Étiquette : voyage

  • 41. Coup de gueule

    Une fois n’est pas coutume, je commencerai par un coup de gueule. L’extension logicielle qui m’a permis de construire le quizz du dernier article m’informe sans que j’aie demandé quoi que ce soit du nombre de personnes qui l’ont réalisé. J’ai été triste de découvrir que vous n’étiez que cinq ! Je reconnais bien là mon noyau de lecteurs fidèles, ceux qui m’envoient régulièrement des messages, et je les en remercie d’autant plus chaleureusement. Mais tout de même, cinq lecteurs sur plus de cinquante abonnés ce n’est pas grand-chose ! Je m’interroge du coup sur l’intérêt de poursuivre la rédaction de ce blog et bien entendu sur les raisons de ce désintérêt. Ma prose peut ne pas convenir, ce n’est certes pas de la littérature. Je me demande par ailleurs si ce n’est pas le sujet qui vous désintéresse ainsi. Nos « vacances » perpétuelles peuvent en agacer plus d’un, ou tout simplement ne pas présenter d’intérêt pour la majorité d’entre vous qui êtes bien dans votre propre vie. Bon, je ne vais pas faire de sondage pour connaître les raisons, mais si vous tenez à la poursuite de ce blog, exprimez-le en laissant un commentaire (lien en bas de page) ou en m’envoyant un message via le formulaire de contact.

    Dans l’attente de votre réaction, voire en guise de relais, j’ai ouvert un compte Instagram que j’essaie d’alimenter quotidiennement, avec des textes plus courts. L’éphéméride ci-dessous, à part le chapitre sur Varsovie, en reprend les textes et certaines photos.

    Jeudi

    Varsovie : visite du Musée de l’histoire des juifs polonais, installé sur le site même du ghetto. Une visite en manière de piqûre de rappel pour ne jamais oublier la folie des hommes. Et ne jamais penser que cela ne puisse pas se reproduire. 6 millions de personnes tuées parce que leur tête ou leur religion ne convenaient pas à d’autres. Dont 3 millions à Varsovie, soit 90% de la population juive de l’époque


    Vendredi

    Parcours piéton dans la ville. En commençant par une rue bordée de globes terrestres, chacun sur un thème écologique. En poursuivant par le musée Chopin, malheureusement fermé à l’heure où nous sommes passés. Nous reviendrons peut-être plus tard. Nous rejoignons ensuite la vieille ville, totalement reconstruite après avoir été rasée au cours de la 2nde guerre mondiale, mais sur un style reflétant d’abord l’occupant soviétique, puis se modernisant à partir de l’indépendance. Un mélange des genres du plus bel effet. Sur la place du Palais Royal, nous assistons à une parade militaire. La fanfare était encadrée de beaux fourgons Mercedes Sprinters décorés de militaires semblant dire « Engagez-vous, vous allez voir, la vanlife c’est super ! ». Quelques ruelles pavées plus loin, nous découvrons la place du marché, encadrée de magnifiques bâtiments aux façades multicolores (enfin des couleurs pas trop vives sous le ciel gris du jour) et souvent décorées de fresques ou de bas-reliefs. C’est LE quartier touristique avec les bas-restaurants en terrasse et les boutiques de souvenirs, encore que peu achalandés en cette saison creuse. Mais nous imaginons parfaitement la foule estivale qui se bouscule en partageant ses microbes. Halte ensuite devant la tombe du soldat inconnu, gardée par deux soldats en permanence mais qui tournent le dos à la flamme : s’apercevraient-ils de quelque chose si le vent l’éteignait ? Tentative de visite ensuite du musée de la vodka, malheureusement fermé. Nous nous rabattons sur un chocolat chaud bien épais, aux chamallows pour Claudie et aux cerises à l’eau de vie pour moi. Passage enfin devant le monument dédié à la mémoire des insurgés du ghetto de Varsovie, qui ont tous perdu la vie dignement face aux soldats allemands. C’était de toutes façons à qui perd perd. Il nous reste à reprendre Roberto pour un parcours de nuit très embouteillé jusqu’à notre spot nocturne, exceptionnellement un camping pour donner un coup de boost à notre batterie, pas trop soutenue en ce moment, ni par les panneaux solaires qui produisent peu ni par le peu de kilomètres que nous parcourons.


