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  • 132. Noisette – Pistache

    Ce titre ambigu évoquant les saveurs combinées d’une crème glacée n’est en fait que le résumé en deux mots de notre second parcours en Turquie. Des plantations de noisetiers des rives sud-est de la Mer Noire à la ville emblème de la pistache, nous aurons encore parcouru plusieurs milliers de kilomètres dans l’Est de la Turquie, frôlant tour à tour les frontières géorgienne, arménienne, azerbaïdjanaise, syrienne, irakienne puis iranienne. Des pays dans lesquels nous aurions bien fait quelques incursions s’ils n’étaient pas déconseillés pour la plupart par les autorités françaises. Mais nous avons eu largement de quoi nous occuper à l’intérieur de la frontière turque.

    La saison de la noisette

    Lorsque nous arrivons dans la région d’Ordu, toujours sur les rives de la Mer Noire, nous constatons un changement dans le paysage : tous les versants des montagnes sont occupés par une seule espèce d’arbre dont il n’est pas trop difficile de connaître l’origine. Car nos sommes en plein dans la période de récolte, et le moindre espace plat devant les maisons, au bord des routes ou même sur les ronds-points est occupé par les noisettes fraîchement récoltées et mises là à sécher. La plupart du temps gardées par une personne âgée ou au contraire un enfant. Le long des routes, de petits tracteurs sont disposés ça et là. Dans les fossés, des sacs probablement pleins de noisettes attendent le ramassage. En levant les yeux, on voit les arbres bouger et parfois de petites taches colorées mobiles que l’on entend par ailleurs discuter. Manifestement, la cueillette ici est une affaire familiale.

    Nous apprenons que la Turquie est le premier producteur mondial de noisettes décortiquées, et loin devant les autres avec une part de marché de 80%. Encore plus surprenant, en fait pas tant que ça finalement, c’est un groupe industriel italien qui achète 80% de leur récolte : l’entreprise Ferrero. Pas besoin de vous donner le nom de leur pâte à tartiner, constituée, il faut le savoir, de plus de 70% de sucre et d’huile de palme.


    Il y avait longtemps

    Il n’est pas dans l’habitude des musulmans d’aller construire des mosquées au beau milieu de falaises inaccessibles. Aménager ainsi un lieu de culte, c’est plutôt le truc des moines orthodoxes, qui cherchent ainsi à s’isoler pour mieux méditer. Nous voilà donc à explorer au beau milieu de la Turquie, un monastère orthodoxe partiellement troglodyte datant du IVe siècle. Des moines grecs auraient reçu dans leur sommeil un message de la Vierge Marie leur demandant d’aller chercher dans une grotte une icône la représentant. 17 siècles plus tard, c’est dans un photomaton qu’on leur aurait demandé de récupérer la photo perdue, mais la grotte offre davantage de mystère. Toujours est-il qu’ils l’ont trouvée et ont bâti l’édifice que l’on voit aujourd’hui. Fortement remanié par des outrages de la nature et surtout des occupants successifs. Si les constructions paraissent nettement retapées, il reste néanmoins de belles fresques sur les murs extérieurs et intérieurs de l’église initiale. Une foule très majoritairement locale se presse pour admirer tout ça. Après tout ce Monastère de Sumela est une partie l’histoire de la Turquie.


    Thé où ?

    Certes cela dépend des sources, mais les Turcs seraient les plus gros consommateurs de thé au monde, avec une moyenne annuelle de 3,16 kg par habitant, qui peut passer à 4 kg dans la grosse région productrice que sont les rives sud-est de la Mer Noire. Le climat plus humide est bien adapté à la croissance des arbustes à thé. Nous avons d’ailleurs constaté par nous-mêmes que depuis que nous sommes dans ce secteur, le ciel se couvre constamment les après-midis, ce qui n’était pas le cas précédemment. Dans les montagnes autour de Rize, les plantations de thé sont partout, formant une sorte de tapis ondulé verdoyant quand il ne s’agit pas de reproduire les courbes de niveau de notre carte topographique. Les autres pays gros consommateurs sont l’Irlande, le Royaume-Uni, le Pakistan et l’Iran (respectivement 2,19 ; 1,94 ; 1,50 et 1,50 kg/an/hab. en 2020). Concernant la production, la Chine occupe 40% du marché mondial, suivie par l’Inde (25%), le Kenya (10%), le Sri Lanka (8%) et la Turquie (6%). Mais les Turcs sont les seuls à consommer plus de la moitié du thé qu’ils produisent.


    Le rite du thé

    Si le thé est connu en Turquie depuis le XIXe siècle, grâce à la position du pays sur la route de la soie, il n’y a été cultivé qu’après la 1ère guerre mondiale, laquelle avait fait grimper le prix du café. Le premier président du pays, Mustafa Kemal Atatürk, a favorisé l’importation de plants venant de la Géorgie voisine afin de favoriser l’autonomie de la Turquie. Depuis, la boisson a largement supplanté le café dans les rites sociaux, qu’ils soient amicaux, familiaux ou professionnels. La pause thé biquotidienne est même obligatoire dans les conventions collectives.

    Le thé turc ne se prépare pas de la même manière que le thé occidental. Les feuilles infusent dans le compartiment supérieur d’une théière qui en comporte deux. L’eau bouillante du compartiment inférieur est versée quelques minutes après la fin de son ébullition sur les feuilles de thé, puis remise à chauffer une dizaine de minutes pour maintenir constante la température d’infusion. Le thé, alors assez fort, est versé au tiers d’un petit verre en forme de tulipe, et complété par l’eau du compartiment inférieur. A l’inverse du thé anglais, le thé turc se boit a priori noir et non sucré. A la limite on peut y mettre un peu de sucre, mais ajouter du lait serait mal vu…


    A 20 km de la Géorgie

    Nous avons quitté les rives de la Mer Noire pour nous diriger vers la région montagneuse du nord-est de la Turquie, longeant la frontière avec la Géorgie à une vingtaine de kilomètres à vol d’oiseau. Nous nous sommes interrogés sur l’opportunité de faire un détour pour visiter ce pays qui paraît intéressant et assez sûr, voire d’enchaîner avec l’Arménie qui n’est pas accessible depuis la Turquie, mais nous risquerions d’être limites en temps pour rejoindre Istanbul vers le 20 septembre, une rare contrainte dans notre voyage. Donc pas de Géorgie, mais de superbes paysages faits de grandes vallées contenant des lacs de barrages et surplombées de montagnes dépassant fréquemment les 2000 m d’altitude. Par moments, la végétation est assez pauvre, mais à d’autres, nous retrouvons des forêts de sapins, de grands pâturages et de jolis petits lacs. Il n’y a que l’embarras du choix pour trouver des sites où passer des nuits tranquilles avec une jolie vue.


    Complique le gouvernement (7 lettres)

    De Gaulle disait de la France qu’elle était impossible à gouverner en raison de ses 246 sortes de fromages. On comprend alors les difficultés de la Turquie qui en compte 200. C’est en tout cas ce que nous avons appris en visitant le musée du fromage de Kars, une ville perchée sur des hauts plateaux à 1800 m d’altitude et entourée d’alpages où broutent en semi-liberté vaches, brebis et chèvre. Fournissant donc la matière première à de nombreux fromages locaux. Le plus célèbre est le gruyère de Kars, élaboré avec l’aide des Suisses donc très proche du fromage helvétique. Mais de nombreuses autres sortes existent, proches de la feta grecque comme le beyaz peynir ou du gouda comme le kasar, se présentant inhabituellement de façon effilochée ou tressée comme le çeçil ou encore affinées dans des panses de brebis comme le tulum.

