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  • 51. La inspección

    Je profite du blog pour vous distiller quelques mots d’espagnol, langue dans laquelle nous sommes totalement baignés actuellement, d’autant que peu de mexicains parlent anglais. L’espagnol n’est pas si compliqué pour les francophones grâce au fait qu’une grosse partie du vocabulaire est commune, ou presque. Ainsi pour tous les mots dont la terminaison est -tion et -sion (ou -ssion) en français, il suffit de remplacer le suffixe par -ción ou -sión et vous aurez le mot espagnol. Fastoche, non ? Il y a bien sûr des exceptions comme « protestation » qui devient « protesta », mais rassurez-vous, « exception » se traduit bien « excepción », sinon ç’aurait été un comble ! Mais revenons à notre « inspección ».

    la inspeccion

    L’inspection douanière est un moment important dans le processus du shipping. Non pas tant par l’acte bureaucratique, qui peut néanmoins parfois tourner au vinaigre comme ce couple décrivant sur les réseaux sociaux que leur véhicule a été bloqué à Veracruz pendant 2 ans ! Mais surtout par le fait que vous revoyez ce jour-là pour la première fois depuis 4 ou 5 semaines votre compagnon à roues favori. Outre l’émotion des retrouvailles, vous découvrez aussi à quel point il a pu être ou non malmené. Car au cours de ces voyages en RO-RO, les véhicules sont de plus en plus souvent, pour ne pas dire systématiquement, visités et « allégés » d’une partie de leur contenu, voire dégradés. C’est un gros problème qui ne trouve pas pour l’instant de solution car les victimes se plaignent rarement au-delà des réseaux sociaux, n’attendant rien de leur assurance maritime qui n’assure que les biens d’une valeur individuelle supérieure à 200$. Et quand bien même ces victimes iraient en justice, elles se heurteraient au renvoi de responsabilité des différents intervenants entre eux (transitaires, autorités portuaires, compagnies maritimes, etc. Nous n’avions donc pas d’autre choix que de faire avec, en protégeant Roberto du mieux que l’on pouvait tout en connaissant les limites de ce genre de protections face à des gens déterminés pouvant prendre tout leur temps dans la quiétude d’une cale de navire ou l’obscurité d’un port.

    « Quoi ? Les 2 gringos ont leur inspection aujourd’hui ? » – Non, ce n’était quand même pas dans le journal !

    Quatre jours après le déchargement de Roberto, nous avons enfin le rendez-vous pour l’inspection douanière. L’agent qui nous guide dans les formalités à Veracruz, Luis, nous avait quelque peu préparé : un seul d’entre nous pourra entrer dans le port, à condition d’être correctement habillé, ce qui signifie chemise, pantalon et chaussures fermées, y compris pour les femmes. L’occasion est trop belle de mettre mon pantalon tout neuf, acheté 2 jours auparavant. Luis me récupère, accompagné d’une employée, devant la porte de l’hôtel. Il me demande si j’ai bien mon passeport, regarde mon pantalon et me dit, une expression bizarre sur son visage : « Vous n’avez pas de jean ? ». Voyant mon incompréhension il insiste, montrant que son employée et lui en portaient. Je confirme cette faute de goût, désolé de ne pas être aussi « correctement » habillé qu’il l’espérait. Il répond que ça ira et me fait enfiler un gilet de chantier orange fluo, the mexican touch sans doute. Nous arrivons à l’entrée du port. Pendant que Luis passe les barrages pour l’accès de sa voiture, l’employée m’emmène au contrôle des humains, un peu similaire à celui des aéroports, le gel hydroalcoolique à double dose en plus (j’ai dû recevoir celle de l’employée qui, elle, est passée direct…). Nous retrouvons Luis, une liasse de papiers fraîchement tamponnés à la main. Après un long parcours dans l’immense port, sillonnant entre les trains de marchandises en marche et les nombreux poids lourds, il nous amène au parking de la douane. Et là je vois enfin Roberto, attendant sagement au soleil parmi une demi-douzaine de congénères. J’envoie de suite une photo à Claudie afin de partager ce moment d’émotion, puis je scrute la carrosserie au travers du grillage qui nous sépare encore. Je ne décèle rien d’anormal, c’est déjà ça.

