Auteur/autrice : jma

  • 81. De célébrités en séries

    Parcourir la côte Ouest des États-Unis, c’est côtoyer des célébrités, personnages de cinéma, séries télévisées ou villes à la réputation sulfureuse. On y perd en nature ce que l’on gagne en culture, encore que pour un mix des deux, nous décernons la palme à …Palm Springs.

    Santa Barbara à part le feuilleton

    Nous sommes redescendus à regret de nos montagnes pour retrouver la côte, la circulation …et le brouillard. Nos pas, ou plutôt nos tours de roues, nous amènent bientôt à Santa Barbara. Nous ne connaissions cette ville que pour son roman télévisé, mais, bien que nous aimions faire coller nos séances vidéo aux lieux visités, pas question de nous enfiler les 2188 épisodes de cette série dont le synopsis – et la réputation – ne nous inspirent guère. Nous commençons par visiter une Mission qui, un peu plus que la précédente reconnaît la destruction de la culture des indiens Chumash, et restaure les locaux pour conserver trace de l’histoire. Nous nous rendons ensuite au palais de justice et passons le sas de sécurité avant de nous diriger vers la salle d’audience. Non, nous n’avons commis aucun méfait, c’est juste que le bâtiment se visite, pour sa grande valeur historique et tout en étant en activité. Avec son architecture mauresque, ses escaliers joliment carrelés, ses lustres magnifiques, son escalier circulaire, son horloge, sa tour d’observation munie d’un panorama à 360° sur la ville et surtout sa grande salle d’audience entièrement recouverte d’une fresque historique sur ses 4 murs, ce bâtiment mérite totalement la visite – gratuite qui plus est. Ça donnerait presque envie de commettre un tout petit larçin, juste pour voir comment sont les autres salles d’audience ou traverser le pont des soupirs qui communique avec la prison. Mais non.

    La Mission de Santa Barbara
    La Mission de Santa Barbara
    Le cloitre et linterieur de leglise
    Le cloître et l’intérieur de l’église
    Les partitions de musique a lepoque
    Les partitions de musique à l’époque
    et de jolies cactees en exterieur
    et les jolies cactées en extérieur
    Le Palais de Justice
    Le Palais de Justice
    Escaliers fabuleux et couloirs brillants
    Escaliers fabuleux et couloirs brillants
    Salle daudience eniterement couverte de fresques
    Salle d’audience entièrement couverte de fresques
    Joli escalier en colimacon
    Joli escalier en colimaçon
    Mecanisme dhorloge richement decore
    Mécanisme d’horloge richement décoré
    Silence pour la bibliotheque et les audiences en cours
    Silence pour la bibliothèque et les audiences en cours
    Etjolie vue du haut de la tour
    Enfin, la belle vue panoramique du haut de la tour

    Malibu sans alerte ni boisson

    Malibu tellement loin de la carte postale
    Malibu tellement loin de la carte postale !

    Se réveiller à Malibu sur un petit parking en corniche en bord de mer avec un paysage gris et triste devant les yeux en totale contradiction avec l’image de cartes postale que nous en avons, ce n’est pas bon pour le moral. Nous longeons un peu la côte jusqu’à Santa Monica, mais les brumes matinales peinent à se dissiper. Notre meilleure arme anti-mauvais temps, c’est le musée. Et ça tombe bien, il en existe un renommé pas très loin, à l’orée de Los Angeles, le Getty Center. Fondé par le magnat du pétrole J. Paul Getty, l’homme le plus riche du monde en 1957 mais qui avait pourtant refusé de payer la rançon de son petit fils enlevé dans les années 70. Cela avait coûté une oreille à ce dernier avant que le grand-père ne se décide enfin à aligner les billets, non sans s’assurer qu’il pouvait en déduire la plus grosse partie fiscalement. Difficile de dire si c’est également pour des raisons de défiscalisation, mais l’homme est devenu collectionneur d’art, accumulant au fil des années plus de 800 000 œuvres, et finissant par construire le musée actuel tant les autres étaient devenus trop petits. Inutile de dire que tout est de grande qualité et que nous nous sommes régalés. Nous avons été surpris de voir à quel point les auteurs français étaient bien représentés. La visite est gratuite aussi bien présentielle que virtuelle sur le site https://www.getty.edu/art/. A ne pas manquer si vous êtes de passage dans la Cité des Anges.

    Nous degainons larme musee
    Mauvais temps ? Nous dégainons l’arme musée !
    Et la qualite est au rendez vous
    Et la qualité de ce Getty Center est au rendez-vous
    Du mobilier Louis XIV grande classe
    Du mobilier Louis XIV grande classe
    De la porcelaine de Sevres
    De la porcelaine de Sèvres
    Sculptures de Rodin Nollekens et Carpeaux
    Sculptures de Rodin, Nollekens et Carpeaux
    Bellecollection de peintures dont ce Printemps vu par Lawrence Alma Tadema NL etc
    Belle collection de peintures dont ce Printemps vu par Lawrence Alma Tadema (NL), la Course des chevaux sans cavaliers de Géricault (F) et les fameux Iris de Van Gogh (NL)(mais les iris sont français !)
    A
    Etpour finir loeuvre du jardinier anonyme de ce Getty Center
    Et pour finir, l’oeuvre du jardinier anonyme du musée

    La piste aux étoiles d’Hollywood

    Nous avons laissé Roberto sur un des nombreux parkings du métro. Sa nounou n’a demandé que 3 dollars pour 24 heures, une affaire dans une ville de cette taille. Et c’est à peu près le prix du forfait-journée en transports en commun. Il faut sans doute ça pour pousser les Américains à quitter leur sacrée voiture, mais ce n’est pas gagné !

    Arrivee en metro a Hollywood Boulevard
    Arrivée en métro à Hollywood Boulevard

    Notre première destination étant à 1 station de métro de la nôtre, je propose d’y aller à pied pour nous dégourdir les jambes, mais Google nous en dissuade de suite : 2h25 de trajet pour une dizaine de kilomètres. Wouah, les stations sont éloignées dis-donc ! Nous prenons donc sagement la première rame qui passe, un peu tristounette d’ailleurs, et débarquons sur le Walk of Fame d’Hollywood Boulevard. Au moindre doute, vous savez que c’est la bonne rue parce que tout le monde y marche tête baissée, au risque de se percuter, pour retrouver ses stars préférées (ou pas). Nous ne les verrons pas toutes (il y en aurait plus de 2700) mais collectionnons quelques photos de celles qui nous parlent le plus.

    Tout de suite une pluie detoiles
    Tout de suite, une pluie d’étoiles !
    U
    A

    Le boulevard est évidemment très touristique et les boutiques se sont adaptées. Les amateurs de gadgets seront servis

    Mais aussi des boutiques de souvenirs
    Boutiques de souvenirs
    et gadgets en tous genres
    et gadgets en tous genres
    Depuis les batiments voisins on apercoit la fameuse enseigne
    Depuis les bâtiments voisins, on aperçoit la fameuse enseigne…

    Le cœur des anges

    Nous nous rendons maintenant au cœur de la ville de Los Angeles, là où tout a commencé. Pour cela, il nous faut reprendre le métro jusqu’à la gare principale de la ville : Union Station. Un joli bâtiment dans le style mission espagnole à l’extérieur et art déco à l’intérieur. Étonnamment, la gare semble déserte alors qu’il est presque midi. Même le bureau d’information attend le client ! Nous nous imaginons avec amusement ce qu’il en aurait été à l’heure de pointe dans une grande gare parisienne. Mais ici, non, tout est calme, nous avons le temps de flâner dans les grandes salles, les salles d’attentes luxueuses, tout en profitant d’une ambiance sonore jazz distillée par un pianiste de passage mais néanmoins talentueux. Une terrasse en bord d’allée de circulation nous invite à nous asseoir. Impensable à Paris sans risquer la bousculade, mais ici nous n’hésitons pas à céder à l’invitation et à commander hamburgers maison et bières.

