Étiquette : enrouteavecroberto.com

  • 83. Mexique Saison 2 Épisode 1

    Il nous restait encore 2 semaines sur notre visa américain, mais nous avions envie de changer de culture et de décor. Quoi de mieux dans ce cas que de franchir la frontière mexicaine. C’est un tout autre monde qui nous attend !

    Passage éclair à la frontière

    Nous nous présentons vers 11 h au poste frontière d’Agua Prieta. Aucune file d’attente. Les douaniers nous font garer sur le côté puis inspectent sommairement notre fourgon. La seule question posée est « Combien coûte le véhicule ? ». Moins d’une minute après ils nous montrent la rue qui s’enfonce dans la ville et nous font signe que nous pouvons y aller. Quoi ? Mais non, c’est trop court, ils n’ont même pas ouvert les passeports que nous leur avons présenté ! Le fait est que nous aurions pu passer des États-Unis au Mexique bien plus facilement qu’entre deux pays européens. Mais en risquant d’avoir des ennuis si nos passeports ne sont pas tamponnés. Nous montrons ceux-ci aux douaniers qui nous invitent à aller 2 coins de rue plus loin aux bureaux de l’immigration.

    Frontiere dAgua Prieta
    Frontière d’Agua Prieta

    Là, nous présentons le document de demande de visa que nous avions rempli en ligne puis fait imprimer la veille. Nous avions prévu initialement de nous présenter sans rien, mais j’ai eu des remords et insisté auprès de Claudie pour obtenir ces documents avant notre passage. Eh bien ça ne s’est pas passé tout à fait comme prévu, parce que l’officier d’immigration avait besoin des reçus des paiements réalisés pour obtenir ces papiers (environ 33 €). Nous les avions sur nos ordis laissés dans Roberto mais pas imprimés. Il a fallu retourner chercher tout ça, les envoyer par e-mail au service d’immigration car présenter le reçu sur écran ne suffisait pas. Bon, cela a pris une dizaine de minutes, pendant lesquelles un motard canadien arrivé après nous, sans avoir rien préparé, a pu obtenir et payer son visa sans s’être donné le mal de remplir ou d’imprimer quoi que ce soit. Claudie jubilait : « Tu vois, je t’avais bien dit qu’il ne fallait rien faire ! ». Au total, 20 minutes après notre arrivée, nous sommes entrés en règle au Mexique, ce que je qualifierais tout de même de passage éclair. Et cela aurait pu être raccourci de 10 minutes !

    Moralité pour les futurs candidats au passage : ne vous préoccupez pas du frigo, ne préparez rien, et essayez de privilégier une petite douane.


    Reprise de contact

    Dès la frontière franchie, nous sentons tout de suite la différence avec les États-Unis. Les rues et les maisons sont en désordre mais leurs couleurs sont chatoyantes. Les boutiques sont nombreuses et variées (aux USA il fallait parfois marcher plusieurs kilomètres avant de trouver la moindre épicerie). Les vendeurs ambulants accueillent les automobilistes aux carrefours. Les chaussées sont quelque peu défoncées mais les rues américaines n’étaient pas exemptes de tout reproche. L’ambiance semble globalement plus détendue. Dans le petit supermarché où nous re-remplissons notre frigo, des produits auxquels nous n’avions plus l’habitude font leur réapparition : patates douces rose vif, tomates emballées dans leur feuille, rayons entiers de piments, tequila à gogo, sauce au chocolat (mole), bougies à caractère religieux, et en cette époque, crânes en sucre en préparation du dia del muerte. Les prix sont nettement plus bas que quelques kilomètres plus au nord côté US. A la reprise de la route, nous refaisons connaissance avec les topes, ces redoutables ralentisseurs non signalés, avec un joyeux mélange de feux tricolores et de stops aux carrefours, avec la circulation à moitié sur la bande d’arrêt d’urgence pour permettre les dépassements à cheval sur la ligne centrale, avec les camions qui clignotent à gauche pour vous faire signe de doubler, que ce soit autorisé ou non d’ailleurs. Des camions qui roulent plutôt lentement d’ailleurs, contrairement à leurs homologues américains qui foncent comme des malades. En résumé, c’est avec un grand plaisir que nous retrouvons le Mexique !

    Le contraste des le supermarche
    Le contraste dès le supermarché
    Sauce au chocolat pour la viande et Tequila
    Sauce au chocolat pour la viande et Téquila
    Bougies a caractere religieux
    Bougies à caractère religieux

    Nous sommes maintenant dans letat de Chihuahua
    Nous arrivons dans l’état de Chihuahua

    Première étape à Casas Grandes

    Nous parvenons après 3 bonnes heures d’une route déserte (une seule petite ville au milieu de ces 228 km !) traversant des paysages grandioses de plaines et montagnes à Casas Grandes, un site archéologique. Notre premier spot nocturne au bord d’un lac étant inaccessible en raison de l’inondation d’un secteur de sa route d’accès, nous nous rabattons sur un parking d’un supermarché en centre-ville, après avoir demandé à un employé qui rangeait des caddies si cela était autorisé. Après nous être débarassés d’une bonne couche de poussière sur le pare-brise le lendemain (la moité des rues n’est pas goudronnée) nous nous dirigeons vers le site appelé Paquiné. C’est le nom que lui ont donné les amérindiens qui ont habité là pendant plus de cinq siècles, de 900 à 1475, dans des maisons en adobe allant jusqu’à quatre étages, une performance pour l’époque. Il ne reste aujourd’hui que les murs du rez-de-chaussée, dont la disposition asscociée aux nombreux objets retrouvés lors de fouilles donnent une bonne idée de la façon dont cette civilisation a vécu. Le musée susceptible d’expliquer tout cela était malheureusement en travaux, et nous avons dû nous contenter des extérieurs assez photogéniques tout de même.

    A Casas Grandes pas loin de leglise
    A Casas Grandes, pas loin de l’église,
    La mairie decoree de jolies fresques
    La mairie décorée de jolies fresques
    se prepare activement
    se prépare activement
    pour le Dia de los muertos
    pour le Dia de los Muertos

    Sur le site archeologique de Paquime
    Sur le site archéologique de Paquimé,
    Nous explorons le labyrinthe de pise
    nous explorons le labyrinthe de pisé
    qui constituait autrefois une ville entiere
    qui constituait autrefois une ville entière
    Cuve a cuisiner lagave et zone delevage doiseaux exotiques
    Cuve à cuisiner l’agave, zone d’élevage d’oiseaux exotiques pour le commerce et les sacrifices,
    et joli paysage environnant
    et joli paysage environnant
    Il faudra attendre la ville suivante pour avoir quelques representations de la vie de lepoqie
    Il faudra attendre la ville suivante pour avoir quelques représentations de la vie de l’époque
    A

    Chihuahua

    C’est la vraie grande ville de cette région plutôt désertique, capitale de l’état du même nom, abritant un bon million d’âmes, dont beaucoup travaillent pour les industries légères américaines venues ici pour la main d’œuvre à bas prix. Le nom d’origine aztèque signifie non pas « petite crotte avec de grandes oreilles » mais « lieu aride avec du sable ». Le sable a disparu en ville, englouti dans les milliards de tonnes de béton qui ont servi à ériger les bâtiments de la ville construits un peu n’importe comment. Mais nous aimons ce côté un peu désorganisé et décontracté de la vie mexicaine, surtout quand nous sommes les seuls touristes. L’authenticité à l’état pur. En fait, les touristes étaient peut-être tous réunis à la gare du chemin de fer touristique qui parcourt le canyon du cuivre, mais nous n’irons pas nous joindre à eux, Roberto avait trop envie de faire le trajet.

