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Tout sur notre voyage autour du monde en fourgon aménagé, des étapes préparatoires au parcours détaillé pays par pays

  • 123. Croatie III

    Nous entrons pour la troisième reprise en Croatie et retrouvons l’Union Européenne, l’euro et nos forfaits Free. Mais aussi un coût de la vie un peu plus élevé qu’en Bosnie, qui reste toutefois raisonnable par rapport à la France.

    Vers le monastère de la rivière Krka

    Nous longeons d’abord les gorges de la Cetina, dans des paysages méditerranéens typiques : vignes , oliveraies, paysages calcaires parsemés de buissons à l’état naturel et de vignes et oliveraies lorsqu’ils sont cultivés, petits villages aux murs blancs et tuiles ocres. Nous nous arrêtons au monastère de Krka, important centre religieux orthodoxe, sans pouvoir y pénétrer en raison de réunion religieuses en cours. Nous ferons tout de même une jolie balade dans l’environnement immédiat.


    Le bruit de Skradin

    Nous sommes là dans un parc national dont l’attrait principal est un ensemble de chutes étagées le long d’une rivière, un peu comme à Plivice. L’accès au circuit se fait en bateau, le reste se découvre à pied en suivant des sentiers, passerelles, escaliers de pierre …et touristes. Le nombre de personnes, sans doute plus élevé que d’habitude puisque nous sommes un week-end, reste toutefois raisonnable et ne nous gâchera pas la visite. Les chutes, l’environnement, les brumes, la couleur de l’eau sont magnifiques. On en voit sortir de partout, disparaître miraculeusement à un endroit pour ressurgir quelques dizaines ou centaines de mètres un peu plus loin, et toujours en quantité impressionnante. Le débit moyen de la rivière Krka est de 55 m3 par seconde, et ça peut dépasser les 300 en haute saison. Difficile de croire ici que la planète manque d’eau, mais nous sommes en saison de fonte des neiges sur les sommets, ce n’est peut-être pas comme ça toute l’année. Le grondement de l’eau est aussi omniprésent, au point qu’ici on ne parle pas de « cascade de » mais de « bruit de ». Ainsi, la chute principale appelée « Skradinski Buk » se traduit par « Bruit de Skradin »


    Vieilles bagnoles

    Encore un collectionneur de voitures anciennes qui a réuni une cinquantaine de modèles dans un hangar et vous en fait volontiers la visite. Beaucoup de modèles de l’Est et quasiment pas d’Américaines, ça change un peu. Nous avons le plaisir de retrouver quelques modèles français dans lesquels nous avons circulé, enfants ou adultes. Le clou du spectacle est tout de même cette coccinelle VW dont la tôle a été totalement remplacée par du fer forgé, plaqués or 24 carats en plusieurs endroits et sertie à d’autres de plus de 8000 cristaux de Swarovski. 2500 heures de travail pour le fer forgé, 500 pour le plaquage en or et 100 supplémentaires pour les cristaux. Et l’auteur, M. Vrbanus, est là pour nous le raconter. Il nous montre aussi fièrement les nombreuses récompenses qu’il a obtenues dans diverses expositions et son inscription à la prestigieuse collection Ripley’s « Believe it or not ». La voiture est totalement fonctionnelle et sert exceptionnellement pour des mariages.

    Mais le clou du spectacle, c’est ça, présentée par son auteur qui plus est :


    Les villes dalmates

    Nous retrouvons ici, en Dalmatie, la côte adriatique et une succession de jolies petites villes aux traits similaires. Ayant dû se défendre par le passé tour à tour contre les Vénitiens et les Ottomans, elles sont en général fortifiées et ont pu conserver un cœur médiéval aux ruelles étroites pavées d’un marbre glissant. Croatie oblige, les cathédrales et autres édifices catholiques y sont nombreux et plutôt bien entretenus.
    Le seul bémol est que nous avons trouvé rassemblés dans ces villes tous les touristes que nous n’avions pas encore vus ailleurs. La saison commence tôt ! Malgré les ressemblances, chacune de ces cités possède quelques particularités

    * Zadar, son orgue marin, son « Salut au soleil » et son musée du verre antique

    C’est un humain qui a construit l’instrument, mais c’est la nature qui en joue, plus précisément le vent et la mer. L’orgue marin de Zadar ne se voit pas, caché sous les marches d’une jetée, mais il s’entend : au gré des vagues, des sons de rythme aléatoire et de tonalité variable sont émis, évoquant tantôt une flûte de pan tantôt des chants de baleines. Une étrange musique qui semble hypnotiser quelques auditeurs, manifestement assis là immobiles depuis un bon moment. Juste derrière, c’est un grand disque bleu sur le sol qui attire plus ou moins la foule. Une sorte de panneau solaire géant qui réfléchit différemment la lumière du soleil selon les moments de la journée.  Cette fois, le concepteur – le même que pour l’orgue – a voulu faire davantage visuel qu’auditif, mais nous n’avons pas vraiment perçu de jeu de lumière, tandis que le bruit des gamins qui se coursaient sur le panneau dominait la visite. Nos nous sommes réfugiés dans le musée voisin, dédié au verre antique et notamment à ses astucieux procédés de reconstruction.


    * Turanj et son île en forme de cœur

    Il suffit de jeter un œil sur Google Earth, dans la zone maritime proche de la ville de Turanj, et vous allez la trouver. Elle n’a peut-être plus aujourd’hui l’aspect sauvage de la photo satellite, il parait qu’un promoteur immobilier est entrain de tout raser pour en faire un projet ciblé sur l’amour. Vraiment ?


