements, voire acheter une paire de chaussures de marche les miennes ayant lâché sur ces terrains difficiles !

    Après pesée de nous et de nos sacs, nous sommes invités à patienter dans la petite salle d’attente de l’aéroport. Il n’y a plus d’électricité ni de téléphone depuis la forte pluie, mais ça n’inquiète personne. Rapidement, un homme en civil vient nous chercher. Nous le reconnaissons : c’est le pilote de l’aller. Il nous fait monter dans le même petit Cessna dont nous serons les seuls passagers et met rapidement le moteur en route. Je me suis demandé s’il n’allait pas se dépêcher de décoller avant un bi-turbo-propulseur à côté de nous, dont les hélices tournent aussi. Mais non, l’autre avion décolle et puis c’est notre tour. Mêmes paysages brumeux qu’à l’aller, mais j’ai cette fois une meilleure vue sur le poste de pilotage. Ce qui n’est pas forcément un bien car je constate que plusieurs instruments ne fonctionnent pas, comme l’horizon artificiel de secours qui nous donne très penchés alors que nous sommes à plat ou ce compas qui indique l’Ouest alors que nous volons vers le Nord. En compensation il y a bien sûr ce GPS mobile que le pilote a posé devant lui. Mais qu’il ne le regarde pas beaucoup, plus absorbé dans les messages qu’il envoie sur son smartphone, redressant un peu le manche de temps en temps quand nous tanguons un peu trop. Mais manifestement l’avion connaît la route, et nous arrivons bientôt en vue de la piste de Villavicencio. Épisode Sierra de la Macarena terminé et concluant.


    Joies de la vanlife

    1. Délogés de notre parking !

    Après avoir passé une première nuit tranquille sur le parking de l’aéroport de Villavicencio juste avant notre trajet pour La Macarena, c’est tout naturellement que nous décidons d’en enchaîner une seconde à notre retour. Mais une fois la nuit tombée, le service de sécurité vient nous demander de partir, affirmant que passer la nuit dans son véhicule n’est pas permis par les autorités aéroportuaires. Pourquoi ça a fonctionné le premier soir ? Mystère ! Alors nous avons traversé la ville de nuit, ce qui n’est pas spécialement recommandé, pour nous trouver un autre emplacement à l’autre bout de la ville. Rien de plus agaçant, heureusement que ça n’arrive pas souvent.

    Roberto sur le parking de l'aéroport de Villavicencio, Colombie
    Roberto sur le parking de l’aéroport de Villavicencio

    2. Perte d’une partie de notre linge…

    En arrivant à Villavicencio, nous avions laissé 2 sacs de linge à laver dans une lavanderia (en Amérique du Sud en effet, il est rare de trouver des laveries automatiques comme en Europe ou en Amérique du Nord), avec l’intention de le récupérer juste avant de repartir pour Bogotá. À la récupération, c’est la valeur d’un seul sac qui nous est rendue, l’employée justifiant le volume réduit par le conditionnement comprimé. Tout est emballé dans du film étirable et comme nous sommes mal garés, nous ne vérifions pas de suite et reprenons la route. C’est seulement en arrivant à Bogotá, 3 heures plus tard, que Claudie déballe tout. Ne contrôlant pas la sortie de la machine, il n’est pas exceptionnel de perdre un sous-vêtement ou une chaussette, mais là, c’est la moitié de notre linge qui manque ! Pas question de tout refaire en sens inverse, ce n’était que du linge usagé après tout. Claudie met tout de même un commentaire négatif sur Google Maps. Et nous avons la surprise de recevoir une réponse de la lavanderia sur WhatsApp. Ils sont désolés et nous demandent notre adresse pour nous renvoyer le linge manquant. Notre adresse ? Roberto sur la route Untel à 3 heures de là ? Nous donnons sans trop y croire l’adresse du parking où nous prévoyons de stationner. Et le lendemain à 20h, un dimanche, alors que la grille du parking est fermée, un message nous informe qu’un livreur est là à nous attendre. Effectivement, un livreur en moto est là avec le paquet de linge sur son porte-bagage. Je n’arrive pas à savoir s’il a fait les 3 heures de route juste avant, mais la lavanderia a bien rattrapé le coup. Claudie a retiré son commentaire…

    Notre Lavanderia de Villavicencio - Service pas top mais SAV irréprochable
    Notre Lavanderia de Villavicencio – Service pas top mais SAV irréprochable

    Bogotá

    Nous rejoignons la capitale de la Colombie après 3 heures d’une route montagneuse assez pénible. L’environnement est plutôt agréable si l’on excepte les nombreux et longs tunnels, mais la route est envahie de camions qui roulent à petite vitesse en raison de la pente soutenue – nous allons passer de 600 à 2600m. Et les possibilités de dépassement ne sont pas si fréquentes.

    Nous allons trouver un grand parking qui nous hébergera pour 3 nuits. Bien que situé en plein centre-ville, dans le quartier le plus touristique de La Candelaria et tout près du palais présidentiel, il va se révéler extrêmement calme. La seule exception étant les secousses répétées dans Roberto un matin à 7h30, confirmées peu après comme un puissant tremblement de terre survenu à 400 km de là et ressenti jusque dans les pays voisins. Notre parking étant en plein air et Roberto étant parasismique grâce à ses amortisseurs, nous n’avons couru aucun risque. Bogotá elle-même n’a presque pas subi de dommages, mais les régions plus proches de l’épicentre – que nous avions d’ailleurs traversées 3 semaines auparavant – ont été fortement impactées avec plus de 250 morts et des milliers de blessés.

