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  • 56. Mississipi-Alabama-Floride

    Voilà bien 10 jours que je n’ai pas donné de nouvelles. C’est que nous tournons à plein régime, A vrai dire, le terme n’est guère adapté, parce que des tournants, il n’y en a pas beaucoup. De quoi s’ennuyer un peu sur la route parfois avec ces longues lignes droites de plusieurs dizaines de kilomètres, à l’image des frontières rectilignes séparant les états. Du coup ces trajets longs raccourcissent les journées, si l’on peut dire. Sans compter qu’en quelques jours nous avons franchi 2 fuseaux horaires et donc perdu 2 heures. Mais heureusement, nos visites n’en ont pas été moins riches, c’est simplement que j’ai manqué un peu de temps pour rédiger. Rappelez-vous nous en étions à notre tornade en Louisiane.


    Le Mississipi sans sirène

    A peine la frontière entre la Louisiane et le Mississipi franchie, la tempête s’apaise soudain. Le ciel redevient d’un bleu éclatant, le soleil brille de tous ses éclats et, à l’approche du bord de mer, apparaît le long de la route une longue plage au sable plus blanc que blanc. Nous n’y résistons pas, garons Roberto les roues dans le sable et allons marcher au bord de l’eau. En désaccord avec cette description idyllique, la couleur marron-vert et la turbidité de l’eau n’incitent pas à la baignade, d’autant plus que la température est fraîche, juste bonne pour y tremper les pieds. Du coup aucune chance d’apercevoir la sirène. De toutes façons, les cinéphiles savent bien que l’intrigue n’a rien à voir avec cet état. (Mercredi 23 Mars, Pass Christian, Mississipi)


    Les 9 étoiles de l’USS Alabama

    L’un des plaisirs de la vanlife, c’est d’avoir chaque jour un paysage différent devant ses fenêtres. Là nous étions particulièrement gâtés, garés juste devant l’USS Alabama, un croiseur américain ayant brillé au cours de la 2ème guerre mondiale : 9 victoires, aucune défaite et aucune perte de l’équipage (2500 personnes tout de même) sous un feu ennemi. Seuls 5 décès sont attribuables à une erreur interne, l’un de ses canons antiaériens en ayant visé accidentellement un autre… c’est ballot. Le navire se visite des ponts supérieurs au plus profond des cales. 210m de long sur 33 de large, ça prend du temps à explorer. Après, le confort à bord en 1945 n’avait rien à voir avec celui d’aujourd’hui, mais bon, à la guerre comme à la guerre ! (Jeudi 24, Mobile, Alabama)


    Ses majestés carnaval

    La ville de Mobile est aussi connue pour avoir été la première ville à célébrer le carnaval aux Etats-Unis en 1703, alors qu’elle était la capitale de la Louisiane française. N’étant pas là au bon moment, nous n’en verrons que quelques traces, comme l’entrée du musée du carnaval (fermé) et quelques statues amusantes des premiers rois et reines couronnés autour de la place centrale. (Jeudi 24, Mobile, Alabama)


    Au pays des Anges Bleus

    Cette fois, c’est sous un avion de chasse de l’US Navy que Roberto se pavane, affichant presque le même bleu. Nous venons en effet d’arriver en Floride, tout près de la base aéronavale de Pensacola, fleuron de la ville. Malheureusement, pour des raisons qui ne sont pas expliquées, nous ne pourrons la visiter car elle est réservée jusqu’à nouvel avis aux personnels de l’armée et à leurs invités. Dommage car nous aurions aimé en savoir davantage sur les Blue Angels, cette patrouille de démonstration acrobatique qui fait la fierté du pays, un peu comme l’est notre Patrouille de France. Nous devrons nous contenter de voir passer quelques avions de loin et de visiter dans le centre-ville un bar célèbre empli d’objets insolites où les Marines avaient leurs quartiers. Tout proche de la base se trouve le parc naturel de Big Lagoon dans lequel nous avons suivi le Sand Pine Trail, une randonnée sur un chemin de sable blanc qui traverse une forêt de pins et des marais. Le lagon lui-même n’est plus accessible depuis le passage d’un ouragan il y a quelques années. La région est fréquemment touchée. (Vendredi 25, Pensacola, Alabama)


