La pause est terminée, nous voilà de retour en Équateur pour poursuivre notre périple. Notre nouveau visa de 90 jours obtenu à l’arrivée dans le pays aurait pu nous donner de l’aisance pour la visite, mais le problème c’est que pour Roberto n’étant pas rentré avec nous, c’est la date de notre première entrée en Équateur qui compte. Cela devrait malgré tout être suffisant, le pays n’étant pas si grand (44% de la surface de la France)
Le parcours décrit dans cet article, en version cliquable ici
Transition crustacée
Notre petit séjour métropolitain se termine et nous commençons à préparer nos bagages pour le retour en Équateur. Mais le pays se rappelle à nous plus tôt que prévu lors d’un petit passage au supermarché : voilà que nous découvrons que les crevettes que l’on vient d’acheter viennent de là-bas !
C’est que le pays en est, on le sait peu, le premier producteur mondial. Dans notre supermarché, en achetant au hasard, nous avions une chance sur deux de tomber sur des crevettes équatoriennes. Elles sont paraît-il loin devant les autres en terme de qualité, de couleur, de texture et de saveur. Mais j’aurais bien du mal à vous donner mon opinion, je suis allergique…
Retour vers le futur
Eh bien nous voilà de nouveau dans les aéroports pour notre vol de retour vers Quito. Rien d’exceptionnel à raconter alors je m’amuse avec l’intelligence artificielle à modifier quelques petits détails sur mes photos, en rapport avec l’actualité sur la pénurie potentielle de kérosène. C’est d’une simplicité et d’une efficacité décourageantes pour l’avenir de la planète…
Roberto nous voilà
Après un vol en 3 étapes long et ennuyeux, partis à midi de Bordeaux nous arrivons vers 7 heures le lendemain en heure française. Sauf qu’à Quito il n’est pas encore minuit, décalage horaire oblige. 1h15 plus tard, car oui l’attente est longue à l’immigration, nous sortons enfin de l’aéroport et appelons le gardien de notre parking longue durée pour qu’il vienne nous chercher. En milieu de nuit, ce service VIP était précieux, tout en étant inclus dans le tarif imbattable de 3,90€/24h. Le gardien nous ramène auprès de Roberto qui nous attendait bien sagement. Nous empilons nos bagages sur les sièges et finissons notre nuit. Le lendemain matin, en quittant le parking, nous nous apercevons que notre véhicule a en plus été nettoyé. Quand je vous dis service VIP !
Chocs thermiques
Après la quasi-canicule qui sévissait en France au moment de notre départ, nous retrouvons à Quito des températures agréables en journée, mais frisquettes la nuit en raison essentiellement de l’altitude (2860m) et aussi de l’arrivée prochaine de l’hiver austral. On parle de 5 ou 6°C, il nous a fallu remettre le chauffage !
Après une journée consacrée à la logistique (déballer et ranger les bagages, remplir le frigo, recharger le forfait téléphonique de Claudie, etc.) nous quittons la capitale pour retrouver la nature. Restant dans les hauteurs, plongés dans une grisaille humide, nous sommes heureux de nous arrêter pour une première pause aux Thermes de Papallacta. L’eau d’origine volcanique y arrive à 70°C dans une douzaine de bassins extérieurs joliment aménagés avec vue directe sur les montagnes alentour, du moins par temps dégagé. Avec un air à 13°C, on s’y plonge avec bonheur !
Nuit entre une église et un ours à lunettes
Après les thermes, le ciel s’est un peu couvert et nous ne sommes pas trop chauds (malgré les bains à 40°C…) pour reprendre la route. Et puis nous avons besoin d’eau. Justement, le village de Papallacta a tout ce qu’il faut : un parking tranquille devant une charmante petite église toute bleue, un robinet fileté d’eau potable et même la wifi ! De l’autre côté, c’est un ours à lunettes statufié qui nous regarde, comme pour nous rappeler qu’il en existe un certain nombre dans la région. Plus beaucoup car cette seule espèce d’ours natifs d’Amérique du Sud est menacée. Il en resterait à peine un millier. On voit de temps en temps des panneaux au bord de la route prévenant de la possible traversée de ces ursidés. Mais ça ne marche jamais, il faut qu’ils arrêtent de nous faire rêver !