    A Chihuahua comme ailleurs les gens adorent se photographier devant les noms de ville en relief
    A Chihuahua comme ailleurs, les gens adorent se faire photographier devant les noms de ville en relief

    Un parcours dans le centre, d’un bâtiment colonial à l’autre, nous amène comprendre quelques points-clefs. Au Palacio del Gobiernor, une immense fresque sur 2 étages autour du patio nous aide à réviser l’histoire du Mexique. Au Museo de la Revolucion, ancienne demeure de 48 pièces de Pancho Villa, nous cernons mieux le personnage qu’était ce bandit de grand chemin parvenu à la tête de l’état (je suis sûr qu’il n’y a pas à chercher loin pour trouver chez nous des histoires similaires 😉) grâce à son habilité à soulever les peuples. A la Casa Chihuahua, nous découvrons le passé mouvementé de ce palais du gouvernement transformé tour à tour en maison de la monnaie (une nouvelle saison en perspective pour la Casa de Papel ?), en monastère jésuite, en hopital, en poste puis en musée d’art. Au Museo Casa Juarez, nous visitons la maison où a vécu l’ancien président lorsqu’il était à Chihuahua.

    Larchitecture est souvent coloniale et les statues nombreuses
    L’architecture est souvent coloniale et les statues nombreuses
    A
    Les edifices religieux sont plutot massifs
    Les édifices religieux sont plutôt massifs
    et les rues tres colorees et animees
    et les rues très colorées et animées
    A

    Lhistoire du Mexique depuis est peinte tout autour du patio du Palais du Gouverneur
    L’histoire du Mexique depuis 1530 est peinte tout autour du patio du Palais du Gouverneur
    Benito Juarez est en bonne place tout comme Miguel Hidalgo incarcere et mort dans ce batiment
    Benito Juarez est en bonne place, tout comme Miguel Hidalgo incarcéré et mort dans ce bâtiment
    Une bonne facon de reviser lhistoire
    Une bonne façon de réviser l’histoire !

    Au Musee de la Revolution ancienne maison de Pancho Villa
    Au Musée de la Revolution, ancienne demeure de Pancho Villa,
    On peut visiter un grand nombre de pieces
    on peut visiter un grand nombre de pièces (ici la salle de musique),
    et avoir une idee de la vie opulente
    et avoir une idée de la vie opulente
    que menait le bandit devenu maitre de letat de Chihuahua
    que menait le bandit devenu maître de l’état de Chihuahua
    Des armes lui ayant appartenu y sont exposees comme ce Colt et cet iPhone
    Des armes lui ayant appartenu y sont exposées comme ce Colt et cet iPhone -250 (je blague, mais Pancho Villa savait user et abuser des médias et donc de son téléphone pour assurer sa propagande)
    On peut voir ici le fin travail de ce sabre
    On peut voir ici le fin travail de ce sabre gravé à son nom
    A
    Sans aucune pudeur on montre aussi les trous de balles ...de la voiture ou il a ete assassine
    Sans aucune pudeur on montre aussi les trous de balles …de la voiture dans laquelle il a été assassiné
    Au chapitre des insolites etc
    et le livre où sa dernière épouse étale sa vie privée (le pendant mexicain de notre « Merci pour ce moment »…)

    Dans la maison voisine de Benito Juarez nous serons plus impressionnes
    Dans la maison voisine de Benito Juarez nous serons plus impressionnés par les préparatifs du jour des morts que par les objets personnels de l’ex-président
    A
    A

    Au Museo Casa Rotunda enfin
    Au Museo Casa Rotunda enfin,
    une ancienne plaque tournante pour locomotives reconvertie en musee dart
    un ancien plateau tournant pour locomotives reconverti en musée d’art,
    Nous aurons plus ete interesses par la petite expo sur lhistoire du train dans la region
    Nous aurons plus attirés par la petite expo sur l’histoire du train dans la region que par les oeuvres exposées peu à notre goût
    Deux petites enigmes Que signifient les lettres N de M sur cette casquette de conducteur et a quoi servent ces bracelets a droite
    Savez-vous ce que signifient les lettres N de M sur cette casquette de conducteur et à quoi servaient ces « bracelets » ?

    Et puis nous nous sommes fondus dans la masse des passants sur la Plaza de Armas et dans les rues piétonnes pour aller prendre le pouls bien battant de la ville.

    P.S. Saviez-vous que Chihuahua est la ville de naissance de l’acteur Anthony Quinn ? (1915-2001)


    La cascade de Basaseachi

    Nous sommes sortis des routes principales pour nous enfoncer dans les canyons de la Sierra Madre Occidentale, creusés dans une vaste couche d’origine volcanique suite à l’érosion. Celui que nous avons suivi jusqu’aux cascades peut atteindre par endroits 1750m de dénivelé, soit davantage que le Grand Canyon du Colorado. La route sinueuse et bordée de roches aux formes étranges et d’une forêt de sapins était magnifique. Il a fallu passer plusieurs contrôles de police (armée jusqu’aux dents) avant d’arriver, mais d’un autre côté, dans cette région où les cartels de la drogue s’affrontent fréquemment, c’était plutôt rassurant. Une dizaine de voitures tout au plus étaient stationnées sur le parking du point de départ de la balade, exclusivement des touristes locaux. Nous n’avons d’ailleurs rencontré aucun touriste non local ni aucun véhicule de loisirs depuis notre arrivée au Mexique. Garés à notre tour, nous sommes allés voir les trois points de vue sur la cascade accessibles depuis ce parking. C’est tout ce qu’il était possible de faire avant la fermeture du parc à 18h. Moyennant un petit pourboire, nous nous sommes laissés enfermer à l’intérieur. Nous avons ainsi profité de l’endroit pour nous seuls toute la nuit !

    Roberto seul sur le parking de la cascade
    Roberto seul sur le parking de la cascade
    Nous allons y jeter un oeil le soir meme par ce joli sentier
    Nous allons y jeter un oeil le soir même par ce joli sentier

    Le lendemain, nous partons vers la cascade elle-même, d’abord vers son point de chute, puis jusqu’à sa base en passant par un point de vue intermédiaire appelé « la fenêtre ». Cette cascade est vraiment impressionnante avec ses 246 m de chute libre (la seconde plus haute du Mexique), ses effets d’arcs-en-ciel et son environnement montagneux majestueux. Et pourtant nous étions seuls pendant les 3 heures de cette magnifique randonnée. Tant mieux pour nous, tant pis pour les autres. Nous avons eu une petite pensée pour ceux qui se disent heureux d’avoir gagné à la loterie le droit d’effectuer une randonnée avec une centaine d’autres personnes au parc Yosemite. Mais venez-donc au Mexique !

    Le lendemain depart h pour la randonnee
    Le lendemain départ à 8h30 pour la randonnée. Les ombres des falaises se projettent dans la vallée
    Point de vue du dessus de la cascade
    Un premier point de vue du dessus de la cascade
    Aucun souci pour le selfie nous etions seuls
    Aucun souci pour le selfie, à 9h30 nous étions encore seuls dans ce site exceptionnel
    A mi hauteur le point de vue de la fenetre
    A mi hauteur, le point de vue « de la fenêtre »
    Et du meme point de vue mn plus tard le meme individu sous la fleche
    Et du même point de vue 15 mn plus tard je n’étais plus que ce petit point sous la flèche,
    parti observer les m de chute du point le plus bas
    parti observer les 246 m de chute du point le plus bas

    Seuls dans ce grand camping de Creel
    La nuit suivante encore seuls dans ce grand camping de Creel : mais où sont les touristes ???