    L’oublié de Wikipédia

    José Antonio Ponte, artiste révolutionnaire. Parcourant un musée d’art à Pensacola, nous découvrons le talent artistique méconnu (au minimum de Wikipédia) de ce personnage étonnant. A l’image de mon copain Laurent, jardinier-pâtissier, José Antonio Ponte associe des talents que l’on n’imagine pas aller ensemble. Cet ancien esclave arraché à son Éthiopie natale était d’abord charpentier, avant de devenir prêtre une fois affranchi puis organisateur d’une insurrection anti-esclavagiste à Cuba. Quand il fut arrêté pour cela, en 1812, les investigateurs espagnols trouvèrent dans ses affaires ce qu’ils appelèrent « un livre de dessins », jugé subversif en raison de la présence de scènes de batailles et d’empereurs noirs. Ponte eut beau jurer qu’il avait prévu d’en faire cadeau au Roi d’Espagne, les policiers durent lui répondre un truc du genre « Mais oui c’est ça » en Espagnol et on finit par le pendre et lui couper la tête (l’inverse aurait été trop compliqué). En réalité il utilisait bien ses œuvres dans un but de propagande, ses dessins à dessein en quelque sorte. L’artiste n’a pas totalement sombré dans l’oubli, n’en déplaise à Wikipédia, des cérémonies lui rendent hommage et des rues portent son nom à Cuba, et d’autres artistes prolongent son œuvre, comme sur ce tableau construit sur les peintures de son livre et les explications que José Antonio Ponte en a donné au tribunal (J. Bedia), ou encore cette porte multicolore (J.M. St Jacques) censée permettre le passage de l’esprit de l’artiste depuis l’au-delà afin de continuer de soutenir la défense des droits de l’homme. (Samedi 26, Pensacola, Alabama)



    Spots dodos

    A Pensacola, nous avons fait deux haltes nature pour la nuit, ce qui est assez rare pour être signalé. Car bizarrement, il n’est pas si facile que cela de stationner pour la nuit aux États-Unis. En effet, si l’on souhaite comme nous éviter au maximum les campings, il faut composer avec le caractère privé de nombreux terrains et parkings. En Europe par exemple, nous nous garions volontiers sur les parkings des églises, des cimetières, des équipements sportifs ou tout simplement à l’orée d’une forêt, sur le bas-côté d’un chemin de campagne, etc. Ici, rien de tout cela n’est possible, la grande majorité des terrains et parkings sont privés, y compris ceux d’installations municipales. De plus, les aires aménagées au bord des routes ou autoroutes sont à la fois rares et envahies de poids-lourds qui laissent leur moteur allumé des heures voire toute la nuit. Certaines enseignes sont connues pour être « RV friendly », c’est-à-dire qu’elles permettent aux véhicules de loisirs de passer la nuit sur leur parking. C’est le cas en général des supermarchés Walmart et des restaurants Cracker Barrel. Nous avons plusieurs fois séjourné sur des parkings Walmart et nous efforçons en contrepartie d’y faire nos courses, mais ça reste du dépannage. Les deux nuits passées à Pensacola l’ont été pour l’une sur une aire de pique-nique avec rampe pour bateaux au bord d’une rivière, dans un joli environnement boisé, et l’autre en plein milieu d’une forêt, les forêts d’état étant en général libres d’accès au public, à l’inverse des parcs d’état. Surtout ne pas se tromper, sinon réveil nocturne assuré par la police avec amende à la clef ! (Dimanche 27, Pensacola, Alabama)


    Le grand-père de Roberto

    Incroyable, nous avons retrouvé le grand-père de Roberto ! Nous l’avons déniché dans le musée de l’histoire de la Floride, à Tallahassee, capitale de cet état. C’est un camping-car monté sur une Ford T de 1923, âgé de 99 ans et déjà très en avance pour son époque. Muni d’une ingénieuse capucine qui se déplie verticalement après avoir ouvert latéralement les 2 volets qui forment le pare-brise. Ensuite il n’y a plus qu’à déplier la banquette-lit qui se pose sur le volant. Pour le reste, la kitchenette est bien présente, ainsi que le réservoir d’eaux grises. Cela dit, on ne cuisinait pas beaucoup à l’époque, ces voyageurs nomades étaient d’ailleurs dénommés les « touristes aux boîtes de conserve » (tin can tourists). Ils avaient même fondé une association qui vit toujours aujourd’hui et possède aussi bien un compte Instagram qu’un site Internet. Vous trouverez sur ce dernier toute l’histoire des Recreational Vehicles américains.


    Ce beau musée entièrement gratuit nous a occupé deux bonnes heures, bien documenté sur l’histoire de la région, des us et coutumes des premiers habitants (les tribus indiennes Apalaches et Séminoles) jusqu’à la seconde guerre mondiale, en passant par l’arrivée des Espagnols, des Anglais puis des Américains, sans oublier toute la période esclavagiste et la guerre de sécession. Nous l’avons découvert un peu par hasard, au fil d’un parcours piéton guidé dans la ville, dont voici quelques étapes :





    Nous terminons la journée et passons la nuit cette fois dans une ancienne gare de la ville reconvertie en centre artistique et récréatif, avec notamment des œuvres de street-art un peu partout. Quelques photos s’imposaient (Lundi 28, Talahassee, Floride)


    La mission était bien remplie

    Nous quittons notre quartier artistique pour aller visiter une ancienne mission espagnole, où de 1656 à 1704 ont cohabité indiens Apalaches fraîchement christianisés et colons Espagnols aussi bien religieux que militaires. Chacun logeait de son côté, mais tous se rassemblaient soit dans le « bâtiment civique » une immense hutte pouvant accueillir de 2000 à 3000 personnes et où se prenaient les grandes décisions, soit sur une grande place centrale où se tenaient entre autres des jeux de balle assez violents pouvant aboutir à la mort de compétiteurs. La vie de la mission a pris fin 2 jours avant l’arrivée des Anglais. Les occupants se sont dispersés en brûlant tout derrière eux.