La vallée dans la forêt de nuages
Nous repartons plein Est vers l’Amazonie. La route emprunte le fond de la vallée du tempétueux et boueux Rio Papallacta. De part et d’autre, des forêts denses et pleines de lianes, lichens et plantes épiphytes accrochent les nuages. Voire même les créent, comme on peut l’observer. C’est magnifique et sauvage, nous adorons. Les villages traversés revendiquent volontiers leur peuplement autochtone par des statues au croisement des rues ou par des affiches incitant les touristes à contacter les agences touristiques « communautaires ». Avec ce ciel chargé, la pluie nous gagne et nous nous arrêtons assez tôt au bord d’une autre rivière pour passer la fin d’après-midi dans un endroit tranquille.
Tena ou l’Amazonie en centre-ville
La ville de Tena est la porte d’entrée de l’Amazonie équatorienne. C’est souvent de là que démarrent les activités sportives en eau vive, comme le rafting ou le kayak, et les excursions vers les réserves naturelles, les cascades ou encore les communautés indigènes. Cela dit, il n’est pas forcément obligatoire de s’engager dans des expéditions longues, fatigantes et coûteuses pour voir tout ça.
Au lieu de se rendre dans une réserve naturelle, il suffit de parcourir le magnifique Parc de l’Ile, un concentré gratuit de 27 hectares de forêt dense amazonienne en plein centre-ville. Nous avons adoré nous promener sur ces chemins mousseux au milieu d’une végétation luxuriante typique des forêts tropicales humides. Nous avons découvert plusieurs fleurs et plantes que nous n’avions jamais rencontrées auparavant. Nous avons observé des minuscules grenouilles, quelques insectes bizarres, des singes écureuils et nous avons même approché (et caressé !) un tapir.
Un charançon de la forêt amazonienne
Et au lieu d’aller faire du voyeurisme dans les communautés indigènes de la région, il suffit de se balader en ville : 58% des 28 000 habitants sont des Quechuas. Alors oui, nous avons fait un petit tour en ville via une jolie passerelle décorée d’images en métal des animaux et activités de la région, nous avons jeté un œil à l’église et à la cathédrale sans pouvoir y rentrer, nous avons traversé le marché et vu une sorte de cantine où tout le monde mangeait du maito. C’est une préparation de poisson des rivières du coin enveloppé dans des feuilles de bananier puis grillé lentement sur des braises. Apparemment, la feuille de bananier donne un arôme unique et maintient le poisson moelleux et juteux. Nous sortions du déjeuner alors nous n’avons pas goûté, mais il faudra qu’on teste ça prochainement.
Que de belles découvertes en tout cas lors de cette journée à Tena !
Nous allons poursuivre encore un peu plus vers le sud du pays et nous vous disons à très bientôt !
Sortis d’Autriche, nous filons directement vers Berlin, où nous avons rendez-vous pour Noël avec notre fille aînée. 5 grosses journées sur place nous permettront de bien nous imprégner de la ville et de ses spécificités, avec une mention spéciale pour les évènements de 1989. Après quoi, nous rejoignons nos autres enfants, dans un retour express de 1750 km qui clôturera cette boucle européenne du centre et du Sud-Est.
Notre parcours en Allemagne, qui s’est centré essentiellement sur Berlin. Pour les adeptes du zoom, c’est ici.
Gare à la vignette !
Tout comme la France, de plus en plus de grandes villes en Allemagne ont défini une zone à faible émission de particules où seulement les véhicules les moins polluants peuvent circuler. Comme un fait exprès, l’endroit où nous avons prévu de résider est en plein dans cette zone. Et évidemment, nous ne découvrons cette obligation d’afficher une vignette verte sur son pare-brise qu’au dernier moment. Il est possible de faire faire cette vignette en ligne, mais elle est alors expédiée 3 à 5 jours plus tard à l’adresse indiquée sur la carte grise. Ni le délai ni l’adresse de livraison ne nous arrangent. En fouillant bien sur le net, nous découvrons que les centres Dekra de contrôle technique sont susceptibles de nous fournir la fameuse vignette. Nous tentons le premier centre sur notre route, qui nous fournit le précieux sésame en une dizaine de minutes. Ouf ! A noter que Roberto est aux normes Euro 6. En dessous d’Euro 5, nous n’aurions pas pu circuler dans Berlin.
Berlin by night
Nous arrivons en fin de journée dans la capitale allemande, et profitons au passage des nombreuses illuminations de Noël. Grande roue, manèges et marchés sont bien au rendez-vous pour le plaisir de nos yeux.