    Spot dodo

    Juste avant notre destination suivante, Sibenik, nous faisons halte pour la nuit – les vanlifeurs ont coutume d’appeler ça un « spot dodo » – sur les hauteurs de la ville. Le petit chemin étroit terreux et caillouteux a donné un peu de fil à retordre à Roberto, mais le panorama à l’arrivée sur cet ancien fort était exceptionnel. Une fois de plus nous étions seuls pour la nuit.


    * Sibenik, le coup de coeur ?

    La ville se découvre d’abord en longeant les quais, où les locaux prennent l’habitude de boire leur café le matin. Après, il suffit de s’enfiler dans n’importe quelle petite ruelle, tout est à flanc de colline. Les pierres des maisons, les dalles de marbre du sol, les petites curiosités à découvrir à chaque coin de rue ou de placette, tout est un régal pour les yeux et, malgré le temps radieux, la foule n’est pas encore au rendez-vous. Nous visitons, entre autres, la belle cathédrale St Jacques, à la fois gothique et renaissance, curieusement bordée d’une frise extérieure de 71 portraits d’anonymes, vraisemblablement des donateurs, plus ou moins gentiment caricaturés selon l’importance de leur don. Une porte encadrée de lions, supportant des statues d’Adam et Eve, ainsi qu’un baptistère finement sculpté complètent l’ensemble. Nous finirons bien sûr par goûter à la cuisine locale, bonne sans être exceptionnelle. Mais le joli cadre pardonne tout.


    * Spot dodo bis


    * Rogoznica et son oeil du dragon

    Cette cité balnéaire serait banale sans son petit lac d’eau de mer entouré de falaises, formé selon la légende par l’œil qu’un dragon fâché se serait extirpé avant de le jeter sur la falaise, fondant la roche à cet endroit, et selon la science par l’envahissement d’un trou naturel du sol par la mer Adriatique à la fin de l’âge de glace. C’est comme pour les décomptes de manifestants, on ne sait jamais qui a raison.


    * Trogir, heureuse et cachée

    Trogir est une petite ville sur une petite île prise entre le continent et une île plus grande, ce qui l’a peut-être miraculeusement protégée des différentes agressions (vivons heureux vivons cachés) et lui a permis de conserver des beaux monuments intacts de styles Roman et Renaissance derrière ses murailles. Les forces napoléoniennes ont aussi laissé une petite gloriette en souvenir de leur passage.


    * Kastilac alias Braavos : have you GoT it ?

    Kastilac n’est rien d’autre qu’un petit château sur un îlot carré, mais il attire du monde parce qu’il a servi de lieu de tournage pour être la ville de Braavos dans la série Game of Thrones (GoT pour les intimes). Beaucoup d’autres sites de Croatie ont été utilisés pour cette série, ainsi que pour le cinéma plus largement. Une partie non négligeable du tourisme croate se développe d’ailleurs autour de ce thème.


    * Split, 2ème ville de Croatie

    La ville se démarque par ses nombreux vestiges romains (son cœur fortifié, le Palais de Dioclétien, en est un à lui tout seul), son supermarché Spar classé au patrimoine mondial de l’Unesco (pour ses murs, pas pour ses boîtes de petit pois), sa statue géante de Grégoire de Nin (un évêque du Xe siècle qui lutta pour imposer le Croate à la place du Latin, devenant pour cela porte-bonheur à condition qu’on lui caresse le gros orteil), sa belle cathédrale Saint-Dominius ayant débuté sa vie par un mausolée en l’an 311, quand l’empereur romain Dioclétien y fut inhumé, avant de connaître une forte ascension sociale pour devenir église au Ve siècle puis cathédrale au VIIe.


    A partir de Split nous quittons pour une quinzaine de jours la côte dalmate en nous dirigeant vers les montagnes. Nous ferons une première étape au site archéologique de Salona, l’ancienne capitale romaine de la province de Dalmatie, ayant hébergé jusqu’à 60 000 personnes. Puis une seconde à Klis pour visiter sa forteresse bâtie sur un éperon rocheux qui domine toute la campagne environnante. Même pour les non spectateurs de GoT (oui c’est Meereen dans la série), la grimpette valait le déplacement, rien que pour le panorama magnifique.



    Et bien vous savez quoi, nous allons repasser en Bosnie, ou plutôt en Herzégovine, la province qui est associée au pays depuis sa création. Mostar la seconde ville du pays et quelques sites spectaculaires nous y attendent. A bientôt là-bas !

  • 122. Bosnie-Herzégovine

    Ce pays des Balkans a été vraiment une bonne surprise pour nous. Alliant une histoire passionnante, des équilibres encore instables, une relation saine avec les touristes, une excellente tolérance des véhicules nomades et surtout de magnifiques paysages, la Bosnie-Herzégovine nous aura conquis.

    Triple sortie de zone

    Pour la première fois depuis le début de l’année, nous quittons l’Union Européenne, avec en corollaire la zone Euro et au final notre zone de confort. Le passage de frontière n’aura pris que quelques minutes au lieu d’une fraction de seconde et il aura fallu montrer notre carte d’identité, mais rien de bien méchant. Le changement de devise, nous l’avons déjà vécu en Hongrie. Nous ne faisons pas vraiment de change mais retirons directement en monnaie locale avec nos cartes bancaires, dont nous nous servons aussi pour régler les dépenses dès que c’est possible. Le seul vrai inconfort est d’avoir à convertir les prix affichés, mais la Bosnie est gentille avec nous puisqu’il suffit de diviser par deux. La devise locale est le mark convertible, KM en bosnien, ce qui prête à sourire dans les vitrines des marchands de chaussures (seraient-elles garanties en kilomètres) ou des agences de voyages (28 000 km pour une semaine au soleil, ça fait quand même une grande distance à parcourir journellement !). Le plus problématique est que la Bosnie n’est pas couverte par notre forfait téléphonique, Free, que nous nous empressons de désactiver afin de ne pas voir notre facture décoller. Habitués de la chose en Amérique, nous allons chez un opérateur téléphonique local acheter une carte SIM et un forfait de données pour les 3 semaines que nous prévoyons sur place.


