De taille modeste puisqu’il ne représente qu’un dixième de la surface de la France, le Costa Rica est assez vite traversé. Nous parcourons cette fois la région au Sud-Est de la capitale, avec sa zone montagneuse à plus de 3000 m d’altitude, avant de revenir vers la capitale pour y prendre l’avion. Car oui, nous allons faire une courte escapade vers la France pour aller voir grandir notre petite fille.
La colline de la mort
Nous poursuivons notre route vers le sud-est du pays, toujours dans la chaîne montagneuse de la cordillère de Talamanca. Roberto décroche même son record d’altitude au point de stationnement du Cerro de la Muerte à 3440m, tout près du point le plus élevé de la route panaméricaine à 3335 m
Posés tranquilles au milieu de nulle part, à 3400 m d’altitude…
Nous allons passer là une nuit très tranquille au milieu de nulle part, profitant d’un paysage sublime à 360° et de couleurs extraordinaires au coucher du soleil. En l’absence de brume à l’horizon, on peut apercevoir ici à la fois l’Océan Pacifique et la Mer des Caraïbes. Mais nous n’aurons pas cette chance, bien que le ciel au-dessus de notre tête ait été parfaitement dégagé.
De jour, le spectacle est déjà grandiose avec cette mer de nuages. Le coucher de soleil quant à lui…
Le Cerro de la Muerte, ou colline de la mort, tient son nom des pionniers venus de la vallée centrale, autour de San José, planter du café et élever du bétail dans la vallée d’El General de l’autre côté du col. Mais le froid lié à l’altitude en a tué quelques-uns.
Contrairement aux apparences, le Cerro de la Muerte n’est pas un volcan. C’est juste une montagne avec une végétation rase et plein de myrtillers
De notre côté, nous avons survécu, mais nous avons préféré mettre le chauffage pendant la nuit, ce qui n’était pas arrivé depuis le nord des États-Unis !
Justin Schmidt, l’homme un peu beaucoup piqué
C’est en visitant l’insectarium du Jardin des Papillons de Santa Elena que l’on peut remarquer cette affiche posée pas loin d’un bocal à scorpion, intitulée « Index de la douleur par piqûre d’hyménoptères de Schmidt ». Cette échelle insolite a été créée par un entomologiste américain qui, pour la science et par curiosité personnelle (il aurait débuté dès l’âge de 5 ans…) s’est laissé piquer par plus d’un millier d’insectes aux fins de classifier et d’en décrire la douleur ressentie.
L’échelle de Schmidt (désolé pour les non anglophones)
On part du niveau 1 avec par exemple la fourmi de feu, que Claudie et moi avons expérimentée aux Antilles, et dont la piqûre est décrite comme « pointue, soudaine et légèrement alarmante ». Au niveau 2, celle des abeilles est vécue comme « riche, copieuse et légèrement croustillante ». Un cran au dessus, la fourmi rouge moissonneuse provoque une douleur « audacieuse et implacable, comme un ongle incarné attaqué à la perceuse ». Enfin au niveau 4, le maximum, on trouve la guêpe Pepsis, avec sa piqûre « aveuglante, féroce, électriquement choquante ». Plus de 80 espèces différentes d’hyménoptères ont été comparées ainsi pour établir cette échelle.
A gauche, une photo de l’auteur publiée avec son interview sur le site theconversation.com.
L’auteur s’est évidemment piqué au jeu et a cherché tout au long de sa vie professionnelle le rôle et les mécanismes des piqûres et de la douleur provoquée chez les insectes piqueurs. Ce grand homme est décédé au début de cette année à l’âge de 75 ans, d’une maladie indolore. Dans le cas contraire, il n’aurait certainement pas hésité à demander à se faire piquer,
Une araignée de belle taille (celle d’une main) à Tortuguero et une abeille inoffensive chez un producteur de miel de San Juan de Atitlan
Flora Rica
Décor floral en bordure d’un champ de caféiers
Le Costa Rica ne brille pas tant par sa population, qui nous semble perdre ses traditions pour adopter celles des occidentaux, que par la richesse de sa nature, vraiment exceptionnelle. Pour rappel, 6% de la biodiversité de la Terre est concentrée ce petit pays qui n’en occupe que 0,0003% de sa surface émergée. Et qui fait maintenant beaucoup d’efforts pour préserver ce patrimoine après avoir laissé s’étendre la déforestation pendant des décennies. Tant mieux pour nous qui profitons de cette nature exubérante et belle, qui découvrons chaque jour des espèces que nous ne connaissions pas, et pas seulement animales. Les arbres ici sont géants, les feuilles sont immenses au point de servir d’abri en cas de pluie, les fleurs sont plus belles les unes que les autres. Et nous découvrons encore, malgré nos multiples voyages antérieurs, des fruits que nous ne connaissions pas. Mais pourquoi partout ailleurs fait-on pousser du béton ?
