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Tout sur notre voyage autour du monde en fourgon aménagé, des étapes préparatoires au parcours détaillé pays par pays

  • 181. La côte de l’Équateur

    181. La côte de l’Équateur

    Après Guayaquil, nous partons découvrir la côte de l’Équateur. De Salinas à Puerto López en passant par la route du Spondylus, nous observons baleines, fous à pattes bleues et villages de pêcheurs avant de rejoindre la spectaculaire lagune du Quilotoa au cœur des Andes.

    La côte équatorienne représente pas moins de 59% des frontières du pays, en étant desservie par cette route qui porte le nom d’une sorte de coquille St Jacques à épines typique des eaux chaudes du Pacifique. Le littoral est d’une grande richesse économique pour le pays, lui permettant d’exporter massivement crevettes, bananes, café, cacao et produits de la pêche industrielle. Le tourisme balnéaire est en plein développement. Nous quitterons la la côte un peu avant la ville portuaire de Manta et retrouverons la fraîcheur des montagnes en atteignant l’un des must touristiques de l’Équateur : la lagune du Quilotoa.

    De la côte pacifique à la lagune du Quilotoa, , le parcours décrit dans cet article
    De la côte pacifique à la lagune du Quilotoa, le parcours décrit dans cet article. En version zoomable ici

    Voir fleurir le béton à Salinas

    Nous quittons Guayaquil et rejoignons la côte équatorienne à Salinas, la principale station balnéaire du pays. Comme on pouvait s’y attendre, les grandes plages de la ville sont bordées d’immeubles en béton. Mais là ou l’on ne s’y attendait pas, c’est que l’aménagement paysager soigné et forcément tropical de ces bâtiments arrive à les rendre beaux. Enfin à vous de juger. Les goûts et les couleurs… (il y en a beaucoup, de couleurs)


    Observer des fous à pattes bleues près de Salinas

    La pointe de terre qui s’avance à l’Ouest de Salinas possède la double particularité d’être une réserve naturelle et un terrain militaire. Avec un accès contrôlé pour le public. Notre première tentative s’est d’ailleurs soldée par un échec, un exercice était prévu et l’accès était interdit pendant 2 heures. Et après il ne restait plus qu’une heure avant la fermeture alors nous avons reporté au lendemain. Cette fois nous avons pu entrer, avec la condition de ne pas rouler à plus de 30 km/h et de mettre les warnings en permanence. 3 points de chute et pas 1 de plus sont prévus dans la visite : une pointe rocheuse où niche la seule colonie de lions de mer de toute la côte équatorienne (il y en a aussi sur les îles) ; une colline qui permet d’admirer le panorama sur le site (le temps était moyen, alors bof) ; et une plus grande pointe rocheuse appelée La Chocolaterie, à cause parait-il de la couleur de la mer qui y est très remuante.

    Nous avons trouvé la mer plutôt normale, à la limite c’étaient les rochers, de nature manifestement volcanique, qui avaient cette couleur. Mais ne pinaillons pas, l’intérêt n’était pas là. D’abord cette pointe rocheuse est l’endroit le plus à l’Ouest de l’Équateur, et le second endroit le plus à l’Ouest de toute l’Amérique du Sud (dans quel pays est le premier à votre avis ?). Et puis surtout nous avons pu y observer plusieurs colonies de fous à pattes bleues, que nous n’avions jamais revus depuis notre visite des Iles Galapagos il y a 23 ans. Pour info, les bébés fous naissent avec des pattes grises. La couleur bleue apparait au cours de l’enfance (jeunes fous, va !) grâce à l’apport en caroténoïdes de l’alimentation (poissons, poulpes) et sera d’autant plus vive que les oiseaux sont en bonne santé. Il parait qu’en période d’accouplement, tout le monde se regarde les pieds… Allez, on remercie les militaires de nous avoir laissé voir ça !