    La réponse de Claudie
    Un peu poussiéreux mais enfin là !

    Vingt bonnes minutes après, la douanière arrive enfin. C’est sûr que si j’étais atteint d’onychotillomanie, je n’aurais plus que des moignons d’ongles à ce moment-là. Nous faisons le tour de Roberto, que l’inspectrice prend en photos sous toutes les coutures. C’est vrai qu’il est beau… mais ce doit être pour d’autres raisons. Je vérife que la porte latérale que j’avais condamnée électriquement est bien fermée. Malheureusement, elle s’ouvre… Ça commence plutôt mal ! Un rapide coup d’œil à l’intérieur, ne constatant rien d’anormal dans l’entrée, me rassure partiellement. Mais je n’entre pas et poursuis mon inspection. J’arrive aux portes arrière. Celle de droite est entrouverte. Manifestement elle a été forcée, sans dégât apparent sur la carrosserie, et le cadenas à l’intérieur a tenu le coup. Ouf, car nous avions rangé pas mal de choses dans la soute. Pas d’autre anomalie à l’extérieur. Je pars maintenant à la découverte de l’habitacle, m’attendant au pire avec cette porte latérale déverrouillée. Mais non, tout semble en place. Aucun placard ou tiroir ouvert. Seule la cloison temporaire de séparation cabine/cellule est partiellement sortie de ses rails et présente une petite déchirure dans le bois, démontrant bien qu’on a essayé de la forcer. De nouveau sans résultat apparemment. Au niveau des portes arrière forcées, les plaques en acier anti-ouverture que j’avais installées sont cintrées, ils ont dû tirer fort, mais le cadenas qui les solidarise est toujours en place. Il a néanmoins souffert car je n’arrive pas à l’ouvrir. Je craignais enfin avoir oublié, dans la panique de la dépose à Anvers, de désactiver ma batterie, risquant ainsi une décharge profonde lors du long transport et donc une détérioration. Mais non, le disjoncteur est bien sur « OFF » et l’afficheur lumineux indique 13,9 V, ce qui signifie que les panneaux solaires la rechargent. Un premier bilan plutôt positif donc, si l’on excepte la porte forcée et peut-être abîmée.

    … et la batterie aussi !

    Je n’ai pas trop le temps de réfléchir à tout ça car l’inspectrice des douanes me fait sortir sur le quai la quasi-totalité du contenu des placards et des soutes, à l’heureuse exception de la batterie de cuisine. Le sport consiste à détecter tout ce qui est prohibé à l’importation et notamment tout ce qui est nourriture. Ayant eu l’information au préalable, nous n’avions plus grand-chose, mais les quelques sachets de thé et d’infusions qui nous restaient ont été confisqués, tout comme un flacon d’épices et une boîte de sucre. On nous a aussi pris un des paquets de sciure de bois, celle qui nous sert pour nos toilettes sèches, un grand danger pour le pays manifestement. Deux autres paquets stockés tout près sont passés inaperçus pour leur part, mais ne crions pas victoire trop tôt car il y aura une autre inspection à la sortie du port. L’inspectrice a forcément voulu voir les soutes. Elle a appelé à la rescousse un ouvrier qui, muni d’un coupe-boulon plus grand que lui, a sectionné le cadenas rebelle en moins de temps qu’il n’en a fallu pour écrire le dernier mot de cette phrase. Le contenu des soutes, plutôt technique (tuyau de remplissage, câble électrique, boîte à outils, etc.) n’a pas paru intéresser la fonctionnaire qui ne m’a rien demandé de sortir. Zut, j’aurais dû cacher les tisanes dans la boîte à outils ! Pour finir, ils ont lâché le chien. Enfin c’est une façon de dire qu’un gros molosse est venu mettre le nez dans toutes nos petites affaires, histoire de vérifier que nous ne tentions pas d’importer de croquettes 😉. D’ailleurs j’ai trouvé ça bizarre, parce que les « croquettes » elles vont plutôt de l’Amérique vers l’Europe et pas l’inverse, non ?