    Samedi

    Immersion dans le monde des néons. Le néon en tant qu’enseigne lumineuse a été mis au point par le français Georges Claude en 1910. Il a découvert que ce gaz, rien de moins que le 5ème élément en masse dans l’univers, placé dans un espace clos comme un tube de verre devenait lumineux lorsqu’il était excité par un courant électrique. Le chimiste déposa son brevet et devint riche et célèbre en vendant des enseignes dans le monde entier. L’histoire nous est racontée dans une vieille usine de Varsovie, qui a récupéré nombre d’anciens néons de la ville ou des environs, dont l’extinction, si l’on peut dire, a été initiée par l’occupant soviétique qui ne voyait dans ces enseignes publicitaires qu’une marque du capitalisme, puis confirmée par l’arrivée des lampes fluorescentes et enfin des LED.


    Dimanche

    Lublin et Zamosc, deux villes remarquables par leurs centres historiques style renaissance, avec façades colorées ou ornées de motifs ou bas-reliefs. Particulièrement photogéniques, même si le soleil souvent caché derrière les nuages n’a pas permis d’en faire ressortir le meilleur. Au moins il faisait encore jour, le coucher de soleil sur la dernière photo a été pris à 16h ! Le chevalier sur la photo, Jan Zamoyski a donné son nom à la ville de Zamosc qu’il a fait aménager lui-même par un architecte italien, d’où la différence de style avec les villes et pays voisins.


    Lundi

    Étape dans le charmant village de Zalipie où les habitants se sont donnés le mot pour décorer leurs maisons, leurs fermes, leurs ruches et même leur église de motifs floraux peints. C’est en fait une tradition de cette région de Pologne depuis 2 siècles. La plus forte concentration est ici.


    Mardi

    Cracovie l’ancienne capitale, rare ville polonaise épargnée par les bombes allemandes. Sa place du marché à la fois touristique et authentique, ses portes moyenâgeuses, son château, son dragon cracheur de feu, son pape adoré, et ses pierogi (raviolis polonais)


    Mercredi

    La fabrique Schindler ça vous dit quelque chose ? C’est bien sûr celle de cet entrepreneur allemand qui a sauvé ses 1100 ouvriers juifs d’une mort programmée, histoire si bien racontée dans le film de Spielberg. Nous avons revu le film puis avons visité la fabrique dans la foulée. Elle n’est plus en activité mais on y trouve encore le bureau d’Oscar Schindler, quelques vieilles casseroles et surtout une belle exposition sur l’histoire de Cracovie et de sa communauté juive pendant ĺa 2ème guerre mondiale


    Jeudi

    Point d’orgue de notre parcours historique à la mémoire du génocide juif, la visite du camp de concentration et d’extermination d’Auschwitz. Vous n’aurez que des photos d’extérieur ici, c’est déjà assez glauque. Nous garderons pour nous et par respect les preuves matérielles de l’abominable shoah (empilements de valises, de vêtements, de chaussures et nombreux objets soutirés aux malheureuses victimes, montagnes de cheveux) et toutes les photographies de l’exposition. Nous n’oublierons rien, j’espère que vous non plus.


    Vendredi

    C’est notre dernier jour en Pologne. La journée sera consacrée aux « basses besognes » du voyage : lavage-séchage du linge en laverie self-service (env. 9 € le tout pour 14 Kg), vidage des eaux usées (gratuit), pleins d’eau potable (gratuit), de carburant (1,34 €/l de gazoil) et même d’AdBlue (0,88 €/l). Il nous faut aussi en prévision de notre passage en République Tchèque nous inscrire sur leur site administratif (règle covid) et acheter en ligne la vignette pour les autoroutes (12,50 € pour 10 jours). Il ne reste plus qu’à rouler vers le 12ème pays de notre parcours.

