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  • 178. Approche de l’Amazonie

    178. Approche de l’Amazonie

    La pause est terminée, nous voilà de retour en Équateur pour poursuivre notre périple. Notre nouveau visa de 90 jours obtenu à l’arrivée dans le pays aurait pu nous donner de l’aisance pour la visite, mais le problème c’est que pour Roberto n’étant pas rentré avec nous, c’est la date de notre première entrée en Équateur qui compte. Cela devrait malgré tout être suffisant, le pays n’étant pas si grand (44% de la surface de la France)

    Parcours Approche de l'Amazonie
    Le parcours décrit dans cet article, en version cliquable ici

    Transition crustacée

    Notre petit séjour métropolitain se termine et nous commençons à préparer nos bagages pour le retour en Équateur. Mais le pays se rappelle à nous plus tôt que prévu lors d’un petit passage au supermarché : voilà que nous découvrons que les crevettes que l’on vient d’acheter viennent de là-bas !

    C’est que le pays en est, on le sait peu, le premier producteur mondial. Dans notre supermarché, en achetant au hasard, nous avions une chance sur deux de tomber sur des crevettes équatoriennes. Elles sont paraît-il loin devant les autres en terme de qualité, de couleur, de texture et de saveur. Mais j’aurais bien du mal à vous donner mon opinion, je suis allergique…


    Retour vers le futur

    Eh bien nous voilà de nouveau dans les aéroports pour notre vol de retour vers Quito. Rien d’exceptionnel à raconter alors je m’amuse avec l’intelligence artificielle à modifier quelques petits détails sur mes photos, en rapport avec l’actualité sur la pénurie potentielle de kérosène. C’est d’une simplicité et d’une efficacité décourageantes pour l’avenir de la planète…


    Roberto nous voilà

    Après un vol en 3 étapes long et ennuyeux, partis à midi de Bordeaux nous arrivons vers 7 heures le lendemain en heure française. Sauf qu’à Quito il n’est pas encore minuit, décalage horaire oblige. 1h15 plus tard, car oui l’attente est longue à l’immigration, nous sortons enfin de l’aéroport et appelons le gardien de notre parking longue durée pour qu’il vienne nous chercher. En milieu de nuit, ce service VIP était précieux, tout en étant inclus dans le tarif imbattable de 3,90€/24h. Le gardien nous ramène auprès de Roberto qui nous attendait bien sagement. Nous empilons nos bagages sur les sièges et finissons notre nuit. Le lendemain matin, en quittant le parking, nous nous apercevons que notre véhicule a en plus été nettoyé. Quand je vous dis service VIP !


    Chocs thermiques

    Après la quasi-canicule qui sévissait en France au moment de notre départ, nous retrouvons à Quito des températures agréables en journée, mais frisquettes la nuit en raison essentiellement de l’altitude (2860m) et aussi de l’arrivée prochaine de l’hiver austral. On parle de 5 ou 6°C, il nous a fallu remettre le chauffage !

    Après une journée consacrée à la logistique (déballer et ranger les bagages, remplir le frigo, recharger le forfait téléphonique de Claudie, etc.) nous quittons la capitale pour retrouver la nature. Restant dans les hauteurs, plongés dans une grisaille humide, nous sommes heureux de nous arrêter pour une première pause aux Thermes de Papallacta. L’eau d’origine volcanique y arrive à 70°C dans une douzaine de bassins extérieurs joliment aménagés avec vue directe sur les montagnes alentour, du moins par temps dégagé. Avec un air à 13°C, on s’y plonge avec bonheur !


