193. De Rio à Manaus, Amazonie

Enfin un vrai plongeon dans l’Amazonie, avec immersion en forêt, pêche au piranha et autres, en plus de la découverte de Manaus.

Trajet en avion de Rio de Janeiro à Manaus - En réalité nous avons fait une escale à Sao Paulo
Trajet en avion de Rio de Janeiro à Manaus – En réalité nous avons fait une escale à Sao Paulo

Vol Rio – Manaus

Le Brésil est immense et notre trajet en avion va durer 5h40 pour 3000 km, y compris une escale technique à São Paulo. La compagnie Latam qui se vante d’être la plus ponctuelle du sous-continent sud-américain n’est pas un modèle pour le service à bord. Un simple verre d’eau proposé pour le vol d’1h entre Rio et São Paulo, 1 choix de 3 boissons dont 2 sucrées avec un sachet de crackers pour le vol de 4h vers Manaus. Un peu racho quand même. On survole une forêt dense sur une bonne partie du trajet, avec alors une petite déception quand on retrouve la ville géante de 2 millions d’habitants qu’est Manaus. Heureusement, l’aéroport se situant à 14 km de la ville, un peu de verdure est présente au moment de se poser. Nous trouvons facilement un Uber pour nous amener à notre petit hôtel en centre-ville. 30€ la chambre avec petit-déjeuner inclus. Une petite balade dans le voisinage le soir nous permet d’observer déjà un point d’attrait touristique majeur qu’est le Teatro Amazonia (nous le visiterons plus tard) et de constater à quel point les restaurants sont bruyants, chacun cherchant à attirer le public avec de la musique live, mais de qualité très moyenne, la sono poussée à fond ne rendant peut-être pas justice aux musiciens. Nous rentrons assez tôt sous la pluie – climat tropical oblige – et rentrons nous reposer à l’hôtel. Car nous partons demain de bonne heure pour un séjour dans un lodge au cœur de la forêt amazonienne.


A la rencontre des eaux (des affluents de l’Amazone)

Un minibus envoyé par notre lodge amazonien vient nous chercher à l’hôtel à 7h15 du matin – autant dire que nous nous sommes levés tôt ! – pour nous conduire au port des ferries de Manaus. De là c’est une pirogue à moteur qui nous attend pour une traversée un peu particulière. Navigant d’abord sur l’eau couleur thé noir du Rio Negro qui longe Manaus, nous allons brusquement tomber sur l’immense nappe boueuse qu’est le Rio Solimões. C’est à cet endroit précis que le fleuve Amazone prend son nom, mais le plus étonnant c’est que les eaux de ses deux affluents ne se mélangent pas. Du moins pas avant 6 ou 7 kilomètres. Les raisons sont essentiellement physiques, l’eau du Rio Negro ayant un débit et une vitesse moins élevés, une température supérieure de 6°C, une densité plus faible et une acidité plus forte a du mal à s’intégrer au puissant Rio Solimões. Le contraste vu du ciel tout comme au niveau de notre pirogue est saisissant. Cette rencontre des eaux fait la fierté des habitants de Manaus et de nombreuses décorations dans la ville y font référence.


