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Tout sur notre voyage autour du monde en fourgon aménagé, des étapes préparatoires au parcours détaillé pays par pays

  • 190. De Guane à Carthagène des Indes

    190. De Guane à Carthagène des Indes

    C’est hélas la dernière étape sudaméricaine pour Roberto qui va reprendre le chemin de l’Europe. Après avoir traîné encore un peu dans les montagnes, nous nous résignons à rejoindre la côte et son climat tropical. Pour quelques dernières aventures.

    Notre parcours de Guane à Carthagène des Indes
    Notre parcours de Guane à Carthagène des Indes – En version zoomable ici

    Guane

    À une dizaine de kilomètres seulement du plus beau village de Colombie, et dans un cul-de-sac routier, Guane n’est pourtant pas un sous-Barichara. Moins fréquentée touristiquement, moins peaufinée esthétiquement, elle n’en est que plus authentique. La pierre taillée reste le matériau principal des voiries et des maisons, avec une dimension particulière ici : la présence de fossiles. Très nombreux dans cette région couverte par la mer il y a 60 millions d’années, ils ont été d’emblée utilisés pour le bâti par les indiens Guane, au même titre peut-être que les autres roches récupérées dans le sol. Aujourd’hui, c’est devenu une tradition, voire un hommage à la mémoire historique et culturelle du village. C’est ainsi que des ammonites géantes délimitent des parterres de fleurs devant la petite église, que des fossiles d’oursins et de gastéropodes renforcent la base des statues de la place centrale ou se retrouvent incrustés dans des trottoirs. Et que de nombreuses enmuchiladas (des ammonites usées ou des concrétions en forme de sac tressé) ornent les murs des maisons ou encore de ce café magnifiquement situé face à une grande vallée où nous avons fait une pause. Et pendant que l’on parle de boisson, nous avons acheté un flacon d’une boisson locale typique : le sabajón, à base de lait de chèvre, d’œufs, de sucre de canne et d’aguardiente (eau-de-vie de canne) et le plus souvent d’un ingrédient aromatique local (café, guanabana, fruit de la passion, etc.). Cela donne un mélange crémeux proche du Baileys avec l’arôme en plus. Le nom vient effectivement du sabayon, cette crème dessert onctueuse d’origine italienne, importée par les colons espagnols et adaptée par les locaux.




    Le canyon du Chichamocha

    Nous allons suivre pendant une cinquantaine de kilomètres, sur une superbe route à flanc de montagne, cette grande vallée bordée de montagnes arides entourant une rivière café au lait. Au milieu se trouve un parc national au nom trompeur qui n’est en fait qu’un parc d’attraction dont raffolent les Colombiens : restaurants à tout va, mains géantes destinées aux selfies, téléphérique qui descend dans le cañon et remonte de l’autre côté en guise de montagnes russes. Le prix déjà élevé, encore majoré pour les étrangers, et notre peu d’intérêt pour la foule et ce genre d’attractions nous ont fait passer notre chemin. À l’inverse, nous sommes allés nous installer pour la nuit au bord d’une toute petite route surplombant une autre vallée beaucoup plus calme. Et c’est le soir, à la fois parce que c’est à ce moment que je l’ai trouvé sur Internet mais aussi parce que le clair de lune le confirme, que se révèle la traduction en langue amérindienne du nom de cette rivière qui coule au fond du canyon : Chicamocha signifie « un fil d’argent lors d’une nuit de pleine lune dans la cordillère ». En toute poésie.


    Girón, la ville coloniale de trop ?

    Un peu étouffée par son encombrante voisine Bucaramanga et par la chaleur liée à sa faible altitude, Girón ne nous laissera pas un souvenir impérissable. Oui l’architecture coloniale n’est pas trop mal conservée, mais avec moins d’harmonie visuelle que dans des villages comme Barichara, Guane, Iza ou encore Mongui, pour ne citer que les plus récemment visités. Oui nous y avons vu quelques ruelles pavées, quelques compteurs électriques transformés en œuvres d’art et même un iguane qui attendait les clients d’un restaurant. Le seul tort de Girón est peut-être d’avoir été la dernière sur notre route ?


    Les colonnes de grès des Estoraques

    Parking - bivouac du site des Estoraques en Colombie
    Parking – bivouac du site des Estoraques en Colombie

    Voilà un joli site qui nous a fait faire un détour de 150 km. Le fait de passer encore 2 nuits à  la fraîche a compté aussi dans notre motivation. Les Estoraques, c’est une curiosité géologique : des couches sédimentaires de grès brun déposées là il y a des milliers d’années ont été transformées en colonnes, piliers, grottes et silhouettes de toutes sortes (roi, vierge, animaux, etc.) par l’érosion combinée des précipitations, du vent et des mouvements sismiques. Il en résulte un décor spectaculaire, qui a même inspiré un film de Disney. Une vraie bouffée d’oxygène (en réalité c’est l’inverse vu l’altitude…) et de calme (nous avons dormi seuls sur le parking du site le second soir et avec un couple de Chiliens le 1er) avant de redescendre dans la vallée et ses 38°C.


    Encanto, le Disney colombien

    C’est en nous faufilant dans un labyrinthe formé par d’étroits couloirs entre les colonnes que nous tombons sur une sorte de grand patio entouré de murs immenses, avec ce panneau : ce lieu a inspiré la chambre de Bruno dans le film de Disney « Encanto« . Retournés dans Roberto après quelques séquences vidéo tournées par nous-mêmes, nous en apprenons davantage sur ce film pas vraiment de notre âge, ce qui explique que nous en ignorions l’existence, mais que nous avons visionné parce qu’il se passe en Colombie et que de nombreux lieux que nous avons visités y sont reproduits. Une vraie brochure touristique qui doit néanmoins surtout parler à des gens du pays ou à ceux qui l’ont parcouru.


    Vamos à La Playa … de Belén

    La Playa de Belén est le village niché au cœur du site des Estoraques. Le nom de « plage » est curieux à 1450 m d’altitude et en l’absence de toute étendue d’eau. J’imaginais qu’il était lié au sable qui s’écoule des colonnes de grès et dont on retrouve par endroits sur le bord de la route, mais apparemment le nom viendrait des bords sableux d’une rivière du coin que nous n’avons pas retrouvée (tout est super sec). Quant au qualificatif Belén, il vaut pour la vierge à l’enfant évoquant la nativité (Bethléem donc) qui trône sur une petite colonne de grès à un bout de la ville. La protectrice du site en quelque sorte, qui fait l’objet d’un pèlerinage très actif le premier dimanche de chaque mois. Voilà pour l’étymologie. Le village lui-même est charmant, dans un style colonial plutôt harmonieux avec des habitants d’autant plus accueillants que ne sont pas si nombreux les touristes qui font le détour jusqu’ici.


    Une journée compliquée

    La vie nomade n’est pas toujours un long fleuve tranquille. Des évènements indésirables se produisent parfois. Et, conformément à la loi des séries, ils ont tendance à se cumuler. Cette journée en sera l’exemple parfait hélas.

