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  • 48. Puebla

    Les habitants de cette ville située à 110 km au sud-est de Mexico auraient pu garder ses dénominations d’origine, « La ville des anges » ou « Le peuple héroïque de Saragosse », mais ils préfèrent se contenter en toute modestie de l’appeler « Le peuple » (Puebla en espagnol), réalisant au passage une économie non négligeable sur les panneaux d’entrée de ville et les documents officiels. Cette ville de 2 millions d’âmes est classée au patrimoine mondial de l’humanité, et méritait donc la visite.

    ◊ L’Hôtel Colonial

    Sans être colonialistes pour autant, nous adorons ce type d’architecture et, dès que nous en avons l’occasion comme en ce moment puisqu’il nous faut bien loger à l’hôtel, nous privilégions ces d’établissement de charme. D’une manière générale, le confort est un peu au-dessous des hôtels modernes de catégorie équivalente, avec par exemple des robinets qui fuient un peu dans les salles de bains ou de vieux volets qui occultent imparfaitement la lumière dans la chambre, mais le cadre y est souvent somptueux et empreint d’histoire. L’établissement que nous avons choisi à Puebla se nomme tout simplement « Hôtel Colonial ». Il fut autrefois un couvent. Vous pourrez constater sur les photos que la décoration est tout à fait dans le style et que la terrasse sur le toit offre une vue splendide sur les alentours. Et ne pensez-pas que cela coûte une fortune, nous sommes à 45 euros la chambre !



    ◊ Le centro historico

    Le centre historique de Puebla est lui aussi de style colonial avec sa grande place centrale entourée sur 3 côtés par de grandes bâtisses avec arcades et bordée sur le dernier par une immense cathédrale richement décorée et joliment illuminée la nuit. Les façades sont soit peintes de couleurs vives, avec parfois des associations osées, soit couvertes de céramiques dont la ville est un lieu de production. Tout se visite à pied, c’est un régal constant pour les yeux et un gros coup de chauffe pour les appareils photos de nos smartphones.





    Un quartier dédié au street art

    Cet art de rue est très répandu au Mexique et nous en avions déjà déniché plusieurs exemples dans le centre de Puebla, jusqu’à ce que nos pas nous amènent dans ce quartier de Xanenetla. Un peu excentré, celui-ci n’avait pas très bonne réputation jusqu’à ce qu’un comité artistique décide de s’en occuper et de couvrir ses murs de fresques, interrogeant chaque habitant sur ce qui le représenterait le mieux. Ce ne sont pas moins de 75 œuvres que l’on peut observer aujourd’hui en se perdant dans le dédale de rues du quartier, redevenu sûr et attractif pour les touristes. Encore que nous étions les seuls ce jour-là.


    Des églises couvertes d’or

    La Chapelle du Rosaire, attachée à l’Eglise Santo Domingo de Puebla

    Nous avons plaisir à entrer dans chaque église qui se présente sur notre chemin. A raison d’une par jour, il nous faudrait à Puebla un an pour les visiter toutes ! S’il en existe autant, c’est que la demande est forte et que les fidèles s’y pressent en nombre. Jamais nous n’en avons trouvé une vide. Chacune est dans un style différent, mais la décoration est souvent très riche. La merveille des merveilles est la Chapelle du Rosaire, attachée à l’Eglise Santo Domingo, entièrement recouvertes de feuilles d’or à 24 carats, brillant de mille feux grâce à la verrière située juste au-dessus.

    Viendrait en second celle de Cholula, dans la banlieue de Puebla, que l’on admirerait sans arrière-pensée si elle n’avait été bâtie au sommet d’une pyramide amérindienne, construite en sept étages et sur plus de mille ans à partir de -500 av. JC par les Toltèques et leurs successeurs. Elle était, en tant que lieu cérémoniel sûrement richement décorée. Outre l’affront à ces peuples, on peut aussi se poser la question sur l’origine de l’or des églises catholiques. Quoi qu’il en soit, cette pyramide de Cholula n’est rien moins que la plus grande du monde (mais pas la plus haute) avec des 400 m de côté, à comparer avec les 150 m de celle de Chéops et les 21 m de celle du Louvre… Ses parois sont aujourd’hui recouvertes de végétation et ce sont plutôt les soubassements et les souterrains que les missions archéologiques dégagent peu à peu.