Le séjour à l’Amazon Tupana Lodge

Nous allons passer plusieurs journées bien en accord avec la nature dans cet endroit paisible, au rythme des deux à trois sorties proposées chaque jour. Nous ferons ainsi une marche dans la forêt avec quelques indications sur les moyens de communiquer si l’on se perdait (troncs creux qui une fois frappés s’entendent à plusieurs kilomètres), de trouver des sources d’eau et de bien choisir les récipients pour la recueillir (certaines feuilles sont très toxiques). Nous identifierons aussi quelques plantes médicinales, c’est la spécialité de notre guide qui est moitié indien moitié portugais et nous goûterons même au latex un peu sucré d’un arbre. Nous irons aussi pêcher le piranha : 4 prises dont 2 par notre amie française, nous aurons ainsi droit à la dégustation le soir même. Nous visiterons une maison amérindienne construite sur pilotis et 12 mètres au-dessus du niveau de la rivière car c’est à peu près la hauteur de la montée des eaux en hiver. Nous y découvrirons pas mal d’arbres fruitiers exotiques et jouerons avec un petit singe adopté par la famille … jusqu’à ce qu’il soit assez gros pour être mangé. Car chez les Amérindiens, on mange tous les animaux que la nature propose sauf les vautours et les crapauds. Nous partirons à la recherche des dauphins roses de l’Amazonie avec leur tête à bosses et leur long nez. Nous passerons enfin une nuit en dehors du lodge, en hamacs sous un carbet, après avoir préparé notre caïpirinha à la belle étoile et dégusté un excellent asado (barbecue local) de poulet. Au lodge lui-même, les buffets étaient excellents, avec une majorité de plats régionaux préparés avec des ingrédients locaux. Enfin, l’encadrement et l’organisation parfaits de bout en bout. Nous sommes revenus enchantés. Une dernière mention non négligeable : un tel séjour en immersion en Amazonie 4 jours / 3 nuits, avec prise en charge et retour à l’hôtel de Manaus coûte 320 € tout compris sauf les boissons en extra.

1. Arrivée


2. Installation et première activité


3. Apprentissage de la forêt


4. Pêche au piranha et sortie caïmans

De Rio à Manaus, Amazonie : pêche au piranha
De Rio à Manaus, Amazonie : pêche au piranha

5. Sortie lever de soleil et visite d’un verger autochtone

Manaus : Rencontre avec un petit singe
Manaus : Rencontre avec un petit singe

6. Dauphins roses et nuit dans la jungle


7. Dernier matin à l’Amazon Tupana Lodge


8. Retour à Manaus


Visite de Manaus

Les envahisseurs portugais ont envahi en 1669 ce territoire occupé depuis des millénaires par le peuple Manaos. Ils bâtirent un fort, puis un village qu’ils nommèrent Saint José du Fleuve Noir. Comme dans leurs autres colonies, ils entreprirent de capturer les autochtones pour les contraindre aux travaux forcés sous prétexte de christianisation. Mais les Manaos ne se sont pas laissé faire et il a fallu 5 années de guerre pour en exterminer la moitié et disperser les survivants dans d’autres villes. Alors, bons princes, les Portugais ont rebaptisé la ville Manaus. Ça leur a fait une belle jambe aux survivants !


Un siècle et demi plus tard, ce sont d’autres peuples amérindiens et aussi les portugais pauvres du nord-est qui sont exploités dans le commerce juteux du caoutchouc, extrait de l’unique arbre qui en produit : Hevea brasiliensis. Un commerce si juteux que Manaus devient en quelques décennies l’une des villes les plus riches du monde. Les « barons du caoutchouc » se font construire des palais somptueux, et les classes supérieures de belles demeures coloniales. Le nec pus ultra pour la construction et l’aménagement étant d’importer des produits européens. C’est de cette époque (XIXe siècle) que date le magnifique opéra de la ville. Manaus fut aussi la première ville du Brésil à avoir l’électricité et un tramway fonctionnant à cette énergie.

Forcément, ce succès a fait des jaloux, et des Anglais ont secrètement livré des graines d’hévéa aux pays d’Asie du Sud-Est. L’exploitation plus rentable a fait chuter le cours mondial et créé une période de récession à Manaus. Il faudra attendre la création d’une zone franche dans les années 1960 pour relancer l’économie et faire de la ville le cœur économique de l’Amazonie. L’activité touristique est minoritaire, Manaus représentant surtout une base logistique pour l’organisation d’expéditions ou de séjours dans la forêt amazonienne. Elle reste intéressante à visiter pour son histoire et ses bâtiments coloniaux décrépits qui lui confèrent un charme indéniable.


