Étiquette : architecture

  • 145. Todo tranqui

    C’est la devise non officielle de l’Uruguay qui signifie « tout est calme ». Et extraordinairement, c’est exactement la première impression que nous avons en arrivant dans le pays. Il faut dire que nous sortons de près d’un mois de grandes villes, Paris puis Buenos Aires avec le bruit, l’agitation et la circulation que vous imaginez. Alors est-ce le seul fait d’arriver dans une petite ville de Province ou cela s’applique-t-il à tout le pays ? Seul l’avenir nous le dira !

    La petite traversée


    Colonia del Sacramento

    Et nous voilà partis à la découverte de la ville, ou tout du moins le quartier historique dans lequel nous logeons. Les rues pavées sont très calmes, la circulation automobile rare. Avec la végétation luxuriante et le mélange des fleurs et des couleurs de l’automne, c’est une vraie bouffée d’oxygène que nous respirons. Cette ville a un charme fou. Ce n’est pas pour rien que l’UNESCO l’a inscrite à son patrimoine.


    Un agréable mélange d’art et de patrimoine

    Plus nous avançons dans les rues bordées de platanes, plus nous nous rendons compte de la richesse culturelle, artistique et visuelle de la ville. Cela nous rappelle par certains côtés la ville d’Antigua au Guatemala. Tout ceci attire bien sûr quelques touristes, mais qui restent en nombre raisonnable, venant pour la plupart en petits groupes de Montevideo ou de Buenos Aires en excursion à la journée. Alors voici quelques autres de nos découvertes :


    Des musées ordinaires et plus si affinité

    Colonia del Sacramento recèle un nombre important de musées comparé à la taille de sa population, essentiellement basés sur l’histoire mouvementée de la ville. Fondée par des Portugais en 1680 qui avaient vu à cet endroit un bon potentiel pour le commerce, notamment avec Buenos Aires juste de l’autre côté de l’estuaire, et s’étaient installés malgré les colonies espagnoles déjà présentes autour. Les Espagnols n’ont pas aimé et s’en est suivi une série de guerres avec les troupes portugaises pour reprendre tour à tour le territoire, jusqu’à l’indépendance de l’Uruguay en 1828. L’architecture de la ville reflète bien ces différents conflits, et plusieurs musées sont consacrés à des pans ou des populations de cette histoire, nous en avons visité plusieurs, dont voici quelques images commentées ci-dessous.

    > Le Musée Municipal

    Il est incontournable puisque c’est là qu’on achète à prix modique un billet valable pour 9 autres musées de la ville. Installé dans une demeure portugaise, il est étonnamment éclectique avec des salles thématiques abordant aussi bien l’archéologie précolombienne que l’arène de corridas de la ville voisine, le mobilier de la période portugaise, ou encore la paléontologie et l’histoire naturelle. On y trouve ainsi des ossements peu communs de gliptodonte, un squelette complet de paresseux géant, une abondante collection de taxidermie comportant oiseaux mammifères et reptiles, et enfin des tableaux d’entomologie avec de superbes papillons et autres insectes. L’histoire municipale a ici un sens vraiment très large !


    > L’Espace Portugais

    Situé à deux pas du précédent, il aurait pu faire redite, mais il est plus axé sur le côté militaire, décrivant la vie des soldats aux XVI et XVIIe siècle, et expose une superbe collection de cartes anciennes du temps des grands explorateurs. Nous y avons trouvé aussi de jolis azuleros, ces céramiques bleu-cobalt si typiques de la culture arabo-hispano-portugaise, qui nous ont consolés de la fermeture du musée de la ville qui leur était dédié.