    Après un déjeuner dans Roberto sur le parking tranquille de la mission, nous repartons sur les routes de la Floride vers le Sud-Est. Nous allons loger cette fois dans un camping au bord d’une rivière où nous prévoyons une sortie canoé pour le lendemain. (Mardi 29, de Tallahassee à Otter Springs, Floride)


    Aux « sources des loutres »

    C’est un petit camping sympa que nous avons trouvé là, au milieu d’une étendue marécageuse qui se parcourt principalement …en kayak. Un parcours de toute beauté dans un calme absolu, entre les arbres les pieds dans l’eau et sous les arches formées par leurs branches. L’eau est tantôt noire tantôt couverte complètement de lentilles d’eau que notre embarcation écarte lentement. Nous n’avons pas vu de loutre, elles doivent être assez farouches ou ce n’était peut-être pas la bonne heure, mais par contre nous avons rencontré quelques bébêtes sympathiques, des farouches tortues, des alligators, une grosse araignée et même une sorte de boa de presque deux mètres de long. J’aurais aimé être plus précis mais j’avais oublié d’emporter mon mètre ruban. (Mercredi 30, Otter Springs, Floride)


    A la recherche des lamantins

    Ces mammifères aquatiques adorables ont pris l’habitude de venir passer l’hiver au chaud en Floride, dans cette région de Crystal River. En haute saison, c’est-à-dire en janvier et février, ils sont plusieurs centaines, mais sans doute moins nombreux que les touristes qui se pressent pour aller nager avec eux, une activité qui ne serait permise aux États-Unis qu’ici. Dès que les températures se réchauffent, ils repartent plus au nord et se raréfient. Autant dire que fin mars, ils sont déjà presque tous partis et sont beaucoup plus difficiles à apercevoir. Le bon côté c’est que c’est pareil pour les touristes. Devenus adeptes du kayak, c’est par ce moyen que nous sommes allés à leur recherche. Et nous en avons trouvés. Des moments furtifs qui n’ont duré que quelques minutes sur les deux heures de notre sortie. D’abord des gros museaux qui sortent respirer et des nageoires caudales toutes rondes qui sortent de l’eau, puis de grosses masses qui paraissent énormes glissant sous notre kayak et leurs têtes sympathiques qui s’approchent de la surface comme pour nous saluer avant de reprendre de la profondeur. Des moments trop brefs pour être pris en photo, mais qui resterons gravés dans nos mémoires. Nous vous mettons quand même quelques photos de lamentins qui ne sont pas de nous, afin de vous consoler ! (Jeudi 31, Crystal River, Floride)


    Nous poursuivons notre route vers St Petersburg, ville de la côte Ouest de la Floride qui n’a rien à voir avec l’ancienne capitale impériale Russe – en plus ça ne s’écrit pas pareil – et qui peut se visiter en toute sécurité sans demander l’autorisation à qui-vous-savez. Le musée Dali nous tente bien, ainsi qu’un autre renommé sur le travail du verre. Forcément, nous vous en reparlerons !

    Ci-dessous, notre trajet depuis le Mexique. Roberto a maintenant plus de 32 000 Km au compteur et se porte comme un charme. Pourvu que ça dure !

  • 54. Welcome to Texas

    Nous sommes maintenant au Texas. Le passage de la frontière a été quelque peu stressant compte-tenu des difficultés pour obtenir une assurance et de l’incertitude sur la durée de notre visa, mais tout cela est réglé et nous pouvons profiter pleinement de notre rêve américain.

    Welcome to Texas

    Un passage de frontière assez stressant

    Petit retour sur l’entrée aux États-Unis. Le passage de frontières, s’il est insignifiant en Europe, n’est jamais anodin lorsque l’on s’en éloigne. Nous avions deux préoccupations pour ce passage du Mexique aux USA. D’une part l’assurance de Roberto et d’autre part la durée de notre visa.

    Les assureurs acceptant de prendre en charge un véhicule plaqué français conduit par un touriste français se comptent sur les doigts d’une main, et peut être même la main d’un menuisier distrait. Si l’on élimine ceux qui ne peuvent offrir de contrat en ligne, il nous reste deux possibilités : Progressive et Thum. Le second étant réputé trois fois plus cher que le premier qui n’est déjà pas donné, nous concentrons nos efforts sur Progressive. Mais bien sûr il y a un hic : il faut avoir une adresse aux États-Unis. Il semble que ce soit surtout pour expédier le courrier dans le cas où l’on choisirait l’option. Nous apprendrons plus tard qu’il y a également une raison administrative. Heureusement, nous avons des amis là-bas et les premiers que nous sollicitons acceptent de nous « prêter » leur adresse (merci Nancy et Michel). Deux semaines environ avant le passage estimé de la frontière, nous demandons un devis, code postal américain à l’appui. Il nous semble correct mais nous attendons d’être sûrs de notre date d’entrée aux US pour terminer la procédure en appuyant sur le bouton « Pay ».