    Balade au pays des Tarahumara

    Une longue et belle route montagneuse nous a amenés à Creel, une petite ville née avec l’arrivée du chemin de fer en 1907 et qui est à la fois le point de rendez-vous des Tarahumaras et le cœur du Canyon du Cuivre. Le peuple amérindien Taharumara occupait la région bien avant l’arrivée des Espagnols et bien que s’étant convertis officiellement au catholicisme, ce qui leur a épargné l’extermination, a su conserver une grande partie de sa culture. On distingue facilement les femmes dans la rue, vêtues de belles robes multicolores et portant souvent un bébé sur le dos. Les Taharumaras viennent à Creel faire leurs courses et vendre aux touristes qui débarquent du train leur artisanat, notamment une vannerie très fine. Un petit musée leur est consacré, expliquant certaines traditions étonnantes, comme la course à pied longue durée (parfois 20h d’affilée !) en tenue traditionnelle, sandales en pneu et lanières de cuir comprises, ou encore un jeu par équipe consistant à pousser une balle en bois à l’aide de crosses en bois également, similaires à celles du hockey, le long de sentiers de montagne de plusieurs dizaines de kilomètres. On accède à ce musée uniquement en traversant la voie ferrée qui elle-même barre la ville en 2 parties. Les rails servent au transport de marchandises, mais aussi pour le train touristique El Chepe qui relie en traversant le Canyon du Cuivre Chihuahua à Los Mochis sur la côte Pacifique, en 656 km et 15h de trajet.

    Creel et les Tarahumaras
    Creel et les Tarahumaras
    La vie autour du chemin de fer
    La vie autour du chemin de fer
    Des decorations tres mexicaines
    Des décorations très mexicaines
    La place centrale lieu de rencontre
    La place centrale, lieu de rencontre
    Les abords du musee Tarahumara
    Les abords du musée Tarahumara
    et linterieur avec quelques petites touches de Dia de muertos
    et l’intérieur avec quelques petites touches du dia de los muertos en préparation
    Lart Tarahumara
    L’art Tarahumara : quelques sculptures,
    Notamment des paniers gigognes extraordinaires
    Mais surtout beaucoup de vannerie, notamment des paniers gigognes extraordinaires,
    et de jolies poupees multicolores
    et de jolies poupées multicolores

    Nous avons adoré l’ambiance authentiquement mexicaine de Creel, nous y avons fait les boutiques rien que par plaisir et sommes bien sûr allés explorer les alentours, en empruntant souvent des chemins orniéreux qui feraient peur aux concepteurs de chez Fiat mais que Roberto a vaincus sans sourcilier ni même déraper. Randonnée avec cascade par ci, petit village Taharumara avec une vieille mission espagnole par là, et pour finir le fameux Canyon du Cuivre, où l’on se sent tout petit entre ces immenses falaises blanches, ocre ou roses, culminant par endroits jusqu’à 1800m au dessus du canyon.

    Les routes secondaires alentour nous menent a la Vallee des Grenouilles
    Les routes secondaires alentour nous mènent à la Vallée des Grenouilles,
    que lon distingue ici avec un peu dimagination
    que l’on distingue ici avec un peu d’imagination,
    puis a la Mission San Ignacio
    puis à la Mission San Ignacio, perdue dans le désert,
    cadre ideal pour la pause dejeuner
    mais formant un cadre idéal pour la pause déjeuner.
    au lac Arareko borde de roches aux formes etranges
    Nous visitons aussi le lac Arareko, bordé de roches aux formes étranges,
    parfois reconnaissables El Elefante
    comme celle-ci appelée « El Elefante », on se demande bien pourquoi
    Baraques de souvenirs desertes a lapproche de la cascade Cusarare
    A l’approche de la Cascade de Cusarare, les vendeurs de souvenirs semblent en vacances…
    ltonnante mission de Cusarare
    tandis qu’à la mission du village du même nom, un homme nous a spontanément fait visiter les lieux,
    melangeant rites catholiques et amerindiens
    mélange étonnant de peintures aux motifs Tarahumaras et d’objets rituels catholiques et amérindiens
    Et pour finir le majestueux Canyon del Cobre
    Et pour finir le majestueux Canyon del Cobre
    a
    que nous avons traversé au soleil couchant
    dans lequel nous avons dormi
    avant d’y passer la nuit

    Le Jour des Morts 007

    La tradition remonte aux civilisations précolombiennes, qui honoraient leurs défunts tous les ans au mois d’août. Pour faciliter leur conversion au christianisme, les pères missionnaires ont accepté le maintien de la célébration, mais en imposant la période de la Toussaint. La proximité géographique et temporelle d’Halloween a amené les déguisements de squelettes. Et encore plus étonnant, ce n’est que depuis la sortie en 2015 du film de James Bond, Spectre, que des défilés à la manière de carnavals sont organisés. Forcément, ça plait aux touristes et à tous ceux qui en profitent, mais le lien avec la tradition originelle s’éloigne peu à peu.

    Jour des morts ambiance recueillie dans les cimetieres
    Jour des morts : ambiance recueillie dans les cimetières, comme chez nous

    La réalité, dans le Mexique profond où nous sommes, est bien différente de ce que diffusent les médias. Il y a du monde dans les cimetières, certes, mais pas davantage qu’en France. Les tombes ont été quelque peu rafraîchies, les familles sont rassemblées autour, certaines se recueillent, d’autres pique-niquent en écoutant de la musique. Dans les centres-villes, pas mal de personnages en carton-pâte, et quelques autels portant la photo d’un défunt et rassemblant à des degrés divers fleurs, fanions en papier découpé, sciure ou sel, bougies, bouteilles d’alcool, nourriture, et messages d’affection. Nous n’avons pratiquement pas croisé de personne déguisée, simplement quelques personnes maquillées, volontiers des enfants.

    Personnages fantasques sur les places
    Personnages fantasques sur les places,
    Autels dedies au souvenir dun ou plusieurs defunts
    autels dédiés au souvenir d’un ou de plusieurs défunts (à gauche, des motards, souvent morts jeunes…)
    Toujours dotes doffrandes dont le Pain des Morts
    toujours dotés d’offrandes, dont le fameux « Pain des Morts », une brioche aromatisée à la fleur d’oranger
    Au final les personnes deguisees dont plutot rares
    Nous avons rencontré quelques personnes déguisées, mais franchement minoritaires

    Tout ça est peut-être différent dans les grandes villes, mais est-ce alors vraiment authentique ? Va savoir…


    Hidalgo del Parral

    Nous arrivons le soir du Dìa de los Muertos dans cette ville de 100 000 habitants. Là encore, l’animation est modérée, même autour de la place centrale où nous tentons de nous garer pour la nuit. Les gens se promènent paisiblement devant les autels disposés tout autour. Notre tranquillité sera de courte durée car un marchand ambulant vient s’installer juste derrière Roberto. Les gens affluent, grignotent leurs tapas appuyés contre notre véhicule et surtout les odeurs de graillon s’infiltrent : nous nous déplaçons quelques rues plus loin dans un secteur plus calme, juste sous une immense statue équestre de Pancho Villa. Tant qu’il ne tente pas de descendre, voire de nous descendre, tout va bien ! ! En fait, il est célèbre dans la ville parce que c’est là qu’il y a été assassiné.