    Nous avons été étonnés de la qualité et de la modernité de ce musée totalement oublié du Petit Futé qui n’a pas l’air de connaître non plus la ville de Kars. Nous l’avons trouvé par hasard sur Google Maps. Comme quoi il faut toujours diversifier ses sources.


    Ani ou le moyen-âge arménien

    Habitée dès l’âge de bronze, la ville d’Ani connut son apogée vers le Xe siècle sous le règne arménien, hébergeant alors plus de 100 000 habitants et devenue capitale du pays. On dit qu’elle rivalisait avec Constantinople, Bagdad ou encore Le Caire. Et puis elle est tombée aux mains d’une succession d’envahisseurs, victime alors d’une lente descente aux enfers en cumulant massacres, vandalisme et dégradations liées au temps et à l’absence d’entretien. Quelques tremblements de terre ont fait le reste et « la ville aux mille et une églises » n’est plus que ruines. Les édifices religieux et de défense, les plus solides, sont les seuls à être encore debout, et encore. Ils ont le mérite d’offrir au visiteur une bonne idée de l’architecture arménienne à l’époque médiévale : structures massives pour résister aux séismes, utilisation large de pierres locales en mélangeant les couleurs, coupoles octogonales, croix de basalte, motifs géométriques, floraux ou figuratifs.

    Nous avons eu la chance de pouvoir dormir la veille de notre visite sur le parking du site, habituellement interdit la nuit pour des raisons de sécurité (l’Arménie est juste de l’autre côté du ravin). Le réveil a été magique, avec les belles couleurs de l’aube sur les remparts et le passage de toutes sortes d’animaux menés aux champs. Nous aurons malgré tout dû attendre l’ouverture du site à 8h pour pouvoir y pénétrer, soit presque 3h après le lever du soleil !


    Mine de rien, mine de sel

    C’est le hasard qui nous a fait visiter cette attraction, trouvée par hasard sur notre route. Pourtant ces montagnes blanchâtres et luisantes fournissent du sel à toute la Turquie depuis le moyen-âge. Si l’activité se continue en profondeur, le rez-de-chaussée a été ouvert au public il y a quelques années seulement. On y découvre une succession de salles voûtées éclairées de bleu et d’orange, dont les parois sont recouvertes de cristaux de sels. Fait étrange et typique de la Turquie, des tables de pique-nique sont disposées ça et là, et plusieurs étaient d’ailleurs occupées. Les Turcs adorent pique-niquer !


    Bis repetita

    C’est encore le hasard qui nous a conduit devant ces collines arc-en-ciel. Nous avions choisi de faire une pause déjeuner au bord d’une petite rivière bordée de falaises déjà un peu colorées, sur un site référencé par l’application Park4night. L’un des commentaires disait que les « vraies » collines arc-en-ciel étaient un peu plus loin. Mais introuvables directement sur Google Maps. C’est en traduisant l’expression en Turc puis en la collant sur Maps que nous avons fini par trouver un départ de randonnée portant ce nom. Mais à l’endroit donné, rien de tel. Un peu avant, nous avions pourtant trouvé quelques montagnes multicolores, sans pouvoir nous y arrêter pour cause de route en travaux. Heureusement, nous avons déniché un peu plus loin un paysage similaire, que nous avons rejoint en quittant la route principale. Magnifique et pourtant référencé nulle part. Les Américains en auraient sûrement fait un parc national et protégé l’accès, mais là non, nous aurions même pu sans doute nous promener dessus. J’en ai fait ma première contribution d’ajout de site sur Google Maps !


    Nuit sous le sommet

    Un nouveau bivouac sauvage, on ne les compte plus, mais cette fois sous le sommet du célèbre Mont Ararat, celui qui aurait vu débarquer l’Arche de Noé. Selon certaines versions. Ce qui est indiscutable, c’est qu’avec ses 5137 mètres, ce volcan âgé d’1,5 millions d’années est le point culminant de la Turquie, au grand dam des Arméniens qui l’avaient autrefois sur leur territoire et qui aimeraient bien le récupérer. Tout comme leur ancienne capitale Ani d’ailleurs. Pour diverses raisons historiques et politiques, la frontière turco-arménienne est fermée depuis de nombreuses années.


    Un palais délicat

    Construit sur plus d’un siècle par la famille Pacha pendant la période ottomane, ce palais perché sur une falaise pas très loin de la frontière iranienne en a gardé une certaine influence, des décors parait-il plus sobre que le vrai style ottoman. Bah nous on ne les a pas trouvés si sobres ces décors et surtout nous avons trouvé le lieu particulièrement bien intégré au paysage. Visite en photos.


    Et à propos de palais…

    Comme régulièrement, nous nous offrons un petit repas en ville, pour le plaisir bien sûr, pour l’immersion ensuite et pour approfondir nos connaissances sur la cuisine turque. Le restaurant s’appelle Keravansaray et a été aménagé comme son nom l’indique dans l’un de ces établissements où l’on recevait les commerçants de passage, nombreux sur cette route de la soie. On commence par nous amener des entrées (mezze) bien que nous n’en ayons pas commandé – c’est manifestement inclus avec les plats : salade de crudités, pâte d’aubergines, sauce relevée, pain pita et petit gâteau de semoule pour adoucir tout cela. Pour boisson ce sera de l’ayran, une sorte de lassi salé et mousseux. C’est l’autre boisson nationale avec le thé et le raki. Et puis bien sûr un peu d’eau, de marque (bi)Binpinar, dans ce pays musulman ça ne s’invente pas. Viennent ensuite nos plats de résistance, assortiment de viandes grillées au feu de bois pour Claudie, brochettes de légumes et de viande pour moi. Avant l’addition (très douce, une dizaine d’euros par personne pour tout ça), on nous offrira le thé. Là aussi, c’est une tradition, et pas seulement au restaurant. N’hésitez pas à mettre le son pour la vidéo, vous verrez que l’ambiance sonore était aussi typique que le repas.


    La Van life

    On pourrait la croire paradis des voyageurs nomades, mais il n’en est rien. A l’Ouest du lac éponyme, le plus grand de Turquie avec ses 3700 km², la ville de Van nous a semblé assez banale. Un centre-ville très encombré, une citadelle vide, un littoral marécageux et des températures élevées. Les habitants d’ailleurs vont se réfugier sur les bords du lac là où c’est possible, hors de la ville, pour prendre le frais. Une file continue de voitures en stationnant le long de la route côtière en témoigne. A certains endroits, l’eau est presque blanche (y aurait-on déversé du sable de carrière pour créer une plage artificielle ?), à d’autres d’un joli bleu. Bref, la Van life ne nous a pas séduits, un énorme paradoxe !


    Et si l’on se refaisait un petit monastère ?

