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Tout sur notre voyage autour du monde en fourgon aménagé, des étapes préparatoires au parcours détaillé pays par pays

  • 30. Arrivée en Suède

    Arrivée en Suède
Bivouac de rêve entre 2 lacs. Calme absolu.
    Bivouac de rêve entre 2 lacs. Calme absolu.

    The Bridge, en vrai

    Nous voici depuis quelques jours en Suède. Pour ce faire, nous avons pris le pont-tunnel de l’Øresund qui en 14 Km relie Copenhague à Malmö. Depuis le Danemark, on commence par descendre dans un tunnel et parcourir près de 4 Km sous la mer, avant de faire surface sur une île artificielle. Vient ensuite le pont, un magnifique pont à haubans de 8 Km de long, puis le péage, un peu plus de 60 € tout de même, ça fait cher du kilomètre. Nous nous consolons en apprenant qu’à 1 cm près (Roberto fait 5,99m de long) nous aurions payé le double !


    Nous avons préparé cette traversée en regardant la série suédo-danoise The Bridge, dont l’intrigue policière se déroule autour du pont. Du coup la traversée avait une toute autre saveur. Côté Malmö, nous avons aussi admiré la célèbre tour torsadée devant laquelle loge l’actrice principale pendant la série.


    Des plages blanches de monde

    Plage déserte du Sud de la Suède
    Plage déserte du Sud de la Suède

    Quand c’est noir de monde, vous voyez bien ce que c’est. Eh bien là c’est tout simplement l’inverse. La météo n’est pas particulièrement clémente depuis notre arrivée en Suède, le ciel est gris les ¾ du temps, le crachin est régulièrement entrecoupé d’averses, et les températures tournent autour de 15°C, paraissant bien moins sous le vent soutenu. Du coup les plages sont désertes et d’apparence très sauvages, les nombreux petits parkings dans la forêt proche du littoral ne sont guère plus fréquentés. Il faut dire aussi que, malgré des campings semblant bien remplis le long de notre route, les vacances d’été sont quasiment terminées pour les suédois. Tant mieux pour nous !


    Mégalithes méga-mystérieux

    Les 59 menhirs du site d’Ale, tout au sud du pays, installées lors de la période Viking mais découvertes plus tard interrogent encore les archéologues. Disposées en losange, comme autour des tombes vikings, elles pouvaient être interprétées comme sépultures, mais aucun reste de ce type n’a été retrouvé. Monument en l’honneur d’un roi, lieu de rassemblement, tentative de communication avec l’au-delà ou encore calendrier solaire géant, tout est possible. Encore du boulot pour les futurs Indiana Jones, tout n’a pas encore été découvert, loin de là.





    C’est l’heure de se mettre au verre

    Usine de verre de Kosta Boda
    Usine de verre de Kosta Boda

    Le Sjælland, cette région du sud-est de la Suède, est réputée de longue date pour son artisanat du verre. Nous avons visité la verrerie la plus ancienne du pays et toujours en activité depuis 1742, celle de Kosta Boda. Elle produit aussi bien des objets du quotidien (nombreuses boutiques très achalandées aux alentours) que des créations artistiques de toute beauté dont vous trouverez quelques échantillons ci-après.


    La petite ville aux allumettes

    Le musée des allumettes de Jöngköping, premier bâtiment de la fabrique
    Le musée des allumettes de Jöngköping, premier bâtiment de la fabrique

