191. Carthagène des Indes

Nous voici donc arrivés à l’étape ultime (pour Roberto) de notre périple sud-américain. Avec en priorité la réexpédition de notre véhicule vers l’Europe. Puis quand ce sera fait la visite de celle qui est considérée comme la plus belle ville de Colombie.


Le shipping de Roberto

1. Les devis et la recherche d’un « container buddy »  

Notre tâche prioritaire en arrivant à Carthagène est la réexpédition de Roberto en Europe. Voilà 2 mois que nous avons commencé les préparatifs : devis auprès de 3 agences maritimes, comparaison, choix de la meilleure solution qui s’avère être la même compagnie anglaise qui avait assuré notre retour du Panama, IVSS. Les deux difficultés à ce stade sont d’une part de trouver un partenaire pour partager le container (ça réduit les frais d’à peu près 45%) et, bizarrement, d’arriver à joindre la compagnie. Parce que IVSS propose bien une liste de candidats au partage, mais sans réponse de leur part impossible d’aller plus loin.

Par chance, sur un groupe WhatsApp de voyageurs en Colombie, un couple français cherche un partenaire de son côté pour un transit vers Fos-sur-Mer. Nous les contactons de suite et ça matche immédiatement. Roberto et ses 6 m de longueur tiendra parfaitement dans le conteneur de 12 m avec George, le Peugeot J7 de 1979 d’Eva et Jules qui ne dépasse pas les 5,50 m. Par contre nous ne pourrons pas rentrer par Fos-sur-Mer en ayant quitté l’Europe par Anvers, la France est très tatillonne à ce sujet. Mais ça n’est pas un problème pour Eva et Jules qui sont ok pour Anvers.

Le problème reste de joindre la compagnie. Apparemment le responsable Amérique du Sud serait en vacances… Un rendez-vous téléphonique est pris pour 3 semaines plus tard et le temps parait long jusqu’à leur réponse. Qui finit par arriver : nous avons enfin une confirmation pour un départ le 16 septembre, avec une arrivée à …Rotterdam 3 semaines plus tard. Pas tout à fait la Belgique mais ça ne tombe finalement pas si mal puisque nous n’avions pas encore visité les Pays-Bas. Nous voici donc à Carthagène pour l’étape ultime : la mise en conteneur de nos véhicules.


2. La préparation de Roberto

Évidemment, c’est moins simple qu’il n’y parait. Outre la paperasserie à transmettre au préalable, il faut préparer Roberto qui doit avoir l’air comme neuf. Donc vidage complet, nettoyage en profondeur intérieur comme extérieur, re-remplissage des placards sans que rien ne dépasse et en prévoyant que les douanes pourront à leur guise nous faire ressortir la totalité. Il faut aussi que tous les réservoirs soient vides, ce qui n’est guère un problème pour les eaux claires et grises mais qui est un crève-cœur pour le réservoir de carburant que l’on nous impose d’être sur la réserve. À 77 centimes le litre de diesel, nous aurions bien aimé partir avec les 90 litres de plein !


3. La dépose au port et le contrôle anti-drogue

Et puis vient le grand jour. En chemise à manches longues, pantalon et chaussures fermées alors qu’il fait 38°C, Jules et moi entrons avec nos véhicules au port. La punition s’aggrave : il nous faut en plus porter gilet de sécurité, casque et lunettes. Et c’est avec cet accoutrement que nous allons devoir, nos craintes se confirmant, sortir tout le contenu de Roberto et George pour l’inspection anti-drogue. 2 litres de sueur évacués plus tard et autant d’eau ingérée en compensation, nous sommes prêts. Le chien arrive, aboie beaucoup devant nos affaires, bave aussi, avant de tomber en arrêt devant un des cartons de Jules. On s’inquiète, surtout que c’est un paquet qu’on lui avait offert, mais non, fausse alerte. Le chien a quand même déglingué le carton et bien bavé dedans… À peine 5 mn d’inspection et voilà. On nous fait signe de tout remettre…


