Catégorie : 2025 – Amérique du Sud

Début de notre périple de 2 ans en Amérique du Sud

  • 150. De São Paulo à la frontière paraguayenne

    Notre parcours de São Paulo à la frontière paraguayenne
    Notre parcours de São Paulo à la frontière paraguayenne en version zoomable ici

    La méga-mégapole

    Vue générale d'une toute petite partie de Sao Paulo
    Vue générale d’une toute petite partie de Sao Paulo – Image de Joel santana Joelfotos de Pixabay

    São Paulo détient beaucoup de records, dont celui de la plus grande ville du Brésil, de l’Amérique du Sud, et même de l’Hémisphère Sud. Toujours en termes de population, elle est la 5ème métropole mondiale avec 22 millions d’habitants, après Tokyo, New Delhi, Shanghai et Dhaka, respectivement 38, 32, 29 et 23 millions d’habitants. Elle serait la ville ayant le meilleur PIB de l’Hémisphère Sud, ce qui pourrait présumer d’une population riche et en sécurité, mais il n’en est rien. Côté « richesse », dans l’état de São Paulo, 1 personne sur 5 vit avec moins de 3,65$ par jour (seuil d’extrême pauvreté) et presque 1 personne sur 2 vit avec moins de 6,85$ par jour (seuil de pauvreté). Côté sécurité, si l’on compare l’indice de criminalité, Sao Paulo est au 23ème rang mondial sur 383 villes derrière Salvador, Fortaleza, Recife, Porto Alegre et Rio, ce qui fait tout de même 6 villes brésiliennes dans les 23 premières. À noter que la première ville française n’est pas si loin (Marseille 43e/383). Le site de notre ministère des affaires étrangères est d’ailleurs très alarmiste sur le pays et pas mal d’internautes préviennent que tenir son téléphone à la main en ville est quasi synonyme de vol à l’arraché. Par ailleurs, il se dit que les véhicules ayant une plaque étrangère sont particulièrement ciblés pour les vols avec effraction, éventuellement lors d’un accident provoqué volontairement. D’un autre côté, très peu de voyageurs nomades comme nous décrivent ce genre de fait sur les réseaux. Nous décidons de garder notre habitude de visite des grandes villes : stationner Roberto dans un parking sécurité ou un camping en grande banlieue et de rejoindre le centre en transport en commun pour la visite. Et puis de faire un peu plus attention à nos téléphones et choisir des rues fréquentées pour marcher.

    Côté sécurité, tout s’est bien passé. Nous ne nous sommes jamais sentis en danger, mais nous avons été impressionnés par le nombre de sans-abri qui jonchent les trottoirs et vivent dans les espaces verts de la ville, y compris en plein centre. Des endroits qui ne doivent pas être trop fréquentables à la nuit tombée.

    Pour prendre le pouls de São Paulo, nous avons commencé par visiter son centre, ce qui est en général assez significatif du reste. Difficile de dire si c’est vraiment le cas, mais nous avons trouvé ce centre-ville très mal entretenu, très tagué – y compris très haut sur les façades des immeubles – très pauvre dans les commerces et dans l’architecture des bâtiments. Difficile de croire à cette notion de croissance économique forte, ou alors ils sont vraiment partis de très bas. Côté transports en commun, nous avons pris le métro et plusieurs bus. Si le premier est relativement facile à utiliser, les seconds se sont avérés plus compliqués : fréquence faible, horaires non respectés, coût variable selon le parcours, tourniquet à l’entrée ralentissant la montée des voyageurs, etc. Dans cette situation, on ne s’étonne guère que, malgré le coût relativement bas (0,80€ avec correspondances et gratuité à partir de 65 ans), les voitures restent très utilisées et que les embouteillages soient aussi nombreux.


    Nous avons tout de même trouvé quelques points positifs à cette ville. Quelques rares bâtiments sortant de l’ordinaire, comme cette gare centrale, quelques sculptures dans des jardins, quelques jolis muraux, quelques églises aux façades aussi tristes que les bâtiments alentour mais aux intérieurs richement décorés. São Paulo possède aussi une cinquantaine de mosaïques Space Invaders. Beaucoup sont endommagées, beaucoup sont peu accessibles car trop éloignées du centre, mais Claudie a pu en flasher quelques-unes. Potosi et São Paulo sont les seules villes de toute l’Amérique du Sud qui ont été « envahies » par notre artiste national. Nous avons pu tester une nouvelle formule de restauration qui existe aussi dans tout le Brésil : le rodizio. C’est un repas à volonté qui se compose d’un buffet en self-service pour les accompagnements, et de diverses viandes cuites au feu de bois que le cuisinier-serveur amène une par une à votre table jusqu’à ce que vous finissiez par dire stop ! Une formule étonnamment peu chère puisqu’avec une bière locale, nous en avons eu pour environ 6 € chacun.


    On termine par notre visite préférée : le marché central. Imposant et bien plus animé et coloré que le centre-ville, on peut y trouver pratiquement de tout. La grande halle couverte centrale est dédiée à l’alimentation : fruits et légumes magnifiquement rangés, fromages, charcuteries dont les saucisses défilent en continu sur un rail accroché au plafond, bouteilles de vin ou de condiments accrochées en grappes au-dessus des étals, et pas mal de petits restaurants. Le plat-phare ici est le sandwich à la mortadelle, que l’on présente volontiers coupé en deux afin que les multiples couches donnent de l’appétit aux passants.


    La campagne enfin

    Nous quittons sans regret la mégapole pour nous diriger vers l’intérieur du pays. Notre prochaine destination est à plus de 1000 km de là et nous mettrons 3 jours pour y arriver. Nous longeons d’immenses champs de canne à sucre (base de la cachaça) et des pâturages aux troupeaux clairsemés. Nous admirons cette belle terre rouge qui teinte les routes et aussi la carrosserie de Roberto. Aux arrêts, j’ai souvent l’impression de me garer sur un court de tennis en terre battue !


    Un stop rapides

    À notre premier bivouac, sur un terrain mis à disposition par la petite ville de Piraju, outre le stationnement, l’eau, les toilettes, la wifi et éventuellement l’électricité sont proposés gratuitement. Malgré ces avantages, nous restons seuls sur le parking. Nous allons nous balader sur un sentier juste à côté, fait de passerelles aménagées le long d’un torrent. On peut y voir quelques rapides (d’où le titre de ce paragraphe) et, en saison, des canoës-kayakistes s’entraînant ou concourant sur un parcours aménagé.

    Malgré tous les avantages du lieu, nous resterons les seuls à stationner ici
    Malgré tous les avantages du lieu, nous resterons les seuls à stationner ici

    Rencontre humano-aviaire

    Au bivouac suivant, à Caiuà, derrière une gare routière quasi déserte, nous apercevons un groupe de toucans qui passe d’un arbre à un autre au-dessus de Roberto. Alors que nous les observons aux jumelles, un monsieur sorti de la gare vient nous trouver et nous indique un trou dans un arbre mort. Il nous explique que là se trouve un nid d’aras, et que le matin vers 7 heures les parents viennent nourrir leur(s) rejeton(s). Plus tard, il viendra nous apporter des beignets fourrés à la viande. Le lendemain matin, je suis levé de bonne heure pour les aras, mais la pluie tombe dru. Le monsieur de la gare routière est toujours là et me dit qu’ils ne viendront pas avec la pluie mais que peut-être vers 10 heures… Il va encore nous amener du café puis nous donner ses coordonnées au cas où nous aurions besoin de quoi que ce soit. Une nouvelle fois les qualités d’accueil des Brésiliens se confirment ! Bon, nous repartirons avant 10 heures sans voir les aras, mais nous avons de la route à faire.