    Mais pourquoi cette mention ne figurait-elle pas dans le devis ?

    Le jour dit, soit 48h avant notre passage de frontière, nous validons le devis, pensant n’avoir plus qu’à dégainer la carte de crédit. Mais au contraire, tout se complique. Les étapes de validation s’enchaînent et bloquent le processus chacune à leur tour. Alors que rien de ce genre n’était demandé pour le devis, on nous demande maintenant de certifier que notre véhicule n’est pas le seul assuré dans la famille, ce qui n’est pas le cas, d’entrer un numéro de permis new-yorkais (nos amis sont basés là), de faire rentrer notre téléphone français dans les cases prévues pour un téléphone américain, etc. Nous recommençons le devis à zéro, mais là c’est encore pire : il est écrit noir sur blanc que Progressive ne peut nous assurer compte-tenu de notre permis étranger. Pourtant pas mal de voyageurs ont réussi, eux ! Tout en lançant de désespoir – et pour assurer nos arrières – une demande de devis chez le concurrent Thum, nous interrogeons les forums de voyageurs.

    Cette fois, c’est une fin de non recevoir…
    Pas d’assurance = bloqués au Mexique !

    Deux jours plus tard, alors que nous ne sommes plus qu’à 50 km de la frontière, nous ne sommes toujours pas assurés et nous risquons bien d’être bloqués là un moment dans une petite ville mexicaine sans intérêt. Thum n’a pas répondu, mais les internautes sur les réseaux sociaux sont plus bavards. Si certains affirment qu’il ne serait plus possible d’assurer un véhicule français, ce qui ne nous réjouit guère, d’autres nous conseillent de refaire le devis avec une domiciliation dans un état plus souple sur les permis étrangers. Ce que nous tentons derechef après avoir obtenu l’accord d’amis domiciliés cette fois en Floride (merci Chris et Tim). Et cette fois c’est bingo, nous obtenons une nouvelle proposition, que nous nous empressons d’accepter. En une demi-heure nous validons en ligne les différents documents et obtenons notre attestation d’assurance. A nous les États-Unis !


    La seconde incertitude concernait la durée de séjour qui nous serait octroyée. En théorie c’est 90 jours, mais compte-tenu de notre escale de 2 jours à Miami fin janvier, le décompte pouvait très bien commencer de là, ce qui ne nous laisserait qu’un mois pour remonter jusqu’au Canada. Il nous faudra attendre le passage de la frontière pour avoir la solution. Nous traversons le Rio Grande, rivière qui sépare les USA du Mexique, à Piedras Negras. L’attente est quasi nulle, le contrôle absent côté Mexique, et nous sommes rapidement pris en charge par la douane américaine.


    Un agent nous emmène dans une petite salle pendant que deux autres s’occupent de fouiller Roberto, à la recherche de substances interdites comme tous les aliments frais par exemple. A l’intérieur du poste de douane, 4 agents s’affairent, viennent nous poser des questions de temps en temps puis nous renvoient à nos sièges. 3 autres personnes attendent avec nous. Trois quarts d’heure et un changement d’équipe plus tard, l’une de ces personnes finit par obtenir ses papiers et sortir. Nous commençons à trouver le temps long et imaginons ce que pourrait être l’attente s’ils avaient à gérer le débarquement d’un A380. Mais nous restons patients. Une demi-heure encore et c’est la distribution des passeports et visas pour les 2 autres personnes et nous. Nous regardons le papier : nous sommes autorisés à voyager aux USA jusqu’au 4 juin, soit 88 jours, youpi ! Ils ont juste déduit les 2 jours de Miami. C’est donc très heureux que nous remontons dans Roberto et reprenons la route, côté américain cette fois, avec la satisfaction de pouvoir prendre tout notre temps.

    Nous sommes enfin entrés aux États-Unis !

    San Antonio et ses célébrités

    Nous démarrons notre visite du Texas par San Antonio et son célèbre Fort Alamo où moururent en héros en 1836 les colonels Davy Crockett, James Bowie et William Travis, ainsi qu’environ 200 de leurs soldats. Une défaite certes mais qui conduisit à l’indépendance du Texas (alors mexicain) 6 semaines plus tard. La visite est gratuite, mais vu le nombre de gens qui sortent de la boutique coiffés de la célèbre toque à queue de raton laveur, on ne se fait pas de soucis pour les conservateurs.


    Mais San Antonio connaît d’autres célébrités. Les commentaires sous les photos vous les présenteront.

    St Antoine de Padoue a donné son nom à la ville, découverte par les espagnols le jour de sa fête, un 13 juin. Heureusement qu’ils n’ont pas traîné en chemin.S’ils étaient arrivés 8 jours plus tard et la ville se serait alors appelée « été ». Pas terrible, non ?

    David Jones était sans doute un grand admirateur du colonel James Bowie, l’un des héros de la bataille de Fort Alamo, pour lui avoir pris son patronyme et devenir vous savez qui.