    Nous n’avons trouvé qu’un intérêt modéré aux autres musées, ce qui m’évitera de les énumérer. Mais parlons maintenant d’une perle, hors forfait précédent, mais qui pour les amateurs mérite absolument la visite :


    > Le Musée de l’Origami

    Malgré sa petite taille, la ville de Colonia del Sacramento recèle un trésor, le Musée de l’Origami. Il est décrit comme l’un des rares dans le monde dédié à ce sujet. Il a été aménagée par une citoyenne de la ville passionnée par le sujet. Ce musée ne possède que 3 petites salles, mais on y passe facilement une heure à lire les panneaux informatifs, à admirer de près chaque création et bien sûr à les photographier pour en garder la mémoire. On découvre l’histoire du pliage, son évolution depuis l’époque où l’on réalisait des plis simples jusqu’à la façon dont on le travaille aujourd’hui, en intégrant souvent des concepts mathématiques qui permettent de travailler le papier sans le couper. On aboutit ainsi à des pliages complexes qu’on jurerait faits avec plusieurs feuilles de papier alors qu’il n’en a été utilisé qu’une feuille.

    On découvre aussi les avancées scientifiques qui utilisent les techniques de l’origami, comme le déploiement des panneaux solaires des satellites, les stents pour maintenir les artères du cœur ouvertes lorsqu’elles ne le sont pas assez, des armatures installées à partir d’un ballonnet pour solidifier des vertèbres affaissées par l’ostéoporose, et bien d’autres encore. L’art de l’origami est utilisé aussi en accompagnement des personnes atteintes d’Alzheimer. Le musée accueille aussi les scolaires, dispense des cours de pliage, accueille régulièrement des conférenciers dont on peut retrouver des vidéos sur le site internet. Enfin, le Musée de l’Origami expose des œuvres d’artistes de renom dans le domaine. Elles sont magnifiques.


    Lumière divine

    Le couvent de St François Xavier dans la zone classée maintenant historique de Colonia del Sacramento possédait une tour qui servait non seulement à appeler les fidèles, mais aussi à guider les bateaux naviguant sur le rio de la Plata, d’autant que les courants y étaient particulièrement dangereux, ayant entraîné de multiples naufrages. Lorsqu’un incendie détruisit en grande partie le couvent en 1705, les marins se plaignirent rapidement de la perte de leur point de repère. On leur construisit alors un phare, dont la base carrée se calquait sur les restes de l’ancienne tour, tandis que la partie supérieure était plus classiquement cylindrique. Voilà pourquoi, aujourd’hui, il reste le seul phare du pays à avoir ce double profil. Les murs du couvent tenant encore debout ont été laissés en place, contribuant à la solidité de l’ouvrage.

    Le phare de Colonia del Sacramento
    Le phare et les murs restants du couvent initial

    L’art dans le bastion

    Dans la période où la ville était fortifiée, pour la défense des colonisateurs en alternance que furent les Portugais et les Espagnols, plusieurs bastions la défendaient. Devenus inutiles depuis l’indépendance, ils furent soit détruits soit reconvertis, comme ce Bastion del Carmen devenu une usine à colle et à savon puis entrepôt de stockage d’aliments. Rien de tout ça n’étant nécessaire aujourd’hui, le lieu est maintenant un Centre Culturel, avec salle de concert et expositions temporaires. Voici celle qui était en cours au moment de notre passage.


    Cabotage pour Roberto

    Le navire porte-container qui transporte Roberto est arrivé sur les côtes Est de l’Amérique du Sud. Nous découvrons les escales au fur et à mesure, car rien ne les indiquait au départ. Il s’est donc arrêté à Santos puis Panaragua au Brésil. Dans les deux destinations il s’est enfoncé assez loin dans les terres. C’est peut-être notre carte qui manque de précision.


    Montevideo, enfin

    En 3 heures de bus, nous rejoignons la capitale de l’Uruguay, Montevideo. Nous n’en bougerons plus jusqu’à l’arrivée de Roberto. Nous découvrirons juste avant d’arriver que notre porte-containers passera devant Montevideo sans s’arrêter, pour rejoindre en premier Buenos Aires … juste là où nous étions une semaine auparavant. C’est rageant ! Espérons tout de même que nous serons bien sa prochaine escale.