    La gare principale de LA est pratiquement deserte
    La gare principale de Los Angeles est pratiquement déserte…
    Meme a laccueil on attend le client
    Même à l’accueil, on attend le client
    Alors on sinstalle tranquillement pour dejeuner
    Alors nous, on s’installe tranquillement pour déjeuner

    Nous voilà donc à El Pueblo, là où la première maison fut construite en 1881 alors que la région appartenait au Mexique. Cette maison est toujours debout d’ailleurs et se visite. Le quartier lui-même a conservé son caractère mexicain, avec boutiques et restaurants très colorés, mariachis autour des tables et squelettes partout (sans aucun rapport avec Halloween). Nous avons l’impression d’être transposés 9 mois plus tôt à Mexico City et cela nous donne envie d’y retourner.

    Ensuite direction El Pueblo
    Tout près du quartier El Pueblo
    via le consulat du Mexique
    c’est le consulat du Mexique ! Et l’entrée du quartier originel de la ville
    La toute premiere maison de la ville est encore debout et se visite
    La toute première maison de la ville est encore debout et se visite
    A
    Quant au quartier il est tres mexicain
    Quant au quartier, il est très euh …mexicain !

    Nos autres découvertes notables de la journée seront la très moderne Cathédrale of Our Lady of Angels, inaugurée en 2002, dotée d’un parking à étages, d’un café et d’un design audacieux que nous avons beaucoup aimé ; et puis le Walt Disney Concert Hall avec ses façades-toitures extravagantes. Avec les salles avoisinantes, il forme le haut lieu du spectacle local. Nous serons malheureusement trop peu de temps dans la ville pour pouvoir en profiter.

    La moderne cathedrale Notre Dame des Anges
    La moderne cathédrale Notre Dame des Anges
    Les decorations sont sobres et originales
    Les décorations sont sobres et originales
    Lautel est impressionnant
    L’autel est impressionnant
    Seul le Walt Disney Concert Hall rivalise de modernite
    Seul le Walt Disney Concert Hall rivalise en modernité

    Les camps de concentration américains

    Dans le petit quartier japonais de Los Angeles, un musée rappelle le douloureux souvenir des 120 000 américains d’origine japonaise, considérés du jour au lendemain comme des terroristes potentiels après l’attaque de Pearl Harbour le 7 juillet 1941. Déjà mal aimés par la population qui avait fait voter des lois pour bloquer l’immigration des non-caucasiens et les empêcher d’obtenir pour eux ou leurs enfants la nationalité américaine, ils furent carrément déportés dans de véritables camps de concentration et dépouillés de leurs biens. Certes, ce n’étaient pas des camps de la mort comme chez les nazis, mais ils avaient en commun la soustraction d’un groupe minoritaire de la population générale par les gens au pouvoir sans que le reste de la société ne s’en soucie. Les conditions de détention étaient difficiles, tout comme l’a été la réinsertion après la fin de la guerre de ces malheureux qui n’avaient plus rien et durent subir encore longtemps le racisme ambiant. Il aura fallu plus de 40 années pour que le gouvernement reconnaisse enfin que l’opération était injustifiée sur le plan militaire et verse une indemnité aux personnes concernées. Je ne sais pas vous, mais moi, je n’ai pas appris cette histoire à l’école, mais seulement bien plus tard au Musée Canadien des Droits de la Personne à Winnipeg. Et la piqûre de rappel est importante car la mémoire ça s’entretient.

    Au Musee des Japonais Americains on nous raconte
    Au Musée des Japonais Américains on nous raconte…
    dont lhistoire a bascule le jour de lattaque de Pearl Harbor
    l’histoire de ces gens dont la vie a basculé le jour de l’attaque de Pearl Harbor
    Dans une ambiance deja hostile
    Dans une ambiance déjà hostile,
    Bien quetant integres americains ils ont ete soudainement deportes
    bien qu’étant bien intégrés parmi les américains, ils ont été soudainement déportés
    dans de veritables camps de concentration
    dans de véritables camps de concentration et dépossédés de tous leurs biens
    Il aura fallu de longs palabres pour que Reagan signe enfin
    Il aura fallu de longs palabres pour que Reagan signe enfin les excuses officielles de la nation et accorde une indemnisation aux victimes
    Dans la boutique aux cotes de mugs japonais
    Dans la boutique, aux côtés de mugs typiquement japonais, on trouve ceux si appropriés où les libertés civiles des amendements américains disparaissent lorsque l’on verse un liquide chaud…
    Dansle quartier ce sont les patisseries qui sont typiques
    Dans le quartier par contre, ce sont les pâtisseries qui sont typiques !

    Boutiques insolites

    Nous aimons bien ces boutiques qui sortent de l’ordinaire et nous avons été particulièrement gâtés d’en dénicher deux coup sur coup.

    • La maison du voyageur temporel

    Cet établissement d’exception s’adresse à tous ceux qui souhaitent voyager dans le temps. Dans la vitrine, un homme des cavernes serre la main à deux robots et dès l’entrée, pour ceux qui auraient oublié leur liste de courses, un téléphone permet d’appeler à différentes époques, dans une fourchette assez large qui va du précambrien à l’an 4000. Il parait que l’on peut même joindre des proches… Sur les rayonnages, sont proposés aussi bien de la crème solaire pour astronautes que des produits d’entretien pour robots (graisse, éponges métalliques, etc.) ou encore des sprays répulsifs anti-barbares (on ne sait jamais sur qui on peut tomber dans le cosmos). En cherchant bien, on peut trouver des langues mortes, comme le grec ancien, conservées dans des bocaux de formol. Et dans des vitrines réfrigérées, des bouteilles de lait de robot côtoient des œufs de dinosaures extra-frais, des morceaux de mammouth laineux et, pourquoi pas (oui, pourquoi pas ?) des livres. On peut aussi commander tout ça en ligne mais attention, certaines planètes ne sont plus livrées. Le plus étonnant (oui, c’est possible) c’est que tous les bénéfices sont reversés à une association promouvant la rédaction littéraire chez les jeunes. Les livres dans la vitrine réfrigérée, ce sont les leurs.