Les ours
L’ours est l’emblème de la ville depuis le Moyen-Âge et figure d’ailleurs sur son drapeau. Curieusement les historiens hésitent encore sur l’explication. Le lien provient-il du grand nombre de ces plantigrades dans la forêt sur laquelle s’est construite Berlin, ou bien serait-ce un simple jeu de mots avec le premier nom de la ville, Bärlein ? Bär se prononce « bère » en allemand et signifie ours, tout comme le bear des anglosaxons. En tout cas, on trouve ces ours sympathiques presque à chaque coin de rue.
Tout sur la curry wurst
Ce plat est typiquement allemand et provient de la période après-guerre où les aliments étaient rares et peu goûteux. Le nappage d’une sauce pimentée appelée chilup (mélange de chili et de ketchup) résolut partiellement le problème et l’habitude est restée dans les mœurs, surtout quand on connait l’importance de la saucisse dans la cuisine germanique.
Servie parfois dans les restaurants, la curry wurst est plus souvent consommée dans la rue, préparée par de petits stands. L’un d’eux, dans un marché de Noël, a attiré notre attention par ses combos surprenants. A découvrir dans les photos ci-dessous.
Les tuyaux
Ces tuyaux généralement roses ou bleus, presque aussi nombreux que les ours, surprennent dans une ville moderne. On aurait presque l’impression de se trouver dans une immense usine ! Bien entendu, il ne s’agit pas d’une simple œuvre géante de street-art. La ville ayant été construite sur des marais et une nappe phréatique peu profonde, il est nécessaire de pomper en permanence l’eau proche de la surface, faute de quoi les rues pourraient être inondées tout comme les chantiers de travaux. Cette eau est ensuite rejetée dans les cours d’eau qui traversent la ville.
Désaffection
Le mur
Érigé le 13 août 1961, il a longtemps été le symbole de la division entre l’Est et l’Ouest et de la guerre froide. Je débutais ma carrière professionnelle au moment de la chute le 9 novembre 1989, et les images télévisées occupent encore une place dans ma mémoire. Il reste encore plusieurs tronçons de ce mur dans Berlin, le plus long faisant tout de même 1,3 km et livré aux artistes du monde entier pour la réalisation de fresques célébrant la paix ou commémorant les souffrances passées. En voici quelques échantillons, plus ou moins célèbres.
Le détail qui tue
Berlin au fil de l’eau
Tout sur la rivière Spree qui traverse la ville sur 40 km et les 1500 ponts que compte Berlin
Berl’insolite
Ce sont toutes ces petites choses que l’on remarque en flânant dans la ville, des détails qui intriguent, des œuvres d’art dont on ne découvre l’explication, si elle n’est pas fournie sur place, qu’en consultant le guide ou Internet.
Un petit tour au Musée
Les musées ne manquent pas à Berlin, mais leur visite ampute le programme des découvertes à pied de la capitale. Nous nous sommes limités à un seul, le Musée allemand de la technique. Je ne saurais pas trop vous dire pourquoi celui-là et pas un autre. Peut-être que l’avion au-dessus de la porte d’entrée nous a séduits, peut-être que nous avions besoin de nous réchauffer à ce moment-là ? Qui sait… Le musée lui-même est immense, occupant plusieurs étages de plusieurs bâtiments. Là aussi, il a fallu faire des choix. En voici en tout cas un aperçu en 10 photos.
La voiture du peuple (de la RDA)
Évoquer la Trabant procure des frissons à de nombreux habitants de l’ex-Allemagne de l’Est. Malgré sa carrosserie en résine et carton, malgré ses pannes fréquentes, la persistance de la disponibilité des pièces détachées, malgré l’attente parfois interminable (jusqu’à 15 ans !) pour s’en procurer une, la voiture culte circule encore en plus de 12 000 exemplaires. Nous avons visité le petit musée qui y est dédié et flâné devant le « Trabiworld » qui propose des safaris en ville au volant de Trabant volontiers relookées en zèbres ou en léopards.
Encore du street-art !
La riche histoire de la ville, notamment les évènements des années 90, donne une abondance de sujets exploitables par les artistes de rue. Les vestiges du mur leur donnaient déjà un espace important. Mais sans doute par contagion, les quartiers voisins sont bien décorés aussi. A vous de voir, il y en a pour tous les goûts.
