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  • 69. Bonjour (au revoir) Québec

    Du zoo sauvage de St Félicien aux rives du lac Témiscamingue, des mines d’or aux mines de cuivre, des longues forestières du nord aux zones agricoles colorées du sud, nous profitons jusqu’au bout de cette fin de parcours au Québec dont la francophonie si particulière et la gentillesse des gens nous auront enchanté. Nous laisserons le qualificatif « libre » à De Gaulle mais nous pouvons dire sans hésiter : vive le Québec !

    Des humains pour distraire les animaux

    C’est un peu la philosophie de ce « zoo sauvage de St Félicien ». Préserver un gros bout de nature avec forêts, prairies, rivières, etc. pour y placer en demi-pension (certains repas sont fournis, d’autre pas) des animaux adaptés au climat du coin. Et pour que les animaux ne s’ennuient pas, on met des grappes d’humains dans des cages et on fait circuler ces cages pas trop loin d’eux. Certes, le concept n’est pas unique, mais il correspond bien à notre façon d’aller à la rencontre des animaux. Si un gorille me tendait une banane, j’en serais ravi… Alors nous sommes montés dans la cage et avons suivi le parcours imposé en guettant la faune qui décide ou pas de se montrer. Les bisons et les ours, peu farouches, longeaient volontiers notre petit train sur roues. Les chiens de prairie, très curieux, semblaient guetter notre passage debout sur leurs terriers. Les autres animaux aperçus (loups gris, cerfs de Virginie, caribous, semblaient quant à eux indifférents, poursuivant leur sieste ou leur rumination, y compris à ma grande déception ce grand orignal se désaltérant au bord du lac, cachant ainsi ses bois typiques et magnifiques. Une partie du zoo, plus classique mais avec tout de même de grands enclos, nous a permis d’observer d’autres espèces de la région boréale. Je vous en mets quelques-unes en photos et vous propose après un petit quiz. Oui oui, déjà !

    Et voici donc le quiz :

    1°) Comment appelle-t-on le petit du bison ? A. un bisonneau ? B. un bisonnet ? C. un bisounours ?

    2°) Comment dit-on « bison, iciparvient » en verlan ?

    3°) De ces 3 affirmations sur le castor, laquelle est juste ? A. son petit s’appelle le castor junior ; B. l’huile de castor provient de sa glande anale ; C. il mange ses excréments

    4°) Comment appelle-t-on le petit du chameau ? A. un chamelet ? B. un chamelon ? C. un chamaleau ?

    5°) Comment appelle-t-on autrement le carcajou ? A. le glouton ? B. le gulo gulo ? C. la belette boréale ?

    Réponses à la fin du paragraphe suivant


    La grande traversée

    A la sortie de St Félicien, le panneau est clair : prochaines stations-services à 1 puis 249 km. Nous vérifions la jauge, respirons un bon coup puis nous nous engageons dans cette traversée des régions du nord du Québec qui nous fera monter un peu au-dessus du 49ème parallèle. Un peu plus de 600 km prévus jusqu’à Val d’Or, pas forcément dans la journée car nous sommes autonomes. Une route au revêtement tout à fait honorable – je m’attendais éventuellement à de la terre, peu fréquentée, bordée de jolies fleurs multicolores, qui fend un paysage de type taïga avec forêt dense et nombreux lacs. Deux ours noirs nous feront l’honneur de leur brève apparition. Deux petites villes rompront la monotonie du paysage, ainsi que de rares maisons isolées qui interrogent sur les motivations de leurs occupants. Les zones d’habitation représentent 0,5% de la surface de la région administrative du Québec dans laquelle nous venons d’arriver, et qui porte le nom tout simple d’Abitibi-Temiscamingue. Je vous laisse le soin de dénicher sur Internet le gentilé tout aussi savoureux. Après 500 km, nous trouvons une petite aire aménagée – parking + toilettes sèches + rampe à bateaux – au bord d’un lac et décidons de nous y arrêter pour la nuit. Tout au long de cette belle route tranquille, nous avons écouté les 8 épisodes d’un balado relatant l’histoire d’un québécois ayant, à l’aide de son petit avion, saboté les lignes haute-tension et plongé dans le noir une grande partie de la région. Si comme nous vous avec envie de vous immerger dans la langue québécoise, le lien est ici. Au fait, un balado est l’appellation locale d’un podcast.