    Un alignement étrange

    Notre premier stop dans le pays se fait au pied d’une colline hérissée de structures étranges, qu’on pourrait croire monolithiques de loin, mais qui apparaissent plus nettement constituées de blocs empilés lorsqu’on s’approche. La partie supérieure aurait une tête humaine, les blocs sous-jacents comportent des motifs gravés ressemblant parfois à des calandres de voitures ou parfois à autre chose. L’ensemble représenterait des femmes en deuil. Une quinzaine de statues que l’on pourrait imaginer être la fusion des moaï de l’île de Pâques, des mégalithes de Stonehenge et des colonnes de voitures compressées de César.

    En réalité, il s’agit d’un monument yougoslave dédié aux victimes du fascisme, 12000 Serbes et Juifs exécutés par les forces fascistes pendant la 2ème Guerre Mondiale. La Yougoslavie a érigé ce mémorial en 1981 et l’a probablement entretenu jusqu’à son éclatement au début des années 90. Depuis, la Bosnie devenue indépendante ne semble plus guère s’en préoccuper


    Bosnien ou Bosniaque ?

    Cerner les différents peuples et régions de Bosnie-Herzégovine n’est pas une mince affaire. Historiquement, la Bosnie est apparue en 1154 comme une région de Hongrie. Elle en est devenue indépendante en 1377, formant alors le royaume de Bosnie, et annexant peu après la région voisine d’Herzégovine. Mais le petit royaume, alors peuplé de Slaves de religion chrétienne, a été envahi et annexé par l’Empire Ottoman en 1463, pour environ 4 siècles au cours desquels la moitié de la population a été convertie à l’islam. Le pays fut ensuite repris par l’Empire Austro-Hongrois, qui tenta sans succès un retour à la chrétienté. Après la guerre de 14-18, la Bosnie libérée intègre pour se protéger le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes, puis la Yougoslavie un peu plus tard. Cette unité n’était qu’une façade et chacun des états reprit peu à peu son indépendance dans les années 90. Mais, même à l’intérieur de la Bosnie, l’unité reste une façade.

    Aujourd’hui, tous les habitants de la République fédérale de Bosnie-Herzégovine sont des Bosniens. En matière de religion, 51% sont musulmans et appelés Bosniaques, 10% sont catholiques romains et appelés Bosno-Croates, 35% sont catholiques orthodoxes et dénommés Bosno-Serbes. Le pays est divisé en 3 régions autonomes : la Fédération de Bosnie, peuplée majoritairement de Bosniaques et Bosno-Croates, la République Serbe de Bosnie, peuplée majoritairement de Bosno-Serbes, et une toute petite région revendiquée par les 2 autres et pour le coup gérée par l’ONU. Tous ont des aspirations différentes. Les Bosno-Croates aimeraient bien réintégrer, avec un bout de terrain bien sûr, la Croatie voisine. Les Bosno-Serbes souhaiteraient de la même façon être annexés à la Serbie voisine. Tandis que les Bosniaques n’ayant pas de patrie à laquelle se raccrocher tiennent farouchement à l’intégrité de leur pays.

    Compliqué, non ? En tout cas, partout dans le pays on trouve églises catholiques et orthodoxes, mosquées, synagogues et cimetières ad hoc. Et les différents drapeaux qui vont avec ces fédérations autonomes. Autonomes pour combien de temps ?


    Re-chutes

    A peine débarqués en Bosnie que nous retrouvons un parc naturel, celui de Una, agrémenté de belles cascades. Nous sommes d’abord allés voir la plus grande, magnifique, avant de traverser un joli petit village où l’eau coule presque partout. On n’a pas l’impression que la planète manque d’eau ici. Une première approche de la nature en Bosnie, belle et sauvage, et qui sera le point dominant de notre visite du pays.

    Et l’arrière-pays est juste magnifique. Admirez le décor grandiose dans lequel nous avons passé la nuit !


    Banja Luka

    Nous sommes ici à Banja Luka, la capitale de la République Serbe de Bosnie, autant dire le bastion nationaliste bosno-serbe. Le drapeau officiel de la Bosnie est ici remplacé par celui de la Serbie voisine. La région est suffisamment autonome pour avoir un président, un palais de la république (sa résidence) et un parlement, tous dans le style massif des pays de l’Est. Les dômes dorés de la cathédrale St Sauveur rappellent que la religion dominante est ici l’orthodoxie, tandis que la structure béton de l’église Bonaventure est, selon notre guide, de style « socialiste ».

    On retrouve ce style dans les bâtiments du centre-ville, tous reconstruits pendant la période yougoslave après un séisme dont Banja Luka était l’épicentre en 1969. L’ « horloge tordue » de la place principale, affichant l’heure précise sur ses 3 cadrans, en est le mémorial.



