Voici donc la suite de notre voyage itinérant sac au dos avec nos 4 enfants en 2003, retranscrite ici en guise de flash-back pendant la pause quadrimestrielle de la team Roberto. Après l’Équateur, c’est maintenant le Pérou que nous allons découvrir en famille.
Courriel du 19/11/2003
Entrée au Pérou à pied
Après avoir passé la nuit dans la petite ville de Macara, totalement paumée et insipide, mais ayant le double avantage de se trouver à 3 km de la frontière et de bénéficier d’un climat chaud (comme en témoignent les hamacs suspendus devant chaque boutique de la rue principale), nous avons franchi la rivière qui sépare l’Équateur du Pérou le plus simplement du monde, à pied, sur le pont qui l’enjambe. Il n’y a pas de quoi fouetter un chat, mais c’est tout de même un peu plus marquant que de passer devant le guichet d’un douanier dans un aéroport, non ? C’est en tout cas le début de notre aventure péruvienne !

Trois rencontres
La première étape dans le pays, de la frontière à la première ville significative située à deux heures de voiture de là, a été marquée par trois rencontres, deux bonnes et une mauvaise. Commençons par une bonne, bien sûr, celle d’un sympathique couple de parisiens en voyage de noces pour dix mois autour du Monde. Nous avons longuement discuté avec eux des modalités pratiques de leur voyage – ça ne s’improvise pas ! – et échangé nos expériences. Leur parcours (Etats-Unis, Mexique, Amérique du Sud jusqu’en Patagonie, Ile de Pâques, Tahiti, Australie, Asie du Sud-Est et Transsibérien) a de quoi en faire rêver plus d’un nous compris !
Nous avions aussi avec nous dans la voiture un péruvien qui ne pouvait qu’être gentil et sympathique puisque prénommé Juan Miguel. Arrangeant comme tout, il se proposa même de nous faire faire la seconde étape à bord de sa propre voiture. Mais arrivés à la ville intermédiaire, point de véhicule promis, et voilà notre ami qui se met à arrêter tout ce qui passe à quatre roues et à négocier avec les conducteurs notre passage jusqu’à la ville voisine. Le problème pour nous était de nous caser tous dans le véhicule (c’est à dire 6 Augé + les jeunes mariés + lui + les 9 sacs à dos de ce petit monde), alors que pour lui et les conducteurs qui voulaient bien s’arrêter, il s’agissait davantage d’une question de prix.
Heureusement, une petite dame qui passait par là, après avoir fait une risette à nos enfants, nous a assuré que la solution proposée par le monsieur n’était pas convenable et qu’il était plus simple (et moins cher) de prendre le bus. Elle nous a d’ailleurs accompagné elle-même à la station, située pourtant à plus de 500m de là. Adorable !

Le désert du Pérou
Arrivés enfin à la ville de Piura, nous avons réservé un bus de nuit pour rejoindre Lima en une quinzaine d’heures. Nous avons décidé en effet de visiter principalement le sud du pays, là où se rassemblent la majorité des sites touristiques. Le trajet jusqu’à la capitale nous a fait longer toute la plaine côtière, parfaitement désertique, avec des dunes de sable comme nous n’aurions pu en imaginer qu’au Sahara ou au Moyen Orient. Mais bon, voilà nos idées reçues remises en place…
Traversée au petit matin, la banlieue de Lima nous est apparue assez sinistre, avec des kilomètres de maisons pas finies, de terrains vagues, de détritus, d’ateliers miteux, de pancartes déglinguées, le tout dans une ambiance de brouillard qui accentuait encore l’impression de décadence. On comprend mal pourquoi tous ces gens ont fui la campagne pour venir habiter ici.
Lima, en mieux
Nous sommes depuis deux jours dans la capitale, plus précisément dans le quartier colonial, et notre opinion sur la ville remonte sérieusement. Malgré les multiples tremblements de terre, les édifices civils ou religieux sont systématiquement reconstruits et affichent une présence imposante un peu partout. Des balcons fermés de bois sculptés ornent souvent les façades. Côté culturel, il semble y avoir de quoi s’occuper. Nous avons commencé par un joli musée sur les civilisations pré et post-colombiennes du pays. Nous avons bien approfondi nos connaissances sur les us et coutumes de ces gens-là. Nos enfants ont bien aimé la fabrication des momies assises, les déformations des crânes en ogives ou en anneaux, et les trépanations de crânes étonnamment réussies à cette époque (début de l’ère chrétienne) puisque des signes de réparation osseuse étaient observables.
