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  • 35. La semaine des 2 mercredis

    Une fois n’est pas coutume, cet article sera rédigé comme un journal de bord, une manière de vous faire vivre notre périple au jour le jour, avec la crainte que cette forme plus conventionnelle devienne ennuyeuse. N’hésitez pas à dire « stop » ou « encore » dans les commentaires !

    Mercredi

    Nous sommes prêts pour la dernière étape qui nous mènera au mythique Cap Nord, le point le plus septentrional de l’Europe (ou presque – c’est une autre avancée rocheuse un peu plus loin qui détient le véritable titre), à 2 800 km en ligne droite du sud de la Norvège et 3 646 km de Paris par la route selon le GPS qui annonce 44h de trajet. Mais comme nous prenons le chemin des écoliers, nous aurons parcouru plus de 15 500 km avant d’y arriver. Loin de nous l’idée d’accomplir un exploit, c’est Roberto qui fait tout le travail.

    Avant d’y arriver, nous suivons les méandres de la route au milieu de paysages désertiques. La forêt boréale a disparu, cédant la place à des couches ondulées de végétation rase et de lichens aux belles couleurs rousses, parsemées d’arbrisseaux rabougris. Nous voyons de plus en plus de rennes paître tranquillement au milieu de tout ça, nous essayons de nous arrêter quand c’est possible au bord de la route pour les photographier. A un moment, l’arrêt est même obligatoire car 2 rennes occupent le milieu de la route. Pas de problème, nous sommes ravis d’attendre pour les observer, et notre patience va être récompensée par l’arrivée de 2, 3, 4, 5 autres rennes qui vont traverser devant nous, suivis de tout le reste du troupeau. Un moment magique !

    Après ce moment d’émotion nous reprenons la route. Le vent souffle de plus en plus fort et fait tanguer Roberto. Le thermomètre extérieur annonce 4 degrés. Nous arrivons enfin à notre destination. Le GPS affiche 71°10′ de latitude Nord, wouah ! La grande falaise qui surplombe de 307m la rencontre des océans Atlantique et Arctique n’est pas un lieu désert. Après le bureau de poste de 1898, un bâtiment pour recevoir les touristes a été construit en 1958 puis agrandi à plusieurs reprises. Nous sommes accueillis à l’entrée du site par Antoine, un français qui occupe ce jour-là le poste de garde. Après nous avoir prélevé le droit d’entrée, il nous invite à nous garer sur le parking principal dos au vent compte tenu du risque de bris de pare-brise par les rafales à 70km/h. Nous nous habillons chaudement pour rejoindre le centre, marchant très penchés en avant pour ne pas nous envoler. A l’intérieur c’est plus calme, même si le vent fait encore vibrer les murs. Nous visionnons un film, visitons les différentes expositions où nous apprenons tout sur la découverte et les visiteurs célèbres du site, dont Louis Philippe et le roi de Thaïlande. Nous ressortons braver les éléments pour nous faire prendre en photo devant le globe terrestre en structure métallique symbolisant le lieu. Toujours sous un vent violent à décoiffer …Claudie qui perdra un instant son bonnet avant de le retrouver miraculeusement quelque mètre plus loin, collé contre le grillage de protection de la falaise. Pour peu, il aurait fallu courir jusqu’au Pôle Nord pour le récupérer. C’est juste à 2300 km de là, comme l’indique le panneau. Après un petit en-cas à la cafet’ parmi les rares visiteurs du jour (guère plus d’une dizaine de voitures sur le parking), nous reprenons la belle route en sens inverse, sans traversée de rennes cette fois : c’était l’heure de la sieste, ils étaient tous là allongés sur le ventre à nous regarder passer. Après 2 heures de conduite, nous trouvons un joli bivouac sur un promontoire au-dessus d’un fjord. Magnifique, mais les bourrasques de vent qui sont encore bien soutenues nous font craindre une nuit agîtée, dans tous les sens du terme. Nous préférons reprendre la route et trouverons quelques kilomètres plus loin, grâce à Google Map en mode satellite, le parking d’une station de ski de fond, désert à cette époque de l’année et moins exposé au vent : nous y passerons une nuit tranquille.

    Le mythique Cap Nord

    Jeudi

    Départ vers 9 heures du matin en direction de Karasjok, censée être le centre de toute la culture Samie. Les Samis sont un peuple autochtone de la Laponie, une grande région qui couvre plusieurs pays, de la Norvège à la Russie. Initialement nomades et animistes, ils se sont sédentarisés et sont devenus chrétiens. Ils ont eu du mal à faire reconnaître leurs droits territoriaux lors des différentes délimitations des pays sur lesquels ils vivent, mais sont maintenant à peu près reconnus et possèdent leur propre parlement et bien sûr leur drapeau. Mais nous avons été déçus par Karasjok : le musée dédié aux Samis ne nous a pas appris grand-chose de plus que ce que nous savions, à part un bonnet traditionnel dans un petit supermarché, aucun costume typique rencontré. Quant au parlement qui normalement se visite, eh bien il était fermé pour cause de Covid. Du coup nous avons repris la route plus tôt que prévu et avons filé vers la Finlande toute proche. Nous avons franchi la frontière sans aucun contrôle et avons parcouru 70 km au milieu des sapins avant de rejoindre le premier bled (une station-service et trois maisons). Nous n’avons croisé que de rares véhicules. Mieux vaut ne pas tomber en panne dans le coin ! Le ciel est couvert, la bruine trouble le repos de nos essuie-glaces. A 17h il fait si sombre que nous décidons de nous arrêter, pourtant le soleil n’est censé se coucher que 2 heures plus tard. Nous nous arrêtons cette fois au bord d’un petit étang, guidés par l’application Park4night qui recense les « spots » diurnes et/ou nocturnes officiels ou partagés par les utilisateurs.