Clap de fin
Après l’agréable découverte de Berlin, qui résume notre parcours en Allemagne, nous gagnons très vite, en 4 jours et beaucoup d’autoroutes, le sud-ouest de la France pour y rejoindre le reste de la famille. Ce dernier tronçon clôt, en même temps que l’année 2024, notre longue boucle en Europe centrale et du Sud-Est. Après les fêtes, nous commencerons à préparer sérieusement notre nouveau voyage qui devrait démarrer au printemps 2025.
N’hésitez pas à lancer la vidéo si Roberto semble scotché à son point de départ !
Merci à tous nos lecteurs, fidèles ou occasionnels, de vivre un peu avec nous cette exploration du monde. A bientôt pour de nouvelles aventures !
Nous poursuivons notre lente remontée de la rive Nord du fleuve Saint-Laurent et découvrons le cœur de la province du Québec : sa capitale du même nom. Nous traversons ensuite la région de Charlevoix, beaucoup plus sauvage. Voici nos trouvailles, parfois originales, volontiers affublées de titres tarabiscotés comme je les aime.
Indien vaut mieux que deux tu l’auras
Panneau franco-wendat« Chefs-lieux » ?
Pour la première fois au Québec, les panneaux stop n’affichent plus simplement « arrêt » mais également le mot « steten ». C’est que nous ne sommes plus tout à fait dans la province canadienne mais sur le territoire des Hurons-Wendat, un peuple d’amérindiens qui était là bien avant que Jacques Cartier n’ait fini de téter sa mère. Décimés pas les colonisateurs français puis anglais et toutes les cochonneries qu’ils leurs ont apportés, des fusils à la vérole, ils ont fini par relever la tête et recréer une « nation » avec un drapeau et un « conseil de bande » pour gérer les affaires courantes. Mais les pouvoirs restent très limités et sous la coupe du gouvernement canadien. On est loin de l’indépendance. Nous avons visité l’un de leurs 2 villages, dont les maisons ne se distinguent en rien de celles des quartiers avoisinants. Seules les plaques des rues portant des noms de chefs indiens donnent le change. Le Site traditionnel Huron-Wendat rend tout de même hommage à leur mode de vie antérieur, raconté dans une sorte de musée et mis en scène dans une maison typique reconstituée appelée « maison longue »
Nation Huron-WendatSite Huron-WendatDécorations de l’hôtel……qui héberge le muséeMaison traditionnelleAménagement intérieurEchelle pour monter aux couchettesLa cuisineJolie fresque le long du torrent qui traverse le villageAvant de se transformer en une belle cascade
Un détroit, soleil !
Le nom de la ville de Québec vient du mot micmac (un peuple amérindien) « Kepe:K » qui signifie « rétrécissement d’un cours d’eau », et qui correspond effectivement à la morphologie du fleuve Saint Laurent en regard de la ville. Notre première approche de la capitale de la province du Québec s’est faite sous une pluie continue et, après avoir parcouru quelques rues et avoir failli noyer nos parapluies, nous avons fini par nous réfugier dans une brasserie puis, une fois restaurés et un brin séchés, dans l’excellent Musée des Civilisations où nous avons passé un bon moment.
Porte Saint LouisRistaurante Il TeatroBibliothèque installée dans une égliseEglise Notre Dame de QuébecLa Fresque des Québecois, un joli mural où l’on peut dénicher 17 personnages représentatifs de QuébecLes numeroscorrespondent aux personnages sur la liste
Ce n’est que le lendemain, avec le retour du soleil, que nous avons vraiment apprécié la ville. Je parle de la vieille ville, classée au patrimoine mondial de l’Unesco, parce que le reste est immense. Le Vieux-Québec est disposé sur deux niveaux, que l’on rejoint par des escaliers raides, comme le bien nommé escalier casse-cou, ou par un funiculaire. Sur les hauteurs, l’hôtel-château Frontenac domine la ville dont il est l’emblème. On le découvre aussi bien des terrasses qui le surplombent que de la promenade qui le borde ou encore du traversier qui joint les 2 rives du fleuve. Autour, ce sont d’étroites rues pavées et piétonnes, bordées de bâtiments où la pierre et les couleurs vives des ouvertures dominent tandis que les toits argentés aux reliefs complexes étincèlent sous le soleil. Au fil des carrefours, on découvre de jolies petites places, des églises aux toits verts, de grandes fresques murales, et toutes les boutiques qu’il faut pour capter les touristes finalement au rendez-vous. Après une journée de marche, nous étions contents de nous réfugier dans Roberto, que nous avions garé à deux pas du centre dans un parking au coût modeste (14€/j).