    Il ne me restait plus qu’à tout ranger. Et à laisser de nouveau Roberto clefs sur le contact aux mains des employés du port pour plusieurs jours, le temps que les douaniers puissent partir en week-end et se reposer avant de rendre leur rapport. Avant de partir, je passe demander à mon ami Kilian, en train de subir le même contrôle, comment ça se passe pour lui. Je le trouve la mine défaite, errant parmi ses effets étalés sur le sol. Il me dit avoir retrouvé l’intérieur de son van sens dessus dessous et que plusieurs éléments mobiliers ont été endommagés. En outre, plusieurs de ses biens ont été volés. Je le quitte avec la promesse de le revoir l’après-midi. Il va lui falloir plusieurs jours pour s’en remettre moralement. Mais il s’en remettra, car heureusement les bons côtés du voyage vont vite reprendre le dessus.

    Nous avons donc encore un grand week-end à occuper avant d’être convoqués pour l’ultime étape, celle de la sortie du port, qui n’a rien d’une simple formalité. Le musée naval vient de réouvrir, nous allons y jeter un oeil mais nous ne le trouverons pas aussi « incroyable » que l’affirme le site. Je mets aussi quelques photos d’une balade plus intéressante dans l’ancienne forteresse qui, sur une île proche de la côte protégée des courants, a pu servir d’abri aux bateaux de commerce et permettre à la ville de se développer. Le port s’est d’ailleurs développé autour d’elle et ce n’est plus une île du tout.

    De l’extérieur, une jolie vue sur le port
    Des douves à l’intérieur sont là pour séparer la zone de vie de la zone de défense



    Beaucoup de vent ce week-end. Le drapeau rouge interdit la baignade et les rafales de sable bousculent les marcheurs

    J’espère que vous attendez le prochain article comme nous attendons Roberto. Alors à très bientôt !

  • 48. Puebla

    Les habitants de cette ville située à 110 km au sud-est de Mexico auraient pu garder ses dénominations d’origine, « La ville des anges » ou « Le peuple héroïque de Saragosse », mais ils préfèrent se contenter en toute modestie de l’appeler « Le peuple » (Puebla en espagnol), réalisant au passage une économie non négligeable sur les panneaux d’entrée de ville et les documents officiels. Cette ville de 2 millions d’âmes est classée au patrimoine mondial de l’humanité, et méritait donc la visite.

    ◊ L’Hôtel Colonial

    Sans être colonialistes pour autant, nous adorons ce type d’architecture et, dès que nous en avons l’occasion comme en ce moment puisqu’il nous faut bien loger à l’hôtel, nous privilégions ces d’établissement de charme. D’une manière générale, le confort est un peu au-dessous des hôtels modernes de catégorie équivalente, avec par exemple des robinets qui fuient un peu dans les salles de bains ou de vieux volets qui occultent imparfaitement la lumière dans la chambre, mais le cadre y est souvent somptueux et empreint d’histoire. L’établissement que nous avons choisi à Puebla se nomme tout simplement « Hôtel Colonial ». Il fut autrefois un couvent. Vous pourrez constater sur les photos que la décoration est tout à fait dans le style et que la terrasse sur le toit offre une vue splendide sur les alentours. Et ne pensez-pas que cela coûte une fortune, nous sommes à 45 euros la chambre !



    ◊ Le centro historico

    Le centre historique de Puebla est lui aussi de style colonial avec sa grande place centrale entourée sur 3 côtés par de grandes bâtisses avec arcades et bordée sur le dernier par une immense cathédrale richement décorée et joliment illuminée la nuit. Les façades sont soit peintes de couleurs vives, avec parfois des associations osées, soit couvertes de céramiques dont la ville est un lieu de production. Tout se visite à pied, c’est un régal constant pour les yeux et un gros coup de chauffe pour les appareils photos de nos smartphones.