Rien de tout cela ne nous a coupé l’appétit, puisque nous sommes allés nous sustenter dès la sortie du musée d’empanadas (petits chaussons fourrés à la viande) et de cochons d’Inde EN CHOCOLAT, accompagnés de chicha morada, boisson sucrée à base de maïs violet. Très bonne, mais nous attendons mieux demain avec la visite de la région de Pisco.
À bientôt….
Courriel du 29/11/2003
Boires et déboires à Pisco
Les bus péruviens ne sont pas aussi performants qu’en Équateur, nous l’avons constaté à nos dépens. Les horaires sont fantaisistes, les annulations pour cause de remplissage insuffisant sont monnaie courante et le personnel est aussi aimable que le lama qui vient de cracher. Pour notre seule étape de Pisco, nous avons essuyé deux retards de plus de deux heures, le second s’étant même terminé par une annulation. Et tout ça pour découvrir que la boisson nationale est originaire en fait de la ville voisine d’Ica, devant son nom au port d’expédition vers l’Espagne qui, lui, figurait en grosses lettres sur les caisses ! Nous nous rattraperons de rage sur l’Inca Kola, l’autre boisson nationale péruvienne, plus vendue que sa concurrente nord américaine malgré sa couleur jaune fluo et son goût de médicament.
La baleine, le singe et le colibri
Cela sonne comme une fable de La Fontaine, mais les initiés auront reconnu quelques-unes des figures des fameuses lignes de Nazca, tracées en plein désert il y a plus de mille ans, et qui résistent à la fois aux intempéries (qui se résument ici à quelques minutes de pluie par an, ça aide !) et à la sagacité des scientifiques de tous bords, lesquels se demandent bien pourquoi on a tracé ces lignes visibles seulement du ciel bien avant la découverte de l’aéroplane. Les hypothèses les plus sérieuses vont du calendrier solaire géant aux pistes d’atterrissage pour extra-terrestres… La moitié d’entre nous souffrant du mal de l’air (le secret médical m’interdit de vous dire qui, non, non, n’insistez pas !), nous avons choisi de ne voir qu’un échantillon de ces lignes du haut d’un mirador, et cela nous a paru suffisant.

Le retour des momies
Nazca est aussi le site d’un cimetière pré-inca assez impressionnant, une étendue de sable de plusieurs kilomètres carrés parsemée d’ossements et de tissus âgés d’un millier d’années, d’où l’on extrait peu à peu des dizaines de momies assez bien conservées, avec encore la peau sur les os (après tant d’années sans manger, c’est normal) et plein de cheveux. Elles sont ensuite replacées dans les tombes, qui restent par contre à ciel ouvert afin que des détraqués comme nous viennent les photographier, ce qui ne devait pas être prévu dans le programme initial…
Arequipa et Juanita
Nous avons quitté les déserts côtiers, assez insipides en dehors des quelques curiosités sus-décrites, pour la belle ville d’Arequipa, située sur les contreforts de la Cordillère des Andes, aux pieds de trois volcans dépassant les 6000m d’altitude. Arequipa elle-même est à 2600m mais bénéficie pourtant de températures douces et d’un ensoleillement de plus de 300 heures par an. C’est dire que, là encore, rien ne pousse sans irrigation. Heureusement, les Incas sont passés par là et ont installé des aqueducs partout, après avoir essayé en vain de faire pleuvoir en sacrifiant des jeunes filles prépubères, comme la célèbre Juanita, retrouvée il y a quelques années dans un glacier des environs et exposée dans un musée de la ville.
Le Mont-Blanc dans un fauteuil
Le must d’Arequipa, c’est l’excursion au Canyon du Colca, le plus profond du monde (3600m) et pourtant peu connu car découvert seulement en 1986. On y accède en cinq heures de bus par une route non revêtue et donc assez inconfortable, mais qui nous permet de franchir sans effort un col à 4910m d’altitude, un peu plus élevé que notre montagne nationale. Tout autour, des cimes bien plus élevées encore, c’est dire le gigantisme du lieu, tout au long de la route, des pampas arides parfois tachées de vert lorsqu’un torrent les traverse, et surtout, des colonies de lamas, alpagas et vigognes parfaitement intégrés au décor.
Comment distinguer un lama d’un alpaga et d’une vigogne, et vice versa ?