    Des spécialités culinaires …spéciales

    Le chile en nogada, plat mexicain par excellence, aux couleurs du drapeau du pays

    En prolongement de l’article précédent, citons trois spécialités propres à la ville. D’abord le mole poblano, cette sauce à base de chocolat, de piments doux et de différentes épices, accompagnant généralement du poulet, que nous avions découverte dans un marché et qui est donc originaire d’ici, servie à toutes les sauces pourrait-on dire aux terrasses des restaurants. Ensuite le chile en nogada, gros piment doux farci à la viande, aux fruits et aux arachides, nappé d’une sauce aux noix et parsemée de persil et de grains de grenade, ce qui lui donne opportunément les couleurs du drapeau mexicain. Enfin les dulce poblano, confiseries locales, à qui une rue entière est dédiée, créées pour beaucoup par les religieuses du couvent de Santa Clara pour satisfaire la gourmandise de leurs évêques. Nous avons pu goûter aussi à deux autres spécialités réputées du Mexique, la soupe pozole à base de gros grains de maïs, de tomate et de viande, accompagnée de laitue, de radis, d’oignons et de quarts de tortillas frits, ainsi qu’aux cemitas, sortes de gros hamburgers contenant fromage frais, piments doux et viande panée. Bien nourrissant tout ça !



    ◊ Le coup de la tisane froide

    Attablés à une terrasse, nous commandons nos boissons. Un grand choix de tisanes de fleurs et/ou de fruits séduit Claudie. Les deux premiers choix posent problème puisqu’à chaque fois le serveur revient en disant qu’il n’en a pas. Il finit par donner la liste de ce qu’il a, c’était plus simple. Claudie opte pour une tisane à la rose en précisant « frio » (froide) puisque les deux choix étaient possibles. Le serveur revient avec un pot fumant dans lequel trempe un sachet… Claudie rappelle qu’elle avait demandé une tisane fraîche. Sans se démonter, le serveur revient quelques minutes plus tard avec une choppe en verre emplie de gros glaçons. Ben tiens !


    ◊ Le coup des plaques

    Nous lisons sur un forum de voyageurs du Mexique la mésaventure d’un couple de touristes qui, après avoir malencontreusement stationné là où il ne fallait pas, se retrouvent non seulement affublés d’un procès-verbal sur leur pare-brise mais aussi dépossédés de leur plaque d’immatriculation. Ils racontent être allés interroger la police locale qui leur a annoncé sans vergogne que la procédure était normale, que c’était le seul moyen qu’ils avaient trouvé pour percevoir à coup sûr le montant de l’amende. Le couple, bien qu’ayant réglé la contravention, devra tout de même attendre trois jours avant de pouvoir récupérer sa plaque minéralogique, le temps que l’enregistrement se fasse sur le système informatique. Sur le forum, d’autres expériences similaires sont décrites et certains conseillent de faire comme les habitants : placer derrière une vitre de leur véhicule une copie plastifiée de leur plaque d’immatriculation. Prêtant attention aux véhicules garés le long du trottoir, nous découvrons qu’effectivement, nombreux ont pris cette précaution. Nos voyageurs s’interrogent alors judicieusement : « Oui mais si nous enlevons notre plaque, ils vont nous prendre quoi la prochaine fois ? Un rétroviseur ? Un panneau solaire ? ». Cela mérite effectivement réflexion.

    Intéressant de noter que cette voiture-là possède deux plaques de réserve, dont l’une avec un numéro différent. On n’est jamais trop prudent ?

    Allez, comme on dit, une dernière photo pour la route, celle qui va nous mener à Orizaba au milieu des montagnes mexicaines. Un peu de fraîcheur en perspective mais nous nous rattraperons ensuite lorsque nous serons sur la côte à Veracruz pour récupérer Roberto. Ce dernier se promène actuellement entre la Martinique et la Jamaïque où il devrait faire escale le 8 février. C’est long, nous avons tellement hâte de le retrouver ! Hasta pronto !

  • 45. Des chemins séparés

    Temporairement, le titre du blog n’est plus d’actualité : nous ne sommes plus ni sur les routes ni avec Roberto, nos chemins s’étant séparés à Anvers. Mais c’est pour mieux se retrouver bien sûr !