    Après la chaleur de la jungle et pendant que la France souffre de la canicule, nous trouvons à Bogotá une fraîcheur bienvenue. La ville est d’ailleurs surnommée par les locaux « la glacière » en raison de son climat frais et humide particulièrement changeant. 11°C la nuit et 20°C le jour pendant notre visite : des conditions idéales pour la vie nomade. Avec 8 millions d’habitants, la ville est tentaculaire, mais nous allons nous limiter à quelques quartiers, à commencer par La Candelaria, le cœur historique de la ville qui réunit à la fois les restes de l’architecture coloniale, une offre culturelle notable, quelques rues et placettes pittoresques, et beaucoup de street-art. Impossible bien sûr de tout vous raconter, ce serait même ennuyeux, alors voici quelques morceaux choisis, avec les commentaires dans les images.

    1. Les restes coloniaux


    2. La maison de Simon Bolivar


    3. Quelques plats colombiens typiques


    4. L’art du café


    5. Le secteur des chicherias


    6. L’autre musée Botero


    7. L’art de rue


    8. La colline de Montserrat et son funiculaire


    9. Le musée de l’or


    10. Bogotá insolite

    La capitale a encore sans doute beaucoup à offrir ou découvrir, mais nous n’aimons pas rester trop longtemps dans les villes. Sans parler de Roberto qui s’ennuie sûrement à ne rien faire. Alors nous voilà déjà repartis vers le nord de la Colombie. Tranquillement.

  • 186. De Medellín à Bogotá

    186. De Medellín à Bogotá

    Voici la suite de notre road-trip en Colombie, de Medellin libérée du cartel à l’entrée de Bogotá, en passant par le rocher d’El Peñol et la ville de Guatapé, la plus photogénique du pays.

    De Medellín à Bogotá : le parcours décrit dans cet article
    De Medellín à Bogotá : le parcours décrit dans cet article, en version zoomable ici

    Opération freins à Medellín

    Le voyant d’usure des plaquettes de freins s’allumant de temps en temps, nous avions fait une première tentative de remplacement à Cali. Avec le jeu de plaquettes de rechange que j’avais emporté, cela n’aurait pas dû poser de problème, mais le garagiste nous a fortement déconseillé l’opération devant l’état d’usure des disques. Il n’était pas sûr de pouvoir en obtenir, nous demandait 3 jours rien que pour la recherche, alors nous avons repoussé l’intervention, nous disant que peut-être cela tiendrait jusqu’à notre retour en Europe. Mais le petit bruit de sifflement lors des freinages s’est accentué, encore plus rapidement après les routes de montagne, au point de devenir inquiétant. Alors nous avons décidé de shunter les deux étapes touristiques prévues avant Medellin et de rejoindre directement cette grande ville. Nous trouvons rapidement le garage Metrofrenos, un spécialiste en freins de bonne réputation, avec de bons commentaires de voyageurs européens. Effectivement, ils nous prennent en charge de suite, examinent soigneusement tout le système de freinage et confirment non seulement l’usure des disques mais aussi l’usure totale des plaquettes du côté gauche. Par chance, ils arrivent à trouver les bons disques et nous font la réparation de suite pendant que nous attendons dans une salle d’attente confortable avec tables, wifi, boissons chaudes, gâteaux secs et même machine à pop-corn à discrétion. Moins de trois heures plus tard, nous ressortons avec un Roberto tout neuf. Enfin presque, 164 000 km tout de même !


    Trois nuits à Medellín, sans le cartel

    Il n’y a pas si longtemps, Medellín était l’une des villes les plus dangereuses du monde, avec une triste moyenne de 26 homicides par jour en 1991. Elle était rongée par le cartel dirigé par Pablo Escobar et les conflits avec les groupes paramilitaires. Heureusement pour nous et surtout pour ses habitants, la situation s’est fortement améliorée depuis le début des années 2000 grâce à des mesures politiques efficaces. Le taux d’homicides est tombé à 0,5 par jour. Medellín a repris un essor économique sans précédent et redevient une destination touristique pour notre plus grand bonheur. Nous n’avons d’ailleurs pas hésité à y stationner dans une rue proche du centre-ville, dans un quartier gardé jour et nuit. Et de là à rejoindre nos sites de visite en taxi (à 3 € la course, c’est donné).

    Nous avons pu prendre le pouls de la ville, voir beaucoup d’immeubles construits en briques, dont l’immense cathédrale inaugurée en 1931 après 41 ans de travaux. C’est un architecte français qui l’a dessinée, Charles Émile Carré, et c’est plutôt réussi, notamment à l’intérieur. Si les rues sont une épreuve pour les automobilistes, elles sont agréables à parcourir pour les piétons, même s’ils ne sont pas vraiment prioritaires, y compris sur les passages réservés. Je ne vais pas tout décrire, je vous laisse découvrir les photos.  La fin de notre parcours ce premier jour de découverte nous amène à la place Botero. Un artiste que vous connaissez sûrement.


    Fernando Botero, la fierté des habitants de Medellín

    Il est difficile de manquer sur la Place Botero de Medellín les 23 statues de l’artiste, non seulement de par leur nombre, mais aussi par leur volume, si j’ose dire. Car elles ont toutes ce style inimitable de personnages, animaux ou même objets de la vie quotidienne représentés avec des formes exagérément rondes et voluptueuses, initialement inspirées de l’art précolombien mais personnalisées ensuite par l’auteur. Fernando Botero a revendiqué vouloir procurer avant tout du plaisir visuel, et non pas exprimer une critique sociale ou politique, même si certaines de ses œuvres abordent la violence en Colombie ou parodient des œuvres célèbres (la Joconde par exemple). Son style est en tout cas à ce point unique qu’on lui a attribué un qualificatif : le botérisme. Ils ne sont pas si nombreux les artistes qui peuvent en dire autant.