    Encore un logement de caractère

    Nous allons loger dans le centre historique. Comme pour Buenos Aires, l’architecture est très variée, mêlant les styles ou pas de style du tout. La façade de l’immeuble où se trouve notre appartement est quelconque, mais l’intérieur rattrape le coup. Au sommet d’un escalier en marbre nous attend un palier décoré d’un plafond en vitrail, d’un piano et de quelques bibelots. 2 autres appartements donnent dessus et peuvent se partager une salle à manger de 8 personnes, une buanderie, et au sommet d’un escalier métallique plusieurs terrasses dont une avec piscine. En cette saison d’automne, elle a été vidée, mais il nous reste les terrasses pour la vue panoramique sur la mer.


    Un jour aux courses

    À l’arrivée comme toujours, il nous faut remplir le frigo. La fréquentation des magasins du quartier nous amène à quelques découvertes intéressantes, voir surprenantes.


    Postres (desserts)

    Les Uruguayens ne mangent pas que de la viande. Ce sont manifestement des « becs sucrés » et les vitrines des pâtisseries sont hautes en couleurs. Comme d’habitude ici, les parts sont énormes. Mais on trouve aussi des desserts plus délicats, comme ces alfajores, la version uruguayenne du macaron. Prêts à saliver ?


    La vanlife version Uruguay

    Nos rares rencontres avec des véhicules de loisirs


    Façades

    Montevideo a été fondée en 1726 par les Espagnols afin d’éviter l’expansion des Portugais installés dans la ville voisine de Colonia del Arte. Un moment intégrée au Brésil, la ville gagna son indépendance en 1828, tout en restant sous influence des Britanniques pendant près d’un siècle. Ces derniers voulaient empêcher le contrôle commercial de la région par l’Argentine et le Brésil. Enfin, les liaisons maritimes ont favorisé les échanges avec l’Europe. L’architecture qui en ressort est un mélange de toutes ces influences, avec des bâtiments de style aussi bien art-déco, néoclassique, éclectique que moderne. Un petit tour en ville avec nous ?

    On va terminer là pour cette session. Pas mal de choses à vous relater pour la prochaine. Et puis on l’espère vivement, la récupération de Roberto qui est dans sa dernière ligne (presque) droite. A très bientôt !

  • 142. Nouveau départ

    Après une halte trimestrielle dédiée à la famille et aux amis bien placés géographiquement (désolés pour ceux de la moitié nord du pays), mais aussi à une remise en forme de Roberto, nous voilà repartis sur les routes du monde, La boucle 2025-2026 sera consacrée à l’Amérique du Sud. Oui, il nous faudra bien deux années pour visiter ce sous-continent, en incluant quelques allers-retours familiaux devenus indispensables depuis l’arrivée de nos petits-enfants.

    Préparation et expédition de Roberto

    Nouveau départ pour Roberto
    Installation des panneaux solaires avec Christophe

    Après 3 ans et demi et 121 000 km passés sur des routes, des chemins, plus rarement des plages ou du sable volcanique, Roberto avait besoin de se refaire une santé. Nous avons choisi une location proche de nos enfants, ce qui nous a permis de vider complètement notre véhicule et dans un premier temps de le nettoyer en profondeur, ce qui aurait été difficile en continuant à habiter dedans. Il a fallu ensuite resserrer un certain nombre de vis d’assemblages des menuiseries, qui avaient pris un peu de jeu avec les vibrations de la route. Le joint du lanterneau avait un peu souffert du soleil et des écarts de températures, entraînant de petites fuites par pluie de travers. Il a été refait. La moquette a été remplacée. La plus grosse partie a été de remplacer les panneaux solaires. Au final le choix des panneaux souples, guidé par leur légèreté et leur discrétion, s’est avéré non judicieux. Agressés par la chaleur de la tôle sur laquelle ils étaient collés, ils ont perdu beaucoup de leur capacité, voire même totalement pour l’un d’entre eux. Mon ami Christophe (merci encore) et moi-même avons installé 5 nouveaux panneaux de 200W chacun, en rigide bien sûr. Un nouveau régulateur a été mis en service, me permettant de contrôler via Bluetooth la production en cours, ce que ne me permettait pas le précédent, et m’a permis de vérifier que tout fonctionnait au mieux. Nous retrouvons le plaisir d’utiliser à volonté la bouilloire ou le micro-ondes, sans avoir à se soucier de la charge de la batterie. Nous avions anticipé d’un mois le contrôle technique des 4 ans, afin de vérifier que tous les points de sécurité étaient conformes.