    Un jour aux courses

    Sur notre parcours, nous allons nous approvisionner dans un petit supermarché appelé, pourquoi pas, la Sagrada Familia. J’y ai encore déniché quelques aliments insolites.


    Campo Grande

    Nous sommes passés dans l’état du Mato Grosso do Sul, la « brousse épaisse du Sud », séparatiste en 1977 de la brousse épaisse tout court, juste au nord, jugée trop humide. Le Mato Grosso (tout court donc) possède en effet rien de moins que la plus grande zone humide de la planète (50 000 km²) soit quasiment la surface de la Slovaquie ou du Costa Rica. Il y pleut en moyenne 1m d’eau par an et 3 routes sur 4 sont en terre. Or, ce qui fait fuir les humains attire toutes les autres espèces, et cette zone appelée Pantanal est l’une des plus riches du monde en termes de biodiversité. Rien que dans la ville, où nous nous sommes garés au bord d’un grand parc, nous allons découvrir quelques espèces jamais rencontrées jusque-là, comme ce Cariama huppé, un oiseau qui se laisse d’abord courser avant de s’envoler lorsque la vitesse de ses poursuivants dépasse 25 km/h, ce tamanoir que nous n’avions rencontré que dans des zoos. Et puis nous avons croisé la route d’un grand nombre de capybaras, ces sympathiques rongeurs qui allaient prendre possession du parc peu avant la fermeture pour les humains. Une traversée nocturne que nous n’aurions pas faite si nous n’avions pas retrouvé Raoul et Sylvie, nos colocataires de conteneur pour la traversée Anvers-Montevideo. Nous ne les avions pas revus depuis la réception de nos véhicules respectifs. Nous avons échangé sur nos parcours depuis la capitale uruguayenne autour d’un rodizio de pizza, encore une formule que nous n’avions pas testée !


    Le parc rassemble, outre sa faune et sa flore intéressante, plusieurs musées de valeur, comme ce Bioparque Pantanal à l’architecture très moderne, abritant entre autres un magnifique aquarium dédié aux espèces locales, ou ce musée YY présentant une exposition naturaliste d’une façon peu commune et une autre tout aussi soignée sur la culture amérindienne précolombienne.


    Bonito, le hub écotouristique

    Curieusement, plus notre départ du Brésil approche, plus les régions que nous découvrons deviennent intéressantes. Avec Bonito, nous sommes aux portes du Pantanal évoqué ci-dessus, dans une région karstique où grottes et rivières transparentes sont légion. La ville a su développer intelligemment ses richesses naturelles, en les préservant du surtourisme et de la dégradation par des mesures strictes (activités accessibles uniquement avec guides naturalistes, nombre de visiteurs limités, etc.), encouragée en cela par des aides gouvernementales. Mais, et c’est plus rare, elle a su prévenir sa dépendance au tourisme : la plupart des activités se font sur des fermes privées où l’agriculture et l’élevage sont maintenus. Dans des situations comme celle de la pandémie, cela est vital. Bonito propose de nombreuses activités, comme la visite de grottes avec ou non descente en rappel et sans éclairage, la plongée dans des lacs souterrains, la descente avec masque et tuba de rivières étonnamment transparentes (la plupart des cours d’eau brésiliens sont boueux) et riches en poissons, l’observation d’aras dans les falaises, etc. Nous avons opté avec bonheur pour les deux dernières, profitant au passage de magnifiques paysages et de routes en terre bien poussiéreuses pour parvenir à ces sites un peu à l’écart de la route principale.


    C’est ainsi sur une bonne impression que nous terminons notre parcours brésilien. La sortie du pays sera un peu chaotique pour des raisons – et c’est un comble – de perméabilité excessive des villes frontières avec le Paraguay. Nous découvrons en effet au dernier moment que l’endroit choisi initialement ne comporte aucun poste de douane. Si ça n’est pas un problème pour les nationaux des deux pays qui circulent librement, Mercosur oblige, c’en est un pour nous autres étrangers qui devons valider notre sortie, autant pour nous-mêmes que pour notre véhicule. Il va nous falloir rejoindre la ville-frontière suivante, à 130 km de là… Et trouver le bon bureau car, pour faciliter les choses, rien ne se trouve au niveau de la frontière même. Pour pimenter les choses, nous traversons un vendredi et certains bureaux, dont celui des véhicules, ferment à 15 heures jusqu’au lundi matin. Il est 14h15 quand nous arrivons au premier bureau, ça paraît jouable, jusqu’à ce que Claudie découvre avec effroi que son téléphone affiche soudain 1 heure de plus. Eh oui, le Paraguay n’a pas le même fuseau horaire que le Brésil. Donc il est là-bas 15h15 et le bureau devrait déjà être fermé, hélas.

    Allons-nous devoir rester tout le week-end dans cette ville-frontière tout sauf touristique ? Qui plus est avec une sortie de territoire validée pour le Brésil ?? Vous saurez tout ça dans le prochain article… Il faut bien un peu de suspense que diable !

  • 148. Rio Grande do Sul

    Nous amorçons notre découverte du Brésil par son état le plus au Sud, le Rio Grande do Sul, un territoire dont l’histoire a été mouvementée. Initialement destiné aux Espagnols qui avaient alors lancé le grand programme des Missions pour évangéliser les « indiens » Guaranis, principaux occupants, le Rio Grande do Sul a ensuite été réattribué aux Portugais puis au Brésil. Il est théoriquement le territoire des gauchos, métis blancs-indiens, connus pour maîtriser les immenses troupeaux de bétail qui paissent dans les pampas, mais nous n’en avons guère vu à l’œuvre. Le Rio Grande do Sul s’est ensuite spécialisé dans la culture de la vigne avec l’arrivée des colons italiens. Il est aujourd’hui la principale région productrice de vins brésiliens. Voilà pour les présentations…

    Rio Grande do Sul
    Le parcours décrit dans cet article. Une version zoomable est disponible ici

    Passage de la frontière

    Nous nous attendions à avoir un peu d’attente au passage de la frontière entre l’Uruguay et le Brésil, mais il n’en a pas été ainsi. Car les deux pays font partie du Mercosur, une zone de libre-échange à la manière de notre espace Schengen, qui fait que la grande majorité des véhicules ne font que ralentir. Bien entendu, il nous faut pour notre part effectuer les formalités de sortie de l’Uruguay et d’entrée au Brésil aussi bien pour Roberto que pour nous même. Les douanes des deux pays sont situées dans le même bâtiment, ce qui nous simplifie les choses, et grâce au Mercosur, les guichets étaient vides. Tout cela nous a pris un petit quart d’heure. Et Roberto n’a pas été contrôlé, alors que nous avions fait notre maximum pour ne pas avoir d’aliments frais dans le frigo. A noter que nous aurions pu, en effectuant une déclaration, importer 10 kg de viande et 12 litres d’alcool chacun !