Série sur le thème du rouge et du vertSérie feuilles géantes : ici, pas de risque de perte en eau, mais par contre forte compétition pour recevoir de la lumière, donc tout est grand. Celles du milieu s’appellent le « parapluie du pauvre »Série sur le thème « assortiment de couleurs et de formes réussi »Série sur le thème « fleurs bizarres »Série « fruits exotiques » : des tamarillos, des fruits de kapokier et des narangilles…
Le grand bleu
En cette période festivalière à Cannes, le sujet aurait pu concerner le célèbre film de Luc Besson qui y a été présenté en 1988 (toute ma jeunesse…), pour y être plutôt mal accueilli d’ailleurs par les professionnels alors que le public en fera un film culte et que 33 ans plus tard nous en tirerons le nom de notre fourgon (si vous avez oublié pourquoi, revenez sur le menu A propos/Qui sommes-nous ? ou cliquez directement ici)
Le film Le Grand Bleu présenté à Cannes en 1988 (photo du site premiere.fr)
Non, le grand bleu c’est le Morpho, ce grand papillon si typique de l’Amérique centrale avec ses ailes brunes et parées d’yeux de rapaces lorsqu’on les regarde de dessous, et d’un bleu étincelant et métallique en vue du dessus. C’est le plus souvent en vol solitaire qu’on le voit en randonnant en forêt ou près d’un cours d’eau, apparition magique et furtive qui ne laisse que rarement la possibilité de sortir son appareil photo. Heureusement pour nous, mais un peu moins pour lui, les fermes à papillons permettent de l’observer de plus près, et elles sont nombreuses dans le pays.
Le fameux Morpho bleu
Le plus étonnant est que ce papillon ne possède pas l’once d’un pigment bleu sur lui. La si jolie couleur est due à la réflexion spécifique des rayons bleus du spectre solaire par des couches d’écailles microscopiques espacées précisément de la longueur d’ondes correspondant à cette couleur. Si vous voulez en savoir plus, cliquez ici.
Un vol de Morpho capturé en pleine nature
La face ventrale des ailes : ce n’est pas le même bleu !
Compétition alimentaire sur un Heliconia et gros plan sur l’œil qui sert à effrayer les prédateurs
Escapade
Notre seul souci dans ce périple est d’être éloigné de la famille et des amis. Les économies réalisées (involontairement) lors de notre vie nomade nous permettent de rentrer de temps en temps en France et de compenser ce manque. Nous nous sommes donnés une grosse semaine pour voir notre seconde fille, notre gendre et notre petite-fille de 5 mois à Saint-Etienne. Que du bonheur de voir grandir cette petite merveille, si tonique et si sage à la fois, et de la voir maintenant nous rendre nos sourires. Nous rentrons reboostés sur San José, prêts pour reprendre la route.
Nous dormirons ici les nuits qui précèdent et suivent notre vol. Peu glamour par rapport aux spots nature de ces derniers jours, cet endroit s’est avéré étonnamment tranquille (il n’y passe aucun train la nuit, et assez peu dans la journée).Puis c’est le départ pour Lyon, avec Air France cette fois, ça va nous changer d’Iberia (en mieux !)A l’arrivée à St Etienne, l’ambiance est loin du Costa Rica ! Bon, c’est juste la vue de notre logement. En vrai la ville a quand même de beaux atouts…Mais nous ne sommes pas venus pour l’ambiance, nous sommes venus voir notre petite merveille. Mélissandre a maintenant 5 mois. Elle est aussi sage que tonique, nous parle et nous sourit volontiersBref nous sommes des grands-parents comblés !Escapade terminée, c’est déjà l’heure du retour et de la reprise du voyageLe parcours modeste de Roberto pour cette 3ème décade, en version zoomable ici
Découvrir le Honduras nous tentait bien, mais le pays est déclaré en « État d’exception » jusqu’au 6 octobre 2023 suite à la recrudescence de l’activité de bandes criminelles violentes (maras) liées au trafic de stupéfiants. Le Ministère des Affaires Étrangères déconseillant jusqu’à nouvel ordre tout déplacement dans le pays sauf raison impérative, nous nous sommes donc limités à le traverser pour rejoindre le Nicaragua, en essayant de le faire dans la journée pour ne pas avoir à passer une nuit sur place.
En orange, tout ce qui est « déconseillé sauf raison impérative par le Ministère des Affaires Etrangères. Autant dire qu’il ne reste plus grand chose. Nous attendrons que le pays se calme pour y retourner un jour.
La difficulté était l’incertitude temporelle non pas tant sur la distance à parcourir (160 km sur des routes réputées plutôt bonnes – relativement à l’Amérique centrale) que sur les formalités administratives aux frontières réputées, elles, plutôt fastidieuses. Comme d’habitude, nous nous étions informés sur l’expérience des autres voyageurs sur les réseaux sociaux, mais pour une fois elles ne semblaient pas standardisées. Nous avons aussi évité la traversée le Vendredi Saint et le Dimanche de Pâques, connaissant l’importance de ces fêtes dans ces pays.
Voici un petit résumé illustré du déroulement de la journée :
Il n’y a pas foule au contrôle de sortie du Salvador mais l’unique douanier est parti prendre son petit-déjeuner. Une fois la sortie validée, nous pouvons franchir le pont qui mène au Honduras.
8h00 : Nous quittons la station-service où nous avons passé la nuit. Pas très glamour comme stationnement, mais situation idéale à 5 km de la frontière. D’autres voyageurs garés non loin de nous étaient partis 20mn plus tôt. Nous les retrouvons à attendre au premier poste de contrôle. On leur a dit que l’unique douanier était parti prendre son petit déjeuner… Nous en profitons pour faire connaissance. Vanessa et Josh qui habitent dans l’Ouest du Canada ont l’intention de relier Ushuaia en 6 mois. Un beau challenge. L’employé finit par arriver et valide la sortie du pays de nos véhicules (annulation du permis d’importation).