  • 38. Chroniques lettones

    Géographie pratique

    Exercice : Situer correctement les Pays Baltes et leurs capitales

    Nous avons beaucoup voyagé en Asie du Sud-Est et en situons parfaitement tous les pays et capitales. A l’inverse, nous en sommes encore incapables pour de nombreux pays d’Afrique. Et jusqu’à ce que nous y soyons parvenus, j’avoue que nous avions beaucoup de mal à situer correctement les pays baltes et leurs capitales respectives. Maintenant, nous n’aurons plus de doute. Et vous, sauriez-vous placer les pays baltes sur une carte ? Comme quoi, voyager devrait faire partie de l’enseignement scolaire !

    La Lettonie comme ses deux sœurs baltes est une jeune république âgée de seulement une trentaine d’années. Il en ressort une vivacité économique une volonté très présente de vivre l’instant présent, en témoignent la qualification pour intégrer l’Union Européenne en 2014 et la vie nocturne apparemment déjantée (nous ne sommes pas allés vérifier) de la capitale. En revanche, comme pour l’Estonie, les stigmates de l’occupation Russe sont encore très présents, comme si le pays ne voulait pas les effacer. De nombreux immeubles et maisons en ruine jalonnent les rues et les routes, les maisons occupées sont peu ou pas entretenues et contrastent fortement avec les voitures luxueuses garées devant. Malgré tout, ces vieilles façades défraîchies aux tons glauques donnent un charme particulier.

    Cette façade est vraiment d’un « autre temps » comme l’indique la pancarte…

    Culs-terreux

    Nous nous demandions pourquoi d’aussi nombreuses voitures avaient l’arrière totalement couvert de boue, comme si elles sortaient d’un rallye. Et puis nous avons vu ce panneau, sans trop le comprendre.

    Attention : Immeuble avec 1 paratonnerre et 1 antenne de réseau mobile ?

    Et puis nous avons vu la route, pensant qu’il s’agissait d’une zone de travaux. Mais non, il s’agissait d’une route dite « non revêtue » que nous devrons parcourir comme d’autres un peu plus loin sur plusieurs dizaines de kilomètres. Par chance il ne pleuvait pas ces jours-là et ce fut donc sans trop de dommages pour le postérieur de Roberto. Par contre, malgré l’absence de panneaux limitateurs de vitesse, ce qui sous-entend que l’on pourrait y rouler à 90 km/h, nous avons du rouler assez lentement car ça vibrait pas mal dans nos placards tandis qu’il fallait éviter les nombreux nids-de-poules. Cela dit, il y avait là-dedans un petit côté exotique pas désagréable !


    Riga, conjuguée à tous les temps

    La capitale de la Lettonie est classée au patrimoine mondial de l’Unesco à la fois pour son centre-ville historique médiéval, fait de maisons en bois bordant des rues pavées piétonnes et de beaux édifices religieux aussi bien luthériens que catholiques et orthodoxes, mais aussi pour être la plus grande concentration mondiale d’édifices art nouveau (plus de 600 bâtiments répertoriés) bâtis au tout début du XXème siècle.