    Comme à l’arrivée dans chaque pays, il nous faut un forfait de téléphone, un peu d’argent liquide et faire les courses. Pour le téléphone, pas de souci, nous retrouvons notre forfait Free avec ses 35 gigas octets de données mensuelles. Pour l’argent liquide, c’est plus compliqué : aucune des banques de notre ville d’arrivée brésilienne ne pratique le change et leurs distributeurs automatiques n’acceptent que les cartes de leurs clients. Et nous ne trouvons aucun bureau de change. Il nous faudra nous contenter de nos cartes pour l’instant. Enfin, pour les courses, un petit supermarché avec un petit parking nous permettra de faire de petites courses…

    Dès la sortie de ville, nous sommes brusquement à la campagne. D’immenses pâturages comme en Uruguay, mais aussi pas mal de terrains en friche. La végétation borde directement la route, fini les larges bas-côtés tondus à ras. Mais les premières routes sont plutôt en bon état, espérons que cela dure ! Les distances sont grandes entre deux villes, souvent plusieurs dizaines de kilomètres pendant lesquels aucune maison même isolée n’est perçue à l’horizon. Comme en Uruguay, la circulation est très peu dense.

    Quand nous envisageons de nous arrêter pour la nuit après plusieurs heures de route, notre application nous suggère un camping au bord d’une rivière. A notre arrivée, il est désert et la réception est fermée. Aucun occupant non plus pour nous renseigner. Bah nous nous installons quand même et passerons une très bonne nuit. Un robinet d’eau resté accessible nous permettra en outre de refaire le plein d’un de nos réservoirs.


    Les Missions

    Nos missions – que nous avons acceptées – étaient au nombre de 4.

    -> La première était de nous rendre dans le large secteur des missions jésuites qui, aux XVIe et XVIIe siècle, avaient pour objectif de créer avec les amérindiens une société avec les avantages et les qualités de la société chrétienne européenne, mais libre de ses vices et de ses maux. On sait comment cela s’est terminé et aujourd’hui les missions ne sont plus que des vestiges historiques. La mieux conservée du Brésil est celle de St Michel Archange, et nous avons pu nous y rendre.

    Carte des missions jésuites du Brésil
    Carte des missions jésuites du Brésil

    -> La seconde mission était, désolé de la transition abrupte, de trouver de l’argent liquide. Mais pas davantage qu’à la ville frontière les banques ne font le change et comme là-bas, les distributeurs automatiques n’acceptent que les cartes de leurs clients. Il faudra chercher plus loin.

    -> La troisième mission est de faire coïncider dès que c’est possible, le visionnage d’un film ou documentaire en rapport avec le sujet du jour. Le film La Mission, de Roland Joffé et avec Robert de Niro, s’imposait. Il raconte précisément l’action des jésuites respectant scrupuleusement l’objectif évoqué ci-dessus avec les indiens Guarani et le désastre causé par les conquistadores. Une partie de ce film poignant se déroule dans la mission de St Michel Archange que nous allions visiter. Idéal donc.

    Captures d'écran du film La Mission
    Captures d’écran du film La Mission

    -> Notre dernière mission a été bien entendu la visite de ce lieu historique, classé à l’Unesco. Le visionnage du film la veille nous a beaucoup aidés dans la compréhension. A noter que, le guichet d’entrée n’acceptant que les espèces, on nous a permis d’entrer gratuitement. A noter aussi que, et c’est la première fois que ça nous arrive depuis le début de notre périple, des places du parking étaient réservées aux seniors (60 ans et +). Ça donne un coup de vieux mais nous n’avons pas résisté à nous garer là, pour le principe !


    Donner le change

    Au sens figuré, cette expression correspond bien à la construction de la Cathédrale « Angelopolitaine » de Santo Angelo, construite sur le modèle de la mission de St Michel Archange. Si l’on se place devant la façade, c’est la même mais en mieux, du moins si l’on oublie que cet édifice a été construit 2 siècles après l’autre. Au-dessus du portique, on trouve les Saints Patrons des 7 missions jésuites du Brésil. À l’intérieur, rénové en 1990, se trouve une image grandeur nature du Christ crucifié, d’origine missionnaire, datant de 1740 et réalisée en bois de cèdre sculpté.

    À noter une polémique intéressante à propos d’une peinture commandée à un artiste local, Tadeu Martins, sur le thème de la christianisation par les jésuites. Dans un souci de conformité avec l’histoire, les enfants Guaranis étaient représentés à moitié nus aux côtés des missionnaires. Une bonne partie des fidèles s’en est offusquée, au point que la peinture était recouverte d’un tissu lors des messes et des mariages. Au décours de la rénovation suivante en 2008, les enfants Guarani avaient (miraculeusement ?) disparu de l’œuvre. Il paraît qu’un accord a été trouvé avec l’artiste… De notre côté nous n’avons trouvé cette « Saga Missioneira » ni derrière l’autel ni sur Internet, que ce soit dans sa version originale ou corrigée. Mystère…

    Quant au sens propre, c’est l’histoire de cette improbable station-service qui en relève. Rappelez-vous notre insuccès depuis notre arrivée au Brésil à trouver une banque ou un distributeur de billets capable de nous donner quelques reais – le pluriel du real brésilien – à partir de nos cartes bancaires ou des rares devises que nous avons emportées. Claudie essaiera sans succès trois banques de San Angelo et leurs DAB. C’est l’agent de sécurité de la dernière qui suggéra que peut-être dans telle station-service une borne rouge pourrait accepter les cartes étrangères. Une station-service ? Pourquoi pas une boucherie ou un salon de toilettage pour chiens ! Enfin nous allons voir et effectivement, l’un des deux distributeurs de billets situé dans la boutique, le rouge bien sûr, a été à même de nous délivrer nos précieux dinheiro – nom des espèces en portugais.


    Le cœur violet du Brésil

    Que trouve-t-on dans une ville qui s’appelle Ametista do Sul ? Des améthystes bien sûr ! Apparues il y a 130 millions d’années suite à des bulles formées dans des coulées de lave. Les minéraux qui s’y sont infiltrés ont formé avec le temps de magnifiques cristaux, que l’on découvre en ouvrant les géodes trouvées dans le sol. L’activité est aussi dense que prospère à Ametista, aussi bien par des entreprises familiales qui exposent leurs trouvailles devant leur maison que par des firmes plus conséquentes, dont les galeries sont désormais suffisamment profondes pour en ouvrir une partie aux touristes. Nous avons visité l’une de ces mines à bord d’un petit camion aux parois grillagées afin que nos têtes ne soient pas rabotées par les rochers très proches, pour découvrir quelques éléments mis en scène du travail des mineurs et surtout quelques géodes ouvertes mais laissées en place dans la roche. Malheureusement, les commentaires n’étaient qu’en Portugais et nous n’avons rien compris. Il va falloir que nous fassions des progrès rapidement ! Le plus intéressant a été la visite du musée, exposant une incroyable collection de pièces magnifiques, récoltées au fil des années.


    Les spots de la liberté

    Nos lieux de bivouacs sont éminemment variés. Si nous préférons habituellement les coins nature, les nécessités de nos visitent nous rapprochent alors des villes. La veille, dans Ametista do Sul, nous avons dormi sur le parking en terre du musée du bambou que nous avions prévu de visiter le lendemain. Un musée totalement inintéressant, concocté pour soutirer quelques reais aux touristes en bus qui viennent surtout visiter les mines. Cette fois, c’est la présence d’une laverie automatique dans la ville de Passo Fundo qui nous a conduit à trouver un endroit adapté proche de la ville. Nous avons jeté notre dévolu sur le parking d’un grand magasin spécialiste de l’équipement de la maison (Havan pour ceux qui connaissent). Cette chaîne a l’habitude de dresser une effigie de la statue de la liberté devant ses établissements. C’est donc à proximité de l’une d’entre elles que nous avons garé Roberto pour la nuit, nous (vous) offrant quelques images insolites.