    Un quartier dédié au street art

    Cet art de rue est très répandu au Mexique et nous en avions déjà déniché plusieurs exemples dans le centre de Puebla, jusqu’à ce que nos pas nous amènent dans ce quartier de Xanenetla. Un peu excentré, celui-ci n’avait pas très bonne réputation jusqu’à ce qu’un comité artistique décide de s’en occuper et de couvrir ses murs de fresques, interrogeant chaque habitant sur ce qui le représenterait le mieux. Ce ne sont pas moins de 75 œuvres que l’on peut observer aujourd’hui en se perdant dans le dédale de rues du quartier, redevenu sûr et attractif pour les touristes. Encore que nous étions les seuls ce jour-là.


    Des églises couvertes d’or

    La Chapelle du Rosaire, attachée à l’Eglise Santo Domingo de Puebla

    Nous avons plaisir à entrer dans chaque église qui se présente sur notre chemin. A raison d’une par jour, il nous faudrait à Puebla un an pour les visiter toutes ! S’il en existe autant, c’est que la demande est forte et que les fidèles s’y pressent en nombre. Jamais nous n’en avons trouvé une vide. Chacune est dans un style différent, mais la décoration est souvent très riche. La merveille des merveilles est la Chapelle du Rosaire, attachée à l’Eglise Santo Domingo, entièrement recouvertes de feuilles d’or à 24 carats, brillant de mille feux grâce à la verrière située juste au-dessus.

    Viendrait en second celle de Cholula, dans la banlieue de Puebla, que l’on admirerait sans arrière-pensée si elle n’avait été bâtie au sommet d’une pyramide amérindienne, construite en sept étages et sur plus de mille ans à partir de -500 av. JC par les Toltèques et leurs successeurs. Elle était, en tant que lieu cérémoniel sûrement richement décorée. Outre l’affront à ces peuples, on peut aussi se poser la question sur l’origine de l’or des églises catholiques. Quoi qu’il en soit, cette pyramide de Cholula n’est rien moins que la plus grande du monde (mais pas la plus haute) avec des 400 m de côté, à comparer avec les 150 m de celle de Chéops et les 21 m de celle du Louvre… Ses parois sont aujourd’hui recouvertes de végétation et ce sont plutôt les soubassements et les souterrains que les missions archéologiques dégagent peu à peu.


    Des spécialités culinaires …spéciales

    Le chile en nogada, plat mexicain par excellence, aux couleurs du drapeau du pays

    En prolongement de l’article précédent, citons trois spécialités propres à la ville. D’abord le mole poblano, cette sauce à base de chocolat, de piments doux et de différentes épices, accompagnant généralement du poulet, que nous avions découverte dans un marché et qui est donc originaire d’ici, servie à toutes les sauces pourrait-on dire aux terrasses des restaurants. Ensuite le chile en nogada, gros piment doux farci à la viande, aux fruits et aux arachides, nappé d’une sauce aux noix et parsemée de persil et de grains de grenade, ce qui lui donne opportunément les couleurs du drapeau mexicain. Enfin les dulce poblano, confiseries locales, à qui une rue entière est dédiée, créées pour beaucoup par les religieuses du couvent de Santa Clara pour satisfaire la gourmandise de leurs évêques. Nous avons pu goûter aussi à deux autres spécialités réputées du Mexique, la soupe pozole à base de gros grains de maïs, de tomate et de viande, accompagnée de laitue, de radis, d’oignons et de quarts de tortillas frits, ainsi qu’aux cemitas, sortes de gros hamburgers contenant fromage frais, piments doux et viande panée. Bien nourrissant tout ça !