    Après avoir admiré et photographié à loisir les statues de la place, avec un peu de patience car elles sont aussi des arrière-plans recherchés pour les selfies des Colombiens, nous sommes entrés dans le Musée de Antioquia, le plus grand de Medellín, compléter notre rencontre avec l’artiste. Fernando Botero, né ici en 1932 et décédé en 2023 à Monaco, devenu l’un des artistes latino-américains les plus célèbres du XXe et XXIe siècles, n’est évidemment pas qu’un sculpteur. Il a également peint de nombreuses œuvres dans le même style, dont beaucoup de chefs-d’œuvre. Les plus connus étant « Mona Lisa à 12 ans », une parodie de la Joconde de Léonard de Vinci, « Una familia », une représentation typique de sa famille, avec des personnages aux formes rondes et généreuses, « Les Danseurs », une scène dynamique et joyeuse, illustrant son style unique et son amour pour la vie ou encore « Via Crucis », une série sur le thème du chemin de croix, avec cette représentation amusante de Jésus Christ dans le style de Botero. L’artiste local n’est pas le seul exposé dans ce grand musée, j’ai rajouté dans le carrousel quelques œuvres qui nous ont intéressés.

    Fresque murale, Fernando Botero, 1960, Scène avec Cavalier
    L’unique fresque murale de Fernando Botero, réalisée pour l’inauguration d’une banque de Medellin en 1960 – Titre : Scène avec Cavalier

    Pablo Escobar, le roi de la cocaïne.

    Dès son enfance, Pablo Escobar vole des pierres tombales puis des voitures avant de se lancer dans le kidnapping avec rançon. Il a tout juste 22 ans lorsqu’il se lance dans le trafic de drogue et fonde rapidement le cartel de Medellín qui contrôlera à son apogée 80% de la cocaïne consommée aux États-Unis, accumulant une fortune colossale. En finançant des logements, des terrains de football et des soupes populaires pour les pauvres, l’homme a ce côté Robin des Bois qui lui vaut une certaine popularité dans les milieux modestes. Mais contrairement au héros médiéval, Escobar corrompt ou assassine quiconque s’oppose à lui, y compris un ministre de la justice alors qu’il avait réussi à se faire élire député. Il serait responsable de plusieurs milliers de morts. Un personnage on ne peut plus ambigu donc, qui est pourtant encore porté aux nues par une frange de la population et qui reste incontournable dans l’histoire de Medellín.

    C’est à ce titre que nous avons visité sa maison-musée, mise en service par son frère Roberto, grâce notamment à une grosse somme d’argent trouvée par hasard dans une cachette de la maison. Roberto fait parfois la visite lui-même, mais nous n’avons pas eu cet honneur. Après nous avoir resitué la famille, on nous a montré la salle des coffres, des souterrains secrets, un simulateur de vol acheté pour former les pilotes qui assuraient les livraisons, plusieurs avions, un hélicoptère (chacune des 19 maisons que possédait Escobar à Medellín possédait un héliport…), plusieurs voitures dont une Mercedes blindée criblée de balles, un scooter Lambretta rouge d’un côté et noir de l’autre. Pablo Escobar avait trouvé ce subterfuge pour faire se contredire les témoins qui le voyaient s’enfuir après un méfait. Sont exposées aussi une multitude de photos axées sur sa vie familiale et sociale. Et nous avons pu voir et une reconstitution de la prison qu’il s’était fait construire lui-même pour s’auto-emprisonner en accord avec le gouvernement colombien afin d’échapper aux geôles d’état. Enfin, la boutique avec ses souvenirs personnalisés prête à sourire.


    Nous avons aussi déniché sa tombe dans un cimetière du sud de la ville. Pas facile à trouver parce les plaques avaient été enlevées. J’ai cru un moment qu’il s’agissait d’une volonté d’anonymisation par la famille en raison des débordements de certains touristes venant notamment s’y faire photographier en sniffant de la cocaïne… Mais en réalité il s’agirait d’une simple opération de maintenance, dans laquelle les visiteurs ont encore leur part de responsabilité, marchant sur la tombe ou tentant d’en emporter de petits morceaux. D’un autre côté, Pablo Escobar ayant débuté sa « carrière » comme voleur de pierres tombales, ce ne serait qu’un juste retour de bâton !

    Le cimetière en lui-même vaut le déplacement, avec ses sépultures hétéroclites, certaines avec des décorations exubérantes, d’autres avec leur aspect en boîtes aux lettres hébergeant en fait les cendres des défunts.


    La Comuna 13, de l’ombre à la lumière

    La Comuna 13 est un quartier excentré de Medellín, habité à partir de 1950 par des paysans fuyant la violence rurale en Colombie (conflits entre libéraux et conservateurs, émergence des guérillas – FARC, ELN – et groupes paramilitaires. La pauvreté et l’isolement furent un terrain propice à l’infiltration des groupes armés et du narcotrafic dirigé par Pablo Escobar. De nombreux jeunes y furent recrutés et le quartier devint une zone de non-droit, d’une violence extrême. En 2002, le gouvernement lança dans une opération appelée Orión 1500 soldats ainsi que des chars et des hélicoptères à l’assaut du quartier, ce qui engendra une longue guerre urbaine et de nombreuses pertes humaines, traumatisant les habitants à jamais. À partir de 2006, la mairie de Medellín a investi dans l’urbanisme social, les programmes éducatifs et sociaux, et des infrastructures comme des escaliers mécaniques, salutaires dans ce quartier très pentu aux ruelles étroites. Grâce à ces efforts et à un important engagement communautaire, la Comuna 13 s’est transformée en un centre culturel et touristique, connu pour son street art, ses graffitis, ses festivals de hip-hop et ses initiatives communautaires. Aujourd’hui, elle est considérée comme un exemple de transformation sociale et de résilience, attirant des visiteurs du monde entier. Dont nous bien sûr !


