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  • 176. Équateur 2003

    176. Équateur 2003

    Du 19 octobre au 13 décembre 2003, nous avons effectué un voyage itinérant sac au dos en Équateur et au Pérou avec nos 4 enfants âgés de 4 ans ½ à 13 ans, comme nous avions pris l’habitude de le faire à cette période-là. Ce voyage étant en période scolaire, nous communiquions avec les classes et avec notre famille par courriel (on disait encore e-mail à l’époque…) et l’ensemble de ces textes était ensuite réuni, illustré de quelques photos, dans un album de voyage. C’était un peu l’ébauche du blog actuel. Le temps de notre pause familiale, j’ai décidé d’insérer en guise de flash-back ce récit dans En Route Avec Roberto. Commençons par l’Équateur.


    Courriel du 18/10/2003

    En route pour la Mitad del Mundo !

    Bonjour,

    Nous voici de nouveau à l’heure fébrile du départ, quand tout est prêt et rien n’est prêt à la fois, quand le doute regagne du terrain sur la certitude, quand quelques craintes essaient de ternir les joies du départ.

    D’un intervalle de 2 ans entre nos précédents voyages nous sommes passés à moins d’une année, parce que nous venons de définir que la fin du raisonnable pour les absences scolaires était la transition collège-lycée, et qu’il fallait donc profiter au mieux des 2 années qui nous restaient. Non pas que nous y ayons été poussés par les enseignants, qui, bien au contraire, ne nous auront peut-être jamais autant soutenu que cette année. Des courriers élogieux aux administrations aux programmes scolaires plus que détaillés (parfois au jour le jour dans certaines matières alors que nous ne demandions que les grandes lignes), en passant par l’e-mail d’un professeur en congé de paternité s’excusant d’être en retard, ou enfin le coup de téléphone à la maison pour donner des précisions supplémentaires, tous se sont donnés pleinement, comme s’ils rêvaient un peu de partir avec nous… Nous les remercions en tout cas vivement et ferons de notre mieux pour que nos enfants ne prennent pas de retard.

    Du coup, la préparation n’a duré que 9 mois et n’a sans doute pas été aussi approfondie que d’habitude, ce qui est d’autant plus dommageable que nous changeons de continent et de climat. Certes nous avons relu Tintin au pays des Incas (au moins deux douzaines de fois pour Achille qui pourtant ne sait pas encore lire !), parcouru quelques guides touristiques, fouillé un peu dans la vie de Darwin et l’écosystème des Galápagos. Claudie a lu quelques livres concernant notre voyage et en a commandé quelques autres que nous lirons sur place. Certes la composition des sacs à dos n’est plus un casse-tête depuis longtemps et n’a nécessité que quelques adaptations dues à la croissance de nos enfants ou au climat envisagé. Notre questionnement vient surtout de cette nouvelle population que nous allons rencontrer :  les Équatoriens et Péruviens seront-ils aussi accueillants que les asiatiques ? N’allons-nous pas mettre nos enfants en insécurité ici alors que là-bas c’était si paisible ? La rébellion récente en Bolivie est-elle contagieuse ? N’aurons-nous pas de difficulté à communiquer en Espagnol plutôt qu’en Anglais ? Allons-nous souffrir du froid sous les tropiques ?

    Mais tout aussi rapidement, les bons moments de nos voyages précédents nous reviennent à l’esprit. Tous nos enfants sont d’ailleurs très partants, à l’image de Mélusine qui écrit, dans une fiche de présentation de début d’année proposée par son institutrice, à la rubrique « Qu’est-ce que tu aimes faire ? » : « Voyager avec mes parents ». Tous regrettent évidemment d’abandonner leurs copains, leur école, leur maison quelque temps, mais tous apprécient tout autant la rupture avec le train-train quotidien, la découverte d’autres paysages, d’autres gens, d’autres habitudes, d’autres nourritures. Les 3 à 4 heures de travail scolaire quotidien sont denses mais laissent libres toutes les matinées pour partir en exploration, et toutes les fins de journées aussi. Le voyage est aussi l’occasion d’une vie de famille plus riche qui fait du bien à tous.

    Au programme cette année, rien de bien précis, comme d’habitude. Les circuits du genre « Journée n°7 : petit déjeuner continental et départ en bus à 7h pour X, visite au passage de Y et Z » ne sont pas pour nous. Arrivée à Quito 4 heures après avoir décollé de Madrid (avec le décalage horaire en plus, hélas), quelques jours à la « Posada del Maple », un petit hôtel réservé par Internet (vous pouvez allez voir, c’est www.posadadelmaple.com, ce serait amusant de vous faire un petit coucou devant la webcam s’il y en avait une…), et ensuite nous avons quartier libre jusqu’au 12 décembre à Lima. Quelle liberté ! Nous irons certainement voir assez rapidement la Mitad del Mundo (moitié du monde), un site touristique situé pile sur la ligne de l’Équateur pas du tout imaginaire à cet endroit et qui détaille toutes les particularités physiques de l’endroit : les œufs y tiennent paraît-il sur la tête d’une épingle, les chasses d’eau coulent sans tourbillon, les gens pèsent moins lourd, etc… Nous espérons pouvoir faire une escapade aux mythiques Iles Galápagos et traverser une partie du pays par l’Avenue des Volcans. Voilà le programme préliminaire pour vous mettre l’eau à la bouche.

    Si les accès à Internet sont aussi faciles qu’on le dit, nous devrions vous faire parvenir les prochaines nouvelles dans une dizaine de jours. Si pour une raison ou une autre vous ne souhaitez plus recevoir ces messages, nous le comprendrions très bien, et il suffit juste de nous le faire savoir.

    À bientôt donc,


    Courriel du 25/10/2023

    L´aventure commence à Madrid !

    L'aventure commence à Madrid : mais où est le sac à dos d'Amandine ?
    L’aventure commence à Madrid : mais où est le sac à dos d’Amandine ?

    Le risque de vol à la tire étant plus grand en Équateur qu’en Asie, nous avions largement insisté auprès de nos enfants pour qu’ils surveillent soigneusement leurs effets personnels. Le premier test grandeur nature a eu lieu à Madrid et a dépassé toutes nos craintes : Amandine a mis moins de 10 mn pour perdre son sac à dos, qui contenait évidemment tout son matériel scolaire et une bonne partie de ses vêtements… Le voyage commençait très fort ! Le retour au pas de course sur le lieu supposé de la perte (ah que nous avions belle allure !) n’a abouti à rien, pas plus que les appels à l’aide au personnel de l’aéroport peu intéressés manifestement par l’affaire. L’heure de notre correspondance approchant, il ne nous restait plus qu’à faire une croix sur nos affaires et rejoindre piteusement la porte d’embarquement. Les yeux humides d’Amandine ne lui avaient pas pour autant affaibli la vision, puisque, o miracle, elle aperçoit soudain au loin dans la zone d’embarquement d’un autre avion son bien le plus précieux du moment. À grands renforts de bras et de cris, nous réussissons cette fois à alerter les policiers de l’endroit, qui nous rendront bien volontiers le sac qu’ils auraient dû faire exploser en l’absence de son propriétaire… Ouf !


    ¡Buenos días, Ecuador!