    Trouver des œufs d’évêque à Ayangue

    Ayangue est théoriquement un mignon village de pêcheurs au fond d’une baie suffisamment échancrée pour que seules des vaguelettes arrivent sur la plage. Un havre de paix pour les familles avec jeunes enfants ? Nous sommes allés jeter un œil, dans l’éventualité même d’y passer la nuit. Mais nous avons trouvé une plage avec beaucoup de détritus, une eau marron peu encline à la baignade (personne ne se baignait d’ailleurs), des ados avec une grosse sono (peu compatible avec les jeunes enfants), et comble du comble, pas moyen de trouver un vendeur de glaces autres que des bâtonnets dans des congélateurs. De la théorie à la pratique, il y a souvent un grand pas pour l’homme comme pour l’humanité. Une seule chose réjouissante à se mettre sous la dent, si j’ose dire : en regagnant Roberto nous sommes tombés sur ces petits fruits rouge vif qui pendaient d’un arbre un peu à la manière d’organes génitaux masculins. Google Lens confirme en une seconde : ce sont des œufs d’évêque, l’arbre s’appelant plus scientifiquement et sobrement Thevetia ahouai. Ah ouais ? En tout cas c’est très toxique, on n’y touche pas, hein les enfants ?


    Admirer les maisons colorées de La Entrada

    Il y a quelques années tombait en ruines l’église de ce petit village dénommé sommairement La Entrada. Elle n’intéressait personne, pas même les cardinaux de Rome, alors la municipalité joua la carte du crowdfunding. Et ça a plutôt bien marché, au point qu’après la rénovation de cette superbe église donnant directement sur la mer, ce qui est plutôt rare, il restait quelques dollars. Poursuivant alors sa démarche de revitalisation du village, les édiles distribuèrent les fonds restants à des artistes équatoriens pour qu’ils recouvrent de fresques les murs vierges. Le résultat est plutôt réussi et les gens s’arrêtent pour admirer ces façades aux couleurs vives. Le temps gris ne rendant pas justice à ses œuvres, j’ai triché un peu et demandé à l’IA d’ensoleiller mes clichés. C’est à la limite du criard, mais ça rend peut-être exactement l’aspect que ça avait lorsque la peinture était encore fraîche. Un petit saut dans le temps.


    Assister au retour des bateaux de pêche à Salango

    Un peu plus loin, Salango est un autre village de pêcheurs. En fait l’activité est incroyable tout le long de la côte où s’alignent des centaines de bateaux de pêche de toutes tailles, de la grande barque à moteur au petit chalutier, jamais rien de géant. Nous nous sommes garés près de la plage pour la nuit, ce qui nous a permis le lendemain matin d’aller observer le retour de pêche. Une animation hors du commun ou des adultes comme des enfants viennent accueillir les bateaux et les stabiliser – ils abordent à même la plage – pendant le déchargement. Un autre comité d’accueil se forme parallèlement au dessus des bateaux : les oiseaux de mer. Mouettes, pélicans, fous et autres goélands tournoient de plus en plus nombreux, guettant le moindre poisson qui tombe à l’eau lors du transvasement de la cargaison dans les cagettes, et poursuivant les porteurs de celles-ci jusqu’aux camions, essayant tant bien que mal de prélever leur part. Le spectacle évoquerait presque un film du maître du suspense bien connu.


    Observer les baleines et le marché aux poissons à Puerto Lopez

    Quelques kilomètres plus loin, à Puerto Lopez, encore un (gros) village de pêcheurs, on assiste à peu près au même spectacle, mais s’y ajoute celui du marché au poisson, particulièrement coloré et actif. Le poisson tout frais débarqué des bateaux arrive soit sur les étals pour y être vendu, soit dans les cuisines du grand restaurant couvert. De simples tables avec bancs en fait où, alors qu’il est à peine 10h du matin, des gens sont attablés pour déguster des ceviches, du poisson frit ou de l’encebollado (une soupe de poisson) accompagnés de riz, de lentilles, de maïs, de bananes plantains, de frites, de yucca, mais quasiment jamais de légumes. Mais nous sommes venus à Puerto Lopez pour une autre raison : l’observation des baleines.