    Épisode 1 : la police d’Ocaña nous remet dans le droit chemin

    La série noire commence dès la première ville traversée avec un coup de sifflet de la police qui nous arrête alors que nous nous engagions sur une petite route de terre reliant deux routes bitumées, comme conseillé par notre GPS. Très gentils, ils commencent par nous serrer la main (c’est l’habitude ici), vérifient rapidement quelques papiers pour la forme, s’intéressent à notre maison roulante (c’est encore plus l’habitude ici !) et à notre parcours. Puis finissent par nous dire que le chemin n’est pas adapté à notre véhicule (ils ne savent pas par où on est passé, mais peut-être qu’après tout ils ont raison) et nous proposent (avons-nous le choix ?) de les suivre jusqu’à la route correcte. Nous traversons ainsi toute la ville derrière eux. Ils finissent par s’arrêter et nous souhaitent bon voyage, puis disparaissent dans une petite rue non sans nous avoir lancé un petit coup de sirène amical. Rien de bien méchant, juste une perte de temps.

    Les policiers d'Ocaña : trop bienveillants ?
    Les policiers d’Ocaña : trop bienveillants ?

    Épisode 2 : les freins nous (re)lâchent.

    Nous devons rejoindre la vallée par une longue descente d’une cinquantaine de kilomètres, qui va beaucoup solliciter les freins (la boîte de vitesses depuis un moment supporte mal le frein moteur…) et le frottement d’usure que nous avions constaté vers Medellin va se reproduire, mais sur une roue arrière cette fois. Ça freine encore, grâce aux 3 autres roues, mais il va quand même falloir agir dans un délai raisonnable, le temps de rejoindre une grande ville où les chances de trouver des pièces détachées disponibles sont plus grandes.


    Épisode 3 : les travaux sur la route

    Comparativement aux routes déjà parcourues en Colombie, cette route nationale en fond de vallée est plutôt en bon état, avec même un certain nombre de tronçons à 2 fois 2 voies qui permettent de doubler facilement les camions qui représentent 80% du trafic. Mais chaque traversée de ville ou village est un enfer. Je n’ai toujours pas compris pourquoi, mais ces véhicules particuliers, ces bus, ces camionnettes, voire ces poids-lourds qui nous doublent parfois à toute vitesse sur des routes en mauvais état sont soudain terrorisés par le moindre ralentisseur ou par de simples bandes rugueuses qu’ils franchissent alors à 3 km/h comme s’ils transportaient un chargement d’explosifs. Même réflexion au passage pour les radars, généralement bien annoncés, que les conducteurs franchissent à peine à la moitié de la vitesse limite autorisée. À ça se rajoutent de nombreux travaux, avec des circulations en sens unique qui peuvent nécessiter d’attendre une demi-heure, les vendeurs de tout et n’importe quoi au moindre ralentisseur devant lesquels les conducteurs n’hésitent pas à bloquer tout le monde le temps de s’acheter une boisson et un paquet de chips. Au total nous ne dépassons guère les 30km/h de moyenne pour des routes où l’on pourrait rouler à 100…


    Épisode 4 : la policière corrompue

    Malgré tout ce que nous avions entendu sur la corruption de la police en Amérique du Sud, malgré les nombreux contrôles policiers que nous avons eus lors de ces 2 années de traversée du sous-continent, nous n’avions toujours rencontré que des policiers aimables et professionnels, juste un peu curieux parfois mais sans plus. Mais voilà que cette policière nous arrête en sortie de ville et va chercher mille raisons de nous trouver en infraction, dans le but de nous proposer une alternative entre une amende salée et un « arrangement » qui finira dans sa poche. Devant ses collègues d’ailleurs qui sont donc dans la combine. Elle va finir par nous coincer sur l’extincteur qu’elle juge non conforme parce qu’il est rouge et que ceux du pays sont jaunes, avant de jubiler en découvrant que notre date de péremption est dépassée de 2 ans. Ordinairement, il est conseillé en pareil cas de prendre des photos du fonctionnaire et d’exiger de payer l’éventuelle amende au commissariat le plus proche, ce qui en général est dissuasif. Mais pour cela il faut du temps, ce dont nous disposons habituellement, mais là avec cette journée déjà éprouvante et la proximité de notre shipping, nous avons préféré nous en débarrasser en lui abandonnant l’équivalent de 12 euros. Mais ça nous a mis de mauvais poil et ça nous a de nouveau fait perdre du temps.

    Police corrompue : première expérience en 2 ans d'Amérique du Sud et 5 ans 1/2 de voyage !
    Police corrompue : première expérience en 2 ans d’Amérique du Sud et 5 ans 1/2 de voyage !

    Épisode 5 : un potentiel bivouac transformé en marécage

    Dans la chaleur devenue éprouvante depuis que nous sommes redescendus dans la vallée (le thermomètre de Roberto affiche 38°C) nous cherchons un lieu de bivouac ombragé et un petit parc au bord d’une rivière est annoncé sur notre application. Nous parvenons au lieu indiqué après 2 km d’un chemin de terre étroit, pour tomber sur une sorte de marécage. Manifestement, le lieu est actuellement inondé. Nous arrivons péniblement à faire demi-tour et rejoignons la route principale, en ayant encore perdu du temps. Le soleil commence à descendre sur l’horizon d’ailleurs.


    Épisode 6 : l’apothéose

    Le spot suivant proposé par l’application iOverlander est au bord d’un stade, dans un hameau situé une quinzaine de kilomètres plus loin. Accessible par moins d’un kilomètre de chemin de terre. Mais nous n’en ferons que la moitié, les 2 roues du côté gauche de Roberto s’enfonçant brusquement dans 2 ornières qui paraissaient sèches au premier abord mais dont la croûte a cédé sous notre poids. Nous comprenons très vite que nous sommes bloqués et que nous n’allons pas nous en sortir seuls. Heureusement, des gens sortent des maisons proches et viennent proposer leur aide. L’un amène des pelles, l’autre une plance, et nous commençons à dégager un passage devant la roue avant (motrice). Mais dès que l’on commence à creuser un peu, le sol devient liquide et la roue s’enfonce davantage. Les premières tentatives de sortir en avant comme en arrière sont un échec. Peut-être lié en partie au fait que le plancher de Roberto touche le sol. Nous attirons évidemment les curieux. Chacun y va de son conseil.

    Quelqu’un finit par appeler quelqu’un qui possède un tracteur. Pendant que nous l’attendons et que le soleil très bas commence à nous faire craindre de passer la nuit embourbés ici, j’installe le crochet de remorquage et une corde que nous avions achetée à cet effet. Le tracteur arrive et nous tire dans l’axe. Échec : la roue part de travers, refusant de sortir de l’ornière où elle est maintenant enfoncée aux deux tiers. Le tracteur vient alors se placer face à cette roue et nos aidants accrochent la corde d’une part sur la jante et d’autre part sur l’outil de levage de l’engin. La roue s’élève lentement, par à-coups. Chacun retient son souffle. La corde qui commence à s’effilocher un peu ne va-t-elle pas lâcher ?

    Finalement non. Quand la roue est assez haute, le tracteur recule un peu et repose notre véhicule sur le sol un peu plus ferme à côté de l’ornière. Une dernière traction dans l’axe, une poussée des passants à l’arrière, et …nous voilà sortis de cet endroit maudit ! Nous remercions chaleureusement tout le monde, donnons un peu d’argent et une petite bouteille de rhum aux principaux intervenants puis repartons sur la route goudronnée, abandonnant l’idée du stade.