    Parlement du peuple Sami

    Une petite randonnée de 62,5 km ça vous dit ?
    Entrée en Finlande : aucun contrôle !

    Le chemin démarre comme ça…

    Vendredi

    Au réveil, nous nous apercevons que le voltmètre de notre batterie est dans la zone orange, ce qui ne nous était pas encore arrivés jusqu’ici. Nous pouvions profiter de notre bouilloire électrique et de notre four micro-ondes sans limites, et c’était très confortable. Le problème vient du fait que nos panneaux solaires ne produisent plus d’énergie, à la fois parce que le ciel est couvert mais aussi et surtout parce qu’aux latitudes élevées où nous sommes, les rayons arrivent très tangentiellement. Heureusement, notre batterie lithium se recharge assez vite en roulant (contrairement à une batterie au plomb), ce qui, associé à un usage exclusif de la plaque de cuisson gasoil pour la cuisine, nous permet de rester en autonomie et donc de ne pas avoir à stationner dans les campings la nuit pour nous brancher sur le réseau électrique. Encore faut-il rouler, mais ça, ça n’est pas vraiment un problème !

    Nous reprenons donc le volant jusqu’au village de Siida (s’il n’est pas passé par nous, nous serons passé par lui 😉) tenter un nouveau centre dédié aux Samis mais là c’est carrément fermé, merci des Samis ! Nous laissons Roberto sur le parking et allons à pied visiter la petite ville voisine, Inari, qui nous fait penser à une station de sports d’hivers en hors saison : hôtels, magasins de souvenirs et boutiques organisant divers sports et « safaris » sur neige sont aussi nombreux que peu achalandés. Nous aurions pu louer un canoé pour naviguer sur le grand lac, mais la grisaille et la bruine toujours présentes nous en ont dissuadé. Quoi qu’il en soit, nous aurons bien marché et ça fait du bien de se dépenser.

    La boutique où l’on « shop » le Siida
    Un petit safari en hydravion ?

    L‘étape suivante, c’est la mine d’or de Tankavaara. Une ancienne mine en fait où toutes les installations anciennes sont encore présentes, réhabilitée pour la visite au public. Basse saison oblige, nous sommes presque seuls pour la visite, et heure tardive oblige (nous sommes arrivés à 15h et en Scandinavie, presque tout ferme à 16h !) nous n’aurons pas le temps de chercher nous-mêmes nos pépites au bord de la rivière, une des activités-phares du site. Nous observons tout de même les derniers visiteurs en action et attendons le grand cri de joie qui ne vient pas. Il reste amusant de se balader dans ce décor de western, de traverser les baraquements des anciens chercheurs qui vivaient dans des conditions assez rudes (je serais orpailleur, j’irais plutôt en Guyane…), de photographier des rennes qui flânent entre les maisons. Le petit musée nous décrit la vie de l’époque, l’état de la recherche d’or dans le monde, nous montre grandeur nature les plus grosses pépites retrouvées et nous apprend tout sur les concours d’orpaillage dans le monde, dont nous ignorions l’existence. Mais c’est d’ores et déjà l’heure de repartir car tout ferme et, après un petit chocolat chaud dans notre cocon roulant, nous reprenons la route pour nous poser de nouveau au bord d’un petit lac. Ce qui devrait encore arriver souvent, car 25% de la surface de la Finlande est constituée d’eau. 188 000 lacs je crois !

    L’entrée de la mine et son décor de far west

    Une curieuse maison en bouteilles de verre

    Un chercheur d’or …en bronze !
    Des orpailleurs en herbe sans enthousiasme

    et son intérieur psychédélique

    Pile, 2 rennes ! (ça vous rappelle pas un chanteur de blues ça ?)

    Médailles de concours d’orpaillage français

    La plus grosse pépite alluviale jamais trouvée. C’est bien sûr une reproduction, les 72 Kg de l’originale ont été fondus depuis longtemps
    Un petit coin sympathique pour passer la nuit