    Celui de Mor Gabriel, au milieu de grandes collines arides parsemées d’arbres rabougris, nous a tendu les bras. Fondé en 397, après J.-C. forcément, il est l’un des monastères chrétiens les plus vieux au monde (le plus ancien, en Bulgarie, date de 344). Et pourtant, il est toujours en activité, occupé par des moines de l’Église syriaque orthodoxe, des religieuses et des séminaristes. Ce qui fait que l’on n’en visite qu’une partie et accompagnés d’un guide. Alors que l’on s’attend, du fait du grand âge, à voir des murs croulants et des voûtes étayées, on observe au contraire des structures fortement rénovées, un peu trop peut-être. L’harmonie de couleurs du bâti et l’architecture respectent apparemment celles d’origine (nous n’avons pas vérifié…). Des mosaïques datant du Vie siècle ont pu être conservées. Le Dôme de Théodora, construit à l’initiative de la reine byzantine éponyme impressionne. La pierre monolithique qui trône en son centre et que nous prenons d’emblée pour la tombe de l’intéressée n’est en fait que la table de pétrissage de la pâte du monastère, d’après ce qui est écrit dessus en Syriaque. Mais Google Traduction ignorant le Syriaque (mais pas le Ndau ni le Tok Pisin qui comptent pourtant moins de locuteurs) nous ne pouvons que croire notre guide. Dans la même pièce, nous trouvons aussi une reproduction du monastère en allumettes. Mais le plus impressionnant est la Maison des Saints, une pièce où sont enterrés (debout) les saints créateurs du monastère et d’autre personnes valeureuses, dans tous les sens du terme. Ce ne serait qu’anecdotique si la terre dans laquelle reposent ces personnages n’avait acquis, aux yeux des chrétiens syriaques, des propriétés de guérison. Et de fait, nous en avons vu, au cours de la visite, plonger la main dans une ouverture faite dans la tombe et en ressortir une poignée de la précieuse terre immédiatement enveloppée dans un mouchoir en papier. Ne me demandez pas ce qu’ils en font après. J’espère juste qu’ils ne la mangent pas…


    Mardin et la jandarmerie

    Nous avons trouvé refuge pour la nuit sur une petite colline arborée au-dessus de la ville de Mardin, prévue pour la visite le lendemain. Après une heure ou deux sur place, une voiture marquée « JANDARMA » vient se garer à côté de nous, gyrophare allumé. Nous ne sommes pas inquiets, ce n’est que le 4ème contrôle aujourd’hui. Il est vrai que nous sommes proches de la Syrie et les militaires déjà bien présents dans le pays le sont encore plus ici, difficile de leur reprocher. Le contact est très amical avec les trois policiers, qui s’intéressent de près à Roberto, à notre parcours, nous demandent si nous sommes mariés, quel âge nous avons, nos métiers. Quand je dis que je suis dermatologue retraité, l’un deux me montre des photos de son frère qui présente plusieurs plaques sur la peau que j’identifie. A la demande du policier, je propose un traitement… Ils parlent aussi peu Anglais que nous Turc, mais les échanges via Google Traduction se font finalement de façon assez fluide. Admirant notre parcours passé et prévu sur la carte de Turquie que leur déploie Claudie, ils nous situent leurs villes de naissance respectives et nous conseillent sur certains lieux que nous n’avons pas surligné. Nous leur parlons de la zone frontalière avec la Syrie fortement déconseillée par les Affaires étrangères françaises, ils nous disent que tout est parfaitement sûr. Ils rajoutent qu’ils vont repasser dans la nuit et veiller à notre sécurité, que nous pouvons les appeler à tout moment sur le 112 et qu’ils viendront de suite. Ils vont jusqu’à nous proposer d’aller nous chercher quelque chose à manger si nous avions besoin de quoi que ce soit ! Puis finissent par s’en aller en nous saluant vigoureusement de la main et en donnant un petit coup de sirène pour le fun… Sympas les jandarmas turcs !

    Mon sens du respect m’a empêché de leur demander un selfie. Il ne vous restera que la photo nocturne de Roberto dans ce bel endroit où nous avons dormi en toute quiétude.


    Mardin à part ça

    Nous avons adoré visiter cette ancienne ville assyrienne, essentiellement peuplée de kurdes, construite toute en hauteur – du moins pour la vieille ville – sur une colline dominant l’immense plaine de la Mésopotamie, où circulent le Tigre (proche d’ici) et l’Euphrate (que nous verrons un peu plus loin), deux fleuves bien connus sans lesquels vous et moi ne serions peut-être pas nés puisqu’ils sont le berceau de la civilisation indo-européenne. La ville, classée par l’Unesco pour son histoire et ses nombreux monuments, lieux de cultes très diversifiés compris, possède une architecture d’influence arabe, que nous avions encore peu vue en Turquie. Nous avons aimé nous perdre dans les ruelles tordues et se terminant volontiers en cul-de-sac. Mais un peu moins grimper sous une forte chaleur les multiples escaliers reliant les rues. Globalement, l’ambiance et le style l’ont tout de même emporté. Nous y avons trouvé des gens sont adorables, comme partout en Turquie Et une fois de plus dans cette région, nous avons eu l’impression d’être les seuls touristes occidentaux. Nous avons terminé la visite en auto-récompensant de nos efforts par une boisson chaude prise sur une terrasse panoramique : un çay pour Claudie, et un café syrien pour moi, accompagnés d’un excellent yaourt servi dans un bol.


    De l’énergie pour deux

    La ville précédente visitée à la fraîche, nous avons pu la quitter en fin de matinée et finalement nous arrêter assez tôt à la suivante, reboostés en énergie grâce à la climatisation de Roberto lorsque l’on roule. C’est ainsi que nous avons parcouru l’après-midi de la même journée la ville de Diyarbakir. Outre un nom plus difficilement prononçable, elle s’est distinguée de la précédente par une animation plus grande. L’heure y était possiblement pour quelque chose, les Turcs nous semblant sortir davantage l’après-midi et le soir que le matin. Nous avons visité tour à tour une grande mosquée pleine de vie, une vieille église syriaque orthodoxe, un bazar à l’agitation extrême, aussi bien que des petites rues très tranquilles dès que nous éloignions un peu du centre. A noter que la ville a été durement touchée par le tremblement de terre de février 2023. Nous en trouvons encore de nombreux stigmates.


    La belle vallée de l’Euphrate

    Après avoir franchi le Tigre entre les deux villes précédentes, c’est maintenant l’Euphrate que nous traversons puis surplombons. Ces deux fleuves bien connus, notamment pour leur rôle dans l’apparition de l’espèce humaine, sont aussi une source – si j’ose dire – importante de conflit pour les pays situés sur leur parcours. Issus des montagnes turques, le Tigre et l’Euphrate ont leur lit majoritairement sur les territoires syrien et irakien. Comme souvent dans ces cas-là, c’est le pays situé en amont qui fait la loi. La Turquie construit barrage sur barrage pour irriguer ses terres, ne laissant qu’un maigre débit aux pays en aval qui ont tout autant besoin de la ressource. C’est la loi du plus fort, mais le risque existe de déclencher des conflits armés, d’autant que les relations ethniques et politiques du secteurs ne sont pas des plus sereines.