    Épisode 7 : à la recherche d’un spot dans la nuit

    Nous voilà repartis la nuit tombée cette fois jusqu’à la prochaine ville. Nous rejoignons tant bien que mal la place centrale où parfois il est sécurisant de se garer, mais là c’est vraiment trop agité. Nous en faisons le tour désespérément. Non ce n’est décidément pas un bon endroit. Nous décidons de revenir vers la route nationale ou un hôtel accueille parfois des véhicules de loisir dans sa cour. En quittant la place centrale, un policier tape sur la carrosserie. « Votre roue fait du bruit ». « Oui nous avons un problème de frein, nous allons voir un garagiste demain, merci ». Petite piqûre de rappel pour les freins… Nous arrivons finalement dans la cour de l’hôtel. Un monsieur très aimable sort de l’un des bâtiments et nous invite à nous stationner juste devant chez lui. Gratuitement. Nous aurons du mal à trouver le sommeil avec la chaleur et les évènements de cette journée compliquée, mais nous sommes contents d’être posés !


    Aracataca : la ville natale de Gabriel Garcia Marquez

    C’est un leitmotiv ici : le portrait de l’homme préféré d’Aracataca est affiché partout, une vraie fierté que d’avoir vu naître ici un prix Nobel de littérature ! Il a même été question un moment de renommer la ville Macondo, le lieu central imaginaire de l’univers littéraire de l’auteur. Ç’aurait d’ailleurs été plus facile à prononcer. Mais la population, consultée par référendum, a voté contre. Tout en permettant l’installation d’une fresque de 300 mètres de long cumulant des scènes de « Cent ans de solitude », l’œuvre majeure de Gabriel Garcia Marquez. La maison natale de l’auteur se visite. Mal conservée au départ, elle a été reconstituée d’après des photographies et surtout grâce aux descriptions qu’en a fait « Gabo ». Le lien avec les différentes pièces est ainsi bien expliqué. Un agréable jardin entoure la maison, avec notamment un superbe figuier étrangleur dont les racines aussi bien aériennes que terrestres sont spectaculaires.


    Santa Marta : la plus ancienne ville de Colombie

    C’est ici que nous rejoignons la côte caraïbe après 3 jours de route éprouvants. Santa Marta est une grande ville, où nous avons davantage chance de trouver des pièces détachées adaptées à notre véhicule européen, alors nous allons d’abord essayer de résoudre ce problème prioritaire avant d’entreprendre la visite touristique.

    1. Passage obligé chez le garagiste

    Notre première tâche est de trouver un garagiste pour résoudre notre problème de freins. Nous y arrivons vers 18h, un peu avant la fermeture. Aucun souci, il nous prend à 7h30 le lendemain. Essayez de tenter ça en France ! Nous restons garés sur son parking et passons la nuit dans l’hôtel adjacent, profitant ainsi d’une clim bienfaisante. Le démontage confirme l’usure totale des plaquettes et partielle du disque correspondant. Le disque pourra être ré-usiné sur place et après avoir un peu cherché, ils sont arrivés à trouver des plaquettes de rechange. Moins de 3 heures plus tard tout était fait, pour l’équivalent de 70 euros. Chapeau les garagistes colombiens !


    2. Visite de Santa Marta

    Nous pouvons partir découvrir la ville, moyennement attrayante. Santa Marta serait pourtant la plus ancienne ville de Colombie, mais sa conservation n’est pas exceptionnelle. Nous verrons un peu d’architecture coloniale, un musée de l’or consacré ici aux indiens Tayrona, une frise temporelle sur la vie de Gabriel Garcia Marquez sur le mur de la bibliothèque. Et nous passerons une nuit bien (trop) au chaud pas très loin de la plage.



    La dernière demeure de Simón Bolívar

    Notre parcours initiatique sur Simón Bolívar se termine comme lui à Santa Marta puisque c’est là que s’est éteint le célèbre libérateur de l’Amérique du Sud en 1830, accompagné par un médecin français. Il est mort avec le grand regret que les républiques qu’il avait contribué à créer ne soient pas restées unies. Un peu comme Gandhi avec la partition de l’Inde, sauf que  ce dernier était tout sauf un mercenaire. Nous visitons l’hacienda où il était hébergé, préservée dans ses conditions d’époque. On y a ajouté bien sûr quelques monuments commémoratifs. Et quelques expositions artistiques pour que le public continue de venir. Nous avons apprécié aussi le bel aménagement paysager. Après avoir été inhumé dans la cathédrale de Santa Marta, Simon Bolivar repose désormais au Panthéon de Caracas, sa ville vénézuélienne natale.


    Rencontre avec Eva, Jules et George

    Nous rejoignons à quelques kilomètres de là, à Pozo Azul précisément, le parking d’un hôtel en bord de plage où nous passerons 2 jours. Pour profiter de la petite brise du soir et de la mer bien sûr, mais surtout pour rencontrer Eva, Jules et leur fourgon George qui partagera avec Roberto le container de retour vers l’Europe. C’est eux qui avaient passé une annonce sur un groupe de voyageurs mi-juillet pour chercher ce qu’on appelle un « container buddy », alias un compagnon de conteneur, pour leur Peugeot J7 de 1979 qui a bravement fait le tour de l’Amérique du Sud. Pile au moment où nous cherchions de notre côté. Nous nous étions bien sûr parlé en visio sur WhatsApp mais jamais rencontrés de visu. Voilà qui est fait. Dans quelques jours nous nous retrouverons au port pour déposer nos véhicules respectifs.


    Barranquilla : Shakira et la mangrove

    Nous évitons de traverser la grande ville sans intérêt pour les touristes de Barranquilla et préférons en faire le tour. C’est d’ailleurs là que se trouvent les rares points d’intérêt.

    1. Shakira la Barranquillera

    Nous rencontrons tout d’abord la statue de Shakira. En dehors du pays, peu de gens savent que la célèbre chanteuse, danseuse et compositrice est Colombienne et qu’elle est native de Barranquilla. Mais les Barranquilleros oui ! C’est la seconde effigie mise en place, la première n’étant pas assez ressemblante. En hommage au succès mondial de la star, nous nous sommes quand même arrêtés faire la photo, mais on ne peut pas dire que nous sommes fans. Il a fallu que je cherche un peu pour apprendre qu’elle avait repris partiellement en Français le Je l’aime à mourir de Francis Cabrel et qu’elle avait cumulé plus d’un milliard de vues pour avoir interprété l’hymne de la coupe du monde de foot 2026.

    2. L’écoparc de Mallorquín

    Au risque de choquer, nous avons préféré deux kilomètres plus loin notre balade sur des passerelles en bois permettant de découvrir l’écosystème de la lagune côtière et de ses mangroves au nord de la ville. Un immense espace vert de près de 500 hectares qui a été conçu pour récupérer et protéger le Marais de Mallorquín, une zone auparavant fortement polluée et utilisée comme décharge. Pour ce projet pharaonique, la Colombie a dépensé 34 millions d’euros et emprunté plus de 43 millions d’euros à la banque de développement de l’Amérique latine. Nous avons trouvé cet espace magnifique, permettant d’observer gratuitement qui plus est une faune et une flore généreuse, dont beaucoup d’oiseaux et 3 espèces de mangroves. Les 7 km de passerelles sur pilotis, les terrasses qui s’avancent sur la lagune et la grande tour d’observation avec sa double rampe où l’on monte puis redescend sans repasser par le même chemin sont des chefs-d’œuvre d’architecture en bois, mais nous laissent dubitatifs quant à l’ampleur de la dépense dans un pays qui est loin de rouler sur l’or.