    C’est avec une agence qui nous avait été recommandée que nous partons pour une expédition en bateau de 3 heures. Les baleines commencent à arriver depuis le début du mois, depuis l’Antarctique, et nous devrions en voir. Effectivement, après 45 mn de trajet en compagnie de 22 autres touristes, en majorité équatoriens, nous apercevons notre premier souffle puis notre première nageoire dorsale : une baleine à bosse, qui se dépêche de plonger lorsque le bateau fonce sur elle, les 2 moteurs de 150 CV à toute puissance. Une maladresse pour être sûrs d’apercevoir la première ? Il n’en est hélas rien, chacune des 7 à 8 rencontres ultérieures fera l’objet du même scénario, voire pire lorsque d’autres bateaux nous reviendrons. Partout ailleurs, du moins dans les lieux que nous avons expérimentés, la règle est au contraire de mettre le moteur au ralenti ou mieux de l’arrêter et de laisser ces paisibles animaux nager tranquillement. J’espère que ce n’est pas comme ça partout en Équateur, parce que les baleines vont finir par se donner le mot. En tout cas une expérience décevante. La fin du programme n’était pas fantastique non plus. Nous sommes passés vite devant une colonie de lions de mer, nous nous sommes mis à l’eau à peine 20 mn pour une séance de snorkeling dans une eau trouble, le principal du temps restant étant consacré à tirer les occupants du bateau 3 par 3 sur une grosse bouée et les rares volontaires – dont moi je l’avoue – 1 par 1 à s’essayer aux « ailes de nages », 2 petites planches que l’on oriente pour plonger plus ou moins profond sous la surface. Au final la sortie a duré 4 heures et nous sommes retournés un peu dépités retrouver un moment de tranquillité sur notre plage de la veille, observant au passage un joli coucher de soleil.


    Repartir de la côte pacifique vers la lagune du Quilotoa

    C’en est assez pour le littoral équatorien, nous repartons en direction du centre du pays. Une traversée de 2 jours dans de jolis paysages très verts et des températures qui restent élevées. Et nous ne pourrons même pas profiter d’un arrêt nature rafraichissant. En effet, le gouvernement vient de décréter l’état d’exception dans plusieurs régions dont celle que nous traversons pour lutter contre le narcotrafic. Un stationnement sécurisé est chaudement recommandé pour la nuit, et comme aucun camping ou parking fermé ne se trouve à proximité, nous passons la nuit dans une station-service ouverte 24h/24 en plein centre-ville. Nous allons à la fois avoir très chaud, ne pouvant ouvrir largement les fenêtres de Roberto et n’ayant pas l’autonomie suffisante pour avoir la clim, mais surtout subir un vacarme sonore important toute la nuit. Non seulement c’est samedi soir, mais en plus c’est le second match de la coupe du monde de foot pour l’Équateur. Indépendamment de cela, un certain nombre de voitures équipées de haut-parleurs énormes installées dans un coffre qui reste ouvert ou sur l’arrière d’un pick-up se baladent dans la ville. Volontairement, le son n’est pas pour les occupants mais pour les autres ! Toute une culture qui n’est pas la nôtre…

    Alors que nous commençons enfin à prendre un peu d’altitude et perdre quelques degrés, nous faisons une pause aux Cascades Miraculeuses, un enchaînement de quelques cascades dont la plus haute fait 74m et de bassins dans lesquels le public vient se baigner. Le nom « miraculeuses » tiendrait de quelques guérisons spectaculaires rapportées par des locaux. Pour nous ça s’est résumé à une courte balade dans une nature exubérante et quelques photos. La cascade de 74 m est assez impressionnante.

    Et puis nous dormirons dans un petit village tranquille à 2500 m d’altitude, avec la fraîcheur qui va avec, et surtout un calme royal !