8h20 Nous enregistrons notre sortie du Salvador en tant que personnes cette fois.
8h30 : Nous franchissons le pont qui mène au Honduras et nous nous garons à son extrémité. Dans un petit bâtiment, on nous insère un bout de papier dans notre passeport. C’est censé valider notre conformité vis-à-vis du Covid, mais aucun document ne nous a été demandé…
8h40 : Un poil plus loin, nous faisons la queue à l’immigration. Une dizaine de personnes devant nous mais ça avance assez vite. L’agent prend nos empreintes digitales, une photo de chacun de nous et une taxe de 3$ avant de compléter 2 ou 3 trucs sur son ordi et de nous rendre nos passeports dûment tamponnés.
Attente au bureau des permis d’importation de véhicules. Beaucoup de voyageurs en profitent pour laisser une trace. Et nous aussi du coup : avez-vous trouvé Roberto ?
8h50 : Nous devons maintenant obtenir notre permis d’importation pour que Roberto puisse circuler au Honduras. Nous avions préparé les photocopies et les 35$ nécessaires, mais cela prend un peu plus de temps que pour les visas. Mais au final l’employée nous tend le document et nous gratifie d’un « Bon voyage » en Français. Globalement, tout le monde a été très gentil et accueillant.
9h30 : Nous entamons notre traversée du Honduras. Le pays n’est pas très différent du Salvador dans la petite portion que nous avons pu apercevoir. Pas de bande armée à déplorer sur le bord des routes.
Notre itinéraire pour une traversée express du Honduras…
13h00 : Après 2h30 de route et une pause déjeuner, nous parvenons à la frontière avec le Nicaragua. Ça commence par un pré-contrôle de notre permis d’importation de Roberto, puis une fumigation avec un appareil qui ressemble à une soufflette à feuilles. Nous sommes taxés pour cela de 5$ (était-ce le seul but de la manœuvre ?)
13h05 : Nous nous garons un peu plus loin aux douanes honduriennes pour valider notre sortie du pays. Autre coup de tampon sur nos passeports qui sont déjà bien chargés. Nous allons finir par manquer de pages ! Voilà, nous sommes autorisés à quitter le pays.
Début des hosti.. euh formalités au Nicaragua : pré-contrôle avant les douanes, passage au scanner pour Roberto
13h15 : Un km plus loin, nous parvenons à l’immigration nicaraguayenne. Un douanier nous prend en charge et remplit sur son propre téléphone une demande de visa que nous aurions du préparer sur Internet. Il nous pose des questions multiples auxquelles nous ne savons pas toujours répondre, du genre combien de jours resterez-vous dans le pays, quels endroits allez-vous visiter, combien avez-vous d’argent sur vous, etc. Puis il nous renvoie vers les guichets, où nous apercevons nos passeports passer de main en main avant que quelqu’un finisse par nous appeler et nous réclamer 13$ chacun pour les visas. Encore un peu d’attente avant que le reçu soit établi sur une liasse carbonée en 3 exemplaires dont une partie détachable de l’un d’entre eux finira dans nos passeports. Où sera stocké le reste et pendant combien d’années, c’est mystère… Munis de nos précieux documents, nous pouvons passer à l’étape suivante qui concerne Roberto.
13h30 : Arrivés au guichet des permis d’importation de véhicules, on nous envoie directement vers le scanner. Roberto se fait transpercer de rayons X. Je me dis que ça serait bien si ça pouvait accidentellement désactiver le système AdBlue mais nous n’aurons pas cette chance…
13h40 : Retour au guichet. Nous attendons le verdict du scanner. Roberto n’ayant rien à se reprocher, on nous tend maintenant un papier pour l’inspection douanière, charge pour nous de trouver l’inspecteur (tous les agents sont habillés pareil…). Nous finissons par le dénicher. Il demande à entrer dans Roberto, s’asseoit sur le lit, ouvre 2 placards, réclame sans insister un petit pourboire avant de signer le document.
13h50 : 3ème passage au guichet. Cette fois tout est saisi sur l’ordi, validé par l’employée juste à coté puis par un supérieur (on imagine) dans une autre pièce. On nous remet enfin le précieux sésame, valide pour 30 jours, gratuit si on ne le perd pas : on nous prévient que cela nous coûtera 100$ si nous ne le présentons pas à la sortie !
Libéréééés…
14h00 : Un dernier contrôle à la barrière de sortie des douanes et nous voilà enfin libres de circuler au Nicaragua ! Tout compris, la traversée du Honduras nous aura donc pris 6 heures, formalités, route et repas compris. Pas trop mal. En son temps, Jules Vernes en aurait peut-être fait un roman !
Désolé si cette énumération vous a paru longuette. Ce n’était pas pour nous plaindre mais juste pour vous donner un aperçu des joies des formalités douanières, très variables d’une frontière à l’autre. Un bon point est que le visa nous est accordé à chaque frontière sans avoir besoin de passer par une ambassade. C’est déjà ça !
plaque minéralogique nicaraguayenne, pour ma collection…
Nous nous arrêtons quelques kilomètres après la frontière chez Michel, un Français retraité venu s’expatrier ici avec son épouse nicaraguayenne après avoir fait sa fin de carrière dans un établissement universitaire au Mexique. Il a ouvert une petite maison d’hôtes et fait un peu de place dans son jardin pour accueillir quelques véhicules de loisir. Nous y rencontrons une famille française avec 2 enfants, partis en vadrouille dans leur camping car pour une durée initialement prévue de 2 ans. Comme nous, ils ont fait un bout d’Europe avant de traverser l’Atlantique pour découvrir les Amériques. Nous avons passé de bons moments ensemble et avec notre hôte et il est probable que nous nous reverrons avant le Panama.