    Nous découvrons Quito, la capitale du pays, étalée toute en longueur à 2850m d’altitude sous le volcan Pichincha qui, lui, frôle celle du Mont-Blanc. Si l’on excepte le quartier colonial qui garde le cachet de cette époque, l’architecture de la ville nous apparaît d’une grande monotonie, basée sur un élément essentiel : le cube de béton, décliné en plusieurs tailles et couleurs. Le quadrillage impeccable des rues renforce encore cette sensation d’uniformité, tout en rendant le repérage assez facile. La ville est vivement colorée, avec des mélanges parfois très réussis mais souvent très criards. La circulation est dense, et bus et taxis se comportent comment s’ils voulaient écraser le plus possible de passants. La population des rues nous ignore (où sont nos beaux sourires d’Asie ?), sans doute habituée aux mélanges de couleurs, mais lorsqu´on l’aborde dans les boutiques, l’amabilité est toujours de mise. Quelques indiens  »en tenue » (chapeau, tresse, poncho, …), manifestement cantonnés aux emplois subalternes, donnent pour l’instant la seule touche exotique à la ville. Le temps est plutôt agréable, avec un ciel bien dégagé le matin et plus chargé l’après-midi, des températures avoisinant 25 degrés dans la journée mais descendant rapidement le soir (petite laine obligatoire). La nourriture ne devrait guère poser de problème, puisque le plat national est le poulet-frites, mais nous ne manquerons pas de nous réorienter vers des spécialités locales … plus locales, si l’on peut dire. Notre seul vrai problème pour l’instant est la langue. Basile et Claudie qui ont étudié l’Espagnol comprennent bien l’écrit mais manquent de pratique à l’oral. Amandine et moi qui sommes débutants allons devoir faire des progrès rapidement car l’Anglais est très peu parlé.


    La Mitad del Mundo

    Nous partons en bus pour visiter ce site à 22 km au nord de Quito. L’animation ne manque pas à bord, avec des vendeurs de toutes sortes et des musiciens qui se succèdent.

    La Mitad del Mundo (le milieu du monde) est située à l’endroit exact où passe l’équateur, celui-ci étant matérialisé par une ligne jaune au sol. Nous ne résistons pas à la tentation de photographier nos enfants un pied dans chaque hémisphère. Nous visiterons aussi un musée consacré aux différentes étapes de la localisation précise de l’endroit par des savants français. A l’aide d’un sextant et de quelques instruments du même type, après 4 années de mesures, La Condamine au XVIIIème siècle ne s’était trompé que de quelques kilomètres. Si seulement il avait connu le GPS ! Le plus intéressant de tout a été l’observation directes des particularités physiques de cet endroit, liées à la situation géographique (cadran solaire à deux faces), à la plus faible gravité (des pèse-personnes prouvent qu’un adulte fait 2 kg de moins, un œuf tient en équilibre sur la tête d’un clou) et à la force de Coriolis (nous avons vu, de nos yeux vu, un lavabo se vider avec un tourbillon dans le sens horaire à à peine 1 mètre au sud de l’équateur, dans le sens contraire à 1 m au nord, et sans tourbillon lorsqu’il était pile sur la ligne, une démonstration éclatante).

    Nos 4 enfants un pied dans chaque hémisphère
    Nos 4 enfants un pied dans chaque hémisphère

    Fin du séjour à Quito

    Ce samedi 25 octobre, nous avons récupéré le décalage horaire et sommes en pleine forme, heureux d’être là et savourant chaque instant. Hier, nous avons fait la connaissance avec la culture amazonienne, initiation à la sarbacane et à l’élevage de lamas incluses. Demain, nous partirons pour visiter les îles Galápagos, et inutile de dire que les enfants piaffent d´impatience. Nous allons sillonner l’archipel pendant 5 jours à bord d’un petit bateau de 10 places et rêvons déjà de rencontrer tortues, lions de mer, iguanes, albatros et une multitude d’autres animaux. Lorsque nous avons demandé à l’agence si nous étions certains de voir des animaux, ils nous ont répondu avec cette phrase merveilleuse : “Là-bas, ce sont les animaux qui vous regardent”

    À bientôt


    Courriel du 5/11/2003

    Escapade aux Iles Galápagos

    Embarqués avec six autres passagers et quatre membres d’équipage sur le Cormorant, nous avons croisé pendant quatre jours entres les principales îles de l’Archipel, séparées par quelques heures de navigation. Chaque matin et chaque après-midi, nous débarquions avec un petit canot sur une plage différente pour partir quelques heures en exploration. Nous avons vite compris que les touristes ici étaient tout juste tolérés, ne pouvant accéder qu’à des zones restreintes (10% de l’archipel) et dûment accompagnés d’un guide officiel, tellement l’écosystème est fragile. La moindre bestiole agrippée par mégarde sous nos chaussures – nous passons sur un tapis désinfectant à l’arrivée à l’aéroport – ou la moindre graine apportée innocemment dans nos bagages – fouille au départ avec confiscation des cacahuètes et autres gâteries – pourraient créer une catastrophe écologique et décimer toute une espèce. Les précédents sont hélas nombreux. En contrepartie de ces tracasseries, nous avons pu observer de vraiment très près, mais sans l’autorisation de toucher (les enfants se sont sentis très frustrés) une faune et une flore exceptionnelle, souvent uniques au monde : le mot endémique revient souvent dans la bouche du guide. Ne serait-ce que d’une île à l’autre, les espèces diffèrent déjà des quelques détails qui ont permis à Darwin d’élaborer sa célèbre théorie, ou plutôt de prouver celle de son grand-père, comme nous avons pu le lire. Nous nous sommes donc régalés d’observer à loisir des centaines d’otaries paressant sur les plages ou jouant dans l’eau, les tortues géantes qui ont donné leur nom aux îles, des colonies de flamants rose bonbon, des crabes rouges d’un côté et bleus de l’autre, une multitude d’iguanes marins ou terrestres de belle taille, des oiseaux de toutes sortes dont les célèbres pinsons de Darwin, les adorables fous à pattes bleues, les fous masqués, les mouettes de lave avec leurs yeux joliment cerclés de rouge, les élégants oiseaux tropicaux avec leur longue queue blanche et leurs becs rouges, des albatros en pleine parade nuptiale, les frégates au jabot rouge vif et les pélicans sympathiques qui suivaient le bateau. Et j’allais oublier l’oiseau moqueur qui venait boire dans le creux de notre main ! Côté sous-marin, nous avons pu entrevoir une baleine au loin, quelques tortues vertes sortant la tête de l’eau entre deux vagues, des inquiétants bancs de raies noires ou pastenagues frôlant nos pieds. Enfin, pour ceux d’entre nous qui se sont adonnés au snorkeling (plongée avec masque et tuba), les hauts fonds arboraient quelques beaux coraux, étoiles de mer fluorescentes, une myriade de poissons multicolores, et quelques requins-marteau ayant suffisamment à manger pour ne pas avoir la mauvaise idée de s’attaquer aux nageurs.