Avant ce voyage, nos connaissances sur les camélidés andins se limitaient au lama du capitaine Haddock. Désormais, nous savons qu’il en existe beaucoup d’autres, et notre œil exercé identifie les trois principales espèces à 30m. Bien que l’éventualité d’une rencontre dans l’hexagone soit faible, il nous est apparu opportun de vous communiquer notre expérience, au travers des différentes méthodes utilisables :
1. méthode descriptive : une robe caramel et une allure élancée orientent vers une vigogne ; une épaisse tignasse noire ou blanche et une démarche pataude désignent plutôt un alpaga ; des couleurs multiples et une attitude hautaine sont des caractéristiques du lama.
2. méthode géographique : si vous découvrez votre animal dans une pampa aride, c’est un lama (tout comme le capitaine, ils n’aiment pas l’eau) ; dans une réserve naturelle, c’est une vigogne (elle n’aime pas les gens) ; partout ailleurs, y compris dans les endroits les plus insolites comme un jardin public, une salle de restaurant, les bras d’une petite fille ou l’étal d’un boucher, c’est un alpaga (il aime tout le monde, et ça lui attire parfois des ennuis).
3. méthode monétaire : profitez d’un moment d’inattention de l’animal pour lui dérober un peu de laine, et tentez de vendre votre récolte au marché le plus proche. Si l’on vous donne des dollars, c’est une vigogne, des soles, c’est un alpaga, une claque dans le dos, c’est un lama.
4. méthode comparative : empruntez les lunettes de vue de votre petite sœur et observez l’animal à une distance raisonnable afin d’éviter les coups de pieds (de votre petite sœur). S’il ressemble alors plutôt à un mouton, c’est un alpaga ; à une biche, c’est une vigogne ; à un lama, c’est … un lama.
5. méthode risquée : essayez de chatouiller la bête sous le menton. Si elle crache, c’est un lama ; si elle mord, c’est un alpaga ; si elle vous envoie une bonne ruade, c’est une vigogne.
El condor pasa
Le point ultime de notre excursion était le lieu-dit « la cruz del condor », que nos progrès en espagnol nous ont permis de traduire par « la croix du condor ». Il s’agit d’un éperon rocheux surplombant de 1200m le torrent qui coule au fond du canyon juste au-dessous, connu pour être fréquenté par les condors, les oiseaux-emblèmes du pays. Et nous en avons vu effectivement passer pas mal, planant majestueusement (2 à 3 mètres d’envergure tout de même) dans un silence parfait, les serres apparentes comme le train d’atterrissage d’un Airbus en finale, l’écharpe de plumes blanches bien ajustée autour du cou. Le long du sentier bordant le canyon, nous avons vu l’espace de quelques secondes « passer » l’un de ces oiseaux entre nous et le vide, sans un bruit, et avons subitement mis pour longtemps une image sur le titre de la chanson « El Condor Pasa ».
À bientôt…
Courriel du 6/12/2003
Toujours plus hauts
Après avoir franchi un col à 5000m cette fois, sans même nous en apercevoir (serions-nous blasés ?), nous sommes parvenus au point le plus au sud de notre parcours, le Lac Titicaca, dont le nom ne manque pas de ravir Achille, évidemment. C’est une véritable mer intérieure, sur laquelle naviguent de gros bateaux, que l’on s’attend peu à trouver à une altitude proche de celle de l’Aiguille du Midi. Pour échapper aux Incas, des populations s’y sont établies sur des îles artificielles entièrement faites de couches de roseaux empilées, qu’il faut renouveler régulièrement (de 2 à 8 fois par mois selon la saison) au risque de se retrouver rapidement les pieds dans l’eau. De plus, il faut surveiller attentivement les pieux d’eucalyptus qui ancrent les îles au fond du lac afin de les remplacer au moindre signe de défaillance, sous peine de se réveiller en Bolivie, juste de l’autre côté du lac, au premier coup de vent. Quelle précarité ! Nous avons apprécié pour notre part la façon très spéciale dont s’enfoncent les pieds dans le sol lorsque l’on marche sur ces îles, la traversée d’une île à l’autre sur un frêle esquif de roseau tressé, et l’atmosphère générale du lac, aussi riche en sensations que pauvre en oxygène.
Le Machu Picchu, entre mythe et réalité
1 – Le mythe : un petit train de bois débordant d’indiens aux habits multicolores, jouant de la flûte de pan ou buvant du café, monte péniblement la paroi abrupte d’une montagne, changeant de sens à chaque extrémité tellement la pente est forte. La route est longue, une journée ou deux peut-être, mais l’ambiance est joyeuse et les quelques touristes privilégiés sont invités à partager la chicha et les danses des autochtones. Au sommet apparaît, baignée de soleil et déserte, la cité mystérieuse des Incas, étonnamment intacte, comme abandonnée la veille par ses habitants effrayés par on ne sait quoi. L’atmosphère calme incite fortement à la méditation et personne ne souhaite en redescendre.