    Moulins des lacs de la Pliva

    La Pliva est une rivière tumultueuse au fond d’un canyon qui a tendance lorsqu’on ne la dompte pas à creuser un peu trop le fond de son lit. Un peu en aval de la ville de Jajce, où la rivière fait une jolie chute d’ailleurs (dernière photo). Un ingénieur nommé Éric* assagit un jour la Pliva en la transformant en 2 grands lacs artificiels afin de permettre aux riverains de ne plus risquer leur vie sur leur pédalo (quelle grandeur d’âme, Éric !) tout en leur fournissant de l’électricité (la fée correspondante ayant ici été rebaptisée Éric pour des raisons évidentes). Éparpillés sur la région qui allait être inondée, 25 moulins ottomans tout en bois ont échappé de justesse à la noyade en étant regroupés juste devant l’endroit où nous avons garé Roberto pour la nuit. Nous avons eu de a chance qu’ils ne les aient pas placés 500 mètres plus loin ! Trêve de plaisanterie, ça fait un joli ensemble et c’était très agréable de les entendre et de les voir tous mouliner en même temps.

    *Le prénom a été modifié, mais pas pour cause de préservation de l’anonymat


    Le gourou de la vente pyramidale

    A l’approche de Sarajevo, nous faisons halte pour la nuit dans la petite ville de Visoko, où notre guide papier, le Petit Futé, recommande de visiter une mosquée. Notre parking sera tout à fait par hasard celui d’une attraction touristique appelée Parc Ravne 2. Renseignements pris, nous serions sur le site des Pyramides de Bosnie, plus grandes et plus anciennes que celles d’Égypte. Quoi ? Et le Petit Futé n’en parle même pas ??

    Le site Internet de Ravne 2 nous apprend que le maire de Visoko a sollicité l’avis du Dr Sam Osmanagic sur les collines un peu pointues connues depuis toujours dans sa région. Ce dernier a révélé au maire et et aux habitants médusés qu’ils dormaient sur un véritable trésor : des pyramides construites de la main de l’homme 10 000 ans auparavant, avec même des galeries et des chambres secrètes !

    Malheureusement, la communauté scientifique ne partage pas son enthousiasme. Il y a 10 000 ans, la région était couverte d’une épaisse couche de glace et les humains d’alors auraient eu beaucoup de mal à ériger ces gigantesques pyramides avec le seul silex de leur hache. Les galeries ne seraient par ailleurs que celles de vieilles mines du XIXème siècle…

    Mais notre homme ne se démonte pas. Il se déguise à la fois en archéologue (le chapeau d’Indiana Jones suffit) et en gourou (le baratin pseudoscientifique suffit), achète 15 parcelles de terre autour de l’une des galeries et monte de toutes pièces un parc d’attraction. Pas de montagnes russes ici, cela aurait prêté à rire dans ce contexte pyramidal, mais une exploitation à fond des propriétés miraculeuses soudainement découvertes des ondes positives émises par les « pyramides » et des ions négatifs émis dans les tunnels. Tout est bon dans le jambon. Et évidemment, dans un monde où l’on demande au médecin de famille de descendre la poubelle après sa visite, ça marche !


    Sarajevo

    On ne visite pas la capitale de la Bosnie comme n’importe quelle capitale européenne (qu’elle n’est pas encore). La ville a un lourd passé historique, subissant envahisseurs et guerres à répétition, ce qui laisse peu de place aux monuments anciens. Tout est en perpétuel recommencement ici et l’incertitude demeure sur la stabilité du pays, sans que l’on se sente en danger pour autant. Impossible de tout raconter sur ce blog, alors limitons-nous aux quelques points qui nous ont le plus marqués.

    Mais tout ceci n’est qu’une façade…

    1. C’est ici qu’un étudiant a déclenché à lui tout seul la première guerre mondiale

    C’est à Sarajevo, le 28 juin 1914, que le prince héritier de l’Empire Austro-Hongrois, François-Ferdinand de Habsbourg et son épouse, au cours d’une visite de la Bosnie, sont assassinés par un nationaliste serbe Gavrilo Princip. L’Autriche déclare la guerre à la Serbie. Par le jeu des soutiens respectifs, La Grande Bretagne qui soutient la France qui soutient la Russie qui soutient la Serbie vont entrer en guerre contre l’Allemagne qui soutient l’Autriche qui soutient la Bosnie. Merci Gavrilo !

    Y a pas de quoi répondent les nationalistes Serbes qui lui ont érigé une statue à l’occasion du centenaire de ce qui est pour eux un heureux évènement.

    2. Sarajevo a connu une période suffisamment stable pour accueillir les J.O.

    Après deux guerres mondiales et l’intégration de la Bosnie au sein de la Yougoslavie, Sarajevo a su démontrer suffisamment de stabilité pour pouvoir accueillir en 1984 les Jeux Olympiques d’hiver. Elle était tout de même  en concurrence avec Göteborg et Sapporo. La ville bosnienne a eu l’avantage d’un excellent regroupement des sites, tous à moins de 25 km de son centre. J’ajouterais personnellement l’avantage d’un trajet plus court pour les athlètes qui ont transporté la flamme depuis Olympe. C’était la première tenue de JO dans un pays communiste, et ce sont d’ailleurs l’Allemagne de l’Est et la Russie, dopées (entre autres ?) à cette doctrine, qui ont raflé le plus grand nombre de médailles. Le retentissement économique positif habituellement observé après un tel évènement n’a été que de courte durée puisque beaucoup d’infrastructures ont été détruites lors de la guerre de Yougoslavie 8 ans plus tard.