    Frédéric Dard aurait pointé au hasard sur la carte des États-Unis pour trouver son pseudo et le nom de son célèbre commissaire. Je ne suis pas sûr que cela émeuve les habitants de la ville ni que cela ait joué un rôle dans le succès de la saga. Mais, n’en déplaise à ma prof de Français qui voulait absolument que je lise « autre chose », j’ai avalé pas mal de ces romans policiers au langage assez vert dans ma jeunesse, et ce sont peut-être eux qui m’ont donné ce goût pour les jeux de mots laids.

    Tony Parker est par contre l’enfant chéri de San Antonio, après avoir joué 17 saisons dans l’équipe de basket locale dont 4 victorieuses en NBA.

    La Tour des Amériques, 229m de haut, construite pour l’exposition universelle de 1968 et la Torche de l’Amitié offerte par le gouvernement mexicain sont deux emblèmes de la ville visibles de loin.

    Le Riverwalk, agréable réseau de canaux bordé de boutiques et restaurants, fait parfois qualifier San Antonio de Venise du Texas. Mais bon, rien à voir.


    Vous avez sous les yeux les bottes les plus grandes du Monde. Celles de Berthe ?



    Waco

    Cette petite ville au cœur du Texas est célèbre pour être le lieu où a été inventé le cola Dr Pepper, peu connu en France mais plus commun aux États-Unis. La boisson a été commercialisée en 1885, soit un an avant le Coca-Cola. L’usine de production initiale se visite et présente bien entendu toute l’histoire de la découverte.

    Un pharmacien local travaillait à ses heures perdues dans un « drugstore » qui distribuait des boissons gazeuses sucrées par l’intermédiaire d’une « fontaine à soda », comme c’était très en vogue alors. Il décida de mettre au point sa propre formule, associant une trentaine d’ingrédients et commercialisa sa boisson en s’appuyant sur des bases scientifiques. Notamment sur des publications décrivant les bienfaits sur la santé des eaux thermales et autres sels minéraux, il profita d’une étude démontrant que le taux de sucre dans le sang était au plus bas vers 10h30, 14h30 et 16h30 pour axer toute sa promotion sur la nécessiter d’apporter de bonnes quantités de glucose, par l’intermédiaire de sa boisson si possible, à 10h 14h et 16h. Ce qui est archi-faux bien entendu, mais money is money.

    Le succès commercial a été au rendez-vous, même s’il a fallu s’associer au fil des années aux marques Seven-Up puis Schweppes et quelques autres pour lutter contre la concurrence. La visite reste intéressante et bien documentée et se termine bien évidemment par une dégustation. Il est amusant de voir d’ailleurs qu’il est systématiquement proposé au bar, moyennant finances bien sûr, de doubler voire de tripler la dose incluse dans le billet d’entrée, ou pire encore d’y adjoindre une énorme glace. 500 ml de soda + 500 ml de crème glacée = 1 600 Kcal, soit 60 % des besoins quotidiens d’un homme et 76 % des besoins quotidiens d’une femme. Et à regarder les tables voisines de la nôtre, l’option a malheureusement un certain succès, enfants compris.


    Waco compte également un autre site intéressant où depuis quelques années des mammouths ont été découverts. Une vingtaine de squelettes fossilisés ont été mis au jour, pour la plupart transférés dans des musées ou des laboratoires scientifiques, mais, et c’est ce qui fait l’originalité du lieu, les derniers ont été laissés en place, protégés par une sorte de grand hangar où les fouilles d’ailleurs se poursuivent. Un plongeon émouvant de 70 000 ans dans le passé. Le rassemblement de tous ces animaux en un même lieu est expliqué par une crue soudaine à l’endroit où ils venaient s’abreuver.


    Enfin un supermarché de Waco nous a permis de faire quelques courses originales : un joli gâteau multicolore et du café en sachets à infuser. De façon plus banale, nous avons acheté aussi de la soupe en sachets. Sans trouver la marque que nous nous attendions à trouver ici, la Waco minute soupe 😉


    Fort Worth

    Cette ville proche de Dallas nous a attirés pour son musée d’art moderne, dont l’architecture en vastes salles de béton brut permet une bonne mise en valeur des œuvres exposées, mais surtout pour son quartier de Stockyards qui nous a plongés en plein far-west. Les façades de bois dans les rues, les saloons typiques avec leurs portes battantes, les étals de bottes et de chapeaux, les cow-boys circulant à cheval ou menant un défilé de buffles aux cornes géantes, les charrettes bâchées, l’arène de rodéo, et même le train qui entre toutes sirènes hurlantes dans un hall bondé vous immergent complètement dans le western, ambiance encore renforcée par la musique country omniprésente.



    Dallas

    Nous nous y sommes garés au pied des gratte-ciels (Roberto était très impressionné) pour aller voir le Musée du Sixième Étage. Ce nom énigmatique ne vous dit peut-être rien, mais réfléchissez aux premières choses qui vous viennent à l’esprit concernant Dallas. Une fois éliminée la célébrissime série télévisée des années 80, dont nous aurions d’ailleurs pu visiter le ranch (Southfork) si nous avions été des fans de la famille Ewing, il ne vous reste que l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy en 1963.