Une faille dans le système
Il y a 5 à 10 millions d’années, une activité volcanique intense dans cette région frontalière avec le Honduras a laissé une épaisse couche de lave. Elle a eu largement le temps de refroidir et de sécher, au point de se fissurer. Juste une petite faille de 6 km de long sur quelque centaines de mètres de large au fond de laquelle s’est infiltré le Rio Coco, une rivière dont le nom ne fait pas très sérieux mais qui est pourtant la plus longue du Nicaragua. Ce Cañon de Somoto, puisque c’est son nom, nous allons l’appréhender de 2 façons différentes : d’abord par le dessus, via le chemin des miradors, une belle randonnée de 2h aller-retour, puis par le dessous, si l’on peut dire, en suivant le cours de la rivière à pied …et à la nage. Courageusement, nous commençons par le chemin…
Caminadar
Le site du Cañon de Somoto, s’il était connu par les locaux depuis bien longtemps, n’est exploité que depuis 2004, pour son intérêt archéo-géologique d’une part, et pour son attrait touristique actuellement croissant. C’est vrai que la randonnée aquatique – le titre de ce post en est une tentative personnelle de traduction, contraction de caminar (marcher) et nadar (nager) – est à la mode, comme nous avions pu le constater au parc de Zion aux États-Unis. Sauf que là-bas, la foule était dense et l’eau glacée et nous nous sommes contentés de regarder s’enfiler les touristes à la queue-leu-leu dans le canyon. Ici c’est complètement différent. Sur la plupart du parcours nous sommes restés seuls avec notre guide, rencontrant sur la fin une famille locale, un père qui y apprenait à nager à ses 2 enfants !
Notre parcours au fond du canyon de Somoto
Nous avons donc parcouru les 7 kilomètres, pour moitié à pied et pour l’autre moitié à la nage, le chemin disparaissant lorsque les parois devenaient abruptes. Il a même fallu à un moment se jeter dans l’eau d’une petite plateforme …d’un mètre de hauteur. Mine de rien c’était assez éprouvant physiquement, notamment lors des marches sur les rochers glissants. Mais l’expérience en valait la peine et le spectacle de cette rivière émeraude encadrée de falaises de basalte était à la hauteur. C’est le cas de le dire 😉
Les berges du cañon sont parfois praticables, parfois non : à un moment, il faut se mouiller !
et quand il n’y a plus pied, il faut nager !
Mais c’est rafraîchissant et le paysage est magnifique !Une toute petite partie se fait en barque, mais nous aurons tout de même marché 3 km et nagé tout autant. C’était au final assez physique. Mais nous avons adoré le concept !
Écoroutes ?
Notre pause cañon tout près de la frontière ne nous ayant pas vraiment permis de nous faire une idée sur le Nicaragua, la reprise de la route aujourd’hui va nous donner un meilleur aperçu du pays. Et la première impression est excellente : les routes sont non seulement bonnes, mais aussi très belles. On dirait presque des allées avec leurs bordures d’arbres un peu en tonnelle qui à la fois agrémentent le paysage et procurent un peu d’ombre. Les bas-côtés sont bien entretenus, l’herbe est tondue et les déchets brillent par leur absence après plusieurs mois en Amérique latine. Tout est relatif, on en trouve quand même quelques-uns par moments, mais la différence est flagrante par rapport aux pays antérieurement visités. Les alentours des maisons et les places des centres-villes suivent la même règle, ce qui signifie soit une incitation politique, soit une volonté spontanée des habitants. Puisqu’on parle de politique, la propagande est très présente dans les rues. C’est un sujet à éviter sur les réseaux sociaux – du moins tant qu’on est dans le pays – et, paraît-il, dans la conversation avec les habitants. Les peintures murales abondent dans les rues, tandis que le décor de la campagne est constitué de champs de caféiers et de plants de tabac sur un fond de montagnes et de volcans, du moins dans la région nord-ouest où nous sommes. Il ne pleut pourtant pas (encore) mais tout est plus vert que dans les pays précédents. L’accueil de la population est toujours aussi chaleureux, au risque de ne plus nous étonner. Au total nous nous sentons vraiment bien dans ce pays. J’espère que la suite confirmera cette première impression. Le seul bémol est l’impossibilité pour l’instant de retirer de l’argent (des Cordobas ici) ou de régler les commerçants avec notre carte Visa habituelle. Mais notre carte American Express de secours heureusement fonctionne, avec davantage de frais toutefois.