    Le mausolée du roi perché

    En 64 av. J.-C. l’empire romain contrôlait toute l’Asie Mineure … sauf la région appelée la Commagène. Ça ne vous rappelle pas une autre histoire ? Mais le chef de la Commagène, le roi Antioche 1er, était bien plus orgueilleux que notre Abraracourcix, et se fit construire un mausolée géant au sommet d’une montagne, le Mont Nemrut, qu’il fit même surélever de 150m pour qu’il dépasse en hauteur les cimes voisines. Autour de ce sommet, des terrasses sculptées dans la pierre , ornées pour deux d’entre elles de statues monumentales en position assise de divinités grecques et perses, ainsi que d’aigles et de lions. Toutes les têtes sont tombées après un intense tremblement de terre en 1923, mais offrent, redressées sur le sol en regard de leur buste initial, un spectacle étonnant. Que nous observons seuls à 2150 m d’altitude, ce qui augmentant d’autant l’étrangeté du lieu.


    La ville de la pistache

    Gaziantep est la 6ème ville de Turquie, mais pas plus encombrée que cela quand on y circule. Elle est la capitale de la pistache turque et produit une variété d’excellente qualité, l’Antep. La Turquie est le 3ème producteur mondial de cette graine oléagineuse, derrière l’Iran et les USA (Californie principalement). Et puis avec la pistache, les pâtissiers de Gaziantep vont fabriquer une version unique de baklava, fourrée et/ou couverte de produit écrasé du plus joli vert. La ville est d’ailleurs réputée pour sa gastronomie. Vous verrez ci-dessous le résultat de nos tests. Nous y avons trouvé aussi un curieux café bi-ton (2 forces de café différentes qui ne se mélangent pas…).


    Nous sommes retombés un instant en enfance en visitant le musée du jouet, exposant des spécimens remontant à la fin du XIXe siècle, mais d’origine bien plus souvent allemande que turque. Avec un droit d’entrée de 0,40€ on ne peut pas trop se plaindre.


    Le musée suivant nous aura coûté trente fois plus mais s’est révélé exceptionnel : il s’agit tout simplement du plus grand musée de mosaïques au monde. Il est né d’une mission franco-turque de sauvetage des trésors de la cité antique de Zeugma située sur les rives de l’Euphrate, près de la frontière syrienne. Érigée en 300 av. J.-C. par un général d’Alexandre le Grand, elle connut un déclin brutal 6 siècles plus tard suite à l’attaque des Perses qui l’incendièrent. Un archéologue turc qui travaillait sur les ruines apprit en 1990 qu’un barrage allait être construit tout près de là et engloutir la cité antique. Il fit appel à la communauté internationale, et c’est ainsi qu’une équipe franco-turque fouilla les ruines en urgence pendant que la construction du barrage se poursuivait inexorablement. Pendant plusieurs années, ils mirent au jour nombre de bâtiments, mais quelques mois seulement avant le début de la mise en eau, ils découvrirent ces mosaïques extraordinairement bien conservées sous les cendres de l’incendie des Perses. Les riches habitants de cette cité marchande en habillaient les sols et les murs de leurs maisons, quand il ne s’agissait pas de fresques. Malheureusement, tout n’a pas pu être préservé, la montée de l’eau enfouissant à jamais le site dans l’oubli. Toutes ces œuvres sont présentées aujourd’hui dans le récent Musée de Zeugma, inauguré en 2011. Sur deux bâtiments et trois niveaux pour chacun, nous avons pu observer de multiples et superbes mosaïques, présentées dans leur pièce d’origine reconstituée.

    Le clou de l’exposition, la « Joconde de Turquie » est la mosaïque appelée « La Bohémienne » presque aussi bien protégée que notre Mona Lisa. Les hypothèses courent sur cette jeune femme mystérieuse. L’une d’entre elles, pas plus farfelue que les autres, soutient qu’il ne s’agirait du visage d’Alexandre le Grand, effectivement passé par là à un moment donné.


    Gaziantep, la ville de la pistache, clôture donc cette deuxième section de notre parcours en Turquie. Vous en trouverez le plan ci-dessous. Nous nous dirigeons maintenant vers la Cappadoce, où nous risquons de ne pas être aussi seuls qu’actuellement. Nous le saurons bientôt.

  • 104. Costa Rica quatrième décade

    Voici la dernière série de notre périple au Costa Rica. Des zones peu visitées du centre-est aux plages touristiques de la côte Caraïbe. Comme pour les épisodes précédents, c’est la nature qui revient en leitmotiv. Pas de problème, nous sommes loin de la saturation !

    Orosi ou le tourisme discret

    Il faut à la fois sortir de la route panaméricaine et s’engager dans une route secondaire en cul-de-sac pour parvenir à Orosi et sa vallée entourée de montagnes embrumées. Du coup les touristes s’y font rares. On trouve pourtant dans cette petite ville paisible de 10 000 habitants la plus ancienne église du pays, dénommée San José d’Orosi, construite en 1743 et ayant résisté à de nombreux tremblements de terre grâce à sa structure en bois et en adobe. Il en ressort un certain cachet, autant pour l’extérieur que pour l’intérieur, comme en témoignent les photos. La ville serait réputée pour ses plantations de café mais nous n’en avons curieusement vu aucune. Elle possède aussi plusieurs sources thermales, toutes privées. Nous sommes allés jeter un œil au Balneario de Aguas Termales, mais l’aménagement en piscines ordinaires ne nous a pas donné envie de nous y baigner. Les possibilités de stationnement sont réduites dans la vallée. Nous tentons le diable en nous garant pour la nuit en plein centre-ville, juste entre le stade de foot et l’église. Un samedi soir… Pas gagné d’avance !

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    Mural en centre-ville sur les productions locales principales : café et bananes
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    La vallée d’Orosi, vue du mirador, un parc gratuit aménagé pour le pique-nique et la détente
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    L’attraction d’Orosi : son église, la plus ancienne du pays
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    Intérieur en bois, sol en terre cuite, la classe ! Le lieu est très prisé pour les mariages
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    Orosi est aussi connue pour ses sources thermales. Mais en piscine classique avec musique, non merci !

    Un jardin botanique universitaire

    Le Jardin Botanique Lankester, près de Paraiso, est en effet un centre de recherches de l’Université du Costa Rica, ayant pour mission l’étude des orchidées et des plantes épiphytes dans un but de conservation de la biodiversité de la planète. Il publie d’ailleurs une revue de référence dans le domaine, appelée Lankesteriana (site en lien) et anime le réseau mondial d’informations sur les orchidées Epidendra (site en lien). Si les plantes épiphytes ont la part belle dans le jardin, elles n’occupent qu’une petite partie de ses 21 hectares. Nous allons nous émerveiller tour à tour devant les broméliacées, les zingibérales (héliconias, oiseaux de paradis, bananiers, arbres du voyageur et gingembre), les fougères arborescentes, les palmiers, les cactus, tous bien mis en valeurs et parfaitement entretenus. Le jardin japonais est loin d’être le plus beau qu’on ait vu, mais le jardinier du crû qui l’a créé est peut-être reparti au pays du soleil levant, distant d’à peine 13 300 km. On lui pardonnera.