    Bien entendu, les appareils photos n’ont pas chômé, et nous espérons bien vous ramener de belles images. Pour nous, elles sont déjà gravées définitivement dans notre tête…


    L’avenue des volcans

    “Quitte à quitter Quito, quittons Quito par le bus, quitte à s’acquitter d’un ticket. C’est équitable, non ? Et qui t’es toi pour tiquer ? “ (dictée du 1er novembre : vous voyez bien que l’on fait travailler les enfants…)

    Ni la capitale, ni les Iles Galápagos n’étant représentatifs de l’Équateur, nous avons hâte de découvrir enfin ce pays. Nous avons décidé de le parcourir du nord au sud, par la sierra centrale (hauts plateaux andins) car les zones côtières à l’ouest sont très embrumées à cette époque de l’année tout en étant dangereuses par endroits, tandis que la forêt amazonienne à l’est est peu pénétrable. Le paysage se révèle d’emblée superbe, avec des zones vallonnées au centre, où l’on cultive avec peu de moyens toutes sortes de céréales, fruits et légumes dans des champs bordés de haies de cactus, et des reliefs montagneux en périphérie faits de montagnes abruptes et de volcans dont les plus élevés sont enneigés (Chimborazo : 6310m, Cotopaxi : 5897m). Une trentaine de volcans sont actifs, tel le Tungurahua qui émet actuellement de grosses volutes de fumée juste au-dessus de nos têtes. Il est d’ailleurs en alerte rouge depuis 1999, détruisant cette année-là une partie de la ville. Mais les habitants ont l’air assez sereins, alors nous aussi… D’autres volcans ont fait leur temps, comme le Quilotoa, dont nous avons visité la superbe lagune vert émeraude.


    Les villes restent les villes, avec leurs cubes de béton (cf. Quito), mais la population dans le cœur du pays est plus authentique, le meilleur témoin étant sans doute le taux de portage de l’élégant petit chapeau équatorien : 75% ici contre 5% à Quito. L’habitat en campagne est différent, avec des maisons en briques au toit pentu, ou bien des maisons dont le toit et les murs sont d’un seul tenant et habillés de chaume. La peau violacée et pelée des joues des autochtones témoigne de la rudesse de la vie et du climat. Le port du chapeau atteint ici 95%, y compris chez les enfants. Dans l’ensemble, les gens communiquent assez facilement.


    La Toussaint et la fête des morts

    La fête des morts est très populaire pour cette population chrétienne fortement pratiquante. Les cimetières où les caveaux sont placés tout en hauteur sont richement décorés à cette occasion. Les gens laissent trace de leur passage en agrafant une carte de visite sur un ruban accroché à la plaque funéraire, et il y en a souvent plusieurs dizaines. À noter aussi que l’on vend glaces et boissons à l’intérieur même du cimetière ! Parmi celles-ci, nous avons pu goûter à une préparation qui ne se consomme qu’à cette période de l’année : la colada morada, une délicieuse boisson chaude à base de fruits rouges (fraises, mures, myrtilles…) et de farine de maïs, accompagnée d’un petit pain au lait en forme de bonhomme.


    Baños

    C’est une agréable ville thermale qui nous amène une pensée émue pour nos collègues restés au travail. Nous nous baignons chaque matin dans une belle eau aussi chaude que jaune, “bouillante” d’après Achille pour le bassin à 54 degrés. Nous flânons dans les rues couvertes chaque jour d’un nouveau voile de cendres. Nous visitons la cathédrale et son prieuré construits en pierres volcaniques. Nous observons les pâtissiers étirer devant leur boutique des bandes de melcocha, une mélasse de canne à sucre transformée ensuite en bonbons colorés. La ville est entourée de montagnes abruptes, reliées l’une à l’autre par des tarabitas, nacelles suspendues à un filin tracté par un moteur de camion, que nous avons bien sur essayées : sensations fortes garanties. Nous allons essayer ce soir d’aller voir le volcan Tungurahua en activité, mais cela dépend du temps, assez couvert aujourd´hui. Nous vous en dirons plus la prochaine fois…

    À bientôt !


    Courriel du 11/11/2003

    Le volcan Tungurahua, suite et fin

    Nous nous présentons vers 20h30 à l’agence qui organise le tour, un peu inquiets car le ciel commence à se couvrir et qu’il s’agit de notre dernière chance puisque nous quittons la ville demain. Heureusement, on nous dit que c’est bon et nous partons derechef en 4×4 à l’assaut de la montagne située juste en face du volcan. L’ascension de celui-ci est interdite, et nous comprendrons peu après pourquoi. La montée se fait d’abord dans la brume, puis nous émergeons des nuages pour découvrir la masse sombre du volcan (plus de 5400m d’altitude) surmontée d’une colonne de fumée encore plus sombre.

    « Fuego ! Fuego ! » dit brutalement le chauffeur pointant le doigt vers la fumée tout en se rapprochant dangereusement du ravin. Mais nous avons beau scruter dans la direction indiquée, nous ne voyons rien.

    « Fuego ! Fuego ! » dit-il encore une minute plus tard. En y mettant de la bonne volonté, nous trouvons effectivement que la base de la fumée présente vaguement quelques reflets rosâtres. Au bout de dix minutes de ce petit jeu, Claudie remonte déçue dans la voiture avec Mélusine et Achille qui ont froid, tandis que je me refuse encore à croire à l’arnaque. Le chauffeur vient alors nous soutenir le moral en nous offrant une petite tisane bien chaude allongée d’un peu de rhum et en nous racontant l’éruption de 1999 où la ville se réveillait chaque matin avec une couche de 25cm de cendres. Soudain, et je jure que le rhum n’y était pour rien, nous apercevons une gerbe rouge vif au-dessus du cratère, puis plusieurs autres, et nous suivons les yeux écarquillés la lave qui s’écoule rapidement sur les flancs du volcan, jusqu’à en couvrir un bon quart. Un grondement suit de peu, sourd et prolongé, impressionnant. Nous verrons ainsi plusieurs émissions pyroclastiques et écouterons le tonnerre qui les accompagne. Le guide nous explique que la lave recouvrirait tout en moins d’un quart d’heure si la colère du volcan s’accentuait… Du coup, au moment de redescendre en ville, plus personne n’est rassuré ! Mais, puisque vous lisez ces lignes, c’est que nous en avons réchappé…

    NB : Ni les photos du volcan ni les schémas des coulées historiques ci-dessus ne sont de nous : En 2003, nous ne voyagions qu’avec un petit appareil photo argentique compact incapable de réaliser de tels clichés. Mais les photos sont assez proches de ce que nous avons observé.


    Le petit train de Riobamba au « Nez du Diable »

    Son originalité tient principalement à la possibilité de voyager sur le toit, ce qui est d’autant plus intéressant que les paysages traversés sont fabuleux, avec des pampas arides comme des vallées fertiles encadrées par des montagnes gigantesques à 4 ou 5000 m d’altitude, et que le train circule sans parapet au bord de précipices vertigineux. Comme on dit, il n’y a qu’à bien se tenir ! Le trajet se termine sur une descente impressionnante (plus de 2000m perdus en quelques kilomètres seulement) en zigzag sur les flancs d’un gros rocher en forme de nez. L’appellation vient des pertes humaines importantes enregistrées lors de la phase de construction. L’arrivée se fait en plein centre-ville, les rails occupant le milieu d’une rue et les bâtiments de la gare s’insérant simplement entre deux maisons.