    3. Huit ans après, elle a connu le siège le plus long d’Europe

    Difficile d’imaginer, en croisant les gens dans les rues de cette ville, que tous les plus de 30 ans y ont vécu enfermés dans des conditions de guerre pendant les 4 années qu’a duré le siège. Imaginez-vous ce 6 avril 1992 dans une maison moderne de Sarajevo, la capitale de la Bosnie. Vous envoyez vos SMS tout en regardant l’écran de votre home cinéma diffuser le message qu’enfin votre pays est reconnu indépendant par l’ONU après 6 siècles d’appartenance à d’autres pays. Vous seriez prêt à faire la fête mais vous savez que cette décision n’est pas du goût de l’armée Serbe qui voit son idéal yougoslave s’effondrer et qui combat sévèrement tous les pays qui cherchent à s’en détacher. Et effectivement, alors que la population est dans la rue pour se réjouir, les premiers coups de feu serbes éclatent sur la foule. Une étudiante est tuée par un sniper. La ville est assiégée.

    Sans savoir combien de temps cela va durer, tout le monde s’organise. Un grand nombre de gens arrivent à s’échapper. D’autres arrivent de la campagne pour mieux se protéger en ville. Au total environ 400 000 personnes sont assiégées. Les vivres s’épuisent rapidement, le téléphone, l’électricité et le gaz sont coupés. Il faut se débrouiller. Les tirs de munitions éclatent à tout moment. On doit courir pour traverser les rues. Les premières aides humanitaires n’arriveront que 3 mois plus tard, redonnant l’espoir d’une issue rapide, mais personne n’imaginait que cela durerait 4 ans et que 12 000 habitants y perdraient la vie.

    Un petit musée aménagé par une famille qui a vécu le siège montre toute une collection de documents, de photos, et surtout d’objets datant de cette époque. L’incroyable système D imaginé par les habitants pour recueillir et transporter l’eau, alimenter le radiocassette avec une dynamo sur une route de vélo, se vêtir pour se protéger des hivers très froids quand tout chauffage est coupé, etc. On imagine mal que tout ça c’était quasiment hier, et que compte-tenu des tensions internationales cela pourrait bien se reproduire à tout instant.

    Même si Sarajevo s’est beaucoup reconstruite en 30 ans, de nombreux immeubles gardent encore, quand ils ne sont pas totalement effondrés, les traces des projectiles reçus. Sur les trottoirs ou dans les parcs, on conserve même volontairement en les remplissant d’une résine rouge les empreintes laissées par les obus touchant le sol, formant ce qu’on appelle les « roses de Sarajevo ». Outre des monuments en mémoire des personnes décédées, quelques œuvres originales attirent l’attention, comme cette grosse boîte de conserve destinée à se souvenir de l’occasionnelle médiocrité de l’aide humanitaire reçue. Les assiégés gardent en effet un très mauvais souvenir de ces boîtes de corned beef de marque ICAR larguées par les Américains, dont certaines étaient périmées de 20 ans, datant de la guerre du Vietnam, tandis que d’autres contenaient du porc, inadapté à une population pour moitié musulmane. Le goût était tel que même les animaux n’en voulaient pas !


    Pause florale


    Srebrenica

    En pleine guerre de Bosnie, le 11 juillet 1995, les forces serbes ont attaqué la ville de Srebrenica, une enclave bosniaque donc à majorité musulmane au sein d’une grande région serbe plutôt catholique orthodoxe, et qui avait été placée pour cela sous la protection des casques bleus de l’ONU.

    La ville est vidée de sa population. 30 000 femmes, enfants et personnes âgées sont transportés au QG de l’ONU à 5 km de là, tandis que les hommes et garçons de plus de 16 ans sont rassemblés dans plusieurs lieux alentour pour y être exécutés. 10 à 15 000 tentent de fuir par la forêt, mais beaucoup seront rattrapés et massacrés dans les mois qui suivront.

    Au total, plus de 8000 bosniaques musulmans périront dans ce véritable génocide. Les responsables seront jugés par la Cour internationale de Justice. Le principal dirigeant, Ratko Mladic, sera condamné à la prison à perpétuité. L’ONU sera fortement critiquées pour son incapacité à protéger la population civile et la FORPRONU sera enfin armée.

    Nous avons pu visiter l’exposition installée sobrement dans les locaux mêmes de l’ONU. Elle est d’autant plus émouvante qu’elle est centrée sur le témoignage des survivants. Nous nous sommes rendus au cimetière, dont l’alignement parfait des tombes ne doit pas faire oublier qu’il s’agit de victimes civiles et non pas de soldats. 6 700 xxx sont aujourd’hui dressés. Le nombre augmente chaque année au fur et à  mesure de la découverte de nouveaux charniers.

    Pour en savoir davantage : https://www.irmct.org/specials/srebrenica/timeline/fr/story


    Srebrenik vs Srebrenica

    Le seul point commun de Srebrenik avec la ville martyre qui vient d’être évoquée, c’est le préfixe qui signifie « argent », ces 2 cités ayant un passé minier. On visite Srebrenik essentiellement pour son joli petit château fort, perché sur un rocher, ayant eu l’honneur de voir naître le 1er roi de Bosnie au XVIè siècle. La vue sur la campagne environnante est splendide.


    Le train sifflera zéro fois

    Notre guide papier affirmait que les voies ferrées de Banovici et leur étonnant écartement de 76 cm (1,43 m habituellement) voyaient circuler les derniers trains de marchandises à vapeur en Europe, et qu’accessoirement ces locomotives d’un autre âge pouvaient tracter quelques wagons touristiques le week-end. Que nenni !Stationnés près de la voie nous avons effectivement vu, entendu et ressenti passer une dizaine de trains chargés de lignite, mais tous à traction diesel. Cela dit, le progrès est encore relatif : le passage à niveau du centre-ville, démuni de barrières, est encore gardé par un humain, petit drapeau rouge à la main.