    A Hidalgo del Parral nous avons dormi sous limposante statue equestre de Pancho Villa
    A Hidalgo del Parral, nous avons dormi sous l’imposante statue équestre de Pancho Villa

    Le lendemain visite de cette ville coloniale et colorée avec de belle fresques murales, des bâtiments plus que centenaires reconvertis qui en hôtel qui en musée, un théâtre antique, des églises richement décorées, des places et des rues commerçantes animées. La vie ordinaire d’une ville mexicaine de taille moyenne.

    A
    Visite de la ville sous un soleil radieux, comme presque chaque jour…
    Nous avons admire demeures coloniales et fresques murales
    Nous y avons admiré des demeures coloniales et des fresques murales,
    memorial a une opposante aux etats unis
    un mémorial à une femme locale, Elisa Griensen, s’opposant avec bravoure à l’armée des états-unis, rejointe par les enfants de l’école voisine,
    edifices religieux cathedrale ND de Guadeloupe et temple San Jose
    des édifices religieux (cathédrale ND de Guadeloupe et temple San Jose),
    A
    (intérieur de la cathédrale)
    theatre Teatro Hidalgo
    un théâtre stylé (Teatro Hidalgo),
    et hommage de Pancho Villa a la ville ou il a ete assassine
    et cet hommage de Pancho Villa à la ville dans laquelle il a été assassiné

    En quittant Hidalgo del Parral, nous quittons l’état du Chihuahua, le plus grand du Mexique. La beauté des immenses paysages semi-désertiques, la richesse des curiosités naturelles, l’animation colorée des villes et la bienveillance des habitants nous ont replongé avec bonheur dans ce pays que nous n’avions fait qu’aborder au début de l’année. Forcément, nous allons approfondir, alors à très bientôt !

    parcours du octobre au novembre
    parcours du 27 octobre au 4 novembre
  • 82. Dernière étape aux USA

    Après débat sur la suite de notre itinéraire, nous décidons d’éviter la Basse Californie, province mexicaine envahie de touristes principalement américains qui viennent passer ici l’hiver au chaud. Prix en dollars, foules sur les plages, restaurants de burgers, ce n’est pas le Mexique que nous attendons. Nous entrerons dans le pays par la province de Sonora. Cela implique de repartir un peu vers l’Est pour terminer notre périple américain. Tant mieux, il y a plein de choses à voir !

    The Joshua Tree

    Ce titre sonne double. A la fois comme l’un des albums les plus célèbres du groupe irlandais U2, celui qui a lancé leur carrière aux USA, mais aussi comme cet arbre mythique qui n’en est pas un (c’est un agave arborescent) et qui peuple le parc national américain éponyme. Le spécimen qui figure sur le disque, contrairement à la légende et à ce qu’affirme France Info (ne croyez pas aveuglément ce qu’ils racontent), n’a pas été photographié dans le parc national Joshua Tree mais dans celui de Death Valley. L’endroit était resté tenu secret, mais c’était sans compter sur la ténacité d’un fan qui l’a découvert en 2003, 16 ans après la sortie de l’album. Arriva ce qui devait arriver, l’arbre fut vandalisé à la tronçonneuse avant de mourir. Dommage parce que les Arbres de Josué peuvent vivre plus de 500 ans.

    Roberto au Joshua Tree NationalPark
    Roberto au Joshua Tree National Park
    Joshua Tree cest dabord un album de U
    Joshua Tree c’est d’abord un album de U2
    mais aussi des arbres etonnants
    mais aussi des arbres étonnants
    nommes dapres le prophete Josue et doues de multiples proprietes
    nommés d’après le prophète Josué et doués de multiples propriétés
    Ils vivent en moyenne ans mais parfois plus de
    Ils vivent en moyenne 150 ans mais parfois plus de 500 !

    Nous avons visité ce super parc où des milliers de ces « arbres » étonnants forment une vraie forêt à perte de vue. On y trouve de belles formations rocheuses et, à une altitude plus basse, un champ immense de Cactus de Cholla, aussi appelés « Teddy Bear Cactus » du fait de leur ressemblance avec la célèbre peluche. Mais pas touche ! Les épines sont nombreuses et tenaces. Malgré la mise en garde très nette sur plusieurs panneaux d’information du site, une visiteuse (adulte, je précise) n’y a pas cru. Elle n’arrivait même pas à retirer le morceau entier de cactus planté dans sa main quand nous sommes partis, peut-être qu’elle est encore en train d’enlever des épines.

    Plus ils sont vieux plus ils ont de bras et de fleurs
    Plus ils sont vieux, plus ils ont de bras et de fleurs
    Lenvironnement mineral vaut egalement le deplacement
    L’environnement minéral vaut également le déplacement
    avec des formes qui stimulent limaginaire
    avec des formes qui stimulent l’imaginaire
    Le melange des deux est spectaculaire
    Le mélange des deux est spectaculaire
    Un peu plus bas dans la vallee on trouve des cactus nounours
    Un peu plus bas dans la vallée on trouve des cactus « nounours »
    Des champs de cactus nounours en fait
    Des champs de cactus « nounours » en fait
    Mais attention de ne pas les prendre dans les bras
    Mais attention de ne pas les prendre dans les bras !
    Ah et Roberto a eu un instant un reve de couleur
    Ah, et Roberto a eu un instant un rêve de couleurs vives. Mais on lui a rappelé qu’on avait choisi la sienne pour la discrétion

    Sale temps pour la mer Salton

    Mer bleue, sable blond, soleil généreux, température élevée : le cocktail idéal pour des stations balnéaires de luxe ? C’est ce à quoi ont cru les promoteurs immobiliers en construisant à tout va sur des terrains désertiques qui ne valaient rien autour d’une « mer » créée par erreur suite à la rupture d’un barrage sur le Colorado en 1905. L’eau s’est alors répandue dans une vaste cuvette de 55 km de long sur 20 de large, 69 mètres sous le niveau de la mer, à quelques dizaines de kilomètres de Palm Springs. Et au début tout a fonctionné comme prévu. Tout le gratin de Hollywood est venu là en vacances, dans des stations prestigieuses comme Salton City ou Bombay Beach, mais aussi les campeurs, les baigneurs, les pêcheurs, etc.

    La Mer de Salton
    La Mer de Salton

    Mais c’était sans compter qu’en l’absence d’alimentation naturelle, l’eau n’était plus renouvelée que par la faible pluviosité naturelle de la région, pluie qui entraînait au passage tous les polluants qui traînaient et qui aujourd’hui atteignent des concentrations dangereuses. Avec en plus une salinité qui ne cesse de croître, les poissons meurent en masse et une odeur désagréable permanente a fait fuir tous les habitants qui en avaient les moyens. Seuls restent de vieilles caravanes déglinguées, de vieilles enseignes rouillées et des routes inondées. Le rêve est fini. La mer est presque morte. Comme l’autre.

    Au premier abord ca presente bien
    Au premier abord, ça présente bien…
    mais la realite est tout autre
    mais la réalité est tout autre !
    Vestiges de beton sur la plage et rues inondees
    Vestiges de béton sur la plage et rue du front de mer inondée,
    carcasses de voitures etc Le reve est termine
    carcasses de voitures aux pneus crevés, mobile homes effondrés, etc. Le rêve est terminé !

    La montagne du salut

    Au beau milieu du desert un panneau et un vieux camion multicolores annoncent lendroit
    Au beau milieu du désert, un panneau et un vieux camion multicolores. C’est là.