    Scènes de rue à Cuenca

    Troisième ville de l’Équateur, Cuenca est probablement la plus belle. Elle est d’ailleurs classée au Patrimoine mondial de l’Humanité par l’UNESCO. Peut-être plus épargnée que les autres cités par les tremblements de terre, elle a gardé un caractère colonial très marqué, avec des façades ouvragées aux balcons somptueux en fer forgé, des avant-toits peints et souvent sculptés, le tout avec de beaux mélanges pastel qui donnent un ensemble assez harmonieux.

    Le rythme de vie y semble un peu plus lent qu’ailleurs, et nous avons eu l’occasion de bien l’observer. D’abord, le symbole de l’Amérique du Sud, l’homme au sombrero qui somnole sur le pas de sa porte : il est bien là, à chaque coin de rue. D’autres autochtones dorment par terre ou mendient, ce qui dérange nos enfants. Les vendeurs de tout et n’importe quoi abondent sur les trottoirs, dans les bus, dans les jardins publics, et même dans les allées étroites et déjà encombrées des marchés, ce qui n’arrange rien. Ils ne sont néanmoins jamais envahissants, et puis il y a des côtés pratiques. Ainsi, si l’on a subitement l’envie de connaître son poids, il se trouve toujours quelqu’un avec un pèse-personne à deux pas de chez soi. Un problème malgré tout, c’est que beaucoup de ces vendeurs sont des enfants. Le taux de scolarisation est très bas en Équateur (30% je crois). C’est désolant, mais nous n’y pouvons pas grand-chose.

    La ville de Cuenca est tellement agréable que nous explorerons ses rues à maintes reprises, juste pour le plaisir de flâner. Elle est aussi un haut lieu culturel de l’Équateur qui a engendré beaucoup d’artistes et qui comporte pas mal de visites dignes d’intérêt. Une mention particulière pour le musée de squelettologie qui, outre des informations utiles pour comprendre comment s’adapte le squelette en fonction de l’environnement et du mode de vie des espèces, donne moult détails sur les circonstances de décès de certains des « animaux » exposés, comme l’éléphanteau mort au cours d’une représentation d’un cirque de passage dans la ville, ou l’oiseau ayant succombé à une crise cardiaque… Nous visiterons aussi une fabrique de « Panamas », dont chacun de vous sait que ces chapeaux sont originaires …d’Équateur, non ?


    Et ça mange quoi un équatorien ?

    Pas de difficulté pour se nourrir ici, on trouve à manger de tout, à toute heure et à tous les prix, un peu comme en Asie. Par contre, si la variété est abondante, la qualité de la cuisine laisse souvent à désirer, à moins peut-être de se cantonner aux grands restaurants, ce que notre budget ne permet pas. Le riz, le maïs, les haricots rouges, les pommes de terre et le poulet constituent la base de l’alimentation. On trouve un peu partout des « menus du jour », peu différents du matin au soir, comportant une soupe, un plat de résistance et une boisson pour la modique somme d’un euro, avec des quantités gargantuesques qui permettent de nourrir au moins deux personnes (européennes, pas américaines, c’est dingue ce qu’ils peuvent engloutir). Alors, inutile de dire que l’on ne se ruine pas pour manger. Par contre, on n’a rien sans rien, il faut à ce prix là supporter la télé braillarde qui semble quasi incontournable…

    A côté de ces plats de base, nous goûtons le plus souvent possible à des spécialités plus typiques, un peu moins grossièrement cuisinées, mais toujours avec les mêmes ingrédients essentiels. Nous avons découvert de nouveaux fruits exotiques dont nous ignorons encore le nom. Nous avons testé l’Inka-Cola, qui supplante presque au Pérou la boisson américaine à l’acide phosphorique, mais qui n’a rien à voir : couleur jaune fluo et goût prononcé de médicament. Nous avons osé la « chicha », boisson à base de yucca salivé par de vieilles indiennes pour en déclencher la fermentation. Enfin, nous avons préféré éviter, pour des raisons sentimentales, le cochon d’Inde rôti, fort apprécié ici le dimanche…


    Dernier trajet en Équateur

    Nous avons rejoint en bus la ville de Loja, sa jolie porte en forme de château et son parc d’attraction. Ici, les mini-monuments du monde et le petit zoo avec ses nandus (sortes d’autruches) ont fait le bonheur des enfants. Nous franchirons demain la frontière péruvienne. Très bientôt, nous ne pourrons plus employer l’expression « Ce n’est pas le Pérou ! »

    À bientôt au Pérou !

  • 143. Toujours chez les Porteños

    Pendant que Roberto poursuit sa traversée de l’Atlantique, nous continuons d’explorer la capitale de l’Argentine.

    Buenos Aires jour 5

    Samedi, jour de marché : nous nous rendons à celui de San Telmo (un quartier de Buenos Aires) en service depuis 1897. A l’origine, il s’agissait de nourrir les nombreux immigrants qui arrivaient dans la ville. Depuis, s’il a conservé une importante activité de restauration ou de vente de produits alimentaires, il comporte aussi pas mal de boutiques d’antiquaires. On n’y trouve pas – ou alors il faut bien chercher – de babioles ou d’artisanat pour touristes étrangers. L’authenticité domine donc, et le marché est en grande partie fréquenté par les Porteños (les habitants de Buenos Aires).

    Nous avons pris plaisir en arpentant les 13 000 m² du bâtiment tout en poutrelles métalliques et verrières, et – comment ne pas résister en voyant cuire au gril les imposantes pièces de bœuf – nous y avons déjeuné. L’occasion de confirmer la réputation de la viande argentine, d’une cuisson parfaite et d’une tendresse incroyable, au point que l’on puisse couper la viande avec une cuiller ! Nous n’avons pas essayé faute d’avoir le couvert sous la main, mais regardez la vidéo ci-dessous.


    Buenos Aires jour 6

    > Les bus c’est tout un programme

    Nous partons en bus pour visiter La Boca, un quartier de Buenos Aires. On ne peut prendre le bus qu’avec une carte rechargeable, le chauffeur ne vendant aucun ticket. Une particularité des bus porteños, c’est qu’il faut annoncer sa destination au conducteur. Non pas pour qu’il pense à stopper au bon endroit (pour cela il faudra comme en France appuyer sur le bouton « prochain arrêt ») mais pour qu’il charge le lecteur de carte avec le bon tarif. Ensuite il n’y a plus qu’à apposer sa carte sur l’appareil pour être enregistré et débité. On peut utiliser la même carte pour 2 personnes. Les tarifs sont modiques, de l’ordre de 0,50 € pour chaque trajet. Après, on a ce que l’on mérite : les bus roulent à toute allure au point que les gens se penchent dans les virages, le freinage aux arrêts se fait à tout moment. J’ai même vu un bus klaxonner une voiture de police juste devant qui ne démarrait pas assez vite au feu vert ! Autant dire qu’ils ont tous les droits, y compris de ne pas stopper si vous êtes à 20 mètres de l’arrêt.

    Les bus sont nombreux et ... rapides, parfois un peu trop !
    Les bus sont nombreux et … rapides, parfois un peu trop !