    Little Italy

    Nous voici à Bento Gonçalves, une ville qui a été choisie par les autorités brésiliennes pour recevoir les émigrants européens. Ce sont les Italiens qui sont arrivés en nombre dans les années 1870, fuyant les impôts élevés et la pauvreté entraînée par les guerres d’unification à cette époque. Ils ont amené avec eux leur savoir faire en matière vinicole, peinture des maisons en vert-blanc-rouge et cuisson des pâtes. Grâce à eux, Bento Gonçalves est la première région productrice de vin au Brésil, et produit notamment d’excellents vins pétillants.


    Manger au kilo

    Nous avons testé la Cantina Del Piero, une cantine tenue par une famille d’origine italienne depuis 1992 qui sert des plats faits maison d’excellente qualité, vendus au kilo. C’est la première fois que nous testons une telle formule. Il s’agit d’un self-service classique où l’on compose donc soi-même son assiette, laquelle est ensuite pesée. Les boissons sont en supplément mais un petit dessert et le café sont offerts. Ce qui différencie cette « cantine » des Flunch ou autres, outre peut-être la qualité de la nourriture, c’est le service attentionné que nous avons reçu, le serveur déployant un maximum d’efforts pour nous présenter le mode d’emploi, nous guider dans le choix du vin et nous offrir un dessert supplémentaire que nous ne devions pas rater. Coût de l’opération : un peu moins de 15 euros à deux, (pleins) verres de vin, desserts et cafés compris. Le kilo de plats était à 13 euros.


    Geisse what ?

    De Bento Gonçalves, nous avons pris la route des vignes, celle qui mène vers le village de Pinto Bandeira, où les émigrés italiens sont arrivés en 1876. Après de nombreuses péripéties, 3 changements de nom, une élévation au rang de municipalité en 2010, annulée en 2013 puis réattribuée en 2020, la petite commune est maintenant un ensemble d’établissements vinicoles plus ou moins renommés. Après avoir traversé le village, sillonné au travers des vignes, nous avons voulu visiter l’une des exploitations les plus célèbres à l’étranger, la maison Geisse. Impossible de visiter les installations, mais possible de déguster le vin dans un environnement agréable et avec de petits en-cas sympathiques. Vins pétillants méthode champenoise testés et approuvés !

    Pour en savoir plus sur les péripéties de Pinto Bandeira : https://www.pintobandeira.rs.gov.br/secao.php?id=2


    Changement de décor

    Plus rien d’italien dans notre nouvelle ville-étape de Gramado, ou alors en cherchant du côté des Alpes. Ce sont plutôt des Allemands et des Autrichiens qui se sont installés là, dans un décor de station de sports d’hiver mais sans domaine skiable. Nous sommes à 800 m d’altitude et la neige est rare, même si des reliefs blancs en plastique sur les toits essaient de nous faire croire le contraire. Par contre, dans les vitrines, ce ne sont que horloges à coucous, coutellerie, vêtements chauds, restaurants à fondue et accessoires de Noël. Tout ça vendu toute l’année bien sûr, car ici Noël tombe en plein été, en haute saison touristique. On aime manifestement le kitsch à Gramado, vu le bon nombre de parcs à thème que possède la ville, facilement repérables par leur façade exubérante avec personnages géants. Sans être dupes de tout ça, très amusant finalement, nous nous sommes laissés tenter par un chocolat chaud tellement épais qu’il se déguste à la cuiller.


    Attractions

    Gramado et sa ville-soeur Canela en font un maximum pour attirer les touristes, manifestement l’économie principale de la région. Outre leur architecture calquée sur les stations de sports d’hiver alpines, ces deux villes semblent concourir sur le nombre d’attractions, parfois appelées parcs à thème. Un peu abusivement sans doute, nous sommes loin du gigantisme des parcs d’Orlando ou du parc Astérix par exemple. Le thème choisi (les possibilités sont nombreuses) est décliné ensuite à grand renfort de carton-pâte et de plastique, surtout pour les façades en guise de publicité. Les attractions de départ et j’espère les plus visitées sont celles ayant trait à la nature, comme la seconde cascade la plus visitée au Brésil après les chutes d’Iguaçu ou sa plate-forme de verre au-dessus du vide, maintenant un grand classique. Mais on trouve tout aussi bien des attractions recréant un petit monde égyptien, gelé, à vapeur, automobile classique ou hollywoodien, en cire, géant, spatial, ou encore ayant trait aux Beatles, au basket, aux machines à bonbons, aux cavernes de l’âge du feu dans lesquelles on déguste des fondues, etc. La liste semble infinie et évolue chaque année, de vieilles façades décrépites en cours de rénovation en témoignent. Les activités extérieures étant malheureusement exclues en raison d’un temps froid et continuellement pluvieux, nous nous sommes rabattus sur un musée et une chocolaterie. Le premier, le « monde de la vapeur » nous avait attiré par sa façade d’où une locomotive à vapeur semble tombée du 1er étage, malheureusement il était fermé. Nous avons eu davantage de succès avec la chocolaterie, surtout avec la dégustation !


    Retrouvailles

    Voici plusieurs jours que le beau temps nous faisait défaut, alors nous quittons prématurément les collines de Gramado et Canela pour rejoindre le littoral. Bien nous en a pris car, si le vent reste bien présent, le soleil est de retour et c’est bien appréciable. Comme en Uruguay, nous nous garons assez facilement près des plages, le seul problème étant de trouver une rue qui ne soit pas trop circulante. Maintenant, nous sommes en basse saison, et en période d’été austral (décembre à février) cela doit être plus compliqué. Nous allons continuer pendant quelque temps de longer la côte du Brésil qui compte tout de même 7 491 km (à peu près 2 fois et demi celles de la France métropolitaine). Si nous sommes loin du record pour la longueur du littoral – le Canada est très loin devant avec plus de 200 000 km – le Brésil détient le record mondial de la plage la plus longue avec 254 km de sable ininterrompu. Dans l’état du Rio Grande do Sul justement.


    Nuit en montagne

    Approchant en fin d’après-midi la ville de Gravatal, de nouveau dans l’intérieur du pays, nous cherchons un endroit pour passer la nuit. Ni les options proposées par nos applications ni ce que nous avons pu repérer ne nous conviennent, toutes proches de l’animation de la ville et d’autres véhicules. Il fait encore jour, nous avons donc un peu de temps, alors nous nous engageons sur un petit chemin de terre bien tassée qui grimpe vers les collines. Après plusieurs kilomètres, aucun dégagement à peu près plat n’est visible. Nous repérons à un croisement un panneau « Igreja de Sao Geraldo ». Cela vaut la peine de tenter l’aventure, les églises possédant souvent un petit parking. A voir si en montagne c’est pareil. Le second chemin est plus étroit, plus orniéré et parfois moins bien tassé, ce qui m’oblige à utiliser la fonction Traction+ de Roberto, qui sur sol glissant, transfère le couple à la roue motrice qui adhère le mieux. Ça fonctionne plutôt bien et nous finissons par arriver au pied de cette petite église en bois. La seule place disponible est devant le bâtiment adjacent, peut-être un presbytère. Il est fermé, alors nous nous y installons. Nous passerons une nuit au grand calme et nous réveillerons le lendemain au-dessus d’une belle mer de nuages qui envahit la vallée. Rien que pour ça, cela valait le coup de grimper !