    Notre envol par étapes vers le Mexique

    1. Anvers – Saint-Barthélemy

    La baie de Saint-Jean et l’hôtel Eden Rock à Saint-Barthélemy

    Pendant que Roberto se gèle les roues sur son quai d’Anvers, nous nous envolons pour les Antilles. Enfin plus précisément vers Saint-Barthélemy, notre île de cœur. Le qualificatif se justifie d’abord par le fait que nous y ayons vécu et travaillé pendant dix très belles années, ensuite parce que nous y avons encore notre résidence principale dont la location nous permet de poursuivre notre voyage, enfin et surtout parce que nous y avons laissé des amis d’exception que nous allons avoir l’immense plaisir de retrouver. Tout en échappant à la morosité climatique et politique métropolitaine : en à peine quelques heures d’avion, le ciel gris devient bleu azur, les arbres décatis retrouvent leurs feuilles, la mer verdâtre reprend sa couleur turquoise, le thermomètre grimpe de 25 degrés, les visages réapparaissent détendus et le ti ‘punch reprend toute sa saveur. Je me demande s’il n’y a pas une relation entre les deux derniers… Quel bonheur en tout cas que de revoir ses amis laissés dix mois plus tôt ! Nous passons de bons moments chez les uns et les autres et retrouvons un peu de notre vie d’antan. Joignant l’utile à l’agréable, nous profitons aussi de l’étape pour régler quelques questions administratives du genre récupérer le courrier en instance, régler le loyer de la boîte postale, commander nos permis de conduire internationaux. Nous jouons aussi les touristes et allons vérifier que la tombe de Johnny est toujours bien visitée dans son petit cimetière de Lorient et que les frites de patates douces sont toujours aussi savoureuses au bar de l’Oubli.


    Belle vue le matin au réveil, avec les sucriers venus prendre leur petit-dej.



    2. Saint-Barthélemy – Miami

    Après une semaine sur place, l’envie de bouger nous reprend. D’ailleurs, des courriels d’American Airlines nous rappellent que nous avons un avion à prendre, ou même deux puisque pour rejoindre Mexico il nous faudra faire étape à Miami. En montrant patte blanche avec un formulaire de santé à remplir en ligne pour l’accès à Sint Maarten, un test antigénique négatif, l’autorisation de voyage Esta plus un autre questionnaire de santé en ligne pour les États-Unis, et enfin deux autres formulaires pour le Mexique. Nous connaissons maintenant nos numéros de passeport et leurs dates d’émission et d’expiration par cœur, les doigts dans le nez pourrait-on dire, l’expression ne convenant toutefois pas aux tests antigéniques. Nous arrivons dans la nuit à Miami et profitons du joli quadrillage étincelant formé par les rues et les avenues. Nous n’avons qu’une journée de visite disponible avant notre dernier avion et portons notre dévolu sur le quartier de Little Havana. Un concentré de la capitale cubaine dans un quartier à l’ouest du centre-ville de Miami. Bus exotiques, fresques murales, joueurs de dominos, enseignes extravagantes, trottoir des célébrités cubaines, un vrai dépaysement qui ravit notre soif de découvertes un peu mise en sommeil depuis un bon mois. De bonne augure pour les prochaines étapes !


    Miami scintillante lors de notre arrivée le soir




    3. Miami – Mexico

    Survol de Miami au départ vers le Mexique

    Dernière étape, dernier avion, toujours avec American Airlines qui ne nous laissera pas un souvenir impérissable. Service low-cost à bord, écrans endommagés, l’association des deux laissant toujours planer un doute sur la qualité de l’entretien des avions. Et coup sur coup, la compagnie nous fait poireauter longtemps sur le tarmac. A l’arrivée à Miami, c’était plus d’un quart d’heure d’immobilisation soi-disant pour attendre qu’une porte se libère. Au départ ce matin, il s’est passé plus de 35 minutes entre le repoussage et le décollage. En cherchant une illustration pour mon article, j’ai découvert sur le net qu’American Airlines était coutumière du fait et qu’elle avait même été condamnée à 1,6 millions de dollars d’amende pour rétention abusive de passagers dans leurs avions immobilisés sur le tarmac. Bon, l’important était d’arriver et nous voilà maintenant à Mexico pour de nouvelles découvertes. Hasta luego !