L’assemblée nationaleLe chateau FrontenacLe traversier qui fait la liaison avec l’autre riveLe vieux Québec,ses ruelles étroites,son funiculaire,ses peintres de rue,Ses fesques muralesses enseignes robertesques,ses façades colorées,ses toitures argentées,son ciel menaçant,mais pas pour longtemps,et un brin de fantaisie…
Corned Bear
Corned bear ?
Non ! Ils ont osé ! fut ma première réflexion en voyant ces conserves de viande d’ours sur les rayonnages de ce magasin. Bon, même si quelques confiseries étaient proposées, l’orientation générale du magasin, qui s’appelait d’ailleurs « Magasin général » – les anciens bazars du pays, vers les objets fantaisistes ou d’antan aurait dû m’orienter. En y regardant de plus près, le contenu n’avait rien à voir avec ces gros nounours que je n’ai aucune envie de consommer, mais consistait en de gentilles et inoffensives peluches. Ouf !
Heureusement non !
Aller plus haut, toujours plus haut
Chutes de Montmorency
Difficile de dire si c’est la chanson de Tina Arena qui nous a inspirés ou bien si c’est le simple hasard qui nous a conduits là, toujours est-t-il que moins d’un mois après avoir rendu visite aux chutes du Niagara, nous sommes allés voir les chutes de Montmorency, à 15 km de Québec en longeant le fleuve St Laurent vers l’Est. D’une hauteur de 83 mètres, elles dépassent les précédentes d’une bonne trentaine de mètres. Certes rien d’équivalent en largeur ni en notoriété (Marylin Monroe n’y aurait jamais tourné), mais elles peuvent être traversées à l’aide de passerelles situées juste au-dessus, ce qui est particulièrement impressionnant pour la chute principale appelée le Grand Sault. Les amateurs de sensations fortes, sans doute peu impressionnés par les 487 marches qui mènent au sommet, pourront tenter la tyrolienne ou la via ferrata, en attendant que l’on installe un saut à l’élastique ou, qui sait, une descente en kayak.
Vue latéraleVue de la passerelleOn ne peut être mieux placé !Mais pour profiter de l’arc-en-ciel il vaut mieux être en bas
Ça m’embauche un coin
Offre d’emploi géante
Cette annonce géante sur le toit de la gare du téléphérique qui mène aux chutes de Montmorency, comme toutes celles plus petites qui inondent les vitrines des magasins dans les villes, rappelle un problème préoccupant au Québec, et probablement dans tout le Canada : on manque cruellement de main d’œuvre. L’immigration a beau être favorisée par le gouvernement, elle reste assez sélective. Un des moyens de combler le manque est malheureusement d’employer des mineurs. C’est un ami (merci Jean-Marie) qui a attiré mon attention là-dessus, en me communiquant un article de presse …français. Curieusement, il a fallu qu’une parlementaire questionne le ministre des transports à ce sujet pour qu’il soit évoqué dans les médias locaux. Tout aussi curieusement, la loi est très permissive et l’employeur peut se contenter de l’accord des parents pour faire travailler 18h par semaine un enfant de 12 ans ! Et la population suit puisque 51% des mineurs ont une « job », comme ils disent.
L’îlet des nôtres
Mémorial des familles fondatrices au Parc des Ancêtres
L’île d’Orléans, située au beau milieu du fleuve Saint-Laurent un peu en aval de Québec, fut l’une des premières régions habitées par des Français en Nouvelle France vers 1650, peut-être séduits par le grand nombre de vignes sauvages qui y poussaient. Cent ans plus tard, alors qu’ils avaient tout défriché et bâti des maisons, les Anglais ont tout incendié et tout pillé, contraignant les habitants à l’exode. Mais ceux-ci sont revenus une fois la situation stabilisée et la Nouvelle France cédée à la Grande Bretagne et leurs descendants sont toujours là sur cette terre devenue canadienne entre-temps. Une œuvre d’art rend hommage à cette population résiliente. Roberto et nous avons fait le tour de cette île de 33 x 8 km en suivant la route Royale, bordée de belles maisons tout du long dont beaucoup, en pierres, ont gardé leur cachet d’origine.