    Une rencontre d’exception

    « Quand vous serez du côté de Florianópolis, prévenez-moi » nous avait dit Elisa, l’une des amies d’Achille et Jordanne, notre fils et notre belle-fille. Brésilienne de naissance, Elisa tenait à ce que nous rencontrions ses parents, habitant Sao Bonifacio, une charmante petite bourgade dans l’intérieur des terres. Alors nous y sommes allés et avons vécu un excellent moment avec Cintia et Jose Carlos, un couple adorable qui nous a transmis d’emblée sa bonne humeur et le plaisir d’être venu habiter à la campagne trois ans auparavant. Converser n’a pas été des plus facile, notre niveau de Portugais en étant au stade de grands débutants, mais en intégrant des efforts de prononciation de la part de nos interlocuteurs avec un joyeux mélange d’Anglais, de Français, d’Espagnol et de Google Traduction, nous sommes parvenus à nous comprendre pour l’essentiel et passer un bon moment ensemble. Nous espérons vivement les revoir lorsqu’ils viendront prochainement en France voir Elisa et son mari Antoine.


    En arrivant à Sao Bonifacio, nous avons quitté le Rio Grande do Sul pour l’état de Santa Catarina, du nom de la grande île reliée au continent par la ville de Florianópolis. Ce sera notre prochaine étape. Nous nous y retrouverons très bientôt !

  • 147. Disfruta

    Nous l’avions déjà remarqué à Montevideo, une bonne partie des musées est en accès libre, sans droit d’entrée. Dès nos premières visites dans l’intérieur du pays, cela se confirme. Le plus emblématique a été ce parc animalier recueillant principalement la faune autochtone où nous avons été accueillis d’un « Bienvenido, disfruta ! ». Ça nous change du zoo de Beauval où non seulement il avait fallu aligner une quarantaine d’euros par personne, mais en plus sans être gratifiés du moindre sourire… Quelle intelligence que de permettre à tous l’accès à la culture ! Vive l’Uruguay !

    Nous profitons de la vie au travers de ce roadtrip. Disfruta !
    Nous profitons de la vie au travers de ce roadtrip.

    Remise en route

    Même si le temps reste très couvert, c’est un véritable bonheur que de repartir sur les routes. Mais quelques étapes logistiques préalables s’imposent :
    -> d’abord ranger nos affaires dans les placards. Sinon on ne peut pas circuler avec nos sacs de voyage et valises. Il nous faudra compter une bonne heure !
    -> ensuite refaire le plein de carburant, car les compagnies maritimes exigent que l’on soit sur la réserve pour pouvoir embarquer. Ce n’est pas si simple que ça en a l’air puisqu’il nous faut trouver une station-service qui vend du gasoil peu chargé en soufre (Roberto est allergique de par son statut Euro 6), ce qui se traduit ici par 10-S, soit un maximum de 10 ppm de soufre. Parce que le gasoil ordinaire contient 50 ppm. Nous risquons de trouver beaucoup plus dans d’autres pays, il faudra faire attention.
    -> et puis refaire le plein des réservoirs d’eau. Notre application iOverlander nous permettra de trouver rapidement un robinet public près d’un petit parc. Et zou, près de 200 litres embarqués !
    -> évidemment, le frigo et les placards à nourriture sont vides. Nous n’avions le droit d’importer aucune nourriture. Un hypermarché Géant se trouve fortuitement placé notre route. Le caddie sera bien rempli mais pas plein, la taille de notre frigo (130 litres) ne le permettrait pas.

    Nous sommes maintenant pratiquement autonomes pour une bonne semaine. Les panneaux solaires tournent à plein régime malgré le ciel gris. Aucune de nos 2 batteries, moteur et cellule, ne semble avoir souffert de l’immobilisation de 6 semaines dans le conteneur. Nous voilà sur la route en direction de l’Est (nous remontons tranquillement vers le Brésil). Il nous faut nous arrêter au premier péage (ce n’est pourtant pas une autoroute) pour prendre le badge de télépéage. Il est gratuit, il faut juste mettre un peu d’argent dessus. Les quelques sections à péage coûtent pratiquement toutes le même prix, l’équivalent de 3,50€. Ce qui est bizarre sur ces sections à péage, c’est qu’on y trouve bon nombre de routes transversales par lesquelles il serait faciles d’entrer sans payer, mais nous n’allons pas jouer à ça !

    En milieu d’après-midi, nous trouvons que notre première journée sur la route est suffisamment remplie et nous nous trouvons un petit spot pour nous reposer et passer la nuit. En bord de mer s’il vous plaît. En Uruguay, le faible nombre de véhicules de loisirs fait que nous ne sommes pas considérés comme une gêne. En conséquence il est possible de se garer pratiquement partout !


    La brique élevée au rang d’art

    Intérieur de l'Iglesia del Cristo Obrero à Atlantido (Uruguay)
    Intérieur de l’Iglesia del Cristo Obrero à Atlantida (Uruguay)

    Voilà une église peu ordinaire, entièrement bâtie en briques. Ce matériau qui paraît banal, a pourtant ici  été érigé en art. L’ingénieur uruguayen Eladio Dieste a réussi à créer des murs et un plafond ondulés, une rampe d’escalier ajourée, des éléments de façade en dents de scie. Il a reçu en retour l’hommage de ses pairs et surtout celui de l’Unesco qui a inscrit son œuvre au patrimoine mondial


    La Villa de la Concepción de las Minas

    C’était l’ancien nom de la ville de Minas que nous visitons aujourd’hui. Mais comme ça tenait rarement sur les enveloppes et ou que les panneaux à l’entrée de l’agglomération étaient souvent renversés par le vent – en fait ce sont deux hypothèses personnelles –  la ville a décidé de s’appeler simplement Minas, en référence à son passé d’extraction de fer et d’argent. Plus rien de tout ça lors de notre visite, mais nous avons aimé nous promener dans des rues qui collent davantage à l’image que nous avions de l’Uruguay que celles de Montevideo.

    Nous avons entre autres visité la Casa de la Cultura qui abrite la bibliothèque municipale, une galerie d’art, un théâtre et 4 musées dont l’un est hébergé dans la maison natale de l’un des héros de la nation Juan Antonio Lavalleja de l’un des héros de la nation. Les 3 autres concernent les peuples précolombiens, les gauchos, le musicien Eduardo Fabini, l’écrivain Juan José Morosoli, le professeur de médecine Pedro Belou, bref que des inconnus pour nous. Le décor était plutôt joli. Tout était gratuit, mais nous avons dû supporter la guide qui devait s’ennuyer et nous a accompagné tout du long, nous racontant ce que nous pouvions lire sur les affiches. Parfois la gratuité a un coût…


    L’inventeur de Minas

    Reproduction du premier véhicule automoteur terrestre à vapeur de Nicolas-Joseph Cugnot (1769)
    Reproduction du premier véhicule automoteur terrestre à vapeur de Nicolas-Joseph Cugnot (1769)

    Le Géo Trouve-tout de Walt Disney a son équivalent uruguayen : Horacio. Cet homme a commencé à fabriquer ses propres jouets vers l’âge de 5 ans. Un peu plus tard il s’est mis à reproduire les engins agricoles qu’utilisait son père, puis une infinité d’autres véhicules et d’objets utiles au quotidien, fonctionnant comme dans la vraie vie. Horacio, septuagénaire, nous fait la démonstration du fonctionnement d’une douzaine de machines ou de véhicules, ainsi que de quelques jeux qu’il a conçus lui-même ou recréés à partir de modèles photographiés. Et le dernier modèle en cours de construction. Il ne s’arrête jamais !