    Au marche des voyageurs temporels
    Au marché des voyageurs temporels,
    On trouve des produits etranges
    on trouve des produits étranges,
    Surtout dans les vitrines refrigerees
    surtout dans les vitrines refrigérées !
    • L’empire du soda

    Dans la banlieue de Los Angeles on peut trouver une sorte de petit supermarché qui ne paie pas de mine. L’enseigne peinte sur les vitres, « SODA POP STOP » donne une idée du contenu. En effet à l’intérieur, de multiples cartons posés à même le sol directement sur les rayons, un peu comme chez Lidl, proposent à la vente une multitude de sodas de toutes les couleurs, à tous les goûts imaginables (et même à des saveurs inimaginables), aux designs variés et parfois étonnants, provenant du monde entier. Le magasin réunit là plus de 700 spécialités différentes. Et quand bien même on ne trouverait pas son bonheur, il est possible de fabriquer son propre soda de A à Z en mettant soi-même dans une bouteille vide un ou plusieurs arômes (si vous rêviez d’un soda associant bière de racine et marshmallow toasté, c’est ici possible), en y ajoutant une eau gazéifiée à la puissance souhaitée, en plaçant puis en sertissant la capsule avant d’inscrire le nom de sa composition sur l’étiquette. La boutique possède aussi un choix multinational de bières (de l’Arménie à l’Inde en passant par le Japon et la Russie), de vins (les français sont assez bien représentés) et d’eaux minérales. On trouve enfin un rayon de jouets quelque peu insolites, comme ce requin qui devient « géant » (jusqu’à quel point ??) lorsqu’on le met dans l’eau ou ce poulet en caoutchouc qui pond des œufs (une grosse boule sort effectivement d’entre ses pattes lorsqu’on lui écrase le ventre – c’est kitsch). Bon, nous avons fait quelques emplettes, et n’avons pas manqué de composer notre cuvée spéciale Roberto, dont la recette restera secrète.

    Chez Galcos y a tout ce qui faut
    Chez Galcos, y a tout ce qui faut !
    Mais surtout du soda de toutes les couleurs
    mais surtout des sodas de toutes les couleurs
    avec des etiquettes etonnantes moi je prefere la derniere et vous
    a
    avec des étiquettes étonnantes. Moi, je préfère la dernière des quatre, et vous ?
    Et si lon ne trouve pas son bonheur
    Et si l’on ne trouve pas son bonheur, on peut fabriquer son propre soda !
    A
    On trouve aussi pas mal de bieres
    On trouve aussi pas mal de bières,
    A
    de provenance internationale,
    Ainsi que des confiseries et jouets etranges
    ainsi que des confiseries et jouets étranges…
    Nous avons forcement craque
    Nous avons forcément craqué !

    Festival d’orchidées etc.

    Vous le savez, nous sommes fans de jardins botaniques, toujours prêts à admirer ce que la nature peut nous offrir de plus beau. Nous nous sommes donc rendus à celui de San Marino, dans la banlieue de Los Angeles, un immense complexe de 4 856 hectares créé par un couple de milliardaires amoureux des plantes Mr & Mrs Huntington. Ayant lu qu’il était trop peu visité, nous avons été étonnés de trouver difficilement de la place sur le parking pourtant de belle taille. C’était sans compter que nous sommes tombés au moment d’un concours d’orchidées, finalement à pic. Les fleurs étaient de toute beauté, y compris les compositions et celles en plastique (!) tout comme les 12 autres secteurs du jardin, dont une roseraie, une cacteraie, des jardins chinois et japonais, un secteur australien et une palmeraie. Malgré une certaine expérience dans le domaine, nous avons encore découvert un certain nombre d’espèces que nous n’avions encore jamais rencontrées. La nature est infinie dans sa diversité, on ne se lasse jamais.

    Festival dorchidees
    Festival d’orchidées
    I
    A
    Et des modeles en plastique etonnants
    et même des modèles en plastique plutôt réussis !
    Attention aux plantes carnivores
    Attention aux plantes carnivores, ne laissez-pas traîner vos doigts !!
    Celles la sont tres champetres
    Là, on est dans le champêtre,
    Nous voici au jardin chinois avec ses bonsai magnifiques
    puis dans le jardin chinois, avec ses bonsaïs magnifiques
    A
    Le Japon se defend bien aussi
    Le Japon se défend bien aussi…
    Apres cest un festival de cactus
    Après, c’est un festival de cactus,
    Plus ou moins en fleurs
    plus ou moins en fleurs,
    Plus ou moins difformes
    plus ou moins difformes.
    On termine par la roseraie et ne pas prendre racine
    On termine par la roseraie et on se sauve pour ne pas prendre racine

    Palm Springs en dehors des enquêtes

    Ce grand rectangle vert au milieu du désert n’est autre que la plus grande oasis de Californie (un quart de l’état est constitué de désert). Les larges rues en quadrillage parfait sont presques toutes bordées de Palmiers de Californie, gagnant rapidement jusqu’à 30 mètres de hauteur tout en conservant de longs fils blancs jusqu’à leur base, ce qui leur donne un aspect un peu en rouleau de laverie automobile. Arrivés alors que le temps tournait à l’orage, nous avons fait connaissance avec ces arbres alors qu’ils ressortaient magnifiquement sur le ciel très sombre, tandis que de notre côté nous rentrions magnifiquement nous abriter à l’intérieur. Nous avons passé la nuit là, au bord d’une rue calme près du centre, attendant le retour du beau temps prévu le lendemain.

    Apres la tempete le calme
    Après la tempête, le calme
    A

    Nous avons commencé notre journée par une curiosité, les Robolights. L’œuvre d’un artiste local un rien allumé (d’où le nom ? 😉) qui a construit et disposé sur son très grand jardin une multitude de robots en tous genres plutôt de grande taille et faits de matériaux de récupération et abondamment colorés. La « galerie » n’ouvre qu’occasionnellement aussi nous n’avons pu la voir que de l’extérieur, mais c’est déjà significatif. Il parait qu’en plus le gars est devenu irrascible. Pas trop envie de finir en robot géant rose ou jaune vif… Mais quand il est là, les machines s’animent et sont éclairées la nuit. Pour avoir une idée de ce que cela donne, n’hésitez pas à jeter un œil sur la vidéo YouTube ci-après.

    Le Robolights Project
    Le Robolights Project,
    Un parc un peu fou ou se cotoient des figurines etranges
    un parc un peu fou où se côtoient des figurines étranges
    faites de materiaux recycles
    faites de matériaux recyclés
    A

    La suite a été plus sportive puisque nous sommes allés randonner dans les Indian Canyons. En fait nous nous sommes contentés du principal, une petite rivière creusée dans le désert et bien entendu longée d’une bonne quantité de ces Palmiers de Californie, nous procurant par ailleurs une ombre bienvenue. Le retour s’est fait par les hauteurs, permettant de voir la palmeraie de haut et l’ensemble de la ville de Palm Springs pas très loin. Près de 2 heures de marche, c’est bien pour un dimanche !

    Lun des Indian Canyons
    L’un des Indian Canyons,
    borde de ces palmiers si caracteristiques
    bordé de ces palmiers si caractéristiques,
    aux longues pailles qui touchentpresque le sol
    aux longues pailles qui touchent presque le sol
    a
    Vu de dessous, on voit mieux comment ça fonctionne et on aperçoit les petites graines noires
    C
    cheminant dans le desert
    Le chemin du retour se fait dans le désert et permet d’apercevoir la palmeraie du dessus

    Revenus dans la ville, nous sommes allés nous mettre au frais dans le Palm Springs Art Museum. Ce n’est pas et de loin le meilleur musée d’art que nous ayons vu, mais nous y avons trouvé comme toujours quelques œuvres intéressantes, en intérieur comme en extérieur.