    La cité de Jöngköping est le centre du monde lorsque l’on parle d’allumettes. D’abord parce que c’est là qu’est née la première fabrique d’allumettes dites « de sûreté » en 1848. L’invention elle-même datait de 1805 mais n’avait pas été développée car il fallait, pour allumer l’objet, le tremper dans une solution d’amiante et d’acide sulfurique. Autant dire que les gens ne trouvaient pas ça très pratique et même plutôt dangereux. Les premières allumettes inflammables par friction arrivèrent à partir de 1826, mais ne connurent pas non plus le succès, tant les défauts étaient rédhibitoires : taille imprévisible de la flamme, tendance explosive, odeur forte, conservation en boîte hermétique, et surtout risque graves pour la santé des utilisateurs et des fabricants (nécrose phosphorique souvent mortelle). En 1844, un Suédois dénommé Gustaf Erik Pasch résolut le problème en inventant des allumettes qui ne s’enflammaient qu’au contact d’une bande située le long de la boîte et non plus sur une façade de mur ou dans une poche de pantalon. Et c’est en 1848 que ses copains les frères Lundström construisirent à Jöngköping leur première fabrique. Le bâtiment était tout en bois et la production fut vite déplacée dans un nouveau bâtiment en briques, moins inflammable. Quand on fabrique des allumettes, cela s’impose ! Cela dit, la maison initiale est toujours là et sert aujourd’hui de musée, tandis que la fabrique, qui n’a cessé de se développer jusqu’à la fin du siècle suivant, n’a souffert d’aucun incendie mémorable. La maison mère assurait d’ailleurs le service d’incendie pour toute la ville. La production d’abord manuelle s’est peu à peu industrialisée, un magnat de la finance s’en est mêlé et la ville a été à un moment au cœur de la production, atteignant 70% du marché mondial d’allumettes. Mais après la seconde guerre mondiale la production a fait long feu, peut-être handicapée par l’arrivée du briquet de poche ou de l’allumage piézo-électrique. Il nous reste l’histoire, les méthodes de fabrication et les machines, bien exposées dans le musée.

    Fabrication très rustique des premières allumettes par rabotage, réalisation de bouquets puis trempage manuel dans le combustible
    Fabrication très rustique des premières allumettes par rabotage, réalisation de bouquets puis trempage manuel dans le combustible
    Première mécanisation pour écorcer le frêne, le bois le plus adapté à la fabrication d'allumettes
    Première mécanisation pour écorcer le frêne, le bois le plus adapté à la fabrication d’allumettes
    Passage à l'ère industrielle. Cette machine pouvait produire 400 000 paquets par jour
    Passage à l’ère industrielle. Cette machine pouvait produire 400 000 paquets par jour
    Tout ce mal pour couper les bouts des allumettes afin de faire ce château !
    Tout ce mal pour couper les bouts des allumettes afin de faire ce château !

    Allez, c’est le moment de reprendre la route pour d’autres découvertes. A très bientôt !

  • 29. Onomatopées routières

    Circuler dans un nouveau pays impose une adaptation à la signalétique routière locale. Au minimum à des fins de sécurité, pour éviter de circuler à contre-sens par exemple ou encore identifier correctement la route destinée à la mise à l’eau des bateaux dans le fjord. Au mieux pour s’orienter correctement. Et bien sûr pour être en conformité avec la règlementation policière locale : un simple panneau d’entrée de ville au Danemark (voir un exemple plus loin) peut ressembler pour un Français à la signalétique d’un simple hameau et lui faire oublier de ralentir à 50 km/h. Nous avons assez fréquemment recours à notre traducteur de poche (Google Traduction) pour interpréter les mentions Danoises des panneaux, principalement pour savoir si l’on peut stationner ou pas à cet endroit. Parfois, il faut prendre la décision rapidement, et c’est un peu plus compliqué. Il nous est arrivé d’obstruer une rue quelques minutes le temps que la traduction apparaisse sur notre écran de smartphone, sous le regard dubitatif des autochtones qui se demande bien pourquoi ces Français viennent photographier leurs panneaux routiers.

    Les jolis panneaux d'entrée de ville
    Les jolis panneaux d’entrée de ville

    Mais tout cela manque cruellement d’illustration. Je vous ai préparé quelques panneaux routiers inhabituels chez nous, avec en commentaire leur interprétation normale et celle que l’on aurait pu imaginer avant l’ère des traducteurs. Encore que pour certains, j’ai trouvé que les mots danois parlaient très bien d’eux-mêmes, comme ces « sving » ou « bump ».


    A part ça la route se poursuit, nous terminons notre traversée du Danemark par sa capitale avant de passer en Suède en début de semaine. Voici en vrac quelques illustrations commentées de nos dernières étapes. A bientôt !