    Ce génial personnage, tout aussi inventeur que pédagogue, nous a bien gardés une heure et demie et aurait même pu faire davantage si son épouse n’était pas venue gentiment l’arrêter.

    Une visite passionnante et animée avec passion, nous avons adoré !

    La bonne réponse au quiz précédent est 1. (une boutique de biscuits). Il ne fallait pas se laisser influencé par le Mar y Mar ni par les biscoteaux du coach de gym !


    Être à tort sur la réserve

    Le domaine de la réserve animalière de Pain de Sucre (oui, c'est le nom de la ville !)
    Le domaine de la réserve animalière de Pain de Sucre (oui, c’est le nom de la ville !)

    Après avoir dormi au bord d’un petit chemin entre deux champs, nous rejoignons, peu après la ville joliment nommée de Pain de Sucre, la Réserve d’élevage et de protection de la faune naturelle autochtone. 100% des réserves de ce type visitées auparavant étaient payantes, les gouvernements favorisant peu leur développement. Mais arrivée au guichet d’entrée, un jeune homme nous accueille d’un grand « Bienvenidos » et d’un « Disfruta » (profitez) en nous indiquant le chemin. En parcourant les allées, nous ne trouvons aucun manque d’entretien que la gratuité aurait pu laisser supposer. Au contraire le sol est balayé, les bas-côtés tondus et les enclos sont bien propres.

    Les animaux sont ici en semi-liberté. Cela se traduit par des enclos grillagés, mais de grande taille et comportant pour la plupart des zones de taillis où les bêtes peuvent se cacher s’ils n’ont pas envie de rencontrer des humains. Nous avons vu des condors, des capybaras (de gros rongeurs sympathiques), des coatis, des renards, des caïmans, des pumas et des nandus (genre d’autruches) avec de nombreux petits.

    A l’entrée de la réserve, un très grand espace de jeux pour enfants a été aménagé. Il est amusant de le retrouver sur la première page du site internet de la réserve (lien ici). Les petits mammifères humains qui s’ébattent sur les balançoires et autre filets d’escalade sont indéniablement assimilés à la faune autochtone à choyer !


    Château express

    Peu avant l’heure du déjeûner, nous quittons la route principale pour nous engager sur l’allée bordée de palmiers qui mène au Castillo de Piria, du nom de son premier occupant Francisco Piria, entrepreneur uruguayen et créateur de toutes pièces de la ville voisine de Piriapolis. L’accès est libre, avec juste un gardien qui reste sur sa chaise à l’entrée. Le château est maintenant propriété du département et sert de musée. Le mobilier qui reste est de bonne facture sans être précieux. On trouve quelques informations sur l’entrepreneur et son œuvre avec un plan complet de la ville taillée au cordeau. L’étage et le rez-de-chaussée sont finalement assez vite visités.


    Fort contraste

    Carlos Páez Vilaró devant son œuvre
    Carlos Páez Vilaró devant son œuvre

    Ce titre pourrait évoquer la visite d’un nouveau château, mais c’est surtout son second mot qui est important. Après avoir vu les plans à la symétrie quasi parfaite de la station balnéaire de Piriapolis, que nous n’avons pas jugé bon de visiter, nous découvrons cette Casa Pueblo tout autant l’œuvre d’un seul homme que la précédente, mais où la ligne droite est quasi inexistante. Le terme casa (maison) est à reconsidérer devant la grande surface occupée par ses 72 bâtiments aux formes folles. Son créateur est l’artiste Carlos Páez Vilaró. La construction a pris 36 ans, sans aucun plan préétabli. Si une bonne partie est privée, nous avons tout de même la possibilité de visiter le musée, qui donne un excellent aperçu sur la vie et les motivations de l’artiste et permet de se balader sur les parties accessibles du domaine. Les parois ondulées d’un blanc éclatant rappellent les constructions méditerranéennes, mais les couloirs labyrinthiques et les dômes fantasques rendent le lieu unique. Un hôtel et un restaurant permettent tout comme le musée d’apprécier la Casa Pueblo et sa vue imprenable sur l’océan Atlantique.


    La nuit sur la falaise

    Pêcheurs sur les rochers de la Punta Ballena. La Casa Pueblo est en arrière-plan
    Pêcheurs sur les rochers de la Punta Ballena. La Casa Pueblo est en arrière-plan

    Tout près de la Casa Pueblo se trouve une pointe rocheuse s’avançant vers la mer. Elle est aménagée de plusieurs parkings et nous nous laissons tenter d’y passer la nuit. Le coucher de soleil sera très beau, mais le vent qui a soufflé toute la nuit a gêné un peu mon sommeil. Pas tant à cause du bruit qu’en raison des oscillations de Roberto qui a une forte prise au vent. Tant pis, la vue valait le coup !


    État des routes

    Un enrobé parfaitement lisse et des bas-côtés soignés pour cette route, mais ce n'est pas toujours le cas !
    Un enrobé parfaitement lisse et des bas-côtés soignés pour cette route, mais ce n’est pas toujours le cas !

    Nous n’avions aucune idée du niveau économique et de l’état des routes de l’Uruguay. Eh bien d’une manière générale, les deux sont plutôt bons. Les routes principales sont très larges et possèdent des enrobés parfaitement lisses. Les bas-côtés sont toujours très bien entretenus avec l’herbe tondue à ras et les déchets ramassés. Pour les routes secondaires, c’est plus aléatoire. Parfois c’est excellent, parfois c’est parsemé de nids-de-poule, parfois – et c’est peut-être le pire – c’est un joyeux mélange des deux. Quant aux routes tertiaires, ce sont en général des chemins de terre bien tassée ou des routes garnies de pierres concassées, dont les arêtes vives me font craindre pour les pneus de Roberto. Les ralentisseurs sont assez fréquents et bien plus rudes qu’en France. Les périphéries des villes semblent plus négligées que leur centre, aussi bien pour l’état des routes que pour la propreté. Malgré la présence de poubelles en quantité, des déchets peuvent traîner dans les rues. Les conducteurs semblent prudents. C’est d’autant plus facile que la circulation est très peu dense. Ce qui est sans doute lié à la faible densité de population, environ 19 habitants au km² contre une centaine pour la France et le double en Italie.