    > La Boca et ses maisons colorées

    Nous sommes tout de même arrivés en vie à La Boca, ce quartier plein de couleurs. Les habitants à l’origine, vers 1880, étaient principalement des immigrés espagnoles et italiens, recrutés par le port local pour entretenir les bateaux et les charger en viande, la principale exportation du moment. Ils avaient pris l’habitude de peindre leurs maisons en tôle ondulée avec les restes de peinture pour bateaux, généralement des couleurs très vives. Et comme c’était des fins de pots, la porte n’avait pas forcément la même couleur que la fenêtre ou les murs. Et puis le temps a passé, les baraques en tôle ont partiellement été remplacées par d’autres en béton, mais tout aussi bariolées. Et puis des touristes sont venus et ont adoré le lieu, bien plus gai que les tristes couleurs du centre-ville de Buenos Aires. Vous connaissez la suite : les bars et restaurants ont remplacé les petites boutiques initiales et tout a été fait pour soutirer quelques pesos aux touristes. Jusqu’à installer sur les balcons des effigies de Maradona, Messi ou encore du pape François, les 3 fiertés de la nation, afin que les gens s’y fassent prendre en photo, moyennant finances bien sûr. Ou encore attirer les chalands dans tel ou tel restaurant avec un couple de danseurs de tango. Cela dit, nous ne sommes pas en haute saison touristique et l’affluence était raisonnable, voir quasi nulle dès que l’on s’éloignait un peu de l’hypercentre. Et esthétiquement, tout ça est superbe et très photogénique.


    > La Fàbrica Colon

    Le grand Théâtre Colon du centre de Buenos Aires, une icône de la culture argentine proposant des spectacles d’opéra et de ballets, a cette particularité de fabriquer lui-même tout ce qui est nécessaire à la scénographie, entre autres décors et costumes. Tout cela se fait dans un hangar immense de La Boca, qui n’est ouvert au public que depuis 2021. On y trouve des maquettes de décors miniatures, mais surtout des décors d’opéra qui ont réellement servi. Une douzaine peut-être, avec pour chacun des mannequins devant exposant les costumes de scène et un écran diffusant des vidéos des spectacles au moment où ils étaient actifs, ou encore sur la fabrication des décors et des costumes. Un travail titanesque qu’il était dommage de ne pas montrer jusqu’ici.


    Buenos Aires jour 7

    > Un cimetière payant !

    Alors là c’est bien la première fois que nous avons à payer pour entrer dans un cimetière. Enfin c’est le « privilège » des seuls touristes. Près de 15 € quand même, nous étions à deux doigts du boycott. Alors que dans le monde on parle beaucoup en ce moment de taxes réciproques, il serait peut-être temps d’en faire de même pour les attractions touristiques françaises. Allez hop, 15 € pour les Argentins qui se présentent au Père Lachaise, 40 € pour les Turcs qui visiteraient Notre-Dame, etc. Non mais !

    Le cimetière de Recoleta, en plein cœur de Buenos Aires, est le lieu de repos final des familles les plus riches et/ou les plus célèbres de l’Argentine. Ça se bouscule même un peu pour caser les nouveaux arrivants, le cimetière n’étant pas extensible. Conséquemment, les allées de circulation en dehors des artères principales sont relativement étroites. Les tombes sont des plus hétéroclites, allant de la grotte en pierres grossières aux mausolées de marbre garnis de statues, en passant par de véritables ruines aux vitre cassées et cercueils exposés, signant une descendance absente ou radine. Vu le nombre de présidents, de scientifiques et d’artistes inhumés là, les groupes de collégiens ou lycéens sont nombreux à visiter, c’est là une bonne façon d’apprendre l’histoire du pays.

    La tombe d’Eva Perón est la plus visitée, voir la seule pour les groupes pressés. Mais quelques autres ont une histoire intéressante, comme celle de Rufina Cambacérès, jeune fille de 19 ans enterrée vivante, ou celle de Tomàs Guido, un général argentin, bâtie à la main par son fils avec des pierres venues de la Cordillère des Andes pour respecter la volonté de son père d’être enterré sous une montagne que ses troupes avaient difficilement traversée. Ce qui n’a pas empêché les autorités d’outrepasser cette dernière volonté en transférant le corps du général dans la cathédrale métropolitaine de Buenos Aires. Y a pas de respect !


    > Un petit truc en plus

    C’est ce que devait avoir l’artiste argentin Xul Solar (1887-1963) tant il a été fasciné par l’occulte, le mystique et le divin au cours de sa carrière. Son rêve de réformer et de perfectionner l’univers situe tout de suite le personnage. Souhaitant créer une langue universelle il a tenté d’abord le néo-criollo, sorte de mélange d’espagnol et de portugais avec des touches de français, d’anglais, de grec et de sanskrit. Malgré ses 64 écrits et sa fluence dans cette langue, ça n’a pas marché. Il a conçu alors une langue plus complexe, la pan-lingua, monosyllabique et sans grammaire – ça c’était plutôt bien – mais reposant sur une écriture et un système numérique duodécimal trop complexe pour nous autres n’ayant pas le truc en plus. Il a aussi inventé et/ou modifié des instruments de musique, des jeux, des règles de sport pour les rendre selon lui plus faciles à apprendre. Mais son piano à 3 rangées de touches colorées, sa version spirituelle du jeu d’échecs avec un échiquier de 13 cases de côté, et son football à 4 ballons sur un terrain à 6 ou 12 secteurs on eu un peu moins de succès qu’il n’en espérait. Quant à ses peintures peuplées de personnages fantastiques, de paysages cubistes et de mondes parallèles, Claudie est restée dubitative tandis que moi j’ai bien aimé. A vous de vous faire une idée sur la sélection ci-dessous.


    Buenos Aires jour 8

    Un peu de tout, un titre comme un autre pour les images inclassables… mais néanmoins commentées


    Buenos Aires jour 9

    En ce week-end pascal, nous sommes allés visiter un parc d’attraction. Quel rapport ? me direz-vous, eh bien justement il y en a un : ce parc d’attraction serait le seul au monde basé sur la Bible. Il s’appelle d’ailleurs Tierra Santa, que vous n’aurez aucun mal à traduire. On n’y trouve qu’un seul manège, un petit carrousel, mais les gens ne viennent pas pour ça. Dans une sorte de Jérusalem reconstituée, on expose ou on joue carrément certaines scènes bibliques, avec l’exagération habituelle des latino-américains : le spectacle vivant retraçant le chemin de croix de Jésus depuis son arrestation jusqu’à la crucifixion était très sanguinolent. Cela impressionne les enfants, mais dans un cadre plutôt gai, une bonne façon sans doute de faire passer le message. A noter que le pape François est venu en personne inaugurer le parc en l’an 2000.


    Buenos Aires jour 10

    Voici deux ans, nous étions au Guatemala à Antigua pour les fêtes de Pâques. Les tapis de fleurs et les processions étaient extraordinaires. Nous nous attendions dans un pays de même culture latine et catholique à retrouver des évènements similaires. Il n’en est rien. Peut-être que la capitale est trop cosmopolite pour cela. Il y a bien eu quelques processions par ci par là, mais presque discrètes et uniquement le soir. Nos sorties du vendredi et du samedi saint nous ont montré qu’il s’agissait principalement de jours fériés : très peu de voitures dans les rues et pas mal de monde sur les zones piétonnes ou dans les espaces verts. Beaucoup de bars et de restaurants ouverts complètent cette sensation de repos hebdomadaire ordinaire. Naturellement, tous les musées sont fermés. L’écopark de la ville, étonnamment, avait lui aussi fermé ses grilles. Alors nous avons fait comme tout le monde, une petite balade tranquille, permettant encore de dénicher quelques curiosités, et aussi un peu de street art. Attention, rien à voir avec le Mexique, expert en la matière.