    Comme au bon vieux temps

    Les souvenirs de la période ottomane ont tendance à disparaître rapidement dans ce pays aux conflits ethniques très présents. Alors quelques efforts sont nécessaires pour les préserver. Ici, à Mačkovac, près de Tuzla, c’est tout un village bosniaque qui a été reconstitué, afin de montrer à quoi ressemblait l’architecture et la vie quotidienne au XIXè et XXè siècle. Cette concentration de maisons et d’objets traditionnels est particulièrement bien mise en valeur et l’immersion est totale.

    Cerise sur le gâteau, si l’on peut dire, l’entrée est gratuite. Le modèle économique repose sur la fréquentation du restaurant intégré au village et tout aussi joliment décoré. Et noix dans le gâteau, si l’on peut dire, nous y avons dégusté de succulents baklavas autour d’un café traditionnel bosniaque (le service en métal martelé, la petite cafetière individuelle et le loukoum qui va bien pour respecter le rituel)

    S’il vous prend d’y aller un jour, ça s’appelle Etno avlija Mačkovac


    Le bunker de Tito

    Nous avons peu parlé du Maréchal Tito, le « dictateur bienveillant », qui a eu le mérite de tenir la Yougoslavie pendant le temps de sa présidence. La preuve en est qu’à sa mort tout est « parti en couilles » si je puis me permettre. Tito, craignant les représailles de l’URSS au moment de la fondation de la Yougoslavie, a fait bâtir en secret un immense abri-antiatomique caché derrière une maison à flanc de montagne. Les chiffres impressionnent : 26 ans de travaux, 30 000 ouvriers à qui on bandait les yeux lorsqu’ils venaient et repartaient du travail, 6500 m² creusés 300 m sous terre, 100 chambres ou dortoirs, et l’équivalent de 20 milliards d’euros actuels dépensés. La visite, obligatoirement guidée, permet d’apprécier l’énorme travail qui a été accompli. Tout était si bien conçu qu’on regretterait presque qu’aucune attaque nucléaire n’ait déclenché sa mise en opération. On dit même que Tito n’y aurait jamais mis les pieds, un comble !


    La bataille de la Neretva

    Nous allons suivre pendant plusieurs dizaines de kilomètres cette rivière dont les rapides sont propices au rafting. A Jablanica, le pont qui traverse le cours d’eau a connu le sort particulier d’être détruit 3 fois : une fois par ruse lors de la bataille de la Neretva en 1943, une fois par bombardement et une fois pour les besoins du film relatant la bataille en 1969. Attaqués par les nationalistes croates soutenus par Hitler, les communistes yougoslaves firent sauter le pont pour faire croire à leurs poursuivants qu’ils franchiraient la rivière plus loin. Mais le minage astucieux permit une reconstruction sommaire suffisante pour la traversée et donc leur salut. Le pont fut reconstruit pour les besoins du film yougoslave « La bataille de la Neretva », avec pour acteurs principaux Yul Brynner et Orson Welles. S’il fut effectivement dynamité, les images montrées dans le film – que nous avons vu à cette occasion – sont celles d’une maquette, l’explosion du vrai pont ayant dégagé trop de poussières pour permettre le tournage. Le pont est resté dans son jus, ce qui est le cas de le dire puisqu’une de ses extrémités trempe dans la rivière.


    Aaah Doub Doub Doub Doub


    Gastronomie

    La cuisine bosnienne est un joyeux mélange d’emprunts faits à ses voisins ou occupants d’un temps, croates austro-hongrois mais surtout ottomans : 4 siècles d’occupation ça marque ! Nous n’avons pas trouvé cela spécialement raffiné mais les portions sont généreuses et les prix sont doux. Les spécialités les plus communes sont les cevapi, petits rouleaux de viande un peu spongieuse insérés dans un pain plat, les burek, mélange de viande hachée enveloppé dans de la pâte et enroulé pour former une spirale. Un fromage ou un yaourt crémeux sont souvent servis avec ces deux plats, en plus de quelques crudités. Côté desserts, le baklava fourré aux noix est un must, mais on peut trouver plein d’autres pâtisseries orientales. Les vins de Bosnie sont de qualité variable et pas toujours prévisible. Nous avons goûté aussi à plusieurs bières locales. Il est impensable de visiter le pays sans tester (et généralement approuver) le café bosniaque et le rite de consommation qui va avec. Les adeptes du pousse-café trouveront leur bonheur dans la rakija, l’alcool de fruits local.


    Grandes étendues

    Nous dirigeant vers l’Ouest du pays, nous traversons d’immenses étendues calcaires, arides et sèches en surface mais abritant de nombreuses grottes qui parfois s’effondrent en formant des « dolines », sortes de cuvettes bien circulaires de quelques mètres à quelques centaines de mètres de diamètre. Ailleurs, l’eau souterraine resurgit, alimentant des rivières et des lacs. Ces derniers sont aussi parfois créés par des barrages. Nous passerons de magnifiques et paisibles nuits en pleine nature, la Bosnie semblant tolérante en la matière, enfin du moment où nous respectons les lieux. Nous sommes proches ici du littoral croate et la végétation méditerranéenne tout comme les édifices religieux catholiques sont plus présents qu’ailleurs. Entre les étendues quasi-désertes et les petites villes de cette région la moins peuplée de Bosnie, voici quelques uns de nos points de passage :

    * Le lac de Jablanica

    Nous avons longé pendant un moment ce long lac de barrages (il y en a 4 sur son trajet) de couleur émeraude, et nous avons même fait une étape pour la nuit sur l’une de ses petites plages tranquilles.