    Roberto en pause sur la route d’Anvers. On remarque à peine les nouveaux panneaux solaires qui dépassent pourtant de 4 cm du niveau précédent

    Pour l’expédition, nous avons trouvé un nouveau prestataire, Wave Logistics, basé à Montevideo en Uruguay, et logiquement plus compétitif pour cette destination. En outre, ils se chargent de trouver eux-mêmes un colocataire de container, ce que ne font pas les autres. Voyager en container permet a priori d’éviter le risque de vols que nous avions connu lors de notre première traversée vers le Mexique. Roberto fera donc la traversée Anvers-Montevideo dans un container 40 pieds réhaussé. Il a fallu mesurer la hauteur et la largeur précise de Roberto afin de vérifier que l’on passait la porte d’entrée du container. Ça s’est joué à 2 cm en haut et de chaque côté à condition de rentrer les rétroviseurs. J’ai conduit Roberto à Anvers le 24 mars, pour un départ prévu le 31 et une arrivée à Montevideo le 26 avril. Mais le navire qui devait embarquer notre container aurait « oublié » de s’arrêter à Anvers et nous sommes reportés sur le suivant avec une dizaine de jours de retard. A vrai dire, aucun de nos 3 shippings n’a respecté son planning, ça semble assez courant hélas.

    La grosse pince s’apprête à attraper Roberto pour le mettre dans le container *
    Roberto dans son container : ça rentre juste juste juste ! – * la « grosse pince » était une blague bien sûr !

    Préparation et expédition de Claudie et Jean-Michel

    La plupart des voyageurs venant récupérer leur véhicule à Montevideo ne vont pas attendre directement dans cette ville. Il est plus opportun de se rendre d’abord à Buenos Aires, où il y a davantage à s’occuper, puis de rallier la capitale uruguayenne en ferry. C’est donc ce que nous avons programmé. Claudie a largement préparé le début de notre itinéraire en Amérique du Sud, épluchant et notant soigneusement les points d’intérêt, tout ça pendant que je m’occupais de Roberto.

    Et nous voilà donc partis ce 7 avril sur un avion d’Air France, avec un billet aller-simple à 166 € chacun en utilisant nos miles. Un tarif plutôt doux pour un trajet de plus de 13 heures ! L’aller simple est à mon avis la meilleure façon d’utiliser les miles, car le nombre nécessaire pour un aller simple est juste la moitié d’un aller-retour, alors que pour les billets standards, l’aller simple avoisine souvent les 60-70% de l’aller-retour. Dans la foulée, réservant un hôtel à Buenos Aires avec Booking, Claudie a profité de ses points bonus pour bénéficier d’un taxi gratuit depuis l’aéroport. Confirmé dans les règles. Le chauffeur nous attendrait même dans le hall des arrivées avec une pancarte à notre nom. A l’heure où j’écris, nous sommes encore dans l’avion. Le dénouement ne sera connu que dans quelques heures…

    A l’arrivée à l’aéroport de Buenos Aires, le conducteur de taxi nous attendait effectivement avec sa pancarte. Très aimable, il nous a décrit les points d’intérêt tout au long de notre trajet d’environ 35 km jusqu’au centre-ville. Avant de nous déposer devant notre hébergement. Nous découvrons un superbe hôtel dans le style colonial, comme nous aimons. C’est souvent moins confort que dans les grandes chaînes – nous allons découvrir notamment l’absence d’eau chaude et aussi faire tomber la tringle en fermant l’un des rideaux – mais nous préférons de loin ces bâtiments avec beaucoup de cachet. Nous nous effondrons rapidement : il est minuit heure locale, mais cinq heures du matin pour la France.