    Au musee dart le spectacle est dabord a lexterieur
    Au musée d’art, le spectacle est d’abord à l’extérieur
    A
    Une etrange sphere lumineuse nous attend a linterieur
    A l’intérieur, c’est une étrange sphère lumineuse qui nous attend dans l’entrée
    Quelques belles realisations en verre la derniere est francaise
    Quelques belles réalisations en verre ; la dernière est française
    Quelques oeuvres etranges
    Quelques oeuvres étranges…
    Recyclage de canettes ecrasees disposees sur une antenne parabolique
    Un peu de recyclage : canettes écrasées disposées sur une antenne parabolique
    et pour finir ces personnages assis dans une salle tellement realistes
    et pour finir, ces personnages assis dans une salle, tellement réalistes que beaucoup de visiteurs passent à côté sans les remarquer !

    Nous sommes allés nous garer pour la nuit au bord d’un stade. Pas certains que c’était légal mais personne n’est venu toquer à notre porte… En l’absence de match, c’était tranquille.


    Le jour suivant, nous décidons de prendre de la hauteur, pour échapper aux 35°C prévus en ville dans la journée. Pas compliqué, il suffit de prendre le « tramway », c’est comme ça qu’ils appellent ici leur téléphérique. En à peine 12 minutes, nous arrivons à 2600m d’altitude, près du sommet du Mont Jacinto (le point culminant de la Californie qui lui culmine à 3300m) en ayant perdu 18°C : nous sommes passés de 27°C à la station de départ à 9°C seulement à l’arrivée. Autant dire qu’il valait mieux emmener sa petite laine ! D’ailleurs, il est étonnant de trouver dans la boutique des gants et bonnets de ski alors que nous étions dans le désert quelques minutes auparavant. Une particularité de ce téléphérique est que le plancher des cabines tourne pendant le trajet, comme un restaurant panoramique, ce qui permet de mieux apprécier les paysages traversés, pas moins de 5 écosystèmes différents en 12 mn.

    On prend de la hauteur
    On prend de la hauteur…
    avec ce telepherique panoramique
    avec ce téléphérique panoramique

    Forcément de là-haut nous avons une vue magnifique sur toute la vallée de la Coachella où les carrés verts des villes tranchent avec un paysage des plus arides alentour. Un choix de 80 km de randonnées s’offre à nous. Nous choisissons un parcours raisonnable, ce qui se définit par l’absence de nécessité d’enregistrement auprès des rangers et de présentation d’une check-list de matériel de survie. Nous avons marché un peu moins de 2 heures dans un environnement alpin, avec des pauses points-de-vues réparties le long du trajet. Nous avons fait durer le petit café avant de redescendre dans la fournaise et reprendre la route. En fait, quand on roule c’est parfaitement supportable, même sans la climatisation.

    En haut le spectacle est grandiose
    En haut le spectacle est grandiose
    Mais les temperatures fraiches A quel autre endroit
    Mais les températures sont fraîches. A quel autre endroit peut-on trouver dans une même boutique des guides de survie dans le désert et des gants et bonnets de ski ?
    En tout cas cest ideal pour un pique nique contemplatif
    En tout cas c’est idéal pour un pique-nique contemplatif
    Nest ce pas
    Nest-ce-pas ?

    Avec Palm Springs se termine notre tour des célébrités. Encore que… En nous dirigeant vers le parc national de Joshua Tree, nous allons croiser la route du groupe U2. Savez-vous pourquoi ? La réponse dans le prochain article bien sûr !

    parcours du au octobre
    Parcours du 10 au 17 octobre

    Et en bonus la carte de notre trajet depuis le tout début. Car cela fait tout juste 18 mois que nous avons pris la route avec Roberto. Et nous avons parcouru un sacré bout de chemin !

    robertomois txt

  • 79. Les derniers parcs américains

    Nous terminons notre tournée des grands parcs de l’Ouest américain en beauté pour la plupart d’entre eux mais avec une grosse déception pour le dernier dont nous attendions pourtant beaucoup. Les tops et les flops, c’est ici !


    Le sanctuaire

    Bizarrement, nous n’avions pas prévu de visiter ce parc national réputé de l’Ouest américain. Parce qu’il faut bien faire des choix afin de respecter la durée de notre visa et ne pas nous limiter aux parcs nationaux : il y a tant à voir dans ce pays. Mais sur les sentiers du parc Bryce Canyon, un couple de français vivant en Floride nous a affirmé que ce Zion National Park était à la fois incontournable et son préféré. Nous avons suivi le conseil, le détour était quasiment insignifiant. Comme quoi rien n’est jamais fixé d’avance. Bien dans la lignée des précédents, Zion est le résultat de 150 millions d’années d’évolution, des couches sédimentaires cumulatives se transformant en montagnes suite à l’élévation du plateau du Colorado puis s’érodant. Selon les parcs, ce n’est pas la même couche qui est exposée, et comme chaque couche a ses caractéristiques propres dépendant du milieu dans lequel elle s’est formée (eau douce, eau de mer, température, interférence avec des coulées de lave, etc.), l’apparence est différente en termes de couleur, de dureté, de résistance à l’érosion. Ici, pas de hoodoos comme à Bryce, mais des roches rouges et blanches aux motifs superbes à l’entrée du parc puis plus loin de hauts pitons rocheux qui encadrent un canyon verdoyant, large au début puis se rétrécissant au fur et à mesure que l’on remonte le torrent qui y coule, jusqu’à n’atteindre que quelques mètres de largeur. La randonnée qui suit ce cours d’eau nécessite à un moment …de l’emprunter à pied, sur plusieurs kilomètres, avec à la fin de l’eau jusqu’à la taille. Rassurez-vous, nous nous sommes arrêtés au moment où il fallait quitter ses chaussures. Nous avons aussi emprunté le chemin qui monte au-dessus de la grande vallée, permettant de l’apprécier dans toute sa splendeur. On aurait dit les décors d’un des films Jurassic Park. On comprend bien du coup pourquoi les Mormons, les premiers colons occidentaux de la région, ont appelé ce parc « Zion », un mot qui signifie « sanctuaire » dans leur culture. Cela dit, nous n’avons pas vu de T-Rex, mais c’est peut-être parce qu’on avait oublié les jumelles.



    La vallée du feu

    Valley of Fire est un parc régional de l’état du Nevada. A y voir ces montagnes aux reliefs tourmentés, ces amas de roches emmêlés, boursoufflés, perforés de trous difformes, j’aurais crû, vu le nom, à des formations de lave. Mais non, comme pour le reste de la région, il s’agit bien de dépôts sédimentaires pétrifiés, et l’appelation du lieu est liée à la couleur rouge du secteur dominant. A d’autres endroits, les roches sont au contraire blanches ou chocolat, alternant ces 2 couleurs tels un gâteau marbré ou une crème glacée, ou encore multicolores, en veines qui rappellent tantôt un arc-en-ciel tantôt une pâte à berlingot. Le centre des visiteurs explique fort bien comment tout cela est arrivé, comment ce lieu aride a pu être habité et comment survivent la faune et la flore actuelle avec quelques dizaines de cm d’eau seulement par an.