    Nuit entre une église et un ours à lunettes

    Après les thermes, le ciel s’est un peu couvert et nous ne sommes pas trop chauds (malgré les bains à 40°C…) pour reprendre la route. Et puis nous avons besoin d’eau. Justement, le village de Papallacta a tout ce qu’il faut : un parking tranquille devant une charmante petite église toute bleue, un robinet fileté d’eau potable et même la wifi ! De l’autre côté, c’est un ours à lunettes statufié qui nous regarde, comme pour nous rappeler qu’il en existe un certain nombre dans la région. Plus beaucoup car cette seule espèce d’ours natifs d’Amérique du Sud est menacée. Il en resterait à peine un millier. On voit de temps en temps des panneaux au bord de la route prévenant de la possible traversée de ces ursidés. Mais ça ne marche jamais, il faut qu’ils arrêtent de nous faire rêver !


    La vallée dans la forêt de nuages

    Nous repartons plein Est vers l’Amazonie. La route emprunte le fond de la vallée du tempétueux et boueux Rio Papallacta. De part et d’autre, des forêts denses et pleines de lianes, lichens et plantes épiphytes accrochent les nuages. Voire même les créent, comme on peut l’observer. C’est magnifique et sauvage, nous adorons. Les villages traversés revendiquent volontiers leur peuplement autochtone par des statues au croisement des rues ou par des affiches incitant les touristes à contacter les agences touristiques « communautaires ». Avec ce ciel chargé, la pluie nous gagne et nous nous arrêtons assez tôt au bord d’une autre rivière pour passer la fin d’après-midi dans un endroit tranquille.


    Tena ou l’Amazonie en centre-ville

    La ville de Tena est la porte d’entrée de l’Amazonie équatorienne. C’est souvent de là que démarrent les activités sportives en eau vive, comme le rafting ou le kayak, et les excursions vers les réserves naturelles, les cascades ou encore les communautés indigènes. Cela dit, il n’est pas forcément obligatoire de s’engager dans des expéditions longues, fatigantes et coûteuses pour voir tout ça.

    Au lieu de se rendre dans une réserve naturelle, il suffit de parcourir le magnifique Parc de l’Ile, un concentré gratuit de 27 hectares de forêt dense amazonienne en plein centre-ville. Nous avons adoré nous promener sur ces chemins mousseux au milieu d’une végétation luxuriante typique des forêts tropicales humides. Nous avons découvert plusieurs fleurs et plantes que nous n’avions jamais rencontrées auparavant. Nous avons observé des minuscules grenouilles, quelques insectes bizarres, des singes écureuils et nous avons même approché (et caressé !) un tapir.

    Charançon
    Un charançon de la forêt amazonienne

    Et au lieu d’aller faire du voyeurisme dans les communautés indigènes de la région, il suffit de se balader en ville : 58% des 28 000 habitants sont des Quechuas. Alors oui, nous avons fait un petit tour en ville via une jolie passerelle décorée d’images en métal des animaux et activités de la région, nous avons jeté un œil à l’église et à la cathédrale sans pouvoir y rentrer, nous avons traversé le marché et vu une sorte de cantine où tout le monde mangeait du maito. C’est une préparation de poisson des rivières du coin enveloppé dans des feuilles de bananier puis grillé lentement sur des braises. Apparemment, la feuille de bananier donne un arôme unique et maintient le poisson moelleux et juteux. Nous sortions du déjeuner alors nous n’avons pas goûté, mais il faudra qu’on teste ça prochainement.

    Que de belles découvertes en tout cas lors de cette journée à Tena !

    Nous allons poursuivre encore un peu plus vers le sud du pays et nous vous disons à très bientôt !

  • 101. Costa Rica première décade

    En contraste avec les pays précédents, le Costa Rica s’affirme d’emblée comme orienté vers la nature. Le tourisme vert est d’ailleurs sa première source de revenus. De fait, après une dizaine de jours, 90% de nos activités auront eu pour thème la nature, une heureuse exception dans notre parcours.