    Puerto Velero, avant dernière étape colombienne

    Toujours pour profiter un peu de la brise marine, nous nous arrêtons en bord de plage dans l’anse protégée de Puerto Velero. C’est un petit village de pêcheurs qui possède quelques restaurants de plage sous un alignement de palapas. Nous nous garons à distance, craignant d’être dérangés par la musique en ce samedi soir, mais une bonne pluie orageuse fera fuir tout le monde avant l’heure. Et le dimanche matin s’est révélé plutôt calme, propice à l’observation du ballet nautique des pélicans et de la pêche à la senne de quelques pêcheurs courageux. Rien de tout ça n’était typiquement colombien, c’était davantage un moment de repos avant de prendre la route de Carthagène dans l’après-midi. Le bout du bout des 18 mois de périple sudaméricain avec Roberto.


    Destination Carthagène des Indes

    Nous arrivons donc à la dernière étape de notre parcours colombien, mais aussi sudaméricain pour Roberto. C’est de là qu’il va repartir en container vers l’Europe pour de nouvelles aventures pendant que nous jouerons un peu les prolongations. À très bientôt pour la suite !

  • 189. De Tunja à Guane

    189. De Tunja à Guane

    De Tunja à Guane, nous allons poursuivre notre road trip colombien en suivant les montagnes, peu pressés de retrouver la fournaise des vallées. De charmants villages coloniaux s’y succèdent, comme quelques curiosités naturelles. Que du bonheur !

    Notre parcours de Tunja à Guane, Colombie. En version zoomable ici
    Notre parcours de Tunja à Guane, Colombie. En version zoomable ici

    Éjectés par la police !

    Les nuits se suivent et ne se ressemblent pas. Nous avions pourtant envie de renouveler l’expérience nature de la veille juste avant la grande ville qu’est Tunja afin d’éviter une nuit bruyante en centre-ville. Le spot que nous visions, juste sous les lettres qui dominent la ville à la manière de l’enseigne Hollywood de L.A., n’était malheureusement plus accessible. Mais nous trouvons à courte distance un petit terrain herbeux proche de la croisée de 2 chemins, idéalement prometteur d’une nuit paisible. Mais 2 policiers circulant par là sur une seule petite moto vers les 7h du soir, bien après le coucher du soleil, en décideront autrement. Le discours est habituel : là où vous êtes, nous ne pouvons pas assurer votre sécurité, vous devriez dormir à l’hôtel, etc. Une méconnaissance totale de la vanlife et une exagération de l’insécurité (la région n’est pas jugée spécialement dangereuse par les autorités internationales) et les voyageurs de l’endroit fermé juste à côté n’ont rapporté aucun désagrément. Mais difficile de contester la force publique, alors nous sommes descendus en ville de nuit – ça par contre ça n’est pas recommandé ! – et avons trouvé une place au fond d’une impasse en ville, forcément moins calme que notre coin en campagne de la veille.


    Tunja et la maison de l’écrivain

    Nous partons pour une balade dans les rues du centre historique, qui a conservé quelques maisons coloniales autour d’une grande place (Bolivar bien entendu). Notre guide recommandait de visiter la cathédrale, que nous n’avons pas trouvée exceptionnelle, le temple Santo Domingo avec son plafond qui en ferait la chapelle Sixtine de Colombie, malheureusement fermée, la maison du fondateur de la ville avec son plafond mudéjar (mélangeant les styles mauresque, chrétien et judaïque) malheureusement pas encore ouverte, et la maison de l’escribano Don Juan Vargas réputée pour ses plafonds ornés de magnifiques fresques … heureusement visitable le temps que la guichetière-guide termine son café et aille chercher les clefs. Nous aurons vu au moins un des plafonds célèbres de la ville… Claudie pourtant grande lectrice n’avait jamais entendu parler de cet écrivain, mais c’est normal puisqu’il n’en était pas un… Escribano signifie en fait greffier ou notaire. Ce monsieur exerçait donc cette haute fonction à l’époque coloniale. La demeure du XVIe siècle est parfaitement conservée et contient de nombreuses pièces et meubles authentiques où l’on sent le poids des ans. Le point d’orgue de la visite est effectivement un ensemble de fresques peintes sur les plafonds de deux pièces, tout aussi bien conservées que les meubles. Elles représentent plusieurs aspects de la vie quotidienne et religieuse de l’époque coloniale, avec des saints, des végétaux, des animaux et des symboles du pouvoir et de la foi. Avec un style très original.


    Customisation

    Les Colombiens adorent customiser leurs véhicules, particulièrement lorsqu’il s’agit de taxis, de bus, ou de la populaire 4L Renault. En voici quelques exemples.


    Les délices d’Iza

    1. Les desserts du marché

    Ça n’est pas si fréquent, mais la ville d’Iza est connue pour ses desserts, au point d’avoir un marché dédié chaque dimanche. Malheureusement, nous y étions en semaine, mais les boutiques autour de la place centrale sont ouvertes tous les jours. Mille-feuilles, génoises garnies d’arequipe (confiture de lait) et de fruits locaux ou encore merengón sont parmi les plus populaires, Nous avons jeté notre dévolu sur ce dernier, proposé dans une sorte de salon de thé opportunément placé 10 mètres derrière Roberto. Comme son nom l’évoque, ce dessert est à base de meringues (françaises précisent-ils) entre lesquelles sont glissés de la crème, des fruits, une sauce sucrée, le tout étant personnalisable, y compris le topping. Au moins 2000 calories mais délicieux !


    2. Le « Nid vert du Boyacá »

    Touchée par la classification du village au patrimoine national, la ville apporte un soin particulier à son entretien et évite les débordements. L’architecture coloniale est ainsi bien préservée avec des maisons à un seul niveau, des toits de tuiles en terre cuite, des murs blancs ornés de quelques fresques et des ouvertures et balcons en bois peint de couleurs vives. À quelques pas du centre-ville, enjambant une petite rivière paisible, se trouve un autre vestige de la période coloniale : le Pont des Amoureux, dédié aux couples qui viennent se promener le soir sur ses traverses de bois encadrées de colonnes de pierre avant d’aller déguster un dessert sur le Parque Central sous les arbres couverts de mousse espagnole.


    3. Les Thermes d’El Batán

    Une petite route de terre de quelques kilomètres nous a menés du centre-ville à ce petit établissement thermal tout simple au milieu de la nature, dont le nom signifie « le moulin ». Un eau à 33°C sans soufre cette fois mais avec du carbonate de calcium pour minéral dominant. L’ambiance était particulièrement calme ce matin de milieu de semaine (une seule autre personne fréquentait les lieux) et l’effet relaxant était encore renforcé par un léger fond musical chinois. Pas trop typique mais il est difficile de trouver une musique sudaméricaine relaxante…


    4. Les délices de la langue

    Le peuple Muisca a vécu dans la région d’Iza entre 600 et 1540 ap. J.-C. avant d’être christianisé de force par les Espagnols et de disparaitre dans la masse. Leur centre religieux, le Temple du Soleil, situé dans la ville voisine de Sogamoso et a immédiatement été détruit par les conquistadors. Iza était plus discrète, ce qui lui a permis d’être préservée, et possiblement de se sentir une sorte de responsabilité dans la promotion du souvenir de la culture Muisca. J’ai trouvé ainsi des tableaux de porte-clefs intitulés « alphabet Muisca » où chaque lettre de l’alphabet latin est associée à un symbole Muisca. Malheureusement, aucun tableau n’était complet. Le meilleur que j’ai pu photographier était encore amputé de sa lettre D, correspondant sans doute à une demande excessive des Diego, David et autres Daniela, prénoms les plus fréquents en Colombie.