    Grimper jusqu’à la lagune du Quilotoa

    Lagune du Quilotoa, Équateur

    C’était un must de notre voyage de 2003 et nous tenions à y retourner. Il y a 800 ans, une puissante éruption a entraîné l’effondrement du volcan Quilotoa, laissant un cratère de 3 km de diamètre dans lequel s’est formé un lac de 250 m de profondeur d’une belle couleur émeraude. Un lieu d’une grande beauté qui permet quelques randonnées, dont une de 11 km autour du cratère, à 4000 m d’altitude, et une autre de 2 km qui permet de descendre au niveau du lac à 3500m d’altitude. Le seul problème est qu’il faut remonter ! Hésitant entre les deux, j’ai tranché : j’ai fait un petit bout de chaque…


    10 faits insolites sur l’Équateur

    Ce sont les plaisirs du voyage que de découvrir de nouvelles coutumes ou des faits insolites comparés à chez nous. En voici une petite sélection. Les commentaires sont sous les photos.


    Nous voici maintenant parvenus à nouveau dans la Sierra équatorienne, des hauts plateaux avoisinant les 3000m d’altitude entourés de volcans qui peuvent eux dépasser les 6000. Le plus significatif est le retour de la fraîcheur. Désolé de vous parler de ça en pleine période de canicule en Europe. Sans rancune ? Alors à bientôt !

  • 180. Cuenca, le parc national Cajas et Guayaquil

    180. Cuenca, le parc national Cajas et Guayaquil

    Entre patrimoine colonial, paysages d’altitude et ambiance portuaire, notre itinéraire nous emmène à la découverte de Cuenca, du parc national Cajas et de Guayaquil. Cette étape du sud de l’Équateur nous a permis d’explorer l’une des plus belles villes du pays, de randonner dans les paysages sauvages du páramo et de découvrir la plus grande métropole équatorienne.

    Parcours Loja-Cuenca-Guayaquil, Équateur
    Le parcours décrit dans cet article, en version zoomable ici

    Visiter Cuenca, l’Athènes de l’Équateur

    Oui, pourquoi ne pas appeler ainsi Cuenca, la 3ème ville du pays ? A l’instar des « Venise de … » (au moins 12 occurrences dont 3 Venise du Nord – lesquelles ?), le surnom n’est pas exclusif. « L’Athènes de … » est attribué en général à des villes réputées pour leur savoir, leur art ou leur philosophie. Comme Bogota, Édimbourg, Nashville, Madrid ou encore Alexandrie. Outre son cœur colonial bien conservé inscrit à l’UNESCO, véritable musée à ciel ouvert, Cuenca a vu naître de nombreux écrivains, poètes et intellectuels. Ses débats et salons littéraires l’ont mise en première place pour construire l’indépendance du pays. Son université est l’une des plus importantes d’Équateur. Ses festivals sont nombreux, dont celui du meilleur film féministe.


    Parking devant l'école d'infirmières à Cuenca
    Ça a été notre parking à Cuenca, juste devant l’école d’infirmières, un gros flash back pour Claudie

    Le musée Pumapungo de Cuenca et les têtes réduites Shuar

    Cuenca possède aussi plusieurs musées de qualité, dont le Museo Pumapongo, situé sur les ruines de la ville initiale, appelée alors Tomebamba, et seconde ville de l’empire Inca après Cuzco. Nous avons apprécié les sections archéologie, avec de nombreux artefacts précolombiens présentés de façon pédagogique (des reproductions sont faites pour être manipulées, soupesées, décrites par les élèves) et surtout la section ethnographie, consacrée aux cultures traditionnelles de l’Équateur, avec des dioramas représentant les costumes, les maisons typiques et les modes de vie des peuples de la côte, de la Sierra et de l’Amazonie. Le clou du spectacle étant les fameuses têtes réduites de la culture Shuar. Ces têtes étaient celles de leurs ennemis, traitées pour que leur esprit ne se venge pas et aussi pour pouvoir les porter en trophée. On en décollait la peau après avoir cousu les paupières et la bouche (pour que l’esprit ne s’échappe pas) puis on la faisait cuire modelée sur une forme végétale jusqu’à ce qu’elle atteigne la taille d’un poing. Le processus qui durait jusqu’à 7 jours faisait aussi partie du rite de passage à l’âge adulte des jeunes Shuars. Il est encore poursuivi aujourd’hui avec des têtes de paresseux, la réduction de têtes humaines étant interdite depuis 1950…