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    Quel autre pays peut mettre des paresseux sur ses billets de banque ?!
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    Plaque minéralogique du Costa Rica

    Frontière chaotique

    L’entrée au Nicaragua avait déjà été un peu chaotique, mais la sortie encore plus, confirmant la bureaucratie intense dans ce pays. Sans vouloir entrer dans les détails, la procédure pour quitter le pays aura nécessité 2h40 tandis que l’entrée au Costa Rica ne prendra que 20 mn. Bon, chaque pays fait comme il veut, et la procédure parait plus simple pour les véhicules particuliers, mais nous plaignons les chauffeurs de poids-lourds qui, d’après les longues files de plus d’un kilomètre que nous avons pu observer de part et d’autre de la frontière ont dû perdre au moins une demi-journée à la traverser.

    Sur la photo à droite, on peut voir une file de chauffeurs de poids-lourds qui attendaient le passage de leur véhicule au scanner. Assez résignés, ils m’ont gentiment laissé passer devant eux (c’est le cas aussi pour le passage en douane, nous sommes autorisés à doubler les camions). Ils trouvaient d’ailleurs bizarre qu’avec mon véhicule particulier j’aie dû y passer aussi. Apparemment, un petit billet au policier aurait permis d’éviter cette tracasserie, mais nous ne nous sommes pas pliés à ça !

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    Premières impressions

    Quelquefois, l’entrée dans un nouveau pays se traduit par un choc culturel, comme lorsque l’on passe des USA au Mexique par exemple, mais entre le Nicaragua et le Costa Rica, formalités administratives exclues, c’est le sentiment de continuité qui prédomine. Même végétation abondante, mêmes routes en relativement bon état, même circulation tranquille. Il a fallu attendre de parcourir à pied la première ville, Liberia, pour voir quelques différences. C’est bizarre à dire, mais ce qui frappe le plus est de voir des vitrines devant les magasins, alors que depuis plusieurs mois nous côtoyions des boutiques donnant directement sur la rue ou en en étant séparées d’une simple grille. La plus grande richesse se confirme par la présence de bus électriques, même si les vieux bus scolaires américains retapés sont encore légion, et nous sommes ravis aussi de voir notre carte bancaire refonctionner après un black out au Nicaragua. A l’inverse, les couleurs du pays précédent ont presque disparu, l’église (moderne) est hideuse et le parc central est loin d’être verdoyant. Nous espérons que ce ne seront que des exceptions, la réputation du pays est au-dessus de tout cela.


    Sous l’arbre à oreilles d’éléphant

    Une première pause dans un petit camping à Liberia, sous les arbres et bien aérés, nous a permis de retrouver une semi-fraîcheur qui nous manquait depuis une quinzaine de jours. Le lendemain, nous avons grimpé à 650m d’altitude vers un premier volcan, pour nous installer sur le parking d’un « lodge » (hôtel isolé en pleine nature) acceptant les voyageurs nomades. De là, nous avons suivi un petit chemin de randonnée dans la forêt tropicale sèche, menant à une source chaude soufrée. Un endroit étonnant où un petit cours d’eau transparent devient brusquement blanc laiteux à la rencontre d’une source chaude émanant du volcan voisin. La balade était bien agréable malgré les 8 km aller-retour, dans l’ombre de la forêt mais accompagnés d’une multitude d’oiseaux, toujours difficiles à photographier. En raison de leur fugacité d’une part et de la modicité de notre équipement (smartphones) d’autre part. Les clichés seront rares mais les souvenirs resteront marqués dans notre tête. Nous avons aussi ramassé quelques fruits dont celui (en étoile) du pommier baumier). Il y a de la post-production à prévoir ! En tout cas, la nuit à l’ombre de notre « guanacaste » (l’arbre national du Costa Rica, appelé aussi arbre à oreilles d’éléphant en raison de la forme de ses fruits) et avec une température descendant enfin sous les 25°C (21° même au plus frais) a été des plus réparatrices.

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    Roberto à l’ombre d’un guanacaste

    2 ans !