Des routes bien tracées, parfois pavées mêmes, et aux abords bien entretenus, tout comme les jardins dans les centres-villesLa propagande politique est très présente dans les rues, mais chut ! on n’en parle pas !Les abords des églises sont bien entretenus aussi, les façades un peu moins…mais l’intérieur méritait le coup d’oeilNous vous emmenons maintenant visiter l’église la plus vieille du Nicaragua selon le Petit Futé, terminée en 1878. Mais d’autres sources plus futées disent que c’est celle de la Merced à San Jorge, construite entre 1560 et 1570. Y a pas photo ! Sinon, dans le beau jardin, les voyageurs nomades auront peut-être remarqué le détail qui tue. Et vous ? (solution après les photos du paragraphe)A part les portes, l’intérieur ne fait pas son âge
Bon, le « détail qui tue » dans le jardin c’est le robinet d’eau. L’un de nos réservoirs était vide, alors nous avons gentiment demandé au jardinier si nous pouvions nous servir et il a accepté. Sûrement pas de l’eau potable mais nous rajoutons 2 comprimés de chlore à chaque plein et un désinfectant spécial quand nous souhaitons boire cette eau.
A l’assaut de la « colline noire »
Le soleil éclairait pourtant joliment ce champ de canne à sucre ce matin-là, mais pas la cascade objet de notre visite. La baignade n’était du coup pas très tentante alors nous avons repris la routeEn fait de route, elle a fini par se transformer un chemin de sable volcanique. Sans 4×4 c’était un peu gonflé, mais nous nous sommes fiés sur d’autres qui y étaient passés avant nous. Maintenant, chaque véhicule est différent et chaque conducteur aussi. Nous avons parcouru 25 km sur ce genre de piste en priant pour que ça ne s’aggrave pas ou que ça ne grimpe pas trop !Nous n’avons pas rencontré beaucoup de véhicules, mais croisé plusieurs charrettes comme celle-ci et pas mal d’animaux de fermeLe summum a été ceux-là. Indubitablement, ils étaient prioritaires !Mais avec patience et doigté, nous sommes arrivés sains et saufs au parking du centre des visiteurs du Cerro Negro. Nous avons été le seul véhicule de loisirs à dormir ici ce soir-là. Des fois on se demande si nous ne sommes pas trop inconscients… Enfin je parle de la piste, pas du lieu qui était parfaitement sûr.En tout cas, après ces émotions, la petite bière locale bien fraîche et le chausson à la goyave ont été très appréciés. Mais l’aventure ne fait que commencer, nous sommes venus ici pour ascensionner le volcan et le redescendre d’une façon originale.Éruption du Cerro Negro en 1968 (image d’archives Wikipedia)Le petit cratère dans le grand. Ce n’est toutefois pas le plus récent qui est à l’extérieur.
Mais la cerise sur le gâteau, c’était la redescente en luge en 2 minutes chrono (un peu trop court d’ailleurs !). Voilà la raison de notre étrange équipement à la montée. Nous avions aussi une combi en jean, des gants et des lunettes car la descente soulève pas mal de poussières et de gravillons. Un must !
Et le plus d’avoir dormi sur place, c’est que nous avons pu prendre une bonne douche au refuge pour éliminer tout le sable volcanique qui avait bien pénétré partout malgré les combis. Et puis nous avons pris la même route sablonneuse du retour, en essayant de ne pas surfer avec Roberto !
León, première capitale du Nicaragua
Lorsque le Nicaragua a proclamé son indépendance en 1821, deux villes s’autodéclarèrent capitale du pays : León, plutôt libérale voire révolutionnaire et Granada, plutôt tranquille et conservatrice. Elles se partagèrent le pouvoir pendant plusieurs années, sans que l’une ou l’autre prennent franchement le dessus. Granada, opulente, était fréquemment prise pour cible par les pirates, tandis que León, mal située, était victime …des volcans. Devait arriver ce qui arriva, en 1852, le gouvernement désigna comme capitale Managua, alors un petit village de pêcheurs ayant l’avantage de se trouver pile entre les 2 villes rivales qui avaient par trop pêché !
León reste une ville agréable à parcourir au travers de ses rues aux maisons basses et colorées, aux ouvertures parées de grilles en fer forgé, dans le plus pur style colonial espagnol. Elle possède pas moins de 16 églises richement décorées, plusieurs musées intéressants dont ce musée d’art détenu par une fondation privée, présentant une collection de qualité notamment d’artistes latino-américains. Fief de la révolution sandiniste, la ville en met à l’honneur tous ses acteurs dans les rues ou quelques salles d’exposition dédiées. Les couleurs noir et rouge du parti sont omniprésentes. Stendhal serait venu qu’il en aurait sûrement fait un bouquin…
Ville de la révolution sandiniste, León affirme ses valeurs !15 églises et une cathédrale, toute de blanc vêtue, et sur le toit de laquelle on peut monter pour apprécier le panorama sur la ville. On ne sait pas si Jean-Paul II (en effigie à l’intérieur) ou ses collègues y sont montés. D’après Renaud, « p’têtre qu’être trop près du ciel y z’aiment pas »La ville recèle beaucoup de portes de ce genre. Nous sommes entrés pour voir ce qu’il y avait derrière…eh bien un joli musée d’art très bien aménagé avec de ravissants patios fleurisAu programme, collection de poteries précolombiennes,pas mal d’oeuvres de peintres locaux,encore d’autres patios,et quelques oeuvres plus contemporaines…Ici, cette autre façade d’un ancien hôpital cache un bel intérieur, si l’on veut bien se donner le mal d’y entrer (assez souvent, il suffit de demander…)
Rafraîchissement
La température ambiante est torride, dans les 36 à 38°C en début d’après-midi, et nous avons fréquemment besoin de nous hydrater et/ou de nous rafraîchir. La tentation est grande devant les marchands de glace ou de smoothies, mais les risques ne sont pas négligeables, comme ont pu le constater amèrement plusieurs familles de voyageurs que nous suivons, victimes d’amibiase, et qui nous font redoubler de prudence. Au vendeur de jus de fruits frais qui a précédé celui de la photo, nous avons demandé innocemment si l’eau utilisée pour la boisson ou la glace mixée dedans était purifiée, et la réponse a été négative ! Ils utilisaient de l’eau du robinet, réputée peu sûre ici… Nous avons décliné la commande et sommes allés voir ailleurs. Ici chez Jugoso, il est clairement explicité sur la machine à glaçons que l’eau est 100% purifiée. Nous avons dégusté en confiance de délicieux cocktails de jus de fruits frais mixés avec de la glace (alias smoothies) et nous y sommes même retournés le lendemain tellement c’était bon. A recommander aux voyageurs qui passent à León, c’est à deux pas de la cathédrale.