    La foi de Léonard était grande comme une montagne. Elle débordait tellement qu’il en a FAIT une montagne. C’est là, devant nos yeux, au beau milieu du désert. Une sorte d’église en argile et paille recouverte d’une débauche de motifs et de slogans multicolores. On y trouve même une grotte et la silhouette d’une montgolfière couchée, symbole de celle qu’il a toujours rêvé de construire, d’abord pour lui puis pour les habitants de Slab City, le squatt du désert voisin. Mais chacune de ses tentatives s’est soldée par un échec. C’est en consolation qu’il aurait décidé de leur bâtir un petit bâtiment avant de partir. Ce qui ne devait durer qu’une semaine aura pris 30 ans ! Leonard avait prévu d’habiter dans cette montgolfière, mais jusqu’à la fin de ses jours (il est décédé en 2014) il a préféré rester dans son camion de pompiers aménagé. Comme on le comprend !

    Un lieu de culte multicolore visible de loin
    Un lieu de culte multicolore visible de loin
    Lauteur exprime partout son amour pour Dieu et cherche a le communiquer
    L’auteur exprime partout son amour pour Dieu et cherche à le communiquer
    On trouve aussi une grotte et une riviere sacree
    Les constructions sont en paille et argile (adobe). On trouve même une grotte et une rivière sacrée
    Cest lui Leonard Knight qui a construit tout ca © Joe Bielawa
    Cest lui Leonard Knight qui a construit tout ca (photo © Joe Bielawa)
    Il na mis que ans et consomme beaucoup de peinture
    Il n’a mis « que » 30 ans et consommé beaucoup beaucoup de peinture
    tout en vivant dans son camion de pompiers amenage
    tout en vivant dans son camion de pompiers aménagé
    et la peinture bah pas de probleme ca pousse sur les arbres
    et la peinture, bah, pas de problème ça pousse sur les arbres !

    Si le personnage ou le lieu vous rappellent quelque chose, c’est peut-être bien grâce à la scène qui lui a été dédiée par le réalisateur Sean Penn dans le film culte Into the Wild. A voir ou revoir.


    Entrée, plat, désert

    Nous en avons terminé avec la Californie. Nous nous dirigeons maintenant vers l’Arizona et il fait de plus en plus chaud et sec. De là à regretter la grisaille de la côte ouest, tout de même pas ! Plus nous avançons et plus la végétation se raréfie, au point de disparaître complètement : il ne nous reste plus que du sable et des dunes. Un joli spectale derrière notre fenêtre pour la pause déjeuner. Le temps de faire quelques photos sympas, nous reprenons la route avant que la peinture ne fonde sur la carrosserie de Roberto. Nous allons bientôt retrouver quelques cailloux, de maigres buissons et quelques montagnes couleur chocolat au loin. Notre traversée du désert n’aura pas duré trop longtemps !

    La route traverse soudain un paysage saharien
    La route traverse soudain un paysage saharien
    Cest le moment de sarreter
    C’est le moment de s’arrêter
    Pour jouer dans le sable
    pour jouer dans le sable,
    accessoirement dejeuner avec vue
    accessoirement déjeuner avec vue,
    et rejouer dans le sable
    et rejouer dans le sable !
    La vegetation reprend timidement
    La végétation réapparaît bientôt

    Dîner aux chandelles

    Nous arrivons dans la soirée dans le Parc National Saguaro, nommé ainsi en raison des nombreux cactus éponymes qu’il abrite. Les cactus Saguaro, ce sont ces fameuses colonnes ou chandeliers qui forment le décor de tout bon western ou de toute BD qui traite du sujet. Ils prennent leur temps pour grandir, atteignant tout juste 30 cm à l’âge de 25 ans, et 2 m entre 50 et 60 ans, l’âge où ils peuvent commencer à fleurir et porter des fruits. La floraison a lieu entre avril et juin, la nuit et ne dure que 24h. Autant dire qu’en octobre et pour des couche-tôt comme nous, les chances de voir des fleurs frisaient le moins l’infini. Les fameux bras n’apparaissent pas avant 75 ans, alors quant on voit un Saguaro qui ressemble à Shiva, on le salue respectueusement !

    Soleil couchant a larrivee au Saguaro National Park
    Soleil couchant à l’arrivée au Saguaro National Park
    Lambiance ideale
    L’ambiance idéale pour un dîner aux chandelles
    pour un diner aux chandelles

    Nous avons trouvé un petit camping sympatique juste au sud du parc, et le décor de chandelles pour dîner était très romantique. Les chandelles étaient encore là le lendemain pour l’anniversaire de Claudie, mais nous avons préféré allumer les bougies d’un gâteau trouvé sur place. Suite à notre passage à l’empire du soda (voir l’article précédent) nous arroserons le repas avec un genre de saké méthode champenoise – pas terrible en fait. Tenter de goûter à tout fait partie de la découverte mais ne génère pas que des bonnes surprises.

    Le lendemain Il y a pire comme route
    Le lendemain. Il y a pire comme route…
    Balade au milieu des cactus Saguaro
    Balade au milieu des cactus Saguaro
    Des plus jeunes aux plus vieux
    Des plus jeunes (à gauche une branche naissante) aux plus vieux (on voit bien le squelette)
    Il y en a a perte de vue
    Il y en a à perte de vue
    On trouve bien sur dautres especes
    On trouve bien sûr d’autres espèces de cactus
    Lieu magique pour lanniversaire de Claudie
    Lieu magique pour l’anniversaire de Claudie
    Les annees passent mais mon coeur reste grand comme ca
    Les années passent mais mon coeur reste grand comme ça !

    Il nous reste une inoubliable balade dans ce parc au milieu de centaines de cactus Saguaro de toutes formes, accompagnés de congénères tout aussi attrayants. Vraiment une belle étape. Par contre mieux vaut éviter le « Musée du Désert », un mélange peu réussi de zoo pitoyable et de jardin botanique peu entretenu, au bien piètre rapport qualité prix.


    Nuit en BLM
    Nuit en BLM (Bureau of Land Management = terrain appartenant à l’état et mis gracieusement pour un maximum de 14 jours consécutifs à la disposition du public. Du pain bénit pour les adeptes de la vanlife !

    Tucson et ses curiosités

    Tucson un mural tout frais
    Tucson un mural tout frais

    La seconde ville de l’Arizona est surtout connue pour son université, mais nous ne nous sommes pas arrêtés pour ça, nous estimant encore un peu trop jeunes pour suivre les cours destinés au 3ème âge. Nous y avons déniché quelques curiosités qui méritaient notre petit stop de 2 jours. Les voici en vrac :

    1. Le serpont à sonnette

    Il n’y a pas de coquille dans ce titre dont le néologisme me parait bien adapté à la situation : nous avons traversé cette passerelle piétonne au-dessus d’une voie rapide, représentant un serpent à sonnette : on y entre par la gueule béante entre les 2 crochets à venin en baissant un peu la tête (ok j’exagère) et on en ressort par la queue dont le calme rassure (lorsque le serpent l’agite, il vaut mieux se méfier, un peu comme lorsque l’inspecteur des impôts sonne chez vous). Bon, rien à voir avec une attraction de parc à thème, c’est juste amusant.

    Le serpont a sonnette
    Le serpont a sonnette, de son vrai nom le Rattlesnake Bridge
    A
    1. La stravenue

    Encore un néologisme, mais cette fois ce n’est pas moi qui l’ai inventé. Vous connaissez le système des rues américaines avec ses rues qui vont d’est en ouest et ses avenues du nord au sud. Mais comment nommer alors celles, pas si rares, qui sont en diagonale ? Le Comité LOcal pour l’Uniformisation des Noms et numéros (l’acronyme français est un régal, malheureusement il ne doit pas se traduire…) a décidé de contracter les mots « street » et « avenue » pour biaiser la difficulté. Il y aurait 30 stravenues dans la ville de Tucson et ce serait une exclusivité mondiale.