    Découverte de Buenos Aires

    Buenos Aires jour 1

    Nous partons découvrir notre quartier aux constructions très hétéroclites. Normal car la ville a connu de nombreuses influences au cours de son histoire. Espagnole bien sûr jusqu’à l’indépendance du pays en 1810, mais aussi anglaise (brève tentative d’occupation en 1806 et 1807), italienne (3 millions d’immigrants entre 1857 et 1940) et française (une certaine francophilie a conduit à importer des mesures éducatives, architecturales et économiques). Il en ressort un mélange pas très heureux de constructions quelconques et pas très entretenues, de bâtiments anciens de style colonial espagnol (murs massifs, arches simples, peu de couleurs), baroque, néoclassique, art nouveau et contemporain avec des tours de verre qui poussent partout.

    De façon plus pragmatique, nous allons aussi retirer de l’argent au distributeur avec nos cartes de crédit dites « sans frais à l’étranger ». Le terme est quelque peut trompeur puisque cela ne compte que pour la banque française qui les délivre. Les banques locales prennent leur propre part. Et les banques argentines sont très très gourmandes puisqu’elles prélèvent 25% du montant retiré ! Nous allons changer de méthode et tenter d’utiliser les services de Western Union pour le cash. Et bien sûr continuer comme nous avons l’habitude de faire à régler nos dépenses en priorité avec nos cartes de crédit. Tout en sachant qu’en Argentine, l’efectivo (les espèces) est roi, affichant régulièrement de fortes réduction si l’on paie cash ou de fortes majorations si l’on règle par carte. Il nous faut aussi gérer un taux de conversion pas très pratique, à savoir diviser les prix par 1360 pour convertir en euros. J’ai quand même trouvé qu’en divisant par mille puis en enlevant un quart au résultat obtenu on avait quelque chose d’approchant, évitant de sortir la calculatrice… Côté téléphone, nous bénéficions encore des 35 Go d’internet à l’étranger de nos forfaits Free, profitons-en car en Uruguay ce ne sera plus le cas.

    En fin de matinée, nous avons l’immense plaisir d’être rejoints par Clémentine, la nièce de Claudie, une grande voyageuse qui est pour quelques mois en Amérique du Sud, avec notamment l’objectif d’apprendre le Portugais au Brésil. Déjà sur place, elle a bien voulu reculer son départ de 2 jours afin de passer quelques heures avec nous. C’est toujours très agréable de partager nos visites. Clémentine qui connaissait déjà un peu la ville nous a emmenés dans ses quartiers préférés, notamment près du port.

    Et en fin de journée la bonne nouvelle :


    Buenos Aires jour 2

    > Une librairie d’exception

    > Un Musée de l’eau et de l’assainissement

    > Des manifs


    Buenos Aires jour 3

    > Balade un jour de grève

    > De la fleur au camembert

    La jolie fleur du carrousel ci-dessus est celle d’un kapokier, un arbre qui pousse volontiers dans les zones subtropicales. Elle n’a guère d’autre utilité que de se faire jolie pour attirer les chauve-souris qui la pollinisent. Le fruit en résultant s’ouvre à maturité produisant une espèce de boule cotonneuse appelée kapok. Ces fibres sont très utiles, quand on n’a plus de billets, pour rembourrer les matelas. A condition d’enlever les graines pour ne pas reproduire l’histoire de la princesse au petit pois. Accessoirement on peut faire de l’huile avec ces graines, mais le plus intéressant est le bois de l’arbre qui est utilisé pour faire du contre-plaqué ou des boîtes à camembert. C’est pour cette raison que le kapokier est aussi connu sous le nom de fromager. Vous savez, cet arbre dont les racines enveloppent si bien les temples d’Angkor.


    Buenos Aires jour 4

    > Où l’on découvre un café au charme d’antan, une tiny house et une petite fille espiègle


    Comme c’est demain dimanche, j’arrête là le premier article de ce nouveau voyage. Il en sera plus court à lire. A très bientôt pour la suite !