    Pause nature

    Malgré ses 1500 m d’altitude, Medellín reste une ville assez chaude dans la journée, avec une température en milieu d’après-midi avoisinant les 35°C. Alors nous sommes repartis sur les hauteurs pour nous mettre au vert et bénéficier de températures plus clémentes. Le parc Arvi, à 2460 m d’altitude s’est révélé idéal pour cela, et nous sommes même restés 48 heures sur un parking tranquille pour profiter de la fraîcheur et du silence. Quelques sentiers de randonnée autour ont occupé nos journées, nous permettant d’admirer quelques spécimens inédits de  flore colombienne et la vallée tout en bas. Voir les photos. Nous y avons aussi rencontré une famille francophone résidant à Dubai, parcourant toute l’Amérique du Sud avec leurs 3 enfants, à bord d’une Jeep Wrangler tractant une petite caravane.


    El Peñol, réchappée des eaux

    Le village d’El Peñol vivait paisiblement au pied de son rocher sacré (dont nous allons reparler) jusqu’à ce que le gouvernement colombien décide en 1960 de construire dans la région un barrage hydroélectrique qui inonderait la ville. La population, d’abord incrédule, a dû se résoudre à l’évidence lorsque les entreprises publiques ont commencé à racheter les terres inondables et à démolir les maisons. Les 6000 habitants ont eu beau organiser de multiples manifestations, squatter devant l’église qui a fini par être dynamitée sur un coup de tête du directeur des travaux, le projet a finalement abouti et ils ont dû être relogés dans une ville reconstruite pour eux (après négociations car au début il n’était prévu que des indemnisations). Ça reste le drame d’une vie pour tous ceux qui ont été déplacés.

    En guise de souvenir, on leur a aussi reconstruit l’ancienne place du village en miniature avec l’église, la mairie et quelques commerces reproduits à l’échelle. C’est très touristique et ça doit rapporter un peu d’argent, mais c’est une maigre consolation pour un village qui a été sacrifié pour produire tout de même 30% de l’électricité du pays.


    Le rocher d’El Peñol

    Sur la commune d’El Peñol mais plus près de la ville voisine de Guatapé se dresse depuis 70 millions d’années un énorme monolithe en granit de 10 millions de tonnes et 220m de hauteur. Vénéré par les indiens Tahamies qui vivaient là avant les Espagnols, ce rocher ensuite considéré comme une nuisance par les agriculteurs locaux a connu un regain de popularité après sa première ascension en 1954. Les parois étant très lisses, les grimpeurs sont arrivés en haut en 5 jours à l’aide de planches insérées dans la seule fissure verticale, attribuée au diable qui aurait laissé cette marque en tendant d’arracher le rocher du sol. On y a ensuite aménagé un escalier spectaculaire de 740 marches qui permet à des milliers de visiteurs quotidiens d’apprécier de panorama au sommet sur le lac de barrage. Les curieux noteront les lettre G I peintes sur le rocher. Rien à voir avec les militaires américains, c’est juste que la ville la plus proche, Guatapé, avait pensé s’attribuer la propriété du rocher en écrivant son nom dessus. Elle a vite été interrompue par les habitants d’El Peñol qui s’estiment eux aussi propriétaires du lieu. Non mais !


    Guatapé la ville la plus photogénique de Colombie ?

    Nous pensions avoir tout vu en matière de villes colorées, mais plus nous avançons, plus nous montons dans la hiérarchie. S’il est difficile de faire mieux que les villes précédentes au niveau des couleurs, ici on ajoute une nouvelle dimension : le relief. Chacune des maisons est en effet décorée d’une frise sur la partie inférieure, appelée zócalo, reflétant les hobbies du propriétaire ou la nature du commerce. Cette tradition n’est pas si ancienne. Elle aurait débuté il y a environ un siècle, avec la fonction initiale de protéger les murs de l’humidité et des animaux domestiques. Ces premiers zócalos ont été récupérés sur la partie du village de Guatapé qui allait elle aussi être inondée par les eaux du barrage et installés dans une rue appelée la rue du Souvenir. Ce n’est qu’en 2010, à l’occasion du bicentenaire de la fondation de la ville, que le maire a incité tous les propriétaires de la ville à décorer leur maison de zócalos. L’effet de masse aidant, les touristes ont été conquis. Et j’espère les habitants aussi. Toujours sur le thème de la couleur, les taxis de Guatapé sont des tuk-tuks peints à la manière des fameux bus Chivas dont j’ai déjà parlé. Ils revendiquent d’ailleurs la parenté en affichant mini-chivas derrière leur pare-brise. Au total, c’est l’un des villages les plus photogéniques du pays, que nous avons eu grand plaisir à découvrir.

    Et pour le plaisir des yeux, en voici 24 supplémentaires, en format horizontal cette fois. Ce ne sont pas les mêmes et j’avoue avoir eu du mal à trier parmi les 134 photos que j’ai prises ce jour-là…


    Les porteurs de fleurs de Colombie

    Nous avons raté de peu à Medellín le Festival annuel des Fleurs dont le point d’orgue est le défilé des silleteros, ou défilé des porteurs de fleurs. Une tradition paysanne vieille de plusieurs générations, où les agriculteurs descendaient en ville depuis leur campagne portant sur leur dos une silleta (une chaise) en bois chargée de fleurs, mais aussi de marchandises ou de passagers. Aujourd’hui le défilé est en fait un concours de la plus belle composition florale sur silleta, les œuvres pouvant peser jusqu’à 80kg. Les agriculteurs de Guatapé vont évidemment participer à ce défilé, et de nombreuses compositions sont en préparation en ville, pouvant servir aussi bien de support publicitaire pour une boutique ou un restaurant. Nous n’aurons pas vu le festival, mais nous avons maintenant une bonne idée de ce que sont les silletas.