    Et pendant ce temps Roberto prend le large…

    La croisière de Roberto. On aurait préféré le « Wonder of the Seas » mais il n’était pas dispo avant mars

    Avant de quitter les Iles du Nord, nous apprenons enfin que Roberto est bien monté à bord du Yokohama. Nous suivons le navire sur les sites Marine Traffic et Vessel Finder. Ces sites donnent des informations complémentaires. En cliquant sur les liens ci-dessus, vous pourrez aussi suivre le trajet comme nous. Nous savons ainsi que venant de Brème notre cargo spécialisé dans le transport de véhicules, âgé de 22 ans et battant pavillon Singapourien, a passé 2 jours à Anvers avant de partir à Southampton puis au Havre. Au moment de la publication de cet article, il fait route vers Vigo en Espagne. Pour l’instant le Yokohama accuse 2 ou 3 jours de retard mais tout est relatif car les étapes pouvant varier, nous n’aurons l’estimation d’arrivée qu’une fois amorcée la dernière liaison.

    La position relevée au 22 janvier sur le site Vessel Finder

  • 44. Ship ship ship hourra !

    Nous avons donc décidé de partir vérifier les dires de Christophe Colomb comme quoi il y aurait un autre continent de l’autre côté de l’Atlantique. Nous aurions volontiers fait la traversée ensemble, Roberto et nous, sur la Santa Maria ou un équivalent plus moderne, et vivre en immersion la vie des marins pendant 3 ou 4 semaines, mais d’une part cela ne semble se faire que sur les lignes nord-atlantiques (vers Halifax ou Baltimore) et d’autre part c’est suspendu depuis que le Covid 19-20-21-22 sévit. Nous devrons donc nous séparer de notre fidèle monture – cela va être un déchirement – pendant plusieurs semaines, le temps d’une traversée en cargo jusqu’au Mexique, puisque là est notre destination première aux Amériques. Nous autres humains franchirons l’océan grâce à un autre découvreur de génie, Clément Ader.

    Mais revenons au shipping de Roberto, qui devra donc voyager en solo. Une façon de parler puisqu’il partagera sans doute sa cale avec plusieurs centaines d’autres véhicules. Nous avions deux possibilités : soit le mettre dans un container soit le faire voyager en RO-RO. La première solution était la plus sûre en termes de sécurité, puisque nous aurions conduit nous-mêmes Roberto à l’intérieur d’un container scellé puis descellé en notre présence aux ports de départ et d’arrivée. Mais, du fait des dimensions de notre fourgon, il aurait fallu utiliser un container long (40 pieds) et réhaussé (dit « high cube ») et le partager avec un autre voyageur qui aurait fait le même trajet au même moment pour compenser le surcoût important. Le coût très fluctuant de ce type de container et l’éventualité que notre partenaire puisse se désister au dernier moment nous a finalement décidés d’abandonner cette solution. Roberto voyagera donc en RO-RO. Ça sonne bien, non ?

    RO-RO ça ne veut pas dire Roberto-Roberto, pas plus que AN-AN ne signifie Anaïs-Anaïs, mais ça veut dire Roll-On Roll-Off. En gros vous laissez votre véhicule clés sur le contact et portes ouvertes aux employés portuaires qui se chargeront de le conduire à l’intérieur du navire puis à l’en extraire, tout en leur signant une décharge de responsabilité en cas de disparition de quoi que ce soit à l’intérieur pendant le trajet. Vous avez tout de suite compris que c’est bien moins sécurisé. Il y a bien une assurance pour couvrir le véhicule en cas de « perte complète », ce qui fait peur, d’autant plus quand on sait qu’un grand navire fait naufrage tous les 3 ou 4 jours dans le monde, mais cette assurance ne couvre pas les bosses ou rayures faites lors du rangement en fond de cale, ni les biens intérieurs. Et malheureusement, dans de telles conditions, les vols et dégradations sont fréquents. Il va nous falloir anticiper et protéger un minimum notre intérieur. D’abord emmener le moins de choses possibles puis sécuriser un peu notre habitacle. Nous avons installé une cloison temporaire entre le poste de conduite et la cabine, des protections en bois à l’intérieur de nos fenêtres, et des serrures sur la porte de la salle de bains et 2 tiroirs. Nous avons aussi rajouté quelques autres éléments de sécurité qu’il ne serait pas opportun de dévoiler dans un blog public. Un grand merci en tout cas à Philippe pour son gros coup de main et son précieux outillage.