    Samedi

    Malgré le soleil au réveil, je vois bien que Claudie fait triste mine de ne pas avoir trouvé sa pépite la veille, alors nous nous dirigeons vers un nouveau gisement, d’améthyste celui-là, le seul d’Europe à Piyä-Luostontie. D’abord la visite se mérite, car une fois arrivés au parking, il nous faut encore marcher 2,5 km le long d’une piste de ski de fond dans la forêt avant d’arriver à l’exploitation. C’est une petite entreprise à taille humaine (9 salariés) qui n’exporte pas de produit brut, pour cause de concurrence déloyale (climat, salaires, etc.) avec d’autres pays comme le Brésil ou le Sri Lanka. Elle n’extrait que ce qu’elle peut vendre en produits finis dans les boutiques que la région, soit 200 à 600 kg de minéraux par an. Ce travail n’est possible que les mois d’été, mais la visite des installations a été mise en place à l’année pour assurer un minimum de revenus. C’est encore un Français, que nous avons reconnu grâce à son accent, qui nous accueille et nous explique tout le processus, les particularités de l’améthyste finlandaise qui est beaucoup plus ancienne que celle des autres pays. Après la théorie la pratique, nous voici armés d’une petite pioche et d’un tamis et partons creuser dans une petite carrière. La règle est simple, nous pourrons ramener avec nous une seule pierre, du moment qu’elle tient dans une main fermée. Plein d’espoir, nous creusons en écarquillant les yeux pour déceler le moindre éclat. Et nous trouvons !

    L’entrée de la mine, qui n’en paye pas

    Après un petit topo on choisit ses outils

    Claudie se donne à fond

    De mon côté je trouve d’abord ça
    C’est par là que l’on descend…

    et tout le monde se met à creuser

    et remplit vite sa gamelle (1)

    Puis enfin le gros lot ! (2)
    De toutes façons dans la montagne, des cailloux y en a plein !
    (1) ça c’est la récolte excédentaire de tous les participants (2) celle-là a été photographiée au musée…

    Après le retour par le même chemin, nous partons vers Rovaniemi à la recherche d’une autre pépite : une laverie automatique. Si vous suivez bien le blog, vous savez déjà qu’il s’agit d’une perle rare dans les pays nordiques. Et nous trouvons la crème des laveries : salon d’attente douillet avec peaux de bêtes sur les canapés, boissons chaudes à volonté avec même caramels mous et petits gâteaux offerts. De quoi faire une bonne pause pendant que le linge tourne. La nuit est presque tombée quand nous sortons, nous cherchons sur Google Map un petit espace de verdure pas loin du centre commercial et nous nous y installons.

    L’Arctic Laundry de Rovaniemi

    Dimanche

    Cette fois c’est dans le brouillard que nous nous réveillons. Tant pis, ça fera une ambiance hivernale pour les photos de notre prochaine visite : le village du Père Noël. Car oui c’est bien à quelques kilomètres au nord de Rovaniemi, capitale de la Laponie, pile sur le cercle polaire que le Père-Noël a ses bureaux. Nous l’avons même rencontré et avons discuté un peu avec lui, mais nous nous sommes épargnés le ridicule de la photo, qui était payante de toutes façons. Eh oui ma pauv’dame, c’est plus c’que c’était ! En fait, basse saison oblige, l’activité du village était au minimum : restaurants fermés, bureau de poste fermé (oui oui celui où arrivent vos lettres), parc d’attraction fermé et enclos des rennes fermé. Dommage car nous aurions bien salué les neuf rennes qui traînent le traîneau du Père-Noël lorsque c’est le grand jour, ou bien les six qui traînent sa voiture de fonction les autres jours, oui vous savez, la petite six-rennes… Il ne nous restait plus qu’à déambuler dans les boutiques de souvenirs. Je n’ai pas voulu tester le chocolat noir au poisson séché, mais Claudie a craqué pour un magnifique pull.


    On y trouve le bureau de poste (fermé le dimanche)

    Et voilà le bureau du Père-Noël
    et la fameuse voiture de fonction (voir le texte)

    pile au niveau du cercle polaire arctique

    L‘après-midi a été plus culturel, avec la visite de l’Arktikum, musée dédié aux populations et aux problématiques de la région arctique. Vaste sujet, si l’on peut dire, qui comme toujours est impossible à résumer en quelques phrases. Mais pour les passionnés, le site est présenté sur ce lien.

    Nous ressortons pour rafraîchir notre cerveau en ébullition et reprenons la route vers la petite ville de Ranua. Nous trouvons refuge pour la nuit sur un petit parking en retrait d’une route secondaire. Ce ne devrait pas être trop bruyant pour la nuit.


    Lundi

    L‘aurore, non boréale cette fois, éclaire magnifiquement un ciel matinal sans nuage. La contrepartie est qu’il ne fait que 3° dehors, mais cela devrait s’arranger. Ceci se confirme 2 heures de route plus loin, alors que nous faisons étape sur le port de plaisance d’Oulu, 4ème ville de Finlande qui ne parait pourtant pas si grande. Nous visitons le marché couvert près du port, puis flânons dans les rues piétonnes du centre-ville. Elles ne sont pas très fréquentées car presque tout le monde se réfugie dans les vastes centres commerciaux qui les bordent. Nous voulions visiter la cathédrale orthodoxe, mais Google nous apprend qu’elle n’ouvre que 2 ou 3 jours par semaine, de 12h à 13h, et pas avant mercredi en tout cas. Un beau métier que celui de prêtre orthodoxe ! La ville est bordée de petites îles que l’on rejoint par des passerelles, à pied, à vélo ou en ski de fond selon la saison, voire même en circulant directement sur la mer gelée en plein hiver. Oulu est d’ailleurs la ville de Finlande la plus équipée en pistes cyclables, 875 km au total, ce qui est beaucoup sachant qu’elles seront utilisées pendant les longues périodes d’hiver. Et aucun des vélos que nous avons croisés n’avait d’assistance électrique : de vrais sportifs ces Finnois ! La température avoisinant vers midi les 12° c’est par la passerelle que nous rejoignons la petite île en face du port. D’abord pour une pause restauration dans une ancienne fabrique de goudron de pin pour le calfatage de bateaux. Sauté de renne et filets de truite polaire au menu, accompagnés de bières locales. Ensuite pour une agréable balade autour de l’île le long d’un sentier agrémenté d’œuvres d’art, se résumant parfois à un simple titre attribué à un décor naturel.