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    L’entrée du jardin botanique, déjà gage de qualité
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    C’est aussi le paradis des broméliacées, plantes caractérisées par leur structure en rosettes
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    Des forêts de bambous encadrent le jardin japonais, un peu moins bien réussi que le reste
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    Bien entendu, on trouve des fleurs partout

    La cité abandonnée

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    De l’autre côté de la vallée, la ville d’Ujarras autrefois florissante n’est plus qu’un hameau. Elle a en effet été abandonnée pour cause d’inondations dévastatrices à répétition, déplacée dans un secteur plus sûr et renommée Paraiso. La vieille église est maintenue debout tant bien que mal et un petit parc a été aménagé autour pour qu’on lui rende encore visite. Si la nature est belle au Costa Rica, il y a parfois un prix à payer.

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    La maison du rêveur

    Au détour d’un virage près de la petite ville de Cachi apparait soudain une petite maison de bois paraissant délabrée. Mais en s’approchant de près, on remarque vite que ce n’est pas une maison ordinaire. Ses murs et ses fenêtres sont en bambou ou en bois de caféier partiellement ébranché. La façade et le côté exposé à la route sont ornés de multiples sculptures, représentant la vie rurale et des éléments religieux typiques à la culture du café. On y trouve même une représentation de la Cène de Léonard de VInci. Tout cela est l’œuvre du célèbre sculpteur costaricien Macedonio Quesada (1932-1994), relayé un temps par ses fils. Bien que Google annonce une ouverture quotidienne de 9h à 17h, les locaux sont manifestement fermés de longue date, l’atelier et l’exposition ne se visitent plus. Dommage, nous aurions bien rêvé un peu…

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    La Maison du Rêveur, à peine visible dans un virage
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    Une route spectaculaire

    Nous poursuivons notre exploration des régions montagneuses du pays, profitant de paysages verdoyants, entre forêts imposantes, plantations de caféiers et cultures en espalier qui épousent les reliefs irréguliers et permettent d’exploiter les sols très caillouteux. Nous traversons de petits villages aux maisons quelconques mais plutôt bien entretenues et généreusement fleuries. Question entretien, la route par contre laisse à désirer, comme souvent sur les routes secondaires. On peut passer d’un instant à l’autre d’une belle route toute neuve à un chemin de terre très orniéré, de deux larges voies à une étroite voie unique, notamment au passage des ponts. On trouve parfois de véritables marches, créées par l’effondrement du sous-sol instable ou encore des zones ondulées pour les mêmes raisons, prévenues ou pas par des panneaux explicites. Conduire ici demande beaucoup de vigilance, et nécessite d’accepter qu’à tout moment « ça ne passera pas » et qu’il faudra faire demi-tour. En contrepartie, le paysage est à la hauteur et la circulation (heureusement !) réduite.

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    Des routes plutôt jolies, entre plantations de café et maisons fleuries
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    Cultures en espalier : saurez-vous reconnaître ce qui pousse ici ? (réponse au bas du chapitre)

    Allez, on vous emmène faire un peu de route avec nous. Imaginez-vous au volant de Roberto…

    Un passage de pont un peu étroit… Il restait encore 3 ou 4 cm de chaque côté des rétroviseurs !

    Là, c’est une route « normale » qui finit, comme on dit, en eau de boudin…

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    Bon, nous sommes passés ! Roberto prend un repos mérité au milieu des champs, entre un hangar à vaches et un cimetière. Ça a été calme des deux côtés. Notez le carrelage sur les tombes, c’est courant ici.
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    P.S. Réponse à la question plus haut : des christophines


    Exit les Mayas, vive les Huetares !

    Voilà plusieurs semaines que nous n’entendons plus parler des Mayas, et c’est normal car ils ne sont jamais parvenus jusqu’au Costa Rica. Ici, les civilisations précolombiennes s’appellent les Chorotegas ou les Huetares, et le moins que l’on puisse dire est qu’ils n’étaient pas de grands bâtisseurs. Les seuls restes visibles sont à Guayabo, et nous sommes allés les voir. Point de pyramides ici, mais de grandes structures circulaires qui servaient de base aux maisons, un beau réseau d’aqueducs et des chaussées pavées. On apprend peu de choses sur place à propos des tribus qui vivaient là de -1000 à 1400 et l’on reste un peu sur sa faim. Heureusement, la forêt tropicale qui englobe le site, luxuriante, sonore à souhait et parcourue de toucans et de morphos bleus rattrape le coup.

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    Roberto garé juste devant le site archéologique
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    De véritables chaussées pavées entrent et sortent du village. Elles reliaient sans doute les villages voisins.
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    Lacrymal circus

    C’est exactement à cette chanson de Renan Luce que m’a fait penser cette visite du Sanctuaire des paresseux près de Cahuita, sur la côte caraïbe. Nous en avions un souvenir émouvant lors de notre première visite en 2009, découvrant ces paisibles mammifères pour la première fois avec nos enfants dans un lieu créé 37 ans auparavant par un couple de passionnés, avec pour but louable de soigner tous les animaux qu’on leur rapportait et d’en remettre un maximum dans la nature, au pire de les garder dans l’espace naturel protégé autour de leur établissement. La visite comportait alors un tour en canoë dans ce sanctuaire avec un guide naturaliste aussi prompt à donner des explications que doué à dénicher les paresseux perchés dans les arbres. S’en suivait un inoubliable passage à la pouponnière, où nous avions pu observer des bébés prendre leur repas, les plus jeunes au biberon et les autres en croquant des bâtonnets de légumes cuits. La visite se terminait par la rencontre avec Buttercup, la mascotte du lieu, l’un des premiers bébés sauvés par le couple fondateur, trônant dans son siège suspendu en osier quand elle n’était pas dans les bras de la patronne.

    Mais ça, c’était le passé.

    Ce matin de mai 2023, nous étions les seuls à visiter, ce qui pour un établissement supposé exceptionnel était déjà révélateur. Un guide à la voix monocorde nous a emmené voir une dizaine de paresseux enfermés dans des cages jusqu’à la fin de leurs jours, nous expliquant qu’étant donné leurs infirmités, ils ne survivraient pas longtemps dans la nature, même dans l’espace protégé. La visite s’est poursuivie par une autre salle avec d’autres paresseux atteints d’autres infirmités … et puis c’est tout ! Pas de bébé à voir, les rares présents étant apparemment tous en incubateur. Pas de tour en canoë (à l’antifouling peut-être ?). Pas de rencontre avec Buttercup, la mascotte ayant rendu l’âme (cette fois nous acceptons l’excuse, compatible avec la trentaine d’années que vivent en moyenne les paresseux)

    Nous avons juste été vivement encouragés à laisser un don à l’association qui n’aurait pas d’autre moyen de financement. Mais franchement, nous avons manqué de motivation, tellement déçus de ne pas revivre notre première expérience. En résumé, le sanctuaire des paresseux est « has been », n’y allez pas !

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    Nous avons maintenant rejoint la côte Caraïbe. A nous les plages …et les 38°C à l’ombre ! Mais quand même de jolis levers de soleil
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    Après ce premier spot nocturne balnéaire, notre premier arrêt est pour le Sanctuaire des Paresseux

    Épilogue : Heureuse consolation de cette visite décevante : le soir même l’un de ces animaux passait sur la ligne électrique juste au-dessus de nos têtes pendant que nous étions à l’apéro avec des amis.