Après cette bienfaisante pause artistique, nous nous dirigeons maintenant vers la vraie capitale, Managua. Surprise de la découverte d’une ville dans laquelle nous n’avons jamais mis les pieds et dont nous n’avions gère entendu parler jusqu’ici. A suivre…
Carte du parcours décrit ci-dessus, en version zoomable ici
Voilà presque 3 ans, en plein confinement, nous échafaudions nos plans pour ce tour du monde et tentions de définir le véhicule idéal qui conviendrait à notre projet. C’était l’un des premiers articles de notre blog, à retrouver ici. 21 mois et 66 000 km après notre départ, il nous a semblé intéressant de jeter un œil sur nos choix initiaux et d’en dresser le bilan : ferions-nous les mêmes aujourd’hui ?
Roberto encore totalement virtuel 6 mois avant sa naissance sa conception soigneuse a été axée sur l’autonomie sans sacrifier le confort pour autant
Retour sur les choix initiaux
Le plus simple est de reprendre l’article tel qu’il a été publié le 15 avril 2020 (1 an avant notre départ) et de le commenter :
« Notre véhicule idéal serait plutôt destiné à l’itinérance et au camping sauvage qu’aux aires de stationnement sécurisées »
Nous avons dormi en moyenne 3 nuits par mois en camping, principalement a proximité des grandes villes pour pouvoir rejoindre leur centre en transport en commun, et lorsque nous n’avions pas trouvé d’autre possibilité pour remplir nos réservoirs d’eau potable. Le reste du temps nous stationnons librement en ville ou en campagne.
Plutôt les grands espaces que les campings : et comment !
« Notre véhicule idéal serait discret, pour circuler librement dans les villes et ne pas subir l’ostracisme actuel, donc plutôt de type fourgon aménagé (passant pour un utilitaire) que camping-car à capucine et pour les mêmes raisons d’une autre couleur que le blanc«
Notre fourgon bleu nuit se fait effectivement discret et n’est pas repérable de loin. Un petit bémol pour le lanterneau et les fenêtres qui dépassent un peu : nous sommes loin de passer pour un fourgon d’artisan. A refaire, nous mettrions une fenêtre en guise de lanterneau et des fenêtres plus planes (les Seitz S5 que nous avions choisies initialement mais qui n’étaient pas disponibles à la place des Seitz S4 dont nous sommes équipés actuellement)
Ni trop long ni trop haut : avec 46°C ce jour là à Death Valley, il était précieux de pouvoir se garer à l’ombre !
« Notre véhicule idéal serait de taille réduite pour circuler et se garer partout, dans l’idéal moins de 6m de long et moins de 2,20m de large, mais tout de même pas trop court ni trop bas pour avoir un minimum d’habitabilité dans ce qui sera notre résidence permanente«
Le format que nous avons choisi, L3H2 pour les initiés, soit 5,99m de long sur 2,60m de haut et 2,10m de large, nous convient parfaitement. La longueur L2 (5,41m) ne nous aurait pas permis d’installer notre douche et en L4 (6,36m) nous aurions davantage de difficultés pour nous garer alors que nous tenons encore sur la plupart des places de parking standard en dépassant de façon raisonnable. A de nombreuses reprises (ferries, péages) nous avons pu bénéficier du tarif automobile réservé aux moins de 6m. Quant à la hauteur, outre le fait de nous permettre de rester debout à l’intérieur du véhicule, elle nous a permis l’accès à de nombreux tunnels ou porches en ville qui auraient bloqué un véhicule de hauteur H3. D’une manière globale, le format contraint permet aussi de réaliser quelques économies sur les transports maritimes, facturés au volume, voire d’améliorer leur sécurité en permettant l’utilisation d’un container, nécessairement réhaussé dans notre cas. Il est à noter enfin que les barres de hauteur limitant l’accès des parkings et qui poussent certains à choisir le format H1 (<2m) disparaissent miraculeusement dès que l’on sort de France…
Il ne fallait être ni trop haut ni trop large pour franchir ce tunnel au Mexique !