    Le 19 avril 2021, nous découvrions notre Roberto pour la première fois chez notre aménageur. Les premiers kilomètres parcourus avec furent un mélange d’appréhension et d’euphorie. L’appréhension de la conduite d’un véhicule de ce format et peut-être celle de réaliser qu’il allait devenir notre nouvelle maison pour plusieurs années. L’euphorie de cette liberté nouvelle et du grand voyage qui nous attendait.

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    19 avril 2021, Roberto vient de parcourir son premier kilomètre à Rodez

    Ce 19 avril 2023, nous avons fêté les 2 ans de Roberto, nos 2 ans de vie nomade, et si l’on ne peut plus parler d’appréhension ni d’euphorie, nous restons dans une dynamique très positive. Ces deux années se sont écoulées à un rythme intense, parfois trop même au point que nous ressentons régulièrement le besoin de ralentir, de nous poser quelques jours sur un point de notre parcours pour souffler, pour digérer nos découvertes quotidiennes, pour nous reposer physiquement aussi des kilomètres de marche et même des kilomètres de route. Nous restons heureux de vivre notre rêve, notre seul manque étant l’éloignement de la famille et des amis, que nous essaierons de compenser avec des retours peut-être un peu plus fréquents. Le retour technique de Roberto en Europe va sans doute arranger un peu les choses, mais ne changera absolument rien à notre désir de poursuivre notre vie nomade.

    Parcoursans
    19 avril 2023, Roberto est parvenu au Costa Rica, après un joli parcours de 73 000 km !

    Le sentier des casseroles

    Nous sommes dans le parc national du volcan Rincon de la Vieja, le premier que nous explorons au Costa Rica. L’organisation est un peu à l’américaine, avec « rangers » à l’entrée, plan des randonnées, parcours parfaitement délimités et cimentés avec points d’observation clairement indiqués, boutique de souvenirs à la sortie. Nous choisissons une boucle de 3 km traversant en grande partie une superbe forêt tropicale avec des arbres magnifiques et quelques animaux, dont des iguanes, quelques oiseaux, des tapirs, des singes araignées et d’autres à tête blanche. L’attraction tourne autour du volcanisme secondaire et nous observerons beaucoup de ces « casseroles » géantes et fumantes emplies de boue ou d’eau en ébullition, dans lesquelles on cuirait bien ses spaghettis ou ses œufs, et qui justifient parfaitement en tout cas l’appellation du sentier (sendero de las pailas). Nul doute que l’activité géothermique est intense ici, et l’on comprend très bien l’installation récente d’une usine pour l’exploiter sur le site. Vraiment un bel endroit, et une fréquentation très raisonnable.

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    Le volcan Rincon de la Vieja, 10h38…
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    Nous n’apprendrons que le lendemain le réveil soudain de la bête quelques heures après notre passage. Mais à ce moment-là, nous étions déjà à une trentaine de kilomètres de là. Dommage ou pas ?
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    Il est vrai que l’activité volcanique secondaire était bien présente
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    L’attrait était aussi dans la luxuriance de l’environnement. Pas beaux ces arbres qui s’enlacent ?

    Pura vida

    riche en animaux sauvages…

    et en phénomènes naturels

    N’est-elle pas belle notre pura vida ?