    Le grand canyon vu du côté des Indiens

    En préparant cette partie du voyage, Claudie avait classé comme incontournable la passerelle qui s’avance dans le vide au dessus du Grand Canyon. Alors nous avons délaissé pour une fois les parcs nationaux et opté pour la partie ouest du grand canyon, gérée par les indiens Hualapai. Ça a un certain coût mais nous avons la bonne conscience d’aider les indiens et de profiter d’une installation française (St Gobain). L’accès au site est assez éloigné des grands axes, mais on peut profiter au passage de la magnifique forêt de Joshua trees (des cactus arborescents du genre yucca) et d’un parking gratuit pour passer la nuit, ce qui permet d’être là à l’ouverture avant que ne débarquent les 1500 visiteurs quotidiens. De fait, nous étions les premiers sur la passerelle, qui est toutefois beaucoup moins impressionnante qu’annoncé. Nous avons largement préféré les autres points de vue de ce canyon gigantesque et la tranquillité des lieux. Nous n’étions par exemple que 4 à suivre l’unique vraie randonnée du parc (5 km A-R). La foule ne semble être arrivée qu’en fin de matinée, sans doute à cause de l’éloignement du site. Tant mieux pour nous !


    Las Vegas, la ville totalement allumée

    Nous nous sommes vraiment posés la question de savoir si nous allions faire un stop à Las Vegas, ville jugée incontournable par bon nombre de roadtrippeurs. Car à la description qu’en font les guides et autres médias, nous avons l’impression d’avoir tout vu de cet enfer du jeu et de cette démesure architecturale et lumineuse en allant à Macao quelques années auparavant. Les hôtels-casinos exploitant chacun un thème avec plus ou moins de réussite pour attirer les joueurs, nous connaissons. De celui qui reproduit à merveille Venise et ses canaux au Xème étage d’un bloc de béton à la copie de Louxor et des pyramides égyptiennes, en passant par Paris et sa tour Eiffel. Des volcans qui crachent le feu à 20h et 21h précises aux fontaines magiques : tout ça était à Macao. Mais traverser le Nevada sans visiter sa ville mythique nous aurait peut-être manqué. Alors nous nous sommes arrêtés une nuit dans le centre-ville pour aller voir non pas le fameux Strip comme tout le monde, mais pour aller ressentir l’ambiance de la rue Fremont, là où tout a commencé. Un peu délaissée avec le développement du Strip, elle a fait des efforts pour se réinventer en se couvrant totalement, sur 500 m d’un plafond lumineux géant de 12 000 leds diffusant en alternance images psychédéliques et vidéoclips musicaux. A l’entrée de la rue, une sorte de machine à sous de 30 mètres de haut laisse échapper régulièrement des candidats à la traversée en tyrolienne tout le long du plafond lumineux, au-dessus des passants. Au niveau du sol, devant les bars, les casinos et quelques petites scènes de spectacles, dans une ambiance musicale soutenue, les piétons défilent bière ou coktail à la main, harangués par des personnages toutes fesses ou muscles dehors, fouets à la main, pour des séances photo d’un goût douteux en échange de quelques dollars. Il y a aussi quelques Mickeys pour les rares enfants de sortie, mais curieusement ceux-ci semblent plus attirés par les personnages précédents que par les héros de Disney. Eh oui, les voyages forment la jeunesse !

    Au fait, vous ne connaissiez peut-être pas le « Grill de la crise cardiaque », un concept typiquement américain. Lorsqu’on vient dîner dans ce restaurant un peu spécial, des infirmières en tenue vous font enfiler une blouse de malade puis vous présentent un menu en guise de prescription. Les plats y sont tous très gras et/ou très sucrés et sont servis en quantités gigantesques. Attention, si vous ne finissez pas votre assiette, l’infirmière viendra vous gronder et vous donner une fessée. Un plat typique du menu est le hamburger « octuple pontage », empilant pas moins de 8 steacks et avoisinant les 16000 calories. Le comble du délire : un pèse-personne à l’entrée permet de sélectionner les plus de 350 livres (159 kg) qui peuvent alors manger …gratuitement !


    Deux jours de vacances

    Ça fait vraiment bizarre de dire ça, mais nous avons régulièrement l’impression d’aller trop vite. Rien ne nous y oblige, bien sûr, mais notre soif de découverte et de bougeotte nous pousse à toujours reprendre la route. Au bout d’un moment, c’est fatiguant, et nous avons réellement besoin de faire une pause. De prendre des vacances dans nos vacances en quelque sorte. La chaleur étouffante de Las Vegas, frôlant les 36°C à l’ombre dans la journée y était peut-être pour quelque chose, sans parler de la pression inhérente à toute ville. A peine 50 km après avoir quitté cette dernière, nous avons observé lors d’une grande montée au travers d’un espace désertique le thermomètre extérieur perdre progressivement une dizaine de degrés. Nous sommes sortis de la route principale et nous avons cherché dans ce qui était un grand terrain accessible au public quelque buisson un peu plus haut que les autres pour nous faire de l’ombre, et avons trouvé ainsi notre point de chute pour le week-end avant d’attaquer la Vallée de la Mort lundi. Tout un programme pour qui souhaite éviter la chaleur…



    La vallée de la mort …vivante

    Difficile de le croire en arrivant dans cette immense vallée entourée de chaînes ininterrompues de montagnes, où l’absence apparente de végétation, de cours d’eau, d’habitation, de signes de vie même, nous donne l’impression d’avoir touché le fond en matière de désert. L’expression prend d’ailleurs tout son sens lorsque l’on sait que nous sommes ici au point le plus bas de l’Amérique du Nord, 86 m au-dessous du niveau de la mer. C’est aussi l’endroit où il fait le plus chaud (46°C lors de notre passage, le record est à 57°C !) et où il pleut le moins, 56 mm par an en moyenne et parfois pas une goutte certaines années. Le 5 août dernier a toutefois fait exception puisque des précipitations jamais observées depuis mille ans (il a plu en 3 heures ce que le parc reçoit en 1 an) ont entraîné des inondations et une fermeture du parc, dont seulement une partie est redevenue accessible aujourd’hui. Ce sera suffisant pour confirmer que ce qui peut nous sembler un désert définitivement fixé et perdu n’est rien de tout ça. C’est au contraire un monde évolutif, avec des montagnes qui continuent de grandir, des canyons qui se creusent davantage à la moindre pluie, des dunes qui changent de configuration à chaque tempête, des rochers qui se déplacent, etc. Et c’est un monde plein de vie avec de nombreuses espèces végétales et animales, dont certaines endémiques, qui se sont adaptées aux conditions extrêmes. Ainsi cet étonnant rat-kangourou qui peut vivre sans boire, en se contentant de l’eau contenue dans les aliments qu’il ingère. Où ces ânes abandonnés par les anciens chercheurs d’or, redevenus sauvages et agressant les promeneurs sur les routes montagneuses du parc. Ou encore ces minuscules poissons bleus que l’on trouve dans les eaux saumâtres près des lacs asséchés. Et pour finir l’espèce que l’on attendait le moins mais qui vit là sans discontinuer depuis un millénaire, c’est l’espèce humaine, représentée par les indiens Shoshone. A part ça le parc est d’une grande beauté, avec des décors aussi variés que des lacs de sel dans les plaines, des dunes de sable, des montagnes jaunes de borax, des canyons bordés de marbre, des montagnes rendues multicolores par les différents minéraux qui s’y sont développés, des arbres et des fours à charbon de bois en altitude. Et ce ne sont que des exemples !