4. L’empotage

C’est le moment de rentrer dans le conteneur. J’ai beau leur affirmer qu’à l’aller ça s’est bien passé, les agents sont inquiets devant la taille de Roberto. Il est vrai que la marge à l’entrée des portes ne sera que de quelques centimètres : il faudra bien viser. C’est l’un des agents qui va le rentrer. Tout doucement. Ça passe vraiment juste pour les rétroviseurs pourtant repliés, et encore plus juste pour les panneaux solaires. Le lanterneau étant plus haut qu’eux, je me demande comment ça a pu passer. Peut-être grâce à la petite rampe d’accès qui a fait que Roberto était un peu incliné en entrant. J’espère qu’il y aura la même à la sortie ! Quoi qu’il en soit, notre véhicule est maintenant dans la boite, tout au fond. Le conducteur n’a pas d’autre possibilité que de ressortir par les portes arrière. Alors qu’ils attachent les roues arrière avec des sangles, je me demande comment ils ont fait pour l’avant ?

C’est maintenant au tour de George (oui, sans « s », il a été baptisé par sa propriétaire précédente qui est Anglaise) qui rentre plus facilement. Il a juste fallu dévisser un peu les rétroviseurs pour les replier. En 1979 c’était comme ça ! La rampe d’accès est ensuite enlevée, les portes refermées puis les scellés posés : le nôtre et celui du port. Les démarches sont terminées, nous souhaitons bon voyage à ceux qui ont été nos compagnons de route pour ce long périple en Amérique du Sud. Avec un petit pincement au cœur. Nous sommes comme ça, nous, les voyageurs nomades. Il ne nous reste plus qu’à retrouver Eva et Claudie, interdites d’accès au port (c’est comme autrefois dans les bateaux : les femmes portent malheur. Nan je blague, c’est juste qu’une seule personne par véhicule était autorisée) mais tenues étroitement au courant de la procédure.


Visite de Carthagène des Indes

Même si les locaux l’appellent plus souvent Carthagène (Cartagena en fait), j’aime bien la dénomination complète de cette grande ville portuaire du nord colombien. Le suffixe est bien évidemment destiné à la différencier de sa consœur ibérique, une aînée de presque 18 siècles. Il faudrait aujourd’hui d’ailleurs rajouter à Indes l’adjectif « occidentales » mais à l’époque la question ne se posait pas. À noter que Claudie et moi sommes domiciliés dans les Indes Occidentales Françaises, ce qui explique peut-être ma préférence.

Carthagène des Indes en Colombie versus Carthagène en Espagne
Carthagène des Indes en Colombie versus Carthagène en Espagne

Nous nous sommes gardés une dizaine de jours pour la visite, louant pour l’occasion un AirBnb situé tout près du centre historique, doté d’une jolie vue depuis son 5ème étage, d’une petite piscine au 6ème et dernier. Et bien sûr d’une climatisation particulièrement appréciée parce qu’il fait vraiment très chaud ici et qu’on sait qu’en pareil cas ce serait dur dans Roberto.


1. Carthagène sur la défensive

Carthagène apparait d’emblée comme une ville fortifiée : murailles entourant le centre historique percées de grandes portes et forts munis de canons témoignent d’un passé tumultueux. En effet, aux XVI et XVIIe siècle, toutes les richesses (or, argent, émeraude) pillées dans les tombes amérindiennes transitaient ici vers l’Europe, suscitant la convoitise des pirates et corsaires comme le célèbre Francis Drake qui avait même une résidence dans la ville. Tandis que l’esclavagisme battait son plein avec le monopole pour Carthagène de la traite des esclaves africains qui venait encore gonfler le porte-monnaie des notables locaux. C’est pour préserver tout cela que la Couronne d’Espagne fit édifier 11 kilomètres de murailles autour de la ville et même dans la mer, ainsi qu’une vingtaine de forts et ouvrages fortifiés. Il en subsiste encore une bonne partie aujourd’hui. Cela n’arrêta toutefois pas plusieurs attaques d’envergure françaises ou anglaises, ou même espagnoles après la proclamation de l’indépendance en 1811. L’indépendance définitive ne fut obtenue que 10 ans plus tard grâce à la résistance opiniâtre des habitants et aux interventions de Simon Bolivar.