    Fauna Rica

    En écho à l’article intitulé Flora Rica de la publication précédente, voici, en vidéo s’il vous plaît, quelques exemples de la faune riche rencontrée au fil des jours.

    ci-dessus : coati et agouti ; ci-dessous : bourdon et colibri

    ci-dessus : autoroute de fourmis coupe-feuilles ; ci-dessous : bernard-l’ermite et grenouille dendrobate

    sauterelle pourpre géante à ailes rouges (ne se voient que quand elle vole, comme sur la vidéo de droite : c’est un moyen d’effrayer les prédateurs)


    Cahuita, la nature version Caraïbes

    Comme beaucoup des villages côtiers le long de la Mer des Caraïbes, à l’Est du Costa Rica donc, Cahuita est peuplée en grande partie d’afro-caribéens venus de Jamaïque leur culture sous le bras. Mais de plus en plus d’étrangers s’installent ici, souvent après avoir découvert la région en tant que touristes, en raison de l’ambiance aussi tranquille en journée qu’animée le soir et bien sûr en raison des plages. Les plus belles sont dans le parc national, ce qui permet heureusement de les préserver et d’en limiter la fréquentation. Pour les découvrir, il suffit de suivre l’un des sentiers longeant le littoral. En tendant bien l’oreille et en restant attentif, on découvre encore ici, outre ces paysages de cartes postales avec la triade sable blanc/mer turquoise/cocotier qui penche, une faune et une flore abondante. Une mention spéciale pour les singes capucins peu farouches, qui viennent volontiers extraire les pique-niques des touristes de leur sac à dos à la moindre inattention, et aux bernard-l’ermite qui jouent à 1-2-3-soleil sur le sentier, s’immobilisant à l’approche de nos pas.

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    La Playa Blanca du Parc National de Cahuita
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    C’est par ces beaux paysages de cartes postales que se termine notre périple au Costa Rica. Nous retiendrons de ce pays la richesse exceptionnelle de la nature mais – est-ce à cause d’elle ? – une indifférence générale des habitants, ce qui nous change profondément des pays précédents, Guatemala en tête. Aussi curieux que cela puisse paraître, nous sommes pressés de passer au Panama pour aller rejoindre la fraîcheur des montagnes centrales. Les côtes et les plaines, en cette fin de saison sèche, sont vraiment torrides et la chaleur nocturne (toujours pas de clim dans Roberto… ça n’est pas impossible, mais il faudrait être branché tout le temps) ne permet pas au sommeil d’être réparateur. Donc on se revoit très bientôt au Panama ?

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    Parcours relatif à cet article, en version zoomable ici
  • 94. Au Belize et compagnie

    Nous n’aurons passé qu’une petite semaine au Bélize, mais ce pays n’est pas très grand. Et nous avons volontairement omis sa partie Sud qui n’était pas sur notre route pour entrer au Guatemala. Mais ce fut une agréable découverte d’un pays dont nous ignorions tout, s’avérant très attachant, se différenciant du Mexique à bien des égards, et malgré le titre n’ayant rien à voir avec Goscinny et Uderzo. C’est juste que chez moi ça part comme ça, comme un syndrome de Gilles de la Tourette.

    Arrivee au Belize
    Quelques voiles de lasers en arrière-plan de ces lettres du pays. J’avoue que l’envie m’a démangé…

    Passage de frontière

    Bien que se décrivant souvent aventuriers, la plupart des voyageurs n’aiment pas cette part d’incertitude qui justement définit l’aventure et cherchent des informations préalables sur les réseaux sociaux ou sur les applications qui leurs sont dédiées. Ainsi va pour le passage de frontière de chaque pays et nous connaissions le détail de la procédure avant même de passer le premier contrôle. Et quand bien même nous serions arrivés sans information, il y a toujours une bonne âme pour vous guider au fil des formalités.

    Notre propre passage a vu s’enchaîner les étapes suivantes : tampon de sortie du Mexique sur chacun de nos passeports, annulation du permis d’importation de Roberto au Mexique (il était pourtant valable 10 ans, mais dans le cas où nous devrions le vendre, l’acheteur ne pourrait obtenir à son tour de permis, et dans le cas où nous souhaiterions importer un autre véhicule, nous ne le pourrions pas non plus), passage sous un portique hors d’usage pour un simulacre de fumigation (le terme fumisterie serait plus approprié), passage à la caisse pour payer tout de même cette opération fumeuse, obtention d’un visa d’immigration de 30 jours pour chacun de nous et d’un permis d’importation temporaire pour Roberto, passage express à la douane sans fouille aucune contrairement à d’autres voyageurs (le fait d’être des compatriotes de M’Bappé a apparemment impressionné les agents).

    Une fois entrés légalement dans le pays, nous avons de suite rejoint un bureau où nous avons acquis une assurance pour Roberto, avec une couverture minimale (au tiers) pour 8 jours. Les visas et permis sont gratuits, nous avons payé un droit de circulation de 15 € et l’assurance auto a coûté 20 € pour 8 jours. Les « formalités » d’arrivée se sont terminées dans la première ville rencontrée, Corozal, où nous avons retiré quelques dollars béliziens au distributeur (il y avait la queue, les habitants doivent être comme au Mexique payés le vendredi et viennent donc ce jour là en nombre en retirer tout ou partie) et acheté des cartes SIM locales. Car Free, c’est fini, et dire que c’était la SIM de mon premier amour…

    Nouvelles plaques sur les voitures
    Nouvelles plaques sur les voitures
    Nouveau drapeau
    Nouveau drapeau… le seul dans le monde à faire figurer des êtres humains ; l’un métis et l’autre créole avec les « armes » du pays : de quoi exploiter les ressources forestières (hache, acajou…) et marines (pagaie, bateau 3 mâts). Et la devise : Je fleuris à l’ombre
    AEt eme pays pour Roberto
    …et le 17ème pays visité pour Roberto !

    L’autoroute du bon air

    Après une nuit tranquille à Corozal, dans un joli parc en bord de mer, nous reprenons la route. La première que nous empruntons, s’appelle autoroute. Mais rien à voir avec nos standards européens, il s’agit d’une route à double sens de circulation avec un nombre de voies indéterminé en l’absence de tout marquage au sol. Ajouté à l’absence de tout contrôle de vitesse, cela donne une conduite assez libre mais qui se passe plutôt bien. Cette autoroute traverse volontiers des villages, protégés alors des chauffards par des ralentisseurs en forme de passages piétons surélevés tous les 50m. Une dernière caractéristique et pas des moindres est le revêtement d’asphalte, en relativement bon état, qui a au moins l’avantage de ne pas faire soulever de poussière par les véhicules.

    Car oui, c’est le problème majeur dès lors que l’on aborde les routes secondaires : elles sont la plupart du temps en terre et/ou en cailloux, parsemées d’ornières profondes et de nids-de-poule, et surtout génératrices de gros nuages de poussière au passage des véhicules. Les habitations et la végétation en bordure de ces routes sont toutes blanches. Tout comme Roberto après avoir parcouru une trentaine de kilomètres sur ces pistes avant d’atteindre notre nouvelle destination.

    Ces routes un peu difficile nous ont permis tout de même d’entrer sur les terres des mennonites, une communauté proche des Amish, se préservant du monde moderne en refusant l’électricité. Vêtus « à l’ancienne », ils sont nombreux à circuler en calèche, mangeant davantage de poussière que nous alors qu’ils n’en soulèvent pas : un comble !