    Le 6ème étage c’est bien évidemment celui du bâtiment d’où ont été tirés les coups de feu qui ont tué le 35ème président des États-Unis, les impacts étant marqués sous forme de croix sur l’avenue qui passe devant (zoomez sur l’image pour les voir si besoin)

    Un musée très fréquenté y présente tout le contexte politique du moment, l’attentat en détails et toute l’enquête qui a suivi. Malgré la minutie des enquêteurs, les reconstitutions, les nombreuses expertises médicales, balistiques et acoustiques, malgré les 20 000 pages du rapport final en 26 volumes, plus de la moitié de la population américaine croit encore à un complot. La crise sanitaire récente nous a montré que c’était humain.


    Houston

    A l’instar des astronautes de la mission Apollo 13, nous avons rencontré un problème avec cette ville gigantesque, la plus grande du sud des États-Unis. Sur la demi-douzaine de visites escomptées, nous n’en ferons qu’une seule (une belle demeure et ses jardins au bord d’un bayou), les autres étant véritablement inaccessibles en raison des embouteillages et de l’impossibilité de se garer. La ville ne manque pourtant pas de places, mais elles sont pour la plupart privées : d’immenses parkings vides réservés à tel presbytère ou telle entreprise et de nombreux emplacements disponibles mais interdits d’accès si l’on n’est pas résidents du quartier sont autant d’éléments agaçants lorsque nous sommes au troisième tour du pâté de maisons à la recherche désespérée d’un stationnement. Nous souhaitions également nous rendre dans un grand parc verdoyant du centre-ville, mais les multiples déviations et les longues files de voitures nous ont fait jeter l’éponge. Il faut dire que le parc abrite aussi un zoo et que nous sommes en période de vacances scolaires. Pour cette dernière raison, nous avons abandonné l’idée de nous rendre au centre spatial de Houston. Nous resterons sur notre superbe visite de Cap Canaveral d’il y a une douzaine d’années. En bref, nous avons véritablement fui Houston !


    San Jacinto

    Ce lieu à la fois imprégné d’histoire et verdoyant nous redonne du baume au cœur. Est ici érigé un monument, le plus haut obélisque du monde, de 172 m de hauteur, surmonté d’une étoile, en hommage aux combattants de la bataille de San Jacinto décisive dans la révolution texane en 1836. Cette bataille a été une revanche après la défaite de l’Alamo un mois et demi auparavant. Les assaillants texans ont d’ailleurs donné l’assaut contre les occupants mexicains aux cris de « Souviens-toi de l’Alamo », phrase devenue un temps la devise du Texas une fois l’indépendance obtenue. Le lieu est typiquement américain : espaces verts bien entretenus, routes carrées à sens unique, drapeaux géants et monument intégralement en béton. D’ailleurs, la ville la plus proche, s’appelle Bay Town, ça ne s’invente pas.


    Réserve nationale de Big Thicket

    Nous complétons ce retour au vert par un parc naturel. Une balade agréable avec beau temps et températures douces dans une forêt adaptée à la montée régulière des eaux. Notre seul regret est de ne pouvoir y dormir. Tout est assez verrouillé aux États-Unis, nous aurons certainement l’occasion d’en reparler.

    Quittons-nous sur ces images. A très bientôt !


    Et notre route au Texas. L’état est grand comme la France, difficile d’aller partout !

  • 52. On the road again

    Roberto est enfin libéré des griffes des douaniers mexicains et cela n’a pas été une sinécure. L’inventaire après la récupération nous a permis de constater par ailleurs qu’un certain nombre d’objets avaient disparu pendant le transport transatlantique, bien plus que nous ne le pensions initialement. Mais notre fourgon lui-même n’a pas été détérioré et c’est avec un grand bonheur que nous avons pu reprendre notre vie itinérante sur les routes du Mexique. On the road again !

    Le VIN français n’est pas bon !

    Oui je sais, vous n’y comprenez rien, je vais vous expliquer. Après avoir patienté tout un week-end le temps que les douaniers se reposent avant de pondre le rapport sur l’inspection qui autorisera Roberto à sortir, nous attendons le message de notre agent maritime pour nous rendre au port. A 9h30, notre ami Kilian nous indique que lui est déjà là-bas et qu’il n’attend plus qu’un coup de tampon pour partir. Nous en faisons part à notre agent sous forme d’un petit mot qui signifie en gros « pourquoi lui et pourquoi pas nous ? ». La réponse ne se fait guère attendre : « Vous ne pouvez pas sortir, votre VIN n’est pas bon »…

    Notre ami Kilian a pris de l’avance sur nous. Il attend son van, celui derrière Roberto

    Ne vous méprenez pas, ce n’est pas une insulte à notre boisson nationale, le VIN c’est le Vehicle Identification Number, ou encore numéro de châssis propre à chaque véhicule. Eh bien dans le cas de Roberto, la compagnie maritime a tout bêtement tronqué les 3 premières lettres, coupé le VIN en quelque sorte, ce qui évidemment est insupportable aux yeux de l’administration mexicaine. L’agence nous dit être en contact avec la douane et assure s’ »apprêter à envoyer » un mail à la compagnie maritime afin qu’elle corrige le document. Inutile de vous dire notre déception. Nous nous voyons passer encore quelques jours à Veracruz le temps que les échanges de mails et de coups de tampons se fassent.