    * Un point d’eau sur la route…


    * Le monastère franciscain du lac de Ramsko

    Initialement bâti sur une colline, il a échappé de peu à l’engloutissement lors de la mise en eau de ce lac de barrage. Une mosquée voisine a eu moins de chance : seul son minaret dépasse encore parfois de la surface de l’eau en été.


    * Le polje de Livno, sans les chevaux sauvages

    Voici l’une de ces trois zones karstiques de la région appelée d’ailleurs Tropolje (= 3 polje ou 3 zones calcaires), des étendues désertes à la végétation rase, entourées des massifs montagneux, dans lesquelles vivent parait-il des hordes de chevaux sauvages. Malgré la sortie du drone et des jumelles, nous n’aurons pas le bonheur d’en apercevoir. Mais rien que le paysage valait le déplacement, et quelle nuit !


    * La petite ville de Livno

    Réputée pour son décor de falaises, son monastère, son éco-archéo-musée, sa vieille mosquée en pierre et surtout ses fromages proches du gruyère,


    * Le lac de Busko

    Nous avons dormi sur une de ses plages, profitant de sa quiétude en basse saison alors que ce lac attirerait les foules en été.

    C’est de là que nous allons regagner la Croatie, quittée il y 3 bonnes semaines. Mais la Bosnie aura sa revanche, car il nous en reste encore un bout à parcourir. A bientôt pour les retrouvailles

  • 121. Retour en Croatie

    Après une grande boucle slovéno-hongroise, nous retrouvons la Croatie pas si loin de l’endroit d’où nous l’avions quittée, pour nous diriger vers Zagreb, la capitale. Et puis nous irons visiter l’une des mille îles du pays avant de terminer par le parc national des Lacs de Plitvice.

    Deux billets pour Cigogne SVP

    Nous suivons les méandres de la Drava, traversant forêts, zones agricoles et petits villages aux vieilles maisons en bois. Ce milieu paisible et humide (ciel compris, malheureusement pour nous) est un lieu de villégiature pour les cigognes, que les habitants accueillent bien volontiers sur le faîte de leur toit. Un village, Cigoj, leur a même donné son nom. Ce n’était pas encore la saison, mais nous avons tout de même rencontré deux beaux spécimens : l’un, factice mais géant face à Roberto, et l’autre, vivant, qui marchait dans le champ juste à côté. Impossible de savoir si c’était une arrivée précoce, une cigogne domestiquée, ou une qui a raté le train de la migration l’automne dernier.


    Zagreb

    Le paysage urbain peu soigné, à de rares édifices historiques près, n’est d’emblée pas très engageant. Nous préférons rejoindre directement le centre historique en tramway, d’autant que les plus anciens sont assez pittoresques. Ensuite, tout se fait à pied, le cœur de la capitale alternant grandes places et petites ruelles entrecroisées, escaliers et passages quasi secrets, niveaux multiples. Voici parmi d’autres – difficile de tout raconter – quelques-unes de nos découvertes et recommandations.


    La grande place

    Au cœur de la ville, une grande place est le point de rassemblement de la population, portant le nom de Josip Jélacic, vice-roi de Croatie au XIXè siècle et représenté sur une statue équestre épée brandie vers le ciel. C’est lui qui serait à l’origine du nom de la ville, faisant jaillir une source à cet endroit en y plantant son épée et en criant « Zagrab » à une petite fille présente sur place afin qu’elle y puise de l’eau (zagrab = puiser en Croate). Pour une fois un coup d’épée dans l’eau suivi d’effet !


    Le marché

    Ce pourrait être un marché comme les autres si ses commerçants n’utilisaient pas tous le même modèle de parasol, pour le plus grand ravissement des photographes. Enfin on imagine que ce n’était pas le but recherché… Dans un petit restaurant sans prétention, genre toile cirée à carreaux sur les tables, nous avons déjeuné d’une excellente cuisine locale. Contrairement à la côte où l’influence italienne est marquée, la cuisine zagreboise est plus proche de celle de ses voisins hongrois et autrichiens, c’est-à-dire riche et roborative. Viandes cuites en ragoûts, saucisses fumées, struklis (sortes de raviolis au fromage) et fromage blanc à la crème font partie des plats courants. Les brasseries locales sont nombreuses et privilégiées par les croates, qui apprécient de plus en plus le vin.


    Les lieux de cultes insolites


    Le canon à exploser les poulets

    Les réverbères à gaz

    Ils sont encore allumés manuellement chaque soir !

    Le street-art

    Zagreb recense quelques œuvres intéressantes, souvent pas faciles à trouver. Voici nos préférées.


    La station météo


    Le musée Nikola Tesla

    Même s’il s’agit davantage d’un musée lié aux différentes découvertes technologiques, ce musée comporte tout de même une section – c’est un minimum ! – consacrée au savant d’origine croate. Peu d’indices sur sa vie, qui était très perturbée, mais un petit laboratoire reprenant plusieurs de ses découvertes liées à l’électricité, notamment dans les domaines des courants électrostatiques et du courant alternatif. Nikola Tesla présentait volontiers ses expériences à la manière d’un spectacle, et cherchait à la fois à impressionner à l’aide des éclairs bien sonores qu’il déclenchait, et à rassurer le public inquiété par les effets néfastes du courant alternatif. On le sait peu, mais Edison qui développait les applications du courant continu, a orchestré une campagne de dénigrement du courant alternatif sur lequel travaillait son ex associé Nikola Tesla et qui risquait donc de lui faire concurrence. C’est dans ce seul but qu’Edison finança la mise au point de la chaise électrique, en imposant à son inventeur qu’elle fut …à courant alternatif.