    Boulangerie du marché : pains appétissants
    Ceux-là sont faits pour les sandwiches ou tartines


    « L »origine des saisons »
    « Fleurs étranges »

    Alors celle-là elle n’avait pas de titre, je la baptise donc « Macronade ». Pourquoi ? Eh bien parce qu’il suffit de traverser la rue pour trouver du bouleau…

    Nous conduisons ensuite Roberto (ou l’inverse) jusqu’à un hypermarché. A chaque arrivée dans un nouveau pays, nous adorons parcourir les rayons de ces magasins, toujours représentatifs des coutumes locales. Grand choix de crosses de street-hockey, de cagoules en mérinos type GIGN, de sauces en tubes et de fromages en packs 2 kg, et à l’inverse absence totale de lait longue conservation : aucun doute, nous ne sommes pas en France.

    Après avoir « rempli » notre caddie (à la mesure de nos petits placards et de notre modeste frigo) nous repartons vers le Sud pour faire halte dans une forêt au bord d’un lac. Des jeunes viendront planter leur tente au bord de l’eau un peu plus tard mais seront d’une discrétion parfaite. Là aussi c’est sûr, nous ne sommes pas en France !

    Spot du soir au bord d’un petit lac

    Mardi

    Nous avons avant notre prochain point de chute deux bonnes heures de route, que nous avons le plaisir de parcourir sous le soleil. En fait « sous » est inapproprié car à notre latitude, même vers midi le soleil reste plus près de l’horizon que du zénith. Ça a l’avantage de donner de jolis éclairages. Les sous-bois des forêts qui bordent la route sont plus lumineux que leurs lisières, le givre sur les terres fraîchement retournées les fait changer de couleur au fur et à mesure de notre avancée. Nous arrivons à Kuopio, bourgade de 120 000 habitants, capitale de – ne riez pas – la Savonie du Nord. Après une pause déjeuner à bord avec au menu beignets de poisson, coquillettes et baies locales (myrtilles et platebières, sorte de framboises de couleur orange), nous sommes allés visiter le musée de l’église orthodoxe. Une bonne partie de sa collection vient de la province voisine annexée par les Russes en 1944. Les Finlandais ont ainsi pu sauvegarder leurs biens religieux les plus précieux, des icônes principalement. Après cela nous sommes allés nous garer près du lac pour une belle promenade dans un environnement multicolore automnal, accompagnés de joggeurs, de promeneurs de chiens courts sur pattes (mais comment font-ils dans la poudreuse ?) et d’adeptes de marche nordique (c’est comme le ski de fond mais sans ski ni neige…). Puis dîner tranquille à contempler l’eau devant nous où rien ne passe malgré les multiples embarcations en attente sur la berge, à se demander si elles ne sortent qu’en juillet août.


    Mercredi

    Les plus attentifs d’entre vous auront sans doute remarqué que la semaine a commencé un mercredi et se termine un mercredi. Eh oui c’est ça la vie de retraités, les semaines de 8 jours qui commencent n’importe quand ! Nous sommes toujours à Kuopio et l’abordons cette fois par son grand marché central. En fait, je ne sais pas si c’est la place qui est grande ou si ce sont les occupants qui sont vraiment trop peu nombreux, mais ça donne une impression de vide. Nous faisons vite le tour des marchands de primeurs et d’accessoires anti-froid en laine bouillie avant de découvrir un petit marché couvert et d’y pénétrer. Comme pour celui d’Oulu, l’ambiance est sympathique et chaleureuse avec des petites tables où l’on peut déguster directement ce que l’on vient d’acheter aux boutiques locales. Nous y avons pris un petit café (plus pour moi, je l’avoue, une tarte aux mustikka – myrtilles comme le nom ne l’indique) tout en discutant du saumon cuit au feu de bois et des petites tartelettes typiques (karjalanpiirakka) que nous venions d’acheter et de la spécialité locale (kalakukko – sorte de chausson au poisson et au porc salés) que nous avons préféré ne pas acheter tant les commentaires défavorables sont nombreux. Ces produits sont très bien décrits ici, je vous laisse la lecture.

    Après cette pause agréable, nous traversons quelques artères du centre-ville bordées d’imposantes maisons en bois, « comme en Russie » dit Claudie qui y est allée, pour une petite visite de la cathédrale. L’intérieur est aussi sommairement décoré que l’extérieur, ce qui est habituel dans la religion luthérienne. En outre, une conférence se prépare manifestement, aussi nous ne restons pas bien longtemps dans les lieux. Nous rejoignons notre véhicule préféré en longeant les quais où sont amarrés de vieux bateaux, à vapeur pour certain, qui sillonnent le lac chargés de touristes à la belle saison. Bah, il nous suffit de revenir dans 10 mois !
    Avant de quitter la ville, nous profitons des douches publiques du terrain de tennis près duquel nous sommes garés. Si la douche de Roberto est parfaitement fonctionnelle, il est parfois agréable de profiter ailleurs d’une eau en quantité moins limitée dans un espace bien plus grand que notre unique mètre carré. Et puis se savonner en Savonie, c’était incontournable !