    ◊ Le coup de la tisane froide

    Attablés à une terrasse, nous commandons nos boissons. Un grand choix de tisanes de fleurs et/ou de fruits séduit Claudie. Les deux premiers choix posent problème puisqu’à chaque fois le serveur revient en disant qu’il n’en a pas. Il finit par donner la liste de ce qu’il a, c’était plus simple. Claudie opte pour une tisane à la rose en précisant « frio » (froide) puisque les deux choix étaient possibles. Le serveur revient avec un pot fumant dans lequel trempe un sachet… Claudie rappelle qu’elle avait demandé une tisane fraîche. Sans se démonter, le serveur revient quelques minutes plus tard avec une choppe en verre emplie de gros glaçons. Ben tiens !


    ◊ Le coup des plaques

    Nous lisons sur un forum de voyageurs du Mexique la mésaventure d’un couple de touristes qui, après avoir malencontreusement stationné là où il ne fallait pas, se retrouvent non seulement affublés d’un procès-verbal sur leur pare-brise mais aussi dépossédés de leur plaque d’immatriculation. Ils racontent être allés interroger la police locale qui leur a annoncé sans vergogne que la procédure était normale, que c’était le seul moyen qu’ils avaient trouvé pour percevoir à coup sûr le montant de l’amende. Le couple, bien qu’ayant réglé la contravention, devra tout de même attendre trois jours avant de pouvoir récupérer sa plaque minéralogique, le temps que l’enregistrement se fasse sur le système informatique. Sur le forum, d’autres expériences similaires sont décrites et certains conseillent de faire comme les habitants : placer derrière une vitre de leur véhicule une copie plastifiée de leur plaque d’immatriculation. Prêtant attention aux véhicules garés le long du trottoir, nous découvrons qu’effectivement, nombreux ont pris cette précaution. Nos voyageurs s’interrogent alors judicieusement : « Oui mais si nous enlevons notre plaque, ils vont nous prendre quoi la prochaine fois ? Un rétroviseur ? Un panneau solaire ? ». Cela mérite effectivement réflexion.

    Intéressant de noter que cette voiture-là possède deux plaques de réserve, dont l’une avec un numéro différent. On n’est jamais trop prudent ?

    Allez, comme on dit, une dernière photo pour la route, celle qui va nous mener à Orizaba au milieu des montagnes mexicaines. Un peu de fraîcheur en perspective mais nous nous rattraperons ensuite lorsque nous serons sur la côte à Veracruz pour récupérer Roberto. Ce dernier se promène actuellement entre la Martinique et la Jamaïque où il devrait faire escale le 8 février. C’est long, nous avons tellement hâte de le retrouver ! Hasta pronto !

  • 45. Des chemins séparés

    Temporairement, le titre du blog n’est plus d’actualité : nous ne sommes plus ni sur les routes ni avec Roberto, nos chemins s’étant séparés à Anvers. Mais c’est pour mieux se retrouver bien sûr !

    Notre envol par étapes vers le Mexique

    1. Anvers – Saint-Barthélemy

    La baie de Saint-Jean et l’hôtel Eden Rock à Saint-Barthélemy

    Pendant que Roberto se gèle les roues sur son quai d’Anvers, nous nous envolons pour les Antilles. Enfin plus précisément vers Saint-Barthélemy, notre île de cœur. Le qualificatif se justifie d’abord par le fait que nous y ayons vécu et travaillé pendant dix très belles années, ensuite parce que nous y avons encore notre résidence principale dont la location nous permet de poursuivre notre voyage, enfin et surtout parce que nous y avons laissé des amis d’exception que nous allons avoir l’immense plaisir de retrouver. Tout en échappant à la morosité climatique et politique métropolitaine : en à peine quelques heures d’avion, le ciel gris devient bleu azur, les arbres décatis retrouvent leurs feuilles, la mer verdâtre reprend sa couleur turquoise, le thermomètre grimpe de 25 degrés, les visages réapparaissent détendus et le ti ‘punch reprend toute sa saveur. Je me demande s’il n’y a pas une relation entre les deux derniers… Quel bonheur en tout cas que de revoir ses amis laissés dix mois plus tôt ! Nous passons de bons moments chez les uns et les autres et retrouvons un peu de notre vie d’antan. Joignant l’utile à l’agréable, nous profitons aussi de l’étape pour régler quelques questions administratives du genre récupérer le courrier en instance, régler le loyer de la boîte postale, commander nos permis de conduire internationaux. Nous jouons aussi les touristes et allons vérifier que la tombe de Johnny est toujours bien visitée dans son petit cimetière de Lorient et que les frites de patates douces sont toujours aussi savoureuses au bar de l’Oubli.