2. Carthagène la plus belle ville de Colombie

Si Barichara est considérée comme le plus beau village de Colombie, elle ne peut être comparé à une grande ville de plus d’un million d’habitants comme Carthagène. Cette dernière est inscrite au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO depuis 1984, non seulement pour ses fortifications, mais aussi pour la préservation de son centre historique. Et il faut bien reconnaître que l’architecture coloniale est ici remarquable, et pas seulement limitée à une ou deux rues. Une succession impressionnante et ravissante de façades colorées, de murs et balcons fleuris, de portes ouvragées, de ferronnerie d’art, d’édifices publics ou religieux de plus de 3 siècles, le tout parfaitement entretenu ou en cours de restauration. À mon avis la plus belle ville de toute l’Amérique du Sud pour ce qui concerne le caractère colonial.


3. Carthagène la cosmopolite

Cela faisait un moment que nous n’avions pas vu une telle diversité dans la population autour de nous. À commencer par les touristes, bien plus nombreux ici que dans toutes les villes parcourues jusque-là. Il est vrai que Carthagène est une porte d’entrée fréquente dans le pays, que l’on y rentre en provenance de l’Amérique du Nord ou bien d’Europe. Nous n’aurions pas interrompu notre road-trip panaméricain au Panama que nous serions arrivés en Amérique du Sud par là. Le monopole de la traite des esclaves africains entre le XVIe et le XIXe siècle fait que leurs descendants sont plus nombreux ici qu’ailleurs, la part des colons espagnols et des amérindiens se réduisant d’autant. Et l’on peut rajouter à tout ça le brassage de population lié au carrefour économique qu’est ce port important. Nous devrions pouvoir constater dans les jours qui viennent les conséquences culinaires, artistiques et culturelles de ce joyeux mélange.


4. Carthagène et l’art de rue

L'art de rue à Carthagène des Indes
L’art de rue à Carthagène des Indes

Nous sommes en Amérique du Sud et le street-art est omniprésent. Si les murs en bas de notre résidence et des rues adjacentes sont déjà couverts de fresques, encouragées notamment par le programme Plan Maestro de Murales de la ville, c’est dans le quartier de Getsemaní, situé à proximité de la vieille ville fortifiée, que la concentration est la plus forte et probablement la plus ancienne. On y voit d’ailleurs pas mal d’œuvres dégradées, et d’autres masquées par des déballages de tableaux modernes. Les thèmes abordés représentent en majorité des figures afro-colombiennes, des animaux et des symboles de la culture caribéenne. On retrouve plus rarement des personnages historiques, l’inévitable Gabriel Garcia Marquez, des scènes de la vie quotidienne et les habituels personnages de la culture enfantine. En tout cas, qu’ils soient couverts de fresques ou de peintures unies, avec alors des associations de couleurs improbables, les murs aussi forment une diversité de couleurs exceptionnelle.


Nous l’avons vu dans la dernière photo montrant comment on peut artistiquement dissimuler un hideux et dangereux trou dans le trottoir, l’art de rue n’est pas que mural ou pictural. On le retrouve aussi dans la statuaire, dans la végétation urbaine, dans les commerces ambulants (le chapeau est probablement l’article le plus proposé à Carthagène !) et dans quelques scènes insolites. À découvrir dans les images qui suivent.


5. Dis-moi comment est ton heurtoir, je te dirais qui tu es…

À la période coloniale, il était courant d’orner la porte de sa maison de heurtoirs et de clous. Tout en profitant de l’occasion pour informer sur sa profession ou revendiquer son rang social. A tal casa tal aldaba (À telle maison, tel heurtoir) comme disait le dicton espagnol. Compte-tenu de l’état de préservation de la ville, de nombreux heurtoirs sont encore présents, d’origine ou plus ou moins restaurés. Nous en avons vu aussi chez les antiquaires. Le lion est le plus fréquemment rencontré, symbolisant la force et l’autorité des militaires et haut-fonctionnaires. L’iguane ou le lézard, dont on voir beaucoup d’exemplaires aussi, représentaient une famille de la haute société, plus ou moins liée avec la couronne espagnole, bénéficiant de privilèges majeurs. Les heurtoirs en forme de poisson ou autres créatures marines indiquaient que le propriétaire tirait sa richesse de la mer : capitaines renommés, riches marchands maritimes. La main indiquait la demeure d’un religieux, voire une proposition d’hospitalité chrétienne. Enfin, le hibou ou la chouette, exprimaient la sagesse et le savoir des médecins ou avocats. Quant aux clous, c’était complémentaire mais sur le même principe : plus ils étaient gros, nombreux et inoxydables, plus le propriétaire était riche et influent. Les clous des palais gouvernementaux avaient paraît-il la taille d’une main, mais nous n’avons pas eu la chance de voir ça…