    Sécurisation des portes arrière

    Sécurisation du lanterneau

    Installation de la cloison de séparation cabine-habitacle

    En pleine concentration bricolistique

    Merci Philippe pour ton aide précieuse !

    Expédier un véhicule par mer est un rien plus compliqué que d’envoyer un colis par la poste. Le processus commence par la demande de devis auprès d’agences maritimes spécialisées, les compagnies de navires ne traitant pas directement avec les particuliers. Trois agences se partagent le marché européen du transport de véhicules de loisirs, une allemande (Seabridge), une anglaise (IVSS) et une belge (Belgaco). Nous leur avons demandé des devis en indiquant les dimensions de notre fourgon, la facturation se faisant au mètre cube et non pas au poids. Puis des renseignements complémentaires pour préciser certains détails, notamment sur les frais portuaires pas faciles à comparer d’un devis à l’autre et sur les assurances proposées. La compagnie la moins chère était IVSS, mais il a fallu les relancer à plusieurs reprises pour obtenir devis et renseignements. Belgaco s’est avérée bien plus réactive, avait l’avantage d’être dans le pays de départ, mais imposait un transit par le Panama. C’est donc la compagnie Seabridge que nous avons retenue, un rien plus chère mais offrant l’avantage de la réactivité, de l’ancienneté et bénéficiant d’un bon retour de la part des utilisateurs.

    Le port d'Anvers
    Le port d’Anvers, d’une mocheté absolue mais incontournable

    Aujourd’hui 10 janvier, c’est le jour J pour la dépose de Roberto au port d’Anvers. Après l’avoir briqué comme un sou neuf, rangé tout à l’intérieur pour qu’il apparaisse « comme vide », après avoir vidé les réservoirs d’eau et laissé juste ¼ de réservoir de gasoil, nous traversons l’immense port d’Anvers dans le froid et la grisaille pour rejoindre le point de dépôt. Les formalités sont assez simples, l’inspection du véhicule est quasi inexistante, et déjà on me sépare de Claudie pour aller conduire seul Roberto sur sa zone d’embarquement. Tout cela va finalement trop vite. Je pensais avoir un peu de temps pour fignoler mes protections et mes dernières inspections. Je voulais faire une vidéo de l’intérieur et de l’extérieur du fourgon à toutes fins utiles. Je voulais en quelque sorte dire aurevoir à Roberto avant son long voyage, mais non. La zone portuaire étant sécurisée, il me faut repartir rapidement avec l’employé qui doit me ramener à l’entrée du port. Le temps du trajet, je me dis que j’ai sûrement dû oublier 2 ou 3 bricoles. Ai-je bien éteint le chauffage ? Ai-je bien éteint toutes les lumières ? Une chose est sûre, je n’ai pas oublié de fermer le gaz puisque nous n’en avons pas. En tout cas je rejoins Claudie un peu dépité de cette précipitation.

    Il nous reste à regagner l’hôtel que nous avons pris à côté de la gare d’Anvers, afin de rejoindre Paris-Charles de Gaulle demain. L’immense zone portuaire n’étant desservie par aucun transport en commun, nous appelons un taxi qui mettra plus d’une heure à arriver. Il s’est perdu, c’est un comble alors qu’il nous a suffi de taper l’adresse sur Google Map pour trouver l’endroit. Mais il est possible que les taxis n’aiment pas Google Map parce qu’on pourrait croire qu’il fait le boulot à leur place ? Nous profitons de l’attente puis du parcours en taxi pour discuter avec un couple de voyageurs néerlandais venus gentiment déposer un compagnon de traversée pour Roberto. Sur les routes pour une durée indéterminée (comme nous 😉) ils reviennent d’Europe du Sud et partent pour les Amériques via le Mexique, avec leur chat Binkie. Si vous lisez l’Anglais, n’hésitez pas à jeter un œil sur leur site https://gatogoesglobal.com.

    Voilà, les dés pour l’Amérique sont lancés. Pendant que Roberto attend sagement son embarquement le 15 janvier sur le Yokohama, lequel devrait rallier Veracruz aux alentours du 14 février après sans doute quelques escales qui nous sont encore inconnues, nous nous envolerons le 12 pour faire un petit coucou à nos amis de Saint-Barth, judicieusement placés sur notre route entre Paris et Mexico City. Nous allons jouer les routards pendant quelques semaines.

    Bye bye l’Europe ! (Merci à Max pour les photos)