    Le Mc Do de Maldo

    Le Mc Do de Maldonado sur la place centrale
    Le Mc Do de Maldonado sur la place centrale

    Notre étape suivante s’appelle Maldonado. Nous y trouvons quelques restes historiques intéressants, comme la borne qui marquait la frontière entre le Portugal et l’Espagne (qui s’étaient partagés la région !), une tour de vigie qui servait à surveiller la circulation maritime dans le Rio de la Plata, et un ancien fort datant de la même époque, devenu musée. Le centre-ville est assez joli avec les bâtiments coloniaux et la cathédrale qui entourent la plazza centrale. Le seul édifice qui ne soit pas colonial est …le Mc Donald’s qui m’a inspiré le titre. Nous cherchons en vain une grande fresque décrite sur notre Petit Futé. En visitant une petite galerie d’art, nous posons la question aux employées, qui vont se démener pour nous trouver que la fameuse fresque avait été déplacée sur une autre place il y a … 35 ans ! Bonjour la mise à jour du Petit Futé qui pour le coup ne l’est pas vraiment.


    C’est aussi la veille des élections municipales et départementales. De nombreux partisans de l’un ou l’autre des partis en lice distribuent des tracts à tous les carrefours. Nous sommes surtout impressionnés par l’emprise de la publicité murale. Ici on ne colle pas d’affiche, mais on peint les affiches, sur un peu n’importe quel support : une voiture, un bus, la façade d’un bureau du parti ou d’un commerçant affilié, le mur d’enceinte d’un terrain vague ou d’un cimetière, voire même la façade entière d’une maison historique ! Le seul problème est la rémanence de la peinture. Certaines images font référence aux candidats des présidentielles qui se sont déroulées il y a plus de 6 mois…


    Ponts design

    Juste à l’Est de la commune de Maldonado, nous franchissons un premier pont, le puente de la Barra, très original par le profil ondulé de son tablier. Cette astuce technique permet apparemment de casser la vitesse, procurant une sensation de montagnes russes si on le franchit trop rapidement. Ce sont en réalité deux ponts côte à côte, le second ayant été construit quelques années après le premier sur le même modèle tant il donnait satisfaction.

    Puente de la Barra, Maldonado
    Puente de la Barra, Maldonado

    Sur la même route en longeant la côte, on trouve 30 km plus loin un autre pont tout aussi curieux, celui de la Laguna Garzon.  Son tablier unique se présente cette fois comme un cercle posé au milieu de l’eau, sur des piliers de béton. L’ensemble est bien sûr relié aux berges par deux routes droites. Là aussi le cercle a pour effet de faire ralentir les véhicules mais la construction a permis de respecter les normes environnementales pour cette zone protégée. Sans parler d’un esthétisme certain pour ce pont comme pour le précédent.

    Puente de la Laguna Garzon, Maldonado
    Puente de la Laguna Garzon, Maldonado

    L’Uruguay en deuil

    L'Uruguay de nouveau en deuil national pour la disparition de son président préféré
    L’Uruguay de nouveau en deuil national pour la disparition de son président préféré

    Les drapeaux du pays sont de nouveau en berne, pour un nouveau décès, qui touche davantage les uruguayens que le pape François : celui de leur ancien président Jose Mujica dit « Pepe ». Si l’on se plonge un peu dans la biographie et la mandature de cet homme d’état, président de l’Uruguay de 2010 à 2015, on comprend mal pourquoi sa personnalité et ses actions n’ont guère traversé l’Atlantique (personnellement je n’en avais jamais entendu parler).

    Jose Mujico di "Pepe", un président charismatique au style inimitable
    Jose Mujico di « Pepe », un président charismatique au style inimitable

    Cet homme très charismatique, ancien guérillero, emprisonné 14 ans pour cette raison, a marqué son quinquennat davantage par son humilité, son intégrité et sa cohérence entre ses valeurs et son mode de vie que par des exploits économiques spectaculaires. Il a commencé par refuser de vivre dans le palais présidentiel comme ses prédécesseurs, continuant d’habiter dans sa petite ferme à la campagne, cultivant des fleurs avec sa femme, conduisant une vielle Coccinelle VW bleue. De plus, il reversait 90% de son salaire présidentiel à des œuvres caritatives et à des projets sociaux, affirmant qu’il n’était pas pauvre, que les pauvres étaient « ceux qui ont besoin de beaucoup pour vivre ». Mais pourquoi n’a-t-on pas de candidat semblable en France ?

    Jose Mujica dans sa maison (AP Foto/Matilde Campodonico, Archivo)
    Jose Mujica dans sa maison (AP Foto/Matilde Campodonico, Archivo)

    Et ce n’est pas tout. Jose Mujica, homme de gauche, a fait légaliser sous sa présidence le mariage homosexuel, l’avortement et le cannabis. Il a réduit le taux de pauvreté, mené une politique d’indépendance aux grandes puissances, critiqué la société de consommation et le capitalisme sauvage. Dans un discours à l’ONU en 2013, il a appelé à repenser notre mode de vie et nos valeurs collectives pour préserver la planète. Dans un monde où beaucoup de dirigeants prônent des valeurs qu’ils n’incarnent pas, Mujica a montré qu’il était possible d’être honnête, simple et efficace, même au sommet de l’État. Pas comme l’autre.


    Punta del Este la mal nommée

    Un message en mosaïque sur le parking le plus au Sud de l'Uruguay à Punta del Este
    Un message en mosaïque sur le parking le plus au Sud de l’Uruguay à Punta del Este

    Ville balnéaire située certes à l’Est de Montevideo, elle n’est pas la ville la plus à l’Est de l’Uruguay. Par contre elle est bien la plus au Sud du pays. Envahie de touristes en saison, elle est tout à fait tranquille quand nous la parcourons. Nous avons trouvé son bord de mer très soigné, avec un long trottoir rayé noir et blanc idéal pour les joggeurs et à plusieurs endroits de jolies mosaïques au sol et des massifs de cactées. Comme à beaucoup d’endroits en Uruguay, les immeubles sont situés très en retrait de la mer, laissant suffisamment de place pour la route côtière et d’immenses parkings, les plages restant protégées par des dunes. Il doit faire bon vivre ici, mais hors saison !


    La Fondation Pablo Atchugarry

    Sans une habitante Uruguayenne ayant consulté le blog grâce à l’adresse inscrite sur Roberto et nous ayant contacté pour nous informer de l’existence de ce lieu, nous aurions raté la Fondation Pablo Atchugarry, absente de notre guide papier alors qu’elle a été créée il y a 18 ans, en 2007 ! Une nouvelle fois cela pose le problème de la mise à jour des guides. Il s’agit d’une institution à but non lucratif créée par l’artiste uruguayen Pablo Atchugarry, visant à promouvoir les arts visuels, la littérature, la musique, la danse et d’autres formes d’art auprès de sa communauté et de ses visiteurs. La visite est gratuite. Elle fait la part belle bien entendu aux œuvres de l’auteur, mais il faut bien montrer l’exemple. Outre une galerie classique dans plusieurs bâtiment, la fondation dispose d’un grand jardin de 2 km de longueur réservé aux sculptures. Le style est résolument moderne, donc pas forcément adapté à tous les goûts, mais rien ne vaut la visite pour en juger.


    Vamos a la playa

    Entre l'Océan Atlantique et la Laguna Garzon
    Entre l’Océan Atlantique et la Laguna Garzon

    Poursuivant vers le Nord-Est, nous essayons tant bien que mal de longer la côte, mais de nombreuses lagunes nous en empêchent ou nous obligent à des détours importants. Mais arrivés sur le littoral, nous trouvons de belles plages désertes. Ce n’est malheureusement pas la saison de se baigner, mais à 3 reprises, nous passerons la nuit derrière une dune, profitant du calme absolu de la basse saison et d’environnements magnifiques. Les oiseaux migrateurs ou non semblent également apprécier l’endroit. Quand nous ne les voyons pas, ce sont les traces de pas sur le sable ou dans l’eau qui trahissent leur présence.


