179. Équateur amazonien de Puyo à Loja

Nous poursuivons notre route le long de la forêt amazonienne, sans y pénétrer véritablement, les voies de communication devenant plus incertaines et le climat plus difficile à supporter. Mais les découvertes restent nombreuses et l’altitude nous permet d’avoir des températures correctes.

Parcours de Puyo à Loja en Equateur
Le parcours décrit dans cet article, en version zoomable ici

Puyo, porte d’entrée en Amazonie

Oui, j’ai déjà dit ça pour la ville précédente, mais l’Amazonie c’est immense et les portes pour y entrer sont nombreuses. Nous retrouvons une configuration similaire : une tour d’observation, une forêt dense jouxtant le centre-ville et des signes très présents de la culture amérindienne. Ou des cultures amérindiennes car 7 nations autochtones vivent dans la région, à peu près respectées par l’État, avec des modes de vie qui peuvent différer d’un peuple à l’autre. A l’occasion d’une petite foire-exposition dédiée à la santé et très fréquentée par les écoles du coin, nous avons pu voir quelques femmes en tenue traditionnelle ou simplement porteuses de leurs peintures faciales ethniques comme ce ravissant masque rouge autour des yeux. Par respect, nous n’avons pas pris de photo. Mais Claudie a acheté de jolies boucles d’oreilles en plumes. Un sentier aménagé le long de l’une des rivières qui traversent la ville nous a permis, comme à Tena, de découvrir de nouvelles fleurs et plantes. Identifiées a posteriori par l’application Google Lens bien pratique.

La journée s’est poursuivie au marché, où nous avons pu déguster enfin le fameux maito équatorien (papillotes de poisson ou parfois de viande réalisées en feuilles de bananier – ce qui donne un goût particulier à la cuisson et donne une tendreté au contenu, du tilapia dans notre cas).

Nous avons terminé par un petit tour au cimetière voisin, assez classique pour un pays latino, comportant tout de même quelques curiosités (voir les photos).


Nids d’autruche

Il nous reste encore 500 km à parcourir sur cette route transamazonienne avant de rejoindre la ville de Loja, qui sera la plus au Sud de notre périple équatorien depuis notre retour en France. Et plus l’on descend, plus l’état de la chaussée se dégrade. Il faut dire que le climat très humide, les torrents non canalisés qui traversent, la végétation toute proche qui déforme le bitume (ou le ciment) et les glissements de terrain  n’arrangent rien. Il est rare de faire plus d’un kilomètre sans tomber sur une zone de terre, un effondrement de chaussée ou d’énormes nids-de-poule qui justifient mon titre. La conduite nécessite une attention permanente qui laisse à peine le temps d’admirer les collines de forêts embrumées, les nombreuses cascades, la terre rouge, les petits villages et leur population. Il a pas mal plu aussi lors de cette traversée. Ayant mal anticipé l’engorgement d’une pelouse où je souhaitais nous garer pour la nuit, j’ai même réussi à embourber Roberto. Il faudra l’aide d’un pick-up et des ados d’une salle de sport voisine pour nous sortir de là…


Loja la méconnue

La ville de Loja est un peu en dehors des circuits touristiques, et pourtant elle a beaucoup de charme et mérite largement le détour. Fondée en 1548 par un capitaine espagnol natif de la ville de Loja près de Grenade, dans le but de garantir la sécurité des soldats et de leurs familles, la ville été particulièrement bien préservée, notamment dans son architecture coloniale et ses édifices publics ou religieux. Il est agréable de se balader dans ses rues pavées bordées de maisons multicolores aux balcons de bois, de flâner sur ses places arborées en observant la foule qui s’y rassemble, d’entrer dans les églises pour y admirer les dorures exubérantes et la statuaire expressive, voire constater la ferveur des pèlerins qui s’y rassemblent. Pas moins de 7 messes sont programmées chaque dimanche, et entre 4 et 5 les autres jours, c’est dire la demande. Nous avons parcouru également le beau jardin botanique, notre passion pour la flore tropicale n’étant pas encore assouvie, et nous n’avons pas été déçus. C’est tout de même le plus ancien d’Équateur et il possède pas moins de 1385 espèces. Nous nous sommes régalés !

La rue Nuestra Señora de Lourdes à Loja, Équateur
La rue Nuestra Señora de Lourdes à Loja, Équateur

Nous aurions pu prolonger d’une journée notre séjour à Loja, mais la pluie s’en est mêlée, prévue pour durer toute la journée et dans ces cas-là, une seule solution : rouler !

Prochaine destination : Cuenca. A très bientôt pour la visite !


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