Une rue de l’Île d’OrléansDe belles maisonsavec un certain cachetRemarquez les garde-corpsen fer forgé très travailléL’église Sainte-Familleet sa réplique miniature
Le plus cher un point c’est tout
Personnage mystérieux
Près du village de St Pierre, sur l’Île d’Orléans, au bord de la route, une arche sculptée auréole une statue assise de dos en arrière-plan. Il faut évidemment se garer et s’approcher à pied pour en savoir davantage. Le slogan ci-dessus, malicieusement détourné à partir du vrai slogan d’une chaîne d’hypermarchés français, devrait vous mettre sur la piste.
Mais oui, cest bien Félix Leclerc !fait de paroles en acier…
Vous avez reconnu le chansonnier et poète Félix Leclerc, le résident le plus cher et le plus célèbre de l’île dans laquelle il a vécu 20 ans avant d’y mourir. Cette sculpture géante, faite d’extraits en lettres d’acier de son œuvre, le représente assis dans un champ, poussant sans doute une chansonnette en s’accompagnant à la guitare. Dans le cimetière voisin, il n’est pas trop difficile de retrouver sa tombe : elle est recouverte de chaussures. Il faut connaître son répertoire pour en connaître la raison. Ci-dessous deux liens musicaux en rapport avec le sujet.
Sa tombe un peu particulièreJ’aime bien sa voisine aussi
https://www.youtube.com/watch?v=BEpC34NyXA8
SAQ à vin !
Une boutique de la SAQ
Au Canada, la vente d’alcool est strictement encadrée, au point que la plupart des supermarchés n’en vendent pas. Même le vinaigre est difficile à y trouver. Et quand on tombe sur des bouteilles de vin, elles sont dénuées de tout degré alcoolique. Un grand nombre de restaurants ne dispose pas de carte des vins, mais propose en contrepartie d’apporter sa bouteille, achetée dans un lieu autorisé. Au Québec, ces lieux de débauche sont les magasins de la SAQ (Société des Alcools du Québec). L’interdiction de la vente aux mineurs y semble stricte. La SAQ ne disposant que d’un peu plus de 800 points de vente au Québec, une dérogation pour l’interdiction de vente est accordée à bon nombre de « dépanneurs », ces épiceries à horaires étendus et aux boissons faiblement alcoolisées comme le cidre et la bière. Je ne sais pas si c’est grâce à cela ou par simple habitude culturelle que les canadiens consomment moins d’alcool que les français. Pour plus de précisions à ce sujet je vous mets les chiffres OMS 2016 pour ces deux pays et pour les extrêmes
Consommation d’alcool pur en litre/an/habitant de plus de 15 ans : Hommes Femmes Ensemble Yemen 0,1 0,0 0,1 Canada 14,6 3,4 8,9 France 20,3 5,4 12,6 Moldavie 25,2 6,1 15,2
Une bière locale qui nous ressembleLe verso pour les infosQuelques autres bières aux étiquettes fantaisistes
Il a assuré drave !
Musée de la drave
Nous avons fait la rencontre de Robert, un joyeux octogénaire et ancien draveur. Il ne doit plus rester beaucoup de membres de cette profession qui a pris fin en 1987. Pour ceux qui ne le savent pas, cela consistait, au siècle dernier, à convoyer le long d’une rivière des milliers de troncs d’arbres depuis leur lieu d’abattage dans l’arrière-pays jusqu’aux menuiseries ou usines à papier plusieurs centaines de kilomètres plus bas. Un métier rude et dangereux où l’on se faisait embaucher non pas grâce à un curriculum vitae mais en fonction de la taille de son poignet. La force n’était pas tout car il fallait aussi une bonne dose d’agilité pour se déplacer sur les arbres qui roulent et braver les rapides sans tomber à l’eau, ce qui était souvent dramatique. Robert nous parle de cette époque où il devait passer 6 à 8 mois par an loin de sa famille et vivre dans des conditions rustiques sous des climats extrêmes, tout en travaillant 8 à 10 heures par jour 7 jours sur 7. Mais tout ça sans regret aucun car il parle de son métier avec passion et nous montre tous les outils qu’il utilisait, les vêtements qu’il portait, et d’une manière générale tous les équipements de son « campement ».
Campement de draveurVue de l’intérieurUne belle collection de lampes à huiledans une véritable caverne d’Ali Baba
Accumulant d’abord tout ce qui a trait à son métier, il s’est découvert une âme de collectionneur et a réuni dans plusieurs pièces d’une grange une si incroyable quantité d’objets anciens que la place commence à lui manquer. Une sorte de caverne d’Ali Baba où chaque objet a son histoire. Ce pourrait être une riche boutique d’antiquités, mais Robert a préféré en faire un modeste musée dont il est l’unique guide et dont le droit d’entrée est libre. Tout à son honneur. Une visite d’exception, authentique comme on les aime, totalement recommandable.