    Réponses au quiz du paragraphe précédent : 1.A ; 2.Zombi, vient par ici ; 3.C ; 4.B ; 5.AB


    Un ménage juteux

    Nous sommes ici à Val d’Or, célèbre pour sa mine aurifère exploitée de 1935 à 1985, ce qui est plutôt long pour une mine d’or. C’est parce que le minerai était particulièrement riche, permettant d’extraire 6,3g du précieux métal par tonne. Tout le processus de fabrication, de l’extraction au coulage des lingots est expliqué de façon démonstrative. On entre d’abord dans les entrailles de la mine après avoir décroché sa tenue de la « salle des pendus » et s’être équipé de casque, lampe et ceinture. D’abord dans un chariot motorisé d’époque circulant dans des boyaux étroits où il faut régulièrement baisser la tête pour ne pas accrocher le plafond, puis à pied dans les galeries sombres et humides. Tout est bien sûr émaillé de petites anecdotes, notamment sur la façon dont les ouvriers tentaient de ramener quelques morceaux de minerai en les cachant dans le seul objet qu’ils avaient le droit d’emmener et de ramener : leur savon. Mais le meilleur est pour la fin : à la fermeture de l’usine, une entreprise spécialisée a été chargée de faire le ménage en récupérant entre autres la moindre particule de poussière piégée dans les coins ou derrière les radiateurs de la salle de broyage. Un ménage qui a rapporté gros une fois l’or extrait de cette poussière : pas loin de 900 000 dollars canadiens, soit près de 670 300 euros !


    Le zoo paralympique

    Rien à voir avec le zoo sauvage évoqué précédemment : ce refuge accueille bien des animaux sauvages, mais pas ceux genre le petit panda roux tout mignon qui attire les enfants et augmente les ventes de peluches dans la boutique. Il est destiné aux éclopés, aux tombés du nid, aux victimes de chauffards, aux amputés d’une patte ou d’une aile, aux bébés devenus orphelins grâce au chasseur qui a tiré sur leur mère. Tous les pensionnaires ici ont une histoire, décrite sur la pancarte devant leur cage ou leur enclos. Certains sont là temporairement, le temps de se retaper ou de se sevrer avant d’être relâchés dans la nature. D’autres sont hébergés au long cours, incapables de vivre sans assistance humaine, parfois à cause des premiers contacts humains justement (si vous rencontrez un animal en difficulté dans la nature, prévenez les autorités mais surtout n’y touchez pas). ). Ce fut en tout cas une visite touchante, dont nous vous rapportons quelques portraits.


    Dyn-Amos

    Nous étions venus à Amos pour le Refuge Pageau et ses animaux handicapés. Quitte à être là, nous avons poussé jusqu’au centre-ville pour en respirer l’ambiance. Nous nous sommes présentés à l’office du tourisme, aussi fleuri qu’accueillant et riche en renseignements. De nombreuses activités insoupçonnées sont proposées par la ville, si dynamique que je leur aurais bien proposé le slogan ci-dessus, mais qui n’est pas de si bon goût. Le seul vrai bon goût est celui de l’eau de la ville, qui serait la plus pure du monde grâce à son système de filtration naturel par des moraines glaciaires qui contiendrait parait-il aussi des diamants. Jetez un œil si vous voulez sur les multiples attractions de la ville. Limités par le temps pluvieux, nous nous sommes contentés de la cathédrale, de la maison Hector-Authier (un notable qui a quasiment mis en place toute la région), et le centre d’exposition tout aussi moderne que gratuit où nous avons visionné des documentaires sur l’histoire de la région en réalité virtuelle et une exposition sur le thème du voyage en réalité augmentée. Dynamique je vous dis !


    Mauvaise mine

    Rouyn-Noranda est la capitale de la région de l’Abitibi-Témiscamingue. Désolé pour les noms, mais je peux tout expliquer. Rouyn et Noranda sont deux villages fondés en 1926 sur le site d’une mine de cuivre fraîchement découverte. Rouyn est le nom d’un militaire lorrain s’étant illustré lors de la dernière bataille des franco-canadiens contre les anglais. Noranda résulte …d’une erreur d’imprimerie : elle devait s’appeler NordCanada. Les 2 villes ont fusionné, tout comme le cuivre qu’elles produisent, en 1986.

    Abitibi et Témiscamingue, c’est à cause des Cris. Désolé pour les noms mais je peux tout expliquer. Les Cris font partie des premières nations du Canada, et à ce titre ils ont eu le loisir d’appeler les montagnes, les forêts et les lacs comme ils voulaient. Et justement, Abitibi et Témiscamingue sont les noms de deux importants lacs de la région, le « lac du milieu » et le « lac sans fond » en langue crie, vous devinez pourquoi.