    Le véritable chapeau Panama est né à Cuenca

    Pour terminer, l’artisanat de Cuenca est réputé. En particulier c’est dans et autour de la ville qu’est né le chapeau de paille de toquilla, plus largement connu sous le nom usurpé de Panama. Pour rappel, les caisses d’expédition vers le monde entier passaient par le canal de Panama et étaient pour cette raison estampillées « Panama » quelle que soit leur origine, ce qui a créé la confusion chez les destinataires. Lors de notre visite de Cuenca, nous avons découvert l’une des plus anciennes fabriques de véritables chapeaux Panama équatoriens, en place depuis 1950, celle d’Homero Ortega, toujours tenue par la même famille. On nous a expliqué le processus de fabrication, de la récolte des feuilles de toquilla (un palmier) sur la côte équatorienne à l’adjonction finale des rubans, en passant par la sélection des jeunes pousses, leur effilochage en lanières fines, l’ébouillantage destiné à les assouplir, le séchage au soleil après récolte, le tressage qui débute toujours par la calotte (l’absence de calotte indique toujours un faux panama), le façonnage sur des moules sculptés, la finition des bords et fréquemment le blanchiment et le repassage. Selon la qualité du tissage, la fabrication peut prendre entre 3 semaines et 6 mois. On nous a présenté aussi les différentes formes, parfois créées pour tel ou tel artiste (Madonna, Johnny Depp, Ben Affleck ou encore Bryan Cranston). Et puis forcément j’ai craqué lors du passage à la boutique, pour un panama plutôt classique mais avec le ruban aux couleurs de l’Équateur, un édition spéciale pour la coupe du monde de football qui vient de débuter.


    J’ai oublié de préciser un détail important : tout ce que nous avons visité à Cuenca était totalement gratuit. Les décisions politiques intelligentes, ça existe. Quoi de mieux que de mettre la culture à la portée de tous ?


    Randonnées dans le parc national Cajas

    Il faut grimper plus de 1000 m sur la route à l’Est de Cuenca, ce qui nous amène à près de 3850 m d’altitude, pour rejoindre le parc national Cajas, une ancienne vallée glaciaire entourée de collines culminant à près de 4500m et où le retrait des glaciers a laissé plus de 4200 étendues d’eau, dont 180 supérieures à 1 hectare, qu’on pourrait donc qualifier de lacs. Le terrain autour est humide, mousseux et parsemé de plantes rases. Un genre de toundra qu’on appelle ici le páramo. De nombreux sentiers parcourent ce parc de 285 km² (la surface du département du Val de Marne !), sans être toujours bien entretenus ni délimités, à l’exception des sections en planches.

    Nous en avons parcouru 2 : une boucle de 2 km autour du lac proche du parking du centre des visiteurs le jour de notre arrivée. Puis, après une nuit sur place (c’est gratuit, il faut juste accepter de se faire enfermer dans le parc qui n’ouvre ses accès qu’entre 8h et 16h30) une autre boucle nettement plus longue (8 km) et surtout avec davantage de dénivelé, ce qui s’est avéré difficile en raison de l’altitude. Autour de 4000 m, nos poumons de sexagénaires se sont révélés un peu limites…

    Mais globalement le paysage s’est révélé très beau, sauvage à souhait, et porteur d’une végétation unique, à l’image de cette gentiane hirculus qui n’existe dans le monde qu’à cet endroit, comme 70 autres plantes du parc. Nous avons eu l’occasion d’observer aussi de nombreux « arbres de papier », dénommés ainsi en raison de leur tronc qui pèle abondamment. Cette espèce, appelée en réalité Polylepis, ou encore localement Quinua, est la seule de la planète qui puisse encore pousser au-delà de 4000m. Dans ces conditions extrêmes, la croissance est très lente : il faut près de 160 ans pour que la circonférence du tronc s’accroisse d’un centimètre ! Chi va piano va sano…


    Guayaquil, la ville de tous les dangers ?