    Mais qu’à cela ne tienne, je me suis lancé à transmettre la photo à ChatGPT en lui demandant de compléter le porte-clef manquant. Pas si simple a priori, l’intelligence artificielle devant successivement reconnaitre qu’il s’agit d’un alphabet Muisca, que chaque symbole est associé à une lettre, que la lettre manquante est le D, et qu’il faille reconstituer l’image du porte-clef manquant. Moins de 10 secondes après la demande, j’ai reçu un tableau complet avec le porte-clef qui manquait. Bluffé, j’ai tout de même cherché sur Internet les caractères de l’alphabet Muisca. Et le symbole pour le D ne correspondait pas ! J’ai envoyé derechef mon tableau de référence à ChatGPT, qui m’a pondu sans sourciller un nouveau porte-clef avec le bon symbole cette fois. Je l’ai félicité, ça permet d’humaniser un peu le dialogue. Mais un peu trop vite car en voulant en savoir encore plus sur la langue Muisca – oui je reconnais être pénible au quotidien – je me suis aperçu qu’en réalité, il n’existe PAS d’alphabet Muisca ! Le souvenir de la langue étant davantage oral ou phonétique qu’écrit. Mais ça c’est une autre histoire !


    Le Lac de Tota

    Nous arrivons dans un autre lieu sacré pour les Muisca, qui est aussi le plus grand lac d’eau douce de Colombie : le Lac de Total. Nous avons prévu d’en faire le tour.

    1. Et l’Autriche franchit notre frontière

    Après avoir circulé longtemps sans croiser grand monde, nous nous arrêtons pour la nuit sur un petit promontoire au-dessus de ce lac de Tota, culminant à 3015 m d’altitude. Nous nous réjouissons à l’avance du calme et de la fraicheur à venir, tout en admirant la vue sur les pentes vertes qui descendent vers l’onde immobile et les montagnes baignées de brume alentour. Nous nous imaginons être transposés au Connemara. Mais le charme se rompt d’un coup quand un gros camping-car vient se garer juste devant nous. Cela fait plusieurs semaines que nous n’avons pas croisé de véhicule de ce genre, et il faut que ça tombe sur nous. Des gens comme ça qui se sentent plus rassurés s’ils sont collés à leurs congénères. Nous serions arrivés après eux, nous aurions cherché un endroit plus loin ! Un peu irrités, nous n’avons pas trop discuté avec ce couple d’Autrichiens, juste assez pour savoir qu’ils se dirigent vers le Sud et que nous n’aurons pas l’occasion de les revoir sur notre chemin. Grrr !


    2. La monoculture de la ciboule

    La route qui fait le tour du lac de Tota est pittoresque mais les endroits pour s’arrêter sont rares tant les rives sont occupées par des cultures. Et principalement par la ciboule, un intermédiaire entre l’oignon et le poireau, très utilisée dans la cuisine colombienne. 80% de la production nationale est originaire d’ici. Les travaux dans les champs sont intenses et ne sont en rien saisonniers : la stabilité du climat frais et humide du lac tout au long de l’année permet 4 à 5 récoltes par an. En espaçant bien les semis, la production est ainsi quotidienne. Elle est même si intense qu’avec tous ces travailleurs qui nettoient et lient une multitude de ciboules non loin de notre route, nous en avons les yeux qui piquent ! C’est même les larmes aux yeux que nous apercevrons la minuscule Playa Blanca, la plus haute plage du pays. Avec le temps mitigé et surtout une température maximale du lac autour de 13°C malgré le mois d’août, elle était évidemment déserte.


    Mongui, la ville aux couleurs de Noël

    Voilà encore une ville qui se revendique la plus belle de toutes, en se limitant sagement à celles du département du Guayacá. Cela méritait donc une petite visite. Effectivement on trouve là encore une architecture coloniale bien conservée, avec la particularité que toutes les menuiseries des façades sont ici peintes en rouge, vert et or. Avec un certain nombre de boules de toutes tailles qui y sont accrochées, on pourrait croire à un lien avec Noël, mais pas du tout.

    Ou presque pas. D’abord ces trois couleurs symbolisent principalement l’environnement historique, géographique et économique de la ville : le vert pour la nature proche, le rouge pour le sang versé lors des guerres d’indépendance et l’or pour les richesses minières (principalement du charbon). Mais les touristes y ayant vu un lien avec Noël, la municipalité s’est empressée d’imposer cette charte graphique à tous les habitants pour entretenir la confusion. Quant aux boules, il s’agit tout simplement de ballons de foot, une production qui, avec une vingtaine d’entreprises spécialisées, fait vivre un bon quart de la population. Pas étonnant de voir Zidane ou M’Bappé sur les murs de cette ville alors.


    La route traversière de Mongui à Guadalupe

    Lors de nos choix d’itinéraires, lorsqu’aucun point d’intérêt touristique ne permet de les guider, nous privilégions la route la plus directe, qui ne suit pas toujours les nationales. Dans la mesure du possible nous essayons d’éviter les nombreux chemins de terre en repérant au préalable l’état de surface des routes sur l’application Osmand (ni Google Maps ni Waze ne font ça). Les routes asphaltées y sont indiquées par des pointillés noirs, qui deviennent marron pour la terre et bleus pour un revêtement « compact ». C’est ce dernier qui domine sur la route traversière que nous allons prendre et malheureusement il peut signifier beaucoup de choses. Compact qualifie un sol ferme, restant praticable par temps de pluie. Mais cela peut être aussi bien du ciment qu’une terre très bien tassée ou encore un sol rocheux. Nous allons avoir un peu des trois sur notre route, ornières, marches, gués, sol ameubli par des travaux en plus. La moyenne se situe entre 10 et 30 km/h selon les zones et nous sommes bien secoués. Par moments le doute nous habite : n’aurions-nous pas du prendre la nationale et parcourir 221 km au lieu des 158, même si c’était derrière des poids-lourds ? À d’autres moments, quand nous nous rendons compte que nous n’avons pas croisé d’autre véhicule depuis une bonne heure et que les paysages sont spectaculaires, nous ne regrettons rien. Nous avons même passé une journée complète et 2 nuits au milieu de nulle part pour profiter de la quiétude de l’endroit et laisser passer le week-end – et la foule afférente – avant notre destination suivante.


    La Cascada de los Caballeros

    Nous ne sommes pas encore sortis de notre route orniéreuse que nous tombons, peu après le petit village de San José de Suaita, sur cette cascade à plusieurs niveaux qui atteint les 100m de hauteur. La visite la plus tranquille consiste à aller se baigner dans les petites piscines naturelles formées sous les niveaux inférieurs. Tandis que la plus courageuse consiste à grimper le long d’un chemin boueux vers le niveau supérieur, avec en récompense la possibilité de passer derrière la cascade. C’est la voie que nous avons empruntée, sans vraiment l’avoir choisie car le gérant du parking où nous avons laissé Roberto nous a accompagnés en personne jusqu’au départ du sentier. Difficile alors de ne pas l’emprunter… Mais c’est sans regret car c’était vraiment spectaculaire. Au retour je me pose évidemment la question de l’étymologie du lieu. La Cascade des Messieurs ? Mais où est alors la Cascade des Dames ?