    Et voilà cette semaine de 8 jours qui s’achève. J’espère que mon journal de bord vous aura plu. Vous trouverez ci-dessous les liens habituels pour déposer de bienvenus commentaires ou pour afficher notre parcours actualisé.

  • 33. Tout à gogo

    Sans aucunement être monotones, certaines observations se répètent au cours de notre voyage et attirent inévitablement notre attention. Voici l’occasion d’en rassembler ici quelques-unes.

    Paysages grandioses à gogo

    La route est un émerveillement permanent. Nous traversons régulièrement des paysages magnifiques, qu’il n’est pas souvent facile de prendre en photo car on ne peut s’arrêter à tout moment faute de risquer le carambolage derrière nous ou le couchage de Roberto sur le flanc en raison des accotements « non stabilisés » comme ils disent. Voilà pourquoi vous verrez plus souvent des villes, plus enclines à poser sagement devant nos objectifs. Mais nous avons tout de même pu capturer de beaux paysages, que nous vous livrons ici.

    lacs et forêts a gogo en norvège

    Tunnels à gogo

    Il n’est pas rare que sur certaines routes on passe la moitié de son temps dans les tunnels. C’est même quelquefois frustrant de voir un joli paysage s’interrompre toutes les dix minutes. Et ce ne sont pas de petits tunnels. Déjà à Stavanger, nous avions, après un tunnel « classique » de 6,5 Km, enchaîné de suite avec un tunnel sous-marin de 14,5 Km, plus long que celui du Mont-Blanc. Assez impressionnant car au début on ne fait que descendre pendant plusieurs kilomètres. Mais deux jours plus tard, nous avons parcouru sans le savoir le tunnel routier le plus long du monde, s’étirant sur pas moins de 24,5 Km. Laerdal de son petit nom. Inutile de vous dire que l’on est content de revoir le jour à la sortie. L’avantage avec Roberto, c’est que nous aurions pu nous faire un petit café pendant le trajet. Il faut ajouter que les tunnels en Norvège n’ont pas de parois régulières comme les nôtres. Ils donnent l’impression d’avoir été taillés à la main. L’éclairage est souvent à minima. Parfois les parois sont légèrement peintes jusqu’à mi-hauteur, ce qui donne l’impression de circuler dans un glacier. Mais la plupart du temps c’est de la roche brute et sombre. Pour tromper l’ennui dans ces longs tunnels, souvent une zone éclairée différemment (ou tout court) marque le milieu du tunnel ou chaque étape de 5 Km. Mais le plus perturbé dans l’affaire, c’est notre GPS qui finit volontiers par abandonner lors des plus longs trajets, sans même reprendre à la sortie. Je suis sûr que s’il pouvait soupirer et hausser les épaules, il le ferait !


    Façades multicolores à gogo

    Dire que nous avions dû faire un gros détour à pied à Oslo pour trouver les deux seules rues encore composées de ces vieilles maisons colorées en bois. C’était sans imaginer que par la suite la plupart des villes que nous visiterons comporteront au minimum tout un quartier historique empli de ces seules maisons, voire la totalité d’un village dans certains endroits. C’est un régal pour les yeux, notre seul regret étant que le soleil ne soit pas toujours présent pour sublimer les couleurs de ces façades.


    Églises en bois debout à gogo

    Nous sommes en plein dans la région et elles sont effectivement légion. Elles datent du XIIe ou XIIIe siècle, vers la fin de la période Viking, un peuple qui maîtrisait la construction en bois si l’on en juge par les bateaux dessinés par Uderzo. Ceux qui les ont christianisés leur ont demandé de construire plein d’églises d’un coup, des églises qui résistaient aux tempêtes qui plus est, alors ils ne se sont pas privés. Il en existait plus de 2000 à l’époque, il en subsiste 28 aujourd’hui. Chaque étage est constitué de piliers d’angle reliés par des poutres, lesquelles supportent d’épaisses planches verticales, d’où le nom. La patine du bois permet de mesurer les années d’intempéries de toutes sortes.


    Toits végétalisés à gogo

    Peu aperçus en Suède, ils sont de l’ordre de la banalité en Norvège. Recouverts de mousse luisante comme de sapins de noël, d’herbes folles comme de longs cheveux bien peignés, ils intègrent magnifiquement les maisons qui les arborent (c’est le cas de le dire) dans le paysage, surtout quand tous les voisins s’y mettent. Allez, en voici quelques-uns : le grand touffu, le petit joufflu, le grand ridé, le mont pelé, ça vous rappelle sûrement un truc.


    Décorations kitsch à gogo

    Les norvégiens aiment bien placer tout un tas de bricoles derrière leurs fenêtres, que celles-ci donnent sur la rue ou non. Ils aiment tout autant installer dans leur jardin des statuettes en tout genre, de vieux vélos munis d’un pot de fleurs sur le porte-bagages. Ils aiment aussi décorer leurs boîtes aux lettres et, très nationalistes, orner leurs maisons d’un drapeau. Au moins quand on passe on est sûr de ne pas s’être trompé de pays !