    Versailles pour nous seuls

    Nous parlons du Château de Rundale, surnommé le Versailles de la Baltique, situé à 80 km au sud-est de Riga. Il a été construit au XVIIIème siècle par l’impératrice de Russie, puis repris par des nobles locaux avant d’être occupé successivement par les Allemands puis par les Russes pendant les 2 guerres mondiales. Qui ne se souciaient guère de son entretien, transformant même une magnifique salle en terrain de basket, accrochant des paniers au cou des statues !
    L’Etat a fini par le récupérer et le restaurer pour notre plus grand bonheur. Ayant campé sur le parking du château, nous étions les premiers ce matin-là à en franchir les grilles. Et les seuls visiteurs de la matinée ! Nous avons donc effectué une visite en VIP, tout de même chaperonnés par une petite dame qui nous précédait de salle en salle et vérifiait que l’on ne sautait pas sur les couvertures brodées des lits. Pour la description, les photos parleront d’elles-mêmes, accompagnées si besoin de quelques commentaires.


    Découverte de la porcelaine idéologique

    C’est un terme qui nous était inconnu jusqu’ici, mais que nous avons découvert dans ce musée de la porcelaine de Riga. Au cours des périodes d’occupation soviétique, tout l’art de la porcelaine était récupéré pour la propagande. Ce qui donne ces œuvres étonnantes.


    A part ça le musée exposait aussi de belles pièces plus contemporaines dont voici 2 exemples


    Petit-dej

    Le petit-déjeuner letton, autrement appelé brokastis en langue locale, est rarement sauté. Certains disent que c’est la conséquence des privations pendant l’occupation soviétique, d’autres que c’est une adaptation au climat froid. En tout cas en Lettonie tout se passe comme si on se levait avec la faim au ventre.

    Pour en savoir plus, plongeons-nous dans l’intimité d’une famille lettone, un couple standard et ses deux enfants âgés respectivement de 4 ans et 2 mois, appelés Hokku et Onni, deux prénoms assez courants là-bas. Leur petit-déjeuner, ils le prennent ensemble, assis autour de la table. A cause des privations, le mobilier est encore disparate. La mère et ses deux enfants occupent le banc et le père la chaise.

    On démarre par des tranches de pain de seigle plutôt noir et plutôt beurré que l’on accompagne de hareng ou de maquereau fumé, parfois de saumon ou de rosbeef, et que l’on recouvre de crème aigre ou de rondelles d’oignons. On enchaîne ensuite avec des œufs et des saucisses fumées, du fromage blanc aux concombres et si l’on est encore affamé (mais après ça l’est-on ?) on peut terminer avec un bon porridge recouvert de confiture ou de baies.

    En guise de boisson, les jeunes comme Hokku prennent plutôt du lait, qui va très bien avec le poisson quoi qu’on en dise (l’association lait-thon est très populaire à Riga). Le bébé, lui, est encore nourri au sein. Les adultes pour leur part ne boivent que du café, le thé letton étant plutôt une spécialité française.

    La télévision est allumée et diffuse un documentaire sur l’occupation Russe. Car oui, ils ont une télévision. La mère d’Onni a même un lave-linge, c’est vrai ça. Mais là elle ne s’en sert pas puisqu’elle allaite son bébé. Imaginez bien la scène : la mère lettone d’Onni, qui est aussi la mère d’Hokku, allaite Onni tout en regardant l’amer docu. On peut prévoir que le petit dernier aura bientôt besoin d’être changé…

    P.S. Bon, j’avoue humblement que ni Hokku ni Onni ne sont des prénoms lettons. Mais si je les avais appelés de façon plus réaliste Druvvaldis ou Ringolds, mes jeux de mots auraient moins bien marché.


    Autres découvertes de la (petite) semaine









    C’est terminé pour aujourd’hui, nous allons passer maintenant en Lithuanie. Peu à peu, le covid que nous avions réussi à oublier (aucun masque, aucune mesure particulière dans les pays scandinaves) se rappelle à nous : masques de retour dans les magasins et musées depuis l’Estonie, présentation du pass sanitaire dans les musées, enregistrement obligatoire sur un site à l’arrivée en Lettonie. Aïe aïe aïe, nous n’étions plus habitués !

    Ci-dessous les cartes de notre trajet depuis le début (nous venons de fêter nos 6 mois de vie nomade) et celui qui vient de se terminer en Lettonie. A bientôt !