    La Cherrybell Stravenue
    La Cherrybell Stravenue
    1. Le repas champêtre

    C’est un mini jardin pas loin du centre-ville, 30 mètres carrés à tout casser, dans lequel on distingue en s’en approchant une (s)cène de pique-nique surréaliste. Malgré le soleil généreux, les invités sont très pâles. Il s’agit en fait de statues de Jésus et ses apôtres partageant leur dernier repas. Quelques autres personnages religieux sont dressés, couchés ou cloués autour. A l’entrée, sous le buste de l’artiste, un panneau précise l’origine de son œuvre : gravement blessé au cours de la seconde guerre mondiale, notre homme s’est alors tourné vers Dieu et lui a promis en remerciement de consacrer le reste de sa vie à lui construire des statues. Pas trop riche – on connait la reconnaissance des états envers les anciens soldats – il a utilisé du sable et des débris trouvés dans la rivière voisine, protégeant le mélange avec une couche de plâtre. 70 ans et quelques actes de vandalisme après, l’état de conservation étonne : il va falloir soumettre tout ça au comité de validation des miracles.

    Repas champetre
    Repas champêtre
    A
    Felix Lucero lartiste
    Felix Lucero, l’artiste
    1. La fin des livreurs

    Dans le quartier de l’université, de mignons petits robots suivent ou croisent les passants, s’arrêtant prudemment aux passages piétons avant de traverser, évitant adroitement réverbères, bipèdes, quadrupèdes et congénères à roues. Si leur forme cylindrique rappelle un peu R2D2, il leur manque toutefois cruellement le gazouillis du héros intergalactique. Dommage, mais la parole leur sera sans doute donnée dans un avenir proche. Une petite vérification sur Internet confirme qu’il s’agit bien de robots-livreurs, capables de parcourir plus de 3 km pour aller livrer une pizza, le dernier iphone ou, qui sait, la dépouille de votre chihuahua. En espérant qu’il n’y aura pas d’erreur de destinataire. On n’arrête pas le progrès, 7 robots.

    Les robots livreurs
    Les robots livreurs
    1. La Mini Time Machine

    Ce titre est bien l’intitulé exact de cet exceptionnel musée des miniatures de Tucson. C’est à la base une association sans but lucratif destinée à la préservation et à l’approndissement des connaissances sur l’art des minitatures. La passion de la présidente fondatrice a démarré le jour où, jeune fille, elle a reçu en cadeau une collection de meubles pour maison de poupées. La collection s’est enrichie avec le temps et permet d’explorer différentes époques de la création des miniatures, d’où la dénomination. De nombreux pays sont représentés et la part belle est faite aux mondes imaginaires, notamment dans cette période d’Halloween. Nous avons été émerveillés aussi bien par les performances techniques que par la diversité et la qualité des réalisations. Nous y avons passé 3 bonnes heures que nous n’avons pas vu passer. A conseiller aux petits comme aux grands.

    Decouverte du monde des minitatures detail ci dessous
    Découverte du monde des minitatures (détaisl ci-dessous)
    A
    La maison de la Famille Adams
    La maison de la Famille Adams
    A
    Un monde enchante avec son arbre dont les niches hebergent des souris
    Un monde enchanté avec son arbre dont les niches hébergent des souris
    A
    Un autre monde fantastique et un peu morbide
    Un autre monde fantastique et un peu morbide
    A
    Un grand magasin et ses etages
    Un grand magasin et ses 4 étages
    Un sculpteur de mines de crayon
    Un sculpteur de mines de crayon
    On arrive dans linfiniment petit
    On arrive dans l’infiniment petit
    Quelques elements pour donner lechelle
    Quelques éléments sont là pour donner l’échelle
    Un appartement luxueux fin XXeme siecle
    Admirez cet appartement luxueux fin XXème siècle et la finesse des détails ci-dessous
    A
    Et la boutique qui joue le theme a fond
    La boutique joue évidemment le thème à fond
    1. La Mission San Xavier

    Une Mission de plus après celle vues en Californie ? Eh bien non, celle-ci a un cachet particulier et serait la plus fine architecture mexicaine baroque des États-Unis. La construction débutée en 1783 ne s’est interrompue que 14 ans plus tard, les moyens attribués initialement étant épuisés. Il en résulte une certaine asymétrie, l’une des tours n’ayant pas de dôme comme l’autre, mais les travaux ont repris en 1978 et la Mission s’embellit d’année en année.

    La Mission San Xavier
    La Mission San Xavier

    Difficile de décrire tout cela, les photos parlent mieux. Au fait, les drapeaux de 4 nations ont flotté sur l’édifice. Dans l’ordre chronologique ceux de l’Espagne, du Mexique, des États-Unis. Saurez-vous dire quel est le dernier ?

    et son bel interieur baroque
    Un riche intérieur baroque
    Les exterieurs sont bien aussi
    Les extérieurs sont bien aussi
    FIn de la visite de Tucson
    Ici un petit clin d’oeil à nos amies voyageuses @saltyfarside,
    rencontrées au Québec, qui ont fait un vrai parcours d’aventure jusqu’en Alaska

    Tombstone

    A moins que vous n’ayez vu le film, le nom de cette ville ne vous dit peut-être pas grand chose, mais si je vous parle d’OK Corral, quelques uns de vos neurones vont sans doute se reconnecter. OK Corral est d’ailleurs le premier nom de cette ville, et en tout cas celui qu’elle portait au moment où l’histoire qui l’a rendue célèbre est arrivée. Mais une fois n’est pas coutume, je ne vais pas vous la raconter. Parce que d’autres l’ont fait mieux que moi, avec un humour qui me va bien qui plus est, sur le site roadtripin.com. A l’heure où nous terminons notre périple étatsunien, je voulais rendre hommage à ce site qui nous a beaucoup servi, détaillant un bon nombre de nos étapes mieux que notre guide papier, tout en fournissant beaucoup de services utiles aux roadtrippeurs de zéro à dix roues. Alors si vous voulez mieux connaître l’une de nos sources d’information préférées où si vous voulez tout savoir sur l’affrontement des frères Earp et de leur ami Doc Holliday avec la bande des Cochise County Cowboys, suivez ce lien.

    Tombstone et son fameux OK Corral
    Tombstone et son fameux OK Corral
    Laffrontement de bandes rivales en pleine rus
    Lieu d’un affrontement célèbre de bandes rivales en pleine rue
    Cetait en mais tout a ete retape
    C’était en 1881 mais tout a été retapé
    Caleches saloons bordels etc.
    Calèches, saloons, bordels etc.
    A
    On se croirait vraiment au far west
    On se croirait vraiment au far west
    A
    Trois fois par jour on rejoue la celebre scene
    Trois fois par jour on rejoue la célèbre scène
    devant un public conquis
    devant un public conquis
    On ne vous dit pas qui gagne faites comme
    On ne vous dit pas qui gagne, faites comme nous revoyez l’un des 3 films sur le sujet

    Bisbee

    Lorsque l’on s’éloigne de Tombstone, la nature redevient verte, peut-être parce qu’elle n’a plus peur de pousser, mais plus sûrement grâce à l’altitude. Et de nouveau, à l’approche de Bisbee, la végétation se raréfie tandis que la montagne prend de belles couleurs, un savant mélange de marron-roux et de vert-de-gris. Nous sommes en effet sur l’emplacement d’une ancienne mine de cuivre. Le gigantisme des fosses laisse imaginer la quantité énorme de travail fourni ici pendant un peu moins d’une centaine d’années. La mine a fermé en 1970, non pas parce qu’elle était épuisée mais pour des raisons de rentabilité insuffisante. Les mineurs ont laissé leurs maisons à une communauté d’artistes, inspirés sans doute par le décor. Les galeries de peinture, les boutiques d’art et d’antiquités sont légion et la ville est plutôt agréable. Ce sera notre avant-dernière étape aux USA.