    Pour dormir dans la Vallée de la mort, nous avions deux choix : soit le camping payant près du Cenre des visiteurs, à -80m d’altitude, 46°C le jour et 28°C la nuit (comptez 5 de plus dans Roberto), soit le camping gratuit tout au bout du parc à 1260m d’altitude, 28°C le jour et 17°C la nuit. Ce n’est pas par radinerie, mais nous avons choisi le second. Nous étions les seuls occupants sur les 23 places disponibles, un autre fourgon est venu s’installer avant la tombée de la nuit et une voiture avec une tente encore plus tard. Le calme parfait et la fraîcheur bienvenue nous ont confortés dans notre choix.


    Le chemin des écoliers

    De notre petit camping tranquille, nous avons décidé que notre étape suivante serait le Sequoia National Park. Une bagatelle à vol d’oiseau puisque seulement 150 km nous en séparent. Mais c’est sans compter que ce parc est bordé par l’infranchissable Sierra Nevada, qu’il faut donc contourner, portant la distance normale par la route à cette fois 450 km. Mais il y a pire : du fait des intempéries, de nombreuses route du Parc de Death Valley sont encore fermées et nous sommes obligés d’en ressortir par notre point d’entrée, c’est-à-dire du côté Est, à l’opposé évidemment de notre destination. Le détour portera notre distance à parcourir à 720 km ! Pour 150 km de ligne droite… C’est sûr, notre prochain équipement pour Roberto sera une paire d’ailes et un turboréacteur !


    Mes respects mon général

    Gravissant les routes sinueuses le long de la Sierra Nevada, nous retrouvons vers 1500m d’altitude des arbres un peu plus hauts que les buissons et autres Joshua Trees qui parsemaient notre décor quotidien depuis plusieurs semaines : des sapins en bonne quantité et la fraîcheur de l’air qui va avec. Mais nous découvrons aussi des arbres encore plus hauts que les sapins : les séquoias. Ils trouvent ici les conditions idéales pour leur croissance : hivers doux et humides, étés chauds et secs et altitude adéquate, au point de devenir géants. D’ailleurs, n’est-ce pas un pléonasme, ça, un séquoia géant ? La région ayant été découverte en pleine Guerre Civile, les arbres les plus majestueux ont hérité de noms de généraux de l’époque. Le plus gâté a été le Général Sherman, dont l’arbre, avec ses 84 m de haut et 11 m de diamètre est le plus grand organisme vivant sur Terre. Ayant perdu sa tête, il ne grandit plus, mais il continue de s’élargir. Rien d’exceptionnel pour quelqu’un de 2200 ans, non ? On ne peut pas en dire autant du Général Grant, dont le séquoia accuse 2 mètres de retard par rapport au précédent. C’est peut-être pour cela qu’en consolation il a été élu « Arbre de Noël de la Nation ». Les boules quand même !


    Yosemite : un parc de trop ?

    Le parc national de Yosemite était censé être un must de notre séjour aux États-Unis et nous n’avons pas hésité à faire un bel écart sur notre route pour lui rendre visite. Encouragés en cela par nos guides papier ou numériques unanimes dans leurs louanges. Je ne sais pas si nous avons joué de malchance, ou si nous n’étions pas là au meilleur de la saison, mais leurs arguments sont tombés les uns après les autres. Les « innombrables cascades » tombant dans une « brume grondante » n’étaient que de rares et discrets filets d’eau, ce qui est peut-être normal au début de l’automne, loin de la fonte des glaces. La vallée « verdoyante », « l’une des plus belles sur Terre » était un peu jaunasse, grillée par le soleil et le manque d’eau. Les « fleurs sauvages parsemant les prairies d’altitude » avaient sans doute fané depuis un moment, pour cause de hors-saison. « L’embarras du choix » pour les randonnées était réduit par les fermetures pour travaux de quatre attractions majeures du parc : un point culminant et trois cascades. Le tentant « Swinging bridge » ne swingait plus depuis 1964, date à laquelle il a été emporté par un torrent. La « prestigieuse » Chapelle de Yosemite, inscrite aux monuments historiques depuis 1973, était fermée. Le Centre des Visiteurs « toujours prêt à répondre à vos questions » était particulièrement difficile d’accès en raison de travaux de goudronnage du parking tout à fait judicieux en pleine saison touristique et le film de présentation qu’il diffusait était particulièrement (et inhabituellement) soporifique. Nos choix de randonnées ne nous ont pas permis non plus de confirmer que « tout ici suscitait l’émerveillement » : sentiers un peu trop souvent goudronnés, secteurs incendiés multiples, population beaucoup trop nombreuse et bruyante pour profiter sereinement de la nature. En phase avec ce qui précède, notre dernière balade avait pour but le Mirror Lake, que nous imaginions être un joli petit lac de montagne reflétant à la perfection les sommets alentour. A l’arrivée, nous avons trouvé des randonneurs décontenancés, s’interrogeant les uns les autres, cherchant manifestement le lac. Mais ce dernier n’était plus qu’un lit de sable totalement asséché, dans lequel il était bien difficile que quoi que ce soit se reflète. Pour clore en beauté, nous avons terminé la soirée au camping obligatoire. 38 € pour n’avoir que des blocs sanitaires sans douche, des voisins braillards, des groupes électrogènes pétaradants et les barbecues qui nous ont enfumés. Comme les guides.


    Cette déception n’éclipse en rien l’émerveillement qui nous a accompagnés tout au long de la visite des parcs américains. Nous avons vu là parmi les plus beaux paysages de notre vie. Terminer sur ce « flop » nous réconciliera peut-être au contraire avec les grandes villes. San Francisco se pointe en effet sur notre horizon. A bientôt pour la suite.

  • 78. Du Nouveau Mexique à l’Utah

    En arrivant au Nouveau Mexique, nous qui pensions être déjà dans le désert le touchons vraiment du doigt, ou plutôt des pneus de Roberto. Mais il s’agit d’un désert coloré, collines jaune-vert parsemées de petits buissons ondulant à l’infini, gigantesques falaises roses faites de couches empilées qui ne demandent qu’à s’effondrer, profonds canyons comme celui du Rio Grande qui ne sont pas dûs à l’érosion mais à l’écartement de plaques tectoniques. Avec 6,7 habitants au Km², les villes sont plutôt rares mais ont un caractère mexicain bien affirmé. Normal puisque c’est le Mexique qui a dénommé la région.


    Taos Pueblo, un village figé dans le temps

    Le village de Taos Pueblo a été bâti voilà un millénaire, bien avant l’arrivée des colons espagnols, par la tribu des indiens Taos (saules rouges) qui y vit encore, du moins environ 200 de ses membres. L’architecture est particulière à la région, avec des bâtiments rectangulaires aux angles arrondis construits en adobe (mélange de boue et de paille séchée au soleil), souvent sur deux ou trois étages reliés entre eux par des échelles. Afin de conserver les traditions, l’eau courante et l’électricité n’y sont pas installés. L’approvisionnement en eau est assuré par une précieuse rivière qui traverse le centre du village. Le lieu est en grande partie sacré et de nombreuses zones ne nous sont pas accessibles : rues excentrées du village, ancienne église et cimetière, ainsi que toute la montagne en arrière-plan qui serait le lieu de naissance de tous les ancêtres. Mais la partie visitable est tout à fait suffisante pour apprécier l’esthétique et la sérénité du lieu. 19 autres villages indiens de ce type sont encore présents au Nouveau Mexique, mais Taos Pueblo est le plus grand et le seul continuellement habité.