  • 37. Une demi-douzaine d’E

    E comme Estonie

    E comme Estonie, le premier de ma demi-douzaine d'E
    La frontière avec la Russie à Narva : drapeaux européen, estonien, municipal et, au loin, russe

    La petite république balte a bien du mérite. Sa population d’origine a longtemps été ballotée au gré des invasions successives, des Vikings aux Russes en passant par les Danois, les Suédois, les Allemands et même les Polonais. Chacun des occupants tentant de faire intégrer sa culture et sa religion, tout en prenant à chaque fois les rênes de l’économie. Profitant d’une faiblesse de l’occupant Russe (renversement du tsar par les bolcheviques), l’Estonie proclama enfin son indépendance en 1918. Mais le pays fut repris par les Russes en 1939, par les Allemands en 1941 puis de nouveau par les Russes en 1945 avec une longue et douloureuse période de répression, un exode massif et de nombreuses pertes humaines. Néanmoins, la résistance s’organisa peu à peu, et le pays finit enfin par récupérer sa souveraineté en 1991. Autant dire que c’est une jeune démocratie. Les dirigeants ont mis les bouchées doubles pour lancer une économie capitaliste qui fonctionne plutôt bien, au point d’être acceptés dans l’Union Européenne en 2004 et d’adopter l’Euro en 2011.


    E comme Est

    Les longues périodes d’occupation soviétique ont forcément laissé des traces. L’habitat n’a plus rien à voir avec celui des pays Scandinaves. Les petites maisons de pêcheurs en bois rouge brique parfaitement entretenues ont fait place à de vieilles baraques dont le bardage mural pastel s’écaille ou pourrit lentement, quand il ne s’agit pas de grands immeubles en brique si impersonnels qu’il faut leur adjoindre un numéro – souvent à deux chiffres – pour que les habitants puissent retrouver leur logement. Dans la campagne, les grandes fermes collectives abandonnées sont légion. Seul le Nord-Est garde une communauté russophone importante. Nous y avons même trouvé une statue de Lénine encore debout.

    Très tôt l’Estonie a tourné le dos au géant Russe pour développer une économie libérale en opposition de phase avec celle imposée par son ancien occupant. Elle le surveille néanmoins du coin de l’œil, craignant de subir le même sort que la Crimée ou l’Ukraine. Elle songe même à édifier une barrière le long de sa frontière avec la Russie. Tout en rêvant de creuser un tunnel sous la Mer Baltique pour mieux échanger avec Helsinki. Car l’Estonie se sent bien plus proche de la Finlande, avec qui elle a des racines culturelles communes, qu’avec les autres pays baltes, la Lettonie et la Lithuanie.


    E comme e-Stonie

    C’est le surnom qui a été attribué au pays compte-tenu de son avance dans le domaine du numérique et des nouvelles technologies. Skype est un pur produit Estonien et les habitants de la petite république balte utilisent depuis longtemps Internet pour déclarer leurs revenus ou signer des documents en ligne. Les enfants apprennent même à coder à l’école primaire. En 2014, l’Estonie fut le premier pays à proposer le statut de résidence électronique aux non-résidents. Si vous voulez en savoir plus sur les avantages de ce statut, si vous souhaitez pour une centaine d’euros créer votre entreprise domiciliée en Estonie, c’est ici.

    Nous avons pour notre part expérimenté cette avance numérique en visitant un musée. Le ticket d’entrée, imprimé à notre nom et intégrant notre langage, permet lorsqu’il est apposé sur le commentaire de tel ou tel objet exposé de le convertir en Français. Simple et efficace, beaucoup moins fastidieux qu’avec Google traduction. De plus, apposer le ticket permet, si on le souhaite, de télécharger ce commentaire et des références sur un carnet numérique que l’on peut récupérer en ligne pendant un mois. Vive le progrès !