    P.S. La dernière photo = piste en gazon à l’arrivée, idéale pour dépoussiérer le bas de caisse…

    Un joli parking en herbe en front de mer
    sur un joli parking en herbe en front de mer, gratuit, aéré, calme, parfait quoi. On y discute volontiers avec les locaux qui viennent vous aborder spontanément


    Un p’tit tour chez l’épicier

    A l’arrivée dans un nouveau pays, il est toujours intéressant de parcourir les rayonnages des supermarchés (on parlera plutôt ici de supérette) car cela est souvent indicateur de la culture locale. Voici quelques trouvailles lors de notre premier passage. Les prix apparaissant éventuellement sont en dollars béliziens, à diviser par deux pour convertir en euros.

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    Un petit restau de bord de rue juste en face de la supérette

    Un site mayo-bélizien

    L’empire maya couvrait l’actuel Belize (ce jeune état n’est né qu’en 1981) et il est donc normal d’en retrouver quelques vestiges ici. Nous avons rejoint le site archéologique de Lamanai, en bordure de rivière, découvert en 1970, et très lentement mis à jour depuis. On y apprend qu’il a été occupé de 1500 av. J.-C. jusqu’au XIXe siècle, soit une longévité exceptionnelle. La forêt tropicale a ensuite repris ses droits et reste encore bien présente malgré les passages dégagés pour les touristes, c’est ce qui fait le charme du lieu. Il est de plus assez peu visité, compte-tenu des difficultés d’accès (55 km en bateau ou 60 km en voiture dont 30 sur une route extrêmement poussiéreuse). Arrivés en début d’après-midi, nous avons eu le site pour nous seuls, le petit groupe de touristes déjà sur place regagnant son bateau. Un petit musée à l’entrée retrace l’histoire de la découverte de Lamanai et de la civilisation Maya. Puis nous entrons dans la jungle sous des allées de palmiers et d’arbres géants, sous les cris des oiseaux et des singes hurleurs, et découvrons peu à peu ces ruines couvertes de mousses multicolores et d’arbres qui prennent racine. Entre le temple des jaguars, le palais royal, le terrain de jeu de balle, le temple haut (une pyramide de 33m) et le temple des masques avec son petit air d’Angkor, nous avons été conquis par l’atmosphère du lieu.

    Lamanai des temples perdus dans la jungle
    Lamanai, des temples perdus dans la jungle et juste pour nous. Ça change avec le Mexique !
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    Le fameux temple des masques avec ses ttes sculptes
    Au détour d’un sentier, on découvre le fameux Temple des Masques avec ses têtes sculptées. Un petit air d’Angkor Wat avec cette végétation

    Pour rester dans l’ambiance, nous sommes allés nous stationner pour la nuit à deux pas de là, sur un petit terrain plat immédiatement au bord de la rivière. Il y passe parfois des lamentins, mais nous n’avons pas eu l’honneur de leur visite. La nuit a été néanmoins des plus calmes et le lever de soleil magnifique.

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    Au petit matin, on profite du lever de soleil et du départ des pêcheurs

    L’ancienne capitale

    Belize City fut un temps capitale du Belize, à l’époque où le pays s’appelait encore Honduras Britannique. Malheureusement, sa situation en bord de mer l’expose régulièrement aux ouragans, dont Hattie en 1961 qui détruisit la ville aux trois quart, poussant le gouvernement à déplacer sa capitale dans un lieu plus sûr. C’est ainsi que naquit Belmopan. Le pays acquit son indépendance en 1981, et Belize City, malgré les ouragans à répétition, en reste la capitale économique et la ville la plus peuplée.

    Belize city a un caractere creole bien marque
    Belize City possède un caractère créole bien marqué
    Les traces de louragan Earl de sont encore visibles
    Les traces de l’ouragan Earl de 2016 sont encore visibles. Un passant tient spontanément à le faire remarquer à Claudie. Mais on trouve aussi heureusement des bâtiments récents
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    Bien qu’encore très abimée par le passage de Earl en 2016, Belize City mérite la visite pour ses grandes maisons créoles, ses peintures murales et son agréable front de mer. Les rues étaient un peu désertes le jour de notre passage, pour cause de dimanche, aussi n’avons-nous guère pu profiter de l’ambiance du centre-ville. A la place nous avons visité le petit musée qui raconte bien l’histoire de l’esclavage au Belize et l’arrivée de la culture garifuna (métissage entre les esclaves africains et les indiens caraïbes autochtones) tout en faisant la part belle aux peintures d’un artiste local renommé : Pen Cayetano. Nous avons aussi jeté un œil à la cathédrale construite avec des briques venue d’Angleterre et qui servaient au ballast des bateaux d’esclaves, ainsi qu’à l’étonnant phare construit en l’honneur d’un navigateur anglais admirateur du pays depuis son bateau ancré dans le port et qui, sans y avoir jamais accosté, a légué une partie de sa fortune au gouvernement juste avant de mourir 2 mois après son arrivée. Sa tombe est au pied du phare…

    Le port de peche est peu actif ce dimanche
    Le port de pêche est peu actif ce dimanche. Même les pélicans sont au repos !
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    il y a eu un artefact étrange au moment de la composition de la photo… finalement je le laisse…
    Un petit lot de peintures murales prs de lembarcadre des ferries
    Nous avons déniché un petit lot de peintures murales près de l’embarcadère des ferries
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    Ce musée consacre aussi une exposition permanente à l’esclavagisme local, développé au XVIIIème siècle par les colons britanniques pour l’exploitation de la forêt, mais très particulier en ce sens qu’une sorte de solidarité entre les esclaves et de leurs maîtres a permis de repousser les tentatives de récupération espagnoles et finalement d’amorcer la fondation du pays au début du siècle suivant. Il faudra attendre encore 150 ans avant qu’il ne deviennent indépendant. Malgré la précession par les Mayas et l’arrivée ultérieure d’Espagnols et de Garifunas, les descendants d’esclaves et de colons britanniques présents au moment de cette bataille victorieuse contre l’Espagne, dénommés Créoles, n’hésitent pas à faire valoir que sans eux le Belize n’existerait pas. Ce qui est évidemment contesté par les autres populations.

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    La visite se poursuit par les extérieurs de la cathédrale. Construite avec des briques venues d’Angleterre et servant comme ballast dans les bateaux négriers. Sur le panneau ils disent juste « venues d’Angleterre »…

    Le Grand Trou Bleu

    C’est une merveille de la nature, une grotte formée il y a plus de 150 000 ans et dont le toit a fini par s’effondrer lorsque le niveau de la mer est monté. Si l’on reste au niveau de l’eau, c’est paraît-il un paradis pour les plongeurs avec des fonds descendant jusqu’à 120 m. Nous avons choisi pour notre part de l’observer du ciel. Un cadeau que nous nous offrons pour notre récent anniversaire de mariage.

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    Des cartes d’embaquement originales…

    Nous choisissons la compagnie Tropik Air, qui promet une place hublot systématique et un maximum de 11 passagers. Mais comme nous sommes les seuls passagers du jour, on nous octroie un avion privé, un petit Cessna 182, rien que nous, et je suis en place copilote !