    En fait Caballeros est dans ce cas un nom de famille. Les Caballeros étaient, aux XIXe et XXe siècle, de riches entrepreneurs dans le textile et faisaient vivre la région, notamment dans une usine que l’on peut encore apercevoir dans le village. C’est en leur honneur que les habitants de San José de Suaita ont baptisé cette cascade ainsi. Comme la cascade Michelin de Clermont-Ferrand. Non non, c’est une blague bien sûr.


    Las Gachas : des trous dans la rivière

    Ce site est parfois appelé le Caño Cristales du pauvre. La célèbre rivière aux plantes écarlates est effectivement plus coûteuse à explorer (ici le site est en libre accès) et sa beauté surpasse largement celle du site de Las Gachas. Ici, la teinte rougeâtre du lit de la rivière est due à l’oxyde de fer contenu dans les roches. Mais ce n’est pas tant la couleur qui fait la réputation du lieu que les nombreux trous pour la plupart presque parfaitement circulaires qui forment autant de micro-piscines naturelles que les locaux appellent jacuzzis. En raison sans doute des quelques remous créés par le flux de la rivière qui s’y écoule. On peut s’y baigner, la profondeur atteignant pour certaines les 3 mètres et la température n’étant pas trop fraîche dans les trous situés hors du parcours direct de la rivière. On nous avait recommandé d’être sur le site de bonne heure pour éviter les foules et effectivement il n’y avait personne quand nous y sommes arrivés vers 8h30. Mais seulement un autre couple était présent lorsque nous sommes repartis une heure plus tard. Le site s’étalant sur 1400 m de longueur, il est peu probable qu’il soit envahi aujourd’hui, un jour de semaine et hors vacances scolaires. Tant mieux pour nous ! Mais au fait, que signifie Las Gachas ? Des trous de mites ? Des vasques ? Des marmites ? Des greens de golf ? Des morceaux de gruyère ? Pas si simple si l’on se tient à la traduction purement littérale, mais vous trouverez sûrement.


    San Gil, la capitale des sports extrêmes

    Bah ça n’est pas trop notre truc les sports extrêmes, mais San Gil était un passage obligé pour les étapes suivantes, alors nous y avons dormi au pied de l’église du Divin Enfant, loin de la base de rafting qui aurait pu vouloir nous recruter. Nous avons surtout trouvé que c’était une ville de pentes extrêmes, avec des rues en dalles de grès qui ont parfois fait ripper un peu Roberto et qui ont compliqué notre exploration à pied de la cité. Ce type de rue est assez typique du département du Santander et nous devrions le retrouver à plus grande échelle à Barichara, notre prochaine destination.

    Nous retiendrons de cette ville la jolie cathédrale toute en pierre de taille, aux tons sable doré, avec un intérieur riche en boiseries et vitraux, un iguane aperçu par hasard dans les arbres au-dessus du torrent, une effigie de Ferd’nand, le héros d’une bande dessinée danoise devenu point de rendez-vous populaire, et le parc du poulailler (pourquoi pas ?), une sorte de jardin botanique célèbre pour ses arbres porteurs de mousse espagnole mais que nous verrons en bien plus grande quantité au bord de la route suivante (ce n’était pas la peine de payer si cher). Nous y ferons la rencontre d’un écureuil peu farouche qui finira sur une bonne note notre bref séjour dans la ville.


    Barichara, le plus beau village de Colombie

    J’ai l’impression d’avoir déjà employé cette expression de nombreuses fois, mais la fonction rechercher de mon traitement de texte me donne tort. Barichara serait donc réellement le plus beau village de Colombie, selon l’opinion des voyageurs et des guides. Il était donc impensable de ne pas nous y rendre.

    Barichara, le plus beau village de Colombie
    Barichara, le plus beau village de Colombie

    1. Barichara : le village

    Effectivement, dès l’arrivée, nous avons l’impression d’un village figé dans le temps. Si l’on excepte les murs blancs des maisons d’au maximum 1 niveau, c’est la pierre qui domine. Les toits sont tous en tuiles, les rues sont entièrement couvertes de larges pavés de grès, les trottoirs impeccables sont en briques cirées et les monuments importants comme la cathédrale et plusieurs églises sont en pierre de taille. Évidemment magnifiques à l’intérieur avec les boiseries en complément.


    2. Barichara : la cathédrale

    Cette cathédrale de l’Immaculée Conception est l’un des joyaux architecturaux et historiques du village. Ses origines remontent à 1702 lorsqu’une image de la Vierge est apparue sur une pierre taillée par un artisan. Cette « Vierge de la Pierre » est d’ailleurs toujours vénérée aujourd’hui dans une chapelle de ce qui est devenu en 1838 une cathédrale. Le bâtiment a été construit en pierres de taille par les artisans de la région eux-mêmes. Sa façade de style baroque avec ses deux tours est imposante. La statue de marbre toute blanche de la Vierge Marie en immaculée Conception ressort bien sur les tons jaune-ocre du grès. Les portes et la cloison, en bois sculpté, sont magnifiques. À l’intérieur, un plafond à caissons en bois et bambou soutenu par 10 colonnes monolithiques surplombe la nef. La dorure à l’or fin de l’autel, évidemment sculpté en bois, illumine l’ensemble.


    3. Barichara : le cimetière

    Dans ce village de tailleurs de pierre, il ne pouvait être qu’original. Ici le grès sculpté a remplacé les stèles de marbre et les croix de métal, accrochées en souvenir aux murs blancs de l’enceinte au fur et à mesure de leur remplacement. Comme souvent en Amérique latine, mais avec une dimension supplémentaire ici, les sépultures reflètent le parcours des défunts, vie professionnelle et passions principalement. Un magnifique hommage a été rendu au dernier fossoyeur de ce cimetière.


    4. Barichara : la Casa de Papel

    Barichara est une ville riche en artisans. Aux côtés des tailleurs de pierre, des potiers, joaillers, etc. on trouve aussi des artisans du papier. Et notamment la Fondation San Lorenzo qui est une organisation à but non lucratif et fait travailler prioritairement des mères célibataires. Ici, on fabrique son propre papier à partir des plantes du jardin adjacent, la fibre d’agave étant la plus utilisée, et on en fait de petits objets décoratifs vendus à la boutique. Le jardin comme l’atelier se visitent, et les touristes peuvent se former à la fabrication. Il faut quand même que je vous avoue un truc. La plaque à l’entrée portait initialement de nom de Taller de Papel. Mais le titre de la série culte m’a paru plus accrocheur. L’IA a fait le reste…


    5. Barichara : en vrac

    Avec les rues en forte pente, il est très tentant de s’arrêter boire un verre, manger une glace, ou tout simplement se reposer sur un banc du parc central bien ombragé. D’ailleurs, en langue Guane (les amérindiens qui vivaient ici avant que les Espagnols n’occupent leurs terres), Barichara signifie « lieu de repos ». Á 1300 m d’altitude, nous y avons d’ailleurs très bien dormi.

    On termine par ces quelques photos que je n’ai pas pu rassembler ailleurs mais qui m’ont paru intéressantes à diffuser. Bon visionnage !


    En route vers Guane

    De Barichara, deux solutions s’offrent à nous pour rejoindre le village de Guane, encore plus excentré donc peut-être encore plus dans son jus : une petite route étroite et sinueuse mais asphaltée et le Camino Real (Chemin Royal) entièrement pavé et en descente sur 6 km avec possibilité de revenir en taxi au point de départ. Qu’allons-nous choisir ? Rendez-vous au prochain épisode pour le savoir !