    Et pendant ce temps là …


    Adios

    Au moment où je termine cet article, nous apprenons le décès du pape François, natif de Buenos Aires. Le président argentin vient de décréter 7 jours de deuil national. Rappelons qu’il avait inauguré en l’an 2000 le parc Tierra Santa que nous avons visité avant-hier.


    Nous prévoyons de rester encore quelques jours en Argentine, avant de rejoindre en ferry l’Uruguay. La visite de Buenos Aires n’est donc pas encore tout à fait terminée. On en reparle tès vite. A bientôt !

  • 137. Roumanie

    Tout comme pour la Bulgarie, nous n’avons que quelques clichés en tête avant de découvrir ce pays : austérité liée au passé communiste, dictature de Ceausescu, insécurité, roms, faible niveau économique, manque d’intérêt touristique. Eh bien tout ça va tomber en flèche : nous avons découvert un pays contrasté, avec des villes modernes et des campagnes rustiques, une population accueillante et serviable, quelques pépites touristiques malgré la basse saison et le climat froid qui nous a accompagnés tout du long et provoqué quelques frayeurs avec Roberto.

    Parcours en Roumanie
    Notre parcours en Roumanie, zoomable ici

    On attaque fort d’emblée

    Hasard de la route, la première ville roumaine d’importance sur notre parcours se trouve être la capitale, Bucarest. La température est aussi basse et le ciel est aussi gris qu’en Bulgarie, mais au moins il ne pleut plus. La ville est très encombrée, les voitures stationnent volontiers en double ou triple file et même sur les trottoirs. La circulation se fait au pas et à coups de klaxon. Nous arrivons à nous faufiler jusqu’à un parking en plein centre, bien situé donc, et où nous pourrons passer la nuit. Parfait ! Depuis Roberto, nous avons vue sur une belle église orthodoxe, par laquelle nous allons commencer notre visite. Richement décorée comme toutes les églises orthodoxes. Alors nous partons voir si la synagogue voisine – c’est assez rare de pouvoir en visiter – tient la comparaison. Eh bien finalement oui, jugez-en sur les photos. Bucarest a été appelée autrefois le petit Paris, pour ses grands boulevards bordés d’immeubles de style néoclassique, ses multiples statues et son arc de triomphe. Nous trouvons en effet pas mal de bâtiments haussmanniens, mais bon nombre sont décrépits, leur piteuse mine étant encore aggravée par le ciel assombri.


    Le palais du parlement le plus lourd au monde

    En construction depuis 1984, sous le régime communiste dictatorial de Ceausescu, ce palais initialement baptisé palais du peuple a été rebaptisé palais du parlement, ce qui est plus juste car pendant que des milliards de dollars étaient dépensés pour le bâtiment, le pauvre peuple subissait des pénuries de nourriture, d’électricité et de gaz tandis que 9000 de leurs maisons ont été démolies. Avec 9 étages au-dessus ET au-dessous du sol, 1100 pièces, des milliers de places dans des bunkers au sous-sol, c’est actuellement le bâtiment le plus lourd de la planète. Ces tristes records ne nous ont pas incités à nous lancer dans une visite, qui aurait été très encadrée bien sûr.


    Camping artistique

    Deux musées étaient au programme avant de quitter la capitale et n’ont pas pu être visités : le premier parce qu’ouvrant beaucoup plus tard que prévu et le second parce qu’après avoir tourné ¾ d’heure dans son quartier, nous n’avons pas trouvé une seule place de stationnement. Dommage pour la ville et dommage pour nous. Alors nous filons au nord et décidons de nous arrêter dans un camping pour recharger la batterie cellule qui n’aime pas trop quand nous stationnons trop longtemps au même endroit. Nous jetons notre dévolu sur un petit camping en rase campagne, que nous trouvons portes closes. J’ai mis le pluriel parce que des portes, il y en a partout, insérées dans la clôture et joliment colorées. Le temps que nous prenions quelques photos, le gérant sort d’un restaurant 200m plus loin et nous rejoint. Pas de problème, il nous ouvre le portail et nous fait la visite des lieux. L’endroit est parsemé d’œuvres d’art, relativement simples mais de bon goût. Nous apprécions. Nous serons les seuls, mais rien d’étonnant pour un mois de novembre. Enfin pas tout seuls, car une gentille chienne toute frisée et aux beaux yeux bleus reste à nos côtés. Nous pensions que c’était pour nous tenir compagnie, mais nous saurons un peu plus tard qu’elle restait là pour s’occuper de sa récente portée, de moins d’une semaine manifestement. La nuit est évidemment très tranquille au milieu de nulle part et nous repartons le lendemain, les pleins d’eau et d’énergie faits.


    Bonne mine

    Nous faisons étape à Slanic, une ville de Moldavie connue pour sa mine de sel, apparemment la plus belle de Roumanie. A l’approche du lieu, nous passons devant le chevalement caractéristique et embarquons dans un minibus qui va nous conduire dans des boyaux étroits à 210 mètres de profondeur. Le reste de la visite se parcourt à pied, d’abord en longeant un couloir tout de sel vêtu, puis en pénétrant dans une salle incroyable dont les parois parfaitement lisses montent jusqu’à 70 mètres de hauteur. Les strates de sel y dessinent de jolies arabesques. Des escaliers au milieu des murs ne rejoignent ni le sol ni le plafond, témoignant des niveaux successifs de l’exploitation depuis 1943. Une nappe d’eau entoure une sorte de cascade formée de stalactites de sel que rejoint un petit pont, procurant un reflet photogénique. Comme dans la mine que nous avions visitée en Turquie, des tables de pique-nique sont disposées un peut partout. Mais là, l’espace est tellement généreux que l’on trouve aussi une église, un minigolf, un planétarium, des tables de ping-pong et des espaces de jeux avec châteaux gonflables pour les enfants. Nous nous contentons de déambuler dans cet espace immense et impressionnant, avant de reprendre le chemin du retour. A la surface nous attendent bien entendu des vendeurs de sel sous toutes ses formes et les habituels stands de souvenirs et de nourriture.


    Le Château de Peles

    Entre 1881 et 1947, la Roumanie connut une période de monarchie. Parmi ses dirigeants, le roi Carol 1er décida de se faire construire une résidence d’été près de la station de montagne Sinaia. Ayant goût pour le luxe et apparemment les moyens, il fit ériger un château parmi les plus modernes de l’époque. Il fut le premier château d’Europe à bénéficier de l’eau courante et de l’électricité. Avec un architecte allemand, les extérieurs sont de style germanique, mais cachés le jour de notre passage par des échafaudages. Quant à la décoration intérieure, elle est bien évidemment somptueuse et les visiteurs se pressent pour l’admirer. Pas de chance là encore, nous étions là un dimanche, le jour le plus chargé de la semaine, et il fallait jouer des coudes pour déambuler parmi les nombreuses pièces du château. Tout en ne prenant pas trop de temps pour les admirer afin que les suivants puissent en profiter. Heureusement, il nous reste les photos pour revoir ça en mode débriefing.