Le Teatro Amazonas

C’est le nom officiel de l’Opéra de Manaus, un spectaculaire monument parfaitement représentatif de cette période de l’or du caoutchouc. Sa présence incongrue au cœur de la forêt amazonienne, à des milliers de kilomètres des grandes capitales culturelles du pays est le reflet de la démesure en cours à cette époque. Il fallait tout faire comme en Europe, des constructions au mobilier, du mode de vie à la culture. Le bâtiment datant de 1896 est bâti en marbre de Carrare, acier de Glasgow, verreries et tuiles d’Alsace-Lorraine, parquets en bois du Portugal, etc. Sa coupole aux 36 000 tuiles vernissées aux couleurs du Brésil se voit de loin. Sa grande salle de spectacle en fer à cheval est couverte d’un plafond peint représentant la Tour Eiffel vue de dessous. Le rideau de scène est une toile peinte représentant la rencontre des eaux évoquée ci-dessus. Après une période de fermeture lié au déclin du commerce du caoutchouc, l’opéra a été rénové en 1990 et accueille de nouveau des spectacles, dont beaucoup sont gratuits. Une légende voudrait qu’Enrico Caruso y ait chanté lors de l’inauguration, mais sans élément de preuve. En revanche s’y sont bien produits Plácido Domingo lors de la réouverture en 1990, José Carreras pour le centenaire en 1996, et même Luciano Pavarotti lors d’une visite privée. À noter que l’histoire de l’Opéra de Manaus a inspiré un film en 1982, Fitzcarraldo de Werner Herzog, où un excentrique rêve de construire un opéra en pleine forêt amazonienne. Il va falloir qu’on regarde ça !


Le Marché Adolpho Lisboa

Voilà un autre emblème de la ville, construit au cours de la même période sur le modèle des Halles de Paris, avec une structure métallique inspirée de Gustave Eiffel. C’est le cœur économique de Manaus, grouillant d’activité et attirant les touristes dont quasiment aucun européen. On y trouve tout ce que l’Amazonie peut produire, des poissons d’eau douce frais ou séchés et roulés à une multitude de fruits ou légumes exotiques que nous ne connaissons pas, en passant par les épices, plantes médicinales, souvenirs artisanaux et l’incontournable zone de petits restaurants amazoniens à deux ou trois tables. Nous aurions volontiers testé les soupes fumantes qui mijotaient là ou le poisson grillé, mais ce n’était pas l’heure.


Au total nous avons trouvé Manaus très dépaysante, bien plus que la tristounette Rio, et revu à l’occasion notre première opinion mitigée sur le Brésil. Cela va-t-il se confirmer lors de notre destination suivante Belem ? C’est à voir !

Souhaitant illustrer par une carte le début de cet article, j’ai trouvé plus simple de demander à l’intelligence artificielle. J’ai commencé par Mistral, une entreprise française que j’aimais bien soutenir, en tapant la commande suivante : « j’aimerais une carte photoréaliste en format paysage 16/9 montrant le trajet d’un avion de ligne entre Rio de Janeiro et Manaus avec ces 2 villes indiquées, ainsi que les autres villes et fleuves les plus importants sur la zone de la carte ». Le résultat, ci-après, est une horreur, même pas dans le bon format et avec des connaissances géographiques inquiétantes. Est-ce le reflet de la baisse du niveau des écoliers français ou le témoin des difficultés que rencontre actuellement l’entreprise face aux géants américains. En tout cas je ne demanderai plus jamais de carte à Mistral ! La carte au début de l’article a été générée par ChatGPT juste après avec la même commande. J’ai quand même dû la retoucher, l’avion curieusement étant à l’envers.

Le trajet Rio - Manaus selon l'intelligence artificielle de Mistral
Le trajet Rio – Manaus selon l’intelligence artificielle de Mistral.ai, bienvenue au Brazaus !


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