  • 188. De Bogotá à Tunja

    188. De Bogotá à Tunja

    Nous quittons la frénétique Bogotá pour remonter tranquillement la cordillère orientale de la Colombie jusqu’à l’autre grande ville qu’est Tunja, pour des découvertes aussi variées que colorées.

    Notre parcours de Bogotá à Tunja
    Notre parcours de Bogotá à Tunja, en version zoomable ici

    Jaime Duque : un parc d’attraction sans but lucratif

    Le fait est suffisamment rare pour être mentionné : ce parc d’attraction a été créé en 1983 par Jaime Duque, pilote en chef d’Avianca Airlines et philanthrope, dans le but de créer un environnement éducatif et ludique pour les enfants de Colombie, tout en reversant l’intégralité des bénéfices à des œuvres caritatives. Proche de la ville de Briceño, à 35 km au nord de Bogotá, il se remarque de loin lorsque l’on voir émerger de son enceinte sa majesté le Taj Mahal, du moins une reproduction à l’échelle 1:1. Rien que cela nous a attirés…

    En une après-midi, nous n’avons pu parcourir qu’une partie de cet immense parc de 28 hectares sillonné de sentiers, ponts et autres voies de chemin de fer. À titre indicatif nous avons pu voir un château hanté, une immense carte topographique de la Colombie située dans une volière, un parcours dans de longs couloirs bordés d’une centaine de dioramas racontant l’histoire du monde, le fameux Taj Mahal, la Main de Dieu (une main géante soutenant une sphère), une exposition sur les vêtements du monde avec des centaines de poupées, une reconstitution des 7 merveilles du monde antique dont un imposant Colosse de Rhodes et de non moins imposants Jardins Suspendus de Babylone, un brigantin grandeur nature, un navire de guerre, un avion de ligne, un bout d’un très grand zoo, et beaucoup d’attractions pour les enfants. Pour un visuel, cliquez sur ce lien : https://parquejaimeduque.com/zonas-y-atracciones/

    Au total un mélange réussi d’éducatif et de ludique adapté à tous les âges, étonnamment peu connu des touristes


    La mine de sel de Nemocón

    Nous avions décidé initialement d’aller voir la mine de Zipaquirá, célèbre pour sa cathédrale de sel souterraine, à seulement 25 km de là. Mais après avoir lu beaucoup de commentaires défavorables (coût excessif, visites express, prédominance de la religion sur l’histoire minière, etc.) nous avons décidé de boycotter et d’aller visiter à la place la mine voisine de Nemocón, une expérience décrite par les visiteurs des deux comme plus authentique. Alors nous voilà affublés de casques, à descendre 80 mètres sous terre pour un parcours d’1,6 km dans les galeries, accompagnés d’un guide. On nous explique que le sel a été déposé ici il y a environ 700 000 ans lorsque la Colombie était recouverte par un océan, avant de prendre de la hauteur sous les poussées telluriques (la mine est aujourd’hui à 2 684 mètres d’altitude). Que son exploitation remonte au minimum au IVe siècle av. J.-C. (poteries retrouvées dans les galeries) avant de connaitre une extraction à plus grande échelle entre 1816 et 1968 (huit millions de tonnes de sel ramenées à la surface). La mine de Nemocón a depuis été aménagée pour le tourisme.

    Au cours de notre cheminement dans un silence parfait, nous allons trouver des parois sombres desquelles émergent des « bouquets » de sel, formant parfois des cascades figées, des stalactites ou des stalagmites. Des mares de saumure à la surface parfaitement immobile vont rendre de jolis effets-miroirs, bien mis en valeur par des éclairages multicolores. Une chapelle en sel – utilisée tous les dimanches – accompagnée d’une crèche, un cœur d’un seul bloc de cristal de sel et quelques dioramas complèteront le décor. De façon inattendue, nous allons découvrir aussi les décors restants du tournage dans ces lieux du film « Les 33 » racontant l’histoire des 33 mineurs chilien bloqués en 2010 dans la mine de San José. Si vous vous rappelez, nous avions vu cette dernière en début d’année, une expérience émouvante après avoir revu le film.

    Au total, une belle visite, que nous complèterons par un tour dans le charmant village de Nemocón. Aucun regret pour la cathédrale de sel !


    Les falaises de Sutatausa

    L’histoire se répète : nous avions décidé initialement de nous rendre au Lac de Guatavita, un petit lac de cratère pour l’homme mais un grand site sacré pour le peuple Muisca qui vivait là avant l’arrivée des Espagnols. Régulièrement, leur chef couvert de poudre d’or partait en radeau vers le milieu du lac, s’y immergeait et y jetait des offrandes en or elles aussi. De cette légende racontée aux Espagnols est né le mythe de l’El Dorado qu’ils ont désespérément cherché par la suite. Cette histoire aurait mérité une petite visite si là aussi l’organisation n’était pas démoniaque : visite guidée d’une heure obligatoire pour un parcours de 10 mn, tellement encadrée qu’un visiteur s’est senti « en prison », sortie par un lieu suffisamment distant de l’entrée pour avoir besoin de recourir à un taxi pour le retour, etc. Ce fut un nouveau boycott vous l’avez compris et nous avons poussé notre route jusqu’à un petit parking au pied de ces falaises de Sutatausa, inconnues de notre guide papier mais opportunément situées sur notre route.

    On y grimpe par un petit sentier de 2 km pour moitié pavé, sans doute avec les roches détachées des falaises. Le chemin suit ensuite la ligne de crête entre 2800 et 3200 mètres d’altitude et offre un panorama aussi grandiose que vertigineux. Encore une belle expérience totalement improvisée.


    La basilique de Chiquinquirá

    Cette petite ville serait la capitale religieuse de la Colombie. Depuis un miracle survenu au XVIe siècle, quand la plus ancienne peinture du pays, représentant une vierge à l’enfant, sur le point de disparaître car très abîmée, retrouva d’un coup ses couleurs un lendemain de Noël. D’autres miracles survinrent dans la foulée, une église fut construite, puis une basilique, le processus habituel en pareilles circonstances. La visitant un 15 août, nous nous attendions à d’intenses cérémonies, mais c’était ignorer que depuis l’an dernier un jour férié a été créé spécialement pour célébrer la Vierge du rosaire dans tout le pays, le 9 juillet. Inutile de dire que ce jour-là, Chiquinquirá, sa place et sa basilique sont envahies de pèlerins.

    À propos de jours fériés, ils sont très nombreux en Colombie. Avec 19 jours fériés officiels, le pays est dans le top 10 dans le monde à ce sujet. Si l’on compare, la France arrive dans le classement en 68ème position avec « seulement » 11 jours fériés. Mais nous restons mieux lotis que le Vietnam et les USA qui n’en possèdent que 6…


    Les poteries de Ráquira

    Dans cette ville dont le nom signifie « cité des pots », on travaillait l’argile bien avant l’arrivée des Espagnols, et cela reste une activité dominante aujourd’hui. Les amas de poteries en tous genres et à tous les stades s’accumulent dans la plupart des rues, à l’exception peut être de la rue et de la place principale qui se sont fourvoyées dans les affres du tourisme, en se parant de couleurs exubérantes et en transformant tous les ateliers d’artisanat en restaurants et boutiques de souvenirs. Mais elles sont faciles à contourner et nous avons préféré nous concentrer sur les boutiques au détail ou en gros de poteries brutes de cuisson. Le volume limité de Roberto nous a sauvé de toute tentation d’achat, alors que les photos-souvenirs n’occupent que quelques méga-octets dans nos smartphones. L’artisanat de Ráquira n’est pas limité à la poterie : on trouve aussi de jolis hamacs, de la vannerie, des sacs à main et des ruanas (ponchos colombiens) de bonne facture. Et je ne parle pas du prix bien sûr.