    Ah oui quand même !


    Le fils du dragon

    Ne cherchez pas trop loin, c’est comme ça que se traduit Dracula du Roumain au Français. Car oui, nous sommes en Transylvanie, région qu’il est difficile de traverser sans voir le moindre portrait ou la moindre allusion au personnage maléfique de l’auteur irlandais Bram Stoker qui lui-même n’a jamais mis les pieds en Roumanie. L’écrivain s’est inspiré pour son roman à la fois d’un prince local de triste réputation, appelé Vlad III dit l’empaleur et de légendes du folklore local évoquant des vampires. Le premier, fils de Vlad II dit le dragon, avait la triste réputation d’infliger le supplice du pal à ses prisonniers de guerre, voire d’en boire le sang, ce qui faisait parfaitement le lien avec les secondes. La Roumanie exploite à fond le mythe, des gadgets chinois jusqu’aux portraits sur les T-shirts en passant par les enseignes des boutiques et surtout le château de Bran. Celui-là a pour comble de n’avoir jamais reçu ni la visite de Vlad l’empaleur ni bien sûr celle de l’auteur irlandais tout en recevant chaque année plusieurs centaines de milliers de visiteurs sur la base d’une simple ressemblance avec la demeure du comte Dracula décrite dans le livre. Nous nous sommes contentés d’une photo.


    En Roumanie il faut des RON


    Brasov

    Comme un certain nombre de villes que nous allons voir en Roumanie, Brasov possède un centre médiéval bien conservé possédant l’architecture des Saxons qui l’occupaient à cette époque. Outre les remparts et les classiques rues pavées, la richesse des habitants d’alors permit de construire de somptueuses maisons aux tons pastel et des églises luxueusement décorées. Parmi celles-ci, l’Église Noire doit son nom à l’incendie qui a assombri ses murs en 1869. L’extérieur a manifestement été nettoyé depuis. Difficile de savoir pour l’intérieur qui était inhabituellement fermé lors de notre passage. Le cœur de la ville est la place du Conseil, centrée par la maison éponyme qui ressemble à une église avec sa tour de 48 mètres, mais qui abritait autrefois les réunions du conseil, une assemblée de 100 citoyens qui dirigeait la cité.


    Le Roumain, une langue latine ?

    Déroutés par les caractères cyrilliques utilisés en Bulgarie, nous découvrons avec plaisir que les Roumains utilisent l’alphabet latin, avec quelques cédilles ou accents supplémentaires par rapport au nôtre. Cela vient de l’époque ou l’empire romain a occupé les rives du Danube au 1er siècle ap. J.-C. Mais tandis que les autres pays conquis dans cette région ont récupéré leur langue slave après le départ des Romains, la Roumanie a gardé cette langue. Avec pas mal de termes communs, elle est parait-il assez facile à apprendre par les Français. Quand nous entendons les Roumains nous dire merci ou pardon, ce n’est pas parce qu’ils font l’effort de nous parler Français, mais juste parce que les mots sont les mêmes dans les 2 langues !


    L’église fortifiée de Prejmer

    Voilà un concept nouveau pour nous : l’église fortifiée, ces deux termes ne nous semblant pas aller de pair au premier abord. Nous apprenons que cette région de Transylvanie a dû au XIIIe siècle se protéger des invasions régulières ottomanes et tatares. Tandis que les grandes villes pouvaient s’entourer de remparts, les plus petites n’avaient d’autres moyens que de protéger leur église par des murs épais aménagés de multiples pièces pour que la population puisse vivre en autonomie jusqu’à la fin de la menace. On y trouve ainsi des habitations, des ateliers d’artisans, des écoles, des greniers à provision, etc. L’église fortifiée de Prejmer serait la plus belle de la région qui en compte plus d’une dizaine.


    Point of (no) view


    Les plats-pays

    Oui je suis vraiment une brèle pour vous proposer un jeu de mots pareil. Vous l’avez compris, nous allons évoquer la cuisine roumaine. Comme souvent dans les pays d’Europe centrale, les plats reflètent l’influence des multiples envahisseurs qui se sont succédé. Le nom change mais le gras mélange de viande hachée turque se retrouve dans des boulettes ou des saucisses, le yaourt et le fromage sont aussi utilisés que chez les Grecs, les légumes servis en entrée ou dans une soupe généreuse comme en Turquie, tandis que les desserts fourrés aux pommes viennent de chez les Austro-Hongrois. Nous n’avons fréquenté que 2 ou 3 restaurants au cours de nos 2 semaines dans le pays, retrouvant avec plaisir une cuisine de qualité sans pour autant être exceptionnelle.


    Sighişoara et le chemin des écoliers

    Cette ville transylvanienne de 28 000 habitants est encore un bel exemple de cité médiévale bien conservée. Elle est inscrite pour cela au patrimoine mondial de l’Unesco. Nous nous régalons encore une fois de ces ruelles pavées bordées de maisons multicolores très stylées, nous grimpons comme les étudiants jusqu’au lycée situé en haut de la colline, juste pour tester le superbe escalier couvert qui y amène. Depuis 1642, les lycéens grimpent et redescendent les 175 marches de l’ouvrage, pour le plus grand bonheur des profs d’EPS de l’établissement.


    Point de fuite

    Ce n’est pourtant pas la première fois qu’il fait 6 degrés au-dessous de zéro alors que nous sommes dans Roberto. Nous avons, comme en pareil cas, simplement laissé ouvert le tuyau d’évacuation des eaux grises, contenues dans le seul réservoir qui pourrait geler parce que situé sous le véhicule. Mais en pleine nuit, Claudie est réveillée par le bruit continu de la pompe à eau. Réveillé à mon tour, j’éteins la pompe afin qu’elle ne grille pas, puis teste les robinets et réservoirs, constatant malheureusement que plus rien ne coule. Nous pensons qu’à un endroit de la glace a du se former et décidons d’attendre la journée du lendemain, prévue avec des températures positives. En attendant, nous faisons quelques réserves d’eau dans des poches souples pour nos besoins quotidiens. Mais le soir, alors que je relance la pompe, Claudie me dit qu’une grosse fuite apparaît sous Roberto, en regard de l’un des deux réservoirs, bizarrement pas celui qui est en service. Je ne comprends plus rien et nous décidons de nous rendre le lendemain chez un réparateur de véhicules de loisirs idéalement situé sur notre route à 1h30 de là, craignant qu’il faille refaire toute la tuyauterie gelée. Après quelques investigations, le gars très compétent trouve l’origine de la panne : le levier de la vidange antigel, dont j’ignorais totalement l’existence, s’est mis tout seul en position d’urgence. La « fuite » que nous constations sous Roberto, accentuée par l’enclenchement de la pompe, correspondait tout simplement aux réservoirs qui se vidaient. Donc zéro panne, point de fuite, moral remonté en flèche et, cerise sur le gâteau, zéro frais de réparation. Le technicien n’a rien voulu nous facturer, préférant en retour un commentaire positif sur Google. Ce que nous avons fait bien sûr. Moralité : même 3 ans et demi après, nous en apprenons encore sur le fonctionnement de Roberto.