    13,2 le matin

    Un petit clin d’œil au film de Jean-Jacques Beineix pour parler un peu de vanlife, et plus particulièrement de l’autonomie électrique. Avec nos 1000W de panneaux solaires (ça paraît beaucoup mais ça nous permet de nous dispenser de gaz et même de solliciter l’alternateur) nous sommes à l’aise 95% du temps. Un simple coup d’œil au voltmètre le matin suffit à notre bonheur lorsqu’il affiche les 13,2V signifiant un bon état de charge de la batterie cellule.

    Quand le temps se dégrade de façon prolongée, ça charge forcément moins, et nous avons alors la solution de charger en roulant. Il nous suffit de reconnecter le câble venant de l’alternateur à la batterie cellule. Suite à nos pannes récurrentes de batterie moteur, nous préférons le débrancher par défaut.

    Notre autonomie généreuse (ça fait au moins 2 ans que nous ne nous sommes pas branchés au secteur) trouve ses limites lorsque nous devons stationner à l’ombre plusieurs jours, typiquement lors de la visite d’une grande ville. Ça a été le cas à Medellín par exemple. Sans changer nos habitudes de consommation électrique, la charge va diminuer rapidement, et quand le voltmètre affiche 12,7 le matin, c’est la misère…


    La nature en vert et mauve

    Faisant route vers Bogotá, nous nous offrons une petite pause sur le parking en herbe d’un accrobranches apparemment fermé. C’est probablement la raison pour laquelle nous nous retrouverons seuls pendant 48 h. Nous ne devions y rester qu’une nuit, mais les conditions de décor, de fraîcheur (altitude 2500m) et de tranquillité étant réunies nous ont poussé à prolonger le séjour et prendre un peu de repos. Nous ferons quelques sorties aux alentours immédiats pour explorer le parc, sa végétation et pourquoi pas sa faune. Curieusement, nous nous sommes aperçus que la grande majorité de la flore oscillait entre des tons de vert et des tons de mauve, ce n’est pas forcément habituel : est-ce dû au hasard ou au microclimat local, difficile de le dire. Mais cette harmonie naturelle était agréable à l’œil. Côté faune, nous aurons la visite 2 matins de suite d’une truie. Finalement, nous n’étions pas si seuls que ça !


    Destination Bogotá

    C’est le moment de rejoindre la capitale colombienne, où nous ne ferons peut-être qu’un bref passage avant une visite plus complète, car nous avons une excursion à organiser en Amazonie. Vous en saurez davantage la prochaine fois. À très bientôt !

  • 185. De San Cipriano à Medellin

    185. De San Cipriano à Medellin

    De retour vers les montagnes colombiennes, nous allons découvrir des villages hauts en couleur, des palmiers de cire, des véhicules d’un autre âge, des œuvres d’art, et de la nature, beaucoup de nature.

    Notre parcours de San Cipriano à Medellin
    Notre parcours de San Cipriano à Medellin, correspondant à cet article. En version zoomable ici

    Carnaval routier

    De retour sur la nationale très chargée qui relie le port de Buenaventura à la ville de Cali, nous sommes immobilisés 20 mn au milieu d’une meute de camions porte-conteneurs. Ayant subi plusieurs arrêts à l’aller en raison de nombreux travaux sur la route, nous pensions subir une contrainte du même genre. Après tout, vu l’état des chaussées dans le pays, c’est une bonne chose qu’elle soient réparées. Mais lorsque la colonne de véhicules se remet en marche, ce n’est pas un chantier de travaux que nous allons découvrir, mais un défilé carnavalesque. Bloquer une route à grand trafic pour des festivités, c’est tout à fait colombien. Cela dit, vu que nous sommes en plein Tour de France, il faut peut-être que j’assouplisse un peu ma position…


    De drôles de fruits

    Pour notre pause de midi, nous nous arrêtons non loin d’une aire de repos délimitée par une haie assez haute pour nous faire un peu d’ombre. Garés tout proches, nous remarquons de nombreux fruits tombés au sol dont l’aspect est entre les agrumes et les calebasses. En triant un peu les réponses proposées par Google Lens, nous identifions l’espèce Swinglea glutinosa. Cet arbuste qui peut atteindre 10 m de hauteur est originaire des forêts tropicales d’Asie. Avec sa pousse rapide et son feuillage dense et persistant, il est effectivement planté en tant que haies. En plus, les feuilles collantes (d’où le nom glutinosa) agglutinent poussières et insectes. Les fruits, comestibles pour les uns et non comestibles pour les autres – surtout s’abstenir et ne pas demander à l’IA de trancher ! – sont dans ce contexte plutôt une gêne qu’autre chose. Nous en avons tout de même coupé un en deux pour visualiser l’intérieur et confirmer notre interprétation. Mais pas question d’en faire des confitures !


    Le musée de l’or d’Armenia

    Armenia est l’une des principales villes de la Vallée du Café, que nous commençons à traverser. En grains, moulu ou lyophilisé, le café est au cœur de l’économie de cette région et de toute la Colombie. Le pays en exporte un million de tonnes par an et compte 300 000 producteurs individuels, souvent de petites haciendas qui proposent visite et dégustation. Nous en avons déjà beaucoup appris sur le café lors de nos voyages précédents, alors nous n’irons pas nous mêler aux touristes venus pour ça, mais par contre Armenia nous propose une autre richesse : son musée de l’or Quimbaya, du nom de ce peuple précolombien expert en orfèvrerie et en céramique, malheureusement exterminé par les conquistadors à la fin du XVIe siècle. Dans un bâtiment d’architecte tout en briques, décliné sur plusieurs niveaux et entourés de superbes jardins aussi bien d’agrément que de plantes d’usage indigène traditionnel, on découvre les détail la vie, les croyances et l’artisanat de la civilisation Quimbaya. Parmi les objets en or ou en tumbaga (alliage d’or, de cuivre et d’argent) figurent des bijoux (colliers, boucles d’oreilles, bracelets, ornements nasaux), des outils du quotidien, des représentations de divinités, des animaux stylisés, des figurines rituelles et des récipients cérémoniels. La collection comprend également des poteries et des céramiques finement ouvragées, souvent décorées de motifs géométriques ou symboliques. Une exposition temporaire est consacrée aux diverses réparations apportées à des objets aussi bien en métal qu’en céramique. Enfin, une section est dédiée aux déformations corporelles que pratiquaient les Quimbayas, à l’aide de pièces en bois gravées de motifs en relief fortement appliquées de façon prolongée sur front ou autour des membres des individus de haut statut social, laissant la marque indélébile de leur supériorité. Genre il y a marqué La Poste, quoi. Tout cela était fort intéressant et totalement gratuit. Merci la Banco de la República de Colombia !