    Oh les belles couleurs
    Oh les belles couleurs !
    Cest que nous sommes dans une ancienne mine de cuivre
    C’est que nous sommes dans une ancienne mine de cuivre
    Bisbee heberge maintenant des artistes
    Bisbee héberge maintenant une communauté d’artistes
    Les rues ont ete repeintes
    Les rues ont été « repeintes »
    A
    et les voitures aussi. Pas mal le Roberto local non
    …et les voitures aussi. Pas mal le Roberto local, non ?
    A
    Vue générale de Old Bisbee et son B sur la montagne qui s’éclaire la nuit

    Douglas

    Nous sommes maintenant à la frontière avec le Mexique. Une courte pause y est nécessaire pour nous organiser avant la traversée : demander le visa (FFM) en ligne puis l’imprimer, sortir les autres papiers qui nous seront demandés, essentiellement l’autorisation d’import (TIP) et l’assurance mexicaine pour Roberto et les passeports pour nous. Nous avons vidé progressivement le frigo pour ne rien laisser qui puisse irriter les douaniers mexicains, comme les denrées fraîches. Nous avons fait le plein d’eau car ce sera un peu moins facile au Mexique. Et puis nous avons préparé les premières étapes de notre parcours. Tout ça garés sur le parking que l’office de tourisme partage avec la police, ces derniers acceptant que l’on y stationne toute la nuit à condition de leur laisser nos coordonnées au préalable. Il nous est resté un peu de temps pour parcourir la rue principale de la ville et de visiter le hall d’entrée de son hôtel emblématique ouvert en 1907, le Gadsden Hotel. Une petite exposition en décrit les diverses péripéties et évoque ses hôtes les plus célèbres comme Ava Gardner, John Wayne, Pancho Villa ou encore Paul Newman.

    Le Gadsden Hotel de Douglas
    Le Gadsden Hotel de Douglas
    Magnifique verriere dans le hall dentree
    Magnifique verrière dans le hall d’entrée
    Bureau daccueil
    Bureau d’accueil (les toiles d’araignées c’est pour Halloween, parce que sinon c’est impeccable !)
    et hotes celebres
    et hôtes célèbres

    Cette traversée de l’Ouest des États-Unis aura été un ravissement, de la beauté très diversifiée des parcs nationaux ou des territoires immenses qui les relient à la richesse culturelle des grandes villes, en passant par la gentillesse et la serviabilité des américains. Nous avons véritablement découvert ce Nouveau Monde que nous connaissions mal. Mais nous sommes tout aussi ravis de retourner au Mexique dont une grosse partie nous est encore inconnue. Ah, soif de découverte, quand tu nous tiens !

    parcours du au octobre
    parcours du 18 au 26 octobre
  • 72. Le pays des cieux vivants

    Nous traversons cette fois la Saskatchewan, province des prairies canadiennes dont la devise, présente sur toutes les plaques minéralogiques, est « Le pays des cieux vivants ». L’auteure aurait été inspirée par l’aspect souvent spectaculaire du ciel de la région, tant par ses levers et couchers de soleil magnifiques que par ses aurores boréales et ses orages impressionnants.

    Entrée en matière

    Après avoir quitté notre stationnement nocturne sur l’immense parking déserté d’une station de sports d’hiver, après avoir croisé 2 biches, l’une au bord du chemin et l’autre se frayant un chemin au milieu d’un champ de colza, nous passons de la province du Manitoba à celle de la Saskatchewan sans qu’aucune indication ne définisse la frontière.

    Nous nous engageons sur une route en terre, longue et rectiligne, côtoyant d’immenses champs de blé et de colza. La couleur jaune vif de ces derniers ressort magnifiquement sur le sombre ciel orageux. Nous pensions suivre une petite route de liaison entre 2 routes bitumées, mais non, le GPS annonce que le prochain virage est dans 55 kilomètres ! Nous voyons arriver de loin les rares véhicules que nous croisons, des poids lourds principalement, grâce au nuage de poussière qu’ils soulèvent. Je m’arrête en bord de route pour photographier l’un de ces véhicules. Mais au lieu de continuer, celui-ci s’arrête, s’inquiétant sans doute d’une éventuelle panne. Je le rassure, reprends la route et retente ma chance pour le camion suivant. Mais il s’arrête de même ! Bon, j’ai quand même ma photo. Un peu plus loin, nous observerons un petit avion qui croise régulièrement la route assez bas pour aller déverser en rase-mottes des produits chimiques (je me doute que ce n’est pas de l’eau) sur les champs. J’hésite à m’arrêter pour le photographier, craignant qu’il n’atterrisse sur la route pour prendre de mes nouvelles, mais il n’en fera rien. Du coup j’ai ma photo aussi !


    Regina, capitale verte

    Regina avec ses 200 000 habitants n’est pas la ville la plus peuplée de la province, mais c’en est la capitale. Nous avons d’ailleurs visité son parlement. C’est encadré mais gratuit et l’on peut admirer les belles colonnades en marbre de la rotonde centrale et la salle luxueuse où se réunit l’Assemblée législative deux fois par an, 40 jours au printemps et 25 jours à l’automne. Un chouette métier que d’être député saskatchewanais, non ?

    Pour le reste, la capitale est plutôt tranquille, dotée d’un grand lac où se croisent kayaks, canards et pédalos, agréablement verte et fleurie avec ses grands parcs où flânent une multitude d’oies dans l’attente de leur migration automnale. Même sur le parking où nous nous étions garés, pourtant proche du centre-ville, plusieurs lapins sont venus nous rendre visite.

    L’offre culturelle est là, avec entre autres la Galerie d’art MacKenzie, spécialisée dans l’art indigène, exposant notamment une magnifique collection d’œuvres en perles, et le Musée royal de la Saskatchewan, dédié à la partie des sciences de la vie et de la terre qui concerne la province. Les dioramas montrant la faune et la flore dans chaque sous-région, chaque saison voire pour certains à différents moments de la journée, sont d’une qualité technique exceptionnelle. A titre d’exemple, des oiseaux sont en suspension dans l’air sans que l’on n’aperçoive aucune attache, et des vues subaquatiques montrent un canard plongeur entouré de bulles alors qu’il n’y a pas d’eau. Pour petits et grands, avec un prix libre.


    Enfin, au chapitre des curiosités, notons cet Albert Memorial Bridge qui détiendrait le record mondial du pont le plus long par rapport à la taille du cours d’eau qu’il enjambe, soit 260 m de longueur pour 3 m de rivière. Cela est probablement dû au fait qu’un barrage a été construit pour créer le joli lac du centre-ville juste en amont du pont.


    Moose Jaw, l’assagie

    Cette ville ayant poussé comme un champignon au moment où la Canadian Pacific y a installé ses rails, on y retrouve une petite ambiance de Far-West, de ruée vers l’or. Aucune mine pourtant, mais l’or local c’était la production céréalière que l’arrivée du chemin de fer a dopée, puis l’alcool au moment de la prohibition qui a amené son lot de malfrats dont Al Capone et le Ku Klux Klan. Elle s’est heureusement assagie depuis et nous avons profité de quelques attractions :

    1. Mac the moose

    Oublions rapidement cette statue géante d’orignal placée au bord de la route transcanadienne pour arrêter les touristes. Faite de plusieurs couches de ciment déposées sur une grille métallique, elle est en fait assez hideuse. Reconnaissons-lui tout de même le mérite d’être l’orignal le plus haut du monde, dépassant les 10 mètres. En 2019, la Norvège a battu temporairement le record, mais la population de Moose Jaw s’est rapidement cotisée pour rallonger les bois (en ciment, donc) de quelques dizaines de centimètres et sauver ainsi l’honneur.