    Belle vue le matin au réveil, avec les sucriers venus prendre leur petit-dej.



    2. Saint-Barthélemy – Miami

    Après une semaine sur place, l’envie de bouger nous reprend. D’ailleurs, des courriels d’American Airlines nous rappellent que nous avons un avion à prendre, ou même deux puisque pour rejoindre Mexico il nous faudra faire étape à Miami. En montrant patte blanche avec un formulaire de santé à remplir en ligne pour l’accès à Sint Maarten, un test antigénique négatif, l’autorisation de voyage Esta plus un autre questionnaire de santé en ligne pour les États-Unis, et enfin deux autres formulaires pour le Mexique. Nous connaissons maintenant nos numéros de passeport et leurs dates d’émission et d’expiration par cœur, les doigts dans le nez pourrait-on dire, l’expression ne convenant toutefois pas aux tests antigéniques. Nous arrivons dans la nuit à Miami et profitons du joli quadrillage étincelant formé par les rues et les avenues. Nous n’avons qu’une journée de visite disponible avant notre dernier avion et portons notre dévolu sur le quartier de Little Havana. Un concentré de la capitale cubaine dans un quartier à l’ouest du centre-ville de Miami. Bus exotiques, fresques murales, joueurs de dominos, enseignes extravagantes, trottoir des célébrités cubaines, un vrai dépaysement qui ravit notre soif de découvertes un peu mise en sommeil depuis un bon mois. De bonne augure pour les prochaines étapes !


    Miami scintillante lors de notre arrivée le soir




    3. Miami – Mexico

    Survol de Miami au départ vers le Mexique

    Dernière étape, dernier avion, toujours avec American Airlines qui ne nous laissera pas un souvenir impérissable. Service low-cost à bord, écrans endommagés, l’association des deux laissant toujours planer un doute sur la qualité de l’entretien des avions. Et coup sur coup, la compagnie nous fait poireauter longtemps sur le tarmac. A l’arrivée à Miami, c’était plus d’un quart d’heure d’immobilisation soi-disant pour attendre qu’une porte se libère. Au départ ce matin, il s’est passé plus de 35 minutes entre le repoussage et le décollage. En cherchant une illustration pour mon article, j’ai découvert sur le net qu’American Airlines était coutumière du fait et qu’elle avait même été condamnée à 1,6 millions de dollars d’amende pour rétention abusive de passagers dans leurs avions immobilisés sur le tarmac. Bon, l’important était d’arriver et nous voilà maintenant à Mexico pour de nouvelles découvertes. Hasta luego !


    Et pendant ce temps Roberto prend le large…

    La croisière de Roberto. On aurait préféré le « Wonder of the Seas » mais il n’était pas dispo avant mars

    Avant de quitter les Iles du Nord, nous apprenons enfin que Roberto est bien monté à bord du Yokohama. Nous suivons le navire sur les sites Marine Traffic et Vessel Finder. Ces sites donnent des informations complémentaires. En cliquant sur les liens ci-dessus, vous pourrez aussi suivre le trajet comme nous. Nous savons ainsi que venant de Brème notre cargo spécialisé dans le transport de véhicules, âgé de 22 ans et battant pavillon Singapourien, a passé 2 jours à Anvers avant de partir à Southampton puis au Havre. Au moment de la publication de cet article, il fait route vers Vigo en Espagne. Pour l’instant le Yokohama accuse 2 ou 3 jours de retard mais tout est relatif car les étapes pouvant varier, nous n’aurons l’estimation d’arrivée qu’une fois amorcée la dernière liaison.

    La position relevée au 22 janvier sur le site Vessel Finder