    Musée d'Art Moderne d'Aarhus
    Musée d’Art Moderne d’Aarhus
    Musée d'Art Moderne d'Aarhus
    Musée d'Art Moderne d'Aarhus
    Musée d'art moderne d'Aarhus. Saurez-vous retrouver Roberto ?
    Musée d’art moderne d’Aarhus. Saurez-vous retrouver Roberto ?

    Aarhus - Rue traditionnelle danoise
    Aarhus – Rue traditionnelle danoise
    Aarhus - Vieux théâtre
    Aarhus – Vieux théâtre

    L’extraordinaire château d’Egeskov

    Le château d'Egeskov et ses dépendances
    Le château d’Egeskov et ses dépendances

    Nous avons découvert presque par hasard ce château d’Egeskov et découvert peu à peu ses collections aussi hétéroclites qu’extraordinaires. Dans l’ordre et de façon non exhaustive : une maison de poupées nécessitant 15 ans à construire, un enfant que l’on n’ose pas réveiller dans le grenier depuis toujours car sinon le château s’effondrerait, un train électrique de 1912, une collection de jouets du siècle dernier, un hangar immense rempli de véhicules on ne peut plus divers, allant de la vieille voiture convertie à l’électrique jusqu’à l’hélicoptère Alouette III en passant par un avion à réaction, un bus à impériale, une 2 cv fourgonnette, plusieurs Cadillac et plein de motos, et même un camping car de 1953. On sort en pensant avoir fini, mais on tombe sur un musée dédié aux secours avec moults véhicules de pompiers et ambulances, démonstrations de massage cardiaque, etc. Et puis ensuite c’est le salon des loisirs extérieurs avec tentes, caravanes, camping-cars, canoés et même quelques avions qu’on n’a sans doute pas pu caser ailleurs. Et puis encore une caverne de Dracula toute noire et avec une musique d’orgue et des ricanements caverneux, 2 paons à l’entrée qui n’ont rien à y faire. Et puis encore une épicerie des années 1950 reconstituée et particulièrement bien garnie. J’oublie les grands jardins fleuris, 2 ou 3 labyrinthes, des jeux d’enfants partout dont un karting et un parcours dans les arbres d’où l’on actionne des interrupteurs pour entendre chanter les oiseaux du coin. C’est tout ? Ah oui, j’oubliais, le château se visite !

    La maison de poupées
    La maison de poupées
    Egeskov : les attractions semblent à l'infini !
    Egeskov : les attractions semblent à l’infini !

    L’île de Mon

    > De belles églises aux parois recouvertes de peintures naïves

    > Les falaises, dont le bas est accessible par un escalier de 495 marches (pour la descente, ça va…)


    Le port de Rotskilde

    > Son port spécialisé dans la restauration des bateaux Vikings


    > Sa cathédrale, spécialisée dans la conservation des souverains du pays. C’est chacun son style. La reine actuelle a déjà prévu son cercueil où elle serait visible par transparence car …vitrifiée


    Hillerod et son château

    Vraiment beaucoup de châteaux au Danemark. Au fait, un château ça se dit « slot ». N’est-ce-pas encore une belle onomatopée ?

    Le château d'Hillerod
    Le château d’Hillerod

    Rungstedlund


    Et bien sûr Copenhague

    Difficile de passer outre la capitale du Danemark, avec tous ses clichés, de la Petite Sirène aux immeubles pastel du long du canal, en passant par les maisons ocres des quartiers populaires, les amoncellement de vélos et les délicieux smorrebrod.

  • 28. Fête des gosses !

    Quand le Danemark gâte les enfants et facilite la nativité…

    Procréation assistée

    Au Danemark comme dans les pays scandinaves, la part de la population âgée augmente dangereusement aussi tout est fait pour encourager la natalité. A commencer par ce congé parental de 52 semaines qui fait beaucoup d’envieux. Mais au cours de nos déplacements, nous voyons bien que les enfants ne sont jamais oubliés. Les parcs de jeux sont omniprésents, les commerces disposent souvent d’espaces pour enfants, de même que les musées qui sont par ailleurs tous gratuits jusqu’à 18 ans. On trouve des tables à langer dans tous les WC, des chaises hautes dans les restaurants et dans les églises, ces dernières proposant à l’entrée des livres d’enfants aux côtés des bibles pour leurs parents. Enfin, le Danemark est célèbre pour permettre depuis 1967 (soit 54 ans avant nous) aux enfants de porter plainte contre leurs parents qui leur auraient administré une fessée.