    2. Les tunnels d’Al Capone

    La ville est surtout connue pour avoir été très active pendant la prohibition, grâce à un réseau de tunnels souterrains dans lesquels se préparaient les caisses d’alcool et un excellent réseau ferré pour les acheminer ensuite jusqu’à Chicago. Al Capone est censé être venu contrôler son marché ici, et la ville le revendique, mais il n’y aurait pas de preuve formelle. Nous on a bien aimé l’ambiance far-west de la rue principale.


    3. Le street-art

    Nous nous sommes aussi prêtés au jeu de piste à la recherche des 47 œuvres de street-art dispersées dans le centre-ville, munis d’un petit guide que distribue l’office de tourisme. Vous trouverez ci-dessous quelques-unes de ces fresques murales


    4. La galerie Yvette Moore

    Dans l’ancien bâtiment où l’on enregistrait les terrains donnés par l’état à tous ceux qui défricheraient et cultiveraient 10 hectares par an pendant 5 ans, une artiste locale renommée expose ses œuvres ou celles de créateurs de la région.


    5. Le Western Development Museum

    Le but de musée est de recueillir et exposer tout ce qui a trait à l’économie et à la culture de l’ouest du Canada. En pratique, nous sommes passés vite devant la partie concernant l’histoire locale pour avoir le temps d’admirer la jolie collection de, comme dit notre guide, tout ce qui vole, qui roule ou qui glisse.


    Gravelbourg et les frankaskois

    Nous reprenons la route vers le sud-ouest et les paysages commencent à changer un peu. Quelques champs bleus commencent à apparaître, que nous supposons être du lin. Si vous êtes linologue, n’hésitez pas à vous exprimer en commentaire si besoin. Le plus important pour nous, c’est que ça nous change du jaune et du vert de ces derniers jours. Le relief aussi est un peu différent, avec l’arrivée de collines. Sans doute un peu moins facilement cultivables, les terres se transforment volontiers en pâturages.

    Nous rejoignons bientôt Gravelbourg. Cette petite ville de 1000 âmes doit son développement à l’Abbé Louis Gravel, missionnaire québécois qui développa ici une communauté de canadiens francophones. Les 30% de la population qui y parlent encore Français sont appelés les fransaskois, contraction de français et de Saskatchewan, le nom de la province. L’Abbé dépensa beaucoup d’énergie pour faire venir le train et construire des bâtiments religieux et publics, dont une cathédrale, un palais de justice, un théâtre, un lycée. Il voyait grand mais cela parait aujourd’hui démesuré par rapport à la taille de la ville.


    Val Marie et le Parc National des Prairies

    Et nous voilà repartis sur de longues routes droites dont les intersections sont séparées de trente ou cinquante kilomètres, pour certaines occupées par un petit hameau qui semble tellement isolé du reste du monde.

    Nous parvenons finalement à Val Marie, une petite bourgade accueillante, elle aussi partiellement francophone. A moins de vouloir dormir au milieu des champs, le seul endroit acceptable pour la nuit est le petit camping municipal, qui n’est pas si mal finalement. Un camping tout simple comme nous aimons. 13 emplacements dont 3 seulement étaient occupés (nous compris !), un paiement basé sur la confiance (on dépose le règlement dans une enveloppe que l’on glisse ensuite dans une urne) et un calme nocturne parfait.

    Si nous sommes venus là, c’est pour le Parc National des Prairies, et nous n’avons pas été déçus. Sur les conseils de la « ranger » au centre des visiteurs, nous avons enchaîné deux randonnées de 2,5km dans un environnement superbe mêlant reliefs rocheux et vue à 360° sur des plaines herbeuses ou des champs à l’infini, puis parcouru avec Roberto l’Ecotour Scenic Drive, une route de 15km qui traverse le parc. Outre l’environnement tout aussi spectaculaire, nous avons craqué pour les colonies de chiens de prairies. Un seul regret : la petite communauté de bisons ne s’est pas montrée.


    Une révélation

    Nous terminons notre traversée de la Saskatchewan par la petite ville d’Eastend. Son nom semble inadapté pour l’une des villes les plus à l’ouest de la province, mais il fait référence à l’extrémité Est du Parc naturel des Cyprès, si proche qu’il en devient un pléonasme. Mais ce n’est pas ce parc qui nous attire, c’est le T.rex Discovery Centre. On y étudie le squelette de Scotty, le plus grand T.rex du monde découvert dans la région en 1991 par un simple prof d’Eastend qui participait à une sortie fossiles avec des paléontologues renommés. En une demi-journée, alors que les autres n’avaient déterré que quelques ammonites, notre enseignant sortit de terre une grosse dent et une vertèbre rapidement attribuées par les spécialistes à un T.rex. Peut-être vexés, ils n’ont commencé le reste des fouilles que trois ans plus tard et ont appelé la bête Scotty alors que le prof se prénommait Robert. C’est petit.

    Après 20 ans de fouilles, 65% du squelette était reconstitué et le chantier fut arrêté, ses dirigeants et surtout ses financeurs jugeant que l’on ne découvrirait plus rien. Nous avions vu une copie complète au Musée Royal de Regina, mais une copie c’était une copie et nous espérions voir quelques os authentiques. De fait 2 vertèbres d’origine sont exposées. 600 000 siècles nous contemplant, c’est toujours mieux que les 40 des pyramides de Napoléon. Et puis même si avec nos 0,6 siècles d’existence nous avons l’impression d’en savoir beaucoup sur les dinosaures, il y a toujours un truc ou deux à glaner. Mais là, ce n’était pas un truc, c’était une claque. J’avais l’impression d’un fait universellement admis que l’extinction des dinosaures était liée à  la chute d’une comète, dont les conséquences atmosphériques ont entraîné la disparition de 75% des espèces sur terre, DONT nos fameux sauriens géants. Il se disait aussi que la plupart d’entre eux n’étaient pas morts directement, mais conséquemment à une raréfaction de la végétation suite à la pénombre durable qui avait suivi le cataclysme. Les petits dinosaures vegan sont morts de faim les premiers, leurs prédateurs ont logiquement suivi.

    La réalité de la chute de la météorite semble indiscutable. On a retrouvé son cratère au Mexique et la perturbation des sédiments à l’époque est retrouvée dans tous les sols du monde (couche Crétacé-Tertiaire, appelée aussi K-T dans les pays anglosaxons et третинний крейдяний шар en Ukraine). Selon Wikipédia, les chercheurs se tâteraient entre une influence marginale, partielle ou majeure de la métérorite sur la disparition des dinosaures. Or, comme le souligne le centre, 100% des fossiles de dinosaures ont été retrouvés au-dessous de la couche crétacé-tertiaire. Leur disparition ne peut donc qu’être antérieure à la chute de la météorite. Je regrette que mes profs de sciences-nat aient écrit leur cours avec Wikipédia.


    Nous quittons maintenant les saskatchewanais pour aller saluer les albertains. Nous vous en dirons des nouvelles ! Le parcours décrit ci-dessus est illustré ci-dessous et les liens vers les commentaires, le compte Instagram ou l’abonnement sont juste après. Merci de nous suivre et d’avoir la patience de tout lire, le cas échéant.