    Salento : des maisons colorées pour attirer les touristes

    De même qu’on n’attire pas les mouches avec du vinaigre, on n’attire pas les touristes avec du béton décrépit. Pour peu qu’on leur mette de la couleur, ils viennent. Et plus ils viennent, plus on remet de la couleur. Le problème n’est pas tant cette profusion de maisons multicolores aux accords improbables, au final plutôt agréables à l’œil, que la perte d’authenticité liée à l’afflux de visiteurs, particulièrement le week-end. Cela dit, si l’on s’éloigne des quartiers centraux où s’alignent hôtels-bars-restaurants et boutiques de souvenir, tous plus peinturlurés les uns que les autres, la couleur ne disparait pas pour autant. Elle est simplement employée plus raisonnablement, démontrant qu’elle fait partie intégrante de la vie des habitants. On revient à l’authentique, ouf !

    Une façade à Salento, Colombie, avec ses couleurs et les palmiers de cire
    Une façade à Salento, Colombie, avec ses couleurs et les palmiers de cire

    Les palmiers de cire de Cocora

    La vallée de Cocora est l’un des derniers endroits au monde où pousse le palmier de cire du Quindio, élu arbre national de Colombie. Le pays a de quoi en être fier car c’est le plus grand palmier du monde, pouvant atteindre 60 à 70 mètres de hauteur. Avec une croissance très lente, il peut vivre jusqu’à 300 ou 400 ans. Son nom est lié à la couche de cire blanche qui recouvre son tronc, zébré de marques noires correspondant à la chute des feuilles. Pour les découvrir, il faut partir randonner dans une forêt d’altitude (curieusement ces arbres originaires des bords de mer ont besoin d’être 2500 à 3000 m au-dessus du niveau des océans) souvent embrumée de nuages et fréquemment pluvieuse. Mais l’ambiance est là, avec ces plumeaux brandis au bout de tiges frêles géantes, tranchant sur le ciel du soleil couchant ou tentant de disparaître dans les brumes matinales. Le lieu est assez fréquenté (nous y étions un week-end), respectant la nature sur les hauteurs, mais spécialement aménagé pour les touristes colombiens sur la partie basse avec de nombreux sites à selfies où ils font des queues interminables pour le cliché qui fera bien sur les réseaux. Amusant à observer mais questionnable.


    Un p’tit grand café à Chinchiná

    Euh l’expression semble incongrue si l’on se place juste comme Claudie sous la tasse de café géante trônant dans un angle de la place principale de la ville. Avec sa contenance de 22 739 litres, c’est la plus grande tasse à café de Colombie. Et jusqu’en 2022, elle a même été la plus grande du monde jusqu’à ce que le Mexique ne s’en mêle. Il a fallu plus d’un mois et 50 personnes pour la construire. Et pour la boire on ne sait pas… Elle a été construite en 2019 pour célébrer le retour des touristes internationaux dans le triangle du café, jusque-là interdit d’accès pour cause de narcotrafic. La sécurisation du secteur a permis l’essor de nombreuses plantations, la plupart du temps des petits producteurs qui font volontiers visiter leur « finca » et leur processus de production. Venus pour voir (pas boire hein ?) la tasse, nous avons découvert au passage une charmante petite ville très animée, une jolie église et de petits kiosques colorés sur sa place principale. Et nous nous sommes arrêtés chez Migote, une chaîne d’en-cas colombiens, pour y déguster non pas une migote (soupe traditionnelle colombienne composée de chocolat chaud versé sur des morceaux de pain, de fromage et de pâtisseries locales) trop riche pour nous, mais un vrai p’tit café accompagné de simples sablés au maïs.


    Manizales

    1. La ville

    Au cœur de la région du café, à 2153m d’altitude, Manizales jouit d’un bel environnement et d’un climat agréable. Après, ça reste une assez grande ville sudaméricaine avec beaucoup de constructions hétéroclites et de béton. Notamment son hideuse cathédrale en béton armé brut de décoffrage dont l’architecte est, honte à nous, français. Mais pourquoi n’a-t-il pas mis du granit, dont la région est si largement pourvue que la pierre a donné son nom à la ville (manizal = granit) ?

    En guise de rattrapage, deux belles céramiques de Guillermo Botero (qui n’a pas de lien avec son homonyme plus célèbre Fernando) sont exposées sur son parvis, en hommage aux luttes d’indépendance du pays, ainsi qu’une étonnante statue de Simon Bolivar mi-homme mi-condor. Un peu plus loin, l’architecture de l’église de l’Immaculée Conception est un peu plus sophistiquée avec son alliage de métal et bois en façade et surtout un magnifique intérieur de bois vernis. 


    2. Un hommage rare aux colonisateurs

    La statuaire urbaine en Amérique du Sud est surtout consacrée aux célébrités politiques ou militaires qui ont œuvré pour l’indépendance des pays. Les indigènes sont aussi de plus en plus mis à l’honneur. Mais vouloir rendre hommage aux colonisateurs est plutôt rare. Rien qu’à ce niveau, la sculpture de Luis Guillermo Vallejo Vargas appelée Monument aux Colonisateurs est exceptionnelle. Mais elle l’est aussi dans sa réalisation, faite de 50 tonnes de bronze principalement obtenu par donation populaire de petits objets. Une sorte de crowdfOnding si j’ose le jeu de mots.