  • 139. Slovaquie

    Voici le 37ème pays de notre périple avec Roberto. De taille modeste, la Slovaquie est onze fois plus petite que la France, et nous devrions la traverser assez rapidement. Nous retrouvons ici l’euro, donc la disparition des calculs fastidieux à réaliser pour les achats. Alors, côté touristique, qu’est-ce que cela donne ?

    Parcours correspondant à cet article, en version zoomable ici

    Première ville slovaque

    Notre première étape est Banska Stiavnica, une ancienne cité minière classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. L’exploitation des gisements d’or et d’argent a fait prospérer la ville entre le XIIIe et le XVIIIe siècle, la dotant de belles demeures aux façades décorées. La crainte des invasions ottomanes au XVe siècle lui a fait aussi construire un château et des remparts pour mieux se protéger, tandis que plusieurs églises et un calvaire renforçaient la ferveur catholique. La réputation dans l’exploitation minière a également conduit à la mise en place d’une académie des mines, enseignant l’art de la prospection, de l’extraction et du traitement des minerais. C’est devenu aujourd’hui un musée, que nous n’avons pas manqué de visiter.




    Le village peint de Cicmany

    Il y a 200 ans dans ce petit village de montagne, on protégeait le bois foncé des maisons avec de la chaux. Plutôt qu’un vulgaire barbouillage, les femmes qui fabriquaient en majorité de la dentelle reprirent les motifs de leurs ouvrages pour enjoliver les maisons. La concurrence s’y est mise et presque tout le village a recouvert sa maison de motifs blancs à la chaux. Procurant une harmonie architecturale qui fit classer la ville comme première réserve d’architecture populaire au monde en 1977. Et un afflux de touristes. Encore que lors de notre venue, le froid et le blizzard avaient apparemment dissuadé tous nos congénères et nous étions seuls dans les rues. Mais des maisons noires aux motifs blancs avec un ciel gris, ça rendait plutôt bien.


    Bratislava et les 40 voleurs

    Stationner dans les grandes villes ne s’improvise pas, surtout si l’on souhaite y rester la nuit et abandonner son véhicule toute la journée pour la découverte. L’application Park4night nous est d’une précieuse aide dans ces cas là. Mais ce que nous lisons sur les commentaires laissés par les précédents visiteurs ne nous rassure pas : les vols avec effraction sont manifestement fréquents sur les véhicules de loisirs. Un peu comme en Italie par exemple, mais nous y avions toujours trouvé des parkings sécurisés, ce qui n’est pas le cas ici. Voulant jouer la sécurité, nous décidons, et c’est la première fois depuis le début de notre périple, d’aller visiter la ville chacun notre tour pendant que l’autre s’occupe dans Roberto et veille sur lui.

    Cela dit, même avec un temps plutôt maussade, la ville est plutôt agréable. Les rives du Danube, les bâtiments de styles variés dans le centre historique, les statues, le street-art par endroits et la faible fréquentation en dehors des marchés de Noël donnent une bonne impression qui contrebalance la mise en garde initiale.



    À propos des marchés de Noël, peu de gens imaginent qu’ils peuvent avoir des conséquences négatives pour nous autres voyageurs nomades. Outre les places de stationnement occupées par ces cabanes en bois et autres manèges, réduisant donc les places de parking dans la ville, ces marchés défigurent à notre sens les grandes et belles places en masquant les somptueux bâtiments qui les bordent. Ils entraînent enfin un tourisme de masse que l’on ne verrait pas à cette époque de l’année dans les autres attractions des villes, et nous font perdre notre bénéfice de tranquillité hors saison. À l’inverse, nous trouvons les décorations et illuminations des rues et vitrines lors de ces fêtes de fin d’année plutôt avantageuses.


    La Slovaquie, c’est déjà fini ! Nous avons maintenant une idée précise de Bratislava qui n’était jusqu’ici pour nous qu’un mythe maintenant transformé en ville modeste et accessible. La capitale du pays suivant devrait être d’une toute autre envergure. Et puis elle est toute proche : seulement 60 kilomètres nous séparent de Vienne. À nous l’Autriche !