    Encore un monastère (Romanii de Jos, près d’Horezu)

    Il est difficile de se lasser de ces monastères, toujours situés dans des endroits reculés, possédant toujours une ou plusieurs églises recouvertes de fresques à l’extérieur comme à l’intérieur, et toujours en activité. Même en dehors des heures de messe, les fidèles défilent toute la journée pour prier quelques instants devant les autels. Celui de Romanii de Jos, l’un des plus grands de la région, est entouré de belles montagnes aux couleurs automnales et les peintures sont magnifiques, restaurées grâce à l’intégration au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco en 1995. Ce sont toujours des scènes religieuses assez expressives, particulièrement celles du Jugement dernier à l’entrée de l’église centrale. Il faut dire qu’autrefois, on se servait beaucoup de ces fresques pour l’éducation religieuse de la population rurale souvent illettrée. Autant qu’elles soient expressives !


    Les arbres peints

    Au hasard de la route, nous rencontrons ce petit bois ne figurant sur aucun guide, dont tous les arbres ont le tronc peint de couleurs vives. Sous le soleil rasant automnal, l’effet est saisissant.


    Târgu Jiu et l’élève de Rodin

    Nous avons fait une brève halte dans cette ville sans grand intérêt touristique mais qui est connue des roumains pour avoir hérité de nombreuses œuvres du sculpteur Constantin Brâncusi, né dans un village voisin. Nous parcourons le parc où plusieurs de ses œuvres sont exposées, notamment la Porte du Baiser et la Table du Silence, censées rendre hommage aux morts de la Première Guerre Mondiale. Peu sensibles au style de l’artiste, nous cherchons à en savoir davantage. Nous découvrons qu’il a passé une bonne partie de sa vie en France, au point d’en acquérir la nationalité. Qu’il a produit quelques œuvres « sulfureuses » comme la sculpture appelée « Princesse X » censée être un portrait en buste de la princesse Marie Bonaparte, petite nièce de Napoléon, et retirée juste avant le passage du ministre au Salon des indépendants de 1920, vous comprendrez pourquoi en voyant la photo. Nous apprenons aussi que l’artiste une fois en France a fait un stage chez Auguste Rodin, dont il est reparti au bout d’un mois. A voir ses œuvres, rien d’étonnant. Nous sommes fiers d’avoir Rodin !


    Les portes de fer

    Sur 135 km, le Danube se rétrécit, emprisonné – d’où le nom – entre deux falaises appartenant au massif des Carpates roumaines au Nord et à celui des Balkans serbes au Sud. C’est le plus long défilé d’un fleuve en Europe et nous allons suivre ses moindres méandres en empruntant la route qui le longe. Le temps n’est pas trop de la partie et ne nous permettra pas de profiter au mieux du paysage et des couleurs de l’automne. Nous aurons tout de même le plaisir de faire une halte devant le gigantesque portrait du roi Décébale, aussi célèbre en Roumanie que l’est pour nous Vercingétorix (ils sont contemporains), taillé dans la roche à la manière des présidents du Mont Rushmore. Et puis une autre devant la forteresse de Golubac, côté Serbe, une ancienne centrale électrique fortifiée qui a résisté à plusieurs guerres mais pas aux ingénieurs serbes qui ont construit une route traversant l’édifice de part en part et un barrage sur le Danube qui fait que la forteresse a maintenant les pieds dans l’eau. La patrie n’est pas très reconnaissante !


    Le Chocolat Dubai

    Nous avions été intrigués en Turquie par toutes ces affichettes dans les vitrines des pâtisseries ou chocolateries, disant en gros « ici chocolat Dubai », termes parfois griffonnés à la hâte sur un bout de papier. Et puis en Bulgarie pareil. Et en Roumanie aussi. Alors nous avons fini par craquer pour ce chocolat au lait généreusement fourré à la pistache agrémentée de feuilletine pour un effet croustillant. Effectivement inventé par une pâtissière de Dubai, il a surtout été promu sur le réseau social Tik Tok par une influenceuse. Sa vidéo aurait été vue plus de 100 millions de fois depuis sa mise en ligne il y a un peu plus d’un an et depuis, tout le monde se l’arrache à des prix parfois démentiels (100 € la tablette sur Internet). C’est dingue le pouvoir multiplicateur des réseaux sociaux ! Alors victimes nous aussi du buzz, nous avons testé. C’est bon mais pas exceptionnel. Ça ne vaut pas à mon avis un bon baklava turc. Mais ce n’est que mon avis.


    Timişoara et la révolution

    Pour le coup, le nom de cette ville nous parlait. Nous nous rappelons précisément où nous étions au moment de la chute du mur de Berlin le 9 novembre 1989. Cet évènement a sonné le glas des régimes communistes en Europe, suscitant rébellions et évolution vers l’indépendance des ex républiques soviétiques. Pour la Roumanie, c’est à Timişoara que ça a commencé, le 16 décembre 1989, peu de temps après une réélection truquée du dictateur Nicolae Ceausescu. Ce dernier n’a pas hésité à ordonner à son armée de tirer dans les foules de manifestants. Cela n’a fait qu’attiser le mouvement de revendication qui s’est rapidement étendu à tout le pays. Alors que Timişoara se déclarait la première ville libérée, Ceausescu et son épouse prenaient la fuite à Bucarest le 22 décembre. Le 25, après un procès expéditif, ils étaient fusillés. Forcément, la ville n’est pas peu fière d’avoir été le berceau de cette révolution pour l’indépendance. Elle a aménagé un musée pour que les évènements ne sombrent pas dans l’oubli. Nous l’avons bien sûr visité.


    Mais Timisoara est aussi une ville touristique que nous avons adoré parcourir. Parfois appelée « la petite Vienne », elle possède de nombreux bâtiments de la période austro-hongroise, mais cumule en fait de nombreux styles architecturaux aussi différents qu’exubérants. Nous avons apprécié aussi la grande cathédrale orthodoxe toute en briques, les grandes places bordées de maisons pastel, quelques œuvres d’art dans les rues et un intéressant petit musée gratuit du « consommateur communiste » accumulant dans quelques pièces nombre d’objets insolites que l’on est invités à manipuler tout comme à ouvrir les tiroirs des meubles pour explorer leur contenu.



    Oradea, pour finir en beauté

    C’est notre dernière étape en Roumanie. Nous sommes accueillis dès le parking par les « Nymphes d’Oradea », une méga peinture murale de 700 m² dans le style Art Nouveau / Mucha et représentant les 4 saisons. Une première approche artistique qui ne va faire que se confirmer au cours de notre visite de la ville qui aurait pour certains le titre de « plus belle ville de Roumanie ». De fait, c’est ici que nous avons rencontré la plus forte concentration de bâtiments de style, mêlant éclectisme, néoclassicisme et art nouveau de la sécession hongroise.

    Il a juste manqué un peu de soleil pour rendre plus éclatantes les couleurs de ces édifices dans la vieille ville, mais lorsque l’astre est reparu alors que nous longions la rivière qui traverse la ville, des reflets fantastiques sont apparus dans l’eau. Si je n’avais pas mis mon photophone en mode silencieux, il en aurait crépité de bonheur.

    Miroir ô miroir, dis-moi qui est la plus belle ?

    Vous pouvez voter en saisissant un commentaire ci-dessous. Si vous êtes nombreux à participer, je mettrai le résultat du vote dans le prochain article qui concernera la Hongrie. A très bientôt !