    Guayaquil est la plus grande ville d’Équateur et le principal moteur économique du pays, notamment grâce à son port. Elle est malheureusement aussi réputée pour sa violence et son insécurité et le Ministère des Affaires Étrangères déconseille formellement sa visite. Cela dit, la moitié Ouest de l’Équateur est dans ce cas, et si nous suivions ces conseils à la lettre nous ne pourrions plus voir grand-chose et puis Guayaquil est un point de passage obligé pour aller vers la côte. Alors nous allons redoubler de prudence, nous garer dans un parking sécurisé, ne pas sortir à la nuit tombée et nous limiter aux quartiers bien achalandés. Ça tombe bien, le gouvernement rénove et sécurise depuis l’an 2000 le Malecón, cette promenade de 2,5 km le long du fleuve, et met beaucoup de policiers dans les rues et places touristiques du centre-ville. C’est ainsi que nous parcourrons avec amusement le Parc des Iguanes, situé juste devant la cathédrale, où des dizaines de ces reptiles descendent de leur arbre à l’heure du déjeuner pour grignoter ce que les passants leurs donnent en pâture. C’est-à-dire des fruits, des légumes et des enfants. Je dis ça sur le ton de la blague bien sûr, mais j’ai trouvé que les parents laissaient leurs rejetons s’approcher bien près de ces animaux qui peuvent infliger de graves blessures avec les écailles de leur queue. Heureusement, rien de tel ne s’est produit au moment de notre passage. Et puis nous avons complété notre parcours touristique en empruntant l’Aerovia, une télécabine qui traverse non seulement la ville mais aussi le fleuve. 1,40 € l’aller-retour, ça fait une promenade pas chère.

    En fait l’élément le plus marquant a concerné les préparatifs de la coupe du monde de football, l’entrée en lice de l’Équateur étant pour le soir même. Un bon quart de la population portait le tee-shirt jaune de l’équipe nationale tandis qu’un autre quart leur en vendait… Le tout à grands coups de trompettes et autres klaxons. A l’heure du match, la ville est devenue instantanément silencieuse, la circulation s’est presque totalement arrêtée. On entendait bien quelques clameurs de temps en temps, tout en sentant une certaine fébrilité ambiante. Alors que nous nous attendions à une reprise de tout cela à la fin du match, cela a été exactement l’inverse. Il faut dire que l’Équateur ayant perdu, plus personne n’avait envie de faire la fête…


    Nous quittons maintenant Guayaquil pour gagner la côte. Des plages, des ports de pêche et des animaux marins à voir, a priori. À très bientôt !

  • 179. Équateur amazonien de Puyo à Loja

    179. Équateur amazonien de Puyo à Loja

    Nous poursuivons notre route le long de la forêt amazonienne, sans y pénétrer véritablement, les voies de communication devenant plus incertaines et le climat plus difficile à supporter. Mais les découvertes restent nombreuses et l’altitude nous permet d’avoir des températures correctes.