« Notre véhicule idéal serait particulièrement autonome pour espacer au maximum les passages dans les aires de services qui rebutent tant de camping-caristes et qui sont pourtant indispensables tous les 3 ou 4 jours pour la majorité des véhicules du marché. Cela nécessite de privilégier le carburant et l’électricité comme sources d’énergie au lieu du gaz dont les bouteilles sont volumineuses et lourdes, difficiles à échanger d’un pays à l’autre, tout en ayant une durée de vie assez courte en hiver. Il nous faudra donc couvrir le toit de panneaux solaires, une batterie de bonne capacité et acceptant la décharge profonde, un moyen de chauffer l’habitacle, l’eau et les plats sans utiliser de gaz. Il nous faudra aussi des réservoirs d’eau de taille supérieure à la moyenne, un réfrigérateur de bonne capacité mais pas trop pour ne pas consommer trop d’énergie, et surtout des toilettes sèches«
Disons-le tout de suite, et contrairement à ce que l’on lit régulièrement dans les forums, l’autonomie totale n’existe pas. Il faudrait pour cela produire au moins autant que ce que nous consommons. Or, la seule chose que nous produisons, c’est l’électricité. En bonne quantité avec nos 880W de panneaux solaires, dont nous avons tout de même trouvé les limites aux latitudes extrêmes de la Scandinavie. C’est là qu’il nous a fallu nous brancher à l’extérieur pour la première fois, mais ce n’est arrivé que deux autres fois depuis, en 21 mois. Nous sommes très satisfaits également de notre batterie lithium de 240Ah qui nous permet d’utiliser sans souci four micro-ondes, bouilloire électrique, sèche-cheveux et même un petit fer à repasser. Notre réserve d’eau de 200 litres nous offre une autonomie d’une dizaine de jours environ, grâce à l’économie que nous réalisons avec nos toilettes sèches. Celles-ci, contrairement aux toilettes à cassettes que nous avions pu utiliser auparavant et qu’il fallait vider tous les 3 ou 4 jours dans des aires de services ou des campings, ne nécessitent que de trouver une poubelle sur notre chemin, ce qui n’est pas trop dur ! Nous sommes ravis de notre choix du zéro-gaz : notre chauffage air-eau et notre plaque de cuisson diesel puisent tous deux en toute transparence et sobriété dans le réservoir de Roberto, que nous n’avons l’impression de remplir que pour les kilomètres parcourus. Un petit bémol pour la plaque de cuisson Webasto dont l’inertie à l’allumage (environ 6 minutes avant que la température de cuisson soit obtenue) nous a conduit à l’achat d’une bouilloire pour les besoins urgents (le café du matin 😉) et dont les deux feux ne sont curieusement pas indépendants, l’un chauffant simplement moins que l’autre. Pour un voyage uniquement dans des régions où le soleil est généreux, je conseillerais plutôt une petite plaque de cuisson à induction. Quant à notre frigo de 105 litres, sa capacité nous donne pleine satisfaction. Nous le réapprovisionnons tous les 5 à 6 jours.
Ce petit chemin loin de la ville nous a permis d’apercevoir notre première aurore boréale
« Notre véhicule idéal serait doté d’une charge utile importante pour nous permettre d’installer tous les équipements voulus tout en gardant un volume raisonnable pour nos effets personnels. Pour information, la charge utile c’est la différence entre le poids du véhicule tel qu’il est livré et 3,5 tonnes, le poids limite autorisé pour ne pas entrer dans la catégorie camion et nécessiter le permis qui va avec«
Nous avons eu l’occasion une fois de nous peser, sur une plate-forme pour les poids lourds trouvée en bord de route, et, alors que nos deux réservoirs d’eau potable étaient pleins et que celui de diesel était aux ¾, nous n’étions qu’à 3,3T. Ce qui nous donne un peu de marge pour d’éventuels équipements supplémentaires. Cela est le fruit au départ de notre lutte contre le poids superflu, avec des accessoires ayant un bon rapport efficacité/poids, comme la batterie lithium, 5 fois plus légère que son équivalent plomb, les panneaux solaires souples, 4 x 3 kg contre 4 x 14 kg pour les rigides, la vaisselle en mélamine, le système multicouches pour les vêtements, etc. Et chaque kilogramme gagné, c’est du carburant économisé, donc de l’argent et de l’autonomie.
Selon cette étude, notre choix de rester 200 kg au-dessous des 3,5 T autorisées nous fait gagner 1 litre de carburant tous les 100 km, soit 660 litres depuis le départ !