    Juste à côté, la petite ville de Taos essaie de conserver les mêmes principes architecturaux, mais le ciment peint a bien souvent remplacé l’adobe et bien sûr l’eau et l’électricité équipent les maisons. Le mélange des styles amérindien, espagnol et anglais lui donne néanmoins un certain charme, attirant pas mal de touristes et un artisanat varié, souvent de qualité.


    Chimayo et mes blagues un peu Lourdes

    Du temps où elle était occupée par les amérindiens, c’était plutôt une station thermale. Mais lorsque les colons espagnols ont importé (imposé) le catholicisme, les miracles sont arrivés comme par miracle. La terre rouge du coin aurait guéri quelques lépreux, déparalysé des paralytiques, sauvé des tas de gens en fait, comme l’attestent les nombreuses photos de remerciements collées sur les murs et la ribambelle de béquilles suspendues dans une chapelle. Il paraîtrait que pour la Covid aussi ça marchait bien. Nous on avait Raoult, chacun son truc. En tout cas, le succès est tel que la municipalité doit ramener chaque année plusieurs camions de terre pour compenser celle que les fidèles ont emportée avec eux. Je rêve du jour où les emballages plastiques auront un pouvoir guérisseur : les rues seraient d’un propre, mais d’un propre ! Sinon c’était beau et, contrairement aux apparences, je respecte tous ces gens qui se recueillent et prient pour eux-mêmes ou pour leurs proches. Et puis la campagne avec ses falaises roses est superbe.



    Santa Fe

    Avec ses 2100 m d’altitude, la capitale de l’état du Nouveau Mexique est la plus élevée de toutes les capitales d’état des USA, et sans tricher en plus car elle ne comporte aucun gratte-ciel. De loin, toutes les constructions ont l’air masquées par la verdure. Nous y avons trouvé en conséquence une fraîcheur nocturne bien agréable après les températures élevées de ces dernières semaines.

    Architecturalement, elle reprend le style amérindien déjà vu à Taos Pueblo deux jours auparavant : constructions cubiques à bords arrondis, sur plusieurs niveaux décalés, avec poutres apparentes. Mais si les indiens du village en question ont su préserver leurs matériaux (terre argileuse mélangée à de la paille) et leurs traditions (pas d’eau courante, pas d’électricité, transmissions uniquement orales) la grande ville s’est bien entendue convertie au béton et à toutes les commodités modernes (8 heures par jour devant un écran, activité physique sur un tapis, repas livrés par Uber Eat, etc. tout ça grâce à la Santa Fe électricité…). A ce style amérindien s’ajoutent des influences hispaniques (ce sont quand même les Espagnols qui ont créé la ville), mexicaines (Santa Fe a appartenu à ce pays pendant 38 ans mais ont dirait beaucoup plus longtemps), et françaises (juste pour la cathédrale, bâtie par des auvergnats sur le modèle de celle de Volvic, l’eau bénite en moins). Beaucoup d’artistes sont venus s’installer ici, profiter des 300 jours de soleil par an et de la manne touristique hébergée dans les hôtels de luxe.


    J’ai pas kiffé Georgia

    Georgia O’Keeffe est une peintre américaine de renommée internationale, connue pour ses fleurs et ses paysages peints à la manière « précisionniste », ce qui n’a rien à voir avec l’hyperréalisme, contrairement à ce qu’on pourrait croire et que j’adore. L’artiste ayant fini ses jours à Santa Fe et légué une partie de ses œuvres à la ville, celle-ci reconnaissante lui a ouvert un musée, que nous sommes allés visiter. Claudie a beaucoup aimé, moi pas trop. A vous de juger sur les quelques photos jointes. Il y a quand même quelqu’un qui a payé 44,4 millions de dollars en 2014 pour la grosse fleur blanche sur la dernière photo. Si vos enfants ne savent pas quoi faire plus tard, suggérez-leur de devenir précisionnistes.


    Mais j’ai kiffé le folklore

    Puisque Santa Fe possède cette réputation artistique, nous en avons cherché une expression peu commune et avons déniché ce Muséum International d’Art Folklorique. Outre des expositions temporaires comme celle sur les démons japonais et cette autre sur le masque anti-covid en tant qu’œuvre d’art, nous avons surtout apprécié l’exposition permanente sur les arts folkloriques rassemblant plus de 160 000 figurines du monde entier. Une vraie caverne d’Ali Baba, on ne savait plus où donner de la tête !



    De la bombe, je vous dis !

    Je n’avais jamais entendu parler de Los Alamos auparavant. Ça veut dire que finalement ils ont bien fait leur boulot. De garder secret le lieu où ils ont mis au point la bombe atomique. Enfin maintenant c’est public. Pas le laboratoire où ils font encore des trucs louches, mais la salle où ils exposent des maquettes de Little Boy et Fat Man, les tombeurs respectifs de Hiroshima et Nagasaki. En mettant tous les plans pour qu’on puisse en refabriquer une à la maison. Et en plus c’est gratuit. Comme ça on est moins regardants quand ils disent qu’aux endroits où ils ont fait les essais, il n’y a eu aucune conséquence pour les oiseaux, bien au contraire. C’est sûr qu’avec leur 3 becs ils mangent mieux ! Nan, je blague, la dissuasion nucléaire c’est quand même utile. Du moins tant qu’un fou n’en prend pas les commandes.

    On apprend aussi quelques anecdotes dans ce lieu chargé d’histoire. Comme celle du navire qui a transporté l’uranium en provenance de Los Alamos qui a été coulé par une torpille 3 jours seulement après la livraison. Où encore celle du photographe qui a pris l’unique cliché disponible du tout premier essai nucléaire, alors qu’il n’était qu’un amateur, chargé par son patron de prendre quelques photos souvenirs des préparatifs. Et enfin le coup de chance de la ville de Kokura, initialement choisie comme cible, remplacée au dernier moment par Nagasaki en raison du mauvais temps. Pensez-y la prochaine fois que vous vous plaindrez de la météo !



    Séquence vérité

    Si le ciel est souvent bleu sur les photos, c’est qu’il y a un biais de recrutement comme on dit dans les études scientifiques. Si nous sommes plutôt vernis côté météo depuis le début de l’été, on ne peut pas cacher que la grisaille se montre parfois. Mais dès lors que c’est possible, ce sont ces moments que l’on choisit pour faire les courses, les pleins et les vides de Roberto, les lessives, ou tout simplement profiter d’une petite pause. Mais rien besoin de tout ça cette après-midi là, nous avions bien l’intention de visiter ce petit site appelé Chimney Rocks pas trop éloigneé de notre route prévue. Mais le ciel déjà menaçant depuis quelques heures a confirmé nos craintes, et des trombes d’eau se sont abattues sur nous. Attendant l’accalmie sur le parking du site, nous avons vu un ranger venir se garer à côté de nous et nous faire signe d’ouvrir la vitre. Il venait nous informer que la visite du parc était fermée pour aujourd’hui en raison du risque de foudroiement en altitude, mais que nous pouvions venir dans le centre des visiteurs visionner quelques vidéos et explorer l’exposition. Ce que nous avons fait. Dévoué, non, le ranger ? Nous avons suivi ses conseils et appris que ces constructions rocheuses au sommet de la montagne étaient destinées à des observations astronomiques et notamment lunaires. A défaut de pouvoir nous y rendre, nous ne rapporterons que des photos de l’entrée sous la pluie.