    Le Rio Celeste

    La tentante traduction française, « rivière céleste », pourrait faire penser à une combinaison exceptionnelle du mah-jong ou encore au plat n° 116 du restaurant chinois d’à côté, mais « celeste » en Espagnol signifie bleu ciel. Et le qualificatif n’est en rien usurpé. C’est en traversant un pont que nous découvrons cette rivière d’un bleu étonnant, tranchant sur la végétation environnante. Forcément la couleur attire, et le lieu est quelque peu envahi de touristes et locaux qui viennent s’y rafraîchir, discuter ou même méditer. La concentration humaine et la localisation sous le pont ne sont pas très glamour, nous nous contenterons de deux ou trois photos. Car nous avons prévu de visiter le lendemain le parc national traversé par cette rivière, l’hébergeant sous ses meilleurs aspects. Et nous ne sommes pas déçus ! Un sentier de 6 km aller-retour mène jusqu’à l’origine de la couleur bleue, apparaissant étonnamment à la rencontre de 2 rivières transparentes, l’acidité de l’une se conjuguant aux particules en suspension de l’autre pour les faire gonfler et leur faire réfléchir ainsi la lumière bleue du spectre solaire. Mais vous préférerez peut-être la version plus poétique qui dit que la rivière aurait pris cette couleur lorsque Dieu y trempa ses pinceaux après avoir peint le ciel… Tout au long du sentier traversant une forêt exubérante, nous admirons les méandres bleutés, les petits lacs d’un bleu extraordinaire, des zones en ébullition et une magnifique cascade. Nous croisons aussi un petit lézard dont la queue est aussi bleue que la rivière. Je l’aurais volontiers baptisé « lézard céleste » mais pas sûr que les herpétologues soient d’accord !

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    J’espère juste ne pas me transformer en Schtroumf !
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    Pour en découvrir davantage, il faut entrer dans le Parc National du volcan Tenorio
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    Mais quelles couleurs magnifiques ! Nous n’avions jamais rien vu de tel !
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    Puis vient l’endroit où la magie s’opère : 2 rivières transparentes se transforment en 1 rivière bleue !
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    La visite se termine par une cascade de toute beauté. On a longtemps accusé ceux qui en diffusaient la photo de truquer les couleurs, mais nous pouvons témoigner qu’il n’en est rien !
    ZZ
    Ah et j’allais oublier mon petit « lézard céleste » dont la queue reproduit tellement bien le Rio !

    Aux pieds du volcan Arenal

    Ce volcan à l’imposante silhouette cônique est né il y a 7000 ans. Il est considéré comme l’un des plus actifs du Costa Rica. Sa plus grosse manifestation remonte à 1968, comme en France d’ailleurs, alors que de gros pavés incandescents ont été projetés à plus de 5 km, d’où l’expression costaricienne bien connue « sous les pavés la lave » qui a été reprise, un peu déformée, dans l’hexagone à la même époque. Lol. Entre 1968 et 2010, les explosions et coulées pyroclastiques ont été très fréquentes. Depuis, le volcan semble souffler un peu (des fumerolles surtout) mais ne demande qu’à se réveiller, ce qui ne semble inquiéter en rien les villages installés à ses pieds, profitant tous de la manne touristique attirée par la riche faune et flore locale et par les nombreuses sources chaudes.

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    Le village de La Fortuna, aux pieds du volcan Arenal

    Nous avons trouvé à nous loger pour la nuit dans un camping en cours d’aménagement, mais déjà riche en faune et flore. Le patron nous a montré quelques paresseux accrochés assez haut dans les branches au-dessus de nous et une petite grenouille rouge vif qu’il a tranquillement posée sur son bras tout en nous expliquant qu’elle était vénéneuse. Il suffirait de ne pas la manger et de ne pas mettre les mains à la bouche ou se frotter les yeux pour ne pas avoir d’ennuis… Nous avons aussi rencontré un Français qui fait le chemin du Mexique à la Colombie …en vélo. De quoi donner matière à réflexion à tous ceux qui pensent que nous sommes des aventuriers !


    Le lendemain matin, c’était étape sources chaudes. Mais plutôt que d’aller nous tremper comme la plupart de nos congénères dans les bassins artificiels d’un grand hôtel, nous avons choisi la version naturelle en allant tester la rivière Tabacón, plus connue des locaux que des touristes, notamment pour son caractère gratuit. Au premier abord, l’aspect est celui d’un torrent de montagne, assez vif. Mais la grosse différence c’est que l’eau avoisine les 30°C et que se baigner dans ce courant assez puissant est à la fois tonifiant (autant qu’un torrent alpin à 10°C…) et relaxant (comme tout bain chaud). Le réchauffement brusque de la rivière Tabacón avait été l’un des premiers signes de l’éruption de 1968.