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    Un petit Cessna rien que pour nous ! Et le pilote avec bien sûr…
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    Nous survolons les îles qui bordent le continent, puis la barrière de corail, la seconde plus longue du monde après sa sœur australienne. Les couleurs sont magnifiques, même si le ciel est un rien voilé. Après 30 mn de vol, nous parvenons au-dessus de cet œil géant, un disque bleu sombre parfait qui tranche avec les couleurs plus claires du petit récif corallien qui l’entoure. Un bateau est au mouillage, attendant probablement des plongeurs. Un autre arrivera un peu plus tard. Le pilote fait 3 fois le tour du Grand Trou Bleu, nous laissant le temps de bien l’admirer, avant de longer la barrière de corail jusqu’à une épave puis de reprendre la route du retour.

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    Et voilà la merveille ! Nous avons tourné plusieurs fois autour
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    Passage au dessus d’une épave sur la route du retour

    Vraiment une expérience exceptionnelle !


    Le Zoo du Bélize

    Si nous ne sommes pas fans des zoos classiques, préférant voir les animaux dans la nature que dans des cages, nous aimons bien ceux qui hébergent les animaux blessés ou orphelins avec l’idée de les remettre dans le milieu naturel si c’est possible. Et c’est bien le cas ici. De plus, s’il y a bien des cages grillagées, la plupart des enclos sont larges et laissés avec la végétation d’origine que le climat tropical n’a aucun mal à entretenir. Comme dans un refuge que nous avions vu au Canada, une pancarte raconte l’histoire de chaque hôte et donne des conseils pour que la situation ne se reproduise pas, comme par exemple éviter d’accueillir comme animaux de compagnie des espèces qui ne s’y habitueront pas.

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    Coatis, jaguarundi et tapir
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    Ara, pélican brun et aigle harpie

    Nous avons pu avoir ainsi une idée plus précise de la faune du Belize, et même de sa flore avec quelques arbres impressionnants comme ce ceiba (alias kapok) de 30 m de haut et tout cela dans un environnement agréable et bienveillant.


    Camping Paradis ?

    Depuis le Yucatan, nous ne bénéficions plus de la fraîcheur des montagnes et il est quasi impossible de dormir les fenêtres latérales fermées. Pour des raisons de sécurité, nous allons plus souvent qu’auparavant passer la nuit dans des campings, ce qui nous permet de tout laisser ouvert en grand. Les prix sont modiques, mais le confort est en rapport…


    La capitale de béton

    Puisqu’elle était sur notre route, nous avons traversé la capitale du pays, Belmopan. Ce n’est qu’une petite ville de 30 000 habitants, construite de toutes pièces entre 1964 et 1970 après que Belize City ait été ravagée par un ouragan en 1961. Belmopan est à 35 km des côtes, le risque est bien moindre. Le problème est que le gouvernement britannique qui détenait la colonie à l’époque (le Honduras Britannique) n’a versé que la moitié des fonds promis, et la ville a un petit air d’inachevé, surtout concernant les bâtiments administratifs. Mais elle fait des efforts, et l’installation récente de l’Université du Belize devrait relancer l’économie.

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    Le parlement entouré de bâtiments administratifs. Théoriquement il est en forme de temple maya. Théoriquement.

    Conserve d’iguanes

    Nous l’avons découvert à un carrefour où un jeune homme brandissait, au lieu des habituelles boissons rafraîchissantes, des iguanes aux automobilistes de passage : les béliziens mangent ces reptiles ! Aussi, quand nous avons vu à San Ignacio ce petit conservatoire des iguanes, nous n’avons pas hésité. Une intéressante visite qui nous en a beaucoup appris sur les 2 espèces locales : les iguanes verts (qui deviennent gris en grandissant) qui sont plutôt arboricoles et en voie d’extinction, leur chair ayant malheureusement meilleur goût (surtout les femelles en gestation) que l’autre espèce, les iguanes noirs, vivant plus près du sol et consommant toutes les espèces peu ragoutantes qui y traînent. Ici vous l’avez compris on protège surtout les iguanes verts, recueillant et protégeant leurs œufs et les juvéniles qui en naissent, améliorant ainsi fortement le taux de survie qui est de moins de 10% dans la nature. La visite se termine par quelques photos de famille avec ces iguanes peu farouches, avec tout de même le message de prudence que ceux-là sont l’exception : dans la nature, les morsures et les violents coups de queues peuvent entraîner des blessures sévères.

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    Ça se passe à San Ignacio, près de la frontière guatémaltèque

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    Ensuite nous sommes invités à prendre la pose avec les habitants du lieu

    Haricots-riz-coco !

    Ce presque chant-du-coq n’annonce pas l’heure du petit-déj mais celle du déjeuner. Loin de nous l’idée de consommer des iguanes en voie d’extinction, mais nous avons tout de même envie de goûter à la cuisine locale. Un doux mélange d’influences mexicaine, guatémaltèque et caraïbe. Les tortillas de maïs côtoient ici les galettes de manioc (kassav, vous connaissez ?). Le poisson fraîchement pêché est facilement accessible. L’accompagnement comporte toujours une part de riz et haricots rouges cuits dans du lait de coco. Simple et savoureux. La bière locale Belikis est sur toutes les tables et excellente. Et pour le dessert un petit gâteau au chocolat s’impose : le pays aurait été le premier à produire du cacao. Descendance maya oblige.

    Cuisine bélizienne

    Vous reprendrez bien un peu de maya ?

    Dans la même ville se trouve le site maya de Cahal Pech. Sa particularité est d’avoir le joli prénom du fils de notre grand copain, et des portes partout. Peut-être cherchait-on ici les courants d’air ? Les architectes mayas construisaient toutes leurs portes sur le principe de l’encorbellement : chaque pierre repose sur la précédente, en dépassant un peu, donnant cet aspect triangulaire à leur sommet et aux plafonds des couloirs. L’intérêt est l’absence de clé de voûte et donc une plus grande facilité de réalisation. L’inconvénient est que les portes sont assez étroites. Mais à l’époque où les sacrifices humains étaient monnaie courante, on n’en menait pas large…

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    Le site maya de Cahal Pech avec toutes ses portes

    Rencontre avec un artiste de Beliwood

    Après quelques routes bien poussiéreuses, Roberto avait besoin d’un bon lavage. Nous sommes allés dans un « car wash » et, le temps que l’opération se fasse, nous avons fait une pause dans la boutique-bar autour d’une Belikin bien fraîche. Le barman, un beau jeune homme bodybuildé au crâne rasé, engage la conversation. Très jovial et charismatique, il nous apprend qu’il est chanteur et acteur, ayant joué dans plusieurs films comme Jurassic Attack (2013) ou Les 7 aventures de Sindbad. Naturalisé américain, il est natif du Belize et n’en a pas oublié ses racines, chantant notamment du punta rock, la musique des Garifundas (voir plus haut). Il a manifestement du talent et nous lui souhaitons une belle carrière. Vous pouvez retrouver quelques unes de ses œuvres ici ou .


    C’est déjà fini… Un peu moins d’une semaine après notre arrivée, nous quittons déjà le Belize, conquis par ce petit pays qui donne envie d’y revenir. Destination le Guatemala pour d’autres découvertes et un émouvant retour en arrière de 25 ans. Pour ceux qui ne nous connaissent pas, vous en saurez davantage dans le prochain article. A très bientôt !

    Parcours au Belize
    Parcours au Belize, en version zoomable ici