    La ville qui s’appelait 33

    Forcément, ça intrique, d’autant plus que dans plusieurs villes que nous avons visitées, une rue portait ce nom. On trouve vite l’explication sur le net : il s’agit d’un hommage aux 33 héros nationaux ayant joué un rôle crucial dans l’indépendance du pays en 1825. Cela dit, Treinta y Tres n’est pas la seule ville du monde à porter un nom de chiffre ou de nombre. Comme par exemple  1770 en Australie (année de découverte du pays par James Cook), 84 en Pennsylvanie (voulait s’appeler Smithville mais le nom était déjà pris), 88 au Kentucky  (le directeur de la poste souhaitait simplifier l’écriture des adrresses) et 56 dans l’Arkansas (nom proposé lors de la création refusé par le gouvernement fédéral. Et en France alors ? Eh bien nous avons Dreux, Troyes, Castres, Sète…


    La vieille poste

    Façade de l'ancienne poste de Chuy
    Façade de l’ancienne poste de Chuy

    Repartis vers l’intérieur des terres, nous faisons halte à l’ancienne poste de Chuy. Une ancienne auberge à diligences bâtie par 2 Basques français nommés Etcheverry. Tailleurs de pierres, ils ont construit ce bâtiment en pierres sèches, sans aucun mortier. Tout comme le pont à meurtrières juste à côté, recevant en retour de leurs efforts un droit de péage à chaque passage. On s’amuse à relever les tarifs pratiqués et à déchiffrer le « passe-port à l’étranger » délivré par l’Empire français à nos deux basques.

    Car oui, le nombre de bérets en atteste, de nombreux Basques ont participé parmi les premiers à la grande phase d’immigration européenne vers 1835. En 1843, ils étaient le groupe le plus nombreux (environ 10 000 âmes) parmi les immigrants en Uruguay. Par la suite, les Espagnols puis les Italiens les ont largement dépassés. Aujourd’hui, leurs descendants représentent 10% de la population uruguayenne, y compris les Basques espagnols.


    Le musée de géosciences de Tacuarembo

    Ayant aperçu un groupe d’élèves en tenue de sport sur la place centrale, nous nous sommes dits que les musées ne seraient pas envahis, alors nous sommes entrés dans le musée de géosciences, sans trop savoir ce que nous allions voir tant le sujet est vaste. Nous avons été accueillis chaleureusement – comme partout ailleurs en Uruguay – par la conservatrice, qui nous a présenté rapidement les collections avant de retourner à son maté. Ça démarre par une allée de minéraux, avec beaucoup de fossiles, authentiques et présentés directement à la vue. C’est assez rare pour le signaler, car habituellement soit nous avons à faire à des copies, soit les items sont présentés dans des vitrines. Parmi ces fossiles se trouvent des mollusques d’eau douce géants, qui seraient une exclusivité mondiale. En dehors de cela, de nombreux tableaux muraux présentent plus classiquement les périodes d’évolution de la Terre et la tectonique des plaques, les différentes couches des sols etc. On arrive ensuite à une section de paléontologie, avec des spécimens rares (bien que nous en ayons vu à Colonia del Sacramento, de squelettes de glyptosaures ou de paresseux géants. Et puis bien sûr quelques modèles en plastique de dinosaures, il faut bien attirer l’attention des enfants.


    Nuit au bord du lac

    Stationnement pour la nuit au bord du Lago de la Juventud près de Tacuarembo
    Stationnement pour la nuit au bord du Lago de la Juventud près de Tacuarembo

    Fuyant l’agitation de la ville, nous sommes allés nous stationner pour la nuit sur les berges d’un grand lac tout calme. Pas besoin de davantage de commentaires, les photos prises au drone parlent d’elles-mêmes.

    Ce Lac de la Jeunesse était fait pour nous !
    Ce Lac de la Jeunesse était fait pour nous !
    Il est aussi appelé 2ème lac, mais c'est nettement moins gratifiant !
    Il est aussi appelé 2ème lac, mais c’est nettement moins gratifiant !

    Le musée et le train du paradis

    C’est à Valle Edén, d’où le titre, que nous allons visiter le musée Carlos Gardel. Surnommé le roi du tango, celui-ci a excellé dans l’art de chanter le tango, au point que sa voix et son œuvre sont maintenant classés par l’Unesco. S’il ne fait nul doute que Carlos Gardel ait fait carrière en Argentine, son lieu de naissance reste très discuté, les Uruguayens le situant ici à Valle Edén, tandis que la France le fait naître à Toulouse. Forcément, pour ce musée, le doute n’est pas permis !


    Si l’on descend le talus en sortant du musée, on tombe sur une charmante gare désaffectée. Des trains à vapeur puis diesel ont circulé là jusqu’au milieu du XXe siècle. La gare relativement bien conservée a servi de décor à plusieurs fils uruguayens.


    À ciel ouvert

    Le nom complet est Musée ouvert des arts ibéro-américains de San Gregorio de Polanco, mais ça faisait un peu long pour le titre du paragraphe. C’est en 1993 avec 26 peintures murales réalisées par des artistes locaux et avec le soutien de la population que cette petite ville située au bord d’un lac de barrage est devenue le premier musée d’arts visuels à ciel ouvert en Uruguay et en Amérique latine. Le succès aidant, près de 150 œuvres sont exposées en permanence dans la ville, les plus récentes remplaçant ou rénovant les plus anciennes. La première photo du carrousel montre une œuvre peinte sur le réservoir d’eau de la ville en février 2024, qui a obtenu le prix du mois de l’association internationale d’art urbain Street Art Cities, récompensant les efforts de la ville de San Gregorio qui compte moins de 4000 habitants et attirant ainsi davantage de touristes, dont nous !  

    Et un petit bonus !


    L’article arrive à son terme

    Oui le jeu de mots était facile puisque nous voilà arrivés dans une région qui multiplie les sources chaudes et donc les établissements qui vont avec. Nous avons choisi ceux de Daymàn, près de la ville de Salto, essentiellement parce qu’ils proposaient un vaste parking herbeux dédié aux « casa rodantes » juste à côté. L’ensemble se compose d’une dizaine de piscines de tailles et formes variables, mais aussi avec des températures d’eau différentes afin que chacun en trouve une à son goût ou adaptée à sa santé (les plus chaudes approchent les 44°C, l’eau étant puisée à 2000 m de profondeur à 46°C°. Il parait qu’en été, quand la température de l’air avoisine les 30°C, ils réduisent la température des bassins afin de ne pas cuire leurs visiteurs. Nous sommes allés en profiter pour le prix modique de 4,50 € et avons trouvé l’expérience très relaxante sur le moment, tout en éprouvant tous les deux un léger mal de tête un peu plus tard. Peut être sommes-nous restés un peu trop longtemps à 44°C, notre préférée ? Et pour les mauvaises langues : non, nous n’avons pas commandé de cocktail !


    Nous avons maintenant rejoint la frontière avec le Brésil à Artigas, pour un franchissement le lendemain matin. A très bientôt !

    Notre parcours avec Roberto en Uruguay - Version zoomable en cliquant ici
    Notre parcours avec Roberto en Uruguay – Version zoomable en cliquant ici