Vieille photo de draveurs. Robert est le plus à droiteRobert et nousOn trouve des motoneiges en tous genresdont ce rarissime Harley Davidsonun vieux phono,de vieux disques,une plaque minéralogique française,une vieille lessiveuse,de tout, vous dis-je.Et j’oubliais ce superbe taxi-chenillettequi fonctionne encore tous les hivers.
Des plats d’ours bien léchés
Le Domaine de Pic Boiset son lac accueillantPartie de pêche tranquilleEn hiver ces maisonnettes de pêcheurs sont déplacées sur le lac gelé
Les ours noirs abondent parait-il dans l’arrière-pays canadien, mais les rencontres se font plutôt par hasard. Alors nous avons voulu forcer ce hasard en nous rendant au Domaine de Pic-Bois, spécialisé dans l’observation de ces mammifères. De la cabane d’accueil, après avoir acquitté le droit d’entrée, nous suivons Jean-Claude qui sera notre oursologue du jour et l’un des grands fils des propriétaires du domaine. Après 15 mn de marche sur un chemin large dans la forêt, nous bifurquons sur un sentier plus étroit. Jean-Claude nous fait mettre en file indienne, nous recommande de ne pas laisser entre nous d’espace suffisant pour qu’un ours puisse passer et nous intime de ne pas prendre de photo si l’un d’entre eux se présente. Et nous voilà partis, le grand fils devant nous et lui derrière pour assurer la sécurité. Je pensais, amusé, que c’était une belle mise en scène, mais à peine une minute après le début de notre marche, voilà qu’un ours se présente sur le sentier ! On nous fait signe d’avancer calmement, et l’ours effectivement, impressionné par le nombre, s’éloigne dans la forêt.
Un ours noir sur le chemin
Quelques minutes plus tard, nous arrivons à une sorte de mirador où, en sécurité à 3 mètres du sol nous allons pouvoir observer une petite clairière juste devant. Il n’y a pas de secret, pour que les ours soient au rendez-vous, il faut les nourrir un peu. Pas trop pour ne pas les rendre dépendants des humains bien sûr. Jean-Claude nous explique que ce qu’il va servir représente seulement 10% de leur nourriture quotidienne. Puis il part muni de seaux avec son homme de main pour faire un vrai service à table. Un menu 3 plats comportant os de porc, gâteaux broyés et une espèce de pâte semi-liquide ressemblant un peu au Nutella, qu’il va répartir sur les souches d’arbres creusées en soucoupes. Deux jeunes ours qui devaient avoir faim se présentent et s’empressent de lécher la cuiller. C’est d’ailleurs par le « Nutella » qu’ils vont commencer, en léchant la pâte avec délectation. Les gâteaux viendront ensuite et les os en dernier.
Un jeune ours attendde pouvoir lécher la cuiller
Quatre autres ours viendront les rejoindre, puis, grand moment, une mère avec 2 oursons. Jean-Claude, qui nous donne des explications tout du long, nous dit que nous avons beaucoup de chance, d’une part parce que nous ne sommes que tous les deux aujourd’hui (le mirador compte effectivement une vingtaine de places) et surtout parce que c’est la première sortie de l’ourse depuis sa sortie d’hivernage. Nous nous régalons de voir les oursons jouer, grimper très haut aux arbres, s’endormir là-haut sur les branches, puis redescendre quand leur mère les appelle. Difficile de vous résumer cette sortie qui a duré presque 3 heures, temps nécessaire car de petits évènements se produisent tout du long qui permettent d’élargir la discussion. Notre patience a été récompensée car, peu avant notre départ, nous avons pu voir une seconde ourse avec 3 oursons cette fois, pas trop rassurée car elle est repartie assez vite. Quoi qu’il en soit, nous ne serons plus maintenant « l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours » mais les observateurs directs.
D’autres arrivent peu à peudont cette mère avec ses 2 oursonsIls s’amusent à grimper très haut,vraiment très haut,pour finir par s’endormir sur les branches.
Bye bye les ours, nous changeons de calibre et allons voir maintenant à quoi ressemblent les baleines du St Laurent.