    Marches à gogo

    Si nous marchons facilement des kilomètres en ville, nous nous lançons plus rarement sur les chemins de randonnées. Mais celle-là était incontournable. Nous avons même fait un bon détour dont un long tunnel sous-marin aller-retour pour y aller. Je parle de l’ascension de la falaise de Preikestolen. Elle se fait par un sentier de 4 kilomètres, soit environ 2 heures pour s’élever d’environ 500m. C’est assez raide, et surtout une bonne partie de la balade est constituée de marches taillées dans la roche avec des hauteurs très inégales qui limitent la régularité des pas. De temps en temps on se repose en traversant des tourbières sur de petites passerelles en bois qui nous ont beaucoup rappelé St Pierre et Miquelon. Et puis les marches reprennent, jusqu’à la dernière aux parois on ne peut plus verticales qui donne enfin la vue sur le fjord 604m plus bas. L’effet wouah est garanti.


    Mais la récompense au sommet !
    Et quelle vue de là-haut !
    Du haut de cette pyramide, Claudie vous contemple
    La grande marche vue du dessus. Vous voyez comme moi la fissure ???

    Animaux sur la route à gogo

    Plus nous allons vers le nord, plus il faut faire attention aux animaux qui traversent ou s’installent volontiers sur la route. Les panneaux mettant en garde contre ces incursions sont presque aussi fréquents que ceux annonçant des virages. Tout spécialement ceux annonçant des traversées de rennes, particulièrement frustrants parce que jusqu’ici nous n’en voyions jamais, du moins ailleurs que dans un zoo ou dans notre assiette. Mais nos voeux ont été exaucés il y a quelques jours lorsque nous avons aperçu un petit troupeau broutant le bitume – ou donnant cette impression – à une centaine de mètres devant le capot de Roberto. Personne derrière nous heureusement. Nous avons pu approcher lentement sans trop les effrayer et sortir les smartphones à temps.


    Visites à gogo

    Ce dernier chapitre est un peu fourre-tout, certes, mais ces visites jalonnent notre voyage. Elles n’ont pas toujours de rapport entre elles, alors je vous les livre comme ça, dans un ordre plutôt chronologique. Bonne balade !

    Stavanger, son musée de la conserverie (fermé) et ses maisons de pêcheurs devenues chic

    Mélange de moderne et d’ancien sur le port de Stavanger

    Musée norvégien de la conserve…

    Les bars en terrasse équipés pour le froid
    Les maisons des pêcheurs sont devenues très recherchées

    …malheureusement fermé le jour de notre passage !

    Un food-truck qui doit servir des hamburgers au saumon

    Bergen, et ses entrepôts en bois du XIIIème inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco

    Il s’agit des dix dernières maisons ayant résisté…

    Le quartier du vieux port lui aussi est renommé
    …aux multiples incendies de la ville

    Le port accueille tout de même des bateaux modernes

    Flåm, son étrange bateau de croisière au fond du fjord et son petit train aux 20 tunnels

    Le grand et le petit
    Restaurant viking
    Arborisculpture

    Ce train est entré en gare, au sens propre,

    20km sur 900m de dénivelée, la voie la plus raide du monde sur rails classiques

    Forcément des vues spectaculaires. Voyez-vous les 3 niveaux de voie ferrée et la route en virages que n’aurait pas aimé Roberto ?
    Mais nous avons préféré prendre celui-là !

    20 tunnels dont 18 creusés à la main. Il a fallu en moyenne 1 mois de travail par mètre !

    Le train s’arrête à plusieurs reprises pour laisser apprécier le paysage. Ce n’est pourtant pas qu’un train touristique, il fait le lien avec la gare voisine

    Laerdal, ses vieilles maisons et son centre du saumon norvégien

    Tiens, des maisons grises, ça change…

    Un vieil hôtel de charme
    Bon, il y a aussi des rouges, peuvent pas s’empêcher !

    dans un quartier pas tout neuf
    Les saumons abondent paraît-il dans beaucoup de rivières norvégiennes, mais comme nous ne sommes adeptes ni de la baignade en eau glacée ni de la pêche à la ligne, nous n’avons pas pu vérifier. Nous sommes seulement allés en rencontrer dans un centre qui, grâce à des échelles à saumons judicieusement placées au bord d’une rivière, détourne quelques spécimens de leur chemin montant sablonneux et malaisé. Ils arrivent ainsi dans un pseudo bras de la rivière, alimenté par celle-ci, dont l’une des rives est vitrée ce qui nous permet accessoirement de les apercevoir. L’objectif principal est cependant de vérifier qu’ils sont en bonne santé et de garder les femelles pour récupérer le frai le moment opportun afin de constituer un stock d’alevins. En effet, l’espèce est actuellement victime d’un parasite qui, contrairement au coronavirus, tue principalement les sujets jeunes. Pour assurer le maintien de l’espèce, la seule solution trouvée en cas de contamination d’une rivière est de balancer de la roténone, ce qui tue tous les poissons. Il n’y a plus qu’à remettre les alevins que l’on avait mis de côté, d’où l’intérêt du centre.