    Quant aux Cris, leur nom est le diminutif de l’appellation française du village Kenisteniwuik. Désolé pour le nom mais je peux tout expliquer, mais plus tard parce que ce n’est pas le sujet.

    A Rouyn-Noranda se trouve donc une importante mine, qui produisait principalement du cuivre, mais aussi de l’or et de l’argent. Aujourd’hui l’extraction a cessé, seule la fonderie fonctionne, notamment en recyclage. Le problème c’est qu’elle laisse échapper de l’arsenic par ses grandes cheminées. Une étude récente, qui retrouve un taux plus élevé qu’attendu de cancers du poumon dans la ville, fait actuellement polémique dans les médias. L’usine serait menacée de fermer si elle ne réduit pas ses taux.

    Je me demandais aussi pourquoi la visite était gratuite… En fait nous avons tout de même tenté d’y aller, mais, selon les agents d’accueil qui n’avaient pas si mauvaise mine, ça reste fermé aux visiteurs depuis la crise sanitaire. Oui mais laquelle ?

    Rouyn-Noranda possède tout de même quelques atouts :


    Pause magasinage

    En guise de trou normand, entre deux chapitres, voici quelques trouvailles repérées en allant « magasiner », c’est-à-dire faire nos courses. D’abord une sélection de fromages un peu surprenants, puis quelques boissons qui ne gagnent probablement pas à être bues. Enfin à vous de voir !


    Au temps de la traite des brunes

    Oui des brunes, parce que les fourrures d’ours blancs ne faisaient pas partie a priori de ce commerce appelé « la traite » aux 17è et 18è siècle. C’est au Fort Témiscamingue, bâti au bord du lac éponyme par les Français en 1720 que tout cela se passait.

    La position géographique était idéale. Les indiens Algonquins y venaient depuis la baie d’Hudson vendre les peaux de phoques, de loutres, de visons et de castors que les « voyageurs » d’origine européenne transportaient ensuite à Montréal. Dans les deux cas, le transport se faisait sur des canoés en écorce de bouleau, lors de navigations exténuantes de 25 jours sur des rivières tumultueuses.

    Le site très pédagogique montre en détail la fabrication de ces embarcations, la vie des gens dans ce fort qui n’avait rien de militaire. De nombreuses maquettes et personnages à l’échelle permettent de mieux se rendre compte, et des animateurs, le plus souvent des jeunes en job d’été, sont là pour répondre aux questions.

    J’ai eu l’occasion d’essayer un chapeau haut de forme en fourrure de castor. Nous avons apprécié aussi la balade dans la « forêt enchantée », où après l’abattage de presque tous les pins pour la construction des maisons du fort, des jeunes pousses de cèdres les ont remplacés, en prenant cet aspect tordu encore inexpliqué.

    Un seul bémol : la rareté des visiteurs alors que nous sommes en haute saison touristique. Ce n’est pourtant pas le prix d’entrée qui freine les visiteurs (3,50€), alors où sont-ils ? Et cela concerne la totalité de notre parcours récent : alors que nous nous attendions depuis le début des vacances scolaires à rencontrer des difficultés pour accéder aux lieux touristiques ou pour nous garer, il n’en est rien : les attractions ne sont guère plus fréquentées qu’en juin, les parkings sont facilement accessibles le jour et nous sommes la plupart du temps seuls sur nos lieux de stationnement nocturnes. C’est tant mieux pour notre tranquillité, mais cela pose question.


    Bonjour le Québec

    Autant vous dire tout de suite, si vous avez bien suivi, « bonjour » en québécois s’emploie pour dire « au revoir ». Nous venons donc de terminer notre parcours québécois et quittons la province avec regret. Nous y avons été particulièrement bien accueillis, et nul doute que la francophonie a beaucoup aidé. Et puis quelle francophonie ! Nous avons adoré entendre parler les Québécois. Un langage coloré, imagé, avec des tournures dont certaines rappellent le passé tandis que d’autres au contraire apparaissent terriblement modernes dans leur lutte active contre la dominance de l’anglais. Les meilleurs exemples sont la francisation des enseignes KFC et Starbucks Coffee, devenues respectivement PFC (Poulet Frit du Kentucky) et Starbucks Café. Mais nous en avons découvert beaucoup d’autres, qui nous font réaliser que nous autres Français nous nous sommes complètement laissés envahir. C’est ainsi que nous avons écouté des balados, déjà évoqués au début de l’article, que nous ne nous étonnons plus lorsqu’on nous propose de taper notre code NIP (1), lorsque des sites Internet nous demandent d’accepter des témoins de navigation (2) ou quand un préposé d’accueil veut nous remettre un pamphlet (3). Nous savons maintenant ce qu’il y a derrière les portes des salles de bains (4) ou des vidanges (5), et ce que récoltent régulièrement les gens à la cueillette (6) des supermarchés. Nous disons désormais « pour dîner (7) » en nous présentant à un restaurant vers 13h, nous demandons la facture (8) à la fin du repas et nous ne prendrons surtout pas le risque de choquer quelqu’un lui demandant s’il (elle) emmène ses gosses (9) en vacances.