« Notre véhicule idéal serait résistant et fiable compte tenu des distances à parcourir, et doté d’un bon service d’assistance en Europe et dans le Monde. Le Fiat Ducato sur lequel reposent deux-tiers des fourgons et camping-cars du marché, ce qui n’est sans doute pas pour rien, et qui vient d’être équipé de nouveaux moteurs performants remporte la première place de notre étude comparative. Compte-tenu de la longue route à faire ensemble, nous privilégions d’emblée le choix d’un véhicule neuf«
La longueur des trajets et le mauvais état des routes dans de nombreux pays (et pas forcément les moins riches !) sont éprouvants pour les véhicules de loisirs, d’autant que l’accès à certains lieux touristiques exige le passage par des voies mal aménagées. De fait, les voyageurs que nous suivons sur les réseaux sociaux rapportent souvent des pannes, principalement sur les véhicules anciens. Pour l’instant, si l’on excepte quelques alarmes électroniques intempestives qui se sont résolues d’elles-mêmes, nous n’avons rien expérimenté de tel, confirmant l’intérêt a priori du choix d’un véhicule neuf. Néanmoins, nous sommes conscients de la grande vulnérabilité de notre véhicule dernier cri (alias Euro 6) aux pannes liées à l’électronique de bord, aux dispositifs antipollution (AdBlue, filtre à particules, etc.) et aux exigences en matière de qualité du carburant. Nous avons jusqu’ici toujours trouvé de l’AdBlue, mais ce produit manquerait dans plusieurs pays d’Amérique Centrale alors qu’il nous est indispensable (une fois le réservoir vide, le moteur refuse de démarrer…). Nous allons devoir dans le doute emporter du stock et regrettons de ne pas avoir fait désactiver avant de partir tout le système antipollution, non prévu pour circuler en Amérique Centrale et du Sud. Le SAV Fiat sur lequel nous comptions s’avère inexistant au Canada et aux USA qui ne commercialisent pas le Ducato, mais reste possible au Mexique et dans quelques autres pays à venir qui proposent le modèle à la vente, bien que pas forcément la même version. Nous expérimenterons bientôt cela lors de notre prochaine révision dans le sud du Mexique d’ici un à deux mois. A noter que nous rapportons de nos escapades françaises des pièces d’entretien courantes, comme les filtres à air et à huile ou encore un jeu de plaquettes de rechange. On ne sait jamais ! En prévention, nous ferons sans doute installer un filtre à gasoil supplémentaire et nous nous efforcerons de ne faire le plein que dans des stations de grandes marques. Nous croisons les doigts pour que notre Roberto ne tombe jamais en panne !
Le Fiat Ducato est vendu et donc entretenu au Mexique mais pas au Canada ni aux USA
« Après définition de tous ces paramètres, nous passons des heures et des jours à parcourir le net et les magazines spécialisés pour dénicher un véhicule prêt-à-partir qui répondrait à nos besoins. Malgré le grand nombre de constructeurs, la réponse est claire : aucun des véhicules du marché ne correspond à nos choix. Aucun ne peut se passer de gaz, aucun ne dispose de toilettes sèches, aucun ne possède plus d’un panneau solaire, aucun n’a de batterie Lithium ! Il nous reste donc deux choix, soit acquérir le véhicule du marché le plus proche de nos besoins et faire toutes les transformations nécessaires, soit fournir un fourgon vide à un aménageur spécialisé pour le faire aménager de A à Z en fonction de nos besoins. Nous optons pour la seconde solution ! »
Nous nous félicitons de ce choix : en dehors de quelques contraintes techniques qui ont modifié nos choix initiaux, Roberto est totalement conforme aux plans que nous avions conçus et s’avère très confortable à l’usage. Le mobilier est de bonne qualité et n’a pas bougé depuis presque 2 ans. Tout au plus avons-nous resserré quelques vis qui prenaient leur liberté après de longs trajets sur des routes non revêtues. L’excellente coopération entre le concessionnaire Fiat et notre aménageur de Rodez nous a permis de commander le véhicule sans nous déplacer, ce qui aurait été compliqué à distance et pendant les différents confinements (je rappelle que nous vivions alors dans une île à 8000 km de là). Nous avons pu ainsi le récupérer prêt à partir au moment voulu. Et même après un petit galop d’essai faire faire un peu de finition (étagères complémentaires, résolution d’un grincement, rajout d’un tapis de sol, etc.) aussi bien par l’aménageur que par le concessionnaire. Et au final le coût du véhicule neuf additionné à celui de l’aménagement s’est avéré assez similaire à celui d’un véhicule tout aménagé. A refaire, ce serait sans hésitation !
On ne peut pas dire en tout cas que nous avons fait dans la démesure !
Améliorations
Au fil des mois, nous avons bien entendu apporté quelques améliorations, en fonction des besoins qui nous apparus à l’usage. A titre indicatif, nous avons ajouté quelques dispositifs de sécurité sur les portières, nous nous sommes équipés d’un transformateur 110/220V (qui ne nous a encore jamais servi en dehors du test initial de fonctionnement) et plus récemment d’un ventilateur de lanterneau, notre aération s’avérant insuffisante en période de grosses chaleurs. Nous rapportons aussi de ce séjour en France un petit aspirateur puissant bien que rechargeable en USB en remplacement de celui qui nous avait été volé pendant le shipping.
Nous nous sommes aperçus également au cours du périple qu’il était plus facile de communiquer avec d’autres voyageurs au long cours lorsqu’ils affichaient l’adresse de leur blog ou de leur réseau social préféré sur leur véhicule. En les suivant sur la route ou en les voyant sur un parking, il est alors possible d’engager la conversation, même en leur absence. Nous avons donc fait imprimer l’adresse du blog en lettres adhésives et des QRCodes renvoyant vers notre blog et nos pages FaceBook et Instagram, qu’il nous suffira d’apposer sur la carrosserie de Roberto afin de nous faire connaître aux autre voyageurs. Nous avons également quelques autocollants avec notre logo avec la même optique de communication. Vous aurez un retour sur l’efficacité (ou pas !) de tout cela dans quelques mois.
Photographiés avec votre téléphone, ces QRCodes vous renverront vers nos publications
Perspectives
Après avoir découvert et câliné à loisir notre adorable petite Mélissandre (merci à ses parents de leur confiance et félicitations par ailleurs pour leur savoir-faire qui semble si naturel), après avoir revu nos autres enfants, notre famille et nos amis proches, nous allons bientôt pouvoir reprendre la direction du Mexique pour des températures plus clémentes et une vie beaucoup moins sédentaire. Nous vous raconterons cela très bientôt.