    Les dessous de table des indiens Pueblos

    La région de Mesa Verde, au sud-ouest du Colorado, est un immense plateau recouvert d’une forêt, d’où le nom de « table verte », sillonné de profonds canyons créant autant de falaises de grès abruptes. Les indiens Anasazi puis Pueblos y ont longtemps vécu à sa surface, cultivant leurs champs et récoltant leurs fruits. Pour des raisons diverses, sans doute liées au climat et peut-être à des périodes de guerre, une partie d’entre eux s’est réfugiée vers le 12ème siècle dans de grandes alcôves naturelles au sein même des falaises. Ils y ont élevé des murs, installé des planchers et autres lieux de vie, créant ainsi de vastes bâtisses troglodytes où pouvaient vivre jusqu’à 200 personnes. Ils étaient protégés ainsi, sans doute mieux qu’à la surface, des températures extrêmes des étés et des hivers tout comme des précipitations. Une longue période de sécheresse une centaine d’années plus tard les incita à quitter les lieux et migrer plus loin.

    Le parc national ouvert depuis 1906, permet d’observer de loin et de près (en visite guidée uniquement) ces habitations étonnantes. Bien sûr, un bon nombre de randonnées sont aménagées. Nous avons opté pour un parcours de 4 km le long d’un canyon, spectaculaire par son tracé inséré dans les falaises, ses vues vertigineuses et les pétroglyphes à son point ultime.



    Il est dans tous ces états

    Je veux parler du point géodésique qui se trouve à la jonction de l’Utah, du Colorado, du Nouveau Mexique et de l’Arizona. Au carrefour des 2 axes qui servent de séparation (le 37ème parallèle nord et le 109ème méridien ouest). Au USA on fait simple, on n’y va pas par 4 chemins, si on peut dire. Les touristes viennent en masse s’y faire prendre en photo, mais semblent un peu décontenancé au moment de se positionner. C’est sûr qu’au niveau de l’équateur il n’y a pas de question à se poser : un pied dans l’hémisphère Nord, un autre dans l’hémisphère Sud. Mais là, comment faire avec seulement deux pieds ? A défaut d’y mettre les mains, dans une position peu avantageuse, plusieurs tactiques sont employées : un pied chevauchant deux états, photo en couple procurant l’avantage du bon nombre de points d’appui, ou encore mieux à 4 personne, une dans chaque état. Alors que les boutiques de souvenirs autour exigent encore le port du masque, on est loin ici de la distanciation sociale. Pour la petite histoire, sachez que la position exacte a été déplacée à plusieurs reprises par divers scientifiques coupeurs de cheveux en quatre et reste contestée par certains. En tout cas, c’est le seul endroit aux USA où 4 états de rencontrent en un même point.


    Monument Valley

    Nous avons eu le plaisir de bivouaquer juste à l’entrée de la vallée, une quinzaine de kilomètres avant le célèbre site, entre deux falaises rougeâtres dont les couleurs se sont enflammées au coucher puis au lever du soleil. Spot gratuit avec table de pique-nique fournie, c’était mieux que collés-serrés dans les campings du parc. Nous avons visité ce dernier en milieu de matinée, alors que le soleil n’était pas encore écrasant et que les touristes étaient encore en nombre raisonnable. Les mots manquent pour décrire cet endroit majestueux où l’on se faufile avec Roberto sur une route en terre entre des rocs montagneux géants aux couleurs rougeoyantes. Les photos parleront mieux que les mots.



    Deux ponts trop loin

    Après une route fantastique grimpant au flanc d’une falaise et procurant des vues magnifiques, nous parvenons au petit Parc des Ponts Naturels (Natural Bridges National Monument pour les intimes). Une route de 14 km en fait le tour et nous arrête devant 4 ponts, permettant de les observer du sommet et pour les plus courageux de descendre dans le canyon les observer par en dessous. Après la matinée à Monument Valley et compte-tenu de la chaleur de ce milieu d’après-midi, nous avons manqué de motivation pour les deux premiers, situés respectivement à 1 et 3 km de la route, et donc le double pour l’aller-retour. Le troisième nous a paru plus sympathique avec son unique kilomètre retour compris, alors nous sommes allés lui rendre une petite visite. Il nous a offert une arche élégante, bien élancée dans le ciel et semblant assez fragile. Nous avons appris que ces ponts naissent au début d’une boucle d’une rivière, ce qui permet une érosion ciblée au creux de la courbe et la formation progressive d’un trou jusqu’à l’autre côté.


    Une journée minérale

    Les paysages de l’Utah sont véritablement extraordinaires. Nous avons roulé une grande partie de la journée au milieu de paysages grandioses, montagnes en mille-feuilles minérales ou au contraire en pierres massives que l’érosion transforme en sable pour les premières et en blocs de taille imposante pour les secondes. Les couleurs sont fantastiques, variant d’une région à l’autre entre les gris, les blancs, les jaunes ocre, les mauves et les rouges, sans parler des tons bleutés de certaines parois. Entre les montagnes, des canyons asséchés et façonnés en arabesques ou en champignons par le temps, des couloirs de verdure grâce à l’eau qu’ils recueillent par temps de pluie ou aux rares rivières qui les empruntent, comme le Colorado très boueux à cet endroit. Nous n’avons cessé de nous émerveiller tels des enfants tout au long de la journée et les appareils photo ont bien chauffé. Nous avons terminé par la visite du Capitol Reef National Park, bien dans le ton de ce que nous venions de voir, avec quelques curiosités en plus comme ces pétroglyphes gravés à bonne hauteur sur des falaises. Ce qui les a sûrement préservé du vandalisme dont on a pu constater quelques exemples malheureux au niveau du sol.



    Le plus beau des parcs ?

    Ce n’est pas nous qui le disons, mais le National Park Service, l’organisme qui gère tous les parcs nationaux des USA. Après chacun en fait son affaire, mais ce Bryce Canyon National Park est véritablement au-dessus du lot et fait partie de nos coups de cœurs de ce voyage. Il s’agit d’un haut-plateau dont l’érosion a créé une multitude de cheminées appelées ici hoodoos. Le phénomène n’est pas unique dans le monde, mais c’est ici qu’il a sa plus forte concentration, rassemblée dans plusieurs zones appelées amphithéâtres. Les multiples tonalités de rose-orangé, la fragilité des édifices, la multiplicité de leurs formes, et leur caractère innombrable en font un spectacle exceptionnel. On commence par les apprécier du dessus, en longeant une falaise, avant de plonger vers leur base, dans des couloirs étroits et impressionnants, afin d’avoir un autre point de vue tout aussi impressionnant du dessous. Tout cela en compagnie de sympathiques chipmunks (de petits écureuils) peu farouches au point de venir tourner autour de vos chaussures. Et bien sûr en compagnie d’autres touristes, mais ce n’était pas le délire non plus. Vraiment un endroit qu’on a adoré.


    C’est par ce parc que nous terminons cet article. Il nous reste encore un petit bout d’Utah à parcourir et même encore un parc national avant de rejoindre le Nevada et le célèbre Grand Canyon. Nous allons en avoir encore plein les mirettes et sûrement des choses à vous raconter.