    1. Une production qui ne date pas d’hier


    2. La tirelire cochon serait-elle originaire de Colombie ?

    Parmi toutes ces poteries, les tirelires cochons sont en bonne place parmi les favoris. Mais d’où vient cette pratique de transformer les cochons en tirelires ? La réponse est dans le carrousel ci-dessous !


    3. Ráquira, artisanale et touristique

    Selon certains, Ráquira serait l’une des plus belles villes de la région et, carrément, la capitale de l’artisanat de toute la Colombie. Côté esthétique, elle nous semble effectivement en bonne position, tandis que côté artisanat, il y a effectivement un grand choix. Après, les goûts et les couleurs… À vous de juger !


    La maison en terre cuite d’Octavio Mendoza Morales

    Maison en terre cuite, Villa de Leyva, Colombie
    Maison en terre cuite, Villa de Leyva, Colombie

    Un peu avant d’arriver à Villa de Leyva, nous sommes allés visiter cette maison insolite entièrement bâtie en terre cuite. Les courbes, l’asymétrie et la multiplicité des niveaux dominent, en une sorte de mélange entre Gaudi et le facteur Cheval. Mais les matériaux employés entrent ici dans une démarche écologique. L’architecte et céramiste qu’est Octavio Mendoza a souhaité privilégier l’usage des 4 éléments que sont la terre (cuite bien sûr), l’air (qui entre partout et anime de nombreux mobiles), l’eau (nécessaire pour mixer l’argile et présente dans le jardin) et le feu (indispensable pour « cuire » l’ensemble). La terre cuite serait l’un des matériaux les plus sains, tout en absorbant la chaleur du soleil le jour et la restituant la nuit. Ce qui n’empêche pas la présence d’une cheminée dans chacune des pièces toutes biscornues. Nous avons adoré explorer cette maison peu conventionnelle dans laquelle on se perd facilement. La cuisine et les salles de bains sont de petits joyaux. La décoration, dominée par des insectes en métal suspendus aux plafonds comme obstruant les fenêtres ou encore imposant le contact lorsqu’ils remplacent les boutons de la gazinière, peut paraître effrayante, mais elle est compensée par beaucoup d’objets plus sympathiques et par de nombreux espaces prévus pour s’asseoir. Je ne sais pas si nous pourrions y vivre mais nous sommes heureux d’avoir pu visiter la plus grande maison en terre cuite du monde.


    Le monastère de la Candelaria

    A quelques kilomètres de Raquirá, nous visitons ce beau monastère isolé dans un vallon boisé. En 1604, des  moines augustins espagnols qui vivaient dans des grottes près de là ont décidé d’améliorer leur quotidien et leur aura en fondant ce monastère. Qui n’a été achevé qu’en 1661, l’attente a dû leur paraître longue ! Il est occupé aujourd’hui par une vingtaine de moines colombiens et brésiliens qui vivent surtout dans les prières et la méditation mais accueillent volontiers les touristes pour une visite guidée. Nous voilà donc dans les pas de Frère Jonathan qui nous montre d’abord les superbes jardins, avant de nous commenter quelques-uns des tableaux qui entourent tout le cloître. Puis nous visitons différentes pièces dans leur jus de la première heure (XVIIe siècle donc), dont une chapelle avec un magnifique autel en bois doré centré par une peinture de Notre-Dame de la Candelaria, sainte-patronne du lieu. Nous finirons par une grotte, observant sur le chemin la résidence hôtelière appartenant au site, idéale pour une retraite spirituelle dans cette ambiance paisible et isolée. Nous demanderons d’ailleurs, comme d’autres l’ont fait avant nous, l’autorisation de dormir sur leur parking, mais malheureusement le père supérieur n’étant pas là, les moines nous refuseront gentiment. Tant pis, nous irons plus loin.


    Le festival de comètes de Villa de Leyva

    La grand-place de Villa de Leyva, la plus grande de Colombie avec ses 120m de côté, l’une des rares du pays qui ne s’appelle pas Bolivar, est aussi l’une des plus ventées du pays, particulièrement adaptée à l’envol de comètes. Oui, c’est comme ça qu’on appelle les cerfs-volants ici. Et d’ailleurs nous autres Français sommes bien les seuls à voir des cervidés voler dans le ciel. À part peut-être la veille de Noël… La confusion date du XIIe siècle, lorsque les premiers engins volants de cette sorte arrivèrent d’Asie. Du fait de leur morphologie courante de dragon ou de serpent, les locuteurs occitans – c’est par là que ça a dû arriver – les ont appelés serp-volantes (serpents volants). Quand on est capable d’appeler un pain au chocolat chocolatine, la confusion est plausible. Et puis chacun sait que les cerfs ne volent pas mais restent derrière leur fenêtre au cas où un lapin traqué par des chasseurs aurait besoin d’un coup de main.

    Mais ne nous égarons pas, nous sommes venus à Villa de Leyva pour voir le festival annuel de cerfs-volants. Une journée sur les 4 sera suffisante tant la foule est immense voire oppressante. Le parking municipal gratuit où nous séjournons s’emplit d’une multitude de bus et de voitures dès le milieu de la matinée, qui continuent d’arriver jusqu’au milieu d’après-midi, déversant une foule de visiteurs que les petites rues du centre-ville ont du mal à contenir. Villa de Leyva possède un certain charme, avec ses maisons basses au toit de tuiles, aux balcons de bois sculptés et aux murs blanchis à la chaux, mais elle a perdu hélas toute authenticité en s’ouvrant excessivement au tourisme. Les rues du centre ne sont qu’un alignement de bars, de restaurants et de boutiques à touristes, faisant regretter les tiendas pittoresques des villages alentour. Quant au festival lui-même, si les multiples cerfs-volants réunis en un même lieu offrent forcément un spectacle visuellement agréable, nous avons trouvé qu’ils manquaient d’originalité, basés essentiellement sur des ailes delta, ne justifiant pas d’attirer toute cette foule. En tout cas rien à voir avec les superbes modèles asiatiques ou même les cerfs-volants géants du nord de la France.

    Villa de Leyva : la ville

    Villa de Leyva : le festival de cerfs-volants


    Nuit sur les hauteurs

    Après le parking municipal bruyant où nous avons tout de même passé deux nuits, nous avions besoin d’un lieu paisible et si possible proche de la nature. Sur notre route vers Tunja, nous trouvons notre bonheur au bord un petit chemin de terre longeant une crête de collines. Le vent nous a bousculé un peu en fin de journée mais s’est calmé la nuit. Superbe paysage autour de nous avec une vue sur 2 vallées, un petit lac tout rond et de jolies formations rocheuses dans un canyon. Voilà un moment que nous n’avions pas goûté à la pleine nature en Colombie. Vive la vie nomade !


    Nous allons maintenant rejoindre Tunja, la capitale de la région. Ce ne devrait être qu’un bref point de passage vers les charmants villages de la cordillère orientale. À bientôt !