    L’œuvre située sur un monticule est divisée en deux parties : l’Agonie et l’Extase. Dans l’Agonie, un convoi d’animaux et de colons, particulièrement expressifs et tourmentés, grimpent péniblement la pente, symbolisant l’accès difficile à la région. Ils portent sur leur dos les futurs monuments de la ville. Dans l’Extase, au sommet du monticule, ce sont des colons triomphants qui paradent, une femme levant son enfant au ciel en signe de gratitude

    Ce monument rend donc hommage aux milliers de pionniers, souvent des paysans, des artisans et des commerçants, qui ont à partir de 1870 défriché la forêt, construit des routes et fondé des villages, posant les bases de la ville moderne de Manizales.


    3. Un écoparc en centre-ville

    C’est une zone de forêt humide protégée à deux pas de l’agitation du centre. Des panneaux prometteurs à l’entrée montrent pas mal d’oiseaux et d’animaux susceptibles d’être rencontrés. Mais nous commençons à avoir l’habitude de ces promesses, c’est toujours la nature qui décide. En parcourant divers sentiers dans la forêt, nous allons rencontrer une belle végétation (c’est l’avantage des plantes, elles ne fuient pas devant nous) et quelques papillons pas trop farouches. Au moins ça nous aura dégourdi les jambes et on ne peut pas trop se plaindre des promesses non tenues le parc étant gratuit.


    4. De tout, un peu

    Il n’est pas obligatoire de voyager loin pour dénicher ces petits détails insolites autour de soi, mais il faut avouer qu’à l’étranger c’est plus facile, la différence de culture aidant. Après, il faut avoir un minimum de curiosité. Tout ne saute pas toujours aux yeux. Quand certains chinent les antiquités, moi j’adore chiner ces micro-tranches de vie. Pas vous ?


    Salamina, encore un village haut en couleurs

    Nous nous dirigeons vers Medellin, en empruntant, plutôt que la nationale fréquentée par les poids-lourds, une petite route de montagne qui serpente parmi les plantations de café, de canne à sucre, de bananiers ou de bambous. Le soleil manque un peu, mais dans cette région où règne la « forêt de nuages », c’est assez normal. Et finalement ces brumes qui passent entre les reliefs embellissent plutôt le paysage. La route ne cessant de monter et descendre, le goudron manquant à épisodes réguliers, les zones de dépassement étant rares à cause des nombreux virages, nous ne faisons qu’une petite moyenne de 25 à 30 km/h. Du vrai « slow travel ». Nous arrivons ainsi laborieusement au village de Salamina, réputé pour être l’un des plus beaux de Colombie. J’ai l’impression que l’on nous dit ça à chaque fois, mais il faut avouer que nous retrouvons ici les couleurs vives de Salento avec des balcons, fenêtres et portes de bois sculptés en plus. C’est un ébéniste local qui a lancé la mode et créé une école de travail du bois pour qu’elle perdure. Un charme fou se dégage de l’ensemble. Les smartphones crépitent pendant l’exploration des petites rues, assez animées dès que l’on se rapproche du centre. Beaucoup de patios se cachent derrière ces façades multicolores et recèlent sans doute d’autres merveilles. Nous en aurons un aperçu en entrant visiter par hasard (elle ne figurait pas sur notre guide ni sur les recommandations d’autres voyageurs) la maison de la culture. Allez, c’est confirmé, notre future maison devrait avoir un patio !



    Un camping simple

    Après cette route difficile et la visite de Salamina, nous cherchons un endroit pour la nuit. Notre application de recherche nous donne le choix limité entre les parkings bruyants de la grande place et un terrain vague payant en périphérie avec des chiens qui aboient la nuit. Pas terrible. Nous aurions pu chercher nous-mêmes, dénicher sur Google Maps en mode satellite le parking d’un stade, d’une église ou d’une école, ou encore une voie sans issue, mais pas envie aujourd’hui. Il nous reste l’option d’un camping à 5 km au nord de Salamina, assez sommaire paraît-il, mais c’est notre seule chance d’avoir un peu de calme. Pour le double du prix du terrain vague, soit 10€ au lieu de 5, ça va. Nous avons un peu de mal à le trouver, l’endroit n’est pas très grand mais tout à fait charmant. Un terrain herbeux entouré de cabanes et de végétation tropicale. Un accès aux toilettes. Ça ira. Et l’accueil est sympathique, mais rien d’étonnant en Colombie. 3 chiens sont présents mais resteront tranquilles la nuit. Qui sera pour nous excellente malgré un orage en fin de soirée.


    En route vers Aguadas

    1. La route du café

    Dès la sortie du camping, un oiseau avec des éclats bleu-vert métalliques traverse la route devant nous. Je pile et fais une petite marche arrière. L’oiseau est toujours là sur sa branche et semble poser pour la photo. Grâce à Google Lens, Claudie identifie un Motmot d’Équateur, un oiseau qui aime l’humidité et l’altitude des Andes, et décrit comme peu farouche. C’est bien ça !

    Nous retraversons les rues colorées de Salamina, dans la grisaille cette fois, et retrouvons notre belle route du café. La prochaine récolte n’aura lieu qu’en septembre, mais déjà les caféiers portent pas mal de fruits rouges (les cerises). Plus d’une heure plus tard, nous arrivons à notre première destination du jour, la petite ville d’Aguadas, un peu perdue dans un brouillard qui rend un peu ternes les façades des maisons ici encore très colorées. Mais ça n’est pas si grave parce que nous n’étions pas venus pour ça…


    2. Le musée du sombrero

    Ce musée unique en Colombie abrite une collection impressionnante de plus de 300 chapeaux artisanaux provenant des différentes régions du pays, ainsi qu’une sélection internationale. Une attention particulière est portée au chapeau local, tressé à la main à partir de la fibre de toquilla comme pour les Panamas.