    Lillehammer, la ville olympique mais pas que

    Les pistes de saut sont encore actives depuis 1994, enfin pas le jour où nous y étions !

    Lillehammer a aussi un beau musée d’art, avec des
    Faute de skieurs, nous nous sommes rabattus sur le musée consacré à l’histoire olympique de la Norvège

    peintures locales hyper-réalistes,

    La mine de cuivre de Roros

    Elle n’est plus en activité depuis 1974, mais les

    bâtiments servent encore pour expliquer le processus


    Tronheim, ses maisons sur pilotis, sa cathédrale


    Saltfjellet, où l’on franchit le cercle polaire

    66°33 de latitude nord mais seulement 4° C de température extérieure. Plus l’on monte plus ça baisse !

    En attendant Bodø…

    …nous sommes allés observer le « Saltstraumen » (ruisseau salé en Norvégien) un courant de marée qui se forme dans un chenal entre 2 îles, paraît-il impressionnant, pouvant circuler jusqu’à 20 noeuds. Bien que nous ayons attendu le meilleur moment (la marée haute), ni nous ni la mouette (terme générique) n’avons été impressionnés. C’est peut-être la basse saison… Il ne nous restait plus qu’à rejoindre Bødo, notre port d’embarquement pour les Iles Lofoten, bien plus joli.


    J’écris maintenant ces lignes dans le ferry qui nous transporte vers les îles Lofoten. Ça va nous changer des Caraïbes, tiens !

  • 32. Article en PTHD

    Amis cruciverbistes vous n’allez pas être déçus. Ou peut-être si, c’est selon. Les paragraphes de cet article sont pour une fois rédigés à la manière de définitions de mot croisés, mais généralement assez tordues, vous me connaissez. C’est pourquoi j’ai qualifié l’article de PTHD, soit « Pas Très Hautes Définitions ». Et encore, vous avez échappé au pire, j’avais imaginé initialement le titre « Des messages avec définitions »… Allez, commençons !

    a) Beautés nordiques (en 6 lettres)

    Attention de ne pas se laisser influencer par la photo ci-dessus, une des charmantes sculptures qui parsèment les rues de la capitale de la Norvège, où nous sommes depuis hier soir. En effet, la photo est trompeuse, les vraies norvégiennes ne sont pas si bronzées, enfin celle-là oui, mais d’une autre façon. Depuis que nous avons quitté Göteborg et commencé à remonter la côte Ouest de la Suède, puis celle de la Norvège, les paysages ont bien changé. Les lacs, les forêts de pins et les terres agricoles ont fait place à de profondes criques bordées de falaises gazonnées et de roches granitiques. C’est bien des fjords dont nous parlons, ces profondes vallées d’origine glaciaire envahies par la mer, pas spécifiques des pays scandinaves, mais c’est quand même la Norvège qui en compte le plus.

    fjords de Marstrand et Fjällbacka (Suède)
    Ci-dessus et ci-dessous : fjords de Marstrand et Fjällbacka (Suède)

    b) Dévorateurs désordonnés (en 11 lettres)

    Quoi ? Vous ne connaissez pas les dévorateurs désordonnés ? Ils étaient pourtant une vingtaine dans ce grand espace naturel de la côte ouest de la Suède, de qualité et de taille très variables, mais il en faut pour tous les goûts. En réordonnant les lettres vous retrouverez enfin ces œuvres d’art que vous cherchiez (oui c’est bien l’anagramme de dévorateurs, vérifiez si vous voulez). Ce qui est intéressant ici, c’est la dispersion de ces sculptures dans un espace de huit hectares connu jusqu’ici pour héberger des reliques de l’âge de pierre et des tombes âgées de 2000 ans. Certaines de ces oeuvres sont visibles de loin, d’autres ne sont aperçues qu’au dernier moment, au détour d’un chemin. Après, on ne les aime pas forcément toutes, mais l’art c’est l’art. C’est à Pilane en Suède, et si vous voulez en savoir plus, c’est ici.


    c) Polémiques sur le net mais mythologiques à Oslo (en 6 lettres)

    Selon la définition, c’est un individu bête et méchant qui aime générer des polémiques quel que soit le sujet de conversation. Avouez que sur le net vous en avez rencontré un grand nombre depuis le printemps dernier, des admirateurs de professeurs marseillais aux vaccinophobes convaincus en passant par les adeptes de la théorie du « grand reset ». La Scandinavie n’est sans doute pas épargnée par le phénomène mais c’est certainement beaucoup plus rare que chez nous, culture oblige. Et c’est peut-être parce que eux les connaissent bien, les trolls, ces génies plus ou moins malfaisants qui sévissent exclusivement la nuit. Parce qu’ils sont nés là-bas. Mais à l’inverse des parasites des réseaux sociaux, je trouve les trolls scandinaves plutôt sympathiques.


    d) buanderies québécoises (en 7 lettres)