    Pour ceux qui aimeraient en savoir plus, ou pour notre ami Yann qui vient de s’installer à Montréal, vous pourrez trouver ici un lexique assez détaillé des mots ou expressions québécoises les plus usitées.

    (1) code PIN, (2) cookies, (3) dépliant ou flyer, (4) WC, (5) poubelles, (6) pick-up, (7) petit-déjeuner, car à midi au Québec on dîne et le soir on soupe, (8) addition, (9) testicules


    En franchissant la rivière des Outaouais, nous sommes passés dans la province de l’Ontario. Même si le Français reste l’une des deux langues officielles, il n’est plus parlé ici que par une minorité de la population. Autant nous remettre à l’Anglais, qui va maintenant nous accompagner jusqu’au sud des États-Unis.

    Alors, see you soon !

    Ci-dessous la carte du parcours correspondant à cet article et les boutons pour commenter ou vous abonner

  • 63. Six passages de frontières en 12 jours

    Un seul de ces passages de frontières était pourtant prévu à la sortie des États-Unis début juin pour la poursuite de notre périple au Canada, mais les circonstances en ont décidé autrement. D’abord une circonstance joyeuse aux Chutes du Niagara où nous a pris soudainement l’envie, alors que nous étions du côté américain, d’aller les observer du point de vue canadien avant de retrouver Roberto aux US. Un autre passage de frontière plus tragique nous obligera quelques jours plus tard à retourner au Canada puis en France pendant quelques jours avant de reprendre notre parcours là où nous l’avions laissé.


    Chutes du Niagara

    Ce sont l’une des merveilles de la Terre et la visite nous a paru incontournable. Nous avons joué le jeu à fond en allant les contempler de plusieurs points de vue : en longeant la rivière tumultueuse, en grimpant sur la tour d’observation et sa proue trônant 86 m au-dessus du vide, en escaladant la passerelle qui rejoint la cataracte à mi-hauteur, en embarquant munis de ponchos en plastique – car oui, ça éclabousse pas mal – sur un bateau qui s’aventure jusqu’aux pieds de la célèbre cascade du fer à cheval. Tout ça c’était du côté américain, mais comme nous n’en avions pas assez, nous sommes allés voir les chutes du côté canadien. Rien de plus facile, il a suffi de traverser à pied en moins de 10 mn le Rainbow Bridge qui relie les deux pays. Bon, honnêtement, il a bien fallu consacrer 15 mn supplémentaires aux formalités administratives d’entrée ay Canada, mais cela valait le coup. De l’autre côté, avec la lumière de l’après-midi et l’angle de vue différent, c’est un autre spectacle que nous avons contemplé. Le tout dans un bruit assourdissant et permanent. Et c’était vraiment impressionnant que de voir ces tonnes d’eau se déverser (2 800 chaque seconde !) dans une brume envahissante qui s’élève bien au-dessus des chutes et où de jolis arcs-en-ciel se forment. Une visite somme toute vivifiante. Saviez-vous qu’en 1948 les chutes se sont arrêtées de couler pendant 3 jours, en raison de la formation d’un gros bloc de glace en amont ? Certains se sont alors aventurés dans le cours d’eau soudain asséché, sous les falaises. Je ne crois pas que nous l’aurions fait.