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    Depuis 2010, l’activité du volcan Arenal se traduit essentiellement par des fumerolles et par des sources chaudes, largement exploitées par les professionnels du tourisme

    Alors nous avons trouvé cette rivière d’accès libre, juste à côté d’un grand hôtel, tonifiante de part son courant et relaxante grâce à sa chaleur. Et totalement naturelle bien sûr !


    L’après-midi a été euh …canopique. C’est-à-dire consacrée à la canopée (j’avoue découvrir l’adjectif). Le Costa Rica recueille 6% de la biodiversité mondiale, soit davantage que les USA et énorme par rapport à sa superficie (0,03% de la planère). Les arbres ne sont pas en reste avec 295 espèces différentes au km² contre 35 en Colombie et 6 au Brésil. Alors se promener dans une forêt, c’est déjà écarquiller les yeux devant tant d’espèces végétales que nous n’avons pas l’habitude de voir. Et se tordre le cou pour regarder vers les cimes des arbres souvent très hauts, compétition vers la lumière oblige. Mais il est possible d’agrémenter encore tout cela en regardant la forêt du dessus, à l’aide de passerelles traversant ou surplombant la canopée. C’est très en vogue dans le pays et, même si nous avions déjà vécu ce genre d’expérience, nous avons souhaité la renouveler. Dans ce parc près du superbe volcan Arenal, un parcours de 3 km compte 12 ponts et 6 passerelles suspendues pour observer la nature sous un angle différent. Si nous avons apprécié ces différences de vues et découvert de nouvelles fleurs dont ces héliconies poilus, nous avons bizarrement été déçus par cette attraction, par le manque de faune et flore visible notamment, trouvant que les installations ne justifiaient pas le droit d’entrée assez élevé. Peut-être avons-nous été trop gâtés dans les jours qui ont précédé ?

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    Un programme alléchant : pas moins de 18 ponts et passerelles pour aller voir la nature de près !
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    La mousse pousse même sur les feuilles, c’est dire…

    Puis nous avons repris la route sur les rives du Lac Arenal, de jolis lacets asphaltés et en bon état qui nous ont amenés à un parc accessible gratuitement au public et à tout véhicule en fait. Nous y avons passé une nuit très tranquille, sans personne autour, avec un joli spectacle au réveil.

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    Le soleil joue à cache cache avec les nuages en fin d’après-midi au-dessus du lac. Quelques éclairs mais pas de précipitation. Aussi incroyable que cela paraisse, nous n’avons pas eu une goutte de pluie depuis que nous sommes retournés au Mexique début février.
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    Nuit super calme au bord de ce lac. Nos seuls « voisins » ont été ces pêcheurs venus mettre leur bateau à l’eau le matin vers 7 h.

    La cordillère de Tilarán

    Nous poursuivons le tour du lac Arenal dans le sens antihoraire, en direction de cette chaîne de montagne. La route change brusquement de qualité, des trous apparaissent dans le bitume avant que celui-ci ne finisse par disparaître. Sur plusieurs dizaines de kilomètres. Il parait que les habitants s’en plaignent depuis longtemps sans jamais être entendus. Manifestement la « pura vida » n’est pas universelle au Costa Rica… Pas de surprise, nous sommes toujours dans la nature, à une altitude de 1300 m qui fait du bien, au village de Santa Elena plus précisément. C’est très touristique, malgré la difficulté d’accès, et nombreux sont les restaurants, hôtels, magasins de souvenirs et tours-organisateurs. Nous en apprécions d’autant notre liberté de mouvement et notre autonomie en logement et restauration : pas besoin de subir tout ça, nous savons ce que nous voulons et nous nous rendons directement dans les endroits concernés.