2 – La réalité : 6 heures du mat devant la gare, les vendeurs nous assaillent pour nous proposer de l’eau, des pellicules photo et, plus inquiétant, des imperméables. Exhibant au contrôleur nos billets informatisés à 55 $ (l’équivalent de 4000 Km en bus dans le pays !), nous réussissons à leur échapper pour nous réfugier dans un train semi-moderne aux fauteuils confortables et inclinables, rempli de exclusivement de touristes puisque ce moyen de transport leur est réservé et imposé. 4 heures plus tard, le ghetto-sur-rails s’arrête et le « grupo » (« groupe » en espagnol, ça sonne un peu comme « troupeau », non ?) est transféré dans un convoi de bus à 9 $ (rappelons que la monnaie locale est le Sol) et hissé jusqu’à l’hôtel à 300 $ la nuit (mais là, ce n’est pas imposé, du moins pas encore…) qui marque l’entrée du site, c’est à dire … la billetterie. Délestés de 20 $ supplémentaires par tête, nous gravissons sans effort les dernières marches et commençons enfin notre visite. Nous essayons d’éviter au mieux les « grupos » éparpillés un peu partout mais surtout aux endroits précis que nous souhaitons prendre en photo. Au bout de 2 heures, le soleil nous abandonne, et une pluie torrentielle se met à tomber. Les imperméables de la gare ! Bon sang, mais c’est bien sûr ! Bien que correctement équipés (vous en doutiez ?), nous effectuons un retour quelque peu tristounet en ghetto-sur-roues puis en ghetto-sur-rails. Ce dernier se traîne interminablement dans la nuit, au point que – mais ne serait-ce pas fait exprès ? – des taxis-vautours viennent proposer leurs services dans les gares à ceux qui auraient encore quelques dollars à dépenser pour les ramener un peu plus vite à destination.
Bon, redevenons positifs : Le site est d’une grande beauté, avec ses ruines remarquablement construites et bien conservées, ses cultures en terrasses d’un beau vert vif parfaitement alignées, l’ensemble trônant au sommet d’une montagne abrupte, elle-même surplombée de pitons rocheux baignés de brume. Le vide environnant, la vue vertigineuse sur les torrents très loin en contrebas renforcent encore l’impression d’isolement, et permettent de comprendre la découverte tardive du site en 1911 après 4 siècles d’oubli. Ce qui impressionne le plus, c’est le mystère qui entoure encore le rôle exact de cette citadelle construite puis abandonnée en un seul siècle alors qu’y vivaient près de 1200 personnes. Avec de tels vestiges, notre science ne devrait pas être aussi limitée ! En tout cas, ce sont toutes ces réflexions et ces images magnifiques qui nous resteront, et non pas les quelques tracasseries arnaquo-touristiques que nous avons rencontrées. Notre mémoire est heureusement sélective !
Cuzco
Avant-dernière étape de notre périple, l’ancienne capitale des Incas garde, comparativement au reste du pays, d’assez nombreuses traces de cette civilisation : les ruelles étroites et pavées au caniveau central, les soubassements de nombreux bâtiments, typiquement inclinés vers l’intérieur pour résister aux séismes et faits de pierres bombantes taillées au dixième de millimètre près, parfois sur plus de 10 faces, pour permettre un ajustement parfait. Ce sont encore les aqueducs et les multiples fontaines présents en pleine ville tout comme dans la campagne environnante, et les cultures en terrasses de celle-ci. C’est beaucoup et peu à la fois. Les conquistadores se sont en effet employés à détruire méticuleusement, avec une rage inouïe toutes traces des civilisations antérieures pour les transformer en métal fondu ou en cathédrales. La décoration de celles-ci, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur, a beau être d’une richesse exceptionnelle, l’arrière-pensée omniprésente du pillage ne nous en laisse qu’une impression mitigée. La ville est néanmoins très agréable à parcourir. Elle regorge de boutiques d’artisanat en tous genres et jouit d’un bel environnement montagneux. Nous y avons consacré presque une semaine, excursion au Machu Picchu comprise, mais cela n’aura pas suffi à Achille, qui cherche toujours désespérément l’empereur mégalo.