    Corning ou l’art de se mettre au verre

    Le nom de Corning me disait quelque chose. Une marque inscrite sur la verrerie de laboratoire du temps où j’étais étudiant. Tubes à essais, Béchers, Erlenmeyers et autres cristallisoirs, réputés pour leur grande résistance aux chocs et aux changements brutaux de température. Normal, Corning est l’inventeur du Pyrex. C’est aussi et je l’ignorais le nom de la ville de Pennsylvanie d’où tout est parti. Apprenant que l’usine originale faisait encore référence en matière de verrerie d’art, les grands amateurs de la chose que sont Claudie et moi n’ont pas manqué de faire un crochet pour aller y jeter un œil. Nous nous sommes régalés pendant quelques heures à observer les magnifiques œuvres collectionnées comme réalisées sur place, à voir travailler en direct les souffleurs de verre, à apprendre les étapes de la maîtrise de la fabrication du matériau au fil des époques, à comprendre comment l’on fabrique en série des assiettes, des bouteilles ou encore des miroirs de télescopes.

    Et puis soudain la nouvelle est tombée. Mon père qui n’allait plus très bien depuis quelques jours venait à sont tout de franchir une frontière, bien plus terrible que notre passerelle, celle du monde des vivants. Certes il est parti en douceur à 90 ans, mais cela ne console qu’à moitié.


    Réorganiser le voyage

    Il nous faut donc rentrer en France pour les obsèques, et réfléchir à l’endroit d’où nous allons partir. Notre visa américain était encore valable un peu plus de 2 semaines. Cela risquait d’être un peu juste en cas de retour retardé pour une raison quelconque : le nouveau visa qui nous serait attribué courrait alors pour 90 jours Canada compris. Le plus sûr est donc de faire l’aller-retour depuis le Canada et de shunter la partie Nord-Est des États-Unis. Nous prenons des billets d’avion aller-retour Toronto-Paris et du coup refranchissons la frontière aux Chutes du Niagara, avec Roberto cette fois. Presque une formalité. Personne côté américain – comment sauront-ils que nous avons quitté leur territoire ? – et un douanier sympathique côté canadien qui cède même sa place à un confrère francophone pour nous faciliter la tâche. Un simple contrôle des passeports et de l’enregistrement en ligne « arrivecan » que nous avions réalisé 2 jours plus tôt et nous voilà parvenus au pays à la feuille d’érable. Roberto n’aura même pas été contrôlé !


    Parenthèse française

    Je ne m’étendrai pas sur cette semaine éprouvante mais nécessaire dont le bon côté a été, comme toujours dans ces circonstances, de revoir toute la famille ou presque. Vous n’aurez ni humour ni photo, encore que j’ai hésité à vous mettre celle de la belle cathédrale de Bourges quasi comble de spectateurs venus assister comme nous à un spectacle de trompes de chasse, en essayant de vous faire croire à la forte popularité de mon papa. Mais non, j’ai respecté sa mémoire.


    Le dernier des 6 franchissements de frontières

    Un bel Airbus 350 d’Air France nous a ramenés au Canada. J’ai été un peu surpris d’emblée de partir plein Nord, en direction de Calais puis de l’Islande. Mon ingénieur de père m’aurait sûrement rappelé, s’il avait été encore là, que si le chemin le plus court sur une projection à plat de la Terre était bien la ligne droite, il devenait une ligne courbe appelée arc géodésique si l’on redonnait à notre planète ses rondeurs naturelles. Du coup nous sommes passés tout près de l’Islande avant de traverser le Sud du Groenland, immense étendue de plaines et de montagnes enneigées fendues par de grandes vallées glaciaires toutes gelées et entourées d’une banquise en cours de fragmentation formant sous les effets du vent et des courants de véritables galaxies des mers.


    Arrivée mouvementée

    L’arrivée à Toronto n’a pas été une sinécure. Pourtant partis à peu près à l’heure, nous avions déjà une trentaine de minutes de retard (peut-être que finalement l’avion aurait dû partir plein Est ?). Mais cela ne serait rien si l’on ne nous avait pas annoncé alors qu’en raison de l’engorgement des douanes, nous devrions rester un moment dans l’avion avant de débarquer 50 par 50. Plus d’une heure et demi après, nous sortons enfin de l’appareil, un peu énervés. Mais nos tracas ne s’arrêtent pas là car il nous faut alors patienter dans une très longue queue dont les zig-zags passent même par les toilettes tellement la salle est comble. Après un contrôle policier peu aimable, il nous reste à récupérer nos bagages qui ne circulent plus depuis longtemps sur les tapis mais ont été entassés au milieu de la salle. Ce n’est que 2h30 après notre arrivée que nous sortons enfin de l’aéroport, avec encore beaucoup de mal pour trouver la navette qui rejoint le parking, indiquée nulle part. Nous retrouvons avec joie Roberto, notre cabane au Canada, intact et démarrant au quart de tour, comme pressé lui aussi de reprendre la route. A bientôt alors !