6. Où l’on prend les choses de haut

Nous nous sommes rendus sur le plus haut point de la ville de Carthagène, le Cerro Popa, culminant à 150 mètres d’altitude. Après avoir compté les mètres par milliers sur l’Altiplano, cela peut paraître ridicule, et pas question en tout cas d’y ressentir une quelconque fraîcheur, mais c’est suffisant pour avoir un joli panorama à 360°. L’histoire du lieu est assez singulière. Au moment de l’arrivée des Espagnols, les amérindiens, dont les dieux occupaient souvent les sommets des montagnes, y vénéraient un bouc doré. Ça n’était guère tolérable pour les évangélisateurs fraîchement débarqués, mais par chance un miracle se produisit : la Vierge Marie apparut à un frère augustin, le sommant, tel une Jeanne d’Arc chargée de délivrer Orléans, de bâtir une chapelle à cet endroit. Trois morceaux de bois plus tard, le bouc n’avait plus droit de cité. La chapelle finit par se transformer en couvent, construit en longueur le long du sommet. Vu de la ville, il ressemblait à la poupe d’un navire, ce qui explique le nom donné à la colline et par extension au bâtiment. La position stratégique entraîna la convoitise de l’armée qui réquisitionna les lieux pendant un siècle et demi. Simon Bolivar l’occupa brièvement jusqu’à, dit-on, ce qu’un boulet de canon tiré du fort en dessous lui rase la tête… Aujourd’hui les Augustins ont repris la main et l’ont rendu visitable (il faut bien quelques moyens pour l’entretenir). À côté d’un joli cloître fleuri et de la chapelle dédiée à la Vierge de la Candelaria – la moindre des choses pour son rôle de commanditaire – on y trouve un petit musée hétéroclite exposant aussi bien une collection de billets de banque que des costumes offerts par les habitants pour les processions de la Vierge, une antenne de télécommunications reconvertie en art religieux, un drone capturé par l’armée alors qu’il filmait le monastère …et l’histoire du bouc qui n’a pas été occultée.


7. Le point sur le shipping de Roberto

Nous avons maintenant l’entraînement en matière de suivi de bateaux comme de conteneurs. Ça n’est en fait pas plus compliqué que de suivre un colis postal. Il suffit d’entrer le nom du bateau que nous a communiqué le transitaire sur un site de suivi comme Vesselfinder ou MarineTraffic, qui vous donnera instantanément la position et le trajet en cours. La version gratuite est de plus en plus limitée au fil des années et ne permet plus de connaître l’historique des trajets. L’autre limite est celle de l’AIS, sorte de transpondeur qui ne donne la position du navire que lorsqu’il est à proximité d’un port, des côtes ou d’autres bateaux. À distance, la position est inconnue et navire peut ne pas apparaître sur la carte. À moins de passer à la version payante, mais pour nous l’enjeu n’en vaut pas la peine. L’autre source de renseignement est le site de la compagnie maritime ou l’on peut suivre les mouvements des navires et ceux du conteneur en entrant le numéro de celui-ci. C’est ainsi que nous avons appris que Roberto voyagera en fait sur 2 porte-conteneurs différents, l’un appelé « feeder » amènera le conteneur au port de Manzanillo au nord du canal de Panama. Suivra un transbordement vers le navire plus gros qui assurera le transport transatlantique. Si le premier semble arriver à l’heure à Manzanillo, le second est un peu en retard sur son programme, bloqué à l’entrée du canal côté sud. Compte-tenu de la réduction du trafic pour manque d’eau dans le canal, nous craignons que le retard ne s’aggrave, comme en 2023 ou nous avions subi presque 3 semaines de délai.


8. Le musée naval de Carthagène

Avec ce musée modeste, nous sommes aussi éloignés du Musée de la Marine de Paris que de la capitale de la France. Une seule grande salle, beaucoup de panneaux à lire (en Espagnol) et rien de vraiment spectaculaire. On y relate la création de Carthagène sur le lieu d’un village laissé à l’abandon par les indiens Caraïbes, au fond d’une baie qui en faisait un port naturel, la période faste avec le développement du commerce aussi bien avec l’intérieur du pays qu’avec le reste du monde, les attaques de pirates à répétition, dont plusieurs par des Français, qui ont conduit aux fortifications de a ville, et les guerres navales autour de l’indépendance du pays. Nous connaissions déjà un peu l’histoire et n’avons pas appris grand-chose. Intéressantes tout de même les attaques d’envergure menées par Francis Drake en 1586, soutenu par le gouvernement anglais, et celle du baron de Pointis en 1697, financée en partie par Louis XIV et par des capitaux privés. À y repenser quand on crie à l’ingérence de certains grands dirigeants d’aujourd’hui.


9. L’électrification des chevaux

Lorsqu’en 1800 la mairie de Carthagène autorisa le stationnement de voitures à chevaux le long d’une place appelée entre autres Marché aux Esclaves puis Place de l’Herbe, les habitants furent heureux de se séparer de ces noms encombrants et appelèrent de suite l’endroit Place des Calèches. Le nom officiel de Place de l’Équateur donné par la suite n’a d’ailleurs jamais pris et c’est le nom officieux qui persiste encore aujourd’hui. Même si les véhicules ne sont plus hippomobiles depuis le 29 décembre 2025, jour où la municipalité a imposé le départ à la retraite des chevaux. Il est vrai que le sort de ces animaux était devenu peu enviable, à traîner des touristes de plus en plus lourds sur des pavés de plus en plus brûlants lors de journées de travail de plus en plus longues. Des cas d’épuisement extrême, de blessures, de stress, et même un décès en plein service étaient régulièrement signalés par les citoyens et militants des droits des animaux, tout en étant minimisés par les cochers dont c’était le gagne-pain. Le maire a pris le cheval ou plutôt le taureau par les cornes, organisant une transition fondamentale en quelques mois : 60 calèches électriques ont été achetées et offertes à l’association des cochers, avec un local pour les recharger gratuitement et les stocker la nuit. Les cochers eux-mêmes ont été relogés près de cet endroit, ont bénéficié d’une formation rémunérée à la prise en main des nouveaux véhicules, à la sécurité et aux visites touristiques. Parallèlement, une période d’essai a été instaurée les 5 premiers mois de 2026 où les circuits en calèche électrique étaient gratuits pour les familles, les écoliers et les touristes, de façon à favoriser leur adoption. Une transition en douceur où chacun s’y est retrouvé. À commencer par les chevaux !


10. Le marché de Bazurto

Situé à plus de 3 km de la ville fortifiée, ce marché n’est que peu ou pas visité par les touristes (je n’en ai vu aucun en tout cas). C’est pourtant un lieu parfaitement authentique, tout sauf aseptisé, où l’on marche un peu dans la boue en enjambant des détritus, où l’on passe d’une zone à une autre en traversant périlleusement une route encombrée de véhicules klaxonnant, où l’on enjambe avec précaution les filets que sont en train de réparer les pêcheurs, où l’on s’écarte pour laisser passer les dockers qui déchargent les barques pleines à craquer, où l’on doit enfin faire attention aux nombreux oiseaux volant (dans les 2 sens du terme) d’un étal à un autre. L’ambiance est assurément afro-caribéenne, totalement différente de la zone touristique intra-muros. En ce dernier jour avant de quitter Carthagène, où la préoccupation est davantage de vider le frigo que de le remplir, j’ai regretté de ne pouvoir rien acheter. Mais les poissons avaient l’air très frais et les plats qui mijotaient devant les petits restaurants sur place étaient très tentants.


11. De tout, un peu

Comme souvent dans ces longues visites, il me reste quelques photos ou sujets que je n’ai pu regrouper ailleurs mais dont j’ai quand même envie de vous parler. Les commentaires sont dans le diaporama.


Carthagène des Indes c’est fini !

Nous quittons maintenant cette jolie ville et dans la foulée la Colombie pour un circuit sac au dos au Brésil, où nous aurons le plaisir d’être rejoints par notre ami Christophe. Copa Airlines oblige, notre trajet en avion vers Rio de Janeiro sera coupé d’une escale au Panama. Alors que rien n’était prévu dans ce sens, nous serons tout près de Roberto, bloqué à Manzanillo sur la côte Atlantique, dans l’attente que le porte-conteneurs qui le convoiera en Europe soit autorisé à traverser le canal. Espérons que nous n’aurons pas à subir les 6 semaines de retard comme lors de notre retour de 2023 !


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