L’avant-dernière image, c’est l’école du matin sur le toit de notre hôtel à Cuzco, juste au-dessus de la place principale. Quel endroit magnifique pour étudier !
Nous partons demain pour Lima, alors à très bientôt !
Courriel du 13/12/2003
Dernière semaine à Lima
La fin d’un séjour de 2 mois est toujours marquée par quelques formalités du genre confirmation des billets d’avion, achat des souvenirs, ajustement fin des programmes scolaires en fonction des dernières informations de nos correspondants (merci à eux !), et rien de tel qu’une grande ville pour ça. La capitale du Pérou s’est révélée bien adaptée à la situation avec une échelle humaine, un quartier colonial bien agréable pour résider, pas mal de choses à visiter et de beaux marchés et magasins pour les souvenirs. Nous avons déniché un hôtel sympathique, ancienne bâtisse coloniale qui a gardé de cette époque une superbe façade aux balcons-jalousies de bois et un intérieur tarabiscoté avec des escaliers et des recoins partout. Les propriétaires ont de plus décoré leur établissement comme un musée polyvalent, avec des statues de toutes tailles (y compris des têtes de 3m de haut), des momies, des crânes couverts de mousse, des poteries pré-incaïques, des tableaux anciens à l’huile ou en photo sépia, des plantes vertes exotiques un peu partout profitant du patio central à ciel ouvert. À signaler enfin une faune assez riche, aussi bien empaillée que vivante, avec notamment des perroquets et tortues en liberté qui venaient faire causette aux enfants – à leur grand ravissement – dans la salle du petit-déjeuner. Et l’ensemble pour le prix d’un non pas 5 ni 4 ni 3 ni 2 ni même 1 étoile : moins de 15 euros la chambre à 5 lits ! De là, donc, nous avons rayonné vers les différentes curiosités de la ville, en particulier l’horrible plage municipale dont le gris du gravier rivalise en sinistre avec le marron de l’eau, les catacombes avec leurs caisses d’os bien rangés (le tri sélectif bien avant l’heure, en quelque sorte), le célèbre (allez, avouez que comme nous vous en ignoriez l’existence) musée de l’or péruvien, dont les trésors sont bien gardés puisque juste au-dessus se trouve aussi la plus grande collection d’armes au monde, et enfin tout simplement les rues commerçantes en cours de décoration en cette période de Noël, contrairement aux pays asiatiques que nous avions jusqu’ici visités.
Le bonheur est au bout du mitigeur
Quelques 13 heures de vol à 900km/h (non, non, nous n’avons pas fait faire cet exercice à nos collégiens) plus tard et plus loin, et nous voici de retour sur le plancher des vaches (d’Abondance bien sûr). S’il est trop tôt pour se risquer à un bilan de ce voyage – c’est en général la découverte des photographies et diapositives qui initie la première analyse – le moment est opportun pour découvrir ce qui nous a manqué. Vous n’imaginez pas, par exemple, à quel point l’autoroute de Genève à Saint-Gervais est bien revêtue et confortable, à quel point il est agréable de prendre une douche à exactement 38° ou encore à dormir dans son propre lit. Bien d’autres petits plaisirs comme cela vont nous revenir dans les prochains jours, que nous n’aurions jamais soupçonnés si nous n’étions pas partis. Quelques désagréments aussi, sans doute, mais nous n’allons pas nous plaindre…
À ce propos, si nous avons rencontré un certain nombre de français-voyageurs comme nous, partis pour quelques mois ou une année (le tour du monde en une année sabbatique connaît apparemment un grand succès), il s’est toujours agi d’adultes sans enfants. Nous n’avons pas cette fois en 2 mois rencontré une seule famille en voyage. Serions-nous une espèce en voie de disparition ? Nous le regrettons car les obstacles sont de plus en plus limités (facilité des déplacements, élargissement des congés annuels, variété des destinations adaptable à la plupart des budgets) et sont sans commune mesure avec l’enrichissement global que nous procurent nos voyages. La prochaine destination est d’ailleurs déjà fixée…
À bientôt, et merci de nous avoir lus
Jean-Michel, Claudie, Amandine, Basile, Mélusine et Achille.




























































































