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    Juste une photo sur la route de Santa Elena (bien trop occupé à éviter les trous…) : le jardin de ce sculpteur végétal qui accueille les automobilistes de passage

    Notre premier arrêt est pour une ferme de papillons, élevés dans des serres reproduisant cinq microclimats du pays. Quelques insectes sont aussi collectionnés. Nous avons droit à une visite guidée VIP par une jeune naturaliste. Nous observons bien sûr de jolis spécimens, dont les célèbres morphos bleus, un peu plus faciles à approcher que ceux, fugaces, que nous avons croisé lors de nos balades.


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    La présentation au guichet d’accueil laisse penser que plusieurs centaines d’espèces sont présentes. Mais ça sera beaucoup moins !

    L’autre attraction du jour est le « ranario », qui pourrait se traduire par « grenouillerie » en Français. Un rassemblement de terrariums où sont élevées et protégées plus de 25 espèces de batraciens locaux, souvent des grenouilles minuscules ne dépassant pas les 2 cm et aux couleurs vives indiquant aux autres espèces leur dangerosité. Le plus est la possibilité avec le même billet de réaliser une double visite permettant dans l’après-midi d’apprécier les espèces diurnes et à la tombée de la nuit celles nocturnes. Nous avons adoré ces mignonnes petites grenouilles multicolores, pas si faciles à photographier toutefois en raison de leur taille.

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    Le Ranario de Santa Elena, qui a bien voulu nous accueillir pour la nuit sur son parking

    A trop chercher les grenouilles dans les vivariums, on en oublie parfois de regarder autour. Et là, juste devant nous, la lampe-torche tombe sur cette chose. Bon, il paraît que les scorpions costariciens ne sont pas mortels, ça rassure !

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    Souvenirs souvenirs (1)

    Nous sommes maintenant à Sarchi, une petite bourgade à l’ouest de la capitale San Jose. Spécialisée dans le travail du bois depuis le début du XXe siècle, elle a produit beaucoup de meubles mais aussi les charrettes à traction bovine nécessaires au transport du café à l’époque, typiquement décorées de motifs géométriques en couleurs vives semblables aux mandalas. L’arrivée du train et des camions aurait pu éteindre cette production, mais les artisans ont su se reconvertir et produisent peut-être maintenant davantage de charrettes qu’avant ainsi que beaucoup d’autres objets qui plaisent aux touristes. La ville est inscrite au patrimoine mondial de l’humanité pour avoir été le berceau de l’artisanat costaricien. En tout cas, si vous cherchez des souvenirs à rapporter de votre séjour, vous n’aurez que l’embarras du choix ici !

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    Sarchi, berceau de l’artisanat costaricien
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    L’entrée des toilettes est particulièrement soignée !
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    Sarchi est aussi connue pour sa magnifique église, malheureusement fermée à l’heure de notre passage

    Souvenirs souvenirs (2)

    La ville suivante, Zarcero, avec son église et ses arches de cyprès si typiques, éveille en nous le souvenir de notre premier voyage au Costa Rica il y a maintenant 14 ans, en compagnie de deux de nos enfants et en mode sac au dos. En fouillant un peu dans nos archives, j’ai retrouvé le blog que nous avions réalisé alors, rédigé à quatre plumes. Sachant qu’il serait tôt ou tard retiré des serveurs faute d’être mis à jour, j’en avais fait une copie sur Word, avec une mise en page sommaire mais qui a le mérite de toujours exister. Elle est disponible en lecture ou au téléchargement ci-dessous pour ceux que cela intéresserait.

    Nous avons eu plaisir pour notre part à nous replonger dans ce récit et à examiner le parcours d’alors que nous avions un peu oublié. Démontrant au passage l’intérêt au moins personnel à long terme de la rédaction d’un blog de voyage.

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    Notre parcours en 2009, essentiellement en transports en commun
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    L’église de Zarcero et son étonnant jardin sculpté

    Mais voilà que la route nous appelle. Il nous reste encore beaucoup à découvrir au pays de la Pura Vida. Alors à très bientôt pour la suite !

    Parcours Costa Rica
    Parcours Costa Rica première décade, en version zoomable ici