    Nous exprimons tout de même notre mécontentement à la fois à notre agent qui avait en main tous ces papiers depuis plus d’un mois et aurait pu les vérifier, ainsi qu’à notre intermédiaire allemand qui aurait pu lui aussi s’assurer que la compagnie maritime avait la bonne information. Et puis, tandis que Kilian nous annonce qu’il est au volant de son van, dans la file d’attente pour sortir du port – nous sommes tout de même heureux pour lui, nous prolongeons notre chambre d’hôtel d’une journée. En espérant qu’il n’en faudra pas deux ou trois autres. Heureusement, peut-être piqués au vif, les différents intervenants ont apparemment pu corriger rapidement les documents puisque notre agent nous propose vers midi un rendez-vous à 15h pour la sortie du port. Ouf !

    Kilian sort du port. Et pourquoi pas nous ?

    Le moment venu, l’agent me prend devant l’hôtel et m’emmène de nouveau auprès de Roberto. Nous attendons 45 minutes interminables avant de recevoir la liasse de papiers dûment validés qu’il faudra présenter aux différents postes de contrôle. L’agent m’explique toute la procédure et le chemin pour sortir car il ne pourra m’accompagner jusqu’au bout. Et là je reprends enfin le volant. Un vrai bonheur que de reconduire notre fourgon après tout ce temps. Je suis le parcours indiqué et me retrouve comme prévu dans la longue file d’attente au milieu d’un flot continu de poids lourds. L’avancée se fait au compte-gouttes, c’était prévu, et ce n’est qu’une heure et demi plus tard que je passe enfin les dernières barrières, non sans avoir dû montrer une dernière fois que j’avais un bon VIN derrière le fagot, euh derrière le pare-brise. Un long parcours d’une quinzaine de kilomètres me ramène enfin auprès de Claudie, dont je n’ai pas besoin de vous décrire la joie lors des retrouvailles.

    On the road again
    C’est enfin notre tour. Pour une fois que je me sens heureux coincé dans une file interminable de poids-lourds !

    Protections en vain

    Le temps m’avait manqué pour réaliser l’inventaire de nos biens lors de l’inspection des douanes. Bien que j’aie retrouvé la porte latérale de Roberto non verrouillée, l’absence de tout désordre à l’intérieur me laissait supposer qu’à l’inverse du véhicule de Kilian retrouvé sens dessus dessous (voir article précédent) personne n’avait pénétré à l’intérieur du nôtre. Malheureusement, Claudie et moi devons nous rendre à l’évidence, il y a bien eu intrusion et fouille en règle de notre fourgon et, curieusement, pour ne pas dire avec perversité, tout a été remis en place comme s’il ne s’était rien passé. Les serrures des tiroirs et de la porte de la salle de bains ont bien été forcées, les pênes en acier tordus en témoignent. Quelques vêtements ont disparu, un petit couteau, un aspirateur portable, un thermomètre et sûrement quelques autres bricoles dont l’absence se révèlera au moment où nous en aurons besoin.

    Malgré la bonne tenue du cadenas qui verrouillait les portes arrière, celles-ci ont pu être entrebâillées en force, suffisamment pour passer la main et récolter ce qui était le plus accessible dans la soute. Une mini-perceuse a ainsi disparu de ma boîte à outils. Ce qui nous amène à nous inquiéter pour notre petit coffre-fort, d’apparence intact et fermé. Nous affichons la combinaison et l’ouvrons… pour découvrir qu’une partie du contenu a également disparu. Pas les lingots, que nous avions gardés avec nous bien sûr 😉, mais quelques objets de valeur indéterminable comme nos anciens téléphones par exemple. Le plus surprenant est qu’ils aient réussi à ouvrir et encore plus à refermer ce coffre sans effraction !

    Certes il s’agissait d’un modeste coffre d’hôtel, avec une clef 4 pans pour l’ouvrir en cas de perte du code ou d’épuisement des piles, et aussi une prise USB destinée aux gérants des hôtels. Ont-ils utilisé l’un de ces 2 moyens ??? Cela témoigne en tout cas que nous avons eu affaire à des voleurs expérimentés, pas de simples marins au long cours. Nous allons pousser la société Seabridge qui nous a vendu la traversée à investiguer davantage pour que ces vols à répétition cessent de devenir la règle et ne demeurent pas impunis. Et en parler sur les réseaux sociaux pour inciter les futurs voyageurs à en laisser le moins possible plutôt qu’à tout barricader. Mais nous n’allons pas nous prendre la tête non plus. Le principal est que Roberto n’ait pas subi de dommages et puisse continuer à nous emmener vaillamment là où nous le souhaitons. Notre vie nomade avant tout, le reste n’est que dommages collatéraux. Les risques étaient connus et nous les avons acceptés.