    Parcours de Puyo à Loja en Equateur
    Le parcours décrit dans cet article, en version zoomable ici

    Puyo, porte d’entrée en Amazonie

    Oui, j’ai déjà dit ça pour la ville précédente, mais l’Amazonie c’est immense et les portes pour y entrer sont nombreuses. Nous retrouvons une configuration similaire : une tour d’observation, une forêt dense jouxtant le centre-ville et des signes très présents de la culture amérindienne. Ou des cultures amérindiennes car 7 nations autochtones vivent dans la région, à peu près respectées par l’État, avec des modes de vie qui peuvent différer d’un peuple à l’autre. A l’occasion d’une petite foire-exposition dédiée à la santé et très fréquentée par les écoles du coin, nous avons pu voir quelques femmes en tenue traditionnelle ou simplement porteuses de leurs peintures faciales ethniques comme ce ravissant masque rouge autour des yeux. Par respect, nous n’avons pas pris de photo. Mais Claudie a acheté de jolies boucles d’oreilles en plumes. Un sentier aménagé le long de l’une des rivières qui traversent la ville nous a permis, comme à Tena, de découvrir de nouvelles fleurs et plantes. Identifiées a posteriori par l’application Google Lens bien pratique.

    La journée s’est poursuivie au marché, où nous avons pu déguster enfin le fameux maito équatorien (papillotes de poisson ou parfois de viande réalisées en feuilles de bananier – ce qui donne un goût particulier à la cuisson et donne une tendreté au contenu, du tilapia dans notre cas).

    Nous avons terminé par un petit tour au cimetière voisin, assez classique pour un pays latino, comportant tout de même quelques curiosités (voir les photos).


    Nids d’autruche

    Il nous reste encore 500 km à parcourir sur cette route transamazonienne avant de rejoindre la ville de Loja, qui sera la plus au Sud de notre périple équatorien depuis notre retour en France. Et plus l’on descend, plus l’état de la chaussée se dégrade. Il faut dire que le climat très humide, les torrents non canalisés qui traversent, la végétation toute proche qui déforme le bitume (ou le ciment) et les glissements de terrain  n’arrangent rien. Il est rare de faire plus d’un kilomètre sans tomber sur une zone de terre, un effondrement de chaussée ou d’énormes nids-de-poule qui justifient mon titre. La conduite nécessite une attention permanente qui laisse à peine le temps d’admirer les collines de forêts embrumées, les nombreuses cascades, la terre rouge, les petits villages et leur population. Il a pas mal plu aussi lors de cette traversée. Ayant mal anticipé l’engorgement d’une pelouse où je souhaitais nous garer pour la nuit, j’ai même réussi à embourber Roberto. Il faudra l’aide d’un pick-up et des ados d’une salle de sport voisine pour nous sortir de là…


    Loja la méconnue

    La ville de Loja est un peu en dehors des circuits touristiques, et pourtant elle a beaucoup de charme et mérite largement le détour. Fondée en 1548 par un capitaine espagnol natif de la ville de Loja près de Grenade, dans le but de garantir la sécurité des soldats et de leurs familles, la ville été particulièrement bien préservée, notamment dans son architecture coloniale et ses édifices publics ou religieux. Il est agréable de se balader dans ses rues pavées bordées de maisons multicolores aux balcons de bois, de flâner sur ses places arborées en observant la foule qui s’y rassemble, d’entrer dans les églises pour y admirer les dorures exubérantes et la statuaire expressive, voire constater la ferveur des pèlerins qui s’y rassemblent. Pas moins de 7 messes sont programmées chaque dimanche, et entre 4 et 5 les autres jours, c’est dire la demande. Nous avons parcouru également le beau jardin botanique, notre passion pour la flore tropicale n’étant pas encore assouvie, et nous n’avons pas été déçus. C’est tout de même le plus ancien d’Équateur et il possède pas moins de 1385 espèces. Nous nous sommes régalés !

    La rue Nuestra Señora de Lourdes à Loja, Équateur
    La rue Nuestra Señora de Lourdes à Loja, Équateur

    Nous aurions pu prolonger d’une journée notre séjour à Loja, mais la pluie s’en est mêlée, prévue pour durer toute la journée et dans ces cas-là, une seule solution : rouler !

    Prochaine destination : Cuenca. A très bientôt pour la visite !