    Jeux pour enfants dans l’enceinte d’un château
    Livres pour enfants dans une église

    Jeux, thèmes à la folie !

    Nous nous sommes joints à la frénésie de la dernière semaine avant la rentrée scolaire danoise (eh oui les pauvres, les vacances d’été se terminent entre le 9 et le 11 août) pour visiter quelques attractions concernant les enfants, notamment un parc animalier dédié aux espèces scandinaves, mais aussi la Lego House à Billund, ville danoise dont l’économie est centrée depuis les années 50 sur la célèbre brique inventée par un menuisier natif. A ne pas confondre avec le parc Legoland de la même ville, qui est plutôt un parc d’attraction classique même si le design des manèges s’apparente aux Lego. La Lego House est plutôt orientée créativité. Des œuvres fabuleuses y sont exposées, comme cet arbre de 15,68 m de haut composé de plus de 6 millions de briques au centre de l’escalier principal.

    Un des espaces de jeux de la Lego House

    Des familles entières, avec parfois plus d’adultes que d’enfants viennent y jouer aux Lego, mais pas n’importe comment. Ici, on crée uniquement des fleurs jaunes que l’on piquera ensuite sur des supports, la monochromie et la multiplicité des designs rendant le fini particulièrement esthétique. Là, on assemblera des briques pour former des poissons, qui seront ensuite scannés devant un appareil : miraculeusement, le poisson prendra vie dans un grand aquarium numérique, ondulant au fil de l’eau et clignant des yeux. A un autre endroit, il faut créer un bâtiment uniquement en briques Lego blanches et sur un support imposé de 6×6, que l’on insèrera ensuite sur un plateau qui représente une grande ville. A la manière de Sim City, grâce à l’informatique sous-jacente, des routes vont se créer et relier le bâtiment au reste de la ville, des points mobiles simulant le déplacement des habitants ou des véhicules.

    Arbre central géant, tout en Lego bien sûr

    Au sous-sol, une exposition retrace toute l’histoire de la création Lego, des jouets en bois ordinaires de la première usine aux boîtes sophistiquées contemporaines, en passant par les premières briques qui tenaient mal entre elles et le procédé ingénieux qui a permis de résoudre ce problème.

    Salle des briquosaures ou des légosaures, comme vous voulez
    Salle des briquosaures ou des légosaures, comme vous voulez

    Le conte est bon, j’espère

    A Odense, sa patrie natale, nous ne pouvions manquer de rendre visite à Hans Christian Andersen. Nous avons tenté notre chance à sa première demeure, mais il n’y était plus depuis longtemps. Sa seconde était fermée depuis le début de l’été, pour être remplacée par une autre, un musée flambant neuf exposant apparemment de long en large tout ce qui concerne le célèbre conteur danois, mais le musée était fermé, précisément aujourd’hui en raison d’un problème électrique. Vraiment pas de chance. Après une courte visite dans la ville, nous sommes allés voir le Jardin d’Andersen. Il n’y était pas non plus, mais nous avons quand même vu sa statue. Nous avions rendez-vous avec une petite troupe de conteurs amateurs qui selon nos guides et Internet se produisaient devant la Maison des Contes de Fées, au centre de ce jardin, tous les jours jusqu’à mi-août à 11h et 13h. Eh bien ils n’étaient pas là non plus, la mi-août ne doit pas tomber en même temps au Danemark qu’en France ! Visite complètement ratée, quoi. En l’absence d’Andersen, je me permets de vous conter, en empruntant sa manière, une petite mésaventure qui vient de nous arriver.


    On se retrouve très bientôt pour de nouvelles histoires ?