    20 pesos le litre d’essence (0,90€), qui dit mieux ?

    Nous passons la fin de journée sur le parking d’un supermarché à remettre Roberto en état d’y dormir et bien que nous ayons encore la chambre d’hôtel, nous nous offrons le plaisir d’aller passer la nuit dans notre véhicule favori garé sur la jetée, à 10 mètres de la mer. Quel bonheur ! Le lendemain, nous repassons à l’hôtel prendre nos affaires et quittons pour de bon Veracruz. Non sans avoir fait quelques petits stops dans la banlieue pour refaire le plein de gasoil (un peu plus cher que l’essence, mais à peine : 1 €/l), d’eau (gratuite à la station-service en contrepartie de la visite de notre fourgon) et de denrées alimentaires. Et même faire shampouiner Roberto qui, après ces 6 semaines de voyage, était franchement cra-cra. Lavage « al mano » comme ils disent, à grands coups de seaux d’eaux et de serpillère dans une ambiance de musique latino à tue-tête. Nous n’aurons pas droit à la finition à la brosse à dents, comme la voiture d’à côté, faute peut-être ne de pas avoir payé le supplément adéquat, mais 4 euros pour 50 mn de lavage, c’était vraiment donné ! Après plus d’une heure de route (tout un poème, je vous en reparlerai c’est promis), nous nous garons dans une petite rue du village de Zempoala, tout près de l’entrée d’un site préhispanique que nous visiterons demain.


    Zempoala, le « site des vingt cours d’eau »

    Au matin, nous sommes réveillés par le soleil qui commence à bien chauffer l’habitacle. Il n’est pourtant que 8 heures. Je descends prendre le frais. Une dame sort de la propriété devant laquelle nous sommes garés et s’approche de moi. J’ai soudain un doute et me dis que nous la gênons, que nous allons devoir déplacer le fourgon. Mais non, c’est tout le contraire, elle me propose de me garer à l’ombre dans sa propriété pour ne pas rester en plein soleil, joignant le geste à la parole en ouvrant largement son portail. Quelle hospitalité ! Je me confonds en remerciements et conduis donc Roberto sous les grands arbres d’un jardin. Il s’agit en fait de la cour d’un petit restaurant, mais rien ne nous est demandé. Nous achèterons tout de même quelques empanadas avant de quitter les lieux en guise de remerciement. Ainsi protégés du soleil, nous partons à la découverte du site qui vient d’ouvrir.

    Roberto à l’ombre dans la garderie

    En fait, un seul des vingt cours d’eau évoqués dans l’appellation du site est naturel : la rivière qui le traverse. Les autres, ce sont les différents canaux du dense réseau d’irrigation de ce complexe politico-religieux préhispanique édifié vers l’an 1200 par les Totonaques. Ce peuple plutôt pacifique du centre du Mexique vivait d’agriculture, de chasse et de pêche. Ce qui ne l’empêchait pas d’avoir des rites religieux plutôt barbares, du genre sacrifier des esclaves pour les écorcher et se revêtir de leur peau. Brrr ! La table d’exécution est encore là d’ailleurs, et l’herbe y pousse bien… Autour, nous explorons un ensemble de pyramides construites entièrement en galets provenant de la rivière, joints avec un mortier fait à base de coquillages cuits. Nous avons le site pour nous seuls, l’ambiance n’en est que meilleure. Les Totonaques connaîtront leur déclin, comme tous les peuples de cette époque, avec l’arrivée des Espagnols en 1521. Ils crurent un instant s’en sortir en s’alliant avec Hernan Cortes, le grand chef des conquistadores, pour lutter contre leurs ennemis Aztèques, mais l’Espagnol en guise de remerciement détruisit les statues de leurs divinités, obstacles à la christianisation, et leur refila en prime la variole. Les rares survivants se réfugièrent dans la ville voisine et le site tomba dans l’oubli, envahi peu à peu par la végétation. La restauration est en cours depuis une cinquantaine d’années.

    En haut : la table des sacrifices – En bas : Je me prends pour un chef Totonaque et grâcie le prisonnier

    Un MAX qui assure : 20/20

    Cet acronyme est le raccourci du Musée Anthropologique de Xalapa, le second du Mexique, que nous ne voulions pas manquer car le premier, celui de Mexico était fermé au moment où nous y étions. Dans un décor grandiose est exposée une superbe collection d’objets issus des principales civilisations préhispaniques du Golfe du Mexique : Olmèques, Totonaques et Huastèques. Le musée possède notamment la plus grande collection mondiale de têtes géantes Olmèques, pouvant atteindre 3 mètres de haut. Mais aussi une multitude d’autres pièces fabuleuses dont vous n’aurez que quelques exemplaires en photo, une bonne partie du reste étant accessible en visite virtuelle sur le site du musée. La visite se termine agréablement par les jardins, bien entretenus. Nous avons adoré.


    C’est le moment de nous quitter, mais pas d’inquiétude, nous en avons encore beaucoup à raconter ! A très bientôt !