    Parlons un peu d’une partie triviale de notre vanlife : le lavage du linge. Nous avions bien sûr dans notre projet initial exploré les différentes possibilités. Dont celle d’embarquer une mini-machine. Mais à moins de se limiter au lavage des sous-vêtements, ces machines de 1 à 3 Kg de linge restent encombrantes, peu pratiques d’emploi (la vidange est le plus souvent manuelle par exemple), fragiles et bruyantes. Sans compter qu’elles ne sèchent pas et que nous n’avons pas envie de transformer l’intérieur de notre fourgon en étendoir géant. Nous avons finalement opté pour les laveries automatiques, choix qui s’est avéré très satisfaisant jusqu’ici. Mais depuis la Suède, ces établissements se font rares, le linge étant traditionnellement lavé là-bas, en dehors des maisons individuelles, dans les buanderies collectives des immeubles qui en possèdent tous une. Ça se présente mieux depuis que nous sommes arrivés en Norvège, puisque la seule ville d’Oslo en héberge au moins quatre. Pourvu que ça dure !

    Et là où dans la plupart des laveries non scandinaves on utilise des pièces pour lancer les machines ou les séchoirs, ici rien de tout ça. Nous n’avons d’ailleurs fait aucun change ni utilisé d’espèces depuis la Suède. Tout se fait soit par carte bancaire, soit comme ici à Oslo à l’aide d’une application. Il suffit de renseigner le numéro de sa machine et de faire ok. C’est beau le progrès !


    e) Symboles de la France à Oslo (en 10 lettres)

    Juste devant le parlement norvégien, en plein cœur de la capitale, cet ensemble de trois petits bâtiments bleu, blanc et rouge attire notre attention, d’autant qu’ils sont surmontés respectivement des inscriptions « liberté », « égalité » et fraternité. En y pénétrant, on peut même y entendre De Gaulle ou la Marseillaise et même s’asseoir sur un trône de la République. Une rapide recherche sur le net nous apprend que ces sanisettes – mais oui vous ne rêvez pas – ont été offertes par la France à la Norvège pour célébrer le centenaire de son indépendance (d’avec la Suède) en 1905. Ça a fait polémique sur le moment, beaucoup auraient peut-être préféré un truc du genre la grande statue à l’entrée du port de New York, mais ça s’est calmé depuis que le norvégien initiateur du projet a expliqué que c’était tout à l’honneur de la France qui avait ainsi donné au pays deux de ses plus grandes inventions : la constitution (celle de la Norvège s’en est largement inspirée) et les toilettes publiques. Cocorico ! D’autres merveilles osloïtes suivent en photo.

    Sanisettes françaises près du parlement, dans le centre d'Oslo
    Sanisettes françaises près du parlement, dans le centre d’Oslo

    D’autres merveilles osloïtes suivent en photos : n’hésitez pas à swiper !


    Parc Vigelen : plus de 200 statues par l’artiste éponyme


    f) 2 quatrains sur 2 rimes embrassées et 2 tercets (en 6 lettres)

    Des creux et des bosses pour Roberto
    Des creux et des bosses pour Roberto

    Dans un article précédent, je vous avais conté l’une de nos mésaventures à la manière d’Andersen. Je vous la fais cette fois à la manière de Rimbaud, ou plutôt Rambo devrais-je dire tellement le style est archaïque. Un essuyage de plâtres qui date du début de notre voyage, et dont nous n’avions pas jugé utile de parler. Maintenant que notre fierté est ravalée, avec un zeste de poésie et une dose d’humour, je vous livre ce sonnet. Avec l’original, car ça fait du bien de ressortir les classiques en cette période de rentrée scolaire.


    Le baptême du van

    C’est un parking en dur tout près d’un groupe scolaire
    Et d’une route nationale, tout sauf un spot nature.
    Ils sont arrêtés là sur un coup de colère,
    Après une dispute à propos d’un vieux mur.

    Ils s’étaient engagés dans une ville médiévale
    Avec leur fourgon bleu tout juste réceptionné.
    L’étroitesse des ruelles arrêta leur cavale
    Le GPS pourtant n’avait rien mentionné.

    Demi-tour impossible, il fallut reculer
    Eviter tant le mur que l’auto qui montait
    Et devinez la suite, l’auto gagna c’est moche

    Le fourgon est donc là dormant sur ce parking
    Rêvant peut-être à la pelouse d’un camping
    Tranquille. Il a deux trous bleus au côté gauche.

    JM Rambo (2021)

    Le dormeur du val

    C’est un trou de verdure où chante une rivière,
    Accrochant follement aux herbes des haillons
    D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,
    Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons.


    Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
    Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
    Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue,
    Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.


    Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
    Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
    Nature, berce-le chaudement : il a froid.


    Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
    Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
    Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

    Arthur Rimbaud (1870)


    Nous venons d’arriver à l’extrême Sud de la Norvège, sur la péninsule de Lindesnes. Comme l’indique la pancarte, il ne nous reste plus que 2518 Km avant de rejoindre le Cap Nord, une bagatelle !

    Lindesnes, l'extrême sud de la Norvège
    Lindesnes, l’extrême sud de la Norvège
    Lindesnes, vue du haut du phare
    Lindesnes, vue du haut du phare

    Du haut du phare le spectacle est magnifique, et nous n’en sommes qu’au début. Merci de nous suivre, nous vous ferons volontiers partager la suite. N’hésitez pas non plus à commenter, cela fait plaisir de savoir que l’on est lus 🙂