    Le musée d’art naïf


    Le système solaire caché

    Nous nous livrons dans les rues de Zagreb à petit jeu de piste : partir à la recherche du système solaire, rien que ça ! Nous avons situé la planète Mars sur la carte de la ville, mais à l’endroit indiqué, rien d’évident. A force de regarder dans tous les coins de cette petite place nous finissons par trouver l’astre : c’était juste une petite boule métallique de moins de 4 cm de diamètre soudée à une plaque un peu en hauteur. L’histoire part d’une sculpture en bronze, une boule de 2 mètres de diamètre, réalisée en 1971 et appelée « le Soleil au sol ». 33 ans plus tard, un autre artiste a décidé d’étendre l’œuvre en formant un système solaire complet, avec respect des proportions, diamètres et distances des planètes par rapport au soleil compris. Ainsi, la Terre que nous trouverons moins difficilement plus loin fait 1,9 cm de diamètre et se trouve à 225 m du « Soleil au sol ». Paradoxalement, c’est ce dernier que nous avons eu le plus de mal à dénicher, enveloppé dans un sarcophage de bois au milieu d’un chantier. Le plus intéressant est que l’artiste a travaillé en toute discrétion, sans faire aucune publicité sur son œuvre. C’est un groupe d’étudiants en physique qui a repéré les premières planètes et traqué ensuite toutes les autres. Un jeu de piste encore plus passionnant que le nôtre sans aucun doute.


    Le musée des relations brisées

    Un couple d’artistes zagrebois fut marqué, au moment de sa séparation, de la difficulté à se séparer de certains objets, souvenirs de leur amour. Recueillant au fil des années d’autres pièces provenant de situations similaires, les « ex » finirent par ouvrir ce musée totalement hors norme. Munis d’un livret en Français, nous découvrons une à une les histoires d’objets aussi hétéroclites qu’une machine à café, une cassette vidéo écrasée ou encore une croûte de sang séché. Une expérience vraiment étonnante.


    et pour finir en beauté sur Zagreb…


    Le musée de la guerre intérieure à Karlovac

    Nous entrons ici pour la première fois dans l’ambiance du conflit qui a secoué la région des Balkans depuis la fin de la 2ème Guerre Mondiale jusqu’au milieu des années 1990. Rappelons que les pays « Slaves du Sud » ont fondé à la fin de la guerre la Yougoslavie pour se protéger des empires environnants et préserver la paix malgré les différences ethniques. Ça a bien marché pendant le règne de Tito, le « dictateur bienveillant », mais à sa mort en 1980, tout le monde s’est déchiré, pour des raisons non seulement ethniques, mais aussi politiques et économiques. Ce sont d’ailleurs les deux pays les plus riches, la Croatie et la Slovénie, qui furent les premiers à déclarer leur indépendance le 25 juin 1991. La suite, vous le savez, se fit dans un bain de sang. C’est le récit de cette histoire vécue du côté Croate que nous propose ce musée, installé dans l’ancien lieu de détente des forces militaires de la ville de Karlovac, appelé aussi Hôtel California. Quelques engins d’artillerie et avions complètent l’exposition sur le terrain adjacent.


    C’est le printemps à Rab

    Après quelques semaines dans les terres, il nous prend l’envie de gagner le littoral croate. D’une longueur exceptionnelle par rapport à la taille du pays, il est aussi très rocheux et escarpé. On le longe en suivant de jolies routes en corniche qui permettent d’apprécier la belle couleur turquoise de l’eau par temps ensoleillé. Les plages sont plus souvent de galets que de sable, mais ça n’est pas si important.

    Nous prenons le ferry pour nous rendre sur l’île de Rab, l’une des 1000 que compte le pays, excusez du peu. Le sol très aride au débarcadère fait place peu à peu à une belle forêt dense riche en sentiers de randonnée.
    Malgré le temps encore frais, on sent bien que la végétation se réveille de son hivernage : côté cailloux émergent les bouquets jaunes des euphorbes, tandis que la forêt souffle des nuages de pollens. Le printemps est bien là !

    Nous restons pour autant en basse saison et la ville principale, Rab, est quasi déserte. Nous y rencontrons un couple franco-croate vivant dans une maison dont ils ont hérité. Invités chez eux pour un café, rapidement accompagné de spécialités locales, nous passons un bon moment à échanger sur nos vies respectives. Hormis l’infernal mois d’août, ils semblent avoir trouvé ici une belle qualité de vie le restant de l’année.


    Les lacs de Plitvice

    Nous terminons notre 2ème étape croate par ce site naturel exceptionnel, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. 16 lacs étagés le long d’une vallée, reliés entre eux par autant de cascades. On découvre l’ensemble sur un parcours d’environ 8 km, avec une partie pédestre suivant des sentiers ou plus souvent des petites passerelles en bois bien intégrées au décor, et le reste en bateau électrique ou en petit train sur roues. La variété des couleurs des lacs, de la forme des cascades et de la végétation nous a vraiment impressionnés, tout comme l’inattendue quiétude du lieu malgré sa popularité. Certes quelques groupes de touristes encombrent les petits chemins au démarrage, mais ils ne vont en général pas bien loin, s’épuisant rapidement en se prenant en photo dans toutes les positions possibles.


    Nous reviendrons plus tard en Croatie, mais c’est maintenant le moment de passer en Bosnie-Herzégovine. Une frontière pas si simple que les précédentes car nous quittons l’Union Européenne. A très bientôt !