    Dans le même bâtiment, la maison de la culture d’Aguadas, nous trouverons aussi une réplique de la première maison construite à Aguadas en 1805, des salles dédiées à la culture indigène ou à l’histoire locale, ainsi qu’une amusante collection de figurines de personnalités de la ville ou du pays, qu’un artiste local, Eugenio Lotero, s’amusait à sculpter dans le bois.


    3. La ville de la brume

    Comme elle l’affiche fièrement sur le portique à l’entrée de l’agglomération, Aguadas est surnommée « la ville de la brume », et nous ne pouvons que confirmer la justesse de cette appellation. Nous sommes en pleine forêt de nuages et ceux-ci défilent sans cesse à l’horizon, masquant tout ce qui se trouve au-delà de trois ou quatre pâtés de maisons. Nous essuierons même quelques averses, ce qui ne nous empêchera pas d’explorer un peu la ville. Les couleurs des façades paraissent un peu ternes en l’absence de soleil mais le cachet reste là. Nous allons visiter une jolie cathédrale de style néo-roman avec ses 2 tours hexagonales, et possédant un intérieur lumineux et couvert de dorures en pleine rénovation. En fait on ne doit pas arrêter de peindre ici ! Parmi les boutiques, beaucoup vendent des chapeaux aguadeñas (d’ici, quoi), et parmi les passants, beaucoup en portent !


    4. Le Gardien de Police

    C’est le nom d’une statue érigée devant le poste de police, représentant un enfant devant un policier ailé portant une colombe au sommet d’un bâton. A leurs pieds, des centaines de couteaux et quelques armes de poing plantés dans le sol. Une plaque au-dessous nous apprend que l’œuvre a été entièrement réalisée à partir de 6300 armes confisquées et donc fondues pour une grosse partie. Réaliser une œuvre prônant la paix, la protection de l’enfance et de la communauté à partir d’instruments de violence est un joli symbole.


    Transports d’un autre temps

    Deux types de transports en commun sont emblématiques de la Colombie et plus particulièrement des zones rurales et montagneuses : les bus Chivas et les Jeep Willys qui font office de taxis. Ils ont en commun de transporter davantage de passagers que leur capacité officielle, volontiers le double en acceptant des passagers debout à l’arrière ou jugés sur le toit. Et de transporter simultanément des marchandises aussi diverses que des sacs de café, des poules, des cochons ou encore des meubles.

    1. Les bus Chivas

    Les Chivas ont commencé à être fabriqués à Medellín en 1908, résultant de la greffe sur un châssis américain de cabines en bois avec portes ouvertes sur le côté, ce qui facilite la montée ou la descente quu peut se faire quasiment à tout instant, en l’absence d’arrêt officiel. Ces bus sont richement décorés, peints aux couleurs du drapeau colombien avec de nombreux motifs, et ornés d’accessoires chromés. Peu de touristes s’y aventurent, craignant l’ambiance de boîte à sardines sonorisée.


    2. Les Jeep Willys

    Ces robustes 4×4 de l’armée américaine ont été cédés après la guerre à des pays émergents, dont la Colombie. L’armée du pays les a adoptés, mais aussi et surtout les agriculteurs, les planteurs de café et les transporteurs en tous genres, le véhicule étant parfaitement adapté au réseau routier défaillant. La meilleure preuve de robustesse ? Bien que la Jeep Willys ne soit plus fabriquée depuis plusieurs décennies, ce sont des alignements de véhicules rutilants aux couleurs vives qui attendent les passagers sur les stations de taxis des villes rurales ou montagneuses.


    3. La Renault 4L

    Elle a été produite à  97000 exemplaires en Colombie entre 1970 et 1992, devenant une des voitures les plus populaires du pays. Conception simple, robustesse et prix modéré ont séduit aussi bien les familles que les professionnels. Comme pour les Jeep Willys, les capacités d’entretien des Colombiens font merveille, et 20 000 à 40 000 4L Renault circuleraient encore dans le pays aujourd’hui.


    4. Quelques camions

    Ils ne sont pas vraiment « d’un autre temps », mais quand on doit les croiser dans une petite rue on les trouve toujours monstrueux…


    Les aires de service à la colombienne

    Les autoroutes colombiennes ne sont pas tout à fait comparables à celles de l’Europe. Elles ne doublent pas en général une route nationale, les emprunter est souvent incontournable à moins de vouloir faire un gros détour par des chemins de terre. Elles peuvent comporter des passages à double sens. Les péages dépendent davantage de la présence de travaux dans la région que d’un système privé. On y trouve volontiers des vendeurs d’un peu tout. Les aires de service ont également leurs particularités. Déjà, elle ne sont pas destinées a priori aux camions qui vont plutôt dans les stations-services. Elles sont gardées jour et nuit, ce qui offre un minimum de sécurité. Pour la première dans laquelle nous avons dormi, il nous a fallu donner nos numéros de passeports. Sinon les services sont gratuits, allant des plus basiques (toilettes, eau, wifi) aux plus inhabituels (salle de réunion, vidéoprojecteur). La restauration n’est pas constante. La seconde aire que nous avons visitée n’en possédait pas mais fournissait le petit café gratuitement…


    Les freins nous lâchent…

    Nous avions prévu d’aller visiter deux sites touristiques avant de rejoindre Medellin, mais leur situation perchée en altitude associée à un bruit de plus en plus important au niveau de nos freins avant va nous conduire à en faire l’impasse. Rendez-vous donc à Medellin si notre système de freinage ne nous lâche pas avant…