    E comme Estonia

    Monument en hommage aux victimes de l’Estonia, en forme de trajectoire interrompue (Tallin)

    Si nous avons pu traverser sans souci la mer Baltique dans notre ferry, cela n’a pas été le cas pour les pauvres 989 passagers de l’Estonia, qui sombra en 15 mn au milieu d’une nuit de tempête au cours de sa traversée de l’Estonie vers la Suède en 1994. 852 personnes y ont laissé la vie, la pire catastrophe maritime jamais observée en Europe. Le rapport d’enquête conclut en 1997, après avoir envoyé un sous-marin examiner l’épave à 85m de profondeur et après avoir remonté la porte avant qui s’était détachée à une erreur de conception du ferry. En 2000, une équipe américano-allemande réexamina les données et re-plongea sur l’épave, concluant pour sa part que la porte ne s’était pas simplement détachée en raison de la tempête mais qu’elle avait cédé à une explosion, supposée liée à des munitions que transportait le ferry. Le gouvernement Suédois mit fin à cette théorie du complot en déclarant l’épave « sanctuaire marin » (650 personnes s’y trouveraient encore), en y interdisant toute plongée et en larguant du sable dessus pour officiellement la stabiliser, ce qui évidemment attisa davantage les suspicions. En juillet dernier, une nouvelle équipe dirigea un sous-marin sur l’épave et identifia un trou béant dont ne parlait aucunement le rapport d’enquête initial, attribuant la cause à la rencontre avec un sous-marin. Terriblement d’actualité alors que nous sommes en plein dans le procès du Bugaled Breizh. Le dossier pourrait être réouvert. A suivre. Pour en savoir plus, vous pouvez lire cet article.


    E comme Envers

    Renversant, non ?

    Parlons tout d’abord de cette attraction amusante bien que non spécifiquement Estonienne, une maison construite exprès à l’envers juste pour le fun et réaliser quelques clichés surprenants. Pour nous autres ayant vécu l’ouragan Irma, elle n’est pas sans rappeler la cabane des surfeurs de la plage de Lorient jusqu’au cimetière situé 200 mètres plus haut.


    Plus typique est le kiiking, une manière bien Estonienne d’utiliser les balançoires en s’y mettant debout, les pieds attachés sur le siège et en intensifiant le balancement jusqu’à faire un tour complet au-dessus de la barre. Plus la corde est longue, plus c’est difficile à réaliser. Le record est de 7 mètres… Pour en savoir plus, consultez le site dédié kiiking.ee


    E comme Ephemeride

    Terminons cet article comme la dernière fois par nos découvertes journalières au cours de la semaine qui vient de s’écouler. Une petite semaine cette fois, à l’image de la taille du pays.

    Vendredi 8/10 : Tallin la capitale


    Samedi 9/10 : Randonnée dans les tourbières et visite d’une galerie d’art



    Dimanche 10/10 : Visite d’un manoir, balade dans son grand parc puis sur le « chemin des castors » et enfin marche en bord de mer




    Lundi 11/10 : réveil ensoleillé sur la plage puis visite de Narva, poste frontière avec la Russie, et enfin d’un couvent orthodoxe

    Roberto prend de belles couleurs près de la plage de Toila. Oui, nous avons osé coucher à Toila !

    Un couple Estonien refait le monde devant la forteresse Russe juste de l’autre côté de la frontière



    Mardi 12 : La vraie et la fausse vierge de Mustvee, un autre cimetière et la maison à l’envers de Tartu




    Mercredi 13/10 : Tartu, son musée de pointe, son université, les ruines de son ancienne cathédrale, son couple d’étudiants qui s’embrassent devant la mairie



    Jeudi 14/10 : dernier jour en Estonie


    Le château de Sangatte

    Voilà, j’ai pu caser tous mes E sans trop m’embrouiller. Nous sommes passés en Lettonie et c’est une autre histoire. A bientôt !