Auteur/autrice : jma

  • 82. Dernière étape aux USA

    Après débat sur la suite de notre itinéraire, nous décidons d’éviter la Basse Californie, province mexicaine envahie de touristes principalement américains qui viennent passer ici l’hiver au chaud. Prix en dollars, foules sur les plages, restaurants de burgers, ce n’est pas le Mexique que nous attendons. Nous entrerons dans le pays par la province de Sonora. Cela implique de repartir un peu vers l’Est pour terminer notre périple américain. Tant mieux, il y a plein de choses à voir !

    The Joshua Tree

    Ce titre sonne double. A la fois comme l’un des albums les plus célèbres du groupe irlandais U2, celui qui a lancé leur carrière aux USA, mais aussi comme cet arbre mythique qui n’en est pas un (c’est un agave arborescent) et qui peuple le parc national américain éponyme. Le spécimen qui figure sur le disque, contrairement à la légende et à ce qu’affirme France Info (ne croyez pas aveuglément ce qu’ils racontent), n’a pas été photographié dans le parc national Joshua Tree mais dans celui de Death Valley. L’endroit était resté tenu secret, mais c’était sans compter sur la ténacité d’un fan qui l’a découvert en 2003, 16 ans après la sortie de l’album. Arriva ce qui devait arriver, l’arbre fut vandalisé à la tronçonneuse avant de mourir. Dommage parce que les Arbres de Josué peuvent vivre plus de 500 ans.

    Roberto au Joshua Tree NationalPark
    Roberto au Joshua Tree National Park
    Joshua Tree cest dabord un album de U
    Joshua Tree c’est d’abord un album de U2
    mais aussi des arbres etonnants
    mais aussi des arbres étonnants
    nommes dapres le prophete Josue et doues de multiples proprietes
    nommés d’après le prophète Josué et doués de multiples propriétés
    Ils vivent en moyenne ans mais parfois plus de
    Ils vivent en moyenne 150 ans mais parfois plus de 500 !

    Nous avons visité ce super parc où des milliers de ces « arbres » étonnants forment une vraie forêt à perte de vue. On y trouve de belles formations rocheuses et, à une altitude plus basse, un champ immense de Cactus de Cholla, aussi appelés « Teddy Bear Cactus » du fait de leur ressemblance avec la célèbre peluche. Mais pas touche ! Les épines sont nombreuses et tenaces. Malgré la mise en garde très nette sur plusieurs panneaux d’information du site, une visiteuse (adulte, je précise) n’y a pas cru. Elle n’arrivait même pas à retirer le morceau entier de cactus planté dans sa main quand nous sommes partis, peut-être qu’elle est encore en train d’enlever des épines.

    Plus ils sont vieux plus ils ont de bras et de fleurs
    Plus ils sont vieux, plus ils ont de bras et de fleurs
    Lenvironnement mineral vaut egalement le deplacement
    L’environnement minéral vaut également le déplacement
    avec des formes qui stimulent limaginaire
    avec des formes qui stimulent l’imaginaire
    Le melange des deux est spectaculaire
    Le mélange des deux est spectaculaire
    Un peu plus bas dans la vallee on trouve des cactus nounours
    Un peu plus bas dans la vallée on trouve des cactus « nounours »
    Des champs de cactus nounours en fait
    Des champs de cactus « nounours » en fait
    Mais attention de ne pas les prendre dans les bras
    Mais attention de ne pas les prendre dans les bras !
    Ah et Roberto a eu un instant un reve de couleur
    Ah, et Roberto a eu un instant un rêve de couleurs vives. Mais on lui a rappelé qu’on avait choisi la sienne pour la discrétion

    Sale temps pour la mer Salton

    Mer bleue, sable blond, soleil généreux, température élevée : le cocktail idéal pour des stations balnéaires de luxe ? C’est ce à quoi ont cru les promoteurs immobiliers en construisant à tout va sur des terrains désertiques qui ne valaient rien autour d’une « mer » créée par erreur suite à la rupture d’un barrage sur le Colorado en 1905. L’eau s’est alors répandue dans une vaste cuvette de 55 km de long sur 20 de large, 69 mètres sous le niveau de la mer, à quelques dizaines de kilomètres de Palm Springs. Et au début tout a fonctionné comme prévu. Tout le gratin de Hollywood est venu là en vacances, dans des stations prestigieuses comme Salton City ou Bombay Beach, mais aussi les campeurs, les baigneurs, les pêcheurs, etc.

    La Mer de Salton
    La Mer de Salton

    Mais c’était sans compter qu’en l’absence d’alimentation naturelle, l’eau n’était plus renouvelée que par la faible pluviosité naturelle de la région, pluie qui entraînait au passage tous les polluants qui traînaient et qui aujourd’hui atteignent des concentrations dangereuses. Avec en plus une salinité qui ne cesse de croître, les poissons meurent en masse et une odeur désagréable permanente a fait fuir tous les habitants qui en avaient les moyens. Seuls restent de vieilles caravanes déglinguées, de vieilles enseignes rouillées et des routes inondées. Le rêve est fini. La mer est presque morte. Comme l’autre.

    Au premier abord ca presente bien
    Au premier abord, ça présente bien…
    mais la realite est tout autre
    mais la réalité est tout autre !
    Vestiges de beton sur la plage et rues inondees
    Vestiges de béton sur la plage et rue du front de mer inondée,
    carcasses de voitures etc Le reve est termine
    carcasses de voitures aux pneus crevés, mobile homes effondrés, etc. Le rêve est terminé !

    La montagne du salut

    Au beau milieu du desert un panneau et un vieux camion multicolores annoncent lendroit
    Au beau milieu du désert, un panneau et un vieux camion multicolores. C’est là.

    La foi de Léonard était grande comme une montagne. Elle débordait tellement qu’il en a FAIT une montagne. C’est là, devant nos yeux, au beau milieu du désert. Une sorte d’église en argile et paille recouverte d’une débauche de motifs et de slogans multicolores. On y trouve même une grotte et la silhouette d’une montgolfière couchée, symbole de celle qu’il a toujours rêvé de construire, d’abord pour lui puis pour les habitants de Slab City, le squatt du désert voisin. Mais chacune de ses tentatives s’est soldée par un échec. C’est en consolation qu’il aurait décidé de leur bâtir un petit bâtiment avant de partir. Ce qui ne devait durer qu’une semaine aura pris 30 ans ! Leonard avait prévu d’habiter dans cette montgolfière, mais jusqu’à la fin de ses jours (il est décédé en 2014) il a préféré rester dans son camion de pompiers aménagé. Comme on le comprend !

    Un lieu de culte multicolore visible de loin
    Un lieu de culte multicolore visible de loin
    Lauteur exprime partout son amour pour Dieu et cherche a le communiquer
    L’auteur exprime partout son amour pour Dieu et cherche à le communiquer
    On trouve aussi une grotte et une riviere sacree
    Les constructions sont en paille et argile (adobe). On trouve même une grotte et une rivière sacrée
    Cest lui Leonard Knight qui a construit tout ca © Joe Bielawa
    Cest lui Leonard Knight qui a construit tout ca (photo © Joe Bielawa)
    Il na mis que ans et consomme beaucoup de peinture
    Il n’a mis « que » 30 ans et consommé beaucoup beaucoup de peinture
    tout en vivant dans son camion de pompiers amenage
    tout en vivant dans son camion de pompiers aménagé
    et la peinture bah pas de probleme ca pousse sur les arbres
    et la peinture, bah, pas de problème ça pousse sur les arbres !

    Si le personnage ou le lieu vous rappellent quelque chose, c’est peut-être bien grâce à la scène qui lui a été dédiée par le réalisateur Sean Penn dans le film culte Into the Wild. A voir ou revoir.


    Entrée, plat, désert

    Nous en avons terminé avec la Californie. Nous nous dirigeons maintenant vers l’Arizona et il fait de plus en plus chaud et sec. De là à regretter la grisaille de la côte ouest, tout de même pas ! Plus nous avançons et plus la végétation se raréfie, au point de disparaître complètement : il ne nous reste plus que du sable et des dunes. Un joli spectale derrière notre fenêtre pour la pause déjeuner. Le temps de faire quelques photos sympas, nous reprenons la route avant que la peinture ne fonde sur la carrosserie de Roberto. Nous allons bientôt retrouver quelques cailloux, de maigres buissons et quelques montagnes couleur chocolat au loin. Notre traversée du désert n’aura pas duré trop longtemps !

    La route traverse soudain un paysage saharien
    La route traverse soudain un paysage saharien
    Cest le moment de sarreter
    C’est le moment de s’arrêter
    Pour jouer dans le sable
    pour jouer dans le sable,
    accessoirement dejeuner avec vue
    accessoirement déjeuner avec vue,
    et rejouer dans le sable
    et rejouer dans le sable !
    La vegetation reprend timidement
    La végétation réapparaît bientôt

    Dîner aux chandelles

    Nous arrivons dans la soirée dans le Parc National Saguaro, nommé ainsi en raison des nombreux cactus éponymes qu’il abrite. Les cactus Saguaro, ce sont ces fameuses colonnes ou chandeliers qui forment le décor de tout bon western ou de toute BD qui traite du sujet. Ils prennent leur temps pour grandir, atteignant tout juste 30 cm à l’âge de 25 ans, et 2 m entre 50 et 60 ans, l’âge où ils peuvent commencer à fleurir et porter des fruits. La floraison a lieu entre avril et juin, la nuit et ne dure que 24h. Autant dire qu’en octobre et pour des couche-tôt comme nous, les chances de voir des fleurs frisaient le moins l’infini. Les fameux bras n’apparaissent pas avant 75 ans, alors quant on voit un Saguaro qui ressemble à Shiva, on le salue respectueusement !

    Soleil couchant a larrivee au Saguaro National Park
    Soleil couchant à l’arrivée au Saguaro National Park
    Lambiance ideale
    L’ambiance idéale pour un dîner aux chandelles
    pour un diner aux chandelles

    Nous avons trouvé un petit camping sympatique juste au sud du parc, et le décor de chandelles pour dîner était très romantique. Les chandelles étaient encore là le lendemain pour l’anniversaire de Claudie, mais nous avons préféré allumer les bougies d’un gâteau trouvé sur place. Suite à notre passage à l’empire du soda (voir l’article précédent) nous arroserons le repas avec un genre de saké méthode champenoise – pas terrible en fait. Tenter de goûter à tout fait partie de la découverte mais ne génère pas que des bonnes surprises.

    Le lendemain Il y a pire comme route
    Le lendemain. Il y a pire comme route…
    Balade au milieu des cactus Saguaro
    Balade au milieu des cactus Saguaro
    Des plus jeunes aux plus vieux
    Des plus jeunes (à gauche une branche naissante) aux plus vieux (on voit bien le squelette)
    Il y en a a perte de vue
    Il y en a à perte de vue
    On trouve bien sur dautres especes
    On trouve bien sûr d’autres espèces de cactus
    Lieu magique pour lanniversaire de Claudie
    Lieu magique pour l’anniversaire de Claudie
    Les annees passent mais mon coeur reste grand comme ca
    Les années passent mais mon coeur reste grand comme ça !

    Il nous reste une inoubliable balade dans ce parc au milieu de centaines de cactus Saguaro de toutes formes, accompagnés de congénères tout aussi attrayants. Vraiment une belle étape. Par contre mieux vaut éviter le « Musée du Désert », un mélange peu réussi de zoo pitoyable et de jardin botanique peu entretenu, au bien piètre rapport qualité prix.


    Nuit en BLM
    Nuit en BLM (Bureau of Land Management = terrain appartenant à l’état et mis gracieusement pour un maximum de 14 jours consécutifs à la disposition du public. Du pain bénit pour les adeptes de la vanlife !

    Tucson et ses curiosités

    Tucson un mural tout frais
    Tucson un mural tout frais

    La seconde ville de l’Arizona est surtout connue pour son université, mais nous ne nous sommes pas arrêtés pour ça, nous estimant encore un peu trop jeunes pour suivre les cours destinés au 3ème âge. Nous y avons déniché quelques curiosités qui méritaient notre petit stop de 2 jours. Les voici en vrac :

    1. Le serpont à sonnette

    Il n’y a pas de coquille dans ce titre dont le néologisme me parait bien adapté à la situation : nous avons traversé cette passerelle piétonne au-dessus d’une voie rapide, représentant un serpent à sonnette : on y entre par la gueule béante entre les 2 crochets à venin en baissant un peu la tête (ok j’exagère) et on en ressort par la queue dont le calme rassure (lorsque le serpent l’agite, il vaut mieux se méfier, un peu comme lorsque l’inspecteur des impôts sonne chez vous). Bon, rien à voir avec une attraction de parc à thème, c’est juste amusant.

    Le serpont a sonnette
    Le serpont a sonnette, de son vrai nom le Rattlesnake Bridge
    A
    1. La stravenue

    Encore un néologisme, mais cette fois ce n’est pas moi qui l’ai inventé. Vous connaissez le système des rues américaines avec ses rues qui vont d’est en ouest et ses avenues du nord au sud. Mais comment nommer alors celles, pas si rares, qui sont en diagonale ? Le Comité LOcal pour l’Uniformisation des Noms et numéros (l’acronyme français est un régal, malheureusement il ne doit pas se traduire…) a décidé de contracter les mots « street » et « avenue » pour biaiser la difficulté. Il y aurait 30 stravenues dans la ville de Tucson et ce serait une exclusivité mondiale.

    La Cherrybell Stravenue
    La Cherrybell Stravenue
    1. Le repas champêtre

    C’est un mini jardin pas loin du centre-ville, 30 mètres carrés à tout casser, dans lequel on distingue en s’en approchant une (s)cène de pique-nique surréaliste. Malgré le soleil généreux, les invités sont très pâles. Il s’agit en fait de statues de Jésus et ses apôtres partageant leur dernier repas. Quelques autres personnages religieux sont dressés, couchés ou cloués autour. A l’entrée, sous le buste de l’artiste, un panneau précise l’origine de son œuvre : gravement blessé au cours de la seconde guerre mondiale, notre homme s’est alors tourné vers Dieu et lui a promis en remerciement de consacrer le reste de sa vie à lui construire des statues. Pas trop riche – on connait la reconnaissance des états envers les anciens soldats – il a utilisé du sable et des débris trouvés dans la rivière voisine, protégeant le mélange avec une couche de plâtre. 70 ans et quelques actes de vandalisme après, l’état de conservation étonne : il va falloir soumettre tout ça au comité de validation des miracles.

    Repas champetre
    Repas champêtre
    A
    Felix Lucero lartiste
    Felix Lucero, l’artiste
    1. La fin des livreurs

    Dans le quartier de l’université, de mignons petits robots suivent ou croisent les passants, s’arrêtant prudemment aux passages piétons avant de traverser, évitant adroitement réverbères, bipèdes, quadrupèdes et congénères à roues. Si leur forme cylindrique rappelle un peu R2D2, il leur manque toutefois cruellement le gazouillis du héros intergalactique. Dommage, mais la parole leur sera sans doute donnée dans un avenir proche. Une petite vérification sur Internet confirme qu’il s’agit bien de robots-livreurs, capables de parcourir plus de 3 km pour aller livrer une pizza, le dernier iphone ou, qui sait, la dépouille de votre chihuahua. En espérant qu’il n’y aura pas d’erreur de destinataire. On n’arrête pas le progrès, 7 robots.

    Les robots livreurs
    Les robots livreurs
    1. La Mini Time Machine

    Ce titre est bien l’intitulé exact de cet exceptionnel musée des miniatures de Tucson. C’est à la base une association sans but lucratif destinée à la préservation et à l’approndissement des connaissances sur l’art des minitatures. La passion de la présidente fondatrice a démarré le jour où, jeune fille, elle a reçu en cadeau une collection de meubles pour maison de poupées. La collection s’est enrichie avec le temps et permet d’explorer différentes époques de la création des miniatures, d’où la dénomination. De nombreux pays sont représentés et la part belle est faite aux mondes imaginaires, notamment dans cette période d’Halloween. Nous avons été émerveillés aussi bien par les performances techniques que par la diversité et la qualité des réalisations. Nous y avons passé 3 bonnes heures que nous n’avons pas vu passer. A conseiller aux petits comme aux grands.

    Decouverte du monde des minitatures detail ci dessous
    Découverte du monde des minitatures (détaisl ci-dessous)
    A
    La maison de la Famille Adams
    La maison de la Famille Adams
    A
    Un monde enchante avec son arbre dont les niches hebergent des souris
    Un monde enchanté avec son arbre dont les niches hébergent des souris
    A
    Un autre monde fantastique et un peu morbide
    Un autre monde fantastique et un peu morbide
    A
    Un grand magasin et ses etages
    Un grand magasin et ses 4 étages
    Un sculpteur de mines de crayon
    Un sculpteur de mines de crayon
    On arrive dans linfiniment petit
    On arrive dans l’infiniment petit
    Quelques elements pour donner lechelle
    Quelques éléments sont là pour donner l’échelle
    Un appartement luxueux fin XXeme siecle
    Admirez cet appartement luxueux fin XXème siècle et la finesse des détails ci-dessous
    A
    Et la boutique qui joue le theme a fond
    La boutique joue évidemment le thème à fond
    1. La Mission San Xavier

    Une Mission de plus après celle vues en Californie ? Eh bien non, celle-ci a un cachet particulier et serait la plus fine architecture mexicaine baroque des États-Unis. La construction débutée en 1783 ne s’est interrompue que 14 ans plus tard, les moyens attribués initialement étant épuisés. Il en résulte une certaine asymétrie, l’une des tours n’ayant pas de dôme comme l’autre, mais les travaux ont repris en 1978 et la Mission s’embellit d’année en année.

    La Mission San Xavier
    La Mission San Xavier

    Difficile de décrire tout cela, les photos parlent mieux. Au fait, les drapeaux de 4 nations ont flotté sur l’édifice. Dans l’ordre chronologique ceux de l’Espagne, du Mexique, des États-Unis. Saurez-vous dire quel est le dernier ?

    et son bel interieur baroque
    Un riche intérieur baroque
    Les exterieurs sont bien aussi
    Les extérieurs sont bien aussi
    FIn de la visite de Tucson
    Ici un petit clin d’oeil à nos amies voyageuses @saltyfarside,
    rencontrées au Québec, qui ont fait un vrai parcours d’aventure jusqu’en Alaska

    Tombstone

    A moins que vous n’ayez vu le film, le nom de cette ville ne vous dit peut-être pas grand chose, mais si je vous parle d’OK Corral, quelques uns de vos neurones vont sans doute se reconnecter. OK Corral est d’ailleurs le premier nom de cette ville, et en tout cas celui qu’elle portait au moment où l’histoire qui l’a rendue célèbre est arrivée. Mais une fois n’est pas coutume, je ne vais pas vous la raconter. Parce que d’autres l’ont fait mieux que moi, avec un humour qui me va bien qui plus est, sur le site roadtripin.com. A l’heure où nous terminons notre périple étatsunien, je voulais rendre hommage à ce site qui nous a beaucoup servi, détaillant un bon nombre de nos étapes mieux que notre guide papier, tout en fournissant beaucoup de services utiles aux roadtrippeurs de zéro à dix roues. Alors si vous voulez mieux connaître l’une de nos sources d’information préférées où si vous voulez tout savoir sur l’affrontement des frères Earp et de leur ami Doc Holliday avec la bande des Cochise County Cowboys, suivez ce lien.

    Tombstone et son fameux OK Corral
    Tombstone et son fameux OK Corral
    Laffrontement de bandes rivales en pleine rus
    Lieu d’un affrontement célèbre de bandes rivales en pleine rue
    Cetait en mais tout a ete retape
    C’était en 1881 mais tout a été retapé
    Caleches saloons bordels etc.
    Calèches, saloons, bordels etc.
    A
    On se croirait vraiment au far west
    On se croirait vraiment au far west
    A
    Trois fois par jour on rejoue la celebre scene
    Trois fois par jour on rejoue la célèbre scène
    devant un public conquis
    devant un public conquis
    On ne vous dit pas qui gagne faites comme
    On ne vous dit pas qui gagne, faites comme nous revoyez l’un des 3 films sur le sujet

    Bisbee

    Lorsque l’on s’éloigne de Tombstone, la nature redevient verte, peut-être parce qu’elle n’a plus peur de pousser, mais plus sûrement grâce à l’altitude. Et de nouveau, à l’approche de Bisbee, la végétation se raréfie tandis que la montagne prend de belles couleurs, un savant mélange de marron-roux et de vert-de-gris. Nous sommes en effet sur l’emplacement d’une ancienne mine de cuivre. Le gigantisme des fosses laisse imaginer la quantité énorme de travail fourni ici pendant un peu moins d’une centaine d’années. La mine a fermé en 1970, non pas parce qu’elle était épuisée mais pour des raisons de rentabilité insuffisante. Les mineurs ont laissé leurs maisons à une communauté d’artistes, inspirés sans doute par le décor. Les galeries de peinture, les boutiques d’art et d’antiquités sont légion et la ville est plutôt agréable. Ce sera notre avant-dernière étape aux USA.

    Oh les belles couleurs
    Oh les belles couleurs !
    Cest que nous sommes dans une ancienne mine de cuivre
    C’est que nous sommes dans une ancienne mine de cuivre
    Bisbee heberge maintenant des artistes
    Bisbee héberge maintenant une communauté d’artistes
    Les rues ont ete repeintes
    Les rues ont été « repeintes »
    A
    et les voitures aussi. Pas mal le Roberto local non
    …et les voitures aussi. Pas mal le Roberto local, non ?
    A
    Vue générale de Old Bisbee et son B sur la montagne qui s’éclaire la nuit

    Douglas

    Nous sommes maintenant à la frontière avec le Mexique. Une courte pause y est nécessaire pour nous organiser avant la traversée : demander le visa (FFM) en ligne puis l’imprimer, sortir les autres papiers qui nous seront demandés, essentiellement l’autorisation d’import (TIP) et l’assurance mexicaine pour Roberto et les passeports pour nous. Nous avons vidé progressivement le frigo pour ne rien laisser qui puisse irriter les douaniers mexicains, comme les denrées fraîches. Nous avons fait le plein d’eau car ce sera un peu moins facile au Mexique. Et puis nous avons préparé les premières étapes de notre parcours. Tout ça garés sur le parking que l’office de tourisme partage avec la police, ces derniers acceptant que l’on y stationne toute la nuit à condition de leur laisser nos coordonnées au préalable. Il nous est resté un peu de temps pour parcourir la rue principale de la ville et de visiter le hall d’entrée de son hôtel emblématique ouvert en 1907, le Gadsden Hotel. Une petite exposition en décrit les diverses péripéties et évoque ses hôtes les plus célèbres comme Ava Gardner, John Wayne, Pancho Villa ou encore Paul Newman.

    Le Gadsden Hotel de Douglas
    Le Gadsden Hotel de Douglas
    Magnifique verriere dans le hall dentree
    Magnifique verrière dans le hall d’entrée
    Bureau daccueil
    Bureau d’accueil (les toiles d’araignées c’est pour Halloween, parce que sinon c’est impeccable !)
    et hotes celebres
    et hôtes célèbres

    Cette traversée de l’Ouest des États-Unis aura été un ravissement, de la beauté très diversifiée des parcs nationaux ou des territoires immenses qui les relient à la richesse culturelle des grandes villes, en passant par la gentillesse et la serviabilité des américains. Nous avons véritablement découvert ce Nouveau Monde que nous connaissions mal. Mais nous sommes tout aussi ravis de retourner au Mexique dont une grosse partie nous est encore inconnue. Ah, soif de découverte, quand tu nous tiens !

    parcours du au octobre
    parcours du 18 au 26 octobre
  • 81. De célébrités en séries

    Parcourir la côte Ouest des États-Unis, c’est côtoyer des célébrités, personnages de cinéma, séries télévisées ou villes à la réputation sulfureuse. On y perd en nature ce que l’on gagne en culture, encore que pour un mix des deux, nous décernons la palme à …Palm Springs.

    Santa Barbara à part le feuilleton

    Nous sommes redescendus à regret de nos montagnes pour retrouver la côte, la circulation …et le brouillard. Nos pas, ou plutôt nos tours de roues, nous amènent bientôt à Santa Barbara. Nous ne connaissions cette ville que pour son roman télévisé, mais, bien que nous aimions faire coller nos séances vidéo aux lieux visités, pas question de nous enfiler les 2188 épisodes de cette série dont le synopsis – et la réputation – ne nous inspirent guère. Nous commençons par visiter une Mission qui, un peu plus que la précédente reconnaît la destruction de la culture des indiens Chumash, et restaure les locaux pour conserver trace de l’histoire. Nous nous rendons ensuite au palais de justice et passons le sas de sécurité avant de nous diriger vers la salle d’audience. Non, nous n’avons commis aucun méfait, c’est juste que le bâtiment se visite, pour sa grande valeur historique et tout en étant en activité. Avec son architecture mauresque, ses escaliers joliment carrelés, ses lustres magnifiques, son escalier circulaire, son horloge, sa tour d’observation munie d’un panorama à 360° sur la ville et surtout sa grande salle d’audience entièrement recouverte d’une fresque historique sur ses 4 murs, ce bâtiment mérite totalement la visite – gratuite qui plus est. Ça donnerait presque envie de commettre un tout petit larçin, juste pour voir comment sont les autres salles d’audience ou traverser le pont des soupirs qui communique avec la prison. Mais non.

    La Mission de Santa Barbara
    La Mission de Santa Barbara
    Le cloitre et linterieur de leglise
    Le cloître et l’intérieur de l’église
    Les partitions de musique a lepoque
    Les partitions de musique à l’époque
    et de jolies cactees en exterieur
    et les jolies cactées en extérieur
    Le Palais de Justice
    Le Palais de Justice
    Escaliers fabuleux et couloirs brillants
    Escaliers fabuleux et couloirs brillants
    Salle daudience eniterement couverte de fresques
    Salle d’audience entièrement couverte de fresques
    Joli escalier en colimacon
    Joli escalier en colimaçon
    Mecanisme dhorloge richement decore
    Mécanisme d’horloge richement décoré
    Silence pour la bibliotheque et les audiences en cours
    Silence pour la bibliothèque et les audiences en cours
    Etjolie vue du haut de la tour
    Enfin, la belle vue panoramique du haut de la tour

    Malibu sans alerte ni boisson

    Malibu tellement loin de la carte postale
    Malibu tellement loin de la carte postale !

    Se réveiller à Malibu sur un petit parking en corniche en bord de mer avec un paysage gris et triste devant les yeux en totale contradiction avec l’image de cartes postale que nous en avons, ce n’est pas bon pour le moral. Nous longeons un peu la côte jusqu’à Santa Monica, mais les brumes matinales peinent à se dissiper. Notre meilleure arme anti-mauvais temps, c’est le musée. Et ça tombe bien, il en existe un renommé pas très loin, à l’orée de Los Angeles, le Getty Center. Fondé par le magnat du pétrole J. Paul Getty, l’homme le plus riche du monde en 1957 mais qui avait pourtant refusé de payer la rançon de son petit fils enlevé dans les années 70. Cela avait coûté une oreille à ce dernier avant que le grand-père ne se décide enfin à aligner les billets, non sans s’assurer qu’il pouvait en déduire la plus grosse partie fiscalement. Difficile de dire si c’est également pour des raisons de défiscalisation, mais l’homme est devenu collectionneur d’art, accumulant au fil des années plus de 800 000 œuvres, et finissant par construire le musée actuel tant les autres étaient devenus trop petits. Inutile de dire que tout est de grande qualité et que nous nous sommes régalés. Nous avons été surpris de voir à quel point les auteurs français étaient bien représentés. La visite est gratuite aussi bien présentielle que virtuelle sur le site https://www.getty.edu/art/. A ne pas manquer si vous êtes de passage dans la Cité des Anges.

    Nous degainons larme musee
    Mauvais temps ? Nous dégainons l’arme musée !
    Et la qualite est au rendez vous
    Et la qualité de ce Getty Center est au rendez-vous
    Du mobilier Louis XIV grande classe
    Du mobilier Louis XIV grande classe
    De la porcelaine de Sevres
    De la porcelaine de Sèvres
    Sculptures de Rodin Nollekens et Carpeaux
    Sculptures de Rodin, Nollekens et Carpeaux
    Bellecollection de peintures dont ce Printemps vu par Lawrence Alma Tadema NL etc
    Belle collection de peintures dont ce Printemps vu par Lawrence Alma Tadema (NL), la Course des chevaux sans cavaliers de Géricault (F) et les fameux Iris de Van Gogh (NL)(mais les iris sont français !)
    A
    Etpour finir loeuvre du jardinier anonyme de ce Getty Center
    Et pour finir, l’oeuvre du jardinier anonyme du musée

    La piste aux étoiles d’Hollywood

    Nous avons laissé Roberto sur un des nombreux parkings du métro. Sa nounou n’a demandé que 3 dollars pour 24 heures, une affaire dans une ville de cette taille. Et c’est à peu près le prix du forfait-journée en transports en commun. Il faut sans doute ça pour pousser les Américains à quitter leur sacrée voiture, mais ce n’est pas gagné !

    Arrivee en metro a Hollywood Boulevard
    Arrivée en métro à Hollywood Boulevard

    Notre première destination étant à 1 station de métro de la nôtre, je propose d’y aller à pied pour nous dégourdir les jambes, mais Google nous en dissuade de suite : 2h25 de trajet pour une dizaine de kilomètres. Wouah, les stations sont éloignées dis-donc ! Nous prenons donc sagement la première rame qui passe, un peu tristounette d’ailleurs, et débarquons sur le Walk of Fame d’Hollywood Boulevard. Au moindre doute, vous savez que c’est la bonne rue parce que tout le monde y marche tête baissée, au risque de se percuter, pour retrouver ses stars préférées (ou pas). Nous ne les verrons pas toutes (il y en aurait plus de 2700) mais collectionnons quelques photos de celles qui nous parlent le plus.

    Tout de suite une pluie detoiles
    Tout de suite, une pluie d’étoiles !
    U
    A

    Le boulevard est évidemment très touristique et les boutiques se sont adaptées. Les amateurs de gadgets seront servis

    Mais aussi des boutiques de souvenirs
    Boutiques de souvenirs
    et gadgets en tous genres
    et gadgets en tous genres
    Depuis les batiments voisins on apercoit la fameuse enseigne
    Depuis les bâtiments voisins, on aperçoit la fameuse enseigne…

    Le cœur des anges

    Nous nous rendons maintenant au cœur de la ville de Los Angeles, là où tout a commencé. Pour cela, il nous faut reprendre le métro jusqu’à la gare principale de la ville : Union Station. Un joli bâtiment dans le style mission espagnole à l’extérieur et art déco à l’intérieur. Étonnamment, la gare semble déserte alors qu’il est presque midi. Même le bureau d’information attend le client ! Nous nous imaginons avec amusement ce qu’il en aurait été à l’heure de pointe dans une grande gare parisienne. Mais ici, non, tout est calme, nous avons le temps de flâner dans les grandes salles, les salles d’attentes luxueuses, tout en profitant d’une ambiance sonore jazz distillée par un pianiste de passage mais néanmoins talentueux. Une terrasse en bord d’allée de circulation nous invite à nous asseoir. Impensable à Paris sans risquer la bousculade, mais ici nous n’hésitons pas à céder à l’invitation et à commander hamburgers maison et bières.

    La gare principale de LA est pratiquement deserte
    La gare principale de Los Angeles est pratiquement déserte
    Meme a laccueil on attend le client
    Même à l’accueil, on attend le client
    Alors on sinstalle tranquillement pour dejeuner
    Alors nous, on s’installe tranquillement pour déjeuner

    Nous voilà donc à El Pueblo, là où la première maison fut construite en 1881 alors que la région appartenait au Mexique. Cette maison est toujours debout d’ailleurs et se visite. Le quartier lui-même a conservé son caractère mexicain, avec boutiques et restaurants très colorés, mariachis autour des tables et squelettes partout (sans aucun rapport avec Halloween). Nous avons l’impression d’être transposés 9 mois plus tôt à Mexico City et cela nous donne envie d’y retourner.

    Ensuite direction El Pueblo
    Tout près du quartier El Pueblo
    via le consulat du Mexique
    c’est le consulat du Mexique ! Et l’entrée du quartier originel de la ville
    La toute premiere maison de la ville est encore debout et se visite
    La toute première maison de la ville est encore debout et se visite
    A
    Quant au quartier il est tres mexicain
    Quant au quartier, il est très euh …mexicain !

    Nos autres découvertes notables de la journée seront la très moderne Cathédrale of Our Lady of Angels, inaugurée en 2002, dotée d’un parking à étages, d’un café et d’un design audacieux que nous avons beaucoup aimé ; et puis le Walt Disney Concert Hall avec ses façades-toitures extravagantes. Avec les salles avoisinantes, il forme le haut lieu du spectacle local. Nous serons malheureusement trop peu de temps dans la ville pour pouvoir en profiter.

    La moderne cathedrale Notre Dame des Anges
    La moderne cathédrale Notre Dame des Anges
    Les decorations sont sobres et originales
    Les décorations sont sobres et originales
    Lautel est impressionnant
    L’autel est impressionnant
    Seul le Walt Disney Concert Hall rivalise de modernite
    Seul le Walt Disney Concert Hall rivalise en modernité

    Les camps de concentration américains

    Dans le petit quartier japonais de Los Angeles, un musée rappelle le douloureux souvenir des 120 000 américains d’origine japonaise, considérés du jour au lendemain comme des terroristes potentiels après l’attaque de Pearl Harbour le 7 juillet 1941. Déjà mal aimés par la population qui avait fait voter des lois pour bloquer l’immigration des non-caucasiens et les empêcher d’obtenir pour eux ou leurs enfants la nationalité américaine, ils furent carrément déportés dans de véritables camps de concentration et dépouillés de leurs biens. Certes, ce n’étaient pas des camps de la mort comme chez les nazis, mais ils avaient en commun la soustraction d’un groupe minoritaire de la population générale par les gens au pouvoir sans que le reste de la société ne s’en soucie. Les conditions de détention étaient difficiles, tout comme l’a été la réinsertion après la fin de la guerre de ces malheureux qui n’avaient plus rien et durent subir encore longtemps le racisme ambiant. Il aura fallu plus de 40 années pour que le gouvernement reconnaisse enfin que l’opération était injustifiée sur le plan militaire et verse une indemnité aux personnes concernées. Je ne sais pas vous, mais moi, je n’ai pas appris cette histoire à l’école, mais seulement bien plus tard au Musée Canadien des Droits de la Personne à Winnipeg. Et la piqûre de rappel est importante car la mémoire ça s’entretient.

    Au Musee des Japonais Americains on nous raconte
    Au Musée des Japonais Américains on nous raconte…
    dont lhistoire a bascule le jour de lattaque de Pearl Harbor
    l’histoire de ces gens dont la vie a basculé le jour de l’attaque de Pearl Harbor
    Dans une ambiance deja hostile
    Dans une ambiance déjà hostile,
    Bien quetant integres americains ils ont ete soudainement deportes
    bien qu’étant bien intégrés parmi les américains, ils ont été soudainement déportés
    dans de veritables camps de concentration
    dans de véritables camps de concentration et dépossédés de tous leurs biens
    Il aura fallu de longs palabres pour que Reagan signe enfin
    Il aura fallu de longs palabres pour que Reagan signe enfin les excuses officielles de la nation et accorde une indemnisation aux victimes
    Dans la boutique aux cotes de mugs japonais
    Dans la boutique, aux côtés de mugs typiquement japonais, on trouve ceux si appropriés où les libertés civiles des amendements américains disparaissent lorsque l’on verse un liquide chaud…
    Dansle quartier ce sont les patisseries qui sont typiques
    Dans le quartier par contre, ce sont les pâtisseries qui sont typiques !

    Boutiques insolites

    Nous aimons bien ces boutiques qui sortent de l’ordinaire et nous avons été particulièrement gâtés d’en dénicher deux coup sur coup.

    • La maison du voyageur temporel

    Cet établissement d’exception s’adresse à tous ceux qui souhaitent voyager dans le temps. Dans la vitrine, un homme des cavernes serre la main à deux robots et dès l’entrée, pour ceux qui auraient oublié leur liste de courses, un téléphone permet d’appeler à différentes époques, dans une fourchette assez large qui va du précambrien à l’an 4000. Il parait que l’on peut même joindre des proches… Sur les rayonnages, sont proposés aussi bien de la crème solaire pour astronautes que des produits d’entretien pour robots (graisse, éponges métalliques, etc.) ou encore des sprays répulsifs anti-barbares (on ne sait jamais sur qui on peut tomber dans le cosmos). En cherchant bien, on peut trouver des langues mortes, comme le grec ancien, conservées dans des bocaux de formol. Et dans des vitrines réfrigérées, des bouteilles de lait de robot côtoient des œufs de dinosaures extra-frais, des morceaux de mammouth laineux et, pourquoi pas (oui, pourquoi pas ?) des livres. On peut aussi commander tout ça en ligne mais attention, certaines planètes ne sont plus livrées. Le plus étonnant (oui, c’est possible) c’est que tous les bénéfices sont reversés à une association promouvant la rédaction littéraire chez les jeunes. Les livres dans la vitrine réfrigérée, ce sont les leurs.

    Au marche des voyageurs temporels
    Au marché des voyageurs temporels,
    On trouve des produits etranges
    on trouve des produits étranges,
    Surtout dans les vitrines refrigerees
    surtout dans les vitrines refrigérées !
    • L’empire du soda

    Dans la banlieue de Los Angeles on peut trouver une sorte de petit supermarché qui ne paie pas de mine. L’enseigne peinte sur les vitres, « SODA POP STOP » donne une idée du contenu. En effet à l’intérieur, de multiples cartons posés à même le sol directement sur les rayons, un peu comme chez Lidl, proposent à la vente une multitude de sodas de toutes les couleurs, à tous les goûts imaginables (et même à des saveurs inimaginables), aux designs variés et parfois étonnants, provenant du monde entier. Le magasin réunit là plus de 700 spécialités différentes. Et quand bien même on ne trouverait pas son bonheur, il est possible de fabriquer son propre soda de A à Z en mettant soi-même dans une bouteille vide un ou plusieurs arômes (si vous rêviez d’un soda associant bière de racine et marshmallow toasté, c’est ici possible), en y ajoutant une eau gazéifiée à la puissance souhaitée, en plaçant puis en sertissant la capsule avant d’inscrire le nom de sa composition sur l’étiquette. La boutique possède aussi un choix multinational de bières (de l’Arménie à l’Inde en passant par le Japon et la Russie), de vins (les français sont assez bien représentés) et d’eaux minérales. On trouve enfin un rayon de jouets quelque peu insolites, comme ce requin qui devient « géant » (jusqu’à quel point ??) lorsqu’on le met dans l’eau ou ce poulet en caoutchouc qui pond des œufs (une grosse boule sort effectivement d’entre ses pattes lorsqu’on lui écrase le ventre – c’est kitsch). Bon, nous avons fait quelques emplettes, et n’avons pas manqué de composer notre cuvée spéciale Roberto, dont la recette restera secrète.

    Chez Galcos y a tout ce qui faut
    Chez Galcos, y a tout ce qui faut !
    Mais surtout du soda de toutes les couleurs
    mais surtout des sodas de toutes les couleurs
    avec des etiquettes etonnantes moi je prefere la derniere et vous
    a
    avec des étiquettes étonnantes. Moi, je préfère la dernière des quatre, et vous ?
    Et si lon ne trouve pas son bonheur
    Et si l’on ne trouve pas son bonheur, on peut fabriquer son propre soda !
    A
    On trouve aussi pas mal de bieres
    On trouve aussi pas mal de bières,
    A
    de provenance internationale,
    Ainsi que des confiseries et jouets etranges
    ainsi que des confiseries et jouets étranges
    Nous avons forcement craque
    Nous avons forcément craqué !

    Festival d’orchidées etc.

    Vous le savez, nous sommes fans de jardins botaniques, toujours prêts à admirer ce que la nature peut nous offrir de plus beau. Nous nous sommes donc rendus à celui de San Marino, dans la banlieue de Los Angeles, un immense complexe de 4 856 hectares créé par un couple de milliardaires amoureux des plantes Mr & Mrs Huntington. Ayant lu qu’il était trop peu visité, nous avons été étonnés de trouver difficilement de la place sur le parking pourtant de belle taille. C’était sans compter que nous sommes tombés au moment d’un concours d’orchidées, finalement à pic. Les fleurs étaient de toute beauté, y compris les compositions et celles en plastique (!) tout comme les 12 autres secteurs du jardin, dont une roseraie, une cacteraie, des jardins chinois et japonais, un secteur australien et une palmeraie. Malgré une certaine expérience dans le domaine, nous avons encore découvert un certain nombre d’espèces que nous n’avions encore jamais rencontrées. La nature est infinie dans sa diversité, on ne se lasse jamais.

    Festival dorchidees
    Festival d’orchidées
    I
    A
    Et des modeles en plastique etonnants
    et même des modèles en plastique plutôt réussis !
    Attention aux plantes carnivores
    Attention aux plantes carnivores, ne laissez-pas traîner vos doigts !!
    Celles la sont tres champetres
    Là, on est dans le champêtre,
    Nous voici au jardin chinois avec ses bonsai magnifiques
    puis dans le jardin chinois, avec ses bonsaïs magnifiques
    A
    Le Japon se defend bien aussi
    Le Japon se défend bien aussi…
    Apres cest un festival de cactus
    Après, c’est un festival de cactus,
    Plus ou moins en fleurs
    plus ou moins en fleurs,
    Plus ou moins difformes
    plus ou moins difformes.
    On termine par la roseraie et ne pas prendre racine
    On termine par la roseraie et on se sauve pour ne pas prendre racine

    Palm Springs en dehors des enquêtes

    Ce grand rectangle vert au milieu du désert n’est autre que la plus grande oasis de Californie (un quart de l’état est constitué de désert). Les larges rues en quadrillage parfait sont presques toutes bordées de Palmiers de Californie, gagnant rapidement jusqu’à 30 mètres de hauteur tout en conservant de longs fils blancs jusqu’à leur base, ce qui leur donne un aspect un peu en rouleau de laverie automobile. Arrivés alors que le temps tournait à l’orage, nous avons fait connaissance avec ces arbres alors qu’ils ressortaient magnifiquement sur le ciel très sombre, tandis que de notre côté nous rentrions magnifiquement nous abriter à l’intérieur. Nous avons passé la nuit là, au bord d’une rue calme près du centre, attendant le retour du beau temps prévu le lendemain.

    Apres la tempete le calme
    Après la tempête, le calme
    A

    Nous avons commencé notre journée par une curiosité, les Robolights. L’œuvre d’un artiste local un rien allumé (d’où le nom ? 😉) qui a construit et disposé sur son très grand jardin une multitude de robots en tous genres plutôt de grande taille et faits de matériaux de récupération et abondamment colorés. La « galerie » n’ouvre qu’occasionnellement aussi nous n’avons pu la voir que de l’extérieur, mais c’est déjà significatif. Il parait qu’en plus le gars est devenu irrascible. Pas trop envie de finir en robot géant rose ou jaune vif… Mais quand il est là, les machines s’animent et sont éclairées la nuit. Pour avoir une idée de ce que cela donne, n’hésitez pas à jeter un œil sur la vidéo YouTube ci-après.

    Le Robolights Project
    Le Robolights Project,
    Un parc un peu fou ou se cotoient des figurines etranges
    un parc un peu fou où se côtoient des figurines étranges
    faites de materiaux recycles
    faites de matériaux recyclés
    A

    La suite a été plus sportive puisque nous sommes allés randonner dans les Indian Canyons. En fait nous nous sommes contentés du principal, une petite rivière creusée dans le désert et bien entendu longée d’une bonne quantité de ces Palmiers de Californie, nous procurant par ailleurs une ombre bienvenue. Le retour s’est fait par les hauteurs, permettant de voir la palmeraie de haut et l’ensemble de la ville de Palm Springs pas très loin. Près de 2 heures de marche, c’est bien pour un dimanche !

    Lun des Indian Canyons
    L’un des Indian Canyons,
    borde de ces palmiers si caracteristiques
    bordé de ces palmiers si caractéristiques,
    aux longues pailles qui touchentpresque le sol
    aux longues pailles qui touchent presque le sol
    a
    Vu de dessous, on voit mieux comment ça fonctionne et on aperçoit les petites graines noires
    C
    cheminant dans le desert
    Le chemin du retour se fait dans le désert et permet d’apercevoir la palmeraie du dessus

    Revenus dans la ville, nous sommes allés nous mettre au frais dans le Palm Springs Art Museum. Ce n’est pas et de loin le meilleur musée d’art que nous ayons vu, mais nous y avons trouvé comme toujours quelques œuvres intéressantes, en intérieur comme en extérieur.

    Au musee dart le spectacle est dabord a lexterieur
    Au musée d’art, le spectacle est d’abord à l’extérieur
    A
    Une etrange sphere lumineuse nous attend a linterieur
    A l’intérieur, c’est une étrange sphère lumineuse qui nous attend dans l’entrée
    Quelques belles realisations en verre la derniere est francaise
    Quelques belles réalisations en verre ; la dernière est française
    Quelques oeuvres etranges
    Quelques oeuvres étranges
    Recyclage de canettes ecrasees disposees sur une antenne parabolique
    Un peu de recyclage : canettes écrasées disposées sur une antenne parabolique
    et pour finir ces personnages assis dans une salle tellement realistes
    et pour finir, ces personnages assis dans une salle, tellement réalistes que beaucoup de visiteurs passent à côté sans les remarquer !

    Nous sommes allés nous garer pour la nuit au bord d’un stade. Pas certains que c’était légal mais personne n’est venu toquer à notre porte… En l’absence de match, c’était tranquille.


    Le jour suivant, nous décidons de prendre de la hauteur, pour échapper aux 35°C prévus en ville dans la journée. Pas compliqué, il suffit de prendre le « tramway », c’est comme ça qu’ils appellent ici leur téléphérique. En à peine 12 minutes, nous arrivons à 2600m d’altitude, près du sommet du Mont Jacinto (le point culminant de la Californie qui lui culmine à 3300m) en ayant perdu 18°C : nous sommes passés de 27°C à la station de départ à 9°C seulement à l’arrivée. Autant dire qu’il valait mieux emmener sa petite laine ! D’ailleurs, il est étonnant de trouver dans la boutique des gants et bonnets de ski alors que nous étions dans le désert quelques minutes auparavant. Une particularité de ce téléphérique est que le plancher des cabines tourne pendant le trajet, comme un restaurant panoramique, ce qui permet de mieux apprécier les paysages traversés, pas moins de 5 écosystèmes différents en 12 mn.

    On prend de la hauteur
    On prend de la hauteur
    avec ce telepherique panoramique
    avec ce téléphérique panoramique

    Forcément de là-haut nous avons une vue magnifique sur toute la vallée de la Coachella où les carrés verts des villes tranchent avec un paysage des plus arides alentour. Un choix de 80 km de randonnées s’offre à nous. Nous choisissons un parcours raisonnable, ce qui se définit par l’absence de nécessité d’enregistrement auprès des rangers et de présentation d’une check-list de matériel de survie. Nous avons marché un peu moins de 2 heures dans un environnement alpin, avec des pauses points-de-vues réparties le long du trajet. Nous avons fait durer le petit café avant de redescendre dans la fournaise et reprendre la route. En fait, quand on roule c’est parfaitement supportable, même sans la climatisation.

    En haut le spectacle est grandiose
    En haut le spectacle est grandiose
    Mais les temperatures fraiches A quel autre endroit
    Mais les températures sont fraîches. A quel autre endroit peut-on trouver dans une même boutique des guides de survie dans le désert et des gants et bonnets de ski ?
    En tout cas cest ideal pour un pique nique contemplatif
    En tout cas c’est idéal pour un pique-nique contemplatif
    Nest ce pas
    Nest-ce-pas ?

    Avec Palm Springs se termine notre tour des célébrités. Encore que… En nous dirigeant vers le parc national de Joshua Tree, nous allons croiser la route du groupe U2. Savez-vous pourquoi ? La réponse dans le prochain article bien sûr !

    parcours du au octobre
    Parcours du 10 au 17 octobre

    Et en bonus la carte de notre trajet depuis le tout début. Car cela fait tout juste 18 mois que nous avons pris la route avec Roberto. Et nous avons parcouru un sacré bout de chemin !

    robertomois txt

  • 79. Les derniers parcs américains

    Nous terminons notre tournée des grands parcs de l’Ouest américain en beauté pour la plupart d’entre eux mais avec une grosse déception pour le dernier dont nous attendions pourtant beaucoup. Les tops et les flops, c’est ici !


    Le sanctuaire

    Bizarrement, nous n’avions pas prévu de visiter ce parc national réputé de l’Ouest américain. Parce qu’il faut bien faire des choix afin de respecter la durée de notre visa et ne pas nous limiter aux parcs nationaux : il y a tant à voir dans ce pays. Mais sur les sentiers du parc Bryce Canyon, un couple de français vivant en Floride nous a affirmé que ce Zion National Park était à la fois incontournable et son préféré. Nous avons suivi le conseil, le détour était quasiment insignifiant. Comme quoi rien n’est jamais fixé d’avance. Bien dans la lignée des précédents, Zion est le résultat de 150 millions d’années d’évolution, des couches sédimentaires cumulatives se transformant en montagnes suite à l’élévation du plateau du Colorado puis s’érodant. Selon les parcs, ce n’est pas la même couche qui est exposée, et comme chaque couche a ses caractéristiques propres dépendant du milieu dans lequel elle s’est formée (eau douce, eau de mer, température, interférence avec des coulées de lave, etc.), l’apparence est différente en termes de couleur, de dureté, de résistance à l’érosion. Ici, pas de hoodoos comme à Bryce, mais des roches rouges et blanches aux motifs superbes à l’entrée du parc puis plus loin de hauts pitons rocheux qui encadrent un canyon verdoyant, large au début puis se rétrécissant au fur et à mesure que l’on remonte le torrent qui y coule, jusqu’à n’atteindre que quelques mètres de largeur. La randonnée qui suit ce cours d’eau nécessite à un moment …de l’emprunter à pied, sur plusieurs kilomètres, avec à la fin de l’eau jusqu’à la taille. Rassurez-vous, nous nous sommes arrêtés au moment où il fallait quitter ses chaussures. Nous avons aussi emprunté le chemin qui monte au-dessus de la grande vallée, permettant de l’apprécier dans toute sa splendeur. On aurait dit les décors d’un des films Jurassic Park. On comprend bien du coup pourquoi les Mormons, les premiers colons occidentaux de la région, ont appelé ce parc « Zion », un mot qui signifie « sanctuaire » dans leur culture. Cela dit, nous n’avons pas vu de T-Rex, mais c’est peut-être parce qu’on avait oublié les jumelles.



    La vallée du feu

    Valley of Fire est un parc régional de l’état du Nevada. A y voir ces montagnes aux reliefs tourmentés, ces amas de roches emmêlés, boursoufflés, perforés de trous difformes, j’aurais crû, vu le nom, à des formations de lave. Mais non, comme pour le reste de la région, il s’agit bien de dépôts sédimentaires pétrifiés, et l’appelation du lieu est liée à la couleur rouge du secteur dominant. A d’autres endroits, les roches sont au contraire blanches ou chocolat, alternant ces 2 couleurs tels un gâteau marbré ou une crème glacée, ou encore multicolores, en veines qui rappellent tantôt un arc-en-ciel tantôt une pâte à berlingot. Le centre des visiteurs explique fort bien comment tout cela est arrivé, comment ce lieu aride a pu être habité et comment survivent la faune et la flore actuelle avec quelques dizaines de cm d’eau seulement par an.



    Le grand canyon vu du côté des Indiens

    En préparant cette partie du voyage, Claudie avait classé comme incontournable la passerelle qui s’avance dans le vide au dessus du Grand Canyon. Alors nous avons délaissé pour une fois les parcs nationaux et opté pour la partie ouest du grand canyon, gérée par les indiens Hualapai. Ça a un certain coût mais nous avons la bonne conscience d’aider les indiens et de profiter d’une installation française (St Gobain). L’accès au site est assez éloigné des grands axes, mais on peut profiter au passage de la magnifique forêt de Joshua trees (des cactus arborescents du genre yucca) et d’un parking gratuit pour passer la nuit, ce qui permet d’être là à l’ouverture avant que ne débarquent les 1500 visiteurs quotidiens. De fait, nous étions les premiers sur la passerelle, qui est toutefois beaucoup moins impressionnante qu’annoncé. Nous avons largement préféré les autres points de vue de ce canyon gigantesque et la tranquillité des lieux. Nous n’étions par exemple que 4 à suivre l’unique vraie randonnée du parc (5 km A-R). La foule ne semble être arrivée qu’en fin de matinée, sans doute à cause de l’éloignement du site. Tant mieux pour nous !


    Las Vegas, la ville totalement allumée

    Nous nous sommes vraiment posés la question de savoir si nous allions faire un stop à Las Vegas, ville jugée incontournable par bon nombre de roadtrippeurs. Car à la description qu’en font les guides et autres médias, nous avons l’impression d’avoir tout vu de cet enfer du jeu et de cette démesure architecturale et lumineuse en allant à Macao quelques années auparavant. Les hôtels-casinos exploitant chacun un thème avec plus ou moins de réussite pour attirer les joueurs, nous connaissons. De celui qui reproduit à merveille Venise et ses canaux au Xème étage d’un bloc de béton à la copie de Louxor et des pyramides égyptiennes, en passant par Paris et sa tour Eiffel. Des volcans qui crachent le feu à 20h et 21h précises aux fontaines magiques : tout ça était à Macao. Mais traverser le Nevada sans visiter sa ville mythique nous aurait peut-être manqué. Alors nous nous sommes arrêtés une nuit dans le centre-ville pour aller voir non pas le fameux Strip comme tout le monde, mais pour aller ressentir l’ambiance de la rue Fremont, là où tout a commencé. Un peu délaissée avec le développement du Strip, elle a fait des efforts pour se réinventer en se couvrant totalement, sur 500 m d’un plafond lumineux géant de 12 000 leds diffusant en alternance images psychédéliques et vidéoclips musicaux. A l’entrée de la rue, une sorte de machine à sous de 30 mètres de haut laisse échapper régulièrement des candidats à la traversée en tyrolienne tout le long du plafond lumineux, au-dessus des passants. Au niveau du sol, devant les bars, les casinos et quelques petites scènes de spectacles, dans une ambiance musicale soutenue, les piétons défilent bière ou coktail à la main, harangués par des personnages toutes fesses ou muscles dehors, fouets à la main, pour des séances photo d’un goût douteux en échange de quelques dollars. Il y a aussi quelques Mickeys pour les rares enfants de sortie, mais curieusement ceux-ci semblent plus attirés par les personnages précédents que par les héros de Disney. Eh oui, les voyages forment la jeunesse !

    Au fait, vous ne connaissiez peut-être pas le « Grill de la crise cardiaque », un concept typiquement américain. Lorsqu’on vient dîner dans ce restaurant un peu spécial, des infirmières en tenue vous font enfiler une blouse de malade puis vous présentent un menu en guise de prescription. Les plats y sont tous très gras et/ou très sucrés et sont servis en quantités gigantesques. Attention, si vous ne finissez pas votre assiette, l’infirmière viendra vous gronder et vous donner une fessée. Un plat typique du menu est le hamburger « octuple pontage », empilant pas moins de 8 steacks et avoisinant les 16000 calories. Le comble du délire : un pèse-personne à l’entrée permet de sélectionner les plus de 350 livres (159 kg) qui peuvent alors manger …gratuitement !


    Deux jours de vacances

    Ça fait vraiment bizarre de dire ça, mais nous avons régulièrement l’impression d’aller trop vite. Rien ne nous y oblige, bien sûr, mais notre soif de découverte et de bougeotte nous pousse à toujours reprendre la route. Au bout d’un moment, c’est fatiguant, et nous avons réellement besoin de faire une pause. De prendre des vacances dans nos vacances en quelque sorte. La chaleur étouffante de Las Vegas, frôlant les 36°C à l’ombre dans la journée y était peut-être pour quelque chose, sans parler de la pression inhérente à toute ville. A peine 50 km après avoir quitté cette dernière, nous avons observé lors d’une grande montée au travers d’un espace désertique le thermomètre extérieur perdre progressivement une dizaine de degrés. Nous sommes sortis de la route principale et nous avons cherché dans ce qui était un grand terrain accessible au public quelque buisson un peu plus haut que les autres pour nous faire de l’ombre, et avons trouvé ainsi notre point de chute pour le week-end avant d’attaquer la Vallée de la Mort lundi. Tout un programme pour qui souhaite éviter la chaleur…



    La vallée de la mort …vivante

    Difficile de le croire en arrivant dans cette immense vallée entourée de chaînes ininterrompues de montagnes, où l’absence apparente de végétation, de cours d’eau, d’habitation, de signes de vie même, nous donne l’impression d’avoir touché le fond en matière de désert. L’expression prend d’ailleurs tout son sens lorsque l’on sait que nous sommes ici au point le plus bas de l’Amérique du Nord, 86 m au-dessous du niveau de la mer. C’est aussi l’endroit où il fait le plus chaud (46°C lors de notre passage, le record est à 57°C !) et où il pleut le moins, 56 mm par an en moyenne et parfois pas une goutte certaines années. Le 5 août dernier a toutefois fait exception puisque des précipitations jamais observées depuis mille ans (il a plu en 3 heures ce que le parc reçoit en 1 an) ont entraîné des inondations et une fermeture du parc, dont seulement une partie est redevenue accessible aujourd’hui. Ce sera suffisant pour confirmer que ce qui peut nous sembler un désert définitivement fixé et perdu n’est rien de tout ça. C’est au contraire un monde évolutif, avec des montagnes qui continuent de grandir, des canyons qui se creusent davantage à la moindre pluie, des dunes qui changent de configuration à chaque tempête, des rochers qui se déplacent, etc. Et c’est un monde plein de vie avec de nombreuses espèces végétales et animales, dont certaines endémiques, qui se sont adaptées aux conditions extrêmes. Ainsi cet étonnant rat-kangourou qui peut vivre sans boire, en se contentant de l’eau contenue dans les aliments qu’il ingère. Où ces ânes abandonnés par les anciens chercheurs d’or, redevenus sauvages et agressant les promeneurs sur les routes montagneuses du parc. Ou encore ces minuscules poissons bleus que l’on trouve dans les eaux saumâtres près des lacs asséchés. Et pour finir l’espèce que l’on attendait le moins mais qui vit là sans discontinuer depuis un millénaire, c’est l’espèce humaine, représentée par les indiens Shoshone. A part ça le parc est d’une grande beauté, avec des décors aussi variés que des lacs de sel dans les plaines, des dunes de sable, des montagnes jaunes de borax, des canyons bordés de marbre, des montagnes rendues multicolores par les différents minéraux qui s’y sont développés, des arbres et des fours à charbon de bois en altitude. Et ce ne sont que des exemples !

    Pour dormir dans la Vallée de la mort, nous avions deux choix : soit le camping payant près du Cenre des visiteurs, à -80m d’altitude, 46°C le jour et 28°C la nuit (comptez 5 de plus dans Roberto), soit le camping gratuit tout au bout du parc à 1260m d’altitude, 28°C le jour et 17°C la nuit. Ce n’est pas par radinerie, mais nous avons choisi le second. Nous étions les seuls occupants sur les 23 places disponibles, un autre fourgon est venu s’installer avant la tombée de la nuit et une voiture avec une tente encore plus tard. Le calme parfait et la fraîcheur bienvenue nous ont confortés dans notre choix.


    Le chemin des écoliers

    De notre petit camping tranquille, nous avons décidé que notre étape suivante serait le Sequoia National Park. Une bagatelle à vol d’oiseau puisque seulement 150 km nous en séparent. Mais c’est sans compter que ce parc est bordé par l’infranchissable Sierra Nevada, qu’il faut donc contourner, portant la distance normale par la route à cette fois 450 km. Mais il y a pire : du fait des intempéries, de nombreuses route du Parc de Death Valley sont encore fermées et nous sommes obligés d’en ressortir par notre point d’entrée, c’est-à-dire du côté Est, à l’opposé évidemment de notre destination. Le détour portera notre distance à parcourir à 720 km ! Pour 150 km de ligne droite… C’est sûr, notre prochain équipement pour Roberto sera une paire d’ailes et un turboréacteur !


    Mes respects mon général

    Gravissant les routes sinueuses le long de la Sierra Nevada, nous retrouvons vers 1500m d’altitude des arbres un peu plus hauts que les buissons et autres Joshua Trees qui parsemaient notre décor quotidien depuis plusieurs semaines : des sapins en bonne quantité et la fraîcheur de l’air qui va avec. Mais nous découvrons aussi des arbres encore plus hauts que les sapins : les séquoias. Ils trouvent ici les conditions idéales pour leur croissance : hivers doux et humides, étés chauds et secs et altitude adéquate, au point de devenir géants. D’ailleurs, n’est-ce pas un pléonasme, ça, un séquoia géant ? La région ayant été découverte en pleine Guerre Civile, les arbres les plus majestueux ont hérité de noms de généraux de l’époque. Le plus gâté a été le Général Sherman, dont l’arbre, avec ses 84 m de haut et 11 m de diamètre est le plus grand organisme vivant sur Terre. Ayant perdu sa tête, il ne grandit plus, mais il continue de s’élargir. Rien d’exceptionnel pour quelqu’un de 2200 ans, non ? On ne peut pas en dire autant du Général Grant, dont le séquoia accuse 2 mètres de retard par rapport au précédent. C’est peut-être pour cela qu’en consolation il a été élu « Arbre de Noël de la Nation ». Les boules quand même !


    Yosemite : un parc de trop ?

    Le parc national de Yosemite était censé être un must de notre séjour aux États-Unis et nous n’avons pas hésité à faire un bel écart sur notre route pour lui rendre visite. Encouragés en cela par nos guides papier ou numériques unanimes dans leurs louanges. Je ne sais pas si nous avons joué de malchance, ou si nous n’étions pas là au meilleur de la saison, mais leurs arguments sont tombés les uns après les autres. Les « innombrables cascades » tombant dans une « brume grondante » n’étaient que de rares et discrets filets d’eau, ce qui est peut-être normal au début de l’automne, loin de la fonte des glaces. La vallée « verdoyante », « l’une des plus belles sur Terre » était un peu jaunasse, grillée par le soleil et le manque d’eau. Les « fleurs sauvages parsemant les prairies d’altitude » avaient sans doute fané depuis un moment, pour cause de hors-saison. « L’embarras du choix » pour les randonnées était réduit par les fermetures pour travaux de quatre attractions majeures du parc : un point culminant et trois cascades. Le tentant « Swinging bridge » ne swingait plus depuis 1964, date à laquelle il a été emporté par un torrent. La « prestigieuse » Chapelle de Yosemite, inscrite aux monuments historiques depuis 1973, était fermée. Le Centre des Visiteurs « toujours prêt à répondre à vos questions » était particulièrement difficile d’accès en raison de travaux de goudronnage du parking tout à fait judicieux en pleine saison touristique et le film de présentation qu’il diffusait était particulièrement (et inhabituellement) soporifique. Nos choix de randonnées ne nous ont pas permis non plus de confirmer que « tout ici suscitait l’émerveillement » : sentiers un peu trop souvent goudronnés, secteurs incendiés multiples, population beaucoup trop nombreuse et bruyante pour profiter sereinement de la nature. En phase avec ce qui précède, notre dernière balade avait pour but le Mirror Lake, que nous imaginions être un joli petit lac de montagne reflétant à la perfection les sommets alentour. A l’arrivée, nous avons trouvé des randonneurs décontenancés, s’interrogeant les uns les autres, cherchant manifestement le lac. Mais ce dernier n’était plus qu’un lit de sable totalement asséché, dans lequel il était bien difficile que quoi que ce soit se reflète. Pour clore en beauté, nous avons terminé la soirée au camping obligatoire. 38 € pour n’avoir que des blocs sanitaires sans douche, des voisins braillards, des groupes électrogènes pétaradants et les barbecues qui nous ont enfumés. Comme les guides.


    Cette déception n’éclipse en rien l’émerveillement qui nous a accompagnés tout au long de la visite des parcs américains. Nous avons vu là parmi les plus beaux paysages de notre vie. Terminer sur ce « flop » nous réconciliera peut-être au contraire avec les grandes villes. San Francisco se pointe